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	<title>Lotte VERSTAEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Lotte VERSTAEN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>VERDI, Nabucco &#8211; Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-luxembourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 May 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Déjà évoquée dans nos colonnes lors de sa création à Genève  en juin 2023, cette production internationale de Nabucco est visiblement une opération ambitieuse et ayant nécessité de gros budgets. Confié à une metteuse en scène brésilienne déjà célèbre comme cinéaste engagée ou auteure d’installations, le spectacle repose sur un dispositif scénique particulièrement dépouillé, basé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Déjà évoquée dans nos colonnes lors de sa <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-geneve/">création à Genève</a>  en juin 2023, cette production internationale de Nabucco est visiblement une opération ambitieuse et ayant nécessité de gros budgets. Confié à une metteuse en scène brésilienne déjà célèbre comme cinéaste engagée ou auteure d’installations, le spectacle repose sur un dispositif scénique particulièrement dépouillé, basé sur deux énormes miroirs pivotants, l’un reflétant le sol et l’autre la salle, devant lesquels va se dérouler l’intrigue, avec projection de vidéos en surimpression. Ces vidéos reprennent le plus souvent des visages en gros plan, ou des détails de ce qui se passe sous nos yeux, et les vidéastes sont d’ailleurs visibles sur la scène, un peu comme le seraient des reporters de guerre sur le théâtre d’un conflit, mêlés à l’action. Ce sont les souffrances humaines qui sont ici montrées à l’avant-plan, comme conséquences des conflits et de leurs absurdités.</p>
<p>Les lieux ne sont pas définis, c’est le mouvement des personnages et surtout de l’impressionnante masse des chœurs qui crée le spectacle. Visiblement, le propos de la metteuse en scène est clairement d’établir des résonances avec l’époque contemporaine, d’utiliser le livret pour évoquer les conflits d’aujourd’hui et exprimer l’horreur de la guerre où qu’elle naisse. Le chœur est habillé en monsieur et madame tout le monde et quelques choristes sont même répartis dans le public. Le message est clair : bon peuple de Luxembourg, la guerre est aussi votre affaire, qu’elle soit d’Ukraine, de Palestine ou d’Iran, elle vous menace comme Nabucco a menacé Jérusalem, la guerre est universelle, ne dormez pas en paix.</p>
<p>La mise en scène insiste sur la pompe et le grandiose, fait évoluer les principaux intervenants à l’avant-scène sans beaucoup de recherche mais créée grâce à la vidéo des effets de proportion très spectaculaires. Elle provoque l’événement en faisant surgir un véritable lac sur tout l’arrière du plateau, ce qui met les chanteurs en situation peu confortable, les contraignant à s’ébattre en pataugeant comme ils peuvent, voire même à se vautrer dans les flots, et en ressortir trempés jusqu’aux os à la fin de l’acte II. Ils semblent se plier de bonne grâce à cette contrainte, on espère seulement que cette eau est un peu chauffée pour éviter les refroidissements. Un chanteur, c’est fragile…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2023A090_Nabucco_PRE_20230609_GTG-Carole_Parodi_HD-0970-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-213429"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Carole Parodi</sup></figcaption></figure>


<p>Tout cela est évidemment assez spectaculaire, suscite de très belles images, mais est finalement peu porteur de sens en regard des contraintes et des risques imposés à toute la distribution.</p>
<p>Dans la fosse, l’orchestre de la Philharmonie de Luxembourg dirigé par <strong>Gaetano</strong> <strong>Lo</strong> <strong>Coco</strong> donne de l’œuvre une version très fidèle à la tradition, avec des tempi relativement lents, globalement de bonne tenue et pleinement au service des chanteurs.</p>
<p>Le casting de fort belle qualité est constitué de grandes voix puissantes, parmi lesquelles on soulignera tout d’abord celle de <strong>Juan</strong> <strong>Jesús</strong> <strong>Rodriguez</strong> et son interprétation remarquable du rôle-titre, remplaçant quasiment au pied levé Daniel Luis de Vincente qui a dû renoncer pour des raisons médicales. Il livre une magnifique prestation lyrique : tantôt effrayant et tantôt pitoyable, il construit son personnage avec une belle intelligence, faisant passer dans la voix ses différents états émotionnels, ce qui ajoute à la complexité du personnage, parfaitement rendue.</p>
<p><strong>Vittorio</strong> <strong>de</strong> <strong>Campo</strong> (Zaccaria) possède lui aussi une voix impressionnante, avec beaucoup de volume dans le registre grave, mais l’émission est un peu engorgée et la diction laisse souvent à désirer. Il confère à son rôle, outre une détermination infaillible, tout ce qu’il faut de grandeur et de majesté, mais on est loin de comprendre tout le texte.</p>
