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	<title>Sarah SCHINASI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sarah SCHINASI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MASCAGNI, Il Piccolo Marat &#8211; Angers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-il-piccolo-marat-angers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Terreur et ses excès ont inspiré des chefs-d’œuvres tels qu’Andrea Chénier ou Le Dialogue des Carmélites. Sans en être un, ce Piccolo Marat reste inventif et impressionant. Loué soit donc l’Angers-Nantes Opéra d’oser donner une telle rareté du compositeur de Cavalleria Rusticana. Cette production se justifie d’autant plus qu’elle évoque le passé de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Terreur et ses excès ont inspiré des chefs-d’œuvres tels qu’<em>Andrea Chénier </em>ou <em>Le Dialogue des Carmélites</em>. Sans en être un, ce <em>Piccolo Marat</em> reste inventif et impressionant. Loué soit donc l’Angers-Nantes Opéra d’oser donner une telle rareté du compositeur de <em>Cavalleria Rusticana</em>. Cette production se justifie d’autant plus qu’elle évoque le passé de la région, lorsqu’un délégué de la Convention vidait les prisons en faisant couler des bateaux remplis de prisonniers. En référence au célèbre député, on appelait ses hommes les Marat, d’où le nom du héros de ce drame, le Petit Marat, censé être le plus cruel d’entre eux, en réalité un infiltré. Prince de son état, il gagne la confiance de l’Ogre (privé de tout nom, figure symbolique) pour sauver sa mère de la noyade, un histoire d’amour inattendue avec la nièce servante (Mariela) de l’Ogre apportant la romance nécessaire. A côté des grands airs des protagonistes et des duos d’amour, l’œuvre offre des moments assez intenses aux personnages secondaires : la Mère bien-sûr, mais surtout le Charpentier (terrifié de devoir concevoir des bateaux au si funeste destin et condamné à s’endurcir en devant assister à toutes les exécutions publiques, c’est lui qui assassinera l’Ogre) et le Soldat, qui, par ferveur républicaine, tentera de révéler les méfaits de l’Ogre à la foule, laquelle se retournera contre lui pour crime de lèse-Robespierre dans sa harangue. Le traitement polyphonique du chœur offre des moments assez saisissants, notamment lors de la longue et puissante introduction de l’acte I. Le spectateur avisé s’amusera des échos à <em>Cavalleria</em> (les « mama » un peu simplets entonnés par le héros) ou à <em>Tosca </em>(l’Ogre qui rédige le sauf-conduit pour les amants fugitifs ou le Charpentier qui se penche sur lui après l’avoir poignardé), sans pour autant y voir la moindre copie. On pourra juste reprocher à l’ensemble de chercher l’excès, le débordement de façon trop récurrente (étrange d’ailleurs pour un compositeur qui déclarait chercher ici à s’éloigner de la veine vériste), mais les moments plus apaisés ménagés dans la partition permettent d’éviter l’overdose.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/©-Garance-Wester-2024-22-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-174153"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Garance Wester</sup></figcaption></figure>


<p>S’il est toujours malaisé de juger avec acuité une œuvre que l’on découvre, on peut au moins reconnaitre que l’équipe réunie ce soir ne manque pas d’énergie. Passés les trois acolytes de l’Ogre difficilement audibles, nous sommes convaincus par le portrait fervent du soldat que brosse<strong> Matteo Lorenzo Pietrapiana</strong>. Le Charpentier de <strong>Stavros Mantis</strong> étonne d’abord par l’ampleur de sa projection, tout en préservant de riches harmoniques, c’est l’intensité de son jeu dramatique qui marque durablement. Que ce soit dans le remord, la faiblesse de l’effroi ou la fièvre de l’assassinat vengeur, son interprétation est d’une vivacité poignante. <strong>Sylvia Kévorkian</strong> doit se contenter d’un duo et quelques interventions pour faire exister la mère du héros, elle réussit toutefois à restituer un personnage crédible et marquant, cette voix de mezzo au cuir rugueux en renforçant le réalisme. La Mariella de <strong>Rachele Barchi</strong> ne manque pas de bonne volonté, mais le forçage de son registre aigu entraîne beaucoup de stridences assez