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	<title>Sofia MCHEDLISCHVILI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sofia MCHEDLISCHVILI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, Le comte Ory &#8211; Bad Wildbad</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme Tonio, on s’écrierait volontiers&#160;: «&#160;Quel jour de fête&#160;!&#160;» à la fin de ce Comte Ory dirigé avec une alacrité roborative par un Antonino Fogliani survolté. On sort le sourire aux lèvres de cette représentation où la vitalité musicale nous a aidé à surmonter l’agacement visuel. Il commence avec l’ouverture, polluée par le spectacle de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme Tonio, on s’écrierait volontiers&nbsp;: «&nbsp;Quel jour de fête&nbsp;!&nbsp;» à la fin de ce <em>Comte Ory</em> dirigé avec une alacrité roborative par un <strong>Antonino Fogliani</strong> survolté. On sort le sourire aux lèvres de cette représentation où la vitalité musicale nous a aidé à surmonter l’agacement visuel.</p>
<p>Il commence avec l’ouverture, polluée par le spectacle de femmes affublée de tenues bariolées qui s’installent pour papoter jusqu’à ce que des gars hypermusclés – teeshirts « Rambo » –&nbsp;partent manifestement pour la guerre. Ils reviendront au premier acte en gardes du corps du faux ermite, bandana et coiffure afro confirmant l’atmosphère années 60 du siècle dernier. Les guerriers partis, les femmes déploient des panneaux porteurs de photographies d’arbres exotiques ; en fond de scène une tente est dressée, ce sera l’ermitage, façon tipi mâtiné d&rsquo;hôpital de campagne, et Ory paraîtra en guru, mixte de Gandhi pour l’habit et d’un personnage de bande dessinée pour sa barbe blanche, entre Gandalf et Panoramix. Une petite table côté cour recevra les présents destinés au saint homme.</p>
<p>Au deuxième acte, qui a pour cadre le château de la belle comtesse, l’espace libéré par la disparition de la tente deviendra successivement le lieu de l’apparition d’Ory en fantasme tentateur, celui ou s’attablent les pseudo-pélerines, et enfin la chambre de la comtesse, où derrière un rideau tiré translucide se jouera la comédie des erreurs, la comtesse, le page et Ory apparaissant en ombres chinoises qui se livrent, au dire de quelques personnes, à des activités scabreuses dont nous n’avons heureusement rien remarqué. Le dessous de la scène sera utilisé pour la fuite d’Ory, de Raimbaud et du gouverneur.</p>
<p>A côté de choix pertinents, comme les manifestations d’impatience d’Isolier pendant l’interminable auto plaidoyer du gouverneur, ou la veste enlevée par la comtesse quand l’influence du guru fait monter sa tension, le traitement des scène comiques, telle la beuverie des pseudo-pélerines, ne donne pas dans la légèreté. C’est malheureusement souvent le cas, et c’est regrettable car ces ivrognes travestis en pélerines font tellement partie d’une tradition comique qu’il ne semble vraiment pas nécessaire d’appuyer.</p>
<p>Heureusement, la verve de l’orchestre balaie les réticences visuelles, et le chant réjouit à l’unisson. On se plait à noter que globalement la prononciation du français est bonne, y compris celle des artistes des chœurs, musicalement irréprochables. Le rôle mineur d’Alice donne à <strong>Yo Otahara </strong>la possibilité de montrer une vis comica discrète mais efficace en adepte dévouée et apparemment comblée des séances de «&nbsp;méditation&nbsp;» sous la tente. Entre parenthèses, elle sort la dernière du groupe de femmes manifestement très détendues par leur séance avec le guru, ce qui ruine quelque peu les discours qui veulent voir dans les émois d’Ory au deuxième acte l’ardeur maladroite d’un amoureux débutant.</p>