<p>Vaillant et nuancé, l’Ismaele de <strong>Matteo</strong> <strong>Roma </strong>donne pleine satisfaction mais semble de peu de poids face à la soprano polonaise <strong>Ewa</strong> <strong>Vesin</strong> qui campe avec une maestria et une ardeur remarquables une Abigaille déchaînée. La voix est très puissante, la technique irréprochable, elle domine de bout en bout un rôle qui lui va particulièrement bien, maintenant jusqu’au bout de sa prestation une énergie considérable. La jeune mezzo-soprano belge<strong> Lotte</strong> <strong>Verstaen</strong> se montre très crédible dans le petit rôle de Fenena, de même que <strong>Nika</strong> <strong>Guliashvili</strong> dans celui du grand-prêtre, tous les deux parfaitement bien distribués. Le jeune ténor néerlandais <strong>Hugo</strong> <strong>Kampschreur</strong> (Abdallo) a fort belle allure en scène mais semble encore vocalement un peu vert pour cet emploi.</p>
<p>Il faut également souligner le travail du chœur, une soixantaine de chanteurs qui participent pleinement à la mise en scène, et livrent – à deux reprises – une interprétation impressionnante du <em>Va</em> <em>pensiero</em> tant attendu du public. Une première fois là où le compositeur l’a prévu, chanté à l’avant de la scène immobile face au public, et une seconde fois tout à la fin du spectacle, après le grand air et la mort d’Abigaille et après une sorte d’intermède orchestral complètement inattendu – une composition contemporaine due à Antonino Fogliani qui dirigeait la première du spectacle à Genève, chanté cette fois depuis la salle, entièrement a cappella. On en frissonne encore…</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-luxembourg/">VERDI, Nabucco &#8211; Luxembourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BERG, Wozzeck &#8211; Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/berg-wozzeck-anvers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Jun 2025 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au cœur de Wozzeck, il y a la question de la folie. Et pour cause&#160;: Büchner aurait écrit sa pièce (inachevée) à la suite d’un fait divers dramatique dont l’issue dépendait d’un diagnostic psychiatrique. Comme dans la pièce, un jeune soldat a assassiné sa maîtresse. Plusieurs années plus tard, reconnu responsable de ses actes, il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Au cœur de <em>Wozzeck</em>, il y a la question de la folie. Et pour cause&nbsp;: Büchner aurait écrit sa pièce (inachevée) à la suite d’un fait divers dramatique dont l’issue dépendait d’un diagnostic psychiatrique. Comme dans la pièce, un jeune soldat a assassiné sa maîtresse. Plusieurs années plus tard, reconnu responsable de ses actes, il sera exécuté. Chez Büchner comme chez Berg (qui a lui-même écrit son livret), la question de la santé mentale du personnage principal reste en suspens (la pièce s’achève sur un début de procès dont on ne connaît pas l’issue, tandis que, dans l’opéra, Wozzeck meurt noyé).</p>
<p style="font-weight: 400;">La mise en scène de <strong>Johan Simons</strong> ambitionne de transporter l’action dans l’univers intérieur de Wozzeck. Cerclée de parois blanches, la scène est d’abord le théâtre des tourments du soldat et de ses visions. Des ombres tournent et passent, obsessionnellement, sans but ni autre évocation que le passage inéluctable du temps. Manière de figurer un <em>memento mori</em>. Car si Wozzeck est à bien des égards une victime (victime de l’oppression médicale, victime de l’oppression militaire, victime de l’oppression religieuse, victime de l’oppression capitaliste), il sait que tout tourment a une fin certaine. Un long tuyau d’arrosage jaune pend. D’abord énigmatique – il pourrait s’agir d’une grande corde de pendu, ce qui ne serait pas absurde – cet élément prend son sens quand on comprend qu’il laissera jaillir l’eau meurtrière&nbsp;: d’emblée, la mort était présente en arrière-plan – littéralement. Les sentiments du soldat sont projetés dans cet espace par des lumières franches, souvent criardes – dues à <strong>Friedrich Rom</strong> –, comme si l’esprit du jeune soldat ne s’accommodait d’aucune nuance. Christian, l’enfant illégitime de Wozzeck et Marie, n’a pas d’existence corporelle. C’est une poupée de chiffon noir que Wozzeck maltraite à l’occasion. Existe-t-il&nbsp;ou n’est-il que le signe d’un lien illusoire ? En revanche, d’autres enfants vont et viennent constamment sur le plateau et, donc, dans le monde de Wozzeck. Manière sans doute de rappeler la fragilité du héros et d’expliquer, peut-être, un emportement incontrôlé, voire une cruauté primaire.</p>
<p style="font-weight: 400;">Musicalement, le propos est remarquablement servi par <strong>Alejo Pérez</strong> et l’Orchestre symphonique d’Opera Ballet Vlaanderen. Malgré une partition qui n’offre que très peu de repères de nature tonale, l’approche est analytique et rend l’ensemble parfaitement lisible. À l’intensité somptueuse de certains moments (les deux grands <em>crescendos </em>qui suivent le meurtre de Marie sont une explosion progressive et glaçante) répondent des instants de fragilité extrême, à l’instar de la situation jouée sur scène.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Robin Adams </strong>incarne un Wozzeck tout en nuances. La voix est souple mais, à l’occasion, tranchante. La palette de couleurs semble infinie, si bien que le chanteur passe sans difficulté de la détresse et de la fragilité à la colère incontrôlée et meurtrière, explorant une somme de sentiments contraires qui reflète peut-être la complexité de toute psyché.</p>
