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	<title>Vincent AGRECH - Auteur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Vincent AGRECH - Auteur - Forum Opéra</title>
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		<title>Survivre au confinement : les conseils de la rédaction (3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Mar 2020 22:12:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En ces temps incertains où le meilleur rempart au virus ambiant est encore de rester chez soi, Forum Opéra vous propose quelques conseils de livres, enregistrements et DVD susceptibles d’occuper vos longues journées et soirées en musique. Après l&#8217;édition du 14 mars et celle du 21 mars, voici une troisième salve de suggestions. Nos conseils &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify"><strong>En ces temps incertains où le meilleur rempart au virus ambiant est encore de rester chez soi, Forum Opéra vous propose quelques conseils de livres, enregistrements et DVD susceptibles d’occuper vos longues journées et soirées en musique. Après l&rsquo;édition <a href="https://www.forumopera.com/actu/survivre-au-confinement-les-conseils-de-la-redaction-1">du 14 mars</a> et celle <a href="https://www.forumopera.com/actu/survivre-au-confinement-les-conseils-de-la-redaction-2">du 21 mars</a>, voici une troisième salve de suggestions.</strong></p>
<hr />
<ul>
<li><strong>Nos conseils livres :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/9782330086312_0.jpg?itok=O5C6oJA5" style="width: 100px;height: 189px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" /></p>
<p><strong>Alain Duault</strong> <a href="https://www.forumopera.com/livre/johann-strauss-le-pere-le-fils-et-lesprit-de-la-valse-les-valseurs">retrace la vie des Strauss</a> sur le rythme virevoltant de leur art.  On suit au fil des mots le duel singulier que se livrent par valses interposée le père et le fils, qui atteindra son paroxysme sur fond politique. Mais au-delà du récit biographique, c’est l’influence de la valse sur les codes sociaux de l’époque qui est aussi mise en lumière. Avec la libération des corps et l’affirmation de l’individu, la valse se met au diapason des aspirations de liberté qui soufflent sur l’Europe en cette fin de siècle.</p>
<p>Aedam Musicae, 2018, 104 p.</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/91kf1ywgyrl.jpg?itok=YcMrgLh9" style="width: 100px;height: 127px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" /></p>
<p dir="ltr"><strong>Michelle Friche</strong>, journaliste au <em>Soir </em>de Bruxelles, livre un portrait saisissant de <strong>José van Dam</strong>, dans l’écrin d’une écriture sublime. A travers divers entretiens, rôle après rôle, l’auteure retrace le parcours d’une des plus belles voix de l’art lyrique mais aussi d&rsquo;un artiste discret, qui a toujours préféré l’ombre de l’humilité à la lumière de la notoriété. Elle capte par les mots l’essence d’un homme qui ne vit pas pour ses heures de gloire passées mais le regard tourné vers l’avenir, celui des jeunes à qui il transmet l’art du beau chant.</p>
<p>Buchet Chastel, mars 1988, 192p.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/91lbx78odl.jpg?itok=PWcRZaXC" style="width: 100px;height: 159px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" /></p>
<p style="text-align:justify">Une passionnante enquête sur le <i>Sistema</i> qui doit en partie sa notoriété à <strong>Gustavo Dudamel</strong> et son orchestre Bolívar qui a brillé par sa versatilité et virtuosité. Sauver de la délinquance les jeunes des bidonvilles par la musique, est une noble cause. Mais le Sistema tout comme son fondateur, aussi adulé que décrié, est au cœur des questionnements. Œuvre altruiste, n’est-il pas aussi instrument de propagande politique ? Un livre qui se lit comme un roman à la fois bouleversant et intriguant.</p>
<p>Stock, mai 2018, 320 p.<br />
 </p>
<p> </p>
<ul>
<li><strong>Nos conseils CD :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/71ns82lyzvl._ss500__0.jpg?itok=xM9-hnxA" style="width: 100px;height: 100px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" /></p>