<p>Ragonde est ici moins sévère qu’attentive, et <strong>Camilla Carol Farias </strong>lui confère toute l’autorité nécessaire sans en faire le dragon femelle parfois représenté. <strong>Nathanaël Tavernier </strong>remporte un succès mérité dans le rôle du gouverneur, où il exploite à bon escient des graves abyssaux et montre une belle longueur de souffle. A <strong>Fabio Maria Capitanucci </strong>le rôle ambigu du compagnon des mauvais coups du jeune dévoyé et les couplets du récit de l’exploration de la cave, si évocateurs et si différents de ceux de Don Magnifico dans <em>La Cenerentola</em>. Il en exprime toute la verve, mais l’accélération altère un peu la clarté de la prononciation.</p>
<p><strong>Diana Haller </strong>campe le page amoureux de la comtesse par là-même rival de son maître. Sa fermeté vocale, la souplesse et la vélocité, l’étendue intacte entre les graves soyeux et les aigus étincelants, doublées de son aplomb scénique, font de sa composition un régal. Il va de pair avec celui qu’offre la démonstration de virtuosité de la comtesse de <strong>Sofia Mchedlishvili</strong>, dont on constate avec bonheur qu’elle a acquis une complète maîtrise de sa voix&nbsp;: plus aucune trace, dans les aigus stratosphériques, des reflets métalliques d’autrefois, une homogénéité parfaite, la rapidité et la précision impeccable de l’exécution, s’allient à une présence scénique où les affèteries ont disparu, cette composition est à ranger au côté des plus notables.</p>
<p>Autre bonheur, dans le rôle-titre, l’alliance de l’intelligence et des moyens pour l’interpréter.<strong> Patrick</strong> <strong>Kabongo </strong>réunit les atouts nécessaires et comme toujours s’engage à fond dans la mission qu’il a reçue. Il doit faire rire, c’est à cela qu’est destiné son accoutrement de guru au premier acte, et la robe et la perruque blonde dont il est affublé au second et qui sont souvent source de gags. L’honnêteté du compte-rendu nous oblige à dire que beaucoup ont ri de bon cœur, et aussi que ses mimiques expressives n’y étaient sûrement pas pour rien. Pour le reste, on connait ses qualités de chanteur rossinien, la ductilité, la précision, la maîtrise des figures, et on les savoure intensément, en regrettant parfois que l’intensité sonore de l’orchestre le contraigne à pousser un peu. Il recueille un triomphe personnel mérité, comme la comtesse et Isolier, &nbsp;mais tous les artistes sont longuement fêtés par un public ravi dont on ne peut s’empêcher de noter que, plus fourni que la veille, il n’a cependant pas fait le plein.</p>
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		<title>ROSSINI, Il vero omaggio &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-vero-omaggio-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En décembre 1822, à l&rsquo;occasion du Congrès de Vérone, qui réunissait les monarchies de la Sainte Alliance, le prince de Metternich aurait voulu réentendre la <em>Zelmira </em>qui l&rsquo;avait enchanté quelques mois plus tôt à Vienne, où Barbaja avait transporté la troupe du San Carlo. Mais la Colbran était malade et quand on fut certain qu&rsquo;elle ne pourrait pas chanter l&rsquo;opéra le diplomate et le compositeur optèrent pour des cantates. L&rsquo;une d&rsquo;elles, <em>Il vero omagggio, </em>serait dédiée au souverain autrichien. Or le temps manquait, et de surcroît Rossini était tarabusté par La Fenice où on l&rsquo;attendait pour préparer <em>Semiramide. </em>Dès lors la stratégie du réemploi s&rsquo;imposait. Dans les cartons du compositeur, une cantate composée pour la duchesse de Lucca, mais créée à Naples en 1821, <em>La riconoscenza, </em>elle-même nourrie d&rsquo;auto-emprunts à <em>Zelmira, </em><em>Bianca e Falliero</em> et <em>Ricciardo e Zoraide</em>. Au prix d&rsquo;adaptation à la tessiture des chanteurs dont il disposait à Vérone, d&rsquo;ajouts destinés à rendre le final plus ample et plus spectaculaire, Rossini mènera à bien la gageure.</p>