<p style="font-weight: 400;">La Marie de <strong>Magdalena Anna Hofmann </strong>touche parfaitement l’ambiguïté du personnage, appuyant davantage son côté «&nbsp;impur&nbsp;», objet des tourments de Wozzeck. La voix est ample et pleine. L’approche est très lyrique pour ce répertoire mais cela fonctionne et permet notamment une conduite claire qui se donne comme évidente dans une partition extrêmement dense.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>James Kryshak </strong>est un capitaine retors à souhait. La voix est très concentrée dans la partie supérieure du masque, ce qui résulte en un son toujours très présent mais qui manque d’ampleur. Comme celui du docteur, le jeu est finement caricatural – à dessein bien sûr. Dans le rôle du docteur, <strong>Martin Winkler</strong> est parfait. La voix est souple et large, profonde mais nette, pas exempte de tension et idéalement projetée.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Samuel Sakker</strong> et <strong>Hugo Kampschreuer </strong>sont respectivement un tambour-major et un Andres efficaces. Le premier met sa voix délicate au service d’une crapule qu’il incarne magnifiquement, tandis que le second donne à l’ami de Wozzeck une vraie place tant scénique que vocale.</p>
<p style="font-weight: 400;">La Margret de <strong>Lotte Verstaen </strong>confère au texte une ampleur singulière. La voix est ronde et la phrasé magnifique. <strong>Reuben Mbonambi</strong> et <strong>Tobias Lusser</strong> sont deux ouvriers présents et investis, tandis que <strong>Jóhann Freyr Odinsson </strong>campe efficacement l’idiot.</p>
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		<item>
		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madame-butterfly-anvers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 08:41:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile d&#8217;imaginer choix scénographiques plus opposés pour deux monuments lyriques que ceux proposés à Liège et Anvers pour cette ouverture de saison : à une Traviata étourdissante de faste et de couleurs en Wallonie répond dans la métropole flamande, une Butterfly toute de subtilité monochrome. Les deux spectacles partagent également le même goût de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Difficile d&rsquo;imaginer choix scénographiques plus opposés pour deux monuments lyriques que ceux proposés à Liège et Anvers pour cette ouverture de saison : à une <em>Traviata</em> étourdissante de faste et de couleurs en Wallonie répond dans la métropole flamande, une <em>Butterfly</em> toute de subtilité monochrome.</p>
<p>Les deux spectacles partagent également le même goût de la mise en abyme. À un théâtre dans le théâtre très réussi mais assez classique en pays wallon, répond ici – plus original et étonnement pertinent – le parcours tragique de la metteuse en scène fictive de l&rsquo;opéra, Maiko Nakamura, originaire de Nagasaki comme Cio-Cio San, expatriée en Europe et refusant soudain de mettre en scène une énième version exotisante de l’œuvre. En quête de son identité, synthétisée dans celle de la maison de ses grands-parents qu&rsquo;elle finit par partir chercher en vain au Japon. Cet échec l&rsquo;amène au suicide avant la première du spectacle.</p>
<p>Sous la houlette fort conceptuelle de <strong>Mariano Pensotti</strong>, nous suivons ainsi les destins parallèles de deux femmes en rupture avec leur milieu. L&rsquo;ostracisme dont est victime Cio-Cio San fait écho au déracinement de Maiko – matérialisé sur scène par deux souches d&rsquo;arbre. Leur aspiration commune à un foyer, si prégnant, se manifeste dans une abstraction de maison, bloc impénétrable, dépourvu de porte ou de fenêtre, d&rsquo;abord recouverte de briques iridescentes évoquant celles d&rsquo;un Othoniel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M5A8769-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-172635"/><figcaption class="wp-element-caption">     <sup>© Annemie Augustijns</sup></figcaption></figure>


<p>Le noir bascule au blanc pour une IRM poétique de panneaux coulissants où s&rsquo;inscrivent les ramures d&rsquo;un arbre imaginaire – celui de ces racines perdues. Ils disparaissent successivement jusqu&rsquo;à laisser apparaître une silhouette fantomatique, négatif de l’héroïne, écho de cette identité aussi souhaitée qu&rsquo;inaccessible. Au dernier acte, c&rsquo;est l&rsquo;ombre inversée de la maison qui écrase inexorablement ces deux destins croisés, vibrant des mêmes aspirations.</p>
<p>Un cerisier aux feuilles funestement noires suspendu aux cintres, à l&rsquo;envers, complète ce dispositif. Ses feuilles mortes seront les fleurs dont l&rsquo;héroïne emplira sa maison pour accueillir le retour de l&rsquo;époux prodigue.</p>
<p>Dépourvu du moindre exotisme, la brillante scénographie de <strong>Mariana Tirantte</strong> sert donc puissamment le propos, tout comme ses remarquables costumes, également noirs et blancs. Résolument contemporains, ils convoquent Yamamoto ou Dries van Noten, ajoutant au sous-texte de l&rsquo;œuvre, notamment avec la sublime chrysalide noire dans laquelle apparaît Madame Butterfly et dont elle se dévêt rituellement en se mariant.</p>
