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	<title>Dmitry SINKOVSKY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Dmitry SINKOVSKY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov &#8211; Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/moussorgski-boris-godounov-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La réalisation coproduite avec Monte-Carlo (où elle était créée en 2021) avait donné lieu à un compte-rendu : Un Boris de Grand Prix (1). La mise en scène de Jean-Romain Vesperini arrive en Avignon. La distribution en est totalement renouvelée, à l’exception du truculent Varlaam d’Alexander Teliga. Longtemps négligée, la version première, de 1869, âpre, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La réalisation coproduite avec Monte-Carlo (où elle était créée en 2021) avait donné lieu à un compte-rendu : <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/boris-godouvov-monte-carlo-un-boris-de-grand-prix/">Un Boris de Grand Prix</a> (1). La mise en scène de <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> arrive en Avignon.</p>
<p>La distribution en est totalement renouvelée, à l’exception du truculent Varlaam d’<strong>Alexander Teliga</strong>. Longtemps négligée, la version première, de 1869, âpre, ascétique, connaît une faveur constante, et l’on n’entend plus guère la révision de Rimsky-Korsakov, qui révéla <em>Boris</em> <em>Godounov</em>. Il faut oublier le <em>Boris</em> de 1872, avec l’acte polonais, il faut oublier la flamboyance de l’orchestration de Rimsky-Korsakov pour apprécier. Il faut oublier aussi l’ambigüité de Boris (coupable et/ou victime ?) (2) Les résonances contemporaines, évidentes, ne donnent lieu à aucune exploitation, cependant, le spectateur ne peut éviter la mise en perspective de l’histoire du pouvoir en Russie, et de son rapport au peuple, comme une réflexion amère sur la servilité des masses. La lecture proposée par <strong>Bruno de Lavenère</strong> est fidèle, littérale, mais réductrice, bridée, pour un cadre spectaculaire d’une constante beauté. En effet, la dramaturgie, sans nuance, repose sur le postulat de la culpabilité de Boris. Avant même que la première note soit chantée, il est désigné comme coupable, faisant face à un œil gigantesque qui renvoie au meurtre d’Abel. Le programme de salle (3) le qualifiait déjà de criminel, dans un réquisitoire sans appel. La mise en scène fait apparaître à trois reprises Dimitri, l’enfant de blanc vêtu, ou son ombre, qui accable d’autant Boris. Or la force dramatique de l’ouvrage, centré sur la personnalité du tsar et sa relation au peuple, prend sa source dans l’ambiguïté qui plane sur la mort de cet enfant.</p>
<p>Véritable défi pour une scène dont le budget est sans commune mesure avec celui des « grandes » maisons que de monter cette œuvre monumentale, exigeante, gigantesque par les moyens mobilisés, le nombre des solistes, les chœurs. Avignon, avec et après Monte-Carlo, l’a relevé et largement répondu aux espérances. Le spectacle est magistral, d’une constante beauté, d’une richesse visuelle exceptionnelle : décors, costumes (4), lumières, projections concourent à ce plaisir esthétique permanent. Ici le faste et la littéralité intelligente se conjuguent. Vivent les conventions lorsqu’elles participent pleinement à notre bonheur ! Les projections, du Christ pantocrator, de la forêt qui s’enfonce, puis se rapproche, du fond de scène qui se fissure de rouge, dont le réseau se densifie et s’anime participent à la magie du spectacle.</p>
<p>Deux registres superposés traduisent deux mondes parallèles, la populace en bas, l’aristocratie en haut. Seule scène où tout l’espace est occupé par un décor unique : la cellule de Pimène, où Grigori apprend qu’il a l’âge qu’aurait l’enfant défunt. Le jeu de contrastes, de fusion, de correspondances entre les niveaux est utilisé avec intelligence. Unique réserve : les scènes intimes entre Boris et ses enfants sont privées de la tendresse paternelle, puisque distanciées dans chacun des registres. Détail : amplement développée dans la version ultérieure, la géographie de Féodor ne connaît aucune illustration visuelle, à la différence du texte de la chronique de Pimène, projeté sur le mur de sa cellule. Malgré certains mouvements convenus, dépourvus de naturel, notamment dans les chœurs, qu’ils soient le peuple ou les boyards, la direction d’acteurs est efficace, pertinente.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/24S270-07270-1294x600.jpg" alt="" />© Studio Delestrade</pre>
