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	<title>Vincent TAVERNIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Vincent TAVERNIER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>CHARPENTIER, Le Malade imaginaire — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-malade-imaginaire-nantes-dilate-la-rate/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec cette belle production du Malade Imaginaire qui rassemble trois compagnies spécialistes de ce répertoire, l&#8217;année Molière est lancée à Nantes avec brio. Après L&#8217;Amour médecin, Monsieur de Pourceaugnac et Les Amants magnifiques, L&#8217;Eventail, le Concert Spirituel et les Malins Plaisirs conjuguent à nouveau leurs talents pour une nouvelle comédie-ballet de Molière montée – pour la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec cette belle production du <em>Malade Imaginaire </em>qui rassemble trois compagnies spécialistes de ce répertoire, l&rsquo;année Molière est lancée à Nantes avec brio. Après <em>L&rsquo;Amour médecin</em><em>, </em><em>Monsieur de Pourceaugnac </em><em>et<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-amants-magnifiques-massy-le-roi-danse-magnifiquement"> </a></em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-amants-magnifiques-massy-le-roi-danse-magnifiquement"><em>Les Amants magnifiques</em></a>, L&rsquo;Eventail, le Concert Spirituel et les Malins Plaisirs conjuguent à nouveau leurs talents pour une nouvelle comédie-ballet de Molière montée – pour la première fois depuis trente cinq ans – dans l&rsquo;intégralité de ses « textes, musiques, chants et danses, sans retranchements ni ajouts, considérant qu&rsquo;il importe de s&rsquo;appuyer sur une construction dont l&rsquo;étude approfondie révèle qu&rsquo;elle est toujours dramatiquement juste. »</p>
<p>Après une entrée en matière un peu confuse, liée peut-être à la thématique carnavalesque du Prologue, les dix neuf instrumentistes du Concert Spirituel<strong> </strong>trouvent leurs marques et accompagnent avec autant de pétillant que de précision les passages composés par Marc-Antoine Charpentier. Ceux-ci, malheureusement, ne sont pas si récurrents au cours des 3h30 de spectacle et la fosse semble parfois piquer du nez tandis qu&rsquo;au plateau se déroulent les trois actes de la pièce de théâtre. Mais <strong>Hervé Niquet</strong> sait jouer de sa faconde naturelle au service du propos avec une direction enlevée et gouailleuse qui fait merveille.</p>
<p>Quel plaisir sans mélange lorsque la compagnie de l&rsquo;Eventail ajoute la danse au délice de la musique ! Les chorégraphies créatives de <strong>Marie-Geneviève Massé</strong> teintent leur parfaite connaissance de l&rsquo;époque de fantaisie et d&rsquo;humour, choisissant d&rsquo;être avant tout fidèles à l&rsquo;esprit d&rsquo;une fête royale au Grand Siècle plutôt qu&rsquo;à sa lettre.</p>
<p>Plus encore, la danse des robots médecins ne manque pas l&rsquo;insolence et poursuit la métaphore du pantin manipulé qui court dans toute la mise en scène et évoque avec tant de pertinence les aberrations du Malade Imaginaire, jouet de sa femme, des médecins puis du reste de sa famille.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_malade_imaginaire_22-01-15_c_helene_aubert_mg_5774.jpg?itok=VdFicH7x" title=" © Hélène Aubert" width="468" /><br />
	 © Hélène Aubert</p>
<p>Un grand fauteuil sur roulette où Argan est perpétuellement déplacé, transbahuté par les uns et les autres et où s&rsquo;effondre son épouse lorsque son hypocrisie est démasquée, est l&rsquo;autre élément qui souligne ces jeux de manipulations.</p>
<p>Peu d&rsquo;accessoires, donc, mais toujours signifiants dans une scénographie astreinte à l&rsquo;économie puisqu&rsquo;il faut sans cesse laisser le plateau libre pour la danse. <strong>Claire Niquet</strong> fait merveille avec cette belle place urbaine au milieu de laquelle s&rsquo;ouvre et se ferme en grisaille la maison-boîte de la famille. Comme la plupart des barbons chez Molière, Argan perd son humanité à force d&rsquo;être obsessionnel. Son hypocondrie lui fait perdre les couleurs de la vie, il est donc logique que sa demeure manque de relief et de pigments.</p>
<p>En revanche, teintes jubilatoires et réjouissante fantaisie éclatent avec l&rsquo;extraordinaire brio que l&rsquo;on connaît à <strong>Erick Plaza-Cochet</strong> dans les costumes, les perruques et masques animaux portés par les artistes.</p>
<p>L&rsquo;esprit de troupe de l&rsquo;Illustre Théâtre souffle sur la soirée car <strong>Vincent Tavernier</strong>, metteur en scène et directeur artistique, individualise chacun pour rendre plus vivant et tourbillonnant encore ce carnaval où les trois arts – danse, musique et comédie – s&rsquo;harmonisent avec une parfaite fluidité, ce qui était une gageure.</p>
<p>Parmi les comédiens, soulignons la performance particulièrement vive et piquante de<strong> Marie Loisel</strong> en Toinette, tandis que <strong>Pierre-Guy Cluzeau</strong> dose parfaitement le ridicule de son Argan qui reste toujours aussi crédible que drôle, tout comme l&rsquo;hilarant Thomas Diafoirus de <strong>Benoît Dallongeville</strong>.</p>
<p>Le plateau vocal n&rsquo;a que peu à chanter, les ensembles sont impeccables mais dans les parties séparées, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/axelle-fanyo-je-ne-peux-pas-atteindre-mon-plus-haut-potentiel-sans-lenergie-du-public"><strong>Axelle Fanyo</strong></a> brille tout particulièrement avec une Flore diaprée d&rsquo;une présence solaire et de couleurs sensuelles, encadrée par <strong>Lucie Edel </strong>et <strong>Flore Royer</strong>, aussi vives que charmantes et aux timbres bien assortis.</p>
<p>Chez les hommes, <strong>Blaise Rantoanina</strong>, révélation classique Adami 2016, pâtit d&rsquo;une projection un peu métallique et d&rsquo;aigus tendus, contrairement à <strong>Yannis François</strong> (également danseur !) tout en rondeur chaleureuse dont le focus, l&rsquo;épatante diction nous avait déjà frappés dans <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-dame-blanche-rennes-le-delicieux-bestiaire-des-davenel-streaming">la Dame Blanche</a> </em>à l&rsquo;opéra de Rennes. </p>
<p>Une nouvelle fois, l&rsquo;équipe artistique assume pleinement son credo : « proposer une interprétation fondée sur un total respect des sources – mais contemporaine. [Délaisser] gestique, éclairage à la chandelle ou français restitué [au profit] de la vitalité et l&rsquo;inventivité qui sont les marques de fabrique originales [de la comédie-ballet], pour proposer au public d&rsquo;aujourd&rsquo;hui des spectacles qui les touchent immédiatement – comme le souhaitaient les créateurs – grâce à des modes d&rsquo;interprétation contemporains&#8230; Spectacle total, d’une fantaisie sans limites, accessible à tous les âges, à tous les goûts, à tous les esprits, la comédie-ballet est avant tout le récit d’un combat et d’une victoire, celle de l’esprit de joie sur l’esprit de sérieux » comme le souligne la <em>standing ovation</em> qui clôture la soirée.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>STRADELLA, San Giovanni Battista — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/san-giovanni-battista-nantes-lincandescence-retrouvee-de-stradella/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Nov 2018 04:50:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’instar de Damien Guillon, nous avions découvert le San Giovanni Battista de Stradella au disque avec Marc Minkowski (Erato), même s’il avait déjà été enregistré par Helmut Müller-Brühl (Schwann) puis Michael Schneider (Deutsche Harmonia Mundi), Alessandro De Marchi signant l&#8217;intégrale la plus récente pour les micros d&#8217;Hyperion (2007). Cependant, il aura fallu attendre la création de cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’instar de <strong>Damien Guillon</strong>, nous avions découvert le <em>San Giovanni Battista </em>de Stradella au disque avec Marc Minkowski (Erato), même s’il avait déjà été enregistré par Helmut Müller-Brühl (Schwann) puis Michael Schneider (Deutsche Harmonia Mundi), Alessandro De Marchi signant l&rsquo;intégrale la plus récente pour les micros d&rsquo;Hyperion (2007). Cependant, il aura fallu attendre la création de cette version scénique en la Chapelle Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Nantes pour que le théâtre sacré de Stradella recouvre enfin son urgence et sa formidable incandescence. </p>