<p>Voilà qui n&rsquo;est pas simple à éclairer, pourtant les lumières subtiles d&rsquo;<strong>Alejandro Le Roux</strong> font merveilles tout comme les vidéos de<strong> Juan Fernandez Gebauer </strong>et<strong> Raina Todoroff</strong>.<br>Si la couleur est absente de la scène, la subtilité des matières, les jeux de textures nourrissent l&rsquo;imaginaire tandis que les chanteurs et l&rsquo;orchestre s&rsquo;acquittent superbement de la mise en couleur du drame.</p>
<p>La direction toute en puissance maîtrisée de <strong>Daniela Candillari</strong> pourrait s&rsquo;offrir plus de nuances <em>piano</em> car elle exige beaucoup des chanteurs. Ceci dit, sous son pinceau très rythmique, les pigments de l&rsquo;<strong>orchestre symphonique de l&rsquo;Opera Ballet Vlaanderen</strong> jouent de l&rsquo;acide et chaud avec brio, et avec un grand sens des tempi.</p>
<p>Sur le plateau, le<strong> chœur de l&rsquo;Opera Ballet Vlaanderen</strong> ainsi que les excellents seconds rôles – au premier rangs desquels <strong>Denzil</strong> <strong>Delaere</strong> en Goro et <strong>Mathilda Sidén Silfver</strong> en Kate Pinkerton –&nbsp;soutiennent parfaitement les interprètes principaux.<br><strong>Vincenzo Neri</strong> donne à Sharpless une épaisseur singulière, tant son engagement scénique est juste, tant le velours sombre de son timbre sait se nuancer d&rsquo;humanité et de désarroi.<br>Il est bien malgré lui impliqué dans les projets égoïstes de Pinkerton auquel <strong>Ovidiu Purcel</strong> insuffle une belle énergie et une voix au métal certes flamboyant mais un peu dur – voire nasal –&nbsp;ce qui lui nuit.</p>
<p><strong>Lotte Verstaen</strong>, image vibrante de la compassion offre à Suzuki sa voix large au focus incisif, qui sait s&rsquo;aquareller d&rsquo;accents touchants.<br>Il faut dire que <strong>Celine Byrne</strong> incarne Cio-Cio-San avec une simplicité, une sincérité qui forcent l&rsquo;admiration. Elle est admirablement crédible en adolescente amoureuse comme en femme faite, digne dans l&rsquo;abandon. Son soprano ductile, fluide, jamais forcé ni appuyé – en dépit d&rsquo;un orchestre parfois trop présent –, jouit d&rsquo;une émission d&rsquo;un merveilleux naturel.<br>Même dans les airs les plus célèbres comme «&nbsp;Un bel di vedremo&nbsp;», elle s&rsquo;abstient du moindre effet séducteur à l&rsquo;exemple de sa présence grave, lumineuse et obstinée.</p>
<p>Une production à découvrir jusqu&rsquo;au 24 septembre à Anvers puis à Gand entre les 4 et 16 octobre.</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Die Walküre &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-die-walkyre-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jan 2024 07:59:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bon public, les spectateurs du théâtre royal de La Monnaie, après s’être ici et là interrogés du regard, se disent qu’une ovation debout, après tout, ne ferait pas tâche et c’est donc en standing que les protagonistes de cette première de Die Walküre sont accueillis au baisser de rideau avec un enthousiasme non feint. Dont &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Bon public, les spectateurs du théâtre royal de La Monnaie, après s’être ici et là interrogés du regard, se disent qu’une ovation debout, après tout, ne ferait pas tâche et c’est donc en <em>standing</em> que les protagonistes de cette première de <em>Die Walküre</em> sont accueillis au baisser de rideau avec un enthousiasme non feint. Dont acte. Même <strong>Roméo Castellucci</strong> s’est risqué sur la scène et a recueilli des hourras, ce qui n’était pas gagné d’avance. La Monnaie propose son premier Ring depuis trente ans. Sur deux saisons : en 2024-25 viendront <em>Siegfried</em> et <em>Götterdämmerung </em>et en octobre dernier, nous avons eu droit à <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-bruxelles/">Rheingold</a></em>. Si ce deuxième opus de la Tétralogie est dans l’ensemble moins abouti que le premier, c’est au plateau vocal qu’on le doit. Davantage qu’à une mise en scène certes parfois perturbante, mais toujours aussi intelligente, foisonnante et réellement vecteur de sens. Un peu comme nous le ressentions déjà pour <em>Rheingold</em>, nous nous disons en quittant la salle qu’il faudrait revoir une fois au moins la production pour en goûter, parfois aussi pour en comprendre toutes les intentions. Et un peu comme nous nous le disions déjà pour <em>Rheingold</em>, nous avons hâte de connaître la suite, hâte de voir jusqu’où Castellucci va tirer la pelote. Ses productions sont reconnaissables entre toutes ; il y a de l’épure et du symbole, il y a le besoin de montrer le corps dans sa vérité (ici les malheureux héros du Walhalla dont les cadavres s&rsquo;accumulent), fût-elle synonyme de nudité. Il y a aussi l’incontournable touche de spectaculaire, le besoin de montrer, de flamber. Une touche qui pourrait, il ne faudrait pourtant pas, occulter la vision d’ensemble. Ce que Castellucci met en avant ici, c’est l’animalité des protagonistes de cette terrible et sordide histoire de famille. Sur scène seront visibles un chien, une douzaine de colombes, et une