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	<title>Wolfgang KOCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Wolfgang KOCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Lohengrin – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2026 08:36:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une nouvelle ère qui s’ouvre à Baden-Baden pour le Festival de Pâques après le départ de Kirill Petrenko et du Berliner Philharmoniker, qui nous avaient fait vivre une inoubliable Butterfly lors de la précédente édition. On se souvient que le prestigieux orchestre s&#8217;est produit dans la ville badoise pendant plus de dix ans avant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une nouvelle ère qui s’ouvre à Baden-Baden pour le Festival de Pâques après le départ de Kirill Petrenko et du Berliner Philharmoniker, qui nous avaient fait vivre une inoubliable <em>Butterfly</em> lors de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madama-butterfly-baden-baden/">précédente édition</a>. On se souvient que le prestigieux orchestre s&rsquo;est produit dans la ville badoise pendant plus de dix ans avant de retourner à Salzbourg. Il laisse la place, pour cette nouvelle production de <em>Lohengrin</em>, au <strong>Mahler Chamber Orchestra</strong>, dont le travail sur la musique de Wagner est passionnant, même si l’on reste parfois sur sa faim : l’ampleur est bien là, l’homogénéité également, mais l’on aurait aimé entendre ici et là des nuances plus expressives, voire plus ciselées et surtout, plus enveloppantes, dans cette immense salle qu’est le Festspielhaus. Ces quelques réserves énoncées, on ne peut que s’incliner devant l’impeccable direction de celle qui avait été élue cheffe de l’année par <em>Opernwelt</em> en 2019, <strong>Joana Mallwitz</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lohengrin_Willis-Sorensen_Beczala_Ensemble_Baumgartner_cMartinSigmund-4-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211143"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Martin Sigmund</sup></figcaption></figure>


<p>La complexité de la déferlante wagnérienne est maîtrisée et la jeune femme réussit à tirer de la formation équilibre, continuité et excellente qualité d’ensemble ; de son côté, le metteur en scène <strong>Johannes Erath</strong> a manifestement cherché à ne pas être en reste. Le musicien, assistant entre autres de Willy Decker, qui a par ailleurs grandi dans sa Forêt Noire natale, à la fois enchanteresse et sombre, a choisi de plonger le plateau dans une semi-obscurité, entre chien et loup, dans une ambiance mi féerique, mi naturaliste. Dans la pénombre, nous précise-t-il, difficile de savoir si, en apercevant un animal, il est habité d’intentions pacifiques ou hostiles. Les personnages principaux sont ainsi vêtus de blanc ou de noir, les autres portant des couleurs oscillant entre le bleu nuit, céleste, ciel ou azur, les teintes scintillantes rehaussées de strass étoilés ou de nébuleuses floues selon les éclairages, privilégiant les teintes froides. Entre onirisme et réalité crue, la mise en scène laisse la part belle au texte et à la logique visuelle qui en résulte. Les costumes et accessoires nous installent dans une temporalité élastique, mais on ne peut s’empêcher de penser aux années Trente, même si un écran de télévision nous renvoie une génération plus loin. Les images projetées en fond de scène tout comme celles du téléviseur sont en décalage et nous forcent à choisir ou à louvoyer. Une scène est tout particulièrement frappante et souligne cet écart temporel, cette sensation de flou, de fausseté, voire d’absurdité qui s’en échappe : le chœur trinque et mime le geste de boire, alors que les projections à l’arrière nous le montre, en noir et blanc, bel et bien en train de boire de la bière. Si Lohengrin et Elsa sont blancs comme neige quand Ortrud et Telramund sont en noir corbeau, difficile d’en faire une dichotomie manichéenne : les zones d’ombre subsistent, comme dans cette scène de retrouvailles entre les deux femmes dont les lits sont placés dos à dos, comme en miroir. Chacun y trouvera des clefs de lecture et d’interprétation (ou pas), comme de se demander si les deux héroïnes ne seraient pas les moitiés d’une même entité. Tout est suggestion et références plus ou moins biaisées. On pense souvent à l&rsquo;<em>Excalibur</em> de Boorman (une épée fichée dans les gradins qu’on vient déloger) ou <em>Melancholia</em> de Lars von Trier (les planètes géantes qui se rapprochent dangereusement), voire à d’autres correspondances cinématographiques, comme <em>Die 1000 Augen des Dr. Mabuse (Le Diabolique Docteur Mabuse)</em> de Fritz Lang ou encore <em>M le Maudit</em>. Mais aucune référence n’est insistante, comme si Johannes Erath se contentait d’instiller le doute et les interprétations possibles en nous laissant construire notre propre exégèse. C’est tout à son honneur. Le résultat est magnifique, notamment pour la beauté des costumes, l’élégance sophistiquée des coiffures et l’ambiance onirique générale. Le décor ressemble par endroits à un œil et son iris, pupille dilatée, véritable ouverture à l’iris sur rétine ultrasensible ou fragilisée jusqu’au décollement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Lohengrin_Youn_Koch_Hasselborn_Baumgartner_Wllis-Sorensen_cMartinSigmund-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-211144"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Martin Sigmund</sup></figcaption></figure>


<p>Si la débauche d’effets techniques peut impressionner favorablement ou non, la qualité du plateau vocal, elle, met tout le monde d’accord. Nous avons affaire avec des interprètes de très haut niveau qui passent très aisément la rampe. En premier lieu, <strong>Piotr Beczala</strong>, rompu (notamment à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-bayreuth/">Bayreuth</a>), au rôle de Lohengrin dont il semble avoir intégré le moindre frémissement : de la pureté la plus éthérée au désespoir le plus expansif (mémorable « Weh »), la performance est uniforme et exemplaire : émission constante, prononciation impeccable, beauté ineffable du timbre et de la ligne vocale, le ténor est au sommet de ses moyens. Face à lui, <strong>Rachel Willis-Sørensen</strong> est une Elsa de haute tenue : la voix est large, puissante, mordorée et déborde de nuances subtiles et envoûtantes. Lumineuse et intense, la soprano excelle à laisser percevoir toutes les failles et fragilités de son personnage. <strong>Tanja Ariane Baumgartner</strong> campe une Ortrud complexe et démoniaque à souhait. Le timbre est riche, la voix ample, les qualités dramatiques évidentes, pour l’une des prestations les plus passionnantes de la soirée. N’oublions pas <strong>Wolfgang Koch</strong>, remarquable en Friedrich von Telramund, félon bravache et héros blessé, aigri et revenu de tout, dont chaque saillie est riche d’harmoniques qui en magnifient le contenu. Chaque mot tonne, rugit ou implore avec une intelligence scénique et un sens du phrasé impressionnants. <strong>Kwangchul Youn</strong> donne beaucoup d’humanité et de noblesse au roi quoique la voix souffre d’un vibrato bien envahissant par endroits. Enfin, <strong>Samuel Hasselhorn</strong> attire l’attention à chacune des interventions du Hérault, qu’il transcende avec aisance et brio d’une voix impeccablement timbrée.</p>
<p>L’année prochaine, le Festival de Pâques permettra de retrouver Joana Mallwitz à la tête du Mahler Chamber Orchestra pour une production de <em>Fidelio</em> mise en scène par Krzysztof Warlikowski. On peut d’ores et déjà acheter ses places <a href="https://www.festspielhaus.de/veranstaltungen/beethoven-fidelio/?date=2027-03-20-1800">sur le site</a> du Festspielhaus.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Lohengrin 2026 - Trailer" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/glDaGrG17GM?