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	<title>Reinoud VAN MECHELEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 23 Mar 2026 11:08:30 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Reinoud VAN MECHELEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Beaune 2026, une édition riche en changements et en dépassements</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/beaune-2026-une-edition-riche-en-changements-et-en-depassements/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Feb 2026 16:39:58 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Au-delà » : pour sa deuxième édition en qualité de délégué général du Festival de Musique Baroque de Beaune, qui se déroulera du 3 au 26 juillet, Maximilien Hondermarck a souhaité un mot d&#8217;ordre qui convoque le dépassement autant que la nouveauté. A l&#8217;issue d&#8217;une année 2025 qui a vu la fréquentation augmenter de près de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Au-delà » : pour sa deuxième édition en qualité de délégué général du Festival de Musique Baroque de Beaune, qui se déroulera du 3 au 26 juillet, Maximilien Hondermarck a souhaité un mot d&rsquo;ordre qui convoque le dépassement autant que la nouveauté. A l&rsquo;issue d&rsquo;une année 2025 qui a vu la fréquentation augmenter de près de 15%, 2026 permettra d&rsquo;intensifier encore l&rsquo;ancrage du Festival : les week-ends autour desquels s&rsquo;organisaient traditionnellement les soirs de concert commenceront dorénavant vendredi pour se terminer lundi (et parfois mardi à la faveur du 14 juillet) et le théâtre de Beaune, dans lequel les musiciens avaient jusqu&rsquo;alors l&rsquo;habitude de répéter, comptera dorénavant comme un nouveau lieu de représentations, aux côtés de la Cour des Hospices et de la Basilique. La programmation, elle aussi, apportera son lot d&rsquo;innovations : premier opéra mis en scène dans l&rsquo;histoire du Festival, l&rsquo;<em>Avare </em>de Gasparini, témoin de l&rsquo;impressionnante influence de Molière dans l&rsquo;Italie des XVIIe et XVIIIe siècles, dirigé par <strong>Vincent Dumestre</strong> et mis en scène par <strong>Théophile Gasselin</strong>, investira justement les planches du Théâtre de Beaune, dans le cadre d&rsquo;une tournée qui débutera à Caen et passera également par Paris (l&rsquo;Athénée) et Versailles ; une première également que ce <em>Nicandro e Fileno </em>de Lorenzani, considéré en son temps comme le grand rival de Lully, et qui sera ressuscité par <strong>l&rsquo;Ensemble La Palatine</strong> dirigé par<strong> Marie Théoleyre et Guillaume Haldenwang</strong> ; une première encore, ce spectacle familial autour de Peau d&rsquo;âne, accessible dès 6 ans. Des quasi-premières, enfin, que ces retours particulièrement attendus à Beaune, celui de l&rsquo;<em>Ariodante</em> de Haendel dirigée ici par <strong>Christophe Rousset</strong> à la tête de ses <strong>Talens Lyriques</strong> et d&rsquo;une distribution réunissant <strong>Eve-Maud Hubeaux, Marie Lys, Michèle Bréant </strong>ou encore <strong>Nahuel di Pierro</strong>, celui de la Messe en si mineur de Bach selon l&rsquo;ensemble <strong>Vox Luminis</strong> et <strong>Lionel Meunier</strong>. « Au-delà » oblige, plusieurs <em>opera ultima </em>seront également au programme, à l&rsquo;image des <em>Boréades </em>de Rameau, dans lesquelles <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> accomplira le double exploit de chanter Abaris et de diriger le<strong> Choeur de chambre de Namur</strong> et l&rsquo;ensemble<strong> A nocte temporis</strong> ainsi qu&rsquo;un casting qui comptera <strong>Gwendoline Blondeel, Lisandro Abadie</strong> et <strong>Robert Gretchell</strong>, ou du <em>Stabat Mater </em>de Pergolèse (<strong>Julia Lezhneva</strong> et <strong>Carlo Vistoli</strong> sous la direction d&rsquo;<strong>Emmanuelle Haim</strong>). A l&rsquo;occasion des 400 ans de sa disparition, un hommage à John Dowland se déclinera enfin à travers trois concerts, dont un récital de <strong>Zachary Wilder</strong>.</p>
<p>Toutes les informations sont disponibles sur le site du Festival : <a href="https://festivalbeaune.com/programmation/">Programmation – Festival de Beaune</a></p>
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		<title>CARDONNE, Omphale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/omphale-de-cardonne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1769 : alors que Rameau est mort cinq ans plus tôt (déjà démodé de son vivant, il n’avait pu faire jouer son dernier chef-d’œuvre, Les Boréades), que Gluck s’attelle à Paride ed Elena, son troisième « opéra réformé », et que Mozart va recevoir commande de Mitridate, la création d’une tragédie lyrique néo-ramiste sur la scène de l’Académie &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="justify">1769 : alors que Rameau est mort cinq ans plus tôt (déjà démodé de son vivant, il n’avait pu faire jouer son dernier chef-d’œuvre,<em> Les Boréades</em>), que Gluck s’attelle à <em>Paride ed Elena</em>, son troisième « opéra réformé », et que Mozart va recevoir commande de <em>Mitridate</em>, la création d’une tragédie lyrique néo-ramiste sur la scène de l’Académie royale peut paraître franchement anachronique. Et que dire du livret d’Houdar de La Motte, vieux de soixante-huit ans et déjà vertement critiqué lors de sa première mise en musique, par Destouches en 1701 ?&#8230;</p>
<p align="justify">La sorcière Argine aime le héros Hercule (ici appelé Alcide, comme dans l’<em>Alceste</em> de Lully), qui aime la reine de Lydie Omphale, qui aime le jeune Iphis, ami d’Hercule : difficile de se passionner pour ce chassé-croisé amoureux qui n’évoque pas même l’épisode proto-féministe d’Hercule filant la laine aux pieds d’Omphale, illustré par tant de peintres (Rubens, Cranach, Lemoyne, Boucher, Moreau, sans oublier Artemisia Gentileschi) et de musiciens (Saint-Saëns)&#8230;</p>
<p align="justify">Le succès ne fut donc pas au rendez-vous, même si on rendit justice à la musique de Jean-Baptiste Cardonne (1730-1792), élève de Colin de Blamont, qui donnait là le second de ses quatre opéras. Après une ouverture évoquant le climat <em>Sturm und Drang</em>, le premier air d’Iphis donne le ton, avec sa mélodie chantante, qui mêle soupirs ramistes et phrasé italien : sans paraitre imiter qui que ce soit, Cardonne fait son miel de toutes les « écoles ». La fraîcheur naïve de l’opéra-comique en pleine expansion colore les divertissements (ravissante fête pour l’anniversaire d’Omphale), les tempêtes et fureurs accompagnant les (répétitives) irruptions d’Argine rappellent Mondonville, les récitatifs, plus simples que ceux de Rameau, conduisent à de virulents duos et, surtout, les nombreux monologues des protagonistes, qui s’ouvrent sur de larges phrases orchestrales avant de se muer en récit, affichent une séduction peu commune.</p>
<p align="justify">Portés par cette écriture chatoyante, <strong>Györgi Vashegyi</strong> et son orchestre en épousent avec sensualité l’élasticité rêveuse et les motifs presque belliniens (tout le début de l’acte V), leurs récentes excursions dans un répertoire plus tardif (<em>Le Roi d’Ys</em>) leur inspirant en outre le souffle nécessaire aux épisodes dramatiques (les scènes entre Alcide et Argine – qui meurt « d’amour et de douleur » en pleine invocation !). Le lyrisme prévaut sans que soit sacrifiée la finesse des détails orchestraux &#8211; par exemple dans l’air d’Argine qui clôt le deuxième acte. Et si la scène infernale de l’acte IV manque d’intensité satanique, on le doit pour part au compositeur. On notera aussi les discrets mais efficaces effets que se permet un continuo moins neutre qu’autrefois : « il se trouble, il languit », avoue plaisamment Alcide à l’acte I.</p>
<p align="justify">Débutant avec des airs ornés à l’italienne, ce rôle d’abord convenu gagne en profondeur au fil de l’action &#8211; une évolution que rend parfaitement le solide <strong>Jérôme Boutillier</strong>, de plus en plus inspiré et touchant. Le fils de Jupiter est la seule figure à intervenir dans tous les actes : en la composant, Cardonne semble avoir mesuré tout le potentiel d’Henri Larrivée, qui incarnera Agamemnon et Oreste chez Gluck. Comme à l’accoutumée, <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> subjugue par la franchise de son chant clair, épanoui, et la beauté de sa diction dans une partie conçue pour le trentenaire Joseph Legros (futur Orphée, Achille, Pylade de Gluck) : ses airs (« Calme heureux, agréable paix » ; « Que nos jours sont dignes d’envie ») sont des joyaux de bel canto et si l’ariette finale convainc moins, c’est qu’il est fort difficile de vocaliser élégamment sur un « è ».</p>
