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	<title>Stéphanie VARNERIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stéphanie VARNERIN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>KOSMA, Paris at night – Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/kosma-paris-at-night-saint-cere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa 43e édition, le festival de Saint-Céré reste fidèle à son tropisme pour le répertoire lyrique tout en en explorant des formes et des répertoires alternatifs. Entre musique, poésie et clin d&#8217;œil au cinéma, c&#8217;est ce que propose ce « Paris at night ». Artiste polymorphe, Jacques Prévert a utilisé de multiples médium pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa 43e édition, le festival de Saint-Céré reste fidèle à son tropisme pour le répertoire lyrique tout en en explorant des formes et des répertoires alternatifs. Entre musique, poésie et clin d&rsquo;œil au cinéma, c&rsquo;est ce que propose ce « Paris at night ».<br />
Artiste polymorphe, Jacques Prévert a utilisé de multiples médium pour s&rsquo;exprimer. Sa poésie s&rsquo;est faite visuelle dans ses collages et s&rsquo;est trouvée transcendée dans ses apports majeurs au cinéma français. Pour « le crime de Monsieur Lange » Il collabore dès 1936 avec le compositeur Joseph Kosma, élève de Béla Bartók, assistant chef d&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Budapest réfugié en France, et trouve en lui un alter-ego totalement en adéquation avec sa sensibilité. Dès lors, les deux artistes ne se quitteront plus. Kosma mettra en musique plus de cinquante poèmes de Prévert qui le cachera pendant la guerre.</p>
<p><strong>Robin Melchior </strong>et<strong> Lucas Henri</strong> ont remarquablement arrangés ce répertoire pour l&rsquo;effectif atypique mais pertinent de la <strong>Symphonie de Poche</strong>. Les soli attribués aux onze musiciens (en particulier flûte, accordéon et violoncelle) soulignent les raffinements harmoniques et le délicat travail de nuances qui permettent à cette musique de déployer toutes ses couleurs.<br />
Quelques réserves sont peut-être à faire pour « Paris at night » qui prend des teintes sirupeuses alors que le propos très épuré du poème appellerait à plus de retenue.<br />
Ceci dit, <strong>Stéphanie Varnerin</strong> observe cet équilibre délicat entre interprétation et évocation avec beaucoup de talent. Elle aquarelle à plaisir sa palette vocale pour incarner avec humour et tendresse les personnages du « Cauchemar du chauffeur de taxi » ou de « La Pêche à la baleine » – merveilleusement orchestrée. Elle sait également se mettre en retrait pour mieux servir les révoltes de l&rsquo;artiste engagé comme dans « Chanson dans le sang » ou des poésie mystérieuses comme «  la fille de la Concorde » ou surtout le si difficile « Inventaire ». Parfaitement articulé, le texte est toujours intelligible – ce qui est indispensable au vu du répertoire – même si la sonorisation de la voix, discrète à souhait au début de programme, s&rsquo;avère trop invasive en seconde partie de soirée.</p>
<p>Entre l&rsquo;esprit des chansonniers et une impeccable technique lyrique, la soprano sert le propos d&rsquo;un timbre soyeux à l&rsquo;émission franche. Sa prestation est d&rsquo;autant plus remarquable qu&rsquo;elle a remplacé Marie Perbost au pied levé le mois dernier, la veille d&rsquo;une représentation à l’île de Ré. Elle n&rsquo;interprète donc ce programme que pour la seconde fois. On lui pardonnera donc bien volontiers quelques interactions scéniques maladroites ou une interprétation un peu plate de l&rsquo;hymne à la vie et à la fuite du temps que constituent les « Deux escargots s’en vont à l’enterrement »  servis par l&rsquo;excellent accordéon de <strong>Pierre Cussac </strong>; cela d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle est parfaitement juste et en place. Il faut dire que <strong>Nicolas Simon</strong> est un chef soutenant, impliqué, à l&rsquo;écoute, qui swingue et danse avec ses musiciens dans un plaisir communicatif. Attaques précises, gestion des contrastes, des équilibres entre les pupitres qui se répondent&#8230; Les airs comme les intermèdes orchestraux des « Enfants du paradis » de Marcel Carné ou des « Amants de Vérone »  d&rsquo;André Cayatte sont un vrai régal.</p>
<p>Plus tour de chant que spectacle, la soirée gagnerait une dimension supplémentaire à un fil rouge narratif plus fouillé dans sa mise en espace mais offre déjà un juste panorama de l&rsquo;univers de Prévert et Kosma, oscillant entre dénonciation de la misère et fantaisie.</p>