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>STRAUSS, Salome – Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de Krzysztof Warlikowski transpose Salome dans un intérieur juif bourgeois des années 30-40. Les dates coïncident d&#8217;une part avec la montée du nazisme et, d&#8217;autre part, avec la fin brutale de l&#8217;âge d&#8217;or berlinois de la psychanalyse. Le décor est constitué d&#8217;une longue table décorée de ménorahs, d&#8217;une bibliothèque immense &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créée en 2019, la production de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> transpose <em>Salome</em> dans un intérieur juif bourgeois des années 30-40. Les dates coïncident d&rsquo;une part avec la montée du nazisme et, d&rsquo;autre part, avec la fin brutale de l&rsquo;âge d&rsquo;or berlinois de la psychanalyse. Le décor est constitué d&rsquo;une longue table décorée de ménorahs, d&rsquo;une bibliothèque immense mais saccagée (comme si des livres en avaient brutalement disparu, peut-être parce qu&rsquo;il s&rsquo;agissait « d&rsquo;art dégénéré »). Semblant enfermés dans cette demeure, les participants donnent l&rsquo;impression de rejouer l&rsquo;histoire de la princesse biblique, tout en regardant régulièrement vers une porte côté jardin, comme si à tout moment un danger pouvait en surgir. La Salome de Warlikowski n&rsquo;est pas dominatrice, pas trop séductrice, plutôt femme-enfant. Elle réclame ainsi la tête de Jochanaan avec des exaspérations d&rsquo;ado gâtée qui rappellerait presque Natalie Dessay dans <em>La fille du régiment</em>. Ce dernier n&rsquo;est pas vraiment davantage prisonnier que les autres : on le verra déambuler, cigarette aux lèvres, pendant la danse des sept voiles. Sans doute le prophète avait-il prédit qu&rsquo;il fallait fuir, mais personne ne l&rsquo;aura écouté. Par moment, le fond de scène s&rsquo;anime d&rsquo;une vidéo figurant un bestiaire biblique (une licorne, symbole de pureté, face à un loup, symbole de pulsion prédatrice, de violence sexuelle et de destruction de l&rsquo;innocence). Dans cette version, la relation malsaine entre Salome et Herodes s&rsquo;estompe toutefois largement. La danse n&rsquo;en est pas vraiment une, et aucun érotisme, aucune sensualité, aucune perversion sexuelle ne vient animer la scène, transformée en un dialogue muet entre la jeune fille et un danseur incarnant la mort. Pas davantage de tête coupée pour la scène finale, ni de baiser sur les lèvres de Jochanaan&#8230; Dans les dernières mesures, le bourreau ensanglanté tourne son pistolet vers les divers occupants de la demeure : ceux-ci craignaient un danger mortel venus de l&rsquo;extérieur, mais la mort était déjà à l&rsquo;intérieur. Comme toujours chez le metteur en scène polonais, on trouvera des références à demi cachées mais un peu vaines, propres à titiller les exégètes modernes, quitte à ce qu&rsquo;ils se crêpent le chignon sur les interprétations à donner (comme justement les cinq juifs de <em>Salome</em>). <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/salome-munich-la-grenouille-et-le-boeuf/">Notre confrère Yannick Boussaert en propose d&rsquo;ailleurs ici quelques unes</a>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/135-Salome_2026_c_G.Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-209112"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied<br></sup></figcaption></figure>


<p>Les interprètes jouent le jeu de la mise en scène. La Salome d&rsquo;<strong>Asmik Grigorian</strong> est ainsi assez différente d&rsquo;incarnations dans un contexte lui laissant davantage de liberté interprétative (au hasard, en concert à Londres sous la baguette d&rsquo;Antonio Pappano). Le soprano lituanien reste toutefois une bête de scène, avec un jeu à la fois varié et moderne, réaliste. Comme semble le vouloir Warlikowski, sa Salome est dépourvue de perversité lubrique, mais ce n&rsquo;est pas non plus une pure jeune fille. Si le registre aigu ne lui pose aucun problème, la voix, très droite, manque par ailleurs de la largeur de timbre nécessaire pour exprimer ici une vraie sensualité. <strong>Wolfgang Koch</strong> met quelques minutes à chauffer sa voix, mais chante le rôle avec une grande facilité, sans jamais sembler forcer. Comme souvent, on reste confondu par l&rsquo;intelligence de l&rsquo;interprète. Le rôle d&rsquo;Herodes est parfois confié à des vieux chanteurs sur le retour compensant par leur histrionisme l&rsquo;usure de leurs moyens. Ce n&rsquo;est pas le cas de <strong>Gerhard</strong> <strong>Siegel</strong>, acteur subtil, très correctement chantant, sans fausseté, avec une belle projection, et c&rsquo;est d&rsquo;autant plus nécessaire que la mise en scène lui impose une relative sobriété : il n&rsquo;était pas possible ici de compenser le chant par un jeu outré. <strong>Claudia Mahnke</strong> est une Herodias tout aussi sobre, au timbre cuivré. <strong>Joachim Bäckström</strong> offre en Narraboth une voix particulièrement percutante, au métal d&rsquo;une clarté juvénile. <strong>Avery Amereau</strong> sait se faire remarquer dans le court rôle du page grâce à une voix bien projetée, une vraie capacité à dire le texte et une belle présence scénique. L&rsquo;ensemble des rôles secondaires sont excellemment tenus. Actuel directeur musical de l&rsquo;Opéra de Francfort, le jeune <strong>Thomas Guggeis</strong> (33 ans) offre une lecture plus hédoniste qu&rsquo;expressionniste. L&rsquo;orchestre sonne magnifiquement mais toujours proprement, sans véritable théâtre : pas de couleurs glauques, de tension morbide, d&rsquo;érotisme pervers. Au diapason de la mise en scène, la violence émotionnelle se retrouve ainsi quelque peu extériorisée.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich/">STRAUSS, Salome – Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>MASCAGNI, Cavalleria rusticana / LEONCAVALLO, I Pagliacci – Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-cavalleria-rusticana-leoncavallo-i-pagliacci-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cavalleria rusticana (1890) et I Pagliacci (1892) ont initialement fait chambre à part jusqu&#8217;à ce que Metropolitan Opera décide de les réunir pour une même soirée, le 22 décembre 1893 (dans l&#8217;ordre inverse toutefois : l&#8217;ordre actuel sera de rigueur à partir du 2 mars 1894). Ce mariage arrangé dure toujours, à de rares exceptions &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Cavalleria rusticana</em> (1890) et <em>I Pagliacci</em> (1892) ont initialement fait chambre à part jusqu&rsquo;à ce que Metropolitan Opera décide de les réunir pour une même soirée, le 22 décembre 1893 (dans l&rsquo;ordre inverse toutefois : l&rsquo;ordre actuel sera de rigueur à partir du 2 mars 1894). Ce mariage arrangé dure toujours, à de rares exceptions près : ainsi, à Paris, on a vu <em>I Pagliacci</em> suivre <em>Il Tabarro</em> (1982) ou <em>Erzsebet</em> (1983), et <em>Cavalleria rusticana</em> précéder <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-sancta-susanna-paris-bastille-le-triomphe-des-mezzos/"><em>Sancta Susanna</em></a> (2016). <em>I Pagliacci</em>, plus souvent que <em>Cavalleria</em>, a plusieurs fois vécu sa vie en solitaire : Londres (<a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/pagliacci_londres.htm">Domingo, 2003</a>), Turin (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/i-pagliacci-turin-la-musique-au-secours-du-theatre/">de Leon, 2017</a>), Bologne (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/leoncavallo-i-pagliacci-bologne/">Kunde, 2024</a>) ou encore Venise la saison prochaine. Quoique les deux ouvrages n&rsquo;aient rien en commun en termes d&rsquo;unité d&rsquo;action, plusieurs metteurs en scène ont tenté de les rapprocher dramatiquement. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/plusieurs-grandes-voix-et-une-revelation/">À Bastille (2012)</a>, Giancarlo Del Monaco déplaçait le prologue d&rsquo;<em>I Pagliacci</em> (sorte de manifeste du vérisme) avant le début de <em>Cavalleria</em>. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-i-pagliacci-londres-roh-contre-vents-et-marees/">À Londres</a>&nbsp;et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-pagliacci-bruxelles-la-monnaie-triple-meutre-a-bruxelles/">à Bruxelles</a>, Damiano Michieletto maria beaucoup plus intimement les deux ouvrages dans une production devenue une référence, avec une unité de temps et quasiment de lieu (fête de Pâques le matin, spectacle de clowns le soir dans le village voisin, personnages d&rsquo;une œuvre apparaissant muettement dans l&rsquo;autre). Tout brillant qu&rsquo;il soit, l&rsquo;exercice restait toutefois artificiel.</p>
<p>Pour cette nouvelle production, créée un peu plus tôt dans la saison et reprise pour le festival, <strong>Francesco Micheli</strong> va encore plus loin, en faisant de Turridu (<em>Cavalleria</em>) et de Canio (<em>Pagliacci</em>) un seul et même personnage. Il transpose l&rsquo;action dans les années 60-70, période selon lui de forte immigration de la population italienne (historiquement, les années 60 marquent au contraire la fin du phénomène). Pour le metteur en scène italien, c&rsquo;est «&nbsp;l&rsquo;histoire d&rsquo;un homme qui a perdu ses racines dans <em>Cavalleria</em> et qui, dans <em>Pagliacci</em>, essaie de recréer ses liens d&rsquo;origine au sein d&rsquo;une nouvelle communauté, mais qui y échoue lamentablement ». Mais pour ce faire, il faut sacrément tordre le livret puisque Turridu est supposé mourir dans le duel avec son rival Alfio&#8230;&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025__c__Geoffroy_Schied__3_-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194401" width="911" height="607"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Geoffroy Schied</sub></figcaption></figure>