<p align="justify">La prestation des dames est plus discutable, surtout celle de <strong>Chantal Santon Jeffery</strong>, dont l’élocution flasque gâche les interventions dialoguées, même si elle se rattrape dans le legato (« Digne objet d’une flamme éternelle »). <strong>Judith van Wanroij</strong>, au contraire, favorise la rhétorique, avec son habituelle émission très articulée, presque trop staccato (« à la flamande »), qui manque parfois de chair mais épouse avec art les tourments de sa tragique héroïne. Le timbre frais de <strong>Jehanne Amzal</strong> convient aux chants agrestes qui lui sont confiés, tandis qu’un Purcell Choir au sommet de son éloquence enlève avec fougue des pages magnifiques, mettant souvent en valeur le « petit chœur » (« Chaque instant redouble sa gloire »).</p>
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		<title>SALOMON, Médée et Jason &#8211; Versailles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/salomon-medee-et-jason-versailles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Feb 2026 08:15:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a souvent pu entendre ces dernières années à Versailles des œuvres rares de compositeurs moins familiers que Lully, Charpentier ou Rameau. Si les noms de Gervais, Leclair, Campra ou Marais demeurent au moins identifiables, celui de Joseph-François Salomon, lui, a quasiment disparu de la mémoire collective. Sa première tragédie lyrique, Médée et Jason, composée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">On a souvent pu entendre ces dernières années à Versailles des œuvres rares de compositeurs moins familiers que Lully, Charpentier ou Rameau. Si les noms de Gervais, Leclair, Campra ou Marais demeurent au moins identifiables, celui de Joseph-François Salomon, lui, a quasiment disparu de la mémoire collective. Sa première tragédie lyrique, </span><em><span class="s2">Médée et Jason</span></em><span class="s1">, composée en 1713 à l’âge de cinquante-deux ans (Rameau en avait cinquante lorsqu’il composa </span><span class="s2"><em>Hippolyte et Aricie</em>)</span><span class="s1"> connut pourtant un succès considérable. Redonnée à plusieurs reprises au cours du XVIIIᵉ siècle, y compris à Bruxelles, l’œuvre sombre ensuite dans un long oubli. En 2021, Marie-Louise Duthoit et son ensemble baroque Actéa19 en avaient proposé une résurrection à Toulon. C’est aujourd’hui au tour de <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, à la tête de son ensemble <strong>A</strong></span><strong><span class="s2"> nocte temporis</span></strong><span class="s1">, de redonner vie à cette partition de très belle facture, contrepoint éclairant à la </span><em><span class="s2">Médée</span></em><span class="s1"> de Charpentier, composée exactement vingt ans plus tôt.</span></p>
<p class="p1"><span class="s1">Si Salomon est aujourd’hui largement méconnu, le librettiste de </span><em><span class="s2">Médée et Jason</span></em><span class="s1"> l’est un peu moins, puisqu’il s’agit de l’abbé Simon-Joseph Pellegrin, auteur du livret d’</span><em><span class="s2">Hippolyte et Aricie</span></em><span class="s1"> de Rameau. Pour ce premier essai dans le genre de la tragédie lyrique, Pellegrin choisit de présenter d&#8217;emblée Médée comme une figure toute-puissante et jalouse, là où Thomas Corneille, chez Charpentier, la dessinait plus humaine et affaiblie dans les deux premiers actes. Une autre inflexion notable par rapport au mythe et à la tragédie de son aîné concerne le personnage de Jason : moins fanfaron, plus diplomate, il est ici rongé par la culpabilité, ce qui en fait un protagoniste d’une plus grande complexité. La place accordée à Créuse est elle aussi bien différente. Elle est plus active et moins pathétique que chez Corneille/Charpentier et c&rsquo;est elle qui prophétise dès le deuxième acte l’issue de la tragédie dans un songe qui compte parmi les scènes les plus réussies de l’ouvrage. Par ailleurs, a</span><span class="s1">ucune allusion n’est faite ici à la robe empoisonnée : Créuse est poursuivie par Créon qui, dans sa folie, la confond avec Médée, avant de disparaître dans l’effondrement du palais de son père. L&rsquo;extrême fin de la tragédie est peut-être moins fulgurante et saisissante que chez Charpentier : plus douce et plus lyrique, sans symphonie orchestrale conclusive, elle se concentre sur la lamentation de Jason, désireux de se percer le cœur, mais retenu par le peuple. Elle n’en reste pas moins déconcertante dans sa construction : chaque acte, de durée sensiblement équivalente, s’achève sur un divertissement ; ainsi, au cinquième acte, tandis que tout semble devoir s’arranger, l’illusion d’un </span><em><span class="s2">lieto fine</span></em><span class="s1"> pourrait presque s’imposer quand s&rsquo;achève le divertissement des Corinthiens chantant « Vivons sans crainte, aimons sans contrainte ». Mais l’action se précipite soudain et la tragédie s’accomplit finalement dans toute sa violence. Pellegrin a trouvé là un artifice dramaturgique des plus ingénieux. </span></p>
<p>Sur le plan musical, <em data-start="243" data-end="259">Médée et Jason</em> se caractérise par une écriture d’une grande souplesse, attentive aux inflexions de la langue. Les récitatifs, très développés, évitent la sécheresse grâce à un continuo toujours mobile. Salomon fait un usage expressif de l’orchestre, en particulier des cordes, dont les traits incisifs et contrastés créent des moments de grandes tensions, notamment au deuxième acte lors de l&rsquo;apparition de Médée puis à la toute fin de l&rsquo;ouvrage pendant la folie de Créon. La partition se distingue également par une recherche de couleurs instrumentales variées : basson et hautbois sont joliment mis en valeur dans plusieurs divertissements. Enfin, l’écriture harmonique, globalement conventionnelle, révèle par touches une ambition qui dépasse le simple respect du modèle lulliste, mais de manière beaucoup plus mesurée que Charpentier, dont les audaces avaient été très mal accueillies par le public en 1693. L&rsquo;œuvre de Salomon laisse en tout cas entrevoir des évolutions stylistiques que l’on associera plus tard à Rameau.</p>
<p data-start="1109" data-end="1836">À la tête de son ensemble A nocte temporis, Reinoud Van Mechelen propose une lecture engagée et structurée de la partition. L’effectif orchestral est plus réduit que celui de l&rsquo;Académie Royale de musique au moment de la création et l&rsquo;on aimerait parfois pouvoir entendre certains passages dans un dispositif moins chambriste. Cela n&rsquo;entrave cependant nullement la lisibilité de l’ensemble : la précision des attaques, la mobilité du continuo et le soin apporté aux équilibres permettent de faire ressortir les contrastes de texture et de caractère des différentes scènes. Les danses, nombreuses, bénéficient d’un élan délicieux, notamment au quatrième acte dans le divertissement des matelots, qui rappelle l&rsquo;<em data-start="1691" data-end="1700">Alcyone</em> de Marin Marais, et donc le chef se plaît à souligner l&rsquo;originalité par une gestuelle presque rock&rsquo;n&rsquo;roll.</p>