huitaine de somptueux chevaux à robe noire, ceux-ci étant présents pratiquement cinquante minutes au III, sans autre interférence avec la salle que ce fumet reconnaissable entre tous parvenant à nos narines. Rien de tout cela n’est gratuit. Les chevaux d’abord. Ils sont l’attraction du spectacle, Castellucci a beaucoup dit à leur propos. Pour lui, les Walkyries sont à mi-chemin entre des êtres divins et des animaux. Les Walkyries sont des animaux en devenir. Le cri de cheval est comme une réponse au « Hoïotoho ! » par lequel débute le troisième acte. Ce n’est pas sans importance que les Walkyries se présentent avec un chant-cri dont les mots n’appartiennent pas au langage humain, des mots dépouillés de signification. Tout le temps que les huit sœurs de Brünnhilde seront sur scène, les chevaux les accompagneront. Les colombes maintenant : blanches comme neige, blanches comme Fricka, vêtue comme une mariée, blanches comme les suivantes de Fricka, ses clones. Ces défenseuses de la grande vertu, du mariage, des liens du sang et des principes, inattaquables bien sûr. Sauf qu’au fur et à mesure que le discours de l’épouse de Wotan se durcit, au fur et à mesure que croît son emprise sur son mari, Fricka se transforme. Fricka, selon Castellucci, s’érige en rempart de la tradition, en représentante suprême de ce « malaise de la civilisation ». Et les colombes qui (formidablement bien dressées) se posaient au début sur sa main, sont à la fin capturées, étranglées et trucidées par la main de fer de Fricka. Wotan assiste à tout cela et n’en peut mais. Le chien enfin. Il apparaît au tout début du I. Un immense chien noir, mystérieux et menaçant qui renifle partout, le chien de Hunding donc, ne rappelle-t-il pas son maître qui avale sa soupe comme un chien laperait son écuelle et en recracherait la moitié ; de fait, quand, à la fin du II, Wotan expédie Hunding aux enfers d’une pichenette, on voit le fameux chien, pendu, montant dans les cintres, tandis que le rideau tombe. La volonté de sobriété, de simplification, voire d’épure, autre caractéristique des mises en scène de Castellucci, peut circonvenir le spectateur. Il n’y a pas de maison de Hunding, pas de frêne, Nothung est fichée dans le corps de … Sieglinde. En revanche, de très belles réussites esthétiques comme ces cadavres amoncelés au Walhalla qui donnent lieu à une figuration de la Pietà de Michel Ange ou ce cercle de feu qui conclut l’ouvrage en lui donnant un double sens : c’est non seulement le cercle de feu allumé par Loge autour du corps endormi de Brünnhilde mais aussi une reprise de cet anneau doré symbole de l’or du Rhin, vu dans <em>Rheingold</em>. Deux des protagonistes présents à l’automne sont à nouveau à l’affiche. <strong>Gábor Bretz</strong> est un Wotan presque aussi juvénile que celui du premier volet. Il est toujours présenté comme un être faible, voire l’idiot du village au sens propre du terme (au II, il est entouré de cinq porteurs de drapeaux marqués des lettres qui forment « idiot »). Nous retrouvons les mêmes qualités vocales ; une gamme entièrement habitée, de haut en bas, une belle présence et un jeu engagé. Nous avons énormément gouté son monologue du II, avec un <em>mezzo voce</em> qui captive l’auditeur. Alors nous attendions forcément beaucoup du duo final avec Brünnhilde. Pour sa part, Bretz nous a semblé fatigué, pour ne pas dire épuisé par le poids d’un rôle titanesque et l’effusion qui provenait de la partenaire n’a pas reçu l’écho souhaité. Autre très belle retrouvaille : <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> en Fricka. Nous nous interrogions à l’époque sur sa capacité à entrer pleinement dans un rôle ingrat et pour tout dire vexatoire. Saurait-elle jouer la méchante, pour le dire autrement ? La réponse est claire. Lemieux convainc par l’ardeur de son engagement, l’ampleur de l’énergie qu’elle déploie, des tréfonds de la gamme jusqu’à ses sommets et la vivacité de ses attaques. Lemieux wagnérienne ? Et pourquoi pas ?</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/das_walkuere_rc_138-Gabor-Bretz_Marie-Nicole-Lemieux-©-Monika-Rittershaus-1294x600.jpg" alt="" width="707" height="328" />
© Monika Rittershaus</pre>
<p>Le rôle-titre est tenu par <strong>Ingela Brimberg</strong> : la Suédoise est une Brünnhilde qui nous emporte et fait preuve d’une endurance sans faille et qui, notamment dans le final, porte véritablement son partenaire. Très belle projection, sens de la nuance, tout ou presque y est. Il faut saluer également les huit sœurs de Brünnhilde. Pas sûr toutefois que les spectateurs aient été très attentifs à leur prestation au début du III, tant la présence des huit chevaux, et leur ballet, captivait l’attention.<br />
<strong>Ante Jerkunica</strong> est un excellent Hundig, au grave fort et menaçant à souhait.<br />
Déception en revanche pour le couple de jumeaux. Ni la Sieglinde de <strong>Nadja Stefanoff</strong> et encore moins le Siegmund de <strong>Peter Wedd</strong>, n’auront su rivaliser avec le reste de la distribution. Sur un vaste plateau comme celui de La Monnaie, leurs voix n’avaient pas la force de surmonter l’obstacle de l’orchestre. Plusieurs fois, on les retrouve en difficulté, surtout dans leur acte, le premier. Nadja Stefanoff était plus en confiance dans le III.<br />