<p>Pour Boris, <strong>Luciano Batinic</strong>, que l’on découvre. C’est un beau baryton héroïque, dont on oublie vite le vibrato du monologue de la scène du couronnement. L’émission est ample, bien timbrée, aux couleurs nobles. Sans jamais recourir aux exclamations, râles et soupirs hérités de Chaliapine, son humanité nous bouleverse particulièrement dans son monologue devant les boyards, d’une absolue sincérité, avant que Chouïski les rejoigne. Sa solitude, sa détresse, desservis par la lecture dramatique choisie, les hallucinations, soulignées par l’ombre grandissante de l’enfant, l’apparition ultime de ce dernier sur le cadavre du tsar méritaient certainement un autre traitement. <strong>Kresimir Spicer</strong> incarne Chouïski, mais aussi Missaïl le défroqué. Si l’émission est ouverte, colorée, avec de beaux phrasés et du mordant, si la voix est virile, ardente, variant les expressions, le jeu est en-deçà des attentes. Le récit du « miracle » est vocalement abouti, mais les insinuations peu crédibles. On perçoit mal la duplicité derrière la noblesse, la fourberie onctueuse du premier, on ne reconnaît pas l’intrigant « meneur de la foule sans cervelle ». Pimène (<strong>Nika Guliashvili)</strong>, n’est pas davantage un pur, un illuminé qu’un manipulateur complice de Chouiski (5). La voix est ronde, sonore, admirable, mais dépourvue des stigmates de l’âge, comme le maintien et l’expression. Malgré ses incontestables atouts vocaux, on peine à croire dans cet alerte diacre auquel la noblesse grave et recueillie relève de la composition.</p>
<p>Grigori est bien campé par <strong>François Rougier</strong>, novice gagné par une ambition sans scrupules. La voix est sonore, claire, et tant dans sa scène avec Pimène que dans sa fuite en Lituanie, le jeu et l’émission, jeunes, sont convaincants. Il faut saluer Alexander Teliga, Mitioukha, puis, surtout, Varlaam, ivrogne, truculent dans ses interventions, dont la prise de Kazan mais aussi sa seconde chanson, en contrepoint de l’Aubergiste et de Grigori, sont des réussites incontestables. La voix est grasse et la gouaille énivrée rendue avec justesse. <strong>Svetlana Lifar </strong>a l’abattage et la verdeur populaire de l’Aubergiste (on regrette que cette première version nous prive de sa chanson du canard bleu), comme l’affection de la Nourrice. La voix est solide, bien projetée, colorée, articulée à souhait. <strong>Estelle Bobey </strong>au mezzo serré qui convient pour une voix infantile, nous vaut un remarquable Féodor. Xénia,<strong> Lysa Menu</strong>, charmante, nous laisse indifférent dans sa déploration sur la mort de son fiancé. Non que la voix soit dépourvue de qualité, tant s’en faut, mais l’expression et le jeu appelaient bien davantage. Sans doute l’absence physique de Boris (relégué dans le registre scénique inférieur) en est-elle une cause. Une mention spéciale pour l’Innocent remarquable que nous offre <strong>Blaise Rantoanina </strong>: voix haut perchée, d’une belle longueur, bien conduite, l’expression juste de l’illuminé. Les interventions de <strong>Jean-François Baron </strong>en Chtchelkalov s’avèrent bienvenues, malgré une émission dont les aigus sont faibles. Les rôles secondaires sont bien défendus par deux chanteurs membres du chœur.</p>
<p>Le peuple, dévot, servile, manipulé, ingrat comme haineux, aurait-il foncièrement changé ? Le Chœur et la Maîtrise de l’opéra participent à l’émotion comme à la théâtralité. Ils se montrent exemplaires de précision, de justesse et de nuances. On attendait cependant davantage de plénitude dans les implorations et prières. L’orchestre national Avignon-Provence brille dans cette partition sombre, amère, cuivrée, mais aussi délicate (merveilleux accompagnement, diaphane, de la mort de Boris). Le chef nous vient de Novgorod, qui fut la seconde ville de Russie sous Boris, à mi-chemin entre Moscou et Kazan, dont il est question à deux moments. La direction de <strong>Dmitry Sinkovsky </strong>(6), soignée, attentive, précise, creuse la partition, tout en pêchant parfois par des tempi soutenus, trop rapides (le chœur dans la scène du couronnement). Mais l’ensemble est intelligemment construit, les récits conduits avec souplesse et naturel. La chaleur lyrique est bien là, comme le souffle épique.</p>
<pre>(1) La captation de Monte-Carlo est visible sur YouTube.
(2) Loin des clichés réducteurs, la personnalité de Boris, et l’éclairage historique de son règne, parfaitement compatibles avec la tragédie de Pouchkine comme avec le livret de Moussorgsky, donnent un relief singulier à l’opéra : <a href="https://www.forumopera.com/boris-godounov-et-dimitri-un-fake-qui-a-change-lhistoire-russe/">Boris Godounov et Dimitri, un fake qui a changé l’histoire russe</a> ? 
(3) Indigent et fallacieux, se contentant d’un « argument » fondé sur la version révisée, avec l’acte polonais, absent ce soir. 
(4) Signés <strong>Alain Blanchot</strong> et réalisés par l’atelier de l’opéra d’Avignon. Tout juste aurait-on souhaité que le lieutenant et ses hommes, dans la scène de l’auberge, ne puissent être confondus avec les exempts moscovites du premier tableau.
(5) Très loin du personnage singulier mis en scène par Petrika Ionesco , en 1984 à Garnier, repris à Liège 2010, puis à Marseille 2017. Mais aussi éloigné de l’image conventionnelle du vénérable moine chroniqueur.