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		<title>Le Renouveau passe-t-il par la guitare ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-renouveau-passe-t-il-par-la-guitare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Nov 2019 12:50:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On avait pu remarquer Stéphanie Varnerin dans un disque consacré au compositeur Carlo Francesco Cesarini, sorti en janvier 2017. On espérait alors que le talent de cette jeune artiste trouverait à s&#8217;employer dans un répertoire peut-être différent, en tout cas plus inspirant. A quoi la soprano répond aujourd&#8217;hui par un récital qui exauce en partie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On avait pu remarquer <strong>Stéphanie Varnerin</strong> dans un disque consacré au compositeur <a href="https://www.forumopera.com/cd/carlo-francesco-cesarini-cantatas-mythologie-chambriste">Carlo Francesco Cesarini</a>, sorti en janvier 2017. On espérait alors que le talent de cette jeune artiste trouverait à s&#8217;employer dans un répertoire peut-être différent, en tout cas plus inspirant. A quoi la soprano répond aujourd&rsquo;hui par un récital qui exauce en partie ce vœu : sous le titre <em>Renouveau</em>, elle propose un florilège de mélodies françaises, dont quelques pages très connues de Fauré, Reynaldo Hahn ou Debussy. Il y a aussi, très appréciable, du beaucoup moins fréquenté, notamment des pièces de Déodat de Séverac. Et la véritable originalité du programme, c&rsquo;est que la voix est accompagnée non par un piano, mais par une guitare, toutes les transcriptions étant réalisées et interprétées par le propre frère de la chanteuse, <strong>Mathieu Varnerin</strong>. Si délicatement interprétées que soient ces mélodies, on ne peut s&#8217;empêcher de se poser une question : n&rsquo;existe-t-il donc pas de partitions d&rsquo;avance destinées à une voix soutenue par une guitare ? Hors du répertoire espagnol, point de salut ? Peut-être la guitare permettra-t-elle d&rsquo;attirer un public moins familier de ces œuvres, mais si la solution passait plutôt par la constitution d&rsquo;un corpus de mélodies spécialement conçues pour un tel duo, n&rsquo;y aurait-il pas là matière à un véritable renouveau ?</p>
<p><em>Renouveau</em>, Duo Varnerin, 1 CD Muso mu-033, 53&rsquo;28</p>
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		<title>Carlo Francesco Cesarini, Cantatas</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/carlo-francesco-cesarini-cantatas-mythologie-chambriste/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Jan 2017 18:08:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cesarini. Le nom ne dira sans doute pas grand-chose à la majorité des mélomanes. C’est celui d’un contemporain d’Alessandro Scarlatti, avec cette différence que Carlo Francesco Cesarini fut un compositeur exclusivement romain. Né près de Viterbe vers 1665, il se fixa à Rome en 1690 et y décéda vers 1741. Violoniste virtuose, il était surnommé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cesarini. Le nom ne dira sans doute pas grand-chose à la majorité des mélomanes. C’est celui d’un contemporain d’Alessandro Scarlatti, avec cette différence que Carlo Francesco Cesarini fut un compositeur exclusivement romain. Né près de Viterbe vers 1665, il se fixa à Rome en 1690 et y décéda vers 1741. Violoniste virtuose, il était surnommé Carlo del Violino, mais il se fit remarquer par de nombreux opéras, oratorios et pièces de musique sacrée. Le CD aujourd’hui proposé par Aparté a tout l’air d’être le premier disque consacré à des œuvres de Cesarini.</p>
<p>Pour autant, qu’on n’attende aucune révélation fracassante : il ne s’agit que d’un de ces petits maîtres comme il y en a toujours eu. Les six cantates ici rassemblées se laissent écouter, elles arrivent par moments à retenir davantage l’attention, sans qu’on ne sorte guère de l’aimable. Le compositeur fait parfois preuve de qualités dramatiques qui relancent le discours, mais dans les limites propres au genre de la cantate, bien sûr : après un récitatif plus animé, plus théâtral, on en revient souvent à une mélodie guillerette, conclusion un peu décevante après avoir entrevu de tout autres possibilités expressives.</p>
<p>Comme prévisible aussi, les sujets sont mythologiques : les amours des dieux avant tout, les lamentations d’Ariane abandonnée, les excès de Phaéton, Phyllis et Chloris, nymphes cruelles et amants jaloux. Tout cela se prête plus ou moins bien à l’exposition d’affects divers et variés, mais le risque de la monotonie n’est pas toujours évités, malgré tous les efforts des interprètes. Peut-être n’aurait-il pas été mauvais de réunir plusieurs voix pour varier un peu la sonorité de l’ensemble. Cette grosse heure avec Cesarini pourra donc paraître longue à ceux qui voudront écouter le disque d’une traite.</p>