<p>Oratorio à la trame serrée et à l’écriture constamment inspirée, déroutante sur le plan rythmique et jalonnée de surprises harmoniques, <em>San Giovanni Battista</em> affiche une étonnante diversité de styles, caractéristique des périodes de transition : l’<em>historia sacra </em>modélisée par Carissimi, Mazzochi et Rossi voit se réduire l’importance des choeurs, confiés aux solistes, mais bénéficie de l’extrême malléabilité du récitatif de Cavalli, dont Stradella avait révisé le <em>Scipione Africano </em>et remaniera plus tard <em>Giasone</em>, tout en frayant la voie au développement belcantiste que le genre connaîtra chez Scarlatti et Haendel. Rien d’étonnant à ce que ce dernier ait détenu une copie de la partition. Damien Guillon rêvait déjà de la diriger alors qu’il venait de fonder le <strong>Banquet Céleste </strong>et il s’était probablement déjà forgé une idée relativement précise de la manière de la jouer quand Alain Surrans l&rsquo;a contacté pour ce projet, car il ne laisse rien au hasard et en détaille amoureusement la moindre invention. Non seulement les musiciens se saisissent de la musique de Stradella avec un geste très sûr et une acuité dramatique inouïe, mais ils rendent aussi pleinement justice au dialogue, si rare dans le répertoire vocal de l’époque, du <em>concerto grosso </em>et du <em>concertino</em>, et à la sensualité de la parure instrumentale. Il faut entendre les cordes caresser la voix de Baptiste ou accentuer les clairs-obscurs mélancoliques de la <em>sinfonia </em>sur laquelle se referme la première partie. Mais pour que le miracle advienne, encore faut-il que les solistes vivent dans leur chair et dans la chair de leur voix les affects qui animent leurs personnages. C’est peut-être un truisme, mais en théorie seulement car dans la pratique rien ne paraît moins évident, l’interprétation des oratorios de Stradella ayant rarement été habitée par ce frémissement qui est la vie même du théâtre.   </p>
<p>Les puristes s’insurgeront probablement à l’idée qu’un spectacle puisse être tiré de cet oratorio et, a fortiori, qu’il soit monté dans une église. Damien Guillon pourrait, de surcroît, donner l’impression que cette démarche est superflue lorsqu’il affirme que « <em>l’absence de mise en scène, dans le contexte originel </em>[le dimanche de la Passion (1675) en l’église San Giovanni dei Fiorentini de Rome] <em>est l’une des raisons qui explique que la musique soit aussi contrastée, théâtrale et imagée </em>». Or, le livret d’une performance ultérieure, à Modène, contient des indications de régie qui laissent penser que le chef-d’œuvre de Stradella fit à l’époque aussi l’objet d’une lecture scénique. Aujourd’hui, il se retrouve superbement enluminé par le décor de <strong>Claire Niquet</strong>, qui évoque autant Fra Angelico que le Raphaël des loges du Vatican, et les atours somptueux des très hiératiques silhouettes d’Hérodiade, d’Hérode et de son Conseiller dessinées par <strong>Erick Plaza-Cochet. </strong>Véritable enchantement pour les yeux, ces tableaux vivants ne détonnent pas dans le cadre la Chapelle Notre-Dame de l’Immaculée Conception et ils ne devraient pas davantage jurer dans la cathédrale de Rennes ni dans les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://banquet-celeste.fr/programme/san-giovanni-battista/">autres lieux consacrés </a>qui vont accueillir cette production jusqu’en mai 2019. </p>
<p>Loin de nous montrer la danse lascive de Salomé (« Hérodiade la Fille » dans le livret) ou la décollation de Baptiste, la dramaturgie de <strong>Vincent Tavernier </strong>ignore l’illustration réaliste et triviale et s&#8217;emploie plutôt à éclairer habilement les relations des protagonistes dont elle explicite également ou affermit les traits, à commencer par ceux d’Hérodiade (excellente <strong>Gaïa Petrone</strong>). Sous la plume de l’Abbé Ansaldi, la mère de Salomé ne s’exprime que fugacement et intervient pour l’essentiel dans les ensembles, or l’action procède de ses manigances et de l’ascendant qu’elle exerce sur sa progéniture. Tapie dans l’ombre ou se dressant fièrement face à Hérode, un sourire triomphal aux lèvres, narguant Baptiste dans sa geôle ou reprenant vivement le sceptre royal des mains du Conseiller en le toisant furieusement, la compagne du tétrarque de Galilée et de Pérée est omniprésente et veille jalousement sur ses intérêts. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/san_giovanni_battista-pa_benos-djian_aamo_43.jpg?itok=dwpeRpty" title="Paul-Antoine Benos Dijan (San Giovanni Battista) et Alicia Amo (Erodiade la Figlia)© Jean-Marie Jagu" width="468" /><br />Paul-Antoine Benos Dijan (San Giovanni Battista) et Alicia Amo (Erodiade la Figlia) © Jean-Marie Jagu</p>
<p>N’était sa malignité, Salomé aurait mérité de donner son nom à l’oeuvre, en vérité dominée par cette anti-héroïne dont <em>San Giovanni Battista </em>livre un portrait d’une étonnante férocité mais aussi d’une exceptionnelle richesse. Et dire que nous n’avons conservé aucune trace de la prise de rôle de Maria Callas, qui incarna cette diablesse à Pérouse en 1949 ! Il y a là de quoi stimuler notre imagination. Nous pouvions d’abord craindre que cette partie fort exigeante, en termes d’ambitus, de virtuosité mais aussi en matière de lyrisme, excède les moyens du soprano frais et pur, mais d’essence légère d’<strong>Alicia Amo. </strong>Or, aucune dimension, aucune posture de cette championne de la duplicité ne lui échappe, qu’elle implore les dieux, apparemment soumise, ou attise la colère d’Hérode avant de tomber le masque et de clamer victoire en exhalant sa haine à l’endroit de Jean-Baptiste. La composition culmine dans l’ultime numéro de séduction de la fille d’Hérodiade, prouesse rhétorique autant que technique, où la parfaite maîtrise de l’instrument autorise une irrésistible gradation des effets. Un homme moins vulnérable que le compagnon illégitime de sa mère – Antipas a épousé sa propre nièce, ce qui lui vaut les semonces de Jean-Baptiste – ne pourrait que rendre les armes, terrorisé par les menaces ou enjôlé par les inflexions captieuses de la belle aux larmes de crocodile (« Queste lagrime, e sospiri »). </p>
<p>Les rodomontades d’Hérode ne nous impressionnent pas vraiment ; nous avons connu coloratures plus percutantes que celles d’<strong>Olivier Déjean</strong>, jeune basse prometteuse mais au métal encore tendre et à l&rsquo;émission peu incisive, bien qu’en même temps sa prestation nous amène à réfléchir sur la sincérité du courroux du souverain qui ordonne l’emprisonnement de Jean-Baptiste. En tout cas, l’artiste nuance une figure parfois traitée de manière trop univoque. Physique avenant et de pied en cap rehaussé d’or, cet Hérode recherche avant tous les plaisirs et le pouvoir semble lui peser, il finira d’ailleurs par retirer sa couronne. Les doutes le travaillent et nous assistons à son asservissement, progressif, mais inéluctable, jusqu’à ce que le remords le taraude dans ce finale, abrupt et discordant, où son angoisse se superpose à la jubilation de Salomé. La partie du Conseiller, en vérité le complice docile d’Hérodiade et de sa fille, paraît d’abord un peu tendue pour la voix d’<strong>Artavazd Sargsyan</strong>, mais le fringant ténor gagne en assurance au fil de la soirée et remplit son office. <strong>Paul-Antoine Bénos-Dijan </strong>avait déjà retenu notre attention en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/rinaldo-bruges-et-si-le-beau-sexe-etait-aussi-le-sexe-fort">Rinaldo</a>, mais son Jean-Baptiste devrait faire date. Le saint n’a plus rien de l’angélisme que lui confèrent certains contre-ténors, il appartient à notre monde et son humanité nous bouleverse. Mais pourrait-il en aller autrement avec une voix aussi chaude, aussi charnelle ? Le rôle tombe sans un pli sur cet alto ambré et incroyablement naturel. Du prédicateur, Paul-Antoine Bénos-Dijan possède également le charisme qui enflamme d’ailleurs ses disciples, dont le chœur n’a jamais résonné avec une telle ferveur. Climax de <em>San Giovanni Battista</em>, la profession de foi du saint en prison (« Io per me, no cangerei ») inspire au chanteur des accents indicibles qui feraient pleurer les pierres. Ce soir, il pleut sur Nantes, mais pas dans notre cœur, empli de gratitude. </p>
