Anna Stéphany chante les Damoiselles à la Philharmonie de Paris

Par Laurent Bury | jeu 26 Novembre 2015 | Imprimer

Mercredi 25 novembre au soir, l’Amphithéâtre de la Philharmonie de Paris accueillait un concert donné par la mezzo-britannique Anna Stéphany. Plus précisément, ce concert était parrainé par la banque HSBC, associée depuis dix ans à l’Académie du Festival d’Aix-en-Provence. La soirée a donc commencé par l’annonce des lauréats HSBC de l’édition 2015 de l’Académie : Lise Davidsen, soprano dramatique norvégienne dont Bernard Foccroulle a laissé entendre qu’elle reviendrait à Aix en 2018 pour tenir le rôle-titre d’une nouvelle production ; sa compatriote Beate Mordal, qui inteprète en ouverture de concert deux des Cabaret Songs de Britten avec le panache d’une Judy Garland ; le ténor néo-zélandais Jonathan Abernethy ;le baryton John Chest, vu à Aix cet été dans A Midsummer Night's Dream ; le chef de chant Nicolas Royer (présent pour accompagner Beate Mordal) ; et le quatuor Berlin-Tokyo. Passé ce préambule, Anna Stéphany, lauréate de la première édition de l’Académie, en 2006, et bientôt Octavian à Covent Garden, proposait un programme explorant des répertoires très divers, intitulé « Aux Damoyselles » en référence aux poèmes de Marot mis en musique par Enesco. Annio à Aix en 2011, la mezzo prête à Arianna a Nasso de Haydn la noblesse de déclamation qu’on attend dans Mozart, mais l’on aurait apprécié un peu plus de théâtre dans ce monologue. Le Menuet sur le nom de Haydn qu’interprète Alphonse Cemin fournit une transition idéal vers les rares Epigrammes de Clément Marot du même Ravel, mais l’on regrette une diction trop peu compréhensible, surtout pour « D’Anne jouant de l’espinette ». Après une Méditation sur le nom de Haydn de George Benjamin pour piano seul, tout change avec trois mélodies de Hugo Wolf. Anna Stéphany se montre bien plus habitée et convaincante dans cette musique : superbe « Kennst du das Land », suivi de deux lieder plus brefs, dont le très ironique « Du denkst mit einem Fädchen zu fangen ». Après un belle mélodie de Clara Schumann, les Sept chansons populaires espagnoles de Manuel de Falla montre la mezzo très expressive. A la demande du public, un bis est accordé : « The Sprig of Thyme », folk song arrangée par Percy Granger, où Anna Stéphany, très à l’aise, chante enfin dans son arbre généalogique.

 

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