(6) Chef singulier s’il en est, un phénomène, apprécié comme violoniste et altiste soliste, mais surtout comme spécialiste de la musique baroque dans son pays.</pre>
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		<item>
		<title>CAVALLI, Eliogabalo — Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalli-eliogabalo-zurich-au-risque-de-calixto-bieito/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Dec 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le lecteur ne se rend peut-être pas assez compte des dilemmes où sont plongés les rédacteurs de Forum Opéra au moment d’attribuer des cœurs à tel ou tel spectacle. Que faire quand on en attribuerait volontiers trois (au moins) aux chanteurs comme au chef, et disons deux (au maximum) au metteur en scène ?… Dès &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le lecteur ne se rend peut-être pas assez compte des dilemmes où sont plongés les rédacteurs de Forum Opéra au moment d’attribuer des cœurs à tel ou tel spectacle. Que faire quand on en attribuerait volontiers trois (au moins) aux chanteurs comme au chef, et disons deux (au maximum) au metteur en scène ?…</p>
<p>Dès le début de cet <em>Eliogabalo</em> mis en scène par <strong>Calixto Bieito</strong>, on sent qu’on n’a pas fini de soupirer (intérieurement) : sur scène, une structure métallique entourée de feuilles de plastique. Y sont projetées des images de mains faisant la cuisine, une soupe semble-t-il, et épluchant des légumes. Fin des images. Une main arrache les feuilles de plastique, celles d’Anicia Eritea : les cheveux en désordre, elle est en train de rajuster ses vêtements ; à côté d’elle, vautré sur un fauteuil, Eliogabalo, les pantalons baissés sur ses chaussures, reprend ses esprits. Ces deux-là sortent d’un moment de privautés, pour le dire euphémistiquement…</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_164_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=xzaD6fpk" title="Siobhan Stagg, Yuriy Mynenko © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Siobhan Stagg, Yuriy Mynenko © Monika Rittershaus</p>
<p><strong>Une famille dysfonctionnelle…</strong></p>
<p>Dans un texte d’intentions, le metteur en scène fait valoir que, plutôt que la cour impériale de la Rome antique, on peut imaginer que l’histoire se déroule dans une famille de la bourgeoisie italienne, riche mais dysfonctionnelle… Il ajoute que le spectateur vient à l’opéra pour être surpris par quelque chose qu’il ne connaît pas…<br />
	A vrai dire, surpris, est-ce qu’on le sera ? Cette esthétique « porno-chic » à la Helmut Newton tient sérieusement du cliché passé de mode. Mais bon, admettons que c’est une famille dans le genre de celle de <em>Théorème</em>, où le désir circule dans tous les sens, le désir et aussi l’amour. Tout irait bien si la perversité polymorphe d’Eliogabalo, et les manigances de ses âmes damnées, son amant Zotico et sa nourrice Lenia ne brouillaient les cartes.</p>
<p><strong>Un scénario-prétexte…</strong></p>
<p>Synopsis : Eliogabalo viole Anicia Eritea, ce qui désespère évidemment son amant Giuliano, commandant de la garde impériale. Par ailleurs, Alessandro, cousin de l’empereur et son futur successeur, va se marier avec la belle Flavia Gemmira. Dont l’empereur décide de faire sa proie (ce sera en somme le ressort principal de l’intrigue), il sera pour cela aidé par son amant et sa nourrice. Cette nourrice, Lenia, jouée par un ténor travesti, est par ailleurs folle du corps de Nerbulone, serviteur très viril de l’empereur. Ainsi les valets contrefont-ils dans le registre comique les amours des puissants. Par ailleurs encore, le bel Alexandre est aimé à la folie par la jeune Atilia Macrina qui se languit pour lui. Alexandre l’éconduit gentiment mais avec constance, car il aime Flavia Gemmira d’un amour sincère.</p>
<p>Eliogabalo manigancera de réunir un Sénat de femmes, où dans la confusion générale (et Calixto Bieito ne manquera pas d’en rajouter) il tentera d’abuser de Flavia (d’ailleurs travesti en femme), mais Eritea surgira pour lui rappeler sa promesse de mariage d’après le viol (bien que ce soit Giuliano qu’elle aime, la vie n&rsquo;est pas simple).</p>
<p>Le plan ayant échoué, Eliogabalo, toujours aidé par ses deux séides, aura l’idée d’un repas où Flavia serait droguée et Alessandro empoisonné, ce qui ferait coup double. Echec à nouveau. Tout cela entrelacé de diverses scènes de dépit amoureux, Alessandro reprochant à Flavia sa complaisance envers l’empereur, elle-même le soupçonnant de courtiser Atilia, etc. Or l’empereur ayant surpris Giuliano et Eritea chantant leur amour, voilà qu’il propose Eritea à Giuliano à condition qu’il lui offre sa sœur Flavia. Giuliano déclare préférer la mort à cette trahison.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_028_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=mrIW3nqg" title="David Hansen © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	David Hansen © Monika Rittershaus</p>
<p>Acte III : Les manigances du banquet ayant échoué lamentablement, tout le monde convient qu’il faut en finir et se débarrasser de l’empereur. Flavia et Eritea convainquent Giuliano de s’en charger. Par ailleurs l’empereur veut, lui, se débarrasser d’Alessandro. Flavia va piéger Eliogabalo en feignant de lui céder, mais Alessandro va surprendre ce duo d’amour et croire que Flavia le trahit. Puisqu’il en est ainsi, il va lui déclarer que c’est Atilia qu’il épousera.</p>
<p>Confusion générale des sentiments. Il est temps de conclure. L’assassinat aura lieu au cirque Maximus. Où l’empereur tentera de violer Flavia et sera décapité (en coulisses). Zotico et Lenia auront été poignardés aussi. Final : Alessandro devient empereur il épouse Flavia, Eritea pourra vivre son amour avec Giuliano. Les deux couples chantent leurs bonheurs parallèles dans un ultime quatuor (très beau) tandis qu’Atilia, renonçant à Alessandro, se met en quête d’un nouvel amour.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="322" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_253_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=oBe4ji9b" title="Mark Milhofer, Yuriy Mynenko, Joel Williams, Anna El-Khashem © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Mark Milhofer, Yuriy Mynenko, Joel Williams, Anna El-Khashem © Monika Rittershaus</p>