<strong>Alain Altinoglu</strong>, décidément très populaire en ses terres, livre une magnifique partition où l’intelligence rivalise avec le sens dramatique. Il met en avant l’orchestre dans les différents préludes et <em>Zwischenspiele</em>, nous gratifie par exemple d’un prélude du I d’une frénésie enivrante. Il sait aussi retenir la machine quand le plateau est en difficulté et, au contraire, libérer les chevaux quand nécessaire. Du grand art.</p>
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		<title>STRAUSS, Fledermaus &#8211; Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-fledermaus-gand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A Gand, même pour une représentation en matinée, le public porte beau ; bijoux, robes chatoyantes et nœuds papillon concourent à faire de cette Fledermaus une préfiguration d&#8217;un réveillon réussi puisque c&#8217;est un public debout qui acclame les artistes à l&#8217;issue de la séance. Sur scène, l&#8217;orchestre pléthorique d&#8217;une soixantaine de musiciens trône en majesté. Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A Gand, même pour une représentation en matinée, le public porte beau ; bijoux, robes chatoyantes et nœuds papillon concourent à faire de cette <em>Fledermaus</em> une préfiguration d&rsquo;un réveillon réussi puisque c&rsquo;est un public debout qui acclame les artistes à l&rsquo;issue de la séance.</p>
<p>Sur scène, l&rsquo;orchestre pléthorique d&rsquo;une soixantaine de musiciens trône en majesté. Il offre un son chaud, généreux. Les nuances enrichissent l&rsquo;expressivité des valses tout comme la netteté des attaques . Tout cela est éminemment musical mais également très théâtral du fait de la personnalité singulière du chef, <strong>Alexander Joel</strong>.<br />
Ce dernier cabotine avec décontraction, se contente parfois d&rsquo;écouter, adossé à son pupitre, jambes négligemment croisées ou se penche vers l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des musiciens pour lui donner son entrée d&rsquo;un regard engageant. Lorsqu&rsquo;il se saisit de sa baguette c&rsquo;est pour des moments où jubilent la musique et la danse.<br />
Parfaitement confiant dans le <strong>Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen</strong>, une phalange qu&rsquo;il connaît bien, il s&rsquo;amuse donc visiblement et interagit même à plusieurs reprises avec les chanteurs, claquant la bise à l&rsquo;un, gratifiant Adèle d&rsquo;une mouchoir pour sécher ses larmes de crocodile pour la plus grande joie du public.</p>
<p>Il faut dire que cette distanciation avec le sujet est au cœur du travail du metteur en scène <strong>Tom</strong> <strong>Goossens</strong>. Connu ici pour ses adaptations en néerlandais du <em>Barbier de Séville</em> de Rossini ou encore de la trilogie Da Ponte de Mozart, nous avions découvert son travail travers ce printemps avec les <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-gand/"><em>Nozze </em></a>avant de le retrouver l&rsquo;été dernier à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-rigoletto-ou-le-roi-samuse-saint-cere/">Saint-Céré</a> dans une manifestation extrême de son goût pour le patchwork avec une version au confluent de la musique et de la littérature du <em>Rigoletto</em> de Verdi et du <em>Roi s’amuse</em> de Victor Hugo.</p>
<p>Comme Jean Lacornerie à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-chauve-souris-rennes-sortir-du-cadre/">Rennes </a>dans une version à applaudir début 2024 ou Guy Joosten au théâtre de la Monnaie en 2012, Tom Goossens allège les dialogues en les confiant à <strong>Tania Van der</strong> <strong>Sanden</strong>, Madame Loyale hilarante, qui actualise naturellement le propos – en flamand – de clins d’œil modernes ou politiques, souligne l&rsquo;absurdité de l&rsquo;histoire ou coupe les passages fastidieux.</p>
<pre class="components-resizable-box__container has-show-handle"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/die-fledermaus-totaal.01_51_22_14.Still012-1024x576.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est die-fledermaus-totaal.01_51_22_14.Still012-1024x576.jpg." /></pre>
<pre style="text-align: center;">Die Fledermaus © Opera Ballet Vlaanderen</pre>
<p>Bien qu&rsquo;il cantonne sa mise en espace au proscenium et réduise la scénographie à une porte, une lampe et quelques accessoires, le metteur en scène propose un déroulé aussi drôle que vivant, sans temps mort qui ne trouve sa limite qu&rsquo;au second acte où les chanteurs sont un peu trop souvent en rang d&rsquo;oignon, sans doute par manque de temps de répétition. Le chœur de l&rsquo;opéra, cantonné au fond scène mais très impliqué vocalement, ne participe à la fête que de loin.</p>
<p>Les chanteurs s&#8217;emparent du concept avec un bel engagement scénique tout en faisant montre d&rsquo;une fine compréhension du répertoire. Les dictions sont excellentes, les ensembles fonctionnent parfaitement, en particulier l&rsquo;excellent « Brüderlein ».</p>
<p>L&rsquo;Eisenstein de <strong>Christoph Strehl</strong> est très convainquant bien qu&rsquo;il peine trop souvent à passer l&rsquo;orchestre pourtant installé derrière lui. Le duo avec son épouse « Dieser Anstand, so manierlich » est l&rsquo;occasion de profiter d&rsquo;un timbre tout en douceur et en moelleux pour un très beau moment musical.</p>