<p data-start="183" data-end="946">La distribution réunie à Versailles diffère en quelques points de celle qui figure sur l&rsquo;enregistrement publié par Château de Versailles Spectacles (faisant suite au concert de Namur). En l’absence de surtitrage, elle se distingue par la qualité du français et par un engagement constant, donnant parfois le sentiment d’assister à une version semi-scénique de l’ouvrage. Reinoud Van Mechelen renouvelle ici l’exploit qu’il avait déjà accompli à Versailles dans <em data-start="644" data-end="664">Céphale et Procris</em>, en assurant simultanément la direction et le rôle masculin principal. Son Jason se caractérise par une grande éloquence et une tessiture pleinement maîtrisée, avec une incarnation plus fouillée encore que celle qu’il proposait <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">chez Charpentier au Palais Garnier</a> il y a deux ans. <strong>Floriane Hasler</strong> prête à Médée un timbre légèrement acide et une émission parfois appuyée, qui détonnent avec l’ensemble (ce qui n’est pas insensé lorsqu’il s’agit de caractériser Médée). Son interprétation n’en est pas moins saisissante, portée par une présence très affirmée, des regards de feu et une science du trait fielleux. De son côté, <strong>Mélissa Petit</strong> compose une Créuse au timbre charnu et ductile, d’une somptuosité envoûtante, avec un soin particulier accordé aux mots et à la conduite de la ligne dans les passages les plus expressifs. <strong>Annelies Van Gramberen</strong>, en Europe et Cléone, séduit moins immédiatement par la couleur de son timbre, mais se distingue par une maîtrise solide du souffle et une précision expressive. En Melpomène et en Nérine, <strong>Jehanne Amzal</strong> apporte un chant souple et fruité, qui crée un contraste net avec sa maîtresse Médée. Enfin, reprenant les rôles de Créon et d’Apollon dans un délai très court, <strong>Michael Mofidian</strong> impose une voix de baryton-basse solide et incisive, soutenue par une projection directe et un sens assuré du verbe. On rêve déjà de pouvoir le réentendre.</p>
<p data-start="183" data-end="946">Le <strong>Chœur de chambre de Namur</strong> s’impose d’emblée par la qualité du français, remarquablement soigné, et par une implication qui irrigue l’ensemble de la soirée. Cette tenue collective se reflète dans les interventions de plusieurs solistes issus de ses rangs, parmi lesquels on retiendra tout particulièrement <strong>Virginie Thomas</strong> et <strong>Maxime Melnik</strong>, ténor à la voix claire et souple, d’un charme immédiat. Le disque publié la veille du concert par Château de Versailles Spectacles permet de prolonger heureusement la découverte de cette œuvre dont on ne peut que recommander l&rsquo;écoute. On ne peut enfin que saluer une fois encore le Centre de musique baroque de Versailles et Reinoud Van Mechelen pour leur engagement en faveur de ce type d&rsquo;ouvrage trop longtemps négligé, et qui en l’occurrence mériterait vraiment une résurrection scénique.</p>
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		<item>
		<title>SALOMON, Médée et Jason</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/salomon-medee-et-jason/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 06:17:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Céphale et Procris, Reinoud van Mechelen et son ensemble continuent d’explorer les raretés du catalogue de l’Académie royale de musique. Une rareté ici couronnée de succès en son temps : on n’a guère retenu le nom de Joseph-Français Salomon, mais sa tragédie de Médée et Jason, créée en avril 1713, fut redonnée en octobre &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après <em>Céphale et Procris</em>, Reinoud van Mechelen et son ensemble continuent d’explorer les raretés du catalogue de l’Académie royale de musique. Une rareté ici couronnée de succès en son temps : on n’a guère retenu le nom de Joseph-Français Salomon, mais sa tragédie de Médée et Jason, créée en avril 1713, fut redonnée en octobre de la même année puis 1727, 1736 et 1749.</p>
<p>Instrumentiste toulonnais employé à la musique ordinaire du roi, Salomon a plus de 60 ans quand il fait jouer ce premier opéra – il n’y en aura qu’un autre. Mlle Journet, élève de Marie Le Rochois, incarne Médée, avec Cochereau et Thévenard en Jason et Créon. Le livret est signé sous pseudonyme par l’abbé Pellegrin, futur auteur d’<em>Hippolyte et Aricie</em> de Rameau. Les auteurs s’inscrivent dans le goût du moment pour le terrible. Sans renoncer à une mesure toute française, le public aime à s&rsquo;émouvoir d’horribles situations ; des hordes de démons envahissent la scène, les opéras s’achèvent dans la noirceur. Dans une veine similaire, on peut (ré)écouter <em>Callirhoé</em> de Destouches (1712), <em>Hypermnestre</em> de Gervais (1715) ou <em>Polydore</em> de Stuck (1720).</p>
<p>L’épisode corinthien qui scelle dans la violence la vengeance de Médée est parfaitement connu, et avait déjà été traité par Charpentier notamment. Conscient de cela, Pellegrin prend des partis intéressants. Renonçant au <em>deus ex machina</em> ou à la robe empoisonnée, il resserre l’intérêt sur les états d’âme des protagonistes, peignant Jason, Créuse avec bien des nuances. L’inquiétude et le doute rongent les nouveaux amants, les divertissements se déploient quand l’horreur s’apprête : tout cela est très fécond sur le plan dramatique. Créon lui-même apparaît plus bonhomme que d’habitude, tandis que Médée, dont la menace est évoquée d’emblée, s’impose en magicienne terrible dès son entrée à l’acte II, suivie d’un spectacle infernal. Ainsi, l’intérêt va croissant jusqu’à de très beaux actes IV et V, où le décalage entre ce qui est dit et ce qui se trame s&rsquo;exacerbe.</p>
<p>Salomon ne marque pas par son audace ; son langage a pourtant quelque-chose d’évident et expressif, et le <em>Mercure de France</em> loua pertinemment le « beau simple » de l’œuvre. Citons néanmoins quelques hardiesses, comme le duo Jason-Créon du IV, dont les frottements harmoniques évoquent déjà Rameau, tout comme le groupe des furies au V. Jason et Créuse ouvrent respectivement les actes III et IV par de fort beaux épanchements, et les divertissements, bien caractérisés et jamais longuets, nourrissent pleinement la dramaturgie.</p>
<p><strong>Reinoud van Mechelen</strong> s’affaire à la baguette tout en incarnant Jason avec la suavité et l’expression qu’on lui connaît. Le rôle est d’un bel intérêt, et c’est lui qui clôt l’opéra de façon poignante. <strong>A nocte temporis</strong> respire avec tendresse, danse avec grâce et se cabre avec vigueur selon les atmosphères. Tandis que le gracieux et le sentiment coulent de source, les scènes « terribles » restent un peu sages.</p>
<p>C’est aussi que <strong>Marie-Andrée Bouchard-Lesieur </strong>s’efforce de canaliser son ample et beau mezzo, avec une intelligibilité fluctuante. Cette Médée jouit d’un indéniable charisme vocal sans pour autant s’imposer autant qu’on le voudrait. Un peu légère en Créuse, <strong>Mélissa Petit</strong> se saisit du rôle avec finesse mais sans relief particulier. <strong>Cyril Costanzo</strong> prête sa voix moelleuse à Créon, et récite avec une belle clarté. Il trouve des accents justes et équilibrés pour sa scène de folie. Les rôles de confident·es (Arcas, Nérine, Cléone) sont bien tenus, <strong>Annelies Van Gramberen</strong> et <strong>Lore Binon</strong> s’arrogeant aussi Europe et Melpomène dans le prologue . Les solistes des divertissements (et autres furies), issu·es du <strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, assurent leurs interventions efficacement, même si quelques limites se font entendre çà et là. Les parties chorales n’appellent que des louanges, qu’il s’agisse de gazouiller les plaisirs ou de faire tonner les puissances maléfiques.</p>
<p>Encore une belle découverte à porter au crédit de Reinoud van Mechelen et du Centre de musique baroque de Versailles.</p>
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		<item>
		<title>LULLY, Atys</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-atys-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 14:34:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A quelques jours près, le nouvel enregistrement d’Atys aurait pu sortir pour son trois cent cinquantième anniversaire, que rappelait Cédric Manuel (https://www.forumopera.com/breve/atys-a-350-ans/). En juin 1987, dans « Le Monde », Jacques Lonchampt écrivait à propos de la recréation d’Atys due à William Christie et Jean-Marie Villégier, affirmation du renouveau baroque : « Il ne reste plus qu’à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A quelques jours près, le nouvel enregistrement d’<em>Atys </em>aurait pu sortir pour son trois cent cinquantième anniversaire, que rappelait Cédric Manuel (https://www.forumopera.com/breve/atys-a-350-ans/). En juin 1987, dans « Le Monde », Jacques Lonchampt écrivait à propos de la recréation d’<em>Atys</em> due à William Christie et Jean-Marie Villégier, affirmation du renouveau baroque : « Il ne reste plus qu’à s’engouffrer dans cette voie ouverte ». C’est chose faite, et les productions se sont multipliées, illustrées par les plus grands noms, ce qui réjouit et participe enfin de la diffusion d’un incontestable chef d’œuvre. Alors que la tragédie lyrique est redonnée à Versailles (reprise de 2022) dans sa version signée Angelin Preljocaj et Leonardo García-Alarcón, paraît enfin l’enregistrement dirigé par <strong>Alexis Kossenko</strong>.</p>