<p> </p>
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		<title>GOUNOD, Le Médecin malgré lui — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-medecin-malgre-lui-rennes-moliere-gounod-au-tableau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Nov 2017 06:21:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La belle équipe des Malins Plaisirs est une habituée de l’Opéra de Rennes. Ses Amants Magnifiques avaient constitué un temps fort de la saison dernière et leur nouvel opus ne déroge pas à la règle. Pour fêter les 150 ans du Médecin malgré lui, Vincent Tavernier et Claire Niquet décalent subtilement la tradition du théâtre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La belle équipe des Malins Plaisirs est une habituée de l’Opéra de Rennes. Ses <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/les-amants-magnfiques-a-rennes-de-surprise-en-ravissement">Amants Magnifiques </a></em>avaient constitué un temps fort de la saison dernière et leur nouvel opus ne déroge pas à la règle. Pour fêter les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/le-medecin-malgre-lui">150 ans du <em>Médecin malgré lui</em>,</a><strong> Vincent Tavernier</strong> et <strong>Claire Niquet</strong> décalent subtilement la tradition du théâtre de foire en proposant une scénographie compacte et maligne : leur boite à tiroirs dotée d’un système d’estrades amovibles est parfaitement efficace. Ils renouvellent ainsi le système un peu trop vu du tréteau de théâtre pour les spectacles qui ont vocation à tourner dans les salles les plus diverses. C’est le cas justement de cette production accueillie dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=GnlAHbFua-M&amp;feature=youtu.be">six villes bretonnes</a> courant décembre pour une version à trois musiciens.</p>
<p>La scénographe détourne également la coutume des toiles peintes de la plus habile des manières : la surface du cube compose un tableau noir sur lequel les chanteurs dessinent à la craie les différents décors, mais également leurs accessoires (comme les bouteilles dont s’enivre Sganarelle). L’effet, plein de charme, occupe agréablement l’oeil pendant les intermèdes musicaux.</p>
<p>A cette sobriété des effets répond le beau travail de coloriste d’<strong>Eric Plaza-Cochet</strong> dont les costumes refusent de choisir entre le temps de l&rsquo;écriture théâtrale et celui de la composition lyrique. Ce jeu entre deux époques est tout à fait justifié puisque Gounod lui-même utilise le texte de Molière et adresse de nombreux clins d’oeils musicaux au XVIIe siècle dans sa partition.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/img_laurent_guizard.jpg?itok=L3Nhj6T0" title="© Laurent Guizard" width="468" /><br />
	© Laurent Guizard</p>
<p>Outre leur goût pour le lyrique, les Malins Plaisirs sont familiers du répertoire du théâtre classique. Cela est perceptible dans la direction d’acteur ciselée, où le rythme est fondamental, et qui permet aux chanteurs – tous excellents comédiens – de faire justice au texte parlé. L’absence de surtitrage leur impose une discipline supplémentaire dans les airs : ils doivent particulièrement soigner leur diction.</p>
<p>Ce n’est pas un souci pour <strong>Marc Scoffoni</strong> (Sganarelle), bien connu du public rennais, qui régale de son abattage plein d’allant, de sa voix bien placée, ronde et superbement projetée.</p>
<p><strong>Jean-Vincent Blot</strong> (Geronte)<strong>, Nicolas Rigas</strong> (Valère) et <strong>Olivier Hernandez</strong> (Lucas), au diapason, bouffonnent avec un entrain communicatif et leurs ensembles s&rsquo;avèrent très réussis, nets et équilibrés.</p>
<p>Argentin, <strong>Carlos Natale</strong> pourrait être plus fragile au chapitre de la diction, mais il propose un Léandre épatant au très beau timbre lumineux et pourtant percussif. Son air d’entrée, la tête dans les étoiles, soutenu par les pizzicati tout en délicatesse de l’orchestre offre un bien joli moment de poésie.</p>
<p>Chez les dames, <strong>Ahlima Mhamdi</strong> reprend le rôle de Martine qui lui avait fort réussi à Genève l’an passé. Le tempérament est là; si elle est parfaite scéniquement, si les aigus sont brillants, les graves veloutés à souhait, la projection du son se révèle un peu nasale. <strong>Sylvia Kévorkian</strong> souffre d’un défaut similaire qui empèse sa diction et son medium ; un rhume sévit peut-être dans la troupe en cette fin novembre ? <strong>Héloïse Guinard</strong> y  échappe heureusement. La jeune soprano, élève du Pont Supérieur, joue avec grand naturel le maitre d&rsquo;école comme la muette ou l&rsquo;amoureuse. Elle compose une Lucinde aux inflexions assurées, aussi fraiche que touchante.</p>
<p><strong>Gildas Pungier,</strong> à la direction de l’Orchestre de Bretagne, apporte sa rigueur, sa subtilité dans le dosage des voix, son écoute de chacun. Les vingts musiciens y gagnent en précision.</p>
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		<title>« Les Amants Magnfiques » à Rennes : de surprise en ravissement</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/les-amants-magnfiques-a-rennes-de-surprise-en-ravissement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jan 2017 09:21:33 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Hervé Niquet, facétieux, s’en réjouit dans sa présentation : « Broadway n’a rien inventé, c’est Louis XIV qui le premier, réunit les plus grands artistes pour produire des spectacles complets mêlant tous les arts ». Avant le Bourgeois Gentilhomme, le duo Molière/ Lully avait déjà commis une première comédie-ballet qui ne connut pas le succès &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Hervé Niquet</strong>, facétieux, s’en réjouit dans sa présentation : « <em>Broadway n’a rien inventé, c’est Louis XIV qui le premier, réunit les plus grands artistes pour produire des spectacles complets mêlant tous les arts </em>». Avant le<em> Bourgeois Gentilhomme</em>, le duo Molière/ Lully avait déjà commis une première comédie-ballet qui ne connut pas le succès de la précédente : <em>Les Amants Magnifiques</em> ne furent presque jamais remontés intégralement. Cet oubli est réparé, et avec brio ! Dans cette nouvelle production, tout concourt à nous combler, comme l&rsquo;explique Jean-Marcel Humbert dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/les-amants-magnifiques-massy-le-roi-danse-magnifiquement">son compte rendu de la première à Massy</a> il y a quelques jours.</p>
<p>Dans la fosse, pour cette représentation rennaise, <strong>Nicolas André </strong>dirige l&rsquo;excellent Concert Spirituel avec précision et implication. Ce jeune chef normand, qui travaille régulièrement avec Hervé Niquet comme avec Kent Nagano, est également fondateur du Festival d’Arromanches. Le public rennais – qui n&rsquo;en n&rsquo;a pas souvent l&rsquo;occasion – a grand plaisir à profiter d&rsquo;un orchestre baroque jouant sur instruments anciens.</p>
<p>L&rsquo;équipe des Malins Plaisirs nous convie à une fête de tous les sens. L&rsquo;univers visuel joue des codes de la machinerie baroque avec de merveilleuses marionnettes (poissons, murènes, dragon de papier&#8230;) et des trouvailles incessantes comme ces méduses-parapluies tellement poétiques. Les costumes d&rsquo;<strong>Erick Plaza-Cochet</strong> sont à la fois incroyablement nombreux et assez étourdissants dans leur recherche de matières, de formes et de couleurs. Les lumières de <strong>Carlos Pérez r</strong>ivalisent de délicatesse et de raffinement, tandis que la direction d&rsquo;acteurs de <strong>Vincent Tavernier </strong>s&rsquo;avère, comme toujours, formidable. Dans chaque scène, même les plus statiques, tous les personnages sont caractérisés. La chorégraphie de <strong>Geneviève Mas</strong>sé, quant à elle, délaisse la pure reconstitution pour jouer des codes, des clins d&rsquo;oeils, avec maestria. L&rsquo;ouverture sous-marine tout comme le final en forme de jeux olympiques resteront dans les mémoires.</p>