<p>Adèle Charvet est l’une des révélations vocales de l’année. <a href="https://www.forumopera.com/cd/long-time-ago-et-puis-quoi-encore">Son album <em>Long time ago</em></a> qui se balade en bord d’Hudson, est à l’image de l’artiste : une bouffée d’oxygène. Timbre chatoyant et velouté, diction impeccable, pétrie d’énergie, la jeune mezzo se fond avec une aisance sidérante dans tous les répertoires et nous fait voyager hors des sentiers balisés. L’éblouissant éclat de la jeunesse !</p>
<p>1 CD Alpha<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/arianna_richard_boll_0.jpg?itok=5YbHaAoV" style="width: 100px;height: 100px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" />L’éclectique <strong>Kate Lindsey</strong> fait revivre avec une belle poésie musicale, les tourments d’une héroïne déchirée, Ariane à Naxos, <a href="https://www.forumopera.com/cd/arianna-a-coeur-vaillant">vue par trois maîtres du baroque</a>. Dans autant de clairs-obscurs musicaux où se succèdent airs et récitatifs  tantôt lents, tantôt  rapides, l&rsquo;artiste donne corps aux tourments du personnage avec un engagement total.  Un disque à cœur vaillant dont on ne se lasse pas.</p>
<p>1 CD Alpha<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/61bnqux6gdl._sl1200_.jpg?itok=5YeC0red" style="width: 100px;height: 100px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" />Deux solistes, <strong>Andreas Scholl </strong>et <strong>Barbara Bonney</strong>, magnifient le récit de ce poème de la douleur. Leur complémentarité dans une lecture subtile s’illustre d’emblée dès le duo introductif où les deux voix se mêlent dans l’alchimie des timbres. Ils y distillent une tristesse lumineuse, comme une flamme qui vacille mais ne s’éteint pas. Un disque aux délicates et poignantes arabesques vocales qui laisse une empreinte d’éternité.</p>
<p>1 CD Decca<br />
 </p>
<ul>
<li><strong>Nos conseils DVD :</strong></li>
</ul>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/61krcptpg5l._sy445__0.jpg?itok=HZc6uwtQ" style="width: 100px;height: 142px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" /></p>
<p><a href="https://www.forumopera.com/dvd/madama-butterfly-a-quoi-sert-un-dvd">Une magnifique <em>Butterfly</em></a><em> </em>dominée par la présence incandescente d’<strong>Ermonela Jaho</strong> qui épouse de tout son être le destin de la geisha au crépuscule de sa vie. La voix se distingue non par sa puissance, mais par son sens inné des nuances qui porte au sublime les douleurs lancinantes du personnage.  La superbe Suzuki d&rsquo;<strong>Elisabeth DeShong</strong> et le Pinkerton de <strong>Marcelo Puente</strong> brillent aussi de leur présence sous la direction d’un <strong>Pappano </strong>survolté qui donne une amplitude presque épique à la partition puccinienne.</p>
<p>1 DVD Opus Arte<br />
 </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/612mtxwitl._ac_sy879__0.jpg?itok=HelNf8pe" style="width: 100px;height: 136px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" />Cette <a href="https://www.forumopera.com/dvd/haendel-le-messie-herve-niquet-rejoice">toute récente captation</a> dans la sublime chapelle de Versailles, donne toutes ses lettres de noblesses au <em>Messie </em>de Haendel. Sous la direction étincelante d’<strong>Hervé Niquet</strong> qui nous rappelle ici quel chef d’exception il est, les quatre solistes, tous fins musiciens, sont les émissaires du chant pur, dans les nuances les plus subtiles et une diction parfaite de la langue anglaise. Chacune de leurs interventions se transforme en moment de grâce. Un pur joyau.</p>
<p>1 DVD Château de Versailles Spectacles</p>
<p> </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/61s9y4qykql._ac_sl1200_.jpg?itok=qvv9IZGt" style="width: 100px;height: 141px;margin-left: 5px;margin-right: 5px;float: left" />Cette <em>Bohème </em>atemporelle, captée à Zurich, poétise le drame et suscite le frisson. <strong>Cristina Gallardo Domâs</strong> est Mimì, par tous les pores de sa peau, dans ses joies simples et sa souffrance. Le regretté <strong>Marcello Giordani</strong> livre un Rodolfo bouleversant, avec cette voix solaire et ses aigus étincelants qui ont fait sa notoriété. A leur côté, <strong>Michael Volle</strong> et <strong>Elena Mosuc</strong> offrent, un duo Marcello/Musetta à la fois truculent et émouvant. <strong>László Polgár</strong> en Colline et <strong>Cheyne Davidson</strong> en Schaunard complètent magistralement cette belle distribution. Une perle.</p>
<p>1 DVD EMI Classics</p>