désagréables (la fin de sa comptine qui ouvre l’acte II !). Le petit Marat de <strong>Samuele Simoncini</strong> est tout aussi emporté que prosaïque : le personnage manque de profondeur et d’élégance, le chanteur semblant coincé dans la vaillance requise à de nombreuses reprises. Si l’on excuse des sons nasillards pour passer un orchestre déchaîné, on reste sur notre faim pour les duos d’amour qui paraissent un peu longs. L’Ogre d’<strong>Andrea Silvestrelli</strong> jouit d’une voix monstrueuse idoine : caverneuse, au timbre un peu sale et à la justesse souvent hésitante, c’est surtout le meilleur acteur du plateau qui mets ses ressources généreuses au service de l’épouvantail du drame. La mise en espace de <strong>Sarah Schinasi</strong> efficace pour les autres, semble transfigurée par la simple présence du vilain. Autre preuve de son intelligence, sa capacité à polir ses moyens pour rendre de l’humanité à son personnage aux moments forts que sont sa diatribe contre l’ancien régime ou son cauchemar.</p>
<p>L’<strong>Orchestre National des Pays de la Loire</strong> dirigé avec ardeur par <strong>Mario Menicagli</strong> et le<strong> Chœur d’Angers Nantes Opéra</strong> se surpassent pour électrifier ce drame. Certes l’intelligibilité des uns ou la précision des autres sont très perfectibles, certes la pente vers le cataclysme est régulièrement empruntée avec plus d’élan que de maitrise, mais l’exécution reste très estimable pour une œuvre découverte et travaillée pour seulement trois représentations.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-il-piccolo-marat-angers/">MASCAGNI, Il Piccolo Marat &#8211; Angers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, I Lombardi alla Prima Crociata &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-i-lombardi-alla-prima-crociata-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 May 2023 06:14:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra Royal de Wallonie se distingue à nouveau dans sa défense des titres verdiens méconnus. Quelques années après Jérusalem ou Ernani et un an après Alzira, c’est au tour de ces Lombards à la première Croisade de briller en Wallonie. L’occasion d’admirer une œuvre qui a beaucoup à proposer, tout en souffrant de maints défauts. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra Royal de Wallonie se distingue à nouveau dans sa défense des titres verdiens méconnus. Quelques années après <em>Jérusalem</em> ou <em>Ernani</em> et un an après <em>Alzira</em>, c’est au tour de ces <em>Lombards à la première Croisade</em> de briller en Wallonie. L’occasion d’admirer une œuvre qui a beaucoup à proposer, tout en souffrant de maints défauts. Le premier étant d’avoir été composée juste après l’autrement plus efficace et inspiré mélodiquement <em>Nabucco</em>. Le second d’offrir un livret trop dispersé (de Milan à Antioche puis Jérusalem, du drame familial à une guerre de religions) et maladroit&nbsp;: on commence avec une deuxième tentative ratée de fratricide, rien que ça&nbsp;; que dire de la reconnaissance in extremis du frère criminel en la figure d’un vieil ermite très respecté localement&nbsp;? alors qu’il n’est arrivé en terre sainte que depuis peu, puisqu’il est parti en même temps que son frère qui vient de débarquer avec son armée de lombards&nbsp;; enfin les retours d’Oronte relèvent presque du gag&nbsp;: premier retour «&nbsp;Surprise&nbsp;! Je ne suis pas mort&nbsp;», second retour «&nbsp;Surprise&nbsp;! Je suis un rêve&nbsp;». Le troisième défaut est un rôle principal féminin inchantable, dont la fureur vociférante est éclipsée par la délicatesse de sa célèbre prière à l’acte I, comme si Desdemona devait soudain chanter Abigaille. Et pourtant qu’il est formidable ce rôle de Giselda, femme forte qui porte l’opéra de bout en bout, là où les protagonistes masculins alternent à chaque acte. Ce qui contribue heureusement d’ailleurs au caractère très choral de cet opus, en plus des nombreux et amples chœurs qui flattaient la veine patriotique des spectateurs milanais lors de la création. Soulignons également qu’une œuvre où l’héroïne chrétienne s’insurge contre le massacre des musulmans est assez rare en cette première moitié du XIXème siècle (et c’est sans doute pour faire amende honorable, que le librettiste fait se convertir Oronte avant d’expirer), par une opposition presque féministe, les deux frères apparaissant comme également sanguinaires. Musicalement enfin, Verdi tente beaucoup&nbsp;: sans parler des teintes exotiques, le contraste permanent entre la fanfare et les moments intimistes ou cataclysmiques font toute la vivacité de cet opéra qui ne connait aucun temps mort, alors que son glorieux aîné souffre d’une sérieuse baisse de régime au dernier acte.</p>
