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	<title>Alexander TSUYMBALYUK - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Alexander TSUYMBALYUK - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine &#8211; Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-eugene-oneguine-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tancrède Lahary]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 06:40:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce qui différencie l’opéra du théâtre et du cinéma ? Cette question définit l’horizon d’attente qu’a créé, peut-être sans le vouloir, l’Opéra national de Paris en confiant sa nouvelle production d’Eugène Onéguine à Ralph Fiennes, acteur et réalisateur bien connu. Et cette question ne trouvera pas forcément de réponse ce soir : en effet, le choix &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Qu’est-ce qui différencie l’opéra du théâtre et du cinéma ? Cette question définit l’horizon d’attente qu’a créé, peut-être sans le vouloir, l’Opéra national de Paris en confiant sa nouvelle production d’<em>Eugène Onéguine </em>à <strong>Ralph Fiennes</strong>, acteur et réalisateur bien connu. Et cette question ne trouvera pas forcément de réponse ce soir : en effet, le choix disruptif de metteur en scène accouche d’un résultat très traditionnel et peu problématisé.</p>
<p>Cette production place l’œuvre dans son contexte historique – ce qui en soi n’est ni une bonne ni une mauvaise chose. A cet égard, les costumes d’<strong>Annemarie Woods </strong>sont réussis, si l’on accepte le pari de la recontextualisation au premier degré. Toutefois, l’ensemble, à commencer par les décors, signés que <strong>Michael Levine</strong>, fait signe vers un classicisme absolu. Le décor des actes I et II représentent une forêt, dont l’esthétique n’est pas des plus flatteuse, le fond de scène faisant presque apparaître les pixels de l’image choisie. Le panneau positionné au fond de la scène avance et recule, créant des espaces plus intimes comme la chambre de Tatiana. Ce dispositif est intéressant car il apporte une impression de <em>traveling</em> cinématographique – mais il n’est malheureusement utilisé que deux fois. Le décor de l’acte III représente quant à lui le trompe l’œil d’un manoir ou château d’époque, empruntant à une imagerie connue, familière, déjà vue. Ce n’est pas la seule impression de redite qui traverse l’esprit du spectateur ce soir : les feuilles qui jonchent le sol de l’acte I et la neige qui tombe du ciel de l’acte II sont des lieux communs particulièrement éculés pour une production d&rsquo;Eugène Onéguine.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/29374-Guergana_Damianova___OnP-Eugene-Oneguine-25-26-Guergana-Damianova-OnP-2-1600px-1294x600.jpg" />© Guergana Damianova / OnP</pre>
<p>Face à cette synthèse polie de ce qui est possible de faire pour un <em>Eugène Onéguine</em> sans fulgurance, on peine à voir émerger une vision singulière, innovante &#8211; ou même simplement poétique de l’œuvre. La direction d’acteur laisse ainsi souvent les chanteurs statiques, sans travail des corps et ou des tensions entre les êtres. Les chanteurs déclament même parfois face au spectateur, confinant au micro-récital, ce qui peut surprendre de la part d’un metteur en scène issu du monde du cinéma. Le travail des lumières d’<strong>Alessandro Carletti </strong>tout comme les chorégraphies de <strong>Sophie Laplane</strong> n’ont pas d’autre possibilité que de se fondre dans ce moule du conformisme. Le tout n’est pas déplaisant, il faut le dire : c’est simplement très conventionnel.</p>
<p>Le plateau vocal est également contrasté. <strong>Boris Pinkhasovich</strong>, dans le rôle-titre, ne donne pas toute l’ampleur attendue pour le rôle. S’il est irréprochable au plan technique, son jeu est trop monolithique, voire absent. Bien sûr, le personnage se doit d’être insaisissable une bonne partie de l’œuvre, mais cela exige justement l’intensité d’une présence scénique qui fait ici défaut. La Tatiana de <strong>Ruzan Mantashyan</strong> est excellente au plan vocal : la soprano arménienne déploie une voix de velours dont la douceur n’entrave ni la puissance ni la force de très beaux aigus. La subtilité de certains piani, allié à un réel talent de comédienne, achève d’en faire une héroïne accomplie. C’est certainement <strong>Bogdan Volkov</strong>, en Lenski, qui vole la vedette ce soir : le jeu théâtral est engagé, émouvant, vulnérable. La ligne de chant est subtile, l’émission fine et l’intention toujours juste. Le ténor est d’ailleurs l’un des plus applaudis !</p>