<p><strong>… et des « scènes-à-faire »</strong></p>
<p>Résumé (car vous avez vraisemblablement sauté les fastidieux paragraphes précédents) : tout cela est terriblement emberlificoté mais ne vise qu’un but : offrir à Cavalli des confrontations en tous genres, duos, trios, chœurs, scènes dansées, mais surtout récitatifs accompagnés, ariosos, lamenti, airs de fureur ou de vengeance, duos bouffes, parodies, etc. Dans la tradition de l’opéra vénitien dont Cavalli s’est fait l’un des inventeurs, sans doute le plus inspiré, et le plus subtil. Citons à ce propos Leonardo García Alarcón, qui s’en est fait le prophète et dont, soit dit en passant, la très belle lecture d’<em>Eliogabalo</em>, mise en scène par Thomas Jolly à l’Opéra Garnier en 2016, est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=yQZUkzdgHSM" rel="nofollow">disponible intégralement sur internet</a> et mérite, ô combien, d’être regardée :<br />
	« La douceur des neuvièmes, la colère des quartes, les sons sourds que provoquent les sixtes, le sentiment de paix que laisse une tierce derrière elle, l&rsquo;audace perspicace d&rsquo;une seconde, le tourment d&rsquo;une septième diminuée, le repos d&rsquo;une septième mineure et le pouvoir de conviction d&rsquo;une octave nous montrent déjà l&rsquo;univers absolument unique des couleurs des intervalles dans les œuvres de ce grand génie de l’art occidental qu’est Francesco Cavalli. »</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_khp_025_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=YfMKFTIo" title="Anna El-Khashem, Yuriy Mynenko, Benjamin Molonfalean © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Anna El-Khashem, Yuriy Mynenko, Benjamin Molonfalean © Monika Rittershaus</p>
<p><strong>La dernière partition connue de Cavalli</strong><br />
	 <br />
	Est-ce qu’on nous permettra encore une digression ? L’<em>Eliogabalo</em> que nous connaissons aujourd’hui ne fut jamais joué du temps de Cavalli. Par chance il ne fut pas perdu, mais il fallut attendre 1999 pour qu’il soit enfin créé.<br />
	Prévu pour être représenté au Teatro SS. Giovanni e Paolo durant le carnaval 1667-1668, il fut annulé presqu’à la dernière minute, et le librettiste Aurelio Aureli fut sommé d’écrire un nouveau libretto que mit en musique un compositeur de vingt-sept ans, Giovanni Antonio Boretti, évidemment moins expérimenté que Francesco Cavalli qui avait soixante-cinq ans et une trentaine d’opéras à son actif. Par chance, les deux partitions ont été conservées. Mais si l’opéra de Boretti fut donné dans une huitaine de villes importantes d’Italie pendant la décennie suivante, celui de Cavalli resta dans ses tiroirs, jusqu’au moment où il le confia à Biblioteca Marciana de Venise, dans le dessein sans doute qu’il soit transmis aux générations futures.<br />
	On ne connaît pas l’auteur du livret initial. Aureli le dit « produit par le talent d’une personne déjà décédée, orné des bijoux multicolores d’une plume savante de Venise » – manière fleurie de se dissimuler lui-même ? Allez savoir.</p>
<p><strong>Une musique jugée dépassée ou des Jésuites en embuscade ?</strong></p>
<p>Pourquoi cette annulation ? Considéra-t-on la musique comme dépassée ? L’hypothèse est vraisemblable : l’opéra suivant de Cavalli, <em>Massenzio</em>, dont il ne reste ni livret ni musique, ne fut pas représenté non plus, parce que « manquant d’ariettes virtuoses » (<em>mancante di briose ariette</em>), donc restant dans la lignée de Monteverdi, dont Cavalli avait été le disciple et l’assistant.<br />
	À moins que ce fût l’audace du livret ? Non pas que les turpitudes sexuelles évoquées eussent de quoi effaroucher (les ambiguïtés de genre étaient l’un des piliers de la dramaturgie vénitienne). En revanche, l’assassinat d’un souverain, aussi pervers et devenu oppresseur soit-il, mais restant légitime, n’était pas acceptable selon la doctrine des Jésuites (revenus à Venise en 1657 et favorisant une manière de retour à l’ordre religieux et culturel). Et il est de fait que le nouvel <em>Eliogabalo</em>, où l’empereur se repent de ses crimes et n’est pas assassiné, sera donné au collège jésuite de Parme.<br />
	En tout cas, il faudra donc attendre 1999 pour qu’<em>Eliogabalo</em> retrouve la lumière (à Crema, ville natale de Cavalli), avant qu’il ne soit repris à Bruxelles (par René Jacobs et Vincent Boussard en 2004) puis au Palais Garnier en 2016 comme évoqué plus haut.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_182_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=s9iaYGnp" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p><strong>Un érotisme un rien sordide</strong></p>
<p>Si Thomas Jolly, avait opté pour une manière d’antiquité très <em>design</em>, et adornée d’éphèbes gracieux, Calixto Bieito opte pour une esthétique brutaliste et très sexualisée (le livret ne parle pas d’autre chose). Ainsi une bonne partie du premier acte se déroule-t-elle dans un lieu obscur qui, avec ses piliers de béton, et ses plafonniers glauques, évoque les dessous d’une bretelle d’autoroute, reconvertis en lieu de drague où errent des silhouettes masculines d’abord en smoking, puis torses nus, bretelles tombant sur les pantalons (c’est une mise en scène qui déshabille volontiers les hommes, et d’ailleurs Zotico, amant ou ex-amant de l’empereur, passera l’essentiel du deuxième acte dans le simple appareil d’un boxer (spoiling : il ne l’enlèvera pas). Alessandro sera adorné quant à lui de perles et d’une couronne. Quant aux trois dames, elles portent des tailleurs ou des robes assez vivement colorées, très Balmain des bonnes années. L’empereur, quand il n’est pas dépoitraillé, porte un manteau de fourrure de barine. Quant à la nourrice, elle évoquerait assez une gouvernante anglaise, genre Downton Abbey.</p>