<p>Pendant la musique du prologue, nous assistons (avec beaucoup de libertés) aux événements censés s’être déroulés avant le lever du rideau. Devant un carte postale géante « Estate 1960 », Turridu et Lola font leurs adieux en flirtant sur la plage. Le jeune homme va émigrer en Allemagne afin de gagner l’argent qui lui permettra de demander la jeune fille en mariage (dans le livret, il était parti pour l&rsquo;armée). Un petit wagon, estampillé « Palermo &#8211; München », l&#8217;embarque avec sa petite valise rouge. De temps à autres, on verra un double de Turridu, avec la même valise mais aussi un visage blanc et un nez rouge, assister aux événements. En l’absence de son amant, Lola est violée par le mafieux local, Alfio, et ses sbires. Elle est contrainte de l’épouser. Un an plus tard (« Un anno dopo » s’affiche en fond de scène), Turridu revient au village (cette fois le wagon affiche « Munchen &#8211; Palermo »). Il remet à sa mère émue une liasse de billets de banque, mais celle-ci lui apprend le mariage de Lola en son absence. Confrontée, la jeune femme tente de retrouver l’amour de Turridu mais, par dépit, il se venge d&rsquo;elle en séduisant Santuzza. Quand le père de celle-ci découvre la situation, et essaie de le contraindre au mariage, sous la menace d’une hache, il s’enfuit (« Palermo &#8211; München »). Fin du prologue. Six mois plus tard, (« Sei mesi dopo »), Santuzza est enceinte et vêtue de noir, elle attend devant l’église. Turridu est revenu (« Munchen &#8211; Palermo »). La foule est uniformément en blanc, arborant un bizarre costume folklorique. Les acolytes d’Alfio ont le visage maquillé de rouge, marqué d&rsquo;une croix blanche. Ils seront munis d&rsquo;ailes d&rsquo;ange pendant la musique de la procession. Scéniquement, les chœurs sont toutefois à peu près immobiles, disposés sur deux rangées sur les côtés ou en fond de scène. Aucun réalisme non plus dans le dispositif scénique : carte postale et wagons disparus, une gigantesque roue noire descend des cintres et devient un plateau tournant légèrement surélevé. Sur ce dispositif, on distingue le lit de Lola, ainsi qu’un amas de tables et de chaises. Tout est noir zébré de blanc (à moins que ce ne soit l’inverse). Souvent, tandis qu’un protagoniste chante sur le devant de la scène, le personnage à qui il s’adresse a le temps de faire un tour complet (Mamma Lucia sur sa chaise, Lola dans son lit). Des suspensions éclairent la scène : lumière blanche pendant la procession, jaune quand la trahison est révélée, rouge au moment du duel. Le décor est totalement ouvert et les voix des chanteurs ont tendance à se perdre en l&rsquo;absence de surfaces pour les renvoyer vers la salle. Après avoir provoqué Alfio en lui jetant son verre de vin à la figure, Turridu fuit le village et repart vers l’Allemagne (« Palermo &#8211; Munchen »), Mamma Lucia ayant elle-même préparé la valise rouge pour son départ. Le cri d&rsquo;une femme anonyme, « Hanno ammazzato compare Turiddu! » (« Ils ont tués compère Turridu ! »), est remplacé par une voix <em>off</em> sonorisée qui clame, un rien pompeuse « Il est mort pour les siens ! ». Le plateau tournant s&rsquo;élève à la verticale et le mobilier glisse bruyamment sur la scène. Ajoutons à cela qu&rsquo;un double de Canio (même valise rouge et faux nez assorti) vient hanter le plateau à plusieurs reprises, ajoutant une certaine confusion.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_Pagliacci_2025_W.Koch_E.Buachidze__c__Geoffroy_Schied__2_-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-194404"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Geoffroy Schied</sub></figcaption></figure>


<p>Il est malheureusement difficile d’être touché par un tel dénouement. Si la scène finale de <em>Cavalleria</em> nous émeut ordinairement, c’est parce que le paroxysme de la musique illustre la mort de Turridu, l&rsquo;horreur de la femme qui crie la nouvelle, l&rsquo;évanouissement de Santuzza, l&rsquo;effondrement de Mamma Lucia : tout un champ de ruines est entraîné par cette disparition. Ici, on aura en revanche un peu de mal à écraser une larme : sur le même fond sonore, Turridu est probablement en train de composter son billet pour Munich. Quid de la « Chevalerie campagnarde » dans cette lâcheté finale ?&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_J.Kaufmann_A.Perez__c__Geoffroy_Schied__4_-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194405" width="911" height="607"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Dans le prélude de <em>Pagliacci</em> (« Dix ans plus tard »), nous retrouvons le double en question (Turridu échappé de Sicile et devenu Canio) en discussion avec Tonio. Celui-ci se rend aussi à Munich, pour aller travailler dans le restaurant italien de Silvio. Il propose à Canio d&rsquo;assurer les animations des dîners-spectacles. Entre temps, Canio a recueilli Nedda. Dans cette seconde partie, les wagons retournés (on voit désormais l&rsquo;intérieur) vont devenir des lieux de l&rsquo;action : bureau de Silvio, bar, cuisine du restaurant. Le plateau tournant est à nouveau utilisé (avec le même mobilier), mais les costumes sont cette fois bigarrés. Les rapports hiérarchiques sont bousculés : normalement, Silvio est un villageois anonyme d&rsquo;une cité voisine et pas le patron de Canio, Tonio est un employé de ce dernier et pas un commis de cuisine, etc. Difficile aussi d&rsquo;imaginer Silvio prêt à abandonner son affaire pour enlever Nedda à son époux.</p>
<p>Autant <em>Cavalleria</em> était plutôt statique et monochrome, autant la mise en scène de <em>Pagliacci</em> est plus colorée et théâtrale. Alors que le premier opus était extrêmement stylisé, sans référence à la Sicile, à la cérémonie religieuse, etc., le second évoque une immigration italienne à la limite du cliché. La mise en scène fourmille toutefois de détails bien venus. Le spectacle doit se tenir après les vêpres : en guise de cérémonie religieuse, le chœur regarde sur une télé géante la demi-finale de la Coupe du monde de football (Italie &#8211; Allemagne de l&rsquo;Ouest, Mexico, 17 juin 1970). C&rsquo;est assez bien vu. Canio leur bloque un instant la vue pour leur rappeler l&rsquo;horaire : il termine son « A ventitré ore! » par un diminuendo en même temps qu&rsquo;il s&rsquo;écarte sur la pointe des pieds pour ne plus déranger. Au restaurant, Nedda prépare une omelette quand elle est importunée par Tonio. Au lieu d&rsquo;un coup du fouet réel, il se prend un coup de fouet&#8230; de cuisine (!) : puis Tonio jure de se venger alors qu&rsquo;il n&rsquo;a guère reçu que du jaune d&rsquo;œuf dans l&rsquo;œil. Ayant appris son infortune conjugale, et après un moment d&#8217;emportement, Canio semble prêt à fuir une fois de plus, avant que Tonio ne l&rsquo;en dissuade. Le célébrissime « Vesti la giubba » nous renvoie ici à plusieurs degrés de lecture. Quel est le déguisement de Canio ? Celui du clown qui doit faire rire quand son âme pleure ? Celui du fugitif qui change d&rsquo;identité pour échapper au châtiment de son crime ? Celui du migrant mal intégré dans sa nouvelle patrie et qui retrouve les réflexes patriarcaux du « crime d&rsquo;honneur », un peu malgré lui du reste (c&rsquo;est Tonio qui l&rsquo;y pousse : son premier réflexe était de lâcher l&rsquo;affaire et de fuir encore) ? L&rsquo;interlude qui suit voit le retour de notre double « Sept ans plus tard » : porteur d&rsquo;un brassard de deuil, il vient visiter Mamma Lucia qui vient de mourir. Une petite fille veille la vieille dame. Santuzza ne semble pas reconnaître son ancien amant. La suite est plus classique. Nedda et Silvio seront poignardés par Canio après que Tonio (qui fait un peu penser au Joker dans <em>Batman</em>) aura fourni le couteau fatal. Le rideau se referme devant une foule relativement indifférente, tandis que Canio reste, valise rouge à la main, sur le devant de la scène. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_W.Koch_G.Musliu_A.Perez__c__Geoffroy_Schied-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194412"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>La double distribution est source de confusion face au concept du metteur en scène (mais on sait que les chanteurs sont toujours engagés très en amont de la finalisation d&rsquo;une nouvelle production). Ici, il aurait fallu que Turiddu et Canio soient interprétés par le même chanteur. Or, non seulement ce n&rsquo;est pas le cas, mais le double muet (qu&rsquo;on voit dans les deux ouvrages) ressemble plutôt au jeune Kaufmann, bouclettes comprises (alors que pour ce soir, le ténor allemand a au contraire des cheveux lisses). Wolfgang Koch incarne classiquement deux rôles : Alfio et Tonio. Ainsi, alors que dans cette production Turiddu et Canio sont censés être une seule et même personne, ils ont deux (et même trois) visages différents, et alors qu&rsquo;Alfio et Tonio sont supposés être deux personnages distincts, ils ont ici la même tête. Tout cela est sans doute inutilement compliqué. Pour citer le sculpteur Constantin Brâncuși : « La simplicité n&rsquo;est pas un but dans l&rsquo;art, mais on arrive à la simplicité malgré soi en s&rsquo;approchant du sens réel des choses. »</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_A.Perez__c__Geoffroy_Schied-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-194407"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Le Turridu ardent de <strong>Jonathan Tetelman </strong>domine <em>Cavalleria rusticana</em>. Le jeune ténor américain, étonnamment clivant, ne manque ni de détracteurs, ni d&rsquo;admirateurs. Les premiers lui reprochent d&rsquo;en faire trop, de ne pas ménager sa voix, et de disposer d&rsquo;un appui technique insuffisant. C&rsquo;est un peu ce qu&rsquo;on disait à propos de Domingo quand il était jeune. Les seconds apprécient justement cet engagement, une voix qui dépote comme celle de peu de ténors aujourd&rsquo;hui, et pour certain(e)s, un physique plutôt avenant. Nous avons apprécié ici un investissement dramatique intelligent, un chant passionné mais pas débridé, une démonstration de puissance sous laquelle perceraient certaines fêlures : on pense ainsi à Neil Shicoff, ténor passionnant, aussi viril que tourmenté. Remplaçant Ksenia Dudnikova, <strong>Anna Pirozzi</strong> campe une Santuzza simple et sensible, un peu maternelle, bien chantante, à laquelle il manque seulement un peu de puissance. Alors qu&rsquo;on a davantage l&rsquo;habitude ces dernières années d&rsquo;entendre <strong>Wolfgang Koch</strong> dans le répertoire germanique, celui-ci se révèle un Alfio épatant, scéniquement impayable en mafieux, et à la voix d&rsquo;une étonnante fraîcheur. <strong>Rosalind Plowright</strong> est une Mamma Lucia émouvante, pleine de retenue, dans un état vocal étonnant du haut de ses 76 printemps. <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-rihab-chaieb-je-sais-que-carmen-un-flop-mais-si-seulement-ils-mavaient-connue-a-lepoque-rires/"><strong>Rihab Chaieb</strong> </a>offre un timbre riche et une superbe musicalité. Son aisance scénique est tout aussi remarquable. Difficile de comprendre pourquoi cette artiste n&rsquo;est pas davantage présente pour de grands rôles.&nbsp;</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_W.Koch_A.Perez__c__Geoffroy_Schied-2-1024x576.jpg" alt="" class="wp-image-194408"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Geoffroy Schied</sup></figcaption></figure>


<p>Pour le <em>Pagliacci</em> qui suit, <strong>Jonas Kaufmann</strong> reste un grand Canio, en dépit d&rsquo;une certaine usure de ses moyens (légitime après une carrière de plus de trente ans où il aura fréquenté quelques uns des rôles les plus difficile du répertoire). L&rsquo;aigu reste vaillant et la projection confortable. La voix est miraculeusement préservée de tout vibrato excessif. Le timbre est toujours séduisant. De temps à autres, toutefois, une note accroche fugitivement dans le médium au détour d&rsquo;une phrase. Dramatiquement, le chanteur offre une interprétation tout en finesse, où les effets vocaux sont toujours en adéquation avec la situation dramatique, avec un grand sens du détail et une exceptionnelle présence scénique. Même s&rsquo;il sort ses griffes pour la scène finale, on sent l&rsquo;artiste moins libre qu&rsquo;<a href="https://www.forumopera.com/breve/jonas-kaufmann-creee-la-surprise-en-baryton/">à Vienne</a> il y a quelques mois, dans une production antique du répertoire. <strong>Wolfgang Koch&nbsp;</strong>est encore plus étonnant en Tonio qu&rsquo;en Alfio, offrant même de splendides la bémol et sol naturel conclusifs, notes traditionnelles non écrites. L&rsquo;incarnation dramatique est particulièrement réussie, avec un point de bascule au moment du coup de fouet de Nedda : de pauvre type, Tonio devient alors une sorte de psychopathe qui se réjouit d&rsquo;avance du carnage qu&rsquo;il va provoquer. <strong>Ailyn Pérez</strong> est une Nedda au timbre coloré, mais manquant un peu de largeur dans le grave. La chanteuse fait preuve de musicalité et son interprétation dramatique est pleine de nuances (il faut voir son visage passer par tout une gamme d&rsquo;émotions quand elle finit par se laisser convaincre par Silvio de tout quitter pour lui). Chanteur générique, <strong>Andrzej Filończyk</strong> est un Silvio à la voix saine mais sans éclat particulier. <strong>Granit Musliu</strong> retient l&rsquo;attention avec son Beppe à la voix corsée.&nbsp;</p>
<p><strong>Daniele Callegari</strong> offre une direction efficace, attentive aux chanteurs. Malheureusement, l&rsquo;orchestre est moins concentré que la veille dans <em>Don</em> <em>Giovanni</em>, et connait quelques accidents. Les chœurs n&rsquo;en font un peu qu&rsquo;à leur tête, avec des décalages fréquents.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="724" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cavalleria_rusticana_-_Pagliacci_2025_A.Perez__c__Geoffroy_Schied__4_-2-1024x724.jpg" alt="" class="wp-image-194434"/></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mascagni-cavalleria-rusticana-leoncavallo-i-pagliacci-munich/">MASCAGNI, Cavalleria rusticana / LEONCAVALLO, I Pagliacci – Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Sortie enfin annoncée du Parsifal de la décennie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/sortie-enfin-annoncee-du-parsifal-de-la-decennie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Dec 2023 05:32:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jonas Kaufmann, Elina Garanca, Ludovic Tézier, Wolfgang Koch, Georg Zeppenfeld, Kirill Serebrennikov, Philippe Jordan, le chœur et l’orchestre du Wiener Staatsoper&#8230; Parsifal enregistré live à Vienne en 2021, sans audience en raison de la pandémie, aligne les noms comme le joueur de tarot une poignée d’atouts. Longtemps attendue, longtemps repoussée, sa sortie devrait intervenir le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Jonas Kaufmann</strong>, <strong>Elina Garanca</strong>, <strong>Ludovic Tézier</strong>, <strong>Wolfgang Koch</strong>, <strong>Georg Zeppenfeld</strong>, <strong>Kirill Serebrennikov</strong>, <strong>Philippe Jordan</strong>, le chœur et l’orchestre du Wiener Staatsoper&#8230; <em>Parsifal </em>enregistré <em>live</em> à Vienne en 2021, sans audience en raison de la pandémie, aligne les noms comme le joueur de tarot une poignée d’atouts. Longtemps attendue, longtemps repoussée, sa sortie devrait intervenir le 1<sup>er</sup> mars 2024. «&nbsp;Wagner occupe une place très spéciale dans mon cœur et dans mon histoire musicale personnelle, et c&rsquo;est un honneur d&rsquo;ajouter un nouvel enregistrement à la collection de<em> Parsifal</em> qui existe déjà ». s’est félicité sur les réseaux sociaux Jonas Kaufmann qui livre ainsi un deuxième témoignage de son « chaste fol » chez Sony, dix ans après <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-graal-nouveau-est-arrive/">la captation de la production de François Girard à New York</a>.</p>


<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/C0v7_9hM0Mk/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/p/C0v7_9hM0Mk/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank" rel="noopener"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; 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		<title>WAGNER, Lohengrin &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-lohengrin-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Sep 2023 23:48:48 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au début, on réprime un soupir. Quoi, encore une mise en scène qui transpose l’intrigue dans un hôpital psychiatrique et en réduit les rebondissements à l&#8217;état d&#8217;images mentales produites par le cerveau malade de l&#8217;héroïne ? Encore ces renversements axiologiques, qui font des gentils les vrais méchants et des méchants les vrais gentils, embourbant au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au début, on réprime un soupir. Quoi, encore une mise en scène qui transpose l’intrigue dans un hôpital psychiatrique et en réduit les rebondissements à l&rsquo;état d&rsquo;images mentales produites par le cerveau malade de l&rsquo;héroïne ? Encore ces renversements axiologiques, qui font des gentils les vrais méchants et des méchants les vrais gentils, embourbant au passage les personnages dans un manichéisme qui aurait fière allure dans les productions les plus premier degré du bon vieux temps ? Encore ces protagonistes doublés ou triplés par des danseurs&nbsp;? Encore des treillis, des armées de figurants hagards et, mon Dieu, encore des vidéos pour souligner, surligner ou sous-titrer ce qui se déroule sur scène ?&nbsp;Encore, au fond, ce cadre, indéterminé et grisâtre, qui enferme toutes les œuvres dans la même gangue et passe les univers de chaque compositeur à la même moulinette, rendant Richard Wagner, Verdi, Mozart ou Strauss parfaitement interchangeables ?</p>