<p>Pour défendre cette œuvre plurielle, félicitons le bon chœur maison dont la timidité initiale secouée par le chef a laissé place à un bel entrain soutenu par un métier solide. Des seconds rôles bien tenus, mentionnons le Pirro vaillamment pénitent de <strong>Luca Dall’Amico</strong>. <strong>Matteo Roma</strong> est par contre une erreur de casting en Arvino&nbsp;: &nbsp;difficile de croire que ce juvénile (de timbre comme de physique) ténor est le père de cette volcanique Giselda, difficile également de le croire sanguinaire ou d’être impressionné par sa colère à l’acte III&nbsp;; et pourtant le chanteur est fin et sa très belle voix à l’ambitus plutôt étendu pour ce format fait sans doute merveille dans Rossini. <strong>Ramón Vargas</strong>&nbsp;est bien plus idoine en Oronte&nbsp;: la voix est toujours étonnamment souple, le timbre chaleureux et le technicien maitre de ses moyens pour éviter tout débordement dégoulinant, tout en assurant de longs et soyeux points d’orgue. Voilà un rôle belcantiste qui gagne beaucoup à être interprété par un Idomeneo plutôt que par un Calaf. Maître de ses moyens, <strong>Goderdzi Janelidze</strong> l’est sans doute trop&nbsp;: s’il sait atténuer la puissance colossale de son émission dans les ensembles pour ne pas écraser ses collègues, que ne le fait-il aussi dans les passages subtils de son air au premier acte, à peine soutenus par quelques instruments&nbsp;? C’est d’autant plus dommage que le chanteur a bien plus que des décibels à offrir pour impressionner&nbsp;: qualité des phrasés, présence scénique, velouté de l’émission… A l’inchantable nul n’est tenu, <strong>Salome Jicia</strong> s’en sort néanmoins avec les honneurs. Avec ses faux airs de Patti Lupone dont elle partage certainement la véhémence et le chien, son medium solide et son audace quasi suicidaire, elle compose une Giselda très marquante, au prix d’un registre aigu constamment arraché, aux couleurs astringentes mais très sonores, que ce soit sur des notes filées ou claironnées. Son meilleur moment n’est sans doute pas la prière à la Vierge dont l’angoisse est un peu trop marquée par la raideur de l’émission, mais elle est remarquable dans le final rugissant de l’acte II, puis dans son adresse aux tentes lombardes et le duo d’amour avec Oronte.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/S.-JICIA-c-ORW-Liege_J-Berger-2-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-132029" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J. Berger &#8211; ORW-Liège</sup></figcaption></figure>


<p>La mise en scène de&nbsp;<strong>Sarah Schinasi</strong>&nbsp;est hélas bien timide&nbsp;: si les costumes médiévaux sont assez soignés, les décors et les éclairages élégants, la direction d’acteurs est assez naïve voire inexistante. Les chœurs sont constamment en rang d’ognons derrière les chanteurs à l’avant-scène, rendant ces tableaux vivants bien trop statiques. De plus, elle ne fait rien pour corriger les faiblesses du livret (Pagano a tout juste changé d’habit pour devenir ermite mais reste reconnaissable entre mille), tout en en exploitant pas les ressources (où sont les taches de sang sur le costume des croisés qui déclenchent la fureur de Giselda&nbsp;? où est l’hostilité dans l’attitude des femmes du harem envers Giselda&nbsp;? hostilité que la musique surligne pourtant).</p>
<p>Dans la fosse, l’Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège manque parfois de résonnance, il sonne un peu sec, mais certainement pas d’énergie. Au prix de quelques départs ratés,&nbsp;<strong>Daniel Oren</strong>&nbsp;imprime une ferveur constante aux musiciens, dont les cordes se distinguent particulièrement par leur agilité&nbsp;; citons aussi le superbe solo paganinien de Julien Eberhardt.</p>
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