<p><strong>Le mystère des palmiers en plastique…</strong></p>
<p>La scène la plus déconcertante (disons !) sera celle du Sénat féminin, vaste conque de boiseries claires où siège une douzaine de figurantes en twin-set ou en tailleur, qui à l’incitation d’Eliogabale (lui-même en tailleur bleu électrique et longue perruque auburn) se retrouveront en soutien-gorge et culottes et caressées-frôlées de façon assez insistante par le beau jeune homme en caleçon.<br />
	La fin de la scène tournera au délirant quand la nourrice-gouvernante-entremetteuse commencera à envahir le plateau de palmiers de plastique en pots qu’elle charriera depuis la coulisse (pourquoi ???), puis cela tournera au crêpage de chignons généralisé, toutes ces dames se précipitant sur la malheureuse Flavia Gemmira.</p>
<p><strong>…et celui des nouilles chinoises</strong></p>
<p>Le même décor servira de fond à la scène du banquet : tous les convives face au public sur leur petites chaises se verront offrir des boites de nouilles chinoises… Les pressentant empoisonnées, ils se garderont bien de les manger, mais s’en feront des boucles d’oreilles, des colliers, de fausses perruques dégoulinantes ou s’en caresseront voluptueusement (Zotico) avant de se coiffer des boîtes comme de petits chapeaux… La décadence de l’empire romain vue sous l’angle dune cantine d’école primaire hors de contrôle…</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="142" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_226_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=NZFSTV0B" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
<img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="124" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_233_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=q5iODcSB" title="© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p>Il va sans dire que l’on s’étreint, se frôle, se titille beaucoup. Eliogabalo chante son premier air, « Sereni pensieri », la main dans la braguette de Zotico, et tout de suite après, en miroir dirons-nous, la nourrice Lenia réchauffe avec enthousiasme celle de Nerbulone qui l’intéresse vivement. Un peu plus tard, elle le chevauchera avec détermination et l’on verra aussi Atilia Macrina essayant de lutiner le réticent Alessandro.<br />
	Tout cela ne fait de mal à personne. Ce qui met plus mal à l’aise, et beaucoup, c’est le quasi-viol de Flavia Gemmina par l’empereur, le collant descendu, la main sous la jupe, scène éprouvante, où si rien n’est vraiment montré, tout est suggéré avec violence.<br />
	On verra ensuite Alessandro rechausser la jeune femme et l’aider à se rajuster, comme pour lui rendre une dignité bafouée. Il est juste de dire qu’<strong>Ania El-Khashem</strong> aura atteint là un sommet d’expression, d’incarnation douloureuse, de sincérité dans le désespoir, tandis qu’Eliogabalo chantera une de ses plus belles arias : « Alba, deh, rugiadosa, vieni a imperlar le contentezze mie ». Scène puissante, scène sidérante.<br />
	Calixto Bieito a parfois des trouvailles contestables (à nos yeux), mais cela ne lui enlève rien de ses qualités de directeur d’acteurs, saisissantes dans de tels moments, ni de son talent à emmener ses chanteurs vers leurs derniers retranchements. Alessandro, dans son <em>arioso</em>, « Misero e spiro » qui viendra juste après, atteindra au déchirant, montant à des notes hyper aiguës, presqu’inhumaines, artificielles, d’ailleurs pas forcément agréables, mais qui mèneront l’émotion à un paroxysme, avant que <strong>David Hansen</strong> n’achève cette séquence par un son filé infini.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="170" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_236_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=cWTZTUh9" title="Yuriy Mynenko © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Yuriy Mynenko © Monika Rittershaus</p>
<p>On signalera encore la lente descente des cintres d’un colossal <em>toro</em> très espagnol auquel Eliogabalo fera force câlins, l’animal incarnant bien sûr la sexualité dans ce qu’elle peut avoir de plus résolu, mais aussi pour un Espagnol comme le metteur en scène une mort fatidique et ritualisée.</p>
<p><strong>Mais on l’a dit, le plus convaincant, c’est la musique</strong></p>
<p>On saluera d’abord l’orchestre <strong>La Scintilla</strong> tout en rebonds, en accents, en sève, en saveur, très solidement appuyé sur les basses avec de belles nuances fauves des bois baroques, et une direction nerveuse (les brefs épisodes dansés sont d’une pulsation irrésistible) de <strong>Dmitry Sinkovsky</strong>, qui dirige d’ailleurs violon à l’épaule l’un des plus beaux lamenti d’Alessandro, l’aria « Misero così va chi fedel t’adorò » à l’acte I. Le même chef s’offrira une autre coquetterie au tout début de la deuxième partie : celle de défaire son chignon, de secouer ses longs cheveux (« Wow ! » dans les hauteurs de la salle) et de chanter d’une voix de contre-ténor, haut perchée mais jolie dans sa ténuité, une aria fameuse de Cavalli, « Dammi morte o liberta », succès garanti avant qu’il ne refasse son chignon et ne reprenne le cours des choses.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="310" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_214_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=d5o25hiI" title="Au premier plan Yuriy Mynenko et Mark Milhofer© Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Au premier plan Yuriy Mynenko et Mark Milhofer © Monika Rittershaus</p>
<p>À l’empereur, <strong>Yuriy Mynenko</strong> offre, non seulement une présence physique solide, très charnue-charnelle, mais aussi une voix de contre-ténor qui ne l’est pas moins, une voix qui possède à la fois de l’épaisseur et de la souplesse, avec l’ardeur qu’il faut à ce personnage puissant et voluptueux. Il enchaîne les lamenti, tous plus beaux les uns que les autres, « Sereni  splendori », « Deliri soavi », etc. tous à peu près bâtis sur le même plan, et toujours des vers de sept pieds, avec le même rayonnement et la même plénitude,<br />