<p>Le trio féminin est plein d&rsquo;allant, chacune dans son style. Toutes trois sont très expressives. Elles ne sont dupes de rien, multipliant les regards entendus qui contredisent leurs propos et mâtine d&rsquo;ironie cette intrigue abracadabrante.<br />
La Rosalinde de <strong>Caterina Marchesini</strong> profite d&rsquo;une voix large, bien maîtrisée, aux médiums amples, aux graves bien campés et d&rsquo;un magnifique sens des nuances qui font de la Csárdás « Klänge der Heimat » un vrai régal.</p>
<p><strong>Maria Chabounia</strong>, pour sa part est une Adèle pimpante à la voix agile qui se marie délicieusement avec celle de sa maîtresse dans le duettino « Ach, ich darf nicht hin zu dir ». Le legato est particulièrement séduisant dans « Mein Herr Marquis » qui pourrait être plus jubilatoire dans la coda mais prouve sa remarquable intelligence scénique puisque chaque vocalise explicite un sentiment ou une opinion. Narrative, aucune n&rsquo;est jamais gratuite. C&rsquo;est également le cas dans l&rsquo;excellent « Spiel&rsquo; ich die Unschuld vom Lande ».</p>
<p>« Ich lade gern mir Gäste ein » chante quant à elle <strong>Lotte Verstaen</strong> en Prince Orlovsky de sa belle voix au focus précis aux graves bien projetés.</p>
<p>Chez les messieurs, la longue silhouette dégingandée de <strong>Wolfgang Stefan Schwaiger</strong> apporte un charme particulier à son Dr. Falke au texte d&rsquo;une parfaite intelligibilité, à la voix bien verticale.</p>
<p><strong>David Kerber</strong> en Alfred a un timbre rond et bien projeté qui ajoute au charme de son « Trinke, Liebchen, trinke schnell » tandis que Franck, directeur de la prison, trouve en <strong>Kris Belligh</strong> un interprète de haut vol, excellent comédien, qui permet de savourer plusieurs scènes désopilantes : au début du troisième acte, dans scène d&rsquo;ivrognerie parmi les musiciens où il se soulage dans un trombone ou au second acte lors d&rsquo;un surréaliste échange en français avec Eisentein – alors que manifestement aucun ne parle la langue – chacun se contentant d&rsquo;accumuler phrases toutes faites et citations de chansons anachroniques dans un ping-pong d&rsquo;une totale loufoquerie.</p>
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		<title>Concours Voix Nouvelles 2023 : le palmarès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/concours-voix-nouvelles-2023-le-palmares/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Oct 2023 19:28:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1er prix (10 000€) : Lauranne OLIVA, France 2e prix (7 000€) : Leo VERMOT-DESROCHES, France 3e prix (4 000€) : Juliette MEY, France 4e lauréat : Héloïse POULET, France 5e lauréat : Lotte VERSTAEN, Belgique 6e lauréat : Emy GAZEILLES, France Prix des Opéras Suisses : Lauranne OLIVA, France Prix du public : Livia &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>1er prix (10 000€) : Lauranne OLIVA, France<br />
2e prix (7 000€) : Leo VERMOT-DESROCHES, France<br />
3e prix (4 000€) : Juliette MEY, France<br />
4e lauréat : Héloïse POULET, France<br />
5e lauréat : Lotte VERSTAEN, Belgique<br />
6e lauréat : Emy GAZEILLES, France</p>
<p>Prix des Opéras Suisses : Lauranne OLIVA, France<br />
Prix du public : Livia LOUIS-JOSEPH-DOGUÉ, France</p>
<p>La finale du Concours sera retransmise sur France Musique le 29 décembre 2023 à 20h.</p>
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		<title>Concours voix nouvelles 2023 : les dix finalistes sont…</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/concours-voix-nouvelles-2023-les-dix-finalistes-sont/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jul 2023 06:13:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’issue de la demi-finale des 28 et 29 juin à l’Opéra de Massy, les dix candidats sélectionnés pour la finale nationale le dimanche 8 octobre à l’Opéra Comique sont&#160;: COPPENS Linsey – mezzo-soprano, Belgique DUFY Lila – soprano, France GAZEILLES Emy – soprano, France LOUIS-JOSEPH-DOGUÉ Livia – soprano, France Outre-mer MEY Juliette – mezzo-soprano, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A l’issue de la demi-finale des 28 et 29 juin à l’Opéra de Massy, les dix candidats sélectionnés pour la finale nationale le dimanche 8 octobre à l’Opéra Comique sont&nbsp;:</p>
<p>COPPENS Linsey – mezzo-soprano, Belgique<br />
DUFY Lila – soprano, France<br />
GAZEILLES Emy – soprano, France<br />
LOUIS-JOSEPH-DOGUÉ Livia – soprano, France Outre-mer<br />
MEY Juliette – mezzo-soprano, France<br />
OLIVA Lauranne – soprano, France<br />
POULET Héloïse – soprano, France<br />
THILL Valentin – ténor, France<br />
VERMOT-DESROCHES Léo – ténor France<br />