<p>Pourtant, il apparaît assez vite que <strong>Kirill Serebrennikov</strong> n’a pas eu recours à tous ces artifices par paresse ou par défaut d’inspiration. La richesse de sa réalisation ne saurait lui être contestée&nbsp;: l’esthétique d’ensemble maintient une vraie cohérence, et la vidéo projetée pendant le Prélude, montrant Gottfried se jeter à l’eau en dévoilant un gigantesque tatouage en forme d’ailes de cygnes, est un beau moment de poésie, qui donne en même temps une clef essentielle pour comprendre la suite du propos. Car ce <em>Lohengrin </em>fourmille d’idées – de tellement d’idées que ça finit même par devenir son problème majeur. La réécriture du premier acte, dans lequel tout se passe dans la tête d’Elsa (et pourquoi pas&nbsp;? elle arrive bien sur scène pour nous parler de ses rêves), percute ainsi douloureusement celle du deuxième, où Ortrud et Telramund manquent de crédibilité en couple de psychiatres portés sur l’hypnose. Autre changement de braquet, et approche plus substantielle pour la fin du deuxième acte et le troisième acte&nbsp;: dans une caserne où les soldats attendent de partir au combat quand ils ne meurent pas de leurs blessures, Elsa sort de ses hallucinations avant de s’éteindre, quand Ortrud, qui récupère au passage la dernière réplique de l’œuvre, pleure la mort de son mari. Ce monde marqué par la guerre aurait pu former un riche parti pris dramaturgique. Encore eût-il fallu pour cela faire l’effort de le projeter sur l’ensemble des personnages, à commencer par le premier&nbsp;: las, Lohengrin reste, tout au long de la représentation, un objet de rêve ou de cauchemar, une image sur laquelle tout glisse, et à qui personne n’adresse jamais la parole.</p>
<p>Ce traitement condamne <strong>Piotr Beczala</strong> à une espèce de figuration longue. C’est dommage, car son chevalier est sans doute l’un des plus beaux des trois ou quatre dernières décennies. Voix large et bien projetée accusant à peine un léger rétrécissement dans le haut registre, timbre toujours nimbé de lumière, souffle généreux pour un superbe «&nbsp;In fernem Land&nbsp;», il s’impose comme le chanteur le plus indubitablement adapté aux exigences de son rôle dans la distribution de ce soir. Son Elsa n’a certes pas de problème de format vocal&nbsp;: <strong>Johanni van Oostrum</strong> passe la rampe avec aisance, et compose une héroïne qui touche par son mélange d’obstination et de fragilité. Mais les sonorités se crispent et deviennent plus stridentes dès qu’il s’agit de chanter <em>forte</em>. Souveraine Brünnhilde et Isolde,<strong> Nina Stemme</strong> cherche peut-être, en Ortrud, un rôle plus court et mieux adapté à l’évolution de sa voix. Le début du deuxième acte lui permet de distiller les reflets fauves d’un timbre toujours magnétique : les choses se compliquent vite avec les écarts de registre et les la dièse exigés par ses imprécations.<strong> Wolfgang Koch</strong>, lui, a un peu les soucis inverses, qui sait maintenir la belle clarté de sa voix sans jamais aboyer son personnage, mais au prix d’un volume parfois confidentiel. Souffrant et remplacé pour la première il y a quelques jours, le roi élégant de <strong>Kwangchul Youn</strong>, fait encore profil bas, quand le Héraut de <strong>Shenyang</strong> s’occupe davantage de sa projection que de son intonation. Il en va un peu de même pour les chœurs, somptueux tant qu’on ne leur demande pas trop de nuances ni de subtilité dans les phrasés.</p>
<p>Tout le contraire d’<strong>Alexander Soddy</strong>, attentif aux équilibres sonores d’un orchestre de l’Opéra en très bonne forme, soucieux de ménager ses chanteurs par de superbes allègements de la masse instrumentale, mais en même temps maître d’une progression habilement menée jusqu’à de fulgurantes scènes finales. Où le théâtre, enfin, vient parfois enflammer une soirée où la scène se cherche encore.</p>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jul 2023 03:47:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et si Tristan et Isolde ne s’aimaient pas vraiment, et partageaient simplement un intense désir commun d’en finir ? C’est ce qui semble être l’idée de départ de cette production de Krzysztof Warlikowski, créée ici-même il y a deux ans. Idée appauvrissant évidemment le mythe, et dont l’exécution est très imparfaite, pour ne pas dire &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Et si Tristan et Isolde ne s’aimaient pas vraiment, et partageaient simplement un intense désir commun d’en finir ? C’est ce qui semble être l’idée de départ de cette production de <strong>Krzysztof Warlikowski</strong>, créée ici-même <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-munich-la-mort-plus-forte-que-lamour/">il y a deux ans</a>. Idée appauvrissant évidemment le mythe, et dont l’exécution est très imparfaite, pour ne pas dire ennuyeuse. L’acte I est assez plat : un couple bourgeois se déteste mais se trouve réunit sous l’effet du LSD qui leur fait voir le papier peint avec une profondeur et une intensité insoupçonnée. Ils chercheront ensuite à reproduire ce paradis artificiel de façon définitive à l’acte II, le plus réussi. Notamment dans la distance que s’imposent les deux amoureux, ne se prenant dans les bras l’un de l’autre qu’en présence du roi, alors que seuls, ils ne faisaient que chercher leurs mains, assis chacun dans un fauteuil. Image la plus marquante du spectacle et tout à fait fidèle à cette histoire d’amour dans laquelle les protagonistes entretiennent inconsciemment leur passion dans l’évitement permanent. Même histoire sur la vidéo projetée : le couple dans une chambre d’hôtel, allongé sur un lit, se touchant à peine les mains ; chambre inondée par la puissance de leur union, et se quittant dans un ultime sourire tandis que les chanteurs s’enlacent enfin pleinement dans la mort à l’avant-scène. Quant à la tablette qu’ils posent devant eux pendant le duo et dont Melot se saisit comme preuve de leur trahison, elle contient sans doute des pilules de poison, les mêmes qui les séparent sur le lit, telle l’épée dans le mythe. Autour d’eux, Brangäne est la bonne copine qui connait un bon dealer, Marke le père moralisateur (la drogue c’est mal) et Kurwenal le psychanalyste de Tristan.</p>
<p>A côté de cela, beaucoup de signes parasites ou contradictoires : une danse de pantins de crash test dont l’un semble soutenir l’autre pendant le prélude, pantins qui reviendront tendre les épées pour le duel, puis doubleront de façon anticipée les personnages au dernier acte, au milieu d’une floppée de pantins enfants à la table desquels Tristan vient s’asseoir. Miroir de l’issue tragique de ce crash amoureux ? Karéol le foyer bourgeois et ennuyeux de Tristan ? la famille qu’il fuit ? Celle qu’il aurait pu avoir avec Isolde ? Libre à chacun d’interpréter : la copie du divan de Freud à l’avant-scène le rappelle. Isolde qui joue avec l’interrupteur au début du second acte puis éteint la lumière en regardant Tristan blessé avec mépris : transposition moderne vraiment prosaïque du refuge nocturne. Le marin en slip et déguisé en Tristan, ou cupidon aux yeux bandés, que Brangäne vient soigner pendant le récit d’Isolde, comment dire ?</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Tristan_und_Isolde_2023_A.Kampe_S.Skelton_c_W.Hoesl__5_-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-138047"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Wilfried Hösl</sup></figcaption></figure>


<p>Heureusement les satisfactions musicales sont plus nombreuses. Un mot pour les excellents ténors seconds rôles (Melot et le marin notamment). Passons ensuite sur la Brangäne criarde de<strong> Jamie Barton</strong>, qui devient pourtant enfin touchante et bien chantante dans les avertissements puis les supplications finales. Saluons le talent intact de diseur de <strong>Wolfgang Koch</strong> qui sauve ses interventions à l’acte III, tout en regrettant qu’il soit inaudible avant. Reconnaissons que <strong>René Pape</strong> n’a plus la puissance d’autrefois, mais que le timbre reste somptueux et la ligne parfaite : son monologue a le charme intime d’un long lied.</p>
<p><strong>Stuart Skelton</strong> est un Tristan au timbre sublime, à l’émission élégante et juste et qui, contrairement à Aix, tient jusqu’au bout de la représentation. Bien sûr il s’économise à l’acte I, et même encore un peu trop pendant le duo : on aimerait plus d’emportements et de sensualité, mais c’est finalement assez cohérent avec la direction d’acteurs. Toute cette énergie retenue semble se déverser, libérée par l’absence d’Isolde, dans des monologues torrentiels et néanmoins parfaitement maitrisés. On regrettera surtout la petite bouteille pas très discrètement sortie du Chesterfield pour se désaltérer entre deux déclarations passionnées.</p>
<p>Les Anja se succèdent et ne se ressemblent pas, <strong>Anja Kampe</strong> est à un niveau d’excellence constant et assez bluffant pendant tout le spectacle. De l’Ortrud vociférante n’ayant pas peur des cris, à la Sieglinde incandescente aux aigus ronds et suaves, le grand écart est vertigineux sur toute la tessiture. Etonnant enfin son<em> Liebestod</em> : loin de l’habituelle course à la résolution de l’accord initial, plutôt une balade sereine proche de la berceuse, à l’intensité constante, comme si toute la fièvre avait été dissipée avant, quand elle croyait encore pouvoir sauver Tristan.</p>