	À sa victime préférée, Flavia Gemmina, <strong>Anna El Khashem</strong> apporte, non seulement une urgence, quelque chose d’électrique, de violent, y compris dans le désespoir, mais surtout une implication qui semble la pousser jusqu’aux limites de ce qu’elle peut donner, avec un soprano très projeté, où jamais ne se perd le contrôle du son (les vocalises restent impeccables), même quand le personnage semble frôler l’hystérie.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_215_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=Gxbd54gH" width="468" /><br />
	© Monika Rittershaus</p>
<p><strong>Beth Taylor, foudroyante</strong></p>
<p>L’une des voix les plus subjuguantes, c’est celle de <strong>Beth Taylor</strong>. Impressionnante de graves, de solidité, de rondeur, de puissance dramatique, elle donne au personnage de Giuliano une manière d’évidence, alors qu’évidemment, c’est un rôle travesti. Son lamento « T’inganni, pensiero » très riche de son, très plein, est superbe de pathétique. L’onctuosité du phrasé dans les moments de tendresse amoureuse, la fusion des timbres et des lignes vocales dans ses duos avec Anicia Eritea, tout cela est magnifique. L’ambiguïté vocale y redouble l’ambiguïté sexuelle. L’incertitude, le décalage, l’irréalisme sont évidemment au cœur de l’esprit baroque, et on ne peut qu’être troublé à entendre ces deux voix de femmes qui s’entrelacent.</p>
<p>L’autre personnage héroïque, c’est Alessandro, interprété par un contre-ténor. Comme on l’a dit plus haut, la voix de <strong>David Hansen</strong>, quand il monte très haut, frôle parfois le strident (mais ces notes aigres sont intéressantes d’un point de vue dramatique, et dans ses airs de déploration). En revanche, on ne peut qu’admirer sa ligne de chant, le brio des ornementations, et un brio infatigable. Son duo amoureux avec Flavia est l’un des grands moments de la partition, et ils sont bien beaux, tous deux enlacés.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_262_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=VFeYYfSK" title="Anna El-Khashem, David Hansen © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Anna El-Khashem, David Hansen © Monika Rittershaus</p>
<p>Au chapitre des voix graves, il faut nommer le tonitruant Nerbulone de <strong>Daniel Giulianini</strong>, dont la voix bronzée, d’une puissance et d’une solidité héroïques, ajoute à l’ironie des scènes amoureuses bouffes entre lui et la nourrice dessinée par un <strong>Mark Milhofer </strong>déchainé ! Ce rôle d’intrigante de comédie shakespearienne, il le dessine à grand renfort d’humour et de second degré, un rôle dont la virtuosité, les vocalises et ornements en tous genres, n’ont évidemment rien qui puisse effrayer un ténor qui a tout chanté, mais qui semble avoir plaisir à en faire un numéro pittoresque, se troussant jusqu’aux cuisses sur la moto où l’entraînent le metteur en scène et le jeune Zotico.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_263_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=y6btVfFD" title="Joel Williams, Mark Milhofer © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Joel Williams, Mark Milhofer © Monika Rittershaus</p>
<p><strong>Joel Williams </strong>est un ténor que dans un autre répertoire on dirait<em> di grazia</em><strong>.</strong> C’est une voix toute en finesse, et un chant élégant, toujours un peu dans l’ombre du ténor de composition qu’est ici Milhofer. Le reste du temps il joue avec élégance les objets sexuels languides, prenant de son maître des leçons de cynisme.</p>
<p><strong>Les trois dames</strong></p>
<p>Le trio féminin a la chance de s’appuyer sur deux chanteuses aux voix capiteuses et très intenses. <strong>Sophie Junker </strong>prête beaucoup de sincérité au personnage touchant d’Atilia Macrina, jeune femme éternellement déçue, quand elle supplie Alessandro de l’aimer, « ma giovinil bellezza ch’ancor di latte sa non ha velen – ma jeune beauté sent encore le lait », avant de se déshabiller et de s’offrir à lui (il se refusera), mais dans sa grande scène du deuxième acte, l’arioso « Vanne, o scoglio animato », suivi de l’aria « Servi e soffri mio core », sa noblesse d’accent, la beauté des phrasés colorent d’une profonde humanité ce personnage blessé, qui un peu plus tard se déchaînera dans une scène « des cravates » aussi absurde que celle des palmiers…</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="351" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_216_c_monika_rittershaus.jpeg?itok=yiyTKrHO" title="Sophie Junker, Anna El-Khashem, Siobhan Stagg © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Sophie Junker, Anna El-Khashem, Siobhan Stagg © Monika Rittershaus</p>
<p>Quant à <strong>Sioban Stagg</strong> (Anicia Eritea), séduite et abandonnée, ou plutôt violée et jetée, on la verra constamment digne avec son chignon banane et sa robe verte, après l’avoir découverte au lever de rideau dans les troubles et les bouleversements de la chair (coupable).<br />
	Elle sera particulièrement émouvante notamment dans son duo avec Giuliano au deuxième acte, un lamento à deux, comme elle le sera dans le tableau final : si, durant la seconde partie du spectacle, Calixto Bieito se sera fait plus discret, laissant Cavalli s’exprimer, il reviendra tout à la fin. De la fosse d’orchestre, montera une grande cage en grillage, où sera précipité l’empereur déchu, ridicule dans la robe blanche de son mariage grotesque avec Zotico. Alors s’élèvera le sublime quatuor final « Pur ti stringo, pur t’annodo », égal en beauté avec le « Pur ti miro » du <em>Couronnement de Poppée</em>, dont on estime, non sans raisons, qu’il est de Cavalli.</p>
<p>Pas de tête coupée, mais dans le silence et le noir, un simple sanglot. Émis par cette incarnation du mal qu’est Eliogabalo, pour lequel, comme le dit Calixto Bieito, on éprouve paradoxalement à la fin une manière de compassion.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/eliogabalo_ohp_284_c_monika_rittershaus_0.jpeg?itok=dnhNBbpk" title="Yuriy Mynenko © Monika Rittershaus" width="468" /><br />