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		<title>Philippe Jaroussky, seule compte la musique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Dec 2019 16:58:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> « Philippe Jaroussky a débuté sa carrière il y a tout juste vingt ans. Qui aurait osé affirmer, en ces derniers mois du XXe siècle, que le contre- ténor égalerait un jour en popularité le ténor-tout-court serait passé pour un doux hurluberlu. Aujourd’hui, pourtant, les faits sont là. À l’aune d’indicateurs tels que les ventes de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong> « <em>Philippe Jaroussky a débuté sa carrière il y a tout juste vingt ans. Qui aurait osé affirmer, en ces derniers mois du XXe siècle, que le contre- ténor égalerait un jour en popularité le ténor-tout-court serait passé pour un doux hurluberlu. Aujourd’hui, pourtant, les faits sont là. À l’aune d’indicateurs tels que les ventes de disques, les consultations d’extraits sur internet et les couvertures de magazines, Philippe est l’un des chanteurs lyriques les plus connus au monde.</em> ». La célébration de ces 20 premières années de carrière à offert au journaliste et producteur Vincent Agrech l’opportunité d’un livre d’entretien, <em>Seule compte la musique</em>, à paraître dans la collection Via Appia le 4 décembre prochain. En exclusivité, morceaux choisis.</strong></p>
<hr />
<p><strong>Violon ou chant ? </strong></p>
<p>« Coup du hasard ou du destin, le jour où j’ai raté mon concours d’entrée à Boulogne en classe de violon, j’ai discuté avec un autre recalé qui faisait déjà du chant. Je pensais monter au contre- ut en voix de tête, il ne m’a pas cru et m’a mis au défi. Constatant que je disais vrai, il m’a présenté à Fabrice Di Falco, l’un des rares sopranistes de l’époque. Rencontre déterminante. Fabrice fut le premier contre-ténor que j’entendis en concert – dans une église du XIIIe arrondissement, un soir de 1995. Le choc fut immédiat. Je me projetai immédiatement dans cette voix, comme quelques années plus tôt dans le violon. J’aurais pu à nouveau me surestimer et me brûler irrémédiablement. Sans doute ne suis-je parfois pas passé loin. On ne peut probablement pas avancer sans cette folle arrogance, sans la certitude de parvenir à faire autant ou mieux que les autres, d’avoir quelque chose à dire au public et de mériter sa place sur scène. Autour de moi, les réactions étaient pourtant prudentes. « C’est joli… mais c’est petit ! » commenta Nicole Fallien, la première professeure de chant devant qui j’auditionnai. Elle affirme que je lui aurais répondu du tac au tac que j’y arriverais à force de travail et de volonté. Bizarrement, j’ai occulté le souvenir de cette réponse. Ce qui est certain, c’est que Nicole est toujours ma professeure de chant aujourd’hui, vingt- deux ans après. »</p>
<p><strong>Contre-ténor ou baryton ? </strong></p>
<p>« Je suis, dans ma « voix d’homme », un baryton, qui monte facilement en tête dans le registre de mezzo léger. Souvent, j’ai dit en plaisantant avoir une octave dans la voix… mais savoir m’en servir ! Les grands castrats avaient un ambitus plus large… C’était le cas de mon héros Carestini. Le travail m’a permis de me confronter à certains de ses rôles, en particulier Ruggiero dans <em>Alcina</em>. Carestini répugnait à chanter l’air « Verdi prati » qu’il jugeait trop simple – Haendel, lui, avait parfaitement compris quelle poésie nouvelle surgirait de ce dépouillement. Mais je sais aujourd’hui relever les défis virtuoses de « Stà nell’Ircana » – les vocalises ne m’ont de toute façon jamais posé problème, la difficulté venait du moindre volume de mon grave. Je passe en voix de tête un ton plus haut maintenant qu’il y a dix ans, ce qui me permet de donner plus de consistance à mon registre de poitrine. J’aurais adoré avoir la tierce de plus vers le bas qui m’aurait autorisé Ariodante. Mais ne pas disposer de toutes les facilités incite à chercher d’autres solutions, sur le plan technique et musical. Si je n’ai pas conservé longtemps un registre suraigu, le haut de ma tessiture, entre mi et sol, a toujours été facile, et sa couleur enfantine a sans doute fait beaucoup pour mon succès, car elle marque rapidement l’oreille. C’est probablement la partie de ma voix qui se rapproche le plus des sons que pouvaient émettre les castrats. Et ne l’oublions pas : cet aigu est à l’origine de mon choix. Le plaisir de ces résonances, perdu à l’instrument et conquis avec le temps dans le médium, est ce qui m’a redonné à 17 ans la joie de faire de la musique. »</p>
