12/12: Le divin enfant donne de la voix à Clermont-Ferrand

Par Roland Duclos | mer 12 Décembre 2012 | Imprimer

Plus aucun doute sur l’événement ! Il est né dans une apothéose polyphonique en ce deuxième dimanche de l’Avent en l’Eglise des Minimes à Clermont des mains de Pablo Pavon, divin accoucheur. « Jubilez, chantez d’allégresse ! Louez ces jours merveilleux ! » Fort de ces toniques injonctions du chœur inaugural, le chef de l’ensemble vocal et instrumental Musica Mediante n’a pas pris à la légère l’Oratorio de Noël de Bach. Non qu’il s’en soit tenu à la surface d’une théâtralité certes flatteuse mais toujours un peu vaine sur le fond : si le contagieux enthousiasme de Pavon est avant tout pétri d’une énergie radicale il n’en est pas moins tissé de ferveur. Sa lecture est celle d’une révélation d’une quasi résurrection. Celle du miracle universel de la naissance. Car il y a de l’humain dans ce bonheur à porter ainsi le rythme d’un chœur à bout de bras. A faire respirer un orchestre avec une telle élégance dans la nuance. Et surtout à jouer avec une science toute aussi assumée des personnalités contrastées du plateau vocal. Une Trinité chorale-instrumentale-solistes qui n’a ici rien du factice appliqué qui réduit bien souvent cette œuvre complexe à une inoxydable sinon banale page sacrée. Car c’est bien de la vie, de son surgissement, de l’espoir inouï qui l’accompagne dont il s’agit et auxquels on assiste. L’esprit et la lettre sont indissociables, interdépendants, intimement unis par la stabilité d’une conduite musicalement généreuse et dense mais surtout authentiquement lumineuse de spiritualité. Un Divin Enfant solaire, baigné d’une « méditerranéité » radieuse. Pavon nous révèle un Bach militant, conquérant. Il dirige en Bonaparte au Pont d’Arcole soudain saisi par la révélation du lumineux aria de la soprano Angélique Pourreyron bouleversante de sincérité dans son « Flösst mein Heiland » en écho. On ne passe pas davantage sous silence le « Nun mögt ihr stolzen » du ténor Patrick Garayt, le juste investissement d’un Philippe Cantor ou la présence bien timbré de la mezzo Annette Lange. [Roland Duclos]

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