	Yuriy Mynenko © Monika Rittershaus</p>
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<p> </p>
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		<title>Jakub Józef Orlinski, l’art des castrats —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jakub-jozef-orlinski-lart-des-castrats-irresistible/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jan 2018 07:43:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si la publicité lui prédit « une irruption fracassante » sur la scène internationale, l’été dernier en tout cas, au Théâtre du Jeu de Paume, l’entrée de Jakub Józef Orlinski fut surtout virevoltante, son numéro de breakdance dans l&#8217;Erismena de Cavalli nous déroutant moins par son anachronisme que par son caractère gratuit. Sa composition ne s’arrêtait heureusement pas &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si la publicité lui prédit « <em>une irruption fracassante</em> » sur la scène internationale, l’été dernier en tout cas, au Théâtre du Jeu de Paume, l’entrée de <strong>Jakub Józef Orlinski</strong> fut surtout virevoltante, son numéro de <em>breakdance</em> dans<a href="https://www.forumopera.com/erismena-aix-en-provence-nouveau-miracle-dalarcon"> l&rsquo;<em>Erismena </em>de Cavalli </a>nous déroutant moins par son anachronisme que par son caractère gratuit. Sa composition ne s’arrêtait heureusement pas à ces pirouettes et nous découvrions également un grain clair mais suave, exempt d’acidité comme des nasalités qui affectent parfois ce type de <em>falsetto </em>ultraléger. Une jolie voix, un frais minois et un mélange de fougue et de candeur adolescentes, malgré ses vingt-sept ans : il n’en fallait sans doute pas davantage pour transporter une frange significative de l’auditoire sur un petit nuage mercredi dernier et la Salle Gaveau, pleine comme un œuf, de réserver un triomphe au jeune Polonais pour ses débuts parisiens.</p>
<p>Nous aurions aimé planer avec ces spectateurs dont l’enthousiasme fait plaisir à voir comme à entendre, mais la concurrence est rude parmi les chanteurs qui prétendent renouer avec « <em style="line-height: 1.5">l’art des castrats </em>» (titre du récital), y compris chez les artistes de sa génération, et Jakub Józef Orlinski ne nous semble pas le mieux armé pour relever le défi. La voix de contre-ténor conserve peut-être quelque chose d’intrinsèquement miraculeux, quelque chose d’extraordinaire pour certains auditeurs qu’elle comble de bonheur, nous l&rsquo;affirmons sans malice mais plutôt avec envie. Toutefois, elle a aussi connu à la fin du vingtième siècle un développement technique spectaculaire qui a relevé notre niveau d’exigence tout en permettant aux meilleurs falsettistes de poursuivre une carrière de chanteur lyrique à part entière.</p>
<p>Pourtant présents à l’affiche du concert, Caldara et Porpora ont disparu du programme, lequel se limite à deux cantates parmi les plus jouées de Vivaldi et à une poignée d’airs de Händel. <em style="line-height: 1.5">Cessate omai</em>, <em style="line-height: 1.5">cessate </em>et <em style="line-height: 1.5">Amor hai vinto </em>cueillent le chanteur à froid et le trouvent excessivement prudent, même s’il quitte souvent la partition des yeux pour communiquer avec le public. Récitatifs survolés, articulation molle, ornementation embryonnaire et décousue n’étaient quelques maniérismes (« Se a me rivolge il ciglio »), cette mise en bouche manque de relief et nous laisse d’autant plus sur notre faim que revient nous hanter le souvenir prégnant de versions bien plus investies et personnelles, à commencer par celle de Gérard Lesne, alto d’un format assez proche, mais doté d’un timbre d’une tout autre richesse et d’une éloquence souveraine. <strong style="line-height: 1.5">Dmitry Sinkovsky</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Il Pomo d’Oro</strong> ont la bonne idée de nous épargner ces concertos « minute » et plutôt anecdotiques du Prêtre Roux volontiers servis en entremets dans les tours de chant et ont choisi de prolonger l’anniversaire de Telemann en défendant son concerto en si bémol majeur TWV 51 : un régal de brio et d’invention, innervé par ce sens de la narration qui fait défaut à Jakub Józef Orlinski.</p>
<p>Le fringant jeune homme, toujours aussi souriant et fébrile, aborde la seconde partie du récital de mémoire et apparaît, d’entrée de jeu, nettement plus à l’aise. Ces tubes de Händel lui sont manifestement familiers, comme en témoignent plusieurs vidéos en ligne – une présence sur la Toile à laquelle il fera d’ailleurs allusion en présentant son premier <em style="line-height: 1.5">bis </em>(« Vedro con mio diletto » de Vivaldi qui totalise plus de <a href="/breve/jakub-josef-orlinski-le-contre-tenor-du-21e-siecle">deux millions de vue</a>). Le récit de Ptolémée s’anime, nourri d’intentions justes et bien construit, mais c’est moins son agonie (« Stille amare ») qui nous interpelle que le <em style="line-height: 1.5">lamento </em>d’Othon (« Voi che udite ») où le musicien s’exprime enfin à la première personne et nous laisse entrevoir l’interprète qu’il pourrait devenir si du moins il travaille une voix encore très verte. En outre, si aucune note – même dans ce bas médium relativement confidentiel – ne nous échappe dans l’écrin si flatteur de Gaveau et avec une formation minuscule en guise d’accompagnement (un clavecin et cinq cordes), nous avons par contre du mal à imaginer l’instrument passer la rampe dans le cadre d’une production scénique et avec un orchestre digne de ce nom.</p>