<p>Ses danseurs, tout comme les comédiens constituent une troupe éblouissante. L&rsquo;équipe des jeunes chanteurs rassemblés par Hervé Niquet sont au diapason : ils « baroquent » avec aisance, les voix se fondent parfaitement dans les ensembles et sont joliment caractérisées dans les soli.</p>
<p>Avec ces <em>Amants Magnifiques</em>, toutes les énergies, tous les arts, concourent à une oeuvre d&rsquo;art totale qui enchante. Rien n&rsquo;y est poussiéreux ou daté ; humour, second degré, exquises trouvailles musicales et scéniques emportent le spectateur de surprise en ravissement.</p>
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		<title>LULLY, Les Amants magnifiques — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-amants-magnifiques-massy-le-roi-danse-magnifiquement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Jan 2017 18:40:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi, Les Amants magnifique, cette comédie-ballet de Molière sur une musique de Jean-Baptiste Lully, composée et représentée à l&#8217;occasion du carnaval de février 1670,  est-elle si méconnue ?  C’est bien injuste car il s’agit d’une charmante comédie, et qui plus est d’un spectacle complet présenté six mois avant Le Bourgeois Gentilhomme. On a d’ailleurs la surprise &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi, Les <em>Amants magnifique,</em> cette comédie-ballet de Molière sur une musique de Jean-Baptiste Lully, composée et représentée à l&rsquo;occasion du carnaval de février 1670,  est-elle si méconnue ?  C’est bien injuste car il s’agit d’une charmante comédie, et qui plus est d’un spectacle complet présenté six mois avant <em>Le Bourgeois Gentilhomme</em>. On a d’ailleurs la surprise d’y découvrir que le célèbre menuet s’y trouve déjà, et que Monsieur Jourdain ne fera que danser sur l’œuvre la plus à la mode du moment. Mais quelle que soit l’adaptation, la première, avec des officiers, ou la seconde avec des gens de cour, un marin et une bergère, la pièce n’a pas trouvé son public, et n’a jamais connu un grand succès. Dans les écoles, elle reste un titre, sur scène les reprises sont rares (intégralement en 1704*, seulement des extraits en 1922 et intégralement à nouveau en 1954 par la Comédie Française, intégralement aussi en 1988 par Jean-Luc Paliès à l’Athénée).</p>
<p>On ne sait, de la nouvelle production qui nous est proposée ce soir, et qui fera date, ce qui est le plus magnifique ! Les amants, certes, nous le redirons, comme tous les acteurs, chanteurs et danseurs. Les décors de<strong> Claire Niquet</strong>, à la fois légers et évocateurs, parfois simplement esquissés, s’inspirant du principe des frises et coulisses en toiles peintes de l’époque, ou au contraire d’une rigueur toute contemporaine, et très joliment éclairés par <strong>Carlos Perez</strong>. Les costumes d’<strong>Erik Plaza-Cochet</strong>, un enchantement de mélange d’époques et de styles avec des tissus royalement raffinés. La direction à la fois rigoureuse et souple d’<strong>Hervé Niquet </strong>et son orchestre Le Concert spirituel, aux sonorités toujours parfaites, n’ont plus rien à prouver et créent une grande part de l’enchantement. La mise en scène enfin de <strong>Vincent Tavernier</strong>, qui rend fluide et fascinante une intrigue au demeurant banale, mais oscillant entre marivaudage (déjà) et drame intime. Et qui sait aussi jouer habilement sur le merveilleux, avec des intermèdes fantastiques (celui des poissons tout au début, celui du dragon dans la grotte), ou fort drôles (les quatre momies, la poupée mécanique, et les jeux pythiens du final).</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="305" src="/sites/default/files/styles/large/public/les_amants_1_-_les_malins_plaisirs.jpg?itok=LERA641m" title="© Photo Les Malins PLaisirs" width="468" /><br />
	© Les Malins Plaisirs</p>
<p>Il est difficile de dire ce qui prime des différents arts scéniques, tant tout est mêlé et équilibré. Les danseurs sont épatants (« <em>que ces gens se trémoussent bien</em> » aurait dit Monsieur Jourdain). La chorégraphie de <strong>Marie-Geneviève Massé</strong> est juste modernisée ce qu’il faut, jamais ennuyeuse, et se mêle astucieusement à la pièce elle-même. Les chanteurs sont tous de très bon niveau (on a particulièrement aimé la Caliste d’<strong>Eva Zaïcik</strong>, qui – déjà – interprète un véritable air de grand opéra). Les voix sont fraîches et musicales, tous font partie de troupes spécialisées, et donc ont l’habitude de jouer ensemble, cela se sent. Quant aux acteurs, ils sont extraordinaires, à commencer par le Clitidas de <strong>Pierre-Guy Cluzeau</strong>, sorte de Scapin qui occupe merveilleusement l’espace.</p>
<p>Mais le sommet est atteint par <strong>Marie Loisel</strong> (la princesse Eriphile) et <strong>Laurent Prévot </strong>(Sostrate) qui à eux-seuls justifieraient de voir cette production, tant ils jouent avec puissance et profondeur autant que fraîcheur et innocence l’une des plus belles déclarations d’amour scéniques jamais écrites. On croit voir revivre Alain Cuny et Marie Déa dans <em>Les Visiteurs du soir</em>, tant est perceptible leur cœur qui bat, qui bat… sous le joug des forces du mal qui sont ici la cour et la société. En effet, les piques sont nombreuses contre les nantis et leurs mauvais principes, et contre les astrologues charlatans. Là aussi, sans qu’il y paraisse, Beaumarchais n’est pas si loin, dans les prémices d’une lutte des classes défendue par Molière avec pourtant un siècle d’avance. Un exceptionnel régal, à ne manquer sous aucun prétexte.</p>
<p class="note" dir="ltr">Prochaines représentations à Rennes du 26 au 29 janvier, les 10 et 11 février au Touquet, du 19 au 21 février à Avignon, et le 20 mai à Reims.</p>
<p> <br />
* Voir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.comedie-francaise.fr/histoire-et-patrimoine.php?id=272">l’intéressant article de Jacqueline Razgonnikoff</a>, « La représentation des comédies-ballets de Molière à la Comédie-Française avec tous leurs ornements ».</p>
<p>	 </p>
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		<title>Vingt spectacles incontournables de la saison 2016-2017</title>
		<link>https://www.forumopera.com/vingt-spectacles-incontournables-de-la-saison-2016-2017/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/vingt-spectacles-incontournables-de-la-saison-2016-2017/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Sep 2016 05:36:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En dehors des sentiers trop évidents (non, vous ne trouverez pas dans cette liste Andrea Chénier à Munich avec Jonas Kaufmann et Anja Harteros, ou Otello dirigé par Antonio Pappano à Londres avec encore Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier ou, toujours au Royal Opera House, Norma avec Anna Netrebko – et pour cause, elle a annulé &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>En dehors des sentiers trop évidents (non, vous ne trouverez pas dans cette liste <em>Andrea Chénier</em> à Munich avec Jonas Kaufmann et Anja Harteros, ou <em>Otello</em> dirigé par Antonio Pappano à Londres avec encore Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier ou, toujours au Royal Opera House,<em> Norma</em> avec Anna Netrebko – et pour cause, elle a annulé !), sélection par l&rsquo;équipe de rédaction des vingt spectacles à ne pas manquer la saison prochaine. Cette liste a été établie à partir du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.music-opera.com/fr/produits/80024-guide-musique-opera-2016-2017.html">guide Musique &amp; Opéra 2016-2017</a>.</strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/manon_.jpg?itok=I3vLmWMK" style="width: 100px;height: 87px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Jules Massenet, <em>Manon &#8211; </em>Grand Théâtre de Genève<em>, </em>du 12 au 27 septembre 2016 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.geneveopera.ch/programmation/saison-16-17/manon/">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Retrouver le duo Petibon-Py est une raison suffisante de se presser à Genève ce mois de septembre, les retrouver pour <em>Manon </em>rend l&rsquo;évènement incontournable ! Partition majeure de Massenet, <em> Manon </em>dresse un portrait intemporel de la femme luttant pour sa liberté, intemporel mais souvent ringardement mis en scène&#8230; On espère tant de Py et de sa capacité à revisiter les mythes pour en réveiller l&rsquo;absolument juste et l&rsquo;absolument moderne. Quant à Petibon, rousse Manon, elle ne peut qu’éblouir&#8230; [Jonathan Parisi]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/monteverdi_02_0.jpg?itok=BHBXRmDo" style="width: 100px;height: 116px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Claudio Monteverdi, <em>L’Orfeo  </em>&#8211; Opéra de Dijon, Auditorium, 30 septembre, 2 et 4 octobre 2016 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.opera-dijon.fr/fr/spectacle/l-orfeo/464">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Rare à la scène – on se souvient de la production germanique importée à Lille la saison passée &#8211; l’<em>Orfeo</em> de Monteverdi inaugure l&rsquo;année commémorative et ouvre la saison dijonnaise. Après l’événement que constitua la résurrection d’une <em>Pellegrina</em> en 2014, Etienne Meyer, à la tête de ses Traversées baroques, a réuni la fine fleur du chant baroque français : Marc Mauillon sera Orfeo, Emmanuelle de Negri la Musica. On est impatient d’écouter le Platon de Frédéric Caton, sans oublier la Speranza de Kangmin Justin Kim, et tous les autres …. Yves Lenoir, qui suppléa Barry Kosky dans un mémorable <em>Castor et Pollux</em>, signera une mise en scène originale plaçant Orphée «<em> type même de l’artiste génial oscillant entre exaltation et angoisse dans la chambre d’un Chelsea Hotel peuplé de créatures tout droit sorties de la Factory d’Andy Warhol</em> ». Servie par nos meilleurs artistes, une relecture  radicale du mythe à ne pas laisser passer ! [Yvan Beuvard]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/farnese.jpg?itok=vuYJtLIf" style="width: 100px;height: 91px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Giuseppe Verdi, <em>Giovanna d&rsquo;Arco</em> &#8211; Parme, Teatro Farnese, du 2 au 20 octobre 2016</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.teatroregioparma.it/Pagine/default.aspx?IdPagina=293">Plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><em>Giovanna d&rsquo;Arco</em> reste un ouvrage très rarement donné à l&rsquo;époque actuelle. Il faut dire qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas franchement d&rsquo;une oeuvre passionnante, même pour un opéra de jeunesse de Verdi. Le livret est passablement abracadabrantesque (Jeanne d&rsquo;Arc, amoureuse de Charles VII, est accusée de sorcellerie par son père. Elle meurt sur le champ de bataille dans les bras de son amant). La distribution à Parme n&rsquo;a pas non plus les fastes des <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/giovanna-darco-milan-la-chevalerie-nest-pas-morte">la récente production scaligère</a>. Pourquoi signaler alors cette production ? Parce que c&rsquo;est une occasion rarissime d&rsquo;assister à une représentation d&rsquo;opéra dans le magnifique Teatro Farnese, le théâtre de la cour des ducs de Parme, inauguré en 1618. Et ça, ça ne se loupe pas ! [Jean Michel Pennetier]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/de-munt-capriccio-1-mji4mzcymjkwmq.jpg?itok=9d0SoR1-" style="width: 100px;height: 66px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Richard Strauss, <em>Capriccio</em> &#8211; Bruxelles, Palais de la Monnaie, du 3 au 16 novembre  2016 à Bruxelles.</strong></p>
<p>Dernier opéra de Richard Strauss, quasi contemporain du <em>Liebe der Danae</em> vu récemment à Salzbourg, créé à Munich en 1942, <em>Capriccio</em> est une véritable conversation mise en musique, qui explore la rivalité entre texte et musique dans la composition d’un opéra : en choisissant l’un, on perd l’autre. La production de la Monnaie, qui fut présentée à Lyon en 2014, est confiée pour la direction musicale à Lothar Koenigs et pour la mise en scène à David Marton. Elle réunira une belle brochette de chanteurs, parmi lesquels Sally Matthews (La Comtesse), Dietrich Henschel (Le Comte) et Stéphane Degout (Olivier). Ce spectacle, hélas, se fera encore sous chapiteau, les travaux de rénovation de la salle étant loin d’être terminés. [Claude Jottrand]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/jephta.jpg?itok=b1YA2yg1" style="width: 100px;height: 56px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Georg Friedrich Haendel, <em>Jephta</em> &#8211; Amsterdam, De Nationale Opera, du 9 au 27 novembre 2016</strong> (<a href="http://www.operaballet.nl/nl/opera/2016-2017/voorstelling/jephtha" target="_blank" rel="noopener">Plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;on ne ferait pas pour applaudir <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/actu/richard-croft-le-noble-eclat-du-tourment">Richard Croft</a> ? Absent des scènes parisiennes depuis un <i>Idomeneo</i> en 2011, c&rsquo;est ailleurs en Europe qu&rsquo;il faut aller chercher le merveilleux ténor américain. A Amsterdam en novembre, il endossera le rôle-titre dans <i>Jephta</i>, dernier oratorio de Haendel. Dans une nouvelle mise en scène de Claus Guth, il côtoiera les tout aussi délicats Bejun Mehta et Anna Prohaska. On nous annonce par dessus le marché une co-production avec l&rsquo;Opéra de Paris : un spot peut être déjà tout trouvé pour une saison prochaine ! [Maximilien Hondermarck]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/pm1_0.jpg?itok=tHlm2XGe" style="width: 100px;height: 100px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Gioachino Rossini, <em>Ermione</em> – Opéra de Lyon, 13 novembre 2016 ; Paris, Théâtre des Champs-Elysées, 15 novembre 2016</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.opera-lyon.com/spectacle/ermione">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>« <em>Ecrite pour la postérité</em> » aurait prophétisé Rossini après l’échec d’<em>Ermione</em> à Naples en 1819. Avec cette version de concert dirigée par le Yoda de l’art lyrique – Alberto Zedda – et interprétée par la réincarnation vocale du légendaire Andrea Nozzari – Michael Spyres –, la prophétie pourrait se réaliser. [Christophe Rizoud]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/salieri-940x440.jpg?itok=O4SF1qLT" style="width: 100px;height: 47px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Antonio Salieri, <em>La scuola dei gelosi </em>– Legnago </strong>(11 novembre 2016), <strong>Belluno</strong> (27 novembre 2016), <strong>Chieti </strong>(20 novembre 2016), <strong>Vérone </strong>( 2 décembre 2016), <strong>Jesi </strong>(13 et 15 janvier 2017), <strong>Florence, du 19 au 25 mars 2017</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operadifirenze.it/events/la-scuola-de-gelosi/">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Une comédie en trois actes créée à Venise en 1778 sur un livret de Caterino Mazzolà (<em>La Clemenza di </em>Tito) et qui fit le tour de l’Europe une trentaine d’années durant. Goethe y prit du plaisir et Haydn, qui la dirigea à Esterhazà, écrivit un air pour basse qui fut conservé par Da Ponte quand il remania le livret en 1783. Des patronages célèbres qui piquent la curiosité pour cette tranche de vie où trois couples appartenant aux trois classes sociales (noblesse, bourgeoisie, prolétariat) sont cahotés par la jalousie. Le septième personnage annonce l’Alfonso de <em>Cosi fan tutte.</em> La première aura lieu dans la ville natale de Salieri [Maurice Salles]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/porpora_0.jpg?itok=ZdlLzxod" style="width: 100px;height: 77px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Nicola Porpora, <em>Il Trionfo della Divina Giustizia</em> &#8211; Versailles, Opéra Royal, 3 décembre 2016</strong> (<a href="http://www.chateauversailles-spectacles.fr/spectacles/2016/porpora-il-trionfo-della-divina-giustizia" target="_blank" rel="noopener">Plus d&rsquo;informations</a>) </p>