<p><strong>Haendel ou Vivaldi ?</strong></p>
<p>« J’ai souvent comparé Vivaldi à un excellent champagne et Haendel à un grand Bordeaux… Comme tous les compositeurs du temps, il arrivait à ce dernier de s’auto-p lagier d’une œuvre à l’autre et de reprendre les airs d’autres compositeurs, mais quasiment jamais sans adapter la pièce à un contexte musical et dramatique nouveau, parfois par d’infi mes variations de la mélodie,  de l’harmonie ou de l’instrumentation qui font toute la différence. À l’inverse, Vivaldi pouvait être le meilleur ennemi de lui-m ême, jusqu’à une certaine malhonnêteté artistique. On connaît les lettres au compositeur du directeur du théâtre de la Pergola à Florence, menaçant de revoir son cachet s’il ne lui livrait pas assez de musique nouvelle… Comme interprète, nous avons parfois ce sentiment qu’il abuse, que Vivaldi nous fait du « Vivaldoche ».</p>
<p><strong>Max-Emanuel Cencic ou Franco Fagioli ? </strong></p>
<p>« Max est à peu près mon opposé en tout. Contrairement à moi, il a toujours chanté – comme Bejun. Lorsque nous avons pour la première fois partagé la scène dans <em>Il sant’Alessio</em>, il avait 30 ans, dont vingt-trois de carrière ! Il a surmonté les obstacles de la mue puis l’épreuve d’une reconfiguration complète de sa technique, après avoir estimé que le registre de soprano ne lui convenait plus. Esprit sans cesse en mouvement, sa culture paraît sans limite sur nombre de sujets souvent éloignés de la musique. Nous écoutions les disques l’un de l’autre et sommes tout naturellement allés prendre un café ensemble le jour de notre rencontre. Par- delà nos différences de parcours et de tempérament, deux points communs ont cimenté notre entente. D’abord, notre passion pour les œuvres rares, les inédits, la partition inconnue enfouie telle un trésor au fond d’une bibliothèque. Ensuite, le besoin d’action qui découle de cet appétit musical. Le téléphone ne sonnera pas, ou très rarement, pour nous engager hors des sentiers battus. Il faut créer les occasions, s’inventer entrepreneur en fondant son ensemble, sa société de production, en dirigeant, en signant des mises en scène, comme Max vient de commencer à le faire. En plus de son talent personnel, de cette magnifique voix de bronze, il est ainsi devenu l’avocat le plus enthousiaste des contre- ténors et de leur répertoire, et nous lui sommes tous redevables des risques qu’il a pris.</p>
<p>[…] Les moyens exceptionnels de Franco lui ont permis de s’emparer des rôles de castrat les plus lourds, non seulement dans l’opéra napolitain et chez Haendel, mais jusqu’à Mozart, où il n’est pas le premier à s’aventurer mais a démontré qu’il n’y avait aucune raison de les réserver aux interprètes féminines. Avec sa technique alliant toutes les ressources de la voix de poitrine et de la voix de tête, il est certainement plus proche du son que Mozart avait en tête pour <em>Lucio Silla</em> ou <em>La Clémence de Titus.</em> Après avoir chanté le seul rôle écrit par Rossini pour un castrat dans <em>Aureliano in P almira</em>, Franco ose aujourd’hui ceux de travestis écrits pour des femmes, comme Arsace dans <em>Semiramide</em>. Je ne serais pas surpris que d’ici quelques années, ces <em>trouser roles</em>, comme les anglais appellent les personnages masculins confiés à des chanteuses, voient régulièrement alterner des artistes des deux sexes. »</p>
<p><strong>Scientifique ou musicien ? </strong></p>
<p>« Je ne suis pas scientifique, seulement musicien. L’expérience, la démonstration de ces théories, c’est ma vie, tout simplement. D’où que nous venions, la musique est l’une des clés qui nous permet d’atteindre le meilleur de nous-mêmes. Aujourd’hui, je veux à la fois en porter témoignage et le mettre en pratique. C’était ma motivation principale pour faire ce livre, au bout de vingt ans de carrière. Dans deux décennies, peut- être reprendrons-nous la conversation pour constater que ce qui nous paraît une évidence est désormais reconnu par tous… Je ne sais pas si je chanterai encore, j’espère diriger de belles productions avec, par exemple, nombre de jeunes talents formés à l’Académie. Surtout, je propagerai inlassablement cette parole, qui n’est pas une utopie mais une possibilité concrète, à portée de main. »</p>
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