<p>En Olga,<strong> Marvic Monreal</strong> sait varier le jeu d’un acte à l’autre avec crédibilité. La voix de mezzo est riche de nuances et largement projetée. <strong>Susan Graham</strong> est évidemment comme pour on pouvait l’attendre une Madame Larina de luxe. On retrouve sans surprise son charisme habituel et les talents d’actrice qu’on lui connaît ! Le Prince Gremine d’<strong>Alexander Tsymbalyuk </strong>attire particulièrement l’attention malgré bien sûr une courte présence : la basse, caverneuse, est d’une superbe profondeur. En Filipievna,<strong> Elena Zaremba</strong> a l’espièglerie teintée de sagesse escomptée, tandis que <strong>Peter Bronder </strong>campe un Monsieur Triquet convaincant, qui n’en fait pas trop. <strong>Amin Ahangaran </strong>et<strong> Mikhail Silantev</strong> complètent efficacement la distribution respectivement en Zaretski et Lieutenant.</p>
<p>Le sans-faute se trouve très clairement dans la fosse. La direction de <strong>Semyon Bychkov</strong> est absolument somptueuse : le sens de la nuance et de la précision ne verse jamais dans une impression saccadée, tout au contraire. Rarement a-t-on entendu une version aussi fluide, cohérente, emportée d’un geste aussi naturel que flamboyant. Le respect des chanteurs est toujours le point de départ et la vigueur de l’Orchestre national de Paris, très en forme ce soir, le point d’arrivée. Le chœur de l’Opéra national de Paris répond présent : jamais pris en défaut, l’osmose n’est jamais brisée, dans ce qui se déploie comme un très beau moment de musique.</p>
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		<title>Boris Godounov</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/boris-godounov-deux-fois-sur-le-metier-remettez-votre-ouvrage/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 17 Oct 2019 04:00:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de céder la direction de l’Opéra national de Bavière à Kirill Petrenko, en 2013, Kent Nagano avait signé un extraordinaire Boris Godounov, dont la mise en scène de Calixto Bieito n’avait laissé personne indifférent ( « la grenouille-Bieito » ).  Kent Nagano renouvelle l’aventure quatre ans après, à Göteborg, avec une distribution largement renouvelée. Ne subsistent de la version &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de céder la direction de l’Opéra national de Bavière à Kirill Petrenko, en 2013, <strong>Kent Nagano</strong> avait signé un extraordinaire <em>Boris Godounov</em>, dont la mise en scène de Calixto Bieito n’avait laissé personne indifférent ( « <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-grenouille-bieito-qui-voulait-se-faire-aussi-grosse-que-le-boeuf-tcherniakov">la grenouille-Bieito</a> » ).  Kent Nagano renouvelle l’aventure quatre ans après, à Göteborg, avec une distribution largement renouvelée. Ne subsistent de la version munichoise que le rôle-titre, Grigori et l’Aubergiste. Il porte à leur plus haut niveau les forces instrumentales et vocales suédoises, soutenant aisément la comparaison avec les Bavarois. La version de 1869, bien plus proche de Pouchkine, a fini par s’imposer. C’est toujours celle-ci, intégrale, qu’illustre le chef californien. Elle présente l’avantage de se focaliser, en 7 scènes resserrées, sur l’ascension et l’implacable descente aux enfers de Boris, laissant planer le doute sur sa culpabilité.</p>