<p>Depuis le Moyen Age, les compositeurs exploitent l’aptitude à vocaliser des falsettistes, abonnés aux diminutions et si la vélocité des traits impressionne même dans un numéro aussi rebattu que « Furibondo spira il vento », en revanche, les nuances dynamiques comme les <em style="line-height: 1.5">messe di voce</em> complètes – dont les tentatives, en l’occurrence, tournent court – requièrent une longueur et une maîtrise du souffle qu’à l’heure actuelle Jakub Józef Orlinski ne possède pas. L’un ou l’autre aigu fort droit, sinon perçant dépare le ravissant <em style="line-height: 1.5">larghetto </em>de Giustino « Vedro con mio diletto » et la comparaison avec Philippe Jaroussky au même âge, inévitable puisque c’est avec lui que nous avons découvert ce joyau, s’avère particulièrement cruelle. Après s’être taillé un beau succès personnel dans le somptueux concerto pour violon en ré majeur (op. 7 n° 2) de Jean-Marie Leclair, entre moments suspendus, intensément poétiques (l’A<em style="line-height: 1.5">dagio </em>liminaire) et déferlements virtuoses, le volcanique Dmitry Sinkovsky achève de mettre le public dans sa poche en rejoignant la vedette du jour pour le plus improbable duo de Sesto et Cornelia (« Son nata a lagrimar »).</p>
<p> </p>
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		<title>Récital Julia Lezhneva &#8211; Paris (TCE) —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-julia-lezhneva-paris-tce-de-la-musique-avant-toute-chose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sonia Hossein-Pour]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Nov 2014 09:31:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans son récital proposé au Théâtre des Champs Élysées samedi 15 novembre, la jeune soprano russe Julia Lezhneva semble, avec Haendel, en terrain connu, pour ne pas dire conquis. D’aucuns la connaissent en effet pour la richesse de son répertoire baroque, propice à l’effusion de vocalises quasi mécaniques et projetées sans effort par un diaphragme &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Dans son récital proposé au Théâtre des Champs Élysées samedi 15 novembre, la jeune soprano russe <strong>Julia Lezhneva</strong> semble, avec Haendel, en terrain connu, pour ne pas dire conquis. D’aucuns la connaissent en effet pour la richesse de son répertoire baroque, propice à l’effusion de vocalises quasi mécaniques et projetées sans effort par un diaphragme éprouvé, dans ce corps pourtant si juvénile.</p>
<p class="rtejustify">Julia Lezhneva n’est cependant pas là pour faire montre de cette seule agilité vocale qui impressionne autant qu’elle peut lasser. Sa technique, elle la met au service d’une musicalité sensible, délicate et ô combien nuancée. Si certaines notes du registre grave nous parviennent difficilement, nous pouvons goûter le miracle de son timbre, particulièrement affirmé dans ses registres mediums et hauts. Et si technique il y a, elle est d’abord un art de la respiration. Il suffit de rappeler la prouesse que constitue, dans l’air « Per dar pregio » extrait de <em>Rodrigo</em>, la tenue de ce mi aigu sur presque 6 mesures, dans un seul souffle, et de contempler la posture quasi mariale de la chanteuse qui, les yeux levés au ciel, livre son chant censément sublime.</p>
<p class="rtejustify">L’<strong>ensemble Il Pomo d’Oro</strong> ne manque pas de surprendre. D’abord par l’originalité de sa direction : <strong>Dmitry Sinkovsky </strong>conduit l’ensemble tout en assurant le rôle de premier violon avec une certaine virtuosité. Mais ce dédoublement ambitieux se fait au détriment, parfois, d’un manque de justesse et de précision du jeu, en particulier dans le <em>concerto en si bémol majeur</em> de Telemann, en ouverture du concert. La musique est cependant exécutée avec un sens aigu de la nuance, qui s’accorde parfaitement au chant de la cantatrice. Dmitry Sinkovsky sait aussi nous faire partager un autre de ses talents, quand sa voix de contre-ténor se fait subrepticement l’écho de la soprano dans « Zeffiretti, che sussurrate », extrait d&rsquo;<em>Ercole</em> de Vivaldi.</p>
<p class="rtejustify">« Lascia la spina », extrait de <em>Il Triompho del tiempo e del disinganno</em> de Haendel, vient clore superbement le récital, dans l’intimité d’un duo pour voix et luth seul.</p>
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		<title>Dmitry Sinkovsky, le violoniste qui chante</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/dmitry-sinkovsky-le-violoniste-qui-chante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 10 Nov 2014 14:56:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les fans de Philippe Jaroussky n’ont certainement pas oublié ce prélude de Chostakovich où, le temps d’un duo en compagnie de Renaud Capuçon, la star des falsettistes renouait avec ses premières amours. Toutefois, ces retrouvailles n’étaient que furtives et diffèrent sensiblement de la démarche de Dmitry Sinkovsky. Tout en poursuivant une magnifique carrière de violoniste, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les fans de Philippe Jaroussky n’ont certainement pas oublié ce prélude de Chostakovich où, le temps d’un duo en compagnie de Renaud Capuçon, la star des falsettistes renouait avec ses premières amours. Toutefois, ces retrouvailles n’étaient que furtives et diffèrent sensiblement de la démarche de <strong>Dmitry Sinkovsky</strong>. Tout en poursuivant une magnifique carrière de violoniste, le virtuose russe travaille depuis quelques années sa voix de contre-ténor et commence également à se produire en tant que chanteur. Le mois dernier, au Théâtre du Bolchoï, et pas plus tard que cette semaine à la Monnaie, il n’a pas hésité à troquer l’archet et la direction pour interpréter un <em>bis </em>avec Julia Lezhneva. En studio, Dmitry Sinkovsky a franchi un pas supplémentaire, enregistrant à la fois les <em>Quatre Saisons </em>de Vivaldi, sa cantate <em>Cessate, omai cessate </em>et un air de <em>Farnace</em>. Le disque devrait paraître très prochainement chez Naïve.</p>
<p><iframe allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="//www.youtube.com/embed/uy7uNYF4bf4?rel=0" width="560"></iframe></p>
<p>&gt;&gt; Voir aussi <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4F1xUTVeWdQ">Julia Lezhneva et Dmitry Sinkovsky au Bolchoï</a></p>
<p> </p>
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