<p>L’orchestre du Bayerische Staatsoper est lui à son meilleur sous la direction de <strong>Lothar Koenigs</strong>. Fabuleux de précision, de poésie et de colorations, la chair de poule nous vient dès l’ouverture, les volumes et l’énergie sont à la fois irrésistibles et canalisés (le début du duo). On critiquera seulement les différents plans sonores qui sont parfois un peu confus (l’arrivée en Cornouailles) ou les moments dramatiques qui manquent d’urgence (les arrivées de Marke), renforcés par une direction d&rsquo;acteurs qui cherche décidemment plus à signaler des intentions qu&rsquo;à construire le drame.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-munich/">WAGNER, Tristan und Isolde &#8211; Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>STRAUSS, Salome &#8211; Munich (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jul 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec la proposition de Krzystof Warlikowski dans le cadre du festival d’opéra estival de Munich, nous ne sommes pas en 30 après J.-C. en Galilée mais dans une demeure bourgeoise juive de la Mittel Europa au début du siècle, plus exactement dans la bibliothèque du riche Juif maître des lieux, Hérode. Il donne une soirée &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec la proposition de <strong>Krzystof Warlikowski</strong> dans le cadre du festival d’opéra estival de Munich, nous ne sommes pas en 30 après J.-C. en Galilée mais dans une demeure bourgeoise juive de la Mittel Europa au début du siècle, plus exactement dans la bibliothèque du riche Juif maître des lieux, Hérode. Il donne une soirée où se pressent étudiants orthodoxes aux longues mèches loubavitch enroulées sous leur chapeau, sans doute se reposant de leurs recherches à la Jeschiwa Chachmei de Lublin, accompagnés d’une famille (apparemment errante) avec valises et manteaux sur le dos et d’autres invités, des habitués élégants. Les soldats, nazaréens et autres personnages du drame straussien sont ainsi devenus des membres du clan ou des connaissances, toujours prêts à la controverse théologique.</p>
<p>Au tout début, un ami de la famille, Narraboth (le superbe ténor <strong>Evan LeRoy Johnson</strong> aux couleurs et timbre luxueux), jouant une scène curieuse avec le Page (la talentueuse <strong>Christina Bock</strong>), chante tristement déguisé en veuve, alors qu’il se fait dépouiller de ses bijoux par un personnage grotesque incarnant le Juif des caricatures antisémites habituelles – soit exactement une scène de « Monsieur Klein », le film de Joseph Losey. Ce ne sera pas la seule référence cinématographique de la soirée, citons « Festen » (Salomé plus tard sous la table du banquet de shabbat a sans doute été abusée par Hérode) ou « Portier de nuit » de Liliana Cavani pour les rapports troubles entre bourreaux et victimes.</p>
<p>Nous voilà avertis ; ce milieu juif éclairé (dont les étagères de la bibliothèque s’affaissent avec des  livres entassés, apparemment inutiles) se moque des quolibets et haines dont il fait l’objet. Il a tort évidemment, nous dit Warlikowski : un ennemi gronde en coulisses, c’est Jochanaan, (il est censé être dans la prison dont les barreaux visibles affleurent sous le plateau). Le prophète, qu’on verra donc refuser de céder aux avances de Salomé, annonce l’existence d’un Messie terrible et menaçant dont on se demande rapidement s’il ne s’agit pas d&rsquo;Adolf Hitler. On mesure vite le malaise induit par la relecture du mythe tout à fait désacralisé ici par le metteur en scène polonais (il est vrai que la concurrence est rude entre stars du même tonneau, habitués de nos scènes opératiques et menant désormais bien des chefs d’orchestre à l’abdication). <img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Salome_2023_C.Nylund_W.Koch_c_W.Hoesl__2_-4-1024x683.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Salome_2023_C.Nylund_W.Koch_c_W.Hoesl__2_-4-1024x683.jpg." /></p>
<p>Quand Jochanaan apparaîtra plus tard, cigarette à la main, c’est plus à Demis Roussos, qu’au terrible prophète biblique que <strong>Wolfgang Koch</strong> (en petite forme) nous fera penser. La faute à un costume ridicule fait d’un chandail troué bleu roi informe et à une voix qui résonne peu, presque ordinaire ce soir-là, sans ampleur ni style.</p>
<p><strong>Camilla Nylund</strong>, incarnant une Salomé plutôt star hollywoodienne des années 30 en robe rouge et perruque noire, n’a plus tout à fait la vocalité requise (on attend souvent en vain la stridence, les aigus acérés, la vaillance infatigable et même l’amplitude) et elle se trouve parfois en difficulté. Elle n’est guère aidée par les choix de la mise en scène, qui la condamnent à divers roulements par terre, courses, et autres gesticulations, et à une danse des voiles absurde (en robe de mariée avec un vieux danseur portant le masque de la mort. Strauss attendra encore la deuxième danseuse qu’il souhaitait). Mais son total engagement, l’activisme dément auquel elle se soumet entièrement – imposé par le metteur en scène – impressionnent. Elle récolte les acclamations méritées du public après la longue et éprouvante scène finale où elle jette toutes ses forces et tout son talent dans la réaffirmation implacable de son désir (« Ich habe deinen Mund geküsst ») face à un Hérode (Gerhard Siegel littéralement à bout de souffle) qui ne fait vraiment pas le poids. Certes le personnage doit être veule, mais il est ici un peu trop dépassé.</p>
<p>On a compris : Salomé voulait l’amour, le vrai, et elle est sacrifiée pendant qu’on se chamaille sur des vétilles et des points de dogme. Tuer Jochanaan ne suffira pas et son bourreau distribuera à la fin du spectacle du poison à tous les convives, qui s’empresseront de l’avaler pour un suicide collectif qui met très mal à l’aise. Voudrait-on nous dire que les Juifs sont responsables de leur destin atroce qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Une jolie fresque médiévale d’un bestiaire avec nombre de créatures imaginaires (une projection des fantasmes de l’amoureuse rejetée et une évocation des rêveries d’anciens sages hassidiques, inspirée des fresques de la synagogue de Chodorow) évoluant en fond de scène grâce à la vidéo n’y changera rien.</p>
<p style="text-align: left">Dans la fosse, le chef <strong>François-Xavier Roth</strong> n’a pas oublié le commandement straussien de traiter la partition comme si c’était de « la musique de fées » et du « Mendelssohn ». Il nous régale à chaque instant, qu’il déchaîne l’orchestre ou qu’il soigne tous les détails et moments afin de faire briller une orchestration magnifique. Le vrai désordre, la tendresse rare, les éclaircies divines viennent bien d’un très bel orchestre manifestement entraîné dans sa vision.</p>
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		<title>STRAUSS, Die Frau ohne Schatten &#8211; Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 13:21:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de Pâques, l’un des points d’orgue de la programmation du Festspielhaus de Baden-Baden, correspond cette année aux 25 ans de l’Institution et de l’immense salle aux 2500 places. Pour fêter l’anniversaire dignement, c’est un opéra hors normes qu’il fallait et on comprend aisément le choix de Die Frau ohne Schatten, opulent et fastueux &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/"> <span class="screen-reader-text">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten &#8211; Baden-Baden</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[Le Festival de Pâques, l’un des points d’orgue de la programmation du Festspielhaus de Baden-Baden, correspond cette année aux 25 ans de l’Institution et de l’<a href="https://www.forumopera.com/actu/baden-baden">immense salle</a> aux 2500 places. Pour fêter l’anniversaire dignement, c’est un opéra hors normes qu’il fallait et on comprend aisément le choix de <em>Die Frau ohne Schatten</em>, opulent et fastueux chef-d&rsquo;œuvre s’il en est, qui nécessite cinq voix d’exception, un orchestre hors pair et d’amples moyens. Pour la première du spectacle, l’impatience fébrile des mélomanes présents bien avant les premières mesures était palpable et un contentement manifeste à l’issue d’un spectacle ovationné avec ferveur se voyait sur les visages lumineux et comblés. Il est fort à parier que l’on se souviendra longtemps de la fête sonore vécue dans la ville thermale ; en revanche, il n’est pas si sûr que la vision de <strong>Lydia Steier</strong>, qui avait déjà abordé <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/salome-paris-bastille-du-sang-du-sexe-et-une-grande-salome/">Salomé</a> </em>à Paris et <em>Le Chevalier à la rose</em> à Lucerne, puisse figurer parmi les mises en scène de référence de l’œuvre.