<p>Nous l’avions signalé en son temps (<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/carnet-de-bord-datys-cahiers-philidor-44/">lien</a>), la formidable impulsion donnée à la recherche par le CMBV porte ses fruits, marquant une évolution, sinon une rupture avec les versions connues, si belles soient-elles, restitutions musicalement sous-informées (1). Mais tout ce patient travail collectif de recherche ne serait qu’une contribution majeure à la connaissance des œuvres versaillaises et de leur contexte détaillé, s’il ne nourrissait une interprétation idéalement calquée sur ce que l’on sait des techniques, des voix, des instruments, de leurs relations et spatialisation, des interprètes du temps. Tancrède Lahary écrivait à ce propos : « Disons d’emblée que ce projet extraordinaire ne parvient pas tant à récréer l’Atys des origines à l’identique – objectif illusoire, ce que les tenants du projet sont les premiers à admettre – qu’à créer un Atys profondément inouï et renouvelé ». Forumopéra l’avait vu et écouté en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lully-atys-avignon/">Avignon</a> puis au <a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">TCE</a> (en version de concert avec danse), sinon à Tourcoing, patrie de la Grande Ecurie.</p>
<p>Quitte à redire ce qui a été écrit, c’est le couronnement d’une réalisation d’exception. L’histoire est connue (et fort bien résumée par Cédric Manuel dans sa brève) et on se contentera d’emprunter à Benoît Dratwicki, maître d’œuvre du projet : <em>Le jeune Atys aime Sangaride qui doit épouser Idas, le roi de Phrygie. La déesse Cybèle est amoureuse de son jeune prêtre Atys. Le triangle amoureux traverse fureur, jalousie, vengeance, quelques sortilèges, quiproquos et manipulations et finalement l’injustice</em>. Elle est nouvelle dans la mesure où le héros n’est plus un guerrier et par l’absence d’intrigue secondaire. <strong>Alexis Kossenko</strong>, à la tête de son valeureux ensemble Les Ambassadeurs – La Grande Ecurie impose une direction énergique, d’une dynamique constante, fluide, où chaque chanteur, chaque instrumentiste se retrouve en confiance et en communion, secondé par <strong>Fabien Armengaud</strong> et ses Pages et Chantres du CMBV. Première observation, les parties de dessus (soprano) sont tenues par des enfants, qui leur apportent un timbre et une fraîcheur inaccoutumés. Les couleurs instrumentales, individuelles et orchestrales, sont également renouvelées, extraordinaires. Si les cordes sont le plus précisément conformes à la réalité du temps, il en va de même des bois, reconstruits pour l’occasion, avec un souci constant de reproduire les instruments et leur jeu. Pas encore de basson, quelques rares interventions des flûtes traversières, puisque les flûtes à bec demeuraient la règle (et les noms des instrumentistes, connus, justifient ces choix), une famille de hautbois reconstituée, tout change nos habitudes. La percussion, dont usent et abusent certains, a été ramenée à sa fonction chorégraphique et de soulignement. Le continuo (« petit chœur ») reste inchangé durant tout l’ouvrage, fidèlement, et module ses nuances en fonction de l’action dramatique. La déclamation, l’ornementation ont fait l’objet d’un soin particulier même si la prononciation moderne a été retenue. Un travail minutieux conduit par un consensus et une volonté de tendre vers la puissance expressive d’origine. La spatialisation, les placements et déplacements fondés sur les documents ajoutent à la découverte.</p>
<p>La distribution n’a pas lésiné sur les voix dont l’entente est idéale : Les premiers rôles, complices de longue date, s’harmonisent à merveille, caractérisés à souhait, avec en commun le souci constant de la prosodie et de l’intelligibilité. C’est peu dire que <strong>Matthias Vidal</strong>, <strong>Véronique Gens</strong>, <strong>Sandrine Piau</strong> (2) partagent cette excellence vocale et dramatique. Il faudrait énumérer chacune et chacun : il n’est pas de rôle, y compris petit par la durée des interventions qui ne se situe au meilleur niveau. Ainsi <strong>Reinoud Van Mechelen</strong> (Atys zvec Christophe Rousset) se contentant du modeste rôle du Sommeil, dont il s’acquitte de façon exemplaire. Rien que cette fabuleuse scène mériterait l’écoute de la totalité de l’ouvrage : elle prend ici tout son sens et sa force expressive, non seulement par le chant d’Atys, mais aussi par son tissu instrumental. Impossible de rendre compte de trois heures d’une musique captivante de façon détaillée. Les passions sont à vif, l’émotion est bien là et ira croissant à mesure que le drame se noue. Matthias Vidal est Atys, s’identifiant totalement au jeune berger attaché au culte de Cybèle. Il en connaît tous les secrets et s’y révèle d’une vérité touchante, et d’un chant exemplaire de ductilité, de tendresse et de force. La Sangaride de Sandrine Piau ne nous émeut pas moins, et ce dès son célèbre « Atys est trop heureux ». La plainte de Cybèle, davantage femme que déesse (« Espoir si cher et si doux », qui conclut le III), sa vengeance dont elle se repentira sont au cœur de l’action, et Véronique Gens, illustre magistralement la dimension tragique de la déesse. Ce ne serait que justice que d’énumérer les mérites de chaque chanteur. A regret, nous y renonçons : les interprètes et leurs qualités sont connus. Même les passages réputés modestes sont un régal, ainsi le trio (Morphée, Phantase et Phobétor) de la fameuse scène du Sommeil a-t-il été jamais mieux chanté ?</p>
<p>Un enregistrement radicalement neuf, éblouissant de vérité et de tension dramatique, qui nous émeut de façon singulière. A déguster, à savourer sans modération.</p>
<ul>
<li>
<pre>(1) Avec modestie, Benoît Dratwicki écrit : « Il est pourtant difficile, voire impossible de dire si un <em>Atys </em>sera plus juste qu’un autre ; par contre, il est évident qu’aucun <em>Atys </em>ne sera semblable au précédent : la connaissance, la pratique, le goût ne le montreront toujours qu’au miroir de son public et de ses interprètes, à une époque donnée. »
(2) Déjà « Rivales » dans un enregistrement qui les associait… prémonition ?</pre>
</li>
</ul>
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		<title>MOZART, Don Giovanni &#8211; Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-gand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>À y regarder trop grossièrement, Don Giovanni appelle deux types de partis pris : la franche comédie, complaisante à l’égard du « séducteur » (en réalité, violeur et meurtrier – il suffit de lire le livret) et la fresque sombre et austère où se côtoient vengeance, salut et rédemption. C’est l’alternative apparemment offerte par les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">À y regarder trop grossièrement, <em>Don Giovanni</em> appelle deux types de partis pris : la franche comédie, complaisante à l’égard du « séducteur » (en réalité, violeur et meurtrier – il suffit de lire le livret) et la fresque sombre et austère où se côtoient vengeance, salut et rédemption. C’est l’alternative apparemment offerte par les deux termes du <em>dramma giocoso</em> : drame joyeux ou intrigue au dénouement heureux. Mais comme toute proposition binaire, elle est simpliste et c’est dans l’interstice ouvert par l’espace entre les deux termes qu’il faut chercher à dialectiser pour gagner en pertinence.</p>