<p>Sur les rives de l&rsquo;Adige, des pâtres, des fermiers, des bergères chantent les louanges de leur maître et de ses augustes alliés. Oseront-ils se présenter à eux en sujets dévoués et soumis ? L&rsquo;un d&rsquo;eux, Alceo, affirme qu&rsquo;il n&rsquo;y a rien à redouter d&rsquo;un souverain qui règne par la piété, la pitié et la clémence. N&rsquo;a-t-il pas fait dévier le cours d&rsquo;un torrent dévastateur ? Un autre, Fileno, vante la paix et la liberté dont ils jouissent. Un chœur sort de la forêt pour glorifier ce maître et ses alliés. Apparaît Elpino, un vieillard muni de sa harpe, qui considère un devoir d&rsquo;exalter publiquement les vertus de ce prince. Avec Alceo, Fileno et la bergère Argene, Elpino guide la procession au pied du trône et tous chantent leur gratitude et leur amour. Le souverain répond qu&rsquo;il trouve là le juste prix de ses victoires. Il a entendu ses sujets, assurer leur bonheur sera sa tâche, comme celle de ses augustes alliés, et demande – à l&rsquo;impératif – au peuple de leur abandonner son sort dans un grand quintette avec chœur.</p>
<p>L&rsquo;ayant fait l&rsquo;an dernier, nous ne décrirons pas le lieu choisi pour le concert, cet observatoire dont les derniers paliers permettent de dominer la forêt environnante. Si cette année aucune allée et venue n&rsquo;a perturbé notre attention, il reste que le plein air ne nous semble toujours pas l&rsquo;idéal pour ces exécutions, surtout quand la fraîcheur du soir contraint à frissonner faute de pouvoir s&#8217;emmitoufler et qu&rsquo;on se met à craindre pour les artistes. Mais il faut vraisemblablement nous résigner : la création d&rsquo;un prix <em>Rossini in cima, </em>décerné l&rsquo;an dernier au musicologue Paolo Fabbri, annonce que cette pratique se maintiendra. Cette année le récipiendaire n&rsquo;était autre que le directeur musical du festival, Antonino Fogliani, dont la fidélité à Bad Wildbad où il dirige depuis vingt ans était surlignée par le choix de l&rsquo;œuvre programmée. C&rsquo;est donc dans une joyeuse émotion qu&rsquo;après le concert, prolongé par l&rsquo;exécution du <em>pas de six</em> de <em>Guillaume Tell</em> que José Miguel Pérez Sierra, devenu lui aussi un pilier du festival, a dirigé en l&rsquo;honneur de son ami Antonino Fogliani, le maire de Bad Wildbad a remis à celui-ci le prix et les cadeaux afférents.</p>
<p>Dans ces conditions qui mettent à l&rsquo;épreuve musiciens et chanteurs, ainsi que l&rsquo;auditeur-spectateur il est difficile d&rsquo;apprécier au plus juste leurs prestations. Disons que ni les musiciens de l&rsquo;ensemble Szymanowski ni les choristes n&rsquo;ont démérité, loin de là. Pour les solistes, même si toutes les parties sont exigeantes, certaine l&rsquo;est davantage. Or la règle pour bien chanter Rossini est de pouvoir donner l&rsquo;illusion d&rsquo;une émission naturelle, où la voix coule de source. Pour le soliste le plus exposé par une écriture très exigeante inspirée peut-être par celle d&rsquo;Idreno ce ne fut malheureusement pas le cas quand il entreprit d&rsquo;escalader les sommets. Quant aux autres, ils ont tiré leur épingle du jeu, la basse <strong>Roberto Lorenzi</strong> remarquable en barde porte-parole, le ténor <strong>Michele Angelini</strong> dans les énergiques fioritures d&rsquo; Elpino, la mezzosoprano <strong>Teresa Iervolino</strong> dans le rôle interprété à Vérone par le castrat Velluti et la soprano<strong> Sofia Mchedlischvili</strong> en bergère fidèle tant à Alceo qu&rsquo;au souverain, sans toutefois nous faire éprouver les exaltations que l&rsquo;auditoire de Vérone avait d&rsquo;autant plus savourées qu&rsquo;une mise en espace fastueuse avait accompagné l&rsquo;exécution musicale.</p>
<p>Mais le public nombreux réparti sur plusieurs anneaux autour du puits central n&rsquo;a pas fait la fine bouche et a fait un véritable succès, long et chaleureux, à tous les protagonistes, et en particulier à <strong>Antonino Fogliani </strong>et à sa direction ciselée qui parvient à imposer son sceau, en nous faisant vibrer presque malgré nous à cette œuvre de circonstance désormais aux antipodes de notre sensibilité.</p>
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