<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>David WITZCAK - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/witzcak-david/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/witzcak-david/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 03 Jul 2026 11:40:20 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.2</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>David WITZCAK - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/witzcak-david/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>LULLY, Proserpine</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-proserpine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 03:55:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=cd-dvd-livre&#038;p=216212</guid>

					<description><![CDATA[<p>Créée au mitan de la carrière de Lully (sept opéras la précèdent, six la suivront), Proserpine fut l’une de ses œuvres scéniques les moins souvent reprises et reste l’une de ses moins fréquentées. C’est sans doute le livret de Quinault qu’il faut en rendre responsable : d’abord intitulé L’Enlèvement de Proserpine, le sujet, propice aux tableaux &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-proserpine/"> <span class="screen-reader-text">LULLY, Proserpine</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-proserpine/">LULLY, Proserpine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée au mitan de la carrière de Lully (sept opéras la précèdent, six la suivront), <em>Proserpine</em> fut l’une de ses œuvres scéniques les moins souvent reprises et reste l’une de ses moins fréquentées. C’est sans doute le livret de Quinault qu’il faut en rendre responsable : d’abord intitulé <em>L’Enlèvement de Proserpine</em>, le sujet, propice aux tableaux spectaculaires (éruption volcanique, incendie, char volant, voyage aux enfers, métamorphoses) relève davantage de la pièce à machines que de la tragédie.</p>
<p>Écarté pendant deux ans à l’instigation de la marquise de Montespan (qui s’était reconnue dans la jalouse Junon d’<em>Isis</em>), Quinault, en reprenant sa collaboration avec le musicien, semble vouloir flatter la nouvelle favorite, Madame de Maintenon, en la peignant sous les traits (ambigus) de Cérès : c’est bien cette dernière qui tient ici la partie principale, tandis que le rôle-titre, celui de sa fille, chantant à peine au premier acte et pas du tout aux actes trois et cinq, se voit longtemps supplanté par un couple secondaire (Aréthuse/Alphée) aux badinages envahissants.</p>
<p>Si ces hésitations dramatiques rendent le début du drame poussif, la musique, elle, reste d’un haut niveau, Lully veillant à brosser d’envoûtants et complexes divertissements, qui font la part belle au chœur comme à l’orchestre, et à multiplier les « airs », d’un lyrisme assez italien.</p>
<p>Après avoir ressuscité l’ouvrage à Versailles, Hervé Niquet le gravait chez Glossa en 2007, y pratiquant une demi-douzaine de microcoupures. <strong>Christophe Rousset</strong> (sur le point d’achever son parcours des opéras de Lully) en donne ici l’intégralité, dans un enregistrement réalisé peu avant le concert du Festival de Beaune, en juillet dernier.<br />
La confrontation entre les deux chefs ne ménage guère de surprises : plus allante, plus contrastée et plus souple (écoutez le second mouvement de l’ouverture), la lecture de Niquet s’avère aussi moins précise, plus bousculée et moins respectueuse (utilisation de doublures aux flûtes) que celle de Rousset. Ce dernier, inhibé par le studio, déçoit dans les récitatifs, par la faute d’un continuo trop janséniste (Niquet laissait plus de licence expressive aux basses d’archet) et d’une battue carrée. Les pages orchestrales sont, elles, ravissantes : langoureux ballet des fleurs de l’acte II, enchanteur début de l’acte IV.</p>
<p>Rousset a surtout pour lui une distribution féminine superlative. Si <strong>Véronique Gens</strong> nous avait paru un peu fatiguée lors de son dernier album solo (« Reines », Alpha), elle a retrouvé, dans le « rôle à baguette » plutôt grave de Cérès, une totale égalité des registres, la glorieuse franchise de son élocution, la beauté matte de son timbre et cette autorité si nécessaire à l’exigeant acte III. <strong>Marie Lys</strong> débute de façon discrète : les airs champêtres du deuxième acte réclameraient peut-être une voix plus légère ; mais l’impétueuse soprano, familière des héroïnes haendéliennes, retrouve son incandescence à l’acte IV, dans son monologue comme, surtout, dans ses confrontations avec Ascalaphe et Pluton. Enfin, la voluptueuse <strong>Ambroisine Bré</strong> nous enchante de sa diction gourmande et de ses couleurs profondes de mezzo : son air « Vaine fierté, faible rigueur » est l’un des grands moments du disque.</p>
