À une époque où la direction d’un opéra par une femme était presque inconcevable, Caroline Sonrier est devenue une figure emblématique de l’Opéra de Lille. Voilà ce que souligne, notamment, notre excellent confrère Christian Merlin dans l’entretien fleuve qu’il lui accorde dans les pages du Figaro. Rappel des faits : en 2001, elle est sollicitée pour diriger l’institution, marquant le début de plus de deux décennies d’une gestion dite « exemplaire ». Son mandat commence dans un contexte difficile : l’Opéra vient d’être restauré après des années de fermeture pour rénovation, et le paysage culturel est en quête de renouveau. Issue d’une famille de musiciens à Troyes et initialement formée à l’orgue, Caroline Sonrier a su transposer sa passion et son pragmatisme au service de l’art lyrique. Face à un opéra souvent sous-financé, elle a su jongler avec les contraintes financières en nouant des partenariats solides avec des ensembles indépendants, comme le Concert d’Astrée d’Emmanuelle Haïm, l’Ensemble Ictus et plus tard Le Balcon de Maxime Pascal. Sonrier n’a jamais cessé d’entretenir une relation étroite avec son public, balayant d’un revers de main l’idée qu’un public de région n’entendrait rien à son approche carrément moderniste. Fière de son ouverture d’esprit et de son goût pour l’expérimentation. Ses efforts ont permis de créer une identité pour l’Opéra de Lille qui, le souligne Merlin, marie tradition et innovation avec adresse. Alors qu’elle tire sa révérence, Sonrier laisse derrière elle un opéra transformé, ancré dans une modernité dynamique et innovante, même si le secteur reste fragile et en quête de stabilité économique. À 70 ans, elle aspire désormais à profiter d’une retraite bien méritée pour « rattraper le temps perdu avec les livres et les films », tout en laissant entendre que son expertise pourrait encore profiter au monde lyrique contemporain.
Caroline Sonrier quitte la direction de l’Opéra de Lille après 22 ans
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Brève
9 août 2025
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Boesmans – dont on s’apprête à fêter le 90e anniversaire de la naissance – n’était a priori pas favorable à ce que ses opéras paraissent sans support visuel. C’est qu’une grande partie de son travail naît de la rencontres d’artistes du visible, comme ici le dramaturge Luc Bondy ou le décorateur Erich Wonder.
Relativement délaissé par le disque pendant plusieurs décennies, à l’image des maisons d’opéras, Simon Boccanegra connaît désormais une floraison de publications, essentiellement tirées d’enregistrements publics (on ne compte que 6 intégrales en studio). Mais quelles que soient leurs qualités, elles n’égalent pas le classique qu’est devenu l’enregistrement dirigé par Claudio Abbado voici presque 50 ans, en marge de représentations légendaires à la Scala de Milan mises en scène par Giorgio Strehler.
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