Boy George, le leader du groupe Culture Club, reformé pour l’occasion, sera en concert au Palais Garnier à Paris le 2 décembre prochain. Un des plus beaux temples d’art lyrique au monde fait acte d’œcuménisme en prêtant sa scène à une ex-gloire de la pop music. Le geste – exceptionnel ? – pourrait passer pour généreux s’il n’était d’abord source de profit. Comme l’abattage sauvage des cloisons ou l’Escape Game organisé le mois dernier dans les couloirs du monument, il s’agit de faire de l’argent. Quand bien même la production promise du Ring serait à ce prix-là, l’amateur d’opéra et l’amoureux du patrimoine ne peuvent regarder d’un œil insensible la dérive du paquebot Garnier, détourné de sa fonction première, flétri, amoché. En fin d’année dernière, Gilles Pichon, administrateur CGT de l’Opéra national de Paris, lançait un cri d’alarme face à l’état de délabrement de la salle. Oui mais voilà, la location de l’espace rapporte au minimum 100.000€ par soir. Il faut bien éponger le coût des grèves à répétition. Gageons que celles-ci auront en plus l’insolence d’épargner Boy George et ses amis.