<p>Les messieurs, hélas, séduisent moins. Les deux ténors (<strong>Laurence Kilsby</strong>, <strong>Nick Pritchard</strong>) font valoir cette aisance dans le registre mixte qui caractérise les voix anglaises mais manquent de personnalité. Défaut plus gênant encore chez <strong>Olivier Gourdy</strong>, qui doit se confronter à la concurrence de Joao Fernandes, formidable Pluton de Niquet. Quant à <strong>Olivier Cesarini</strong>, il peine audiblement dans une tessiture trop grave pour lui. Les petits rôles sont en revanche excellents (mention spéciale à la radieuse nymphe d’<strong>Apolline Raï-Westphal</strong>, qui perd la voix dans une scène assez comique), ainsi que le toujours transparent <strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, très sollicité ici.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lully-proserpine/">LULLY, Proserpine</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MARAIS, Ariane et Bacchus — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ariane-et-bacchus-paris-declats-en-raffinement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Apr 2022 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/d-clats-en-raffinement/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Il y a des œuvres qui s’égarent dans les couloirs du temps et se trouvent effacée de la postérité sans que l’on sache vraiment pourquoi. Tel est le cas d’Ariane et Bacchus de Marin Marais qu’Hervé Niquet qualifie de « comédie musicale à la française ». Comment Marais, instrumentiste et maitre de la musique de chambre, a-t-il composé &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/ariane-et-bacchus-paris-declats-en-raffinement/"> <span class="screen-reader-text">MARAIS, Ariane et Bacchus — Paris</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ariane-et-bacchus-paris-declats-en-raffinement/">MARAIS, Ariane et Bacchus — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a des œuvres qui s’égarent dans les couloirs du temps et se trouvent effacée de la postérité sans que l’on sache vraiment pourquoi. Tel est le cas d’<em>Ariane et Bacchus</em> de Marin Marais qu’<strong>Hervé Niquet</strong> qualifie de « comédie musicale à la française »<em>. </em>Comment Marais, instrumentiste et maitre de la musique de chambre, a-t-il composé cet opéra? D’abord par un sens aigu de la tragédie lyrique et ensuite par envie de composer une œuvre plus ambitieuse mais sur le mode chambriste, en faisant naître un tissu orchestral ciselé pour chaque instrument. Livret riche en personnages et en situations contrastés, partition dense et dramatique regorgeant de beautés, cette œuvre est incontestablement une pièce notable de la musique du 17<sup>e</sup> siècle et dont on doit la renaissance, à l’instar d’<em>Armide 1778</em>, au Centre de  Musique Baroque de Versailles sous l’égide de Benoît Dratwicki. Un enregistrement fera d’ailleurs suite à la représentation de ce soir en version concertante au TCE.</p>
<p>L’intérêt de cette ressurection est donc celui de la découverte d’une œuvre portée par un chef habité et une interprétation aguerrie dans ce répertoire : <strong>Judith van Wanroij, Veronique Gens, </strong>et <strong>Mathias Vidal</strong>, respectivement Ariane, Junon et Bacchus, entourés, comme dans tous les drames lyrique du 17e siècle, par une pléthore de solistes qui impulsent la mécanique théâtrale de ces péripéties mythologiques. La trame de l’histoire respecte les codes de l’époque, offrant de belles scènes tragiques, mais le spectateur peut être facilement désarçonné par la multitude des personnages, un foisonnement qui ne permet pas vraiment de caractériser les emplois de second plan. A cet égard, une version scénique se prêterait mieux qu’une représentation concertante pour donner corps à cette galerie de figures diverses. Sur le plan musical, l’œuvre brille de mille éclats, porté par la mélodie, l’harmonie, et une orchestration dédiée à chaque instrument et non à l&rsquo;orchestre dans son ensemble. Ici la musique prend le pas sur le théâtre, et à cet égard, cette œuvre trouve dès lors en version concertante un écrin idéal. La qualité prosodique  et l’expressivité des grands récitatifs accompagnés, notamment ceux d’Ariane et de Dircée, sont remarquables.</p>
<p>Au plus près des chanteurs et du chef, on mesure l&rsquo;intensité de la prestation des artistes, qui se jettent tout entier dans une texture musicale et vocale inédite. Comme à son habitude, Hervé Niquet se lance avec un enthousiasme communicatif dans cette mission de redécouverte avec son ensemble du Concert Spirituel, d&rsquo;une cohérence et précision à toute épreuve, répondant à la moindre des sollicitations du chef, tant dans les éclats allègres de la partition que dans les raffinements les plus subtils de celle-ci. On atteint après l&rsquo;entracte une plénitude dans l’acte IV et V très riches au plan harmonique. Chaque intervention du Chœur du Concert Spirituel et des Chantres du Centre de la Musique Baroque de Versailles est un ravissement et place, tout comme l’orchestre, la barre très haut, à la hauteur de laquelle doivent se hisser sans cesse les solistes. Dans un ouvrage qui brille par sa finesse, le chef tire le meilleur de sa formation dans les parties les plus enlevées tout en s’attachant aux moindre motifs sublimant la subtilité de l&rsquo;écriture musicale laquelle est parfaitement servie par les chanteurs ici réunis. </p>