<p>Cette saison, nous aurons la chance d&rsquo;explorer plus avant l&rsquo;œuvre encore largement inconnue de Porpora avec <em>Il Trionfo della Divina Giustizia</em> , oratorio de jeunesse, drame allégorique à la musique virtuose dans la même veine que les premiers oratorios de Handel. Pour le défendre, rien moins que <a href="http://www.forumopera.com/airs-pour-farinelli-par-vivica-genaux-et-les-musiciens-du-louvre-paris-gaveau-mieux-que-farinelli" target="_blank" rel="noopener">Thibault Noally</a> à la baguette, avec pour divines solistes <a href="http://www.forumopera.com/actu/blandine-staskiewicz-une-nouvelle-galatee" target="_blank" rel="noopener">Blandine Staskiewicz</a>, <a href="http://www.forumopera.com/recital-delphine-galou-et-ottavio-dantone-paris-alto-e-organo-sullinferno" target="_blank" rel="noopener">Delphine Galou</a> et Emmanuelle de Negri. Si vous êtes conquis, vous pourrez ensuite aller à Vienne assister à la récréation du <em><a href="http://www.forumopera.com/breve/max-emanuel-cencic-germanico-en-germanie" target="_blank" rel="noopener">Germanico in Germania</a></em>. [Guillaume Saintagne]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/rosenkav.jpg?itok=g19LGa0U" style="width: 100px;height: 66px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Richard Strauss, <em>Der Rosenkavalier</em> &#8211; Londres, Royal Opera House, du 17 décembre 2016 au 24 janvier 2017</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.roh.org.uk/productions/der-rosenkavalier-by-robert-carsen">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Certes, <i>Der Rosenkavalier</i> est classique, battu, rebattu que l&rsquo;on peut entendre chaque année ou presque dans nos contrées, et, force fois dès que l&rsquo;on traverse le Rhin. C&rsquo;est la Manche qu&rsquo;il faudra franchir au moment des fêtes de fin d&rsquo;année. La raison : Andris Nelsons dirigera avec toute sa sensualité les adieux européens au rôle de Renée Fleming, dans l&rsquo;écrin de Covent Garden. [Yannick Boussaert]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/lesamants3.jpg?itok=-bxMnfpi" style="width: 100px;height: 71px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Jean-Baptiste Lully,<em> </em></strong><em><strong>Les Amants magnifiques</strong></em><strong> – Opéra de Massy, les 21 et 22 janvier 2017 ; Opéra de Rennes, du 26 au 29 janvier 2017 ; Opéra Grand Avignon, les 19 et 21 février 2017 ; Opéra de Reims, le 20 mai</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.opera-massy.com/fr/les-amants-magnifiques.html?cmp_id=77&amp;news_id=459&amp;vID=61">plus d&rsquo;informations</a>)<strong> </strong></p>
<p>Ces <em>Amants Magnifiques</em>, fruits de la collaboration de Lully et Molière au service de la gloire du roi Soleil, sont une rareté. Louis XIV a sans doute dansé pour la derniere fois lors de la création de l&rsquo;oeuvre en 1670. Il incarnait naturellement Apollon à cette occasion. Le cru 2017 s&rsquo;annonce réjouissant sous la baguette d&rsquo;Hervé Niquet et de son Concert Spirituel, tandis que Vincent Tavernier à la mise en scène nous garantit du beau, de l&rsquo;inventif, sans rien de compassé ni de poussiéreux… Pour ne point faire de jaloux, la tournée réjouira les spectateurs de Massy à Avignon en passant par Rennes et Reims . La capitale bretonne accueillera même un colloque sur le thème des divertissements royaux à cette occasion. [Tania Bracq]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/joyce_didonato.jpg?itok=h0qqX3l6" style="width: 100px;height: 75px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Gioachino Rossini, <em>Semiramide</em> &#8211; Munich, Bayerische Staatsoper, du 12 février au 3 mars 2017 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.staatsoper.de/en/staatsoper/productioninfo/semiramide/2017-02-12-18-00.html?tx_sfstaatsoper_pi1%5BfromSpielplan%5D=1&amp;tx_sfstaatsoper_pi1%5BpageId%5D=545&amp;cHash=9c5317fbbed02c10b698aa8f649c0d91">Plus d’informations)</a></p>
<p>Cette saison, les amoureux de Rossini feront le détour par Munich afin de ne pas manquer la première Sémiramis de Joyce DiDonato que propose le Bayerische Staatsoper. La mezzo-soprano américaine qui a fait de Rosine et d’Angelina deux de ses principaux chevaux de bataille et qui s’est brillamment illustrée dans <em>La Donna del lago</em> à Paris, Londres et New-York, poursuit son exploration du Rossini sérieux en incarnant la reine de Babylone, une prise de rôle qui promet d’être excitante, d’autant plus qu’elle sera entourée de Daniella Barcellona et de Lawrence Brownlee tandis qu’Alex Esposito affrontera le rôle écrasant d’Assur. David Alden, un habitué de la maison, se chargera de la mise en scène et, cerise sur le gâteau, l’orchestre sera dirigé par l’un des plus éminents spécialistes de ce répertoire, Michele Mariotti. [Christian Peter]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/13-photo_site_web_nathalie_stutzmann.jpg?itok=ec7xv_ba" style="width: 100px;height: 115px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Richard Wagner, <em>Tannhäuser </em>&#8211; Opéra de Monte-Carlo, du 19 au 28 février 2017 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.opera.mc/fr/saison/tannhaeuser-92">Plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Quand on donne <em>Tannhäuser</em>, c&rsquo;est à peu près toujours dans la version de Paris. Sauf que c&rsquo;est toujours dans sa retraduction vers l&rsquo;allemand. Pour une fois, on va pouvoir réentendre le texte même de l&rsquo;œuvre qui fit tant scandale en 1861, puisque l&rsquo;Opéra de Monte-Carlo a l&rsquo;excellente idée de programmer <em>Tannhäuser</em> en français. José Cura sera Tannhäuser, Jean-François Lapointe Wolfram, Aude Extrémo Vénus et Meagan Miller Elisabeth. Ultime curiosité : c&rsquo;est Nathalie Stutzmann qui dirigera les forces maison. [Laurent Bury]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/acte-iv.jpg?itok=IRk2mU5V" style="width: 100px;height: 141px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Giuseppe Verdi, <em>Ernani</em> &#8211; Théâtre du Capitole, Toulouse, du 10 au 21 mars 2017 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.theatreducapitole.fr/1/saison-2016-2017/opera-612/ernani.html">Plus d’informations</a>)</p>
<p>Une distribution de qualité (Michele Pertusi, Vitaliy Bilyy&#8230;) dirigée par Daniel Oren, une mise en scène respectueuse de l’œuvre par Brigitte Jaques-Wajeman et des décors élégants signés Emmanuel Peduzzi, voilà de quoi justifier un déplacement dans la ville rose pour se délecter du trop rare <em>Ernani</em>, cet éloge verdien du bandit en héros romantique… [Catherine Jordy]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/trompelamort.jpg?itok=HbDyHv8n" style="width: 100px;height: 89px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Luca Francesconi, <em>Trompe-la-mort</em> – Opéra national de Paris, du 13 mars au 5 avril 2017</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.operadeparis.fr/saison-16-17/opera/trompe-la-mort">Plus d’informations</a>)</p>
<p>C’est elle, la première et très attendue création de l’ère Lissner à l’opéra de Paris. Immanquable, parce qu’une création est un témoin de son temps ; immanquable, parce qu’un personnage légendaire de la Comédie humaine surgit dans l’opéra ; immanquable, parce qu’une femme – trop rare dans l’enceinte de cette illustre maison – en assure la direction musicale. Immanquable, enfin, parce que la fine fleur du chant français – Julie Fuchs, Cyrille Dubois – en compose quasi entièrement le plateau vocal. [Sonia Hossein-Pour]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/l-ops-orchestre-philharmonique-de-strasbourg-en-pl-20322-237-0.jpg?itok=sk5Y3Ywx" style="width: 100px;height: 67px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Hector Berlioz, <em>Les Troyens </em></strong>en concert <strong>&#8211; Strasbourg, Palais de la musique, 15 avril et 17 avril 2017 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.philharmonique-strasbourg.com/affiche_concerts.php?mois=201704">Plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Avec John Nelson qui possède la partition sur le bout des doigts et une distribution de rêve – Joyce DiDonato (Didon), Michael Spyres (Énée), Stéphane Degout (Chorèbe), Marie-Nicole Lemieux (Cassandre), Marianne Crebassa (Ascagne)… –, on peut s’attendre à des <em>Troyens </em>exceptionnels que les amoureux de cette œuvre grandiose de 240 minutes ne voudront pas manquer. Bon à savoir : il s’agit d’un enregistrement <em>live</em> pour Warner. [Brigitte Cormier]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/spot_mehul_css.png?itok=t3WPLIo_" style="width: 100px;height: 62px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Etienne Nicolas Méhul, <em>Le jeune sage et le vieux fou</em> – Opéra de Reims, le 27 et 28 avril 2017</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.operadereims.com/spip.php?page=evenement&amp;id_rubrique=239">plus d’informations</a>)</p>