La metteuse en scène américaine a choisi de rajouter un personnage fondamental, celui d’une toute jeune fille dont on perçoit le rêve (mention spéciale à la jeune interprète <strong>Vivien Hartert</strong>). L’action se situe dans le dortoir d’un couvent où l’héroïne et ses compagnes sont surveillées par des nonnes en cornettes. Dans des locaux sinistres à peine agrémentés d’une reproduction de la <em>Madone Litta</em> de Léonard de Vinci, la jeune héroïne a peut-être perdu son enfant ou a accouché, on ne sait trop, mais l’ambiance évoque l’univers du terrible film <em>The Magdalene Sisters</em>. Le monde de l’Empereur, le terrain de chasse où il a capturé une gazelle (magnifique costume de <strong>Katharina Schlipf</strong>), transformée en femme et devenue Impératrice, ressemble à une grande scène vide surmontée d’un escalier tout droit sorti d’une comédie musicale de Broadway. Lydia Steier assume avoir voulu s’adresser aussi bien aux fins connaisseurs qu’aux néophytes, dans une démarche très « <em>Entertainment</em> ». Le couple impérial esquisse ainsi des pas de danse dans une lignée hollywoodienne ou fellinienne, à la façon de Fred et Ginger au Lido. Le faucon porte d’ailleurs l’un de ces costumes. Quant à l’univers du teinturier et de son épouse, il est littéralement ancré dans les obsessions de l’intrigue : le manque d’enfants. Ainsi, une sorte de boutique-usine très années cinquante rose layette nous met en présence de manutentionnaires qui fabriquent des bébés dont on n’arrive pas très bien à comprendre s’il s’agit de petits baigneurs, de poupées, d’embryons ou de vrais enfants, que des couples viennent acheter et récupérer emballés dans du nylon, tout en s’extasiant devant leur acquisition comme s’il s’agissait de vrais poupons. Le spectateur peut demeurer dubitatif et se demander où veut vraiment en venir Lydia Steier : condamne-t-elle le trafic de bébés, l’emprise, voire l’esclavage, l’idée qu’une femme ne peut être entière si elle n’a pas enfanté ? Sans doute un peu tout ça. Mais les questions que suscitent ces tableaux visuels aux télescopages parfois abscons encombrent l’esprit jusqu’à la perplexité et une certaine frustration de ne pas tout saisir, ce qui va jusqu’à potentiellement perturber l’écoute. Cela dit, l’ambition qui se traduit par des recherches et des trouvailles visuelles vivifiantes reste à saluer, même si on aurait aimé qu’elles collent davantage au propos. À cet égard, le travail sur les ombres et l’absence de celle de l’impératrice est à souligner, car très réussi.


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="535" class="wp-image-128405 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Hartert_Heever_c-Martin-Sigmund7-1024x535.jpg" alt="" />
<figcaption class="wp-element-caption"><sup>Die Frau ohne Schatten © Martin Sigmund</sup></figcaption></figure>
<span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">Si le plateau vocal est de haut vol, une voix se détache, absolument impériale, tout en déployant des trésors d’humanité, de délicatesse et de fraîcheur : il s’agit de celle d’</span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Elza van den Heever</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">, merveilleuse impératrice. L’autorité, la puissance et la précision de l’émission laissent pantois, quand les aigus transportent tant ils sont agiles et fluides jusqu’à l’évanescence. En nourrice maléfique et perfide, </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Michaela Schuster</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit"> s’impose d’abord par une présence scénique évidente mais aussi avec une noirceur de timbre où l’aigreur perverse alterne avec une douceur enamourée en présence de celle qu’elle vénère. </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Miina-Liisa Väreläschatten</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">, en teinturière exaltée et maîtresse femme qui ne s’en laisse pas conter, alterne néanmoins autorité et puissance d’avion au décollage avec frémissements amoureux irrésistibles de sensualité câline. </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Clay Hilley</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit"> semble n’avoir pas plus de difficultés avec le répertoire de Strauss qu’avec celui de Wagner. Vaillance, expressivité teintée de noblesse, le ténor est souverain. Le Barack de </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Wolfgang Koch</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">, largement célébré par le passé, s’impose toujours davantage, dans toute la palette de ses contradictions si humaines. Les duos, trios ou quatuors sont d’une ductilité et d’une beauté à ravir. Les chœurs et voix de l’au-delà magnifient l’ensemble, quoique certaines interventions se font en coulisses et sont sonorisées, ce qui rend encore plus irréelle la qualité vocale générale.</span>

Mais les triomphateurs absolus de la soirée sont dans la fosse. <strong>Kirill Petrenko </strong>et les musiciens du <strong>Berliner Philharmoniker</strong> nous font apprécier la moindre note de l’immense partition de Strauss avec génie et opulence. Emportés dans une vague déferlante enivrante dont chaque gouttelette sonore scintille de tous ses feux, les spectateurs sont à la fois submergés et subtilement caressés de notes délicates et subtilement raffinées, sonorités encore magnifiées par les instruments de complément, dont l’harmonica de verre aussi limpide que luxuriant. Un pur enchantement.

Le Berliner Philharmoniker retournera à Salzbourg à partir du Festival de Pâques 2026 alors qu’il se produisait à Baden-Baden depuis 2013. Mais ce départ annoncé ne signifie pas la fin de la collaboration du prestigieux ensemble avec le Festspielhaus, qui continuera à l’accueillir régulièrement. En attendant, les musiciens animent le Festival de Pâques jusqu’au 10 avril prochain, une manifestation placée cette année sous le signe de la femme et de la musique à Vienne autour de 1900. On connaît du reste déjà le programme de l’Oster Festspiele Baden-Baden de l’an prochain : on reprend (presque) les mêmes pour un Pâques 2024 doté d’une <em>Elektra</em>, avec Kirill Petrenko et le Berliner, bien sûr, mais aussi Elza van den Heever, Michaela Schuster, Johan Keuter et Nina Stemme.<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten &#8211; Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BRAHMS, Ein deutsches Requiem — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/requiem-allemand-de-brahms-paris-philharmonie-paris-philharmonie-un-requiem-sans-temps-mort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Andre Peyregne]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p> George Bernard Shaw disait : « Dans le Requiem allemand de Brahms, il n’y a que le cadavre qui puisse écouter sans perdre patience ! »  Quelle injustice à l’égard de ce chef-d’œuvre ! Pendant toute sa durée, il n’y a pas un instant où la musique ne soit frémissante, chargée d’âme et d’émotion. Elle vaut autant par ses envolées romantiques que par ses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><em> </em><cite>George Bernard Shaw disait : « Dans le Requiem allemand de Brahms, il n’y a que le cadavre qui puisse écouter sans perdre patience ! »</cite><i> </i><i></p>
<p></i></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><cite>Quelle injustice à l’égard de ce chef-d’œuvre ! Pendant</cite><i> </i><cite>toute sa durée,</cite><i> </i><cite>il n’y a pas un instant où la musique ne soit frémissante, chargée d’âme et d’émotion.</cite><i> </i><cite>Elle</cite><i> </i><cite>vaut autant par ses envolées romantiques que par ses passages intimes inspirés à</cite><i> </i><cite>Brahms</cite><i> </i><cite>par la</cite><i> </i><cite>douleur de la</cite><i> </i><cite>mort de sa mère.</cite><i> </i><cite>Il</cite><i> </i><cite>n’y a pas un instant où l’on s’ennuie. Dans tout ce Requiem, il n’y a pas… un temps mort !</cite><i></p>
<p></i></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><cite>Nous l’avons entendu à la Philharmonie de Paris.</cite><i> </i><cite>La masse impressionnante du chœur était installée au-dessus de l’<strong>Orchestre de Paris</strong></cite><i> </i><cite>dans un espace</cite><i> </i><cite>habituellement réservé au public.</cite><i> </i><cite>Au-dessus du chœur se trouvait</cite><i> </i><cite>le grand orgue. La vision impressionnante de</cite><i> </i><cite>cet ensemble</cite><i> </i><cite>donnait une image de</cite><i> </i><cite>la</cite><i> </i><cite>toute-</cite><cite>puissance de la musique avant même que</cite><i> </i><cite>les</cite><i> </i><cite>premières</cite><i> </i><cite>notes</cite><i> </i><cite>n’aient été entendues.</cite><i> </i><i></p>
<p></i></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><cite>Ces premières notes, la cheffe<strong> Simone Young</strong></cite><i> </i><cite>les</cite><i> </i><cite>fit monter</cite><i> </i><cite>dans un climat mystérieux et magique</cite><i> </i><cite>qui nous saisit dès le début. On entendit sortir du silence</cite><i> </i><cite>la</cite><i> </i><cite>gamme sinueuse si bémol-do-ré-do-si bémol-la-sol-la qui</cite><i> </i><cite>gagne lentement</cite><i> </i><cite>les cordes de l’orchestre</cite><i> </i><cite>au début de l’œuvre</cite><i> </i><cite>et sur laquelle</cite><i> </i><cite>s’installe le murmure du chœur : « Selig sie, die da Leid tragen » (« Bienheureux ceux qui souffrent parce qu’ils seront consolés »).</cite><i> </i><i></p>