<p>Pourtant, les membres de <strong>L’Astrée</strong>, ensemble de chambre issu de l’Accademia Montis Regalis jouent avec délicatesse cette musique destinée à une écoute intime. Quant à la jeune soprano française <strong>Stéphanie Varnerin</strong>, elle possède de nombreux atouts : fraîcheur du timbre, précision des vocalises, et capacité à déclamer avec conviction dès que le texte l’y autorise. On aimerait que toutes ces qualités trouvent à s’employer dans des œuvres plus exigeantes, où l’artiste pourrait davantage manifester son tempérament. Espérons que cela viendra, dans un autre répertoire, peut-être.</p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, Ba-ta-clan — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ba-ta-clan-montpellier-festival-un-hymne-a-la-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 Jul 2016 17:45:31 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Si le Ba-Ta-Clan évoque les funestes attentats du 13 novembre 2015, sait-on que la salle où les victimes furent prises en otage par les djihadistes tire son nom d’une « chinoiserie » d’Offenbach, dont le succès &#8211; 160 ans auparavant – ne s’est jamais démenti ? Sa programmation par le Festival Radio France Montpellier Région, bien que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Si le Ba-Ta-Clan évoque les funestes attentats du 13 novembre 2015, sait-on que la salle où les victimes furent prises en otage par les djihadistes tire son nom d’une « chinoiserie » d’Offenbach, dont le succès &#8211; 160 ans auparavant – ne s’est jamais démenti ? Sa programmation par le Festival Radio France Montpellier Région, bien que retenue avant les tueries, est un hommage aux victimes de la barbarie et un hymne à la vie au coeur d&rsquo;une actualité toujours tragique.</p>
<p>Le premier livret jamais écrit par Ludovic Halévy est une réussite, non seulement par sa verve loufoque, mais par son sens dramatique et les situations qu’il offre au musicien. Quatre faux Chinois &#8211; l’empereur (régnant sur 47 sujets), que veut destituer le chef de sa garde, un mandarin, une mandarine &#8211; découvriront qu’ils sont français. Au terme de l&rsquo;ouvrage, désopilant, chacun exaucera son voeu, le conspirateur accédant au trône et les trois autres regagnant la mère patrie. C’est pour Offenbach l’occasion d’extraordinaires parodies, en particulier un duo italo-chinois,  que n’eut pas renié Rossini, et la citation du choral des Huguenots de Meyerbeer dans le finale. </p>
<p>La « version de concert » se traduit certes par l’absence de tout décor, costume ou accessoire, encore qu’y participe la spectaculaire grosse caisse, dont use <strong>Jean-Christophe Keck</strong> avec une saine énergie. Mais les mimiques, les gestes, les déplacements de chacun sont suffisamment éloquents pour que le public comprenne le chinois de fantaisie du librettiste et partage le bonheur des interprètes. La distribution est idéale où le talent le dispute à la jeunesse et à l’engagement : chacun des quatre solistes se révèle excellent chanteur mais aussi comédien. La diction est exemplaire, servie par un chant de haut vol. <strong style="line-height: 1.5">Stéphanie Varnerin</strong> (Fé-an-nich-ton) se distingue par ses traits dès le premier quatuor, par sa romance, mais surtout par ses envolées dans le bataclan. Les ténors, <strong style="line-height: 1.5">Rémy Mathieu</strong> et <strong style="line-height: 1.5">Enguerrand de Hys</strong>, ne sont pas en reste, chacun d’eux ayant son duo, avec une mention spéciale pour la savoureuse imitation de la trompette du finale. Enfin,<strong style="line-height: 1.5"> Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> nous offre un conspirateur de luxe, voix sonore, profonde, autoritaire comme il se doit (« Morto, morto, infamio»). Le piano d’<strong style="line-height: 1.5">Anne Pagès-Boisset</strong>, lui aussi inspiré par la verve de l’ouvrage, nous réjouit. Le musicien et musicologue français le plus épris d’Offenbach, dont il réalise patiemment l’édition critique,<b> </b>Jean-Christophe Keck, fait plus que diriger, il est l’animateur idéal de cette musique. </p>
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		<item>