<p>Pour les besoins d’une telle résurrection, la distribution est en effet de qualité et surtout d’un équilibre idéal. Elle offre une belle homogénéité à l’ensemble du travail accompli avec enthousiasme et envie. On soulignera d&#8217;emblée la remarquable diction de l&rsquo;ensemble des chanteurs, portant les mots du livret de Saint-Jean avec clarté et élégance. Dans une somptueuse robe rouge <strong>Véronique Gens</strong> joue les <em>guest</em> de luxe dans le rôle éclair de Junon, et tire à merveille partie d’un noble phrasé. Si le chant de <strong>Judith van Wanroij </strong>se veut aussi d’une belle finesse avec ce timbre léger, naturellement lumineux, la voix ne brille pas par sa puissance, et il lui manque la vaillance et l’aisance dans la projection. Mais on ne perd absolument rien des mots qu’elle distille grâce à une diction parfaite, ce qui mérite d’autant plus d’être souligné qu’elle est néerlandaise. <strong>Marie</strong> <strong>Perbost,</strong> au phrasé impeccable, offre une incarnation très convaincante dans les rôles de La Gloire et Corcine et on est d’emblée séduit par la sensualité de son chant exprimé avec naturel et élégance. La jeune soprano se fait ici tragédienne au chant subtilement stylé. <strong>Hélène Carpentier</strong> est un soprano gracieux mais elle ne rend pas toujours compréhensible ce qu’elle chante. Une fréquentation soutenue du répertoire français l’aidera sans doute à gagner en assurance et en clarté. Côté voix masculines, Bacchus est incarné par une figure bien connue du répertoire baroque, <strong>Mathias Vidal</strong>. Autant comédien que chanteur, il s’empare du rôle avec une belle présence et une voix au timbre épanoui dans un spectre étendue de couleurs et de nuances. Le ténor donne ici une leçon de chant notamment dans son somptueux duo avec Judith van Wanroij, « Que de si belles flammes ne finissent jamais ». Tout autant à l’aise en Jupiter qu’en Géralde, <strong>Matthieu</strong> <strong>Lécroart</strong> est irrésistible d’autorité, avec une voix à l’aigu bien assuré et un texte parlé remarquablement expressif. <strong>David</strong> <strong>Witzcak</strong> donne une noble parure vocale à  Adraste et  semble se fondre avec bonheur dans ce répertoire.  Plus en retrait dans l’action, mais néanmoins d’une belle présence vocale, le solide  baryton <strong>Tomislav Lavoie</strong>  aux belles couleurs, à la déclamation assurée conférant noblesse et prestance à sa double incarnation du Roi et du Sacrificateur. <strong>Philippe Estèphe</strong>, excellent acteur et donne corps avec aisance à sa galerie de personnages éclairs. <strong>Marine Lafdal-Franc</strong> à la belle générosité vocale et <strong>David Tricou</strong> au timbre chaleureux, viennent compléter la distribution avec des interventions brèves mais parfaitement exécutées.</p>
<p>Cette soirée est un pari réussi grâce à la synergie des talents réunis autour d’un projet à l’intérêt musicologique évident et dont la cohérence est portée avec conviction par le Centre de Musique baroque de Versailles et Benoît Dratwicki. Il eut été donc dommage de se priver d&rsquo;une œuvre inédite, écrin de beautés, faite d’éclats et de raffinement, servie par des artistes superbes, et un Hervé Niquet ultra motivé, autant passeur que chef d’orchestre. Une très belle soirée qui fait de rives anciennes autant d’horizons nouveaux.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ariane-et-bacchus-paris-declats-en-raffinement/">MARAIS, Ariane et Bacchus — Paris</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>LULLY, George Dandin —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/george-dandin-un-george-dandin-danthologie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jan 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/un-george-dandin-d-anthologie/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Michel Fau entouré des chanteurs de l&#8217;Ensemble Marguerite Louise © Marcel Hermann Parmi les premiers événements du 400e anniversaire de la naissance de Molière, l’Opéra Royal de Versailles nous a convié à une magnifique réalisation de George Dandin, créé en 1668 pour « le Grand Divertissement Royal de Versailles » à la suite de la paix conclue avec &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/george-dandin-un-george-dandin-danthologie/"> <span class="screen-reader-text">LULLY, George Dandin —</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/george-dandin-un-george-dandin-danthologie/">LULLY, George Dandin —</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          <img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="210" src="/sites/default/files/styles/large/public/georges_dandin-opera_royal_de_versailles-photo_marcel_hermann.png?itok=v1hhPAp_" title="Michel Fau entouré des chanteurs de l'Ensemble Marguerite Louise" width="468" /><br />