<p></i></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><cite>Tout au long de l’œuvre, Simone Young</cite><i> </i><cite>dirigea avec une permanente</cite><i> </i><cite>souplesse</cite><i> </i><cite>des bras, des mains, du corps.</cite><i> </i><cite>Il y eut</cite><i> </i><cite>pourtant</cite><i> </i><cite>des</cite><i> </i><cite>passages où</cite><i> </i><cite>elle n’arriva pas à</cite><i> </i><cite>transmettre cette souplesse à ses musiciens et choristes et où la musique sembla avancer</cite><i> </i><cite>de façon</cite><i> </i><cite>métronomique là où nous aurions aimé</cite><i> </i><cite>un grand</cite><i> </i><cite>phrasé</cite><i> </i><cite>romantique. Simone Young</cite><i> </i><cite>maîtrisa</cite><i> </i><cite>admirablement</cite><i> </i><cite>d’autres passages, notamment</cite><i> </i><cite>les</cite><i> </i><cite>épisodes</cite><i> </i><cite>fugués.</cite><i> </i><cite>Elle retrouva à la fin l’atmosphère paradisiaque du début.</cite><i> </i><i></p>
<p></i></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><cite>Deux solistes interviennent épisodiquement dans cette œuvre, une</cite><i> </i><cite>soprano</cite><i> </i><cite>pour</cite><i> </i><cite>chanter « Comme un homme que console sa mère, je vous consolerai » et un baryton pour exprimer l’angoisse de l’homme face à son destin. La soprano</cite><i> </i><strong><cite>Elza van den Heever</cite></strong><i> </i><cite>et la basse <strong>Wolfgang Koch</strong> nous ont</cite><i> </i><cite>semblé l’un et l’autre</cite><i> </i><cite>mal à l’aise.</cite><i> </i><cite>Tous deux,</cite><i> </i><cite>qui</cite><i> </i><cite>sont pourtant fort estimés sur la scène internationale,</cite><i> </i><cite>eurent</cite><i> </i><cite>un vibrato excessif, le baryton</cite><i> </i><cite>accusant</cite><i> </i><cite>même des défauts de justesse.</cite><i> </i><cite>En première partie du concert, la soprano nous avait pourtant gratifié de bien beaux Lieder de Berg.</cite><i> </i><i></p>
<p></i></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><cite>Côté chœur aucune réserve. Une totale admiration devant la précision et la qualité du travail accompli. C’est le chœur qui</cite><i> </i><cite>fit vibrer</cite><i> </i><cite>à la fin cette musique</cite><i> </i><cite>sublime</cite><i> </i><cite>qui,</cite><i> </i><cite>partie du néant, y revenait, et s’achevait sur le plus simple des accords de</cite><i> </i><cite>fa majeur. La salle</cite><i> </i><cite>fut alors plongée</cite><i> </i><cite>dans un silence admiratif et religieux qui</cite><i> </i><cite>dura plusieurs secondes.</cite><i> </i><cite>On peut en la circonstance adapter à Brahms cette phrase célèbre « Le silence qui suit Mozart est encore de Mozart ». Ce n’est pas du Shaw mais du Guitry !</cite><em> </em></p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif"><i></p>
<p></i></p>
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		<title>Paul HINDEMITH : Mathis der Maler (Naxos)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/paul-hindemith-mathis-der-maler-naxos-mathis-blockbuster/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Hindemith n&rsquo;a pas la postérité facile, mais il l&rsquo;a un peu cherché. On s&rsquo;y retrouve difficilement dans un catalogue de plus de 400 opus, aux instrumentations toutes plus tordues les unes que les autres (essayez la <em>4e Kammermusik</em> ou les pièces pour heckelphon ou trio de trautoniums). <em>Mathis der Maler</em> a peu à peu gagné sa place sur les scènes des maisons allemandes et autrichiennes, mais ici encore, Hindemith ne nous avait pas facilité la vie. Mathis est une sorte de réflexion théologico-artistique qui a le mérite d&rsquo;être suffisamment complexe pour avoir besoin de s&rsquo;étirer sur 3h20 de musique. Mais malgré un sujet peu avenant, l&rsquo;œuvre réserve de belles surprises à qui sait tendre l&rsquo;oreille.</p>
<p>Profitant du flou qui entoure la biographie de Mathias Grünewald, maître du retable d&rsquo;Issenheim, Hindemith en fait un personnage tourmenté par les drames de son temps. L&rsquo;Allemagne est ravagée par les conflits religieux, alors que Mathis est employé par l&rsquo;archevêque de Mayence Albrecht de Brandenbourg. Le peintre est incessamment tiraillé entre la nécessité de poursuivre son œuvre et l&rsquo;envie de contribuer activement à un monde plus juste : « Le cri d&rsquo;angoisse de mes frères paralyse ma main », s&rsquo;exclame-t-il désespéré. Plus qu&rsquo;une sombre élucubration théologique, <em>Mathis</em> est avant tout une réflexion sur la capacité d&rsquo;un artiste à créer en temps de désastre. Composée à l&rsquo;aube du nazisme, rapidement estampillée « dégénérée » par le régime, le destin de la partition se teinte inévitablement d&rsquo;un prophétisme dont l&rsquo;auteur se serait pourtant volontiers passé.</p>
<p>Le réel reproche que l&rsquo;on peut adresser à <em>Mathis</em>, c&rsquo;est son écriture vocale. Hindemith retranche tous ses chanteurs dans leurs extrêmes limites aigües, ce qui, au bout de sept tableaux, les fatigue immanquablement. Dans une distribution, c&rsquo;est donc celui qui trichera le mieux pour se ménager tout au long du spectacle qui fera la meilleure impression. <strong>Magdalena Anna Hofman</strong> (Helfenstein) et <strong>Charles Reid</strong> (Capito) livrent tout deux une performance honorable, car leurs rôles sont moins exposés aux assauts dramatiques de la partition. <strong>Martin Snell</strong> est un Pommersfelden retenu, mais juste dans son incarnation et en bonne forme vocale. Il en va de même pour le Reidinger de <strong>Franz Grundheber</strong>, qui tire astucieusement son épingle du jeu scénique. <strong>Raymond Very</strong> est déjà moins à l&rsquo;aise, car plus sollicité : Hans Schwalb est un guerrier intrépide, et il se doit de hurler ses aigus en conséquence. Le ténor est manifestement mis à mal par ce défi, et son jeu d&rsquo;acteur en pâtit aussi. L&rsquo;approche de <strong>Katerina Tretyakova</strong> est plus intelligente : elle aussi souffre des difficultés de la partition, mais elle reporte toutes ses tensions sur l&rsquo;interprétation scénique du rôle, livrant un portrait crédible et touchant de Regina. De cette surenchère aux décibels, <strong>Manuela Uhl</strong> sort certainement gagnante. Avec sa projection phénoménale, elle passe sans difficulté au dessus de l&rsquo;orchestre parfois chauffé à blanc. On regrette que cette puissance se fasse parfois au détriment de la sensibilité musicale. La partie d&rsquo;Albrecht de Brandenbourg est certainement la plus ingrate de toutes. A ce titre, <strong>Kurt Streit</strong> s&rsquo;en sort plutôt bien, compensant ses aigus parfois stridents et instables par un investissement scénique sans faille. Dans les quelques moments de douceur offerts par la fin des 5e et 7e tableaux, quelques couleurs mozartiennes viennent même illuminer ce personnage complexe forgé par Hindemith. <strong>Wolfgang Koch</strong> triomphe réellement des difficultés du rôle-titre. Sans jamais faillir vocalement, on sent le baryton pleinement habité par son personnage. Ne faisant qu&rsquo;un avec la musique, il nous communique ses souffrances et ses doutes comme s&rsquo;ils étaient les siens.</p>
<p>On regrette un peu l&rsquo;allemand de cuisine du Slovak Philharmonic Choir, qui, du reste, se démène plutôt bien dans les grandes scènes d&rsquo;ensemble. Dans la fosse, <strong>Bertrand de Billy</strong> donne à la musique d&rsquo;Hindemith une transparence qu&rsquo;on ne lui soupçonnait pas. Entre d&rsquo;épais chorals et des fugues d&rsquo;école, la partition révèle ainsi de vrais moments de poésie et de chatoyance.</p>
<p>Peu fêté en France, <strong>Keith Warner</strong> est l&rsquo;un des grands noms de la mise en scène outre-Rhin. A rebrousse-poil du <em>Regietheater</em>, ses propositions scéniques se distinguent par une grande richesse d&rsquo;événements : changements de décors, lumières, accessoires, costumes à foison&#8230; Sa lecture de ce Mathis conçu pour le Theater an der Wien ne fait pas exception, mais on vient à se demander si l&rsquo;œuvre ne méritait un peu plus de retenue. Dès que possible, Keith Warner enfonce le clou, jouant parfois trop rapidement la carte du grandiose ou du pathétique. La direction d&rsquo;acteur est souvent misérabiliste, et les scènes chorales tiennent plus de Broadway que de Mayence. A l&rsquo;inverse, les batailles et le rêve de Mathis façon tentation de Saint Antoine semblent en dessous de leur possibilités. L&rsquo;œuvre est coulée dans un moule bariolé, qui tente de faire d&rsquo;un opéra somme toute assez métaphysique une sorte de blockbuster mâtiné de Jesus Christ Superstar. Il paraît qu&rsquo;Hindemith avait de l&rsquo;humour. Il aurait sûrement aimé !</p>
<p> </p>
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