		<title>CALVIN, La Cantatrice chauve — Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rasoir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 May 2009 11:05:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Trouver un écho musical qui réponde à l’originalité du texte de La cantatrice chauve » : Jean-Philippe Calvin, jeune compositeur français formé à l’école de Xenakis et de l’IRCAM, place la barre haute. Dès sa création, le 11 mai 1950 à Paris, la pièce d’Eugène Ionesco fut citée comme un modèle de non-sens. Jouée sans interruption depuis &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          « Trouver un écho musical qui réponde à l’originalité du texte de <em>La cantatrice chauve</em> » : Jean-Philippe Calvin, jeune compositeur français formé à l’école de Xenakis et de l’IRCAM, place la barre haute. Dès sa création, le 11 mai 1950 à Paris, la pièce d’Eugène Ionesco fut citée comme un modèle de non-sens. Jouée sans interruption depuis le 16 février 1957 au Théâtre de la Huchette, elle fait figure de monument dans l’histoire du théâtre français. Absurde mais pas tant que ça. Derrière des dialogues sans queue ni tête inspirés par la méthode <em>Assimil</em> et son enchaînement stupide de courtes phrases, c’est l’insignifiance des rapports humains et la difficulté de communiquer – l’incompréhensibilité des hommes – qui sont pointés du doigt.</p>
<p> <br />
 </p>
<p>Projet ambitieux donc de fournir un équivalent musical à une pièce culte d’autant que Jean-Philippe Calvin pousse le bouchon plus loin encore en déclarant vouloir créer un « anti-opéra bouffe », « une œuvre innovante, contemporaine et drôle », « à la manière d’un Gluck souhaitant en son temps réformer l’opéra italien ». Le désenchantement du spectateur sera à la mesure des espérances qu’engendrent de telles promesses. A l’arrivée, on n’aura pas entendu grand-chose de neuf sous les lambris dorés de l’Athénée. </p>
<p> </p>
<p>Une écriture souvent dissonante, déstructurée, qui découpe la pièce en numéros comme au bon vieux temps de l’<em>opera buffa</em> et, par le style renvoie aux errements de l’avant-garde, ceux-là même qui poussèrent le public à déserter les salles de concert (deux dames d’ailleurs s’enfuirent discrètement dix minutes après le début de l’opéra). Quelles que soient leurs qualités – flûte, percussions – les solistes de l’Orchestre Lamoureux placés sous la direction de <strong>Vincent Renaud</strong> ne peuvent rendre plus engageant un matériau voulu aride. Les effets électroniques réalisés par Stefan Tiedje sont les bienvenus jusqu’à ce que la saturation de l’espace sonore  à la fin de l’œuvre, quand les personnages sont pris de folie, apparaisse comme une solution facile.</p>
<p>Quelques pastiches qui, dans cet univers abstrait, sont un baume pour l’oreille : l’entrée de la bonne sur le rythme de la habanera de <em>Carmen</em>, une allusion à Mahler, la parodie d’air d’opéra italien qui évoque moins Donizetti que Bernstein, tout comme d’ailleurs le « duo d’amour » entre les Martin rappelle <em>West Side Story</em>. Là encore, on espérait plus d’inventivité.</p>
<p>Un traitement des voix qui repose sur l’utilisation des écarts et des extrêmes des registres, sans qu’on parvienne à déterminer s’il s’agit d’une volonté de caricature ou non, avec un recours trop fréquent au langage parlé. Un tel parti-pris ne favorise pas l’hédonisme vocal. Seul le soprano fruité de <strong>Stéphanie Varnerin</strong> – Mrs Martin – émerge du lot. Les passages lyriques sont plutôt réservés à Mary, <strong>Valérie Komar</strong> pleine de bonne volonté (jusqu’à réaliser un strip-tease digne d’un numéro de cabaret) mais un peu raide dans le rôle. L’affichage des surtitres à droite et à gauche de la scène s’avère nécessaire, les interprètes n’étant pas toujours intelligibles, parfois même audibles ce qui ne manque pas de surprendre dans une salle aux dimensions de l’Athénée.</p>
<p> </p>
<p>La mise en scène, de <strong>François Berreur</strong>, un élève de Jean-Luc Lagarce dont le travail sur <em>La cantatrice chauve</em> – la pièce de théâtre – fait aujourd’hui référence, est finalement ce qu’on retient de mieux. Dans un décor design aux seules couleurs noire et blanche, pour se démarquer sans doute des teintes vives qu’utilisait Lagarce, elle joue la carte de la folie ordinaire avec un jeu précis, vivant qui s’accorde au texte et à la musique sans refuser aux personnages leur part d’humanité, et de sensualité ainsi qu’en témoignent les embrassades successives des trois couples de l’histoire. L’horloge, autre élément du décor avec la table basse et le canapé, change de couleur en fonction des ambiances et tourne. « Il est neuf heures » lance Mrs Martin à la fin de l’opéra, en guise d’ultime réplique. Neuf heures dix exactement ; chaque minute compte quand on trouve le temps long.</p>
<p> </p>
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