	Michel Fau entouré des chanteurs de l&rsquo;Ensemble Marguerite Louise © Marcel Hermann</p>
<p>Parmi les premiers événements du 400e anniversaire de la naissance de Molière, l’Opéra Royal de Versailles nous a convié à une magnifique réalisation de <em>George Dandin</em>, créé en 1668 pour « le Grand Divertissement Royal de Versailles » à la suite de la paix conclue avec l’Espagne. Souvent considéré comme une œuvre mineure, George Dandin prend ici toute sa dimension, et acquiert surtout une tout autre portée, accompagné de la musique et du ballet conçus par Lully avec la complicité de Molière. En ce sens la mise en scène de <strong>Michel Fau</strong>, si elle peut dérouter au début par l’outrance de la déclamation, prend tout son sens au fur et à mesure de la représentation. Elle s’apparente à une sorte de théâtre de la cruauté version Grand Siècle. George Dandin est un paysan fortuné qui a acquis un titre de noblesse en épousant la fille d’un hobereau ruiné. Sa jeune femme, mariée contre son gré, ne cesse de le cocufier. Il tente à plusieurs reprises de la prendre sur le fait mais en vain, les parents aristocrates n’ayant alors de cesse de l’humilier. Le décor d’<strong>Emmanuel Charles </strong>est très judicieux. La maison du paysan au fond d’une forêt touffue est dominée par une sorte de donjon où évoluent les aristocrates, tandis que Dandin est contraint d’escalader sans succès un vaste enchevêtrement de racines et de branches pour les atteindre et tenter de les convaincre des supposées turpitudes de leur fille. Le personnage est d’emblée pitoyable et l’ironie grinçante du sujet mise en relief dès l’ouverture du rideau. Dans les éclairages magnifiques de <strong>Joël Fabing</strong>, imitant ceux des théâtres à la bougie de l’époque baroque, les acteurs, éclairés par en-dessous, deviennent cauchemardesques. Ce cauchemar est d’autant plus violent que les diatribes de Dandin sont interrompues quand la forêt s’écarte et laisse place à un ballet de pastoureaux, affublés de vêtements somptueux de brocarts rouge vif, de dentelles et de rubans, couronnés de coiffures empanachées (magnifiques costumes de <strong>Christian Lacroix</strong>) comme dans les mascarades qu’affectionnait la Cour. Et dans ces divertissements, ils chantent l’amour et la fidélité en s’adressant sans cesse à Dandin. La musique de Lully n’est pas toujours du meilleur cru mais elle réserve quelques beaux moments lyriques notamment une superbe plainte de soprano (ici <strong>Juliette Perret</strong> ou <strong>Cécile Achille</strong>). <strong>Gaétan Jarry</strong>, au clavecin, est à la tête de l’<strong>Ensemble Marguerite Louise</strong>, dont les chanteurs sont aussi danseurs et comédiens avec un remarquable talent. Dans le quatuor vocal on remarque le timbre du baryton <strong>David Witzcak</strong> et l’excellente composition de <strong>François-Olivier Jean</strong>. Les acteurs sont tous formidables et entourent un Michel Fau à la fois histrion et pauvre hère, capable de passer d’une emphase ridicule à un cri de rage et de douleur, sans forcément attirer la sympathie du spectateur. Cette farce cruelle fait beaucoup rire et le paysan Lubin (<strong>Florent Hu</strong>) est bouffon à souhait. Elle s’apparente souvent à une <em>commedia dell’arte</em> au vitriol et s’achève bien amèrement quand Dandin ne trouve refuge que dans l’alcool, dans un hymne final à Bacchus signé Lully et entonné par tous les interprètes.</p>
<p>Au bout du compte, le seul qui tire son épingle du jeu, c’est l’amour qu’on ne peut acheter, sans oublier le combat, féministe avant l’heure, de la jeune épousée (superbe <strong>Alka Balbir</strong>) !</p>
<p>Michel Fau est un acteur hors pair et un grand metteur en scène toujours capable de se réinventer, passant de <em>Ciboulette</em> de Reynaldo Hahn à l’Opéra-Comique (inoubliable) à un <em>Wozzeck</em> bouleversant à Toulouse et enfin à ce rutilant <em>George Dandin</em> qui va à présent parcourir les routes de France, comme Molière autrefois. A ne pas rater !</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/george-dandin-un-george-dandin-danthologie/">LULLY, George Dandin —</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