<p style="font-weight: 400;"><em>A priori</em>, la mise en scène de <strong>Tom Goosens</strong> met l’accent sur le <em>dramma</em> : la scénographie est épurée et les choix du metteur en scène sont condensés en quelques éléments percutants. Comme dans la partition, l’horizontal et le vertical s’opposent sur le plateau – opposition qui renvoie à la vie sur terre, longue fuite en avant vers la mort (où, alternativement, l’on monte aux cieux ou descend aux enfers) qui constitue, au fond, l’<em>horizon</em> (c’est-à-dire le but déjà visible mais jamais présent) de toute vie. L’horizontal, c’est donc le monde des vivants. Le vertical, le monde des morts. Et alors que l’horizontal finit quand il croise le vertical, le vertical connaît deux extrémités opposées : le salut, en haut, et  la damnation, en bas. Tout ceci est exprimé de manière redoutablement efficace par une échelle qui traverse la cage de scène pour se perdre dans les dessous et les ceintres. <em>Don Giovanni</em> est évidemment un opéra sur la mort (c’est un meurtre qui amorce l’intrigue, c’est le retour de la mort qui marque le dénouement et c’est la mort effective qui clôt l’opéra) et ce dispositif scénique la rend omniprésente : les vivants évoluent en constante interaction avec la perspective du salut ou de la damnation. Mais la proposition n’est pas austère : ce parti pris posé – et il l’est dès l’ouverture où une foule, nue ou presque, salue comme quand le spectacle du monde horizontal s’achève –, on ne sombre pas dans l’écueil d’un pathos excessif ou d’une posture moralisatrice vaine. Don Giovanni est un sale type, c’est clair. Tout le monde, au fond, le déteste et il n’est pas nécessaire d’exacerber les désirs de vengeance ou les passions irraisonnées pour le percevoir. Par exemple, Don Ottavio est ici plutôt un bon copain protecteur qu’un refuge pour une Donna Anna éplorée ou qu’un fiancé confronté à un rival. Ce cadre posé, la mise en scène s’autorise des traits d’humour bienvenus, souvent piquants, parfois cyniques. La fin n’est pas heureuse – tout le monde ressort traumatisé – mais les perspectives peuvent l’être pour celles et ceux qui ont œuvré à rendre le monde plus supportable pour les autres – forme d’idéal kantien ici teinté de représentations chrétiennes un peu kitsch (quand Don Giovanni finit aux trente-sixième dessous, les flammes de l’enfer surgissent brièvement).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2526DONproductiebeeldDonGiovanniTomGoossenscAnnemieAugustijnsOBVM5A1589-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205617"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© OBV/Annemie Augustijns</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Dès l’ouverture, on sait que, en fosse, c’est aussi le <em>dramma </em>qui plane : l’attaque du premier accord est franche, acérée mais pas mordante – la fin est déjà présente mais l’espoir d’un éventuel salut demeure (les trombones de la damnation ne sont pas encore de sortie). Les cuivres offrent un son homogène, comme velouté mais à la fois ciselé, superbe de rondeur, tandis que les cordes concilient admirablement direction et nervosité. <strong>Fransesco Corti </strong>parvient ainsi à assurer la dynamique d’une partition où l’horizontal et le vertical se retrouvent sur un même plan qu’il faut parvenir à rendre cohérent. Les nombreux ensembles de la partie vocale (du duo au septuor) sont à cet égard particulièrement réussis : alors que des tessitures (et des points de vue) opposées s’y côtoient, le résultat est toujours remarquable d’homogénéité et les oppositions verticales sont résolues en une exposition horizontale qui unifie sans dissoudre.</p>
<p style="font-weight: 400;">À la tension dramatique de l’ouverture – c’est-à-dire à la foncière instabilité dramaturgique, car, à ce stade, l’alternance entre ré mineur et majeur laisse la voie du salut ouverte – succède l’ancrage terrestre porté par un primesautier fa majeur. Et c’est évidemment Leporello que l’on entend. Celui de <strong>Michael Mofidian</strong> offre une belle projection et un timbre clair et canalisé qui permet une approche très vive du texte. Le phrasé est globalement bien mené, même si certaines notes tenues pourraient être davantage nourries ou, du moins, exploitées. Les cadences sont souples et élégantes, bien posées, très sensibles et expressives. Par rapport à son valet, le Don Giovanni de <strong>Wolfgang Stefan Schwaiger</strong> peut, à la toute première impression, paraître effacé, mais cette impression se dissipe dès que l’on prend conscience qu’il s’agit uniquement d’une question de différence de timbre. La voix n’est, en effet, ni très large, ni très imposante, de sorte que l’autorité du maître sur le valet ne se perçoit pas d’emblée. Le timbre est néanmoins riche et coloré, plein de belles harmoniques qui permettent au chanteur de traduire les nuances du personnage. Les récitatifs (Don Giovanni a peu d’airs) sont magnifiquement menés et offrent parfois autant, sinon plus, de sensibilité que les démonstrations vocales affirmées. À cet égard, l’accompagnement des récitatifs tantôt au pianoforte (lequel offre de superbes couleurs), tantôt au clavecin ou encore au violoncelle ou à la contrebasse (ou à des combinaisons de ces instruments) a fait l’objet d’un travail approfondi qui confère à ces moments un intérêt musical de premier ordre.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Marie Lys </strong>est une Donna Anna au volume contenu mais à l’ampleur dramatique certaine. Dans le médium, ses couleurs sont charnues, tandis que, dans l’aigu, les vocalises se déploient avec une agilité un peu piquante mais toujours bien sentie. On la suit davantage dans ses introspections et ses souffrances que dans ses colères, ce qui, du reste, est peut-être d’abord un choix de mise en scène. En Donna Elvira, <strong>Ariana Venditelli </strong>offre une voix bien accrochée et canalisée dans le haut du masque, ce qui permet une projection exemplaire dans l’aigu. L’approche est incisive dans le chant comme dans le jeu : c’est ici une femme déterminée que l’on voit, d’emblée émancipée du rôle de victime qui lui est parfois assigné. Don Ottavio trouve en <strong>Reinoud Van Mechelen </strong>un interprète idéal. On connaît sa voix bien accrochée et parfaitement canalisée. Il touche ici des océans de douceur et, dans les ensembles, révèle des trésors d’écoute et de musicalité. Sur le plan dramatique, le duo formé par Zerlina (<strong>Katharina Ruckgaber</strong>) et Masetto (<strong>Justin Hopkins</strong>) fonctionne parfaitement. La complicité est évidente et le burlesque assumé. Le timbre de Katharina Ruckgaber est lumineux et la voix très riche. On regrette un manque d’harmoniques aigues : certaines notes sont justes mais comme écrasées. Justin Hopkins offre une voix riche et large mais peine à donner au texte le relief qu’il devrait avoir – le timbre manque de l’éclat qui permet au texte de passer. <strong>Edwin Kaye</strong> offre enfin un Commandeur efficace, sans excès de pathos. Le timbre est large, ample et profond, sans être rocailleux et les phrases, conduites avec élégance.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2526DONproductiebeeldDonGiovanniTomGoossenscAnnemieAugustijnsOBVM5A1771-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-205618"/></figure>


<p style="font-weight: 400;">D’abord proposée à Gand, la production sera jouée à Anvers jusqu’au 18 janvier.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-gand/">MOZART, Don Giovanni &#8211; Gand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>RAMEAU, Pygmalion &#8211; ISO, Zémide</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-pygmalion-iso-zemide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 14:07:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’acte de ballet Pygmalion (1748) a toujours compté parmi les partitions les plus populaires de Rameau, alors même que ce compositeur n’encombrait pas les discothèques : Carlos Saura n’en a-t-il pas, dès 1977, utilisé l’air d’entrée pour suggérer le trouble incestueux, dans son film à succès Elisa, vida mia ? Le rôle du sculpteur tellement épris de sa création qu’il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>L’acte de ballet<span class="apple-converted-space"> </span><i>Pygmalion</i><span class="apple-converted-space"> </span>(1748) a toujours compté parmi les partitions les plus populaires de Rameau, alors même que ce compositeur n’encombrait pas les discothèques : Carlos Saura n’en a-t-il pas, dès 1977, utilisé l’air d’entrée pour suggérer le trouble incestueux, dans son film à succès<span class="apple-converted-space"> </span><i>Elisa, vida mia</i> ? Le rôle du sculpteur tellement épris de sa création qu’il lui insuffle la vie, sans être le plus long de ceux confiés par Rameau à une haute-contre, est celui qui met le plus immédiatement en valeur cette voix et il est naturel que<span class="apple-converted-space"> </span><b>Reinoud van Mechelen</b><span class="apple-converted-space"> </span>ait voulu en livrer son interprétation – deux mois seulement après l’enregistrement de l’ensemble Il Caravaggio, chez le même éditeur&#8230;<span class="apple-converted-space"> </span></p>
</div>
<div>