<p>Kent Nagano impose un authentique souffle épique et hisse cette version, live, au niveau de celle d’Abbado, la référence. Il a mûri son interprétation et s’est maintenant affranchi des contraintes que la mise en scène de Calixto Bieito lui imposait. La musique y gagne encore en densité. Nulle emphase, aucun épanchement ajouté : la nudité crue porte l’émotion qui nous étreint. De façon générale, les tempi adoptés sont à peine plus soutenus, à l’exception du troisième tableau où le propos de Pimène trouve une dimension quasi surnaturelle. Singulièrement, le chef obtient des deux formations successives des couleurs semblables, au point qu’il est aisé de les confondre. Le discours est conduit avec autorité et souplesse, âpre, sombre, tendre, flamboyant, brutal, voire sauvage. Les pupitres sont colorés : cuivres rutilants, cordes soyeuses, bois fruités ou acides selon les besoins. La transparence, la lisibilité de l’écriture orchestrale sont un pur bonheur, y compris dans la scène du couronnement, retenue, intense dès son introduction, suspendue, avec ses chœurs contrastés, jusqu’à la puissante péroraison qui précède la première intervention de Boris. Les chœurs, monumentaux comme intimes sont admirables, exemplaires, parfaitement réglés. Là encore la fraîcheur de l’émission, les couleurs, la puissance et l’articulation nous réjouissent.</p>
<p>La distribution ne connaît aucune faiblesse. L’harmonie des timbres vocaux, très slaves même si la distribution est internationale, se marie à un orchestre superlatif, ductile, aux phrasés où l’on reconnaît le maître. La sûreté du chant d’ <strong>Alexander Tsuymbalyuk</strong>, Boris,  impressionne, loin des stéréotypes hérités de la tradition.  Depuis la version de Münich, le « talent en éclosion » a mûri, tant le personnage que la voix, jeune, chaude, vive, d’une vérité dramatique aboutie. Il donne à Boris une dimension humaine.  Noble, distant, absorbé par ses pensées dans la scène du couronnement, son évolution jusqu’à ses hallucinations et sa mort est d’une force dramatique peu commune. Le parlando conventionnel en est banni. Certainement le meilleur Boris actuel. Référence pour Chouisky, <strong>Maxim Paster</strong> met ici ses moyens vocaux et dramatiques pour camper sans outrance ce personnage aristocratique, sournois, fielleux, calculateur, rongé par la haine et la vengeance. Le Pimène de <strong>Mika Kares</strong>, qui a succédé à Kotcherga, est servi par une voix sombre, mûre, ronde, les accents de sincérité du témoignage nous émeuvent, même si le doute sur sa véracité subsiste. Chelkalov est <strong>Vassily Ladiuk</strong> (que l’on retrouvera bientôt en Macbeth à Dijon). La voix est solide, rayonnante, chaleureuse. Son intervention dans la scène ultime traduit une profonde intelligence du rôle. <strong>Boris Stepanov</strong> chante Missail , un boyard et, surtout, comme à Genève,  l’innocent, doux illuminé. Emission claire, longueur de voix, phrasés, font de toutes ses intervention des moments exceptionnels. Animée à souhait, la scène des défroqués fuyards et de l’aubergiste est truculente. Varlaam, <strong>Alexey Tikhomirov</strong>, entendu aussi à Genève, donne toute sa verve à sa chanson de la prise de Kazan, qui nous entraîne dans le feu des combats. Dimitri, le faux-Grigori, est <strong>Sergei Skorokhodov</strong>, voix jeune, ductile, vaillante. L’Aubergiste est <strong>Okka von der Damerau</strong>, timbre chaleureux qui ne renie pas sa condition. Dans cette version, les enfants et la nourrice interviennent peu. Juste pour apporter la fraîcheur et l’intimité. <strong>Johanna Rüdström</strong> nous vaut un Feodor à la candeur infantile attendue, Xenia, <strong>Hanna Husahr</strong> est bien cette jeune fille blessée.  Les petits rôles ne déméritent jamais.</p>
<p>Pleinement aboutie, cette lecture se situe au plus haut niveau. Etrangement, cet extraordinaire enregistrement, pris sur le vif, ne figure pas dans la discographie du site du grand chef. Sa sortie s’est effectuée dans une totale discrétion. On ne comprend pas.</p>
<p>Outre la présentation trilingue (anglais-allemand et français) et le livret (en russe et anglais), il faut signaler la qualité rare de la prise de son et de sa restitution : le label suédois confirme sa réputation d’excellence.</p>
<p>&gt; <a href="https://www.amazon.fr/gp/product/B07VBH6FFD/ref=as_li_tl?ie=UTF8&amp;camp=1642&amp;creative=6746&amp;creativeASIN=B07VBH6FFD&amp;linkCode=as2&amp;tag=forumopera-21&amp;linkId=f151cc2f60de131781527d99c423e776" style="font-size: 14px;" target="_blank" rel="noopener">Commander ce CD Boris Godunov</a><img decoding="async" alt="" border="0" height="1" src="//ir-fr.amazon-adsystem.com/e/ir?t=forumopera-21&amp;l=am2&amp;o=8&amp;a=B07VBH6FFD" style="font-size: 14px; border: none !important; margin: 0px !important;" width="1" /></p>
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