<p>Même si le Palazzetto Bru Zane fêtera dignement dès janvier le bicentenaire de la mort de Méhul, le plus grand compositeur d’opéra durant la Révolution française, cet évènement semble avoir été quelque peu oublié des maisons d’opéra. C’était sans compter Reims qui prend même le risque d&rsquo;exhumer <em>Le jeune sage et le vieux fou, </em>un des spectacles lyriques les plus singuliers du musicien. Cette comédie en un acte et en prose, dont le livret a été conçu par un autre pilier de l’époque, François-Benoît Hoffman, reprendra vie avec Les Monts du Reuil, ensemble en résidence « longue durée » à l’Opéra de Reims. [Charlotte Saulneron-Saadou]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/kunde_5.jpg?itok=2HzQV6VT" style="width: 100px;height: 150px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Umberto Giordano, <em>Andrea Chénier</em> &#8211; Bilbao, ABAO, du 20 au 29 mai 2017</strong> (<a href="http://www.abao.org/fr/Op%C3%A9ra/lire%20la%20suite/94/Andrea%20Ch%C3%A9nier.html" target="_blank" rel="noopener">Plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Encore Gregory Kunde ! Après <em>Roberto Devereux</em> la saison dernière – <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/roberto-devereux-madrid-un-miracle-nomme-devia">qui a tenu toutes ses promesses</a> – nouvelle prise de rôle du ténor américain. Gageons que son engagement légendaire et sa puissance tellurique feront de son révolutionnaire français une nouvelle incarnation majeure. Il sera fort bien entouré d’Anna Pirozzi (la soprane verdienne qui monte, elle sera notamment Abigaille cette saison à la Scala) en Maddalena et Ambrogio Maestri en Carlo Gérard. Pour une représentation qui vous mettra à feu et à sang, direction Bilbao ! [Antoine Brunetto]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/marion_cotillard_-_jeanne_darc.png?itok=0iVXsnxa" style="width: 100px;height: 63px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Claude Debussy, <em>La damoiselle élue </em>et Arthur Honneger,<em> Jeanne d’Arc au bûcher</em> &#8211; Oper Frankfurt, du 11 juin 2017 au 1er juillet 2017</strong> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.oper-frankfurt.de/en/season-calendar/la-damoiselle-elue-/-jeanne-darc-au-bucher/?id_datum=448">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p>Doublé historique pour l’Opéra de Francfort, puisque ces deux perles du répertoire français n’ont jamais été représentées ensemble auparavant. Nous nous nous réjouissons tout d&rsquo;abord de voir <em>La damoiselle élue</em> apparaître sur le programme, petit bijou d’un Debussy encore juvénile, souvent boudé des grandes maisons. On attend également beaucoup de cette <em>Jeanne d’Arc au bûche</em>r, imaginant déjà vers quel monde poétique (ou politique) la mise en scène d’Àlex Ollé pourra nous mener. Côté plateau, ce répertoire coule naturellement dans les veines de Marc Soustrot, mais c’est surtout l’interprétation de Marion Cotillard qui s’annonce incandescente. [Alexandre Jamar]</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/fo_spot_2017.jpg?itok=dhu9w834" style="width: 100px;height: 99px;float: left;margin-left: 10px;margin-right: 10px" title="MASQUER" /><strong>Wolfgang Amadeus Mozart, <em>La Clemenza di Tito</em> – Baden-Baden, Festspielhaus, les 6 et 9 juillet 2017 </strong>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.festspielhaus.de/veranstaltung/baden-baden-gala-2017-la-clemenza-di-tito-06-07-2017-1900/">Plus d’informations</a>)</p>
<p>Rien ne résiste à Yannick Nézet-Séguin, et ce n’est pas Mozart qui vous dira le contraire. Encore tout émerveillé de la brillante prestation du quadra québécois dans les <em>Noces </em>fraîchement parues chez DG, on guette déjà la suite de son exploration des opéras de maturité du divin Wolfgang avec l’Orchestre de Chambre d’Europe. Patience. Cela se passera début juillet à Baden-Baden : Rolando Villazón sera Titus, Joyce DiDonato Sextus, et Sonya Yoncheva Vitellia. Cette fois, c’est du sérieux ! [Nicolas Derny].</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/carmen_3.jpg?itok=6Cg3C1g8" style="width: 100px;height: 100px;margin-left: 10px;margin-right: 10px;float: left" title="MASQUER" /><strong>Georges Bizet,<em> Carmen</em> &#8211; Festival de Bregenz 2017,du 19 juillet au 20 août 2017</strong><em> </em>(<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://bregenzerfestspiele.com/de/termine_preise2017">plus d&rsquo;informations</a>)</p>
<p><em>Carmen</em> se prête plutôt bien aux grands espaces, mais la chaleur du personnage ne risque-t-elle pas d&rsquo;être un peu refroidie par l&rsquo;humidité de la scène lacustre du lac de Constance ? Sans doute non, vu le tempérament de feu de l&rsquo;équipe venue des brumes nordiques, le metteur en scène danois Kasper Holten, la créatrice de costumes danoise Anja Vang Kragh, et la décoratrice anglaise Es Devlin spécialisée, entre autres, dans des show de pop stars : nul doute qu&rsquo;Escamillo y trouvera son compte. [Jean-Marcel Humbert]</p>
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		<title>HALÉVY, Le Guitarréro — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-guitarrero-paris-ah-la-morgue-espagnole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jun 2015 07:04:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un XIXe siècle friand d’exotisme hispanique, les Guitarreros n’ont pas manqué. L’histoire de l’art a retenus ceux de Courbet (1844) et surtout de Manet (1861). Avant eux, Scribe et Halévy en avaient fait un opéra-comique en trois actes. Mais qu’on ne se laisse pas abuser par cette appellation : située au Portugal au XVIIe siècle, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans un XIXe siècle friand d’exotisme hispanique, les Guitarreros n’ont pas manqué. L’histoire de l’art a retenus ceux de Courbet (1844) et surtout de Manet (1861). Avant eux, Scribe et Halévy en avaient fait un opéra-comique en trois actes. Mais qu’on ne se laisse pas abuser par cette appellation : située au Portugal au XVIIe siècle, l’intrigue associe un événement historique – la révolution portugaise de 1640 qui chassa les Habsbourg pour placer le duc de Bragance sur le trône – à une sombre histoire de revanche personnelle : Don Alvaro de Zuniga se venge de l’affront infligé par Doña Zarah – la fière Portugaise a giflé ce grand d’Espagne le jour où il osa l’embrasser – en lui faisant épouser un simple musicien des rues déguisé en gentilhomme. N’étaient quelques dialogues où Scribe parvient à ridiculiser les prétentions de la noblesse et du haut clergé, à travers les personnages de Doña Manuela, tante de l’héroïne, et de l’inquisiteur Don Lorenzo, nous pourrions parfaitement être dans un grand-opéra, le chœur en moins. Encouragé par le succès de cette espagnolade (ou faut-il dire lusitanolade ?), Scribe devait aussitôt après remettre le couvert avec <em>Les Diamants de la couronne</em>, créé Salle Favart moins d’un mois et demi après.</p>
<p>C’est en tout cas une excellente idée qu’a eu la compagnie des <strong>Frivolités Parisiennes</strong> de ressusciter cette œuvre. Une facette méconnue de Fromental Halévy nous avait été révélée l’an dernier par le Palazzetto Bru Zane qui avait tiré de l’oubli <em>Le Dilettante d’Avignon</em>. A l’heure où les représentations de <em>La Juive </em>se multiplient (Anvers et Nice cette saison, Lyon la saison prochaine), ce <em>Guitarrero</em> est riche d’airs ambitieux et d’ensembles assez développés. Faute d’avoir pu consulter la partition, il est néanmoins difficile de savoir à quel point ce qui nous a été donné à entendre est fidèle à l’écriture d’Halévy, car ces quelques lignes du programme ne laissent pas d’inquiéter : « <em>Aujourd’hui comme hier, le succès de la pièce est lié à la mise en valeur des artistes ; on a donc réécrit quelques mélismes pour s’assurer de la transposition des effets expressifs désirés dans une incarnation actuelle et une technique vocale moderne</em> ». Ah qu’en termes galants ces choses-là sont dites ! Sous la sauce jargonneuse, le poisson n’est-il pas la simplification de certaines lignes trop ardues, écrites pour un format vocal trop héroïque ?</p>