<p>Vocalement, la réussite est totale : poignant dans « Fatal Amour », dont les phrasés langoureux flattent son timbre velouté, son aigu radieux, le ténor flamboie dans l’ariette, abordée avec légèreté jusqu’à un finale plus appuyé, après avoir affiché toute l’étendue de sa tessiture dans le meurtrier « L’Amour triomphe », où il dialogue avec le superbe Chœur de Namur. Ses partenaires sopranos,<span class="apple-converted-space"> </span><b>Gwendoline Blondeel</b><span class="apple-converted-space"> </span>et<span class="apple-converted-space"> </span><b>Virginie Thomas</b>, ne lui cèdent ni en précision, ni en éclat. La seconde trouve des accents d’une grande fraîcheur pour décrire le trop bref éveil de la statue, magnifiquement brossé par un orchestre mystérieux au possible. Plus loin, les deux pantomimes (« niaise et un peu lente »/ « très vive ») démontreront à nouveau la puissance d’évocation de cet ensemble pourtant réduit (une vingtaine de musiciens).<span class="apple-converted-space"> </span></p>
</div>
<div>
<p>La direction nous laisse cependant un peu sur notre faim, comme lors du récent<span class="apple-converted-space"> </span><i>Te Deum</i><span class="apple-converted-space"> </span>de Clérambault : avec ses attaques amorties, ses tempi peu contrastés et, surtout, ses récitatifs trop étales, trop peu dramatiques (on aimerait moins de cordes frottées), elle ne joue pas assez la carte de la théâtralité et manque de vigueur.</p>
</div>
<div>
<p>Faute de comparaison, cette approche nous séduit davantage dans le « complément de programme », très généreux : un autre acte de ballet, intégral, dû à l’inconnu Pierre Iso (1715-1794). Composée dès 1745, mais créée, dans l’indifférence, près de quinze ans plus tard, cette<span class="apple-converted-space"> </span><i>Zémide</i>, dont le climat se situe quelque part ente les ramistes<span class="apple-converted-space"> </span><i>Indes galantes</i><span class="apple-converted-space"> </span>et<span class="apple-converted-space"> </span><i>Les Fêtes de Paphos</i><span class="apple-converted-space"> </span>de Mondonville, ne manque pas d’attraits.<span class="apple-converted-space"> </span></p>
</div>
<div>
<p>On y voit l’Amour bien décidé à donner une leçon à la froide Zémide, qui se refuse à aimer le tendre Phasis.<span class="apple-converted-space"> </span>Le dieu ailé feint de dormir et d’avoir perdu ses armes au cours d’une scène véritablement ensorcelante, enrobée de magiques flûtes, traitée avec beaucoup de suspense par Mechelen (qui ne chante pas, dans cet ouvrage) et A nocte temporis. La partition réserve par ailleurs des airs délicieux à l’Amour (« Séjour fatal ») et Phasis (« Pardonne, Amour »), excellemment tenus par la piquante Blondeel et le mordant<span class="apple-converted-space"> </span><b>Philippe Estèphe</b>. La voix dure et le chant plein d’emphase d’<b>Ema</b><span class="apple-converted-space"> </span><b>Nikolovska</b><span class="apple-converted-space"> </span>nous séduisent beaucoup moins, mais conviennent sans doute à l’antipathique reine de Scyros. Une belle découverte.</p>
</div>
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		<title>GLUCK, Orphée et Eurydice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gluck-orphee-et-eurydice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au vu du succès d’Iphigénie en Aulide (avril 1774), les directeurs de l’Académie royale de musique de Paris commandèrent à Gluck pas moins de cinq nouveaux opéras. Le premier devant être livré au début de la prochaine saison, le compositeur opta pour l’adaptation d’une partition créée à Vienne, dont la renommée avait franchit les frontières : &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-family: Arial, serif;">Au vu du succès d’</span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Iphigénie en Aulide</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> (avril 1774), les directeurs de l’Académie royale de musique de Paris commandèrent à Gluck pas moins de cinq nouveaux opéras. Le premier devant</span> être livré au<span style="font-family: Arial, serif;"> début de la prochaine saison, le compositeur opta pour l’adaptation d’une partition créée à Vienne, dont la renommée avait franchit les </span>frontières<span style="font-family: Arial, serif;"> : </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Orfeo ed Euridice</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> (1762). </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">En devenant le « drame héroïque » </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Orphée et Eurydice</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> (août 1774), la fête viennoise subit quelques transformations : les Français n’appréciant pas les castrats, le rôle-titre, écrit pour le contralto Guadagni, fut transposé pour la haute-contre (ténor aigu) Joseph Legros. Gluck révisa également l’orchestration (chalumeaux et cornets à bouquin cédant la place aux clarinettes) et procéda à divers ajouts : une ariette virtuose empruntée à l’un de ses opéras italiens (et non plus un simple récitatif) terminait désormais le premier acte ; un planant solo de flûte et un couplet pour Eurydice furent insérés dans le divertissement de l’acte II, tandis que l’Amour gagnait aussi un air et que les protagonistes se retrouvaient dans le trio final venu de </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>Paride ed Elena</i></span><span style="font-family: Arial, serif;">. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">Plus tard, en 1859, Hector Berlioz ressuscitera l’œuvre, en re-transposant la partie d’Orphée à l’intention de la contralto Pauline Viardot. De ces trois principales versions de l’ouvrage (« de Vienne », « de Paris », « Berlioz »), la seconde, aujourd’hui choisie par Les Arts Florissants, est la moins souvent donnée, sans doute parce qu’elle réclame du ténor une technique </span><span style="font-family: Arial, serif;">longtemps oubliée</span><span style="font-family: Arial, serif;">. Au disque, l’ineffable Léopold Simoneau, qui omettait « L’espoir renaît », semblait chanter Mozart ou Bizet (Rosbaud, Philips, 1956), tandis que le vigoureux Richard Croft lorgnait du côté de l’opéra séria (Minkowski, Archiv, 2004).</span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">Le présent enregistrement bénéficie donc avant tout de l’incarnation de <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, authentique haute-contre rompue à Lully et Rameau mais désormais armée pour un répertoire plus tardif – et qui avait déjà gravé de larges extraits du rôle dans son portrait de Legros (Alpha, 2023). Le timbre est clair, suave, comme il convient à un demi-dieu capable d’enchanter la nature, l’élocution merveilleusement éloquente et la ligne de chant aussi nourrie que déliée. Si l’air d’entrée, « Objet de mon amour », pâtit encore d’une sur-articulation propre à l’école flamande, la redoutable ariette, en conformité avec le texte, se pare de vocalises légères, aériennes, très différentes du </span><span style="font-family: Arial, serif;"><i>canto di forza</i></span><span style="font-family: Arial, serif;"> plus belliqueux de Croft. Le sommet de son interprétation est atteint dans la supplique aux furies, où il parvient à une fusion inouïe de la déclamation et du cantabile, tandis qu’à l’acte III (duo, « J’ai perdu mon Eurydice »), il préserve l’émotion sans tomber dans la mièvrerie. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">Aux côtés de Van Mechelen, le chœur des Arts Flo’ (dix-huit chanteurs) est l’autre grand atout du disque et pour des raisons similaires : à la fois transparent et coloré, il rend justice aux moindres sonorités du livret (les nasales d’ « il est vainqueur »), préserve la beauté du son tout en multipliant les nuances expressives. Enfin, jamais <strong>Julie Roset</strong> n’a mieux mérité son patronyme, sa voix fraîche coulant comme un baume sur les </span><span style="font-family: Arial, serif;">plai</span><span style="font-family: Arial, serif;">es d’Orphée, dans un style proche de l’opéra-comique qui sied parfaitement à son rôle. L’autre soprano,</span><span style="color: #000000;"><span style="font-family: Arial, serif;"><strong> Ana Vieira Leite</strong>, </span></span><span style="font-family: Arial, serif;">possède le timbre corsé réclamé par Eurydice mais n’affiche pas la même précision dans la diction, parfois brumeuse. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">La lecture de<strong> Paul Agnew</strong>, elle, ne nous convainc que de façon intermittente : en bon chef de chœur, il sait préserver la vocalité de l’écriture, si importante dans ce Gluck d’ascendance italienne, et son orchestre affiche des teintes assez marquées (quels cors féroces !), sans doute parce que ses cordes sont (presque) moitié moins nombreuses que celles de Minkowski. Mais, dans les danses, dans le tableau des Champs-</span><span style="font-family: Arial, serif;">É</span><span style="font-family: Arial, serif;">lysées (le moins réussi), on déplore une pulsation peu élastique, une ligne bien peu tendue, des fléchissements qui démontrent, une nouvelle fois, que la largeur, l’aplat, le sostenuto n’ont guère droit de cité dans l’orchestre des Arts Flo’. </span></p>