VERSTAEN Lotte – mezzo-soprano, Belgique</p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/candide-liege-limportant-cest-davoir-la-saucisse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Nov 2019 09:13:41 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/l-important-c-est-d-avoir-la-saucisse/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Depuis que Leonard Bernstein en a enregistré une mémorable version, également disponible en DVD, Candide est parvenu à se frayer un chemin dans les maisons d’opéra de la planète, et il n’est désormais plus si rare que cette œuvre soit programmée pour les fêtes de fin d’année, comme elle l’avait notamment été à Nancy en &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis que Leonard Bernstein en a enregistré une mémorable version, également disponible en DVD, <i>Candide</i> est parvenu à se frayer un chemin dans les maisons d’opéra de la planète, et il n’est désormais plus si rare que cette œuvre soit programmée pour les fêtes de fin d’année, comme elle l’avait notamment été à Nancy en 2013. En effet, tant par son côté « hommage à l’opérette européenne » que par son ironie ravageuse, l’œuvre est de celles qui mettent les spectateurs en joie, malgré le côté forcément doux-amer de la conclusion.</p>
<p>A Liège, alors que les vitrines des confiseurs s’emplissent de saint Nicolas en chocolat, flotte déjà un avant-goût de Noël, et c’est pour un seul soir, hélas, que <i>Candide </i>est à l’affiche, sous la forme d’un concert mis en espace. Aucun regret à avoir, cependant, tant cette soirée fait mouche par le brio avec lequel elle est menée. Pour cette coproduction, créée fin juin à Flagey, reprise en Wallonie en octobre, et qu’on pourra voir fin novembre à Charleroi, <b>Patrick Leterme</b> cumule deux casquettes : celle de directeur artistique et celle de chef d’orchestre. Son expérience de la comédie musicale lui permet de proposer un dosage idéal d’effets comiques, avec des chanteurs et un chœur qui sont ici aussi acteurs qu’ils devraient l’être dans une vraie production scénique. Un accessoire récurrent : la saucisse, à la fois symbole de la Westphalie et de la philosophie panglossienne. Les bouts tournés vers le bas, la saucisse est une moue face aux maux de ce monde, mais le maître ès-optimisme nous enseigne qu’elle se retourne en sourire, en banane pourrait-on dire (les extrémités tournées vers le haut) si l’on admet que nous vivons dans le meilleur des mondes possibles. La saucisse reviendra plus loin, plus charnellement associée à Pangloss lorsque celui-ci explique comment il a contracté la syphilis, puis sous la forme de chapelets ou de boucles d’oreille. Bien d’autres gags émaillent la soirée, chaque protagoniste se voyant doté d’une véritable personnalité. Le texte parlé est en anglais, mais il inclut aussi quelques ajouts et clins d’œil à l’actualité, notamment en français, sans oublier certains jeux de mots uniquement visibles dans les surtitres, puisque pour « Glitter and Be Gay », le texte projeté fait dire à Cunégonde « C’est Lacroix que je porte », telle une <i>fashion victim</i> sortie d’<i>Absolutely Fabulous. </i></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/candide_-_c_opera_royal_de_wallonie_-_liege-012.jpg?itok=NzI2Mp9-" width="468" /><br />
	© Opéra Royal de Wallonie &#8211; Liège</p>
<p>Avec sa quarantaine d’instrumentistes, le Candide Symphonic Orchestra paraît d’abord un peu léger dans l’Ouverture. Devenu un tube et donc interprété par des formations plus copieuses, ce morceau semble ici moins opulent, moins tonitruant que l’on a pris l’habitude de l’entendre, mais lors de la création de l’œuvre à Broadway, ce n’était évidemment pas un orchestre philharmonique qui se trouvait en fosse. D’ailleurs, cette première impression se dissipe très vite. Composé de jeunes chanteurs, le Candide Symphonic Choir brille par son investissement dramatique et sa participation aux effets comiques. C’est de ses rangs que sortent les interprètes de quelques petits rôles et notamment de Paquette, confié à la pulpeuse <b>Lotte Verstaen</b>.</p>
<p>En gouverneur de Buenos Aires au nom aussi long que sa moustache, <b>Leandro Lopez Garcia </b>représente fort dignement la génération des anciens, par opposition à celle de Candide et de Cunégonde, et montre une belle solidité dans l’aigu. Dans le rôle de la Vieille, <b>Pati Helen-Kent</b> réussit à éviter l’écueil de la vulgarité et ne donne à aucun moment l’impression de devoir forcer ses moyens pour s’imposer dans les superbes pages que Bernstein réserve au personnage. Même si le personnage de Maximilian n’est pas le plus gâté, <b>Samuel Namotte</b> semble quand même un peu en retrait, au risque de déséquilibrer le quatuor initial, où il se fait moins entendre que ses partenaires ; sans doute s&rsquo;agit-il d&rsquo;un problème de réglage des micros, tous les chanteurs étant sonorisés.</p>
<p>Cantonné par la partition au registre élégiaque et doux, et privé de ce second degré que tous les autres peuvent pratiquer autour de lui, <b>Thomas Blondelle</b> campe un fort beau Candide romantique et rêveur. <b>Sarah Defrise</b> est une Cunégonde moins légère et plus active que d’ordinaire, avec un timbre sans doute moins lisse et moins cristallin que bien des coloratures ayant abordé le rôle, mais cela n’en confère que plus de relief à son personnage, déjà fort bien dessiné par son formidable talent d’actrice. Avec <b>Shadi Torbey</b> enfin, on se réjouit d’entendre en Pangloss non pas un acteur qui chante (ou parle) mais une authentique voix de basse et un savoureux récitant aussi à l’aise en anglais qu’en français.</p>
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