<p class="rtecenter" style="margin: 0cm 0cm 10pt"><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/g2.jpg?itok=rcP_B8-0" title="© Frivolités parisiennes" width="468" /><br /><font color="#000000" face="Calibri">© Frivolités parisiennes</font></p>
<p>En effet, si le rôle-titre fut écrit pour Gustave Roger, qui serait quelques années plus tard le héros de <em>La Damnation de Faust </em>et du <em>Prophète</em>, on devine que le sympathique ténor <strong>Marc Larcher</strong> n’a pas tout à fait l’autorité nécessaire : la voix n’est pas déplaisante, mais manque encore un peu d’étoffe. Par ailleurs, les costumes qu’a conçus <strong>Erick Plaza-Cochet</strong>, tant pour le musicien que pour le pseudo-gentilhomme, le mettent hélas bien moins en valeur que la tenue qu’il arborait sur l’affiche du spectacle. Les Frivolités Parisiennes ont souvent la main heureuse dans le choix de leurs héroïnes féminines : après l’excellente Sandrine Buendia dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/le-petit-faust-dherve-en-janvier-au-theatre-dejazet"><em>Le Petit Faust</em></a>, c’est au tour de l’admirable <strong>Julie Robard-Gendre</strong> de briller, avec un timbre chaud et un authentique talent de tragédienne, comme l’exige entre autres son grand air du dernier acte. Habillée comme une sainte martyre de Zurbaran, elle incarne avec fougue un personnage au fort tempérament, écrit pour une mezzo-soprano habituée aux exigences italiennes en matière de vocalisation. On ne manquera pas sa <em>Belle-Hélène</em> vichyssoise, ni son Raphaël de <em>La Princesse de Trébizonde</em> à Limoges !</p>
<p>Autour de ces deux personnages principaux, Don Alvar devrait être un troisième pilier, mais le timbre un peu sourd de <strong>Jacques Calatayud</strong> ne confère peut-être pas au « méchant » tout le relief qu’on en attendrait. Privés d’airs qui nous permettraient de juger de leurs qualités respectives, les autres interprètes n’interviennent réellement que dans les ensembles. On distinguera néanmoins la faconde théâtrale de <strong>Julien Clément</strong>, utilement chargé de résumer une action parfois bien complexe. La mise en scène de <strong>Vincent Tavernier</strong> est d’une sobriété sans doute liée à un certain manque de moyens, mais elle est bienvenue dans la mesure où elle devrait rendre le spectacle d’autant plus aisément transportable, comme le mérite la belle prestation de l’Orchestre des Frivolités Parisiennes, emmené avec conviction par <strong>Alexandra Cravero</strong>. Et l’on se réjouit surtout d’apprendre que la compagnie assurera l’an prochain la résurrection de <em>Don César de Bazan</em>, première grande œuvre lyrique de Massenet, guère rejouée depuis sa création en 1872.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Belle Hélène — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-belle-helene-rennes-encore-un-peu-de-buche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Jan 2013 22:11:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Comme la bûche de Noël, la Belle Hélène est une douceur de saison qui se savoure avec délice. L&#8217;opéra de Rennes en coproduction avec le théâtre suisse de Bienne Soleure en offre une plaisante version en cette fin d&#8217;année. Vincent Tavernier est un habitué de la Maison bretonne, on se souvient en particulier de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Comme la bûche de Noël, <em>la Belle Hélène</em> est une douceur de saison qui se savoure avec délice. L&rsquo;opéra de Rennes en coproduction avec le théâtre suisse de Bienne Soleure en offre une plaisante version en cette fin d&rsquo;année.</p>
<p>			<strong>Vincent Tavernier </strong>est un habitué de la Maison bretonne, on se souvient en particulier de son travail très réussi sur L<em>a fausse magie </em>de Grétry il y a deux ans. Comme toujours, sa direction d&rsquo;acteur est précise et emporte l&rsquo;adhésion avec un rythme enlevé et chaleureux qui sert au mieux le livret. La satire sociale du Second Empire est rendue avec drôlerie et efficacité. Les costumes, par exemple, rendent compte de la double lecture de l&rsquo;œuvre avec un chœur habillé d&rsquo;éléments modernes recouverts parfois de tenues pseudo antiques. La citation est plutôt élégante, l&rsquo;effet du petit sac de dame sur la toge, délicieusement cocasse, et l&rsquo;ensemble évite intelligemment l&rsquo;overdose de drapés.</p>
<p>			 </p>
<p>			La scénographie s&rsquo;articule autour de volumes surdimensionnés de Sophocle, Homère et autres Euripide. Les livres deviennent tour à tour estrade, porte, quai ou retrouvent joliment leur fonction originelle pour un amusant catalogue des dieux antiques. C&rsquo;est malin, efficace et permet à la production de répondre au délicat cahier des charges qui lui demande de tourner dans une vingtaine de salle bretonnes de tailles extrêmement variables. Il est toutefois à déplorer que la version rennaise ne bénéficie pas de quelques éléments supplémentaires et surtout d&rsquo;une création lumière plus soignée car l&rsquo;impression de plein feu quasi permanent &#8211; hormis dans la scène nocturne de la chambre de la reine – écrase le plateau sous un midi perpétuel et peu esthétique.</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			C&rsquo;est d&rsquo;autant plus dommage que la poésie affleure souvent dans la musique formidable d&rsquo;Offenbach, servie par un orchestre aux couleurs joliment nuancées. <strong>Gilda Pungier </strong>dirige à la fois le chœur et l&rsquo;ensemble instrumental avec une énergie communicative mais sait basculer d&rsquo;une rythmique endiablée à la délicatesse d&rsquo;un moment de poésie. La rencontre entre Pâris et Hélène, ou encore l&rsquo;ouverture du second acte sont tout à fait remarquables à cet égard. Le chœur, quant à lui, mérite une mention particulière ; très sollicités par la partition, ses membres sont parfaitement au point et dessinent des silhouettes bien individualisées tout en adhérant pleinement à la fantaisie du propos. Mention particulière pour l&rsquo;ensemble « vil séducteur » en mode Aka, proprement hilarant.</p>
<p>			<strong> </strong></p>
<p>			Le plateau vocal est homogène et de très bonne tenue. <strong>Julie Robard-Gendre</strong> campe une Hélène de grande classe, femme moderne, sûre de ses désirs lorsqu&rsquo;elle fait passer à Pâris un véritable casting, lui demandant de se présenter face, profil et trois-quarts. Dans un XIXe siècle corseté au propre comme au figuré,<em> La Belle Hélène</em> propose un « hymne réjouissant à la liberté et à la sensualité féminine » et son interprète l&rsquo;incarne avec panache et naturel. Sa voix est ronde, pleine d&rsquo;aisance avec des graves moelleux même si elle semble presque trop large pour le rôle par instants. L&rsquo;autre mezzo-soprano de la distribution, l&rsquo;Oreste travesti de<strong> Marie-Paule Bonnemason</strong>, déploie sa gouaille avec une énergie scénique et vocale communicative.</p>
<p>			<strong>Marc Larcher </strong>est un Pâris solaire, dont un ou deux aigus manquent peut-être de liberté dans la seconde partie du spectacle mais dont le timbre chaud et la prestance font merveille.</p>
<p>			<strong>Olivier Hernandez</strong> s&rsquo;en donne à cœur joie dans son incarnation de cocu bovin et la voix de fausset dont il affuble son Ménélas est assez irrésistible. Le groupe des autres «  rois de la Grèce » est au diapason avec, les deux Ajax déguisés en Dupont et Dupond ou surtout l&rsquo;excellent Calchas de <strong>Valery Rodriguez</strong> qui, ne force pas la caricature et outre de jolis graves nous gratifie d&rsquo;un grand écart … qui laisse sans voix !</p>
<p>			 </p>
<p>			En dépit de quelques faiblesses &#8211; les lumières, la diction des solistes qui peine parfois à passer l&rsquo;orchestre et fait craindre à l&rsquo;auditeur de manquer un bon mot &#8211; la poésie loufoque de l&rsquo;ensemble du spectacle emporte l’adhésion. Pour la dernière représentation à l&rsquo;opéra de Rennes, la salle était comble, le public n&rsquo;a pas laissé une bouchée de son dessert.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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