<p><span style="font-family: Arial, serif;">On ne parlera donc point encore de référence, pour cette « version de Paris », mais d’une séduisante lecture à laquelle a manqué une baguette plus assurée.</span></p>
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		<title>RAMEAU, Castor et Pollux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-castor-et-pollux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après Harnoncourt en 1972 et Christie en 1992, c’est ici seulement le troisième enregistrement de l’opéra de Rameau dans sa version initiale, celle de 1737. Qui n’eut qu’un succès sans lendemain à sa création à l’Académie royale de musique, ce qui convainquit Rameau d’en donner une seconde version, très remaniée, dix-sept ans plus tard. Une &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Après Harnoncourt en 1972 et Christie en 1992, c’est ici seulement le troisième enregistrement de l’opéra de Rameau dans sa version initiale, celle de 1737. Qui n’eut qu’un succès sans lendemain à sa création à l’Académie royale de musique, ce qui convainquit Rameau d’en donner une seconde version, très remaniée, dix-sept ans plus tard. Une seconde version qui de nos jours reçoit bien plus souvent les faveurs de la scène et du disque. <br />En 1737, le parti lullyste était encore tout puissant, qui, déjà désarçonné par les audaces d’<em>Hippolyte et Aricie</em> (1733) et des<em> Indes galantes</em> (1735), estima que Rameau s’écartait décidément trop des canons de la tragédie lyrique. Critique étonnante : les nombreuses scènes en récitatif, la majestueuse déclamation, la noble gravité, le rôle des Dieux, tout fleurait encore son Grand Siècle. De surcroît, le charme poétique des divertissements dansés, peuplés d’Ombres heureuses, avait tout pour charmer l’imaginaire des contemporains de Louis XV. Une autre partie du public, les ramistes  (ou « rameauneurs »), fut convaincue par des trouvailles d&rsquo;orchestration et des innovations harmoniques, alors étonnantes *.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="481" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2025-09-16-a-08.04.10-1024x481.png" alt="" class="wp-image-199514"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Alpha Classics &#8211; Jázon Kováts</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>En miroir de la création</strong></h4>
<p>Benoît Dratwicki, directeur artistique du Centre de musique baroque de Versailles et initiateur du projet, dit avoir voulu une distribution vocale s’approchant de celle de la création, en tête de laquelle se plaçaient dans le rôle de Pollux Claude-Dominique Chassé, première basse-taille depuis 1730 : sa voix lyrique, aux accents nobles, était capable d’héroïsme comme de tendresse (c’est ici <strong>Tassis Christoyannis</strong>) ; et Denis-François Tribout, apprécié pour « sa grande expressivité, la douceur de sa voix et plus encore sa déclamation qui allait jusqu’à tirer des larmes aux spectateurs dans les récitatifs » (ici <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>). Quant à Phébé, c’était Marie Antier qui brillait dans les rôles les plus imposants, majestueux ou furieux, grâce à la maturité de sa voix et de son jeu (et c’est <strong>Véronique Gens</strong>, qui reprend le rôle qu’elle tenait déjà pour William Christie).</p>
<p>On avouera que malgré les mérites de ce casting vocal c’est avant tout la qualité de la direction et celle du chœur qui font l’attrait de cet enregistrement capté à la suite d&rsquo;un concert donné dans la belle salle du Müpa de Budapest, à l’acoustique exceptionnelle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="1009" height="810" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2025-09-16-a-08.03.22.png" alt="" class="wp-image-199513"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>György Vashegyi © Jázon Kovátz</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un opéra de chef</strong></h4>
<p>Et que sont immédiatement convaincantes dès le Prologue, la verdeur et la précision du <strong>Purcell Choir</strong> (et la qualité de son français, alors que tous les choristes en sont hongrois), et la Minerve d’<strong>Olivia Doray</strong>, à laquelle répond l’Amour de <strong>Jehanne Amzal</strong>. <br />C’est d’ailleurs une des nouveautés de l’édition procurée par Denis Herlin que de confier le rôle de l’Amour à une voix de soprano. Le fait qu’elle est notée sur la partition au-dessus de la voix de Minerve y autorise, même s’il n’est pas exclu que le rôle échût pour la création à un contre-ténor, en l’occurrence Pierre Jélyotte (William Christie l’avait confié à Mark Padmore).<br />La direction de <strong>György Vashegyi</strong>, très articulée, donne du piquant aux gavottes et tambourins mais éclaire de douceur les menuets émaillant ce <strong>Prologue</strong>, qui voit Mars (<strong>David Witczak</strong>, beau timbre et diction parfaite) céder à Vénus (<strong>Hasnaa Bennani</strong>) et l’une et l’autre s’accorder pour que les jeux de la guerre cèdent le pas devant ceux de l’amour.</p>
<h4><strong>Maniérisme</strong></h4>
<p>Si le célèbre chœur des Spartiates pleurant la mort de Castor, « Que tout gémisse », est magnifique (Debussy s’avouait « touché de cette tragique atmosphère »), on avouera être moins enthousiaste de l’incarnation de Télaïre par <strong>Judith Van Wanroij</strong>. La ligne de chant semble emberlificotée, l’émission un peu pincée, à la fois dans son dialogue avec Phébé, et dans l’air fameux « Triste apprêts, pâles flambeaux », précautionneux et étriqué, quelque superbe soit le commentaire orchestral des bassons.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/axe_partenariats_internationaux_hongrie_2023_castorpollux_c_jazon_kovats-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-199512"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Véronique Gens et Tassis Christoyannis © Jázon Kovátz</sub></figcaption></figure>


<p>Ce chant maniéré ne s’accordera guère avec celui de Tassis Christoyannis, dru, direct, solide, et dès lors que reste-t-il du long duo en récitatif entre Télaïre et Pollux, accompagné par un continuo un peu épais, sinon un sentiment d’ennui irrépressible. <br />En revanche, le monologue de Pollux, « Nature, Amour, qui partagez mon cœur », semblera un îlot de noblesse, d’humanité, de justesse de ton.</p>
<h4><strong>Enfin le drapé</strong></h4>
<p>Et si le Grand Prêtre d’<strong>Attila Varga-Tóth</strong> paraît assez gêné par la langue française, sinon par l’écriture tendue de son air, c’est dans le dialogue entre Pollux et Jupiter (à nouveau David Witczak), qu’on trouve enfin la hauteur, la tenue et le drapé qu’on espérait. <br />C’est le moment capital où Pollux supplie Jupiter son père de le laisser descendre aux Enfers et de libérer Castor des liens de la mort. Jupiter y consent : Castor sera conduit « aux barrières du jour » (jolie trouvaille du livret), mais Pollux devra rester au séjour des morts.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/jas04272_1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-199518"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jázon Kovácz</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>L&rsquo;orchestre de Rameau dans sa splendeur</strong></h4>
<p>Et c’est pour montrer à Pollux ce qu’il perd que Jupiter fera apparaître les Plaisirs célestes. Ce divertissement, et celui des Ombres heureuses qui lui fait pendant au quatrième acte, sont parmi les points forts de cet enregistrement. La légèreté de touche de György Vashegyi, la transparence des cordes de l’<strong>Orfeo Orchestra</strong>, celle des voix féminines du chœur, la délicatesse de la suivante d’Hébé (Hasnaa Bennani), la voix aérienne de Jehann Amzal (un Plaisir) ; l’onctueuse polyphonie du chœur des Ombres heureuses, l’élégance des loure, gavotte et passepied, l’Ombre heureuse irrésistible d’Olivia Doray, sans oublier le chœur des Démons du troisième acte avec ses rythmes martelés, ses fusées des cordes, ses roulements de percussions diaboliques, ses vents acides, tout ce pittoresque sonore est réalisé avec goût, sensualité, virtuosité, en un mot charme.</p>
<p>Reinoud Van Mechelen a fait de l’air de Castor « Séjour de l’éternelle paix » un de ses chevaux de bataille. On y retrouve la beauté de son timbre, une noble mélancolie et un goût quasi maniériste pour les ports de voix. <br />On passera rapidement sur l’interminable dialogue (145 mesures) entre les deux frères au quatrième acte, que Rameau traite en récitatif et où les deux interprètes ne font guère d’étincelles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="470" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2025-09-16-a-08.14.46-1024x470.png" alt="" class="wp-image-199516"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Castor et Pollux sur le Capitole à Rome © Ch.S.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Véronique Gens farouche et tragique</strong></h4>
<p>On ne peut qu’admirer la fougue de Véronique Gens dans l’air de Phébé, « Castor revoit le jour », comme déjà, au troisième acte, la fureur un peu hirsute de « Abîme affreux », la grandeur de « Suis donc la gloire qui t’appelle », du trio culminant sur « Sortez, sortez de l’esclavage », porté par l’énergie de György Vashegyi, et enfin le tragique de « Tout cède à ce héros vainqueur ». Plus de trente ans sont passés depuis l’enregistrement avec Christie, et l’esthétique ardente du chef hongrois est très éloignée de celle du jardinier de Thiré. Mais Véronique Gens prend en compte tout cela pour présenter Phébé sous une lumière presque sauvage, d’une farouche beauté.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/jas04042_0-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-199517"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Jázon Kovácz</sub></figcaption></figure>


<p>Rien de plus<em> ramiste</em> que le dernier acte, tout en contrastes, en micro-climats, en changements de couleurs à l’orchestre. À nouveau le style chantourné de Judith Van Wanroij va à l’encontre de cette vérité des sentiments, de ce naturel, que recherche Rameau et le long dialogue avec le Castor ardent de Reinoud Van Mechelen s’en trouve déséquilibré.</p>
<p>En revanche les retrouvailles rayonnantes des deux frères, l’apparition d’un splendide Jupiter, Deus ex machina descendant du ciel dans un délicieux concert de flûtes, la gigue des astres, l’ultime intervention d’Olivia Doray en Constellation, enfin la monumentale chaconne réunissant chœur et protagonistes dans une fête de l’Univers à grand spectacle, tout cela sera majestueux à souhait, en conclusion d’une lecture très honorable mais aux beautés inégales.</p>
<pre>* Claude Lévi-Strauss a consacré un chapitre de <em>Regarder, écouter, lire</em> (Plon, 1993) à la surprise des auditeurs de 1737.</pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rameau-castor-et-pollux/">RAMEAU, Castor et Pollux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CLERAMBAULT, Cantates &#8211; Blaimont</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/clerambault-cantates-blaimont/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Sep 2025 04:10:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival Orferidis, une contraction entre Orphée et Eurydice, qui célébrait cette année son dixième anniversaire, réunit chaque année des artistes éminents du monde de la musique ancienne ou baroque pour quatre concerts de fin d’été, dans divers lieux de la haute vallée de la Meuse, entre Givet et Dinant. Le festival se double de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival Orferidis, une contraction entre Orphée et Eurydice, qui célébrait cette année son dixième anniversaire, réunit chaque année des artistes éminents du monde de la musique ancienne ou baroque pour quatre concerts de fin d’été, dans divers lieux de la haute vallée de la Meuse, entre Givet et Dinant. Le festival se double de stages et master classes, la dimension pédagogique faisant partie intégrante du propos des organisateurs.</p>
<p>Le concert de clôture de cette dixième saison, par un splendide dimanche après-midi où le soleil de septembre mettait la campagne en fête, était consacré à des cantates de Louis-Nicolas Clérambault, compositeur bien connu des organistes, avec pour pièce de résistance son célèbre <em>Pyrame et Thisbé</em>. Mais deux autres cantates étaient présentées en ouverture de programme, dont la très intéressante cantate <em>Apollon</em>, composée en 1716, quelques mois après la mort de Louis XIV, donc, et entièrement consacrée à la gloire du roi défunt, comparé au dieu Apollon et loué pour son action pacifique. Dans la forme, ces petites cantates profanes se présentent comme un opéra en miniature, avec une ouverture instrumentale, un livret réduit qui tient en quelques strophes, traité en deux ou trois airs accompagnés, relativement exigeants pour la voix. Dès cette première cantate, le soin mis par les musiciens de l&rsquo;ensemble <em>A nocte temporis</em> est remarquable. La réalisation instrumentale, basée sur un continuo et deux dessus, parait parfois un peu maigre pour soutenir la voix particulièrement riche et puissante du soliste, de sorte que toute l’attention de l’auditeur est centrée sur le chanteur. On a déjà souligné, lors d’autres articles consacrés à <strong>Reinoud Van Mechelen</strong>, toutes les qualités de sa voix, magnifiquement homogène dans toutes les tessitures, particulièrement riche de couleurs expressives et extrêmement solide techniquement. Il construit sa prestation à partir du texte, avec une diction française digne de tous les éloges, en prononciation restituée pour tenir compte des couleurs particulières de la langue du XVIIIe siècle, et un sens du drame, de l’expression tragique à travers la musique, tout droit venu de l’opéra. On soulignera au passage la beauté de l’accompagnement de flûte du premier air, absolument délicieux.</p>
<p>La seconde cantate est d’un genre un peu différent, dramatiquement moins intéressante me semble-t-il, puisqu’il s’agit d’une sorte de dissertation sur le thème de la jalousie, mais d’une belle unité de forme, plus proche d’une pastorale. L’air final, <em>Dieu des amants</em>, très brillant, en fut aussi le sommet.</p>
<p>Après une sonate d’Elisabeth Jaquet de la Guerre, œuvre purement instrumentale présentée ici en guise d’interlude, vient la pièce de résistance du programme, <em>Pyrame et Thisbé</em> composée quelques années plus tôt en 1713 sur un sujet tiré des métamorphoses d’Ovide, sorte de Roméo et Juliette avant la lettre, où le héros Pyrame se suicide croyant sa bien-aimée dévorée par une lionne, ce que voyant, Thisbé se suicide à son tour. Tout cela est raconté avec une étonnante concision et un air moralisateur en guise de conclusion. Soutenue par un continuo fort actif et coloré, et par les deux parties instrumentales tenant les voix de dessus, parfaitement coordonnées, l’interprétation très contrastée du ténor, qui met en exergue tous les reliefs de la partition, permet de suivre le récit mot à mot : sans qu’il quitte jamais le ton de la narration, on s’émerveille de l’amour naissant des deux amants, on s’effraie de l’attaque de la lionne, on s’émeut au désespoir du malheureux Pyrame, on pleure sur le sort de la pauvre Thisbé. Reinoud Van Mechelen est familier de ce répertoire qu’il pratique depuis longtemps et qu’il a même enregistré au disque (paru chez Alpha en 2018). Il maîtrise parfaitement cette forme brève, se délecte de la langue française, communique magnifiquement avec la salle et livre une interprétation magistrale, fort applaudie par le public. En guise de bis, et pendant que les drônes russes s’acharnent sur Kiev ou que les avions israéliens achèvent de démolir Gaza, c’est auprès de Rameau que les musiciens proposent de trouver la consolation : <em>Séjour de l’éternelle paix</em>, extrait de Castor et Pollux viendra clore la soirée comme une vaine prière.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/clerambault-cantates-blaimont/">CLERAMBAULT, Cantates &#8211; Blaimont</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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