Forum Opéra

Didon et Enée déjantés aux Bouffes du Nord

Partager sur :
Brève
30 décembre 2013
Didon et Enée déjantés aux Bouffes du Nord

« C’est ainsi que sur les rives fatales du Nil / Soupire le crocodile trompeur… ». A partir de cette invective de Didon à Enée l’abandonnant, Samuel Achache et Jeanne Candel ont imaginé un spectacle d’une originalité déconcertante. Le chef d’œuvre de Purcell, dans un arrangement jazzy pour une dizaine d’instruments, s’accompagne de multiples digressions envisagées comme autant de contrepoints à la tragédie vécue par la reine de Carthage : un – trop long – discours sur l’harmonie des sphères, l’autopsie d’un corps amoureux, un jeu autour d’une grappe de raisin, etc. Souvent absurde, parfois amusant, toujours inventif, ce divertissement protéiforme vaut d’abord par ses interprètes, à la fois acteurs, musiciens et chanteurs. Certains toutefois plus que d’autres. Marie-Bénédicte Souquet est une Belinda d’une grâce et d’une musicalité infaillibles tandis que ses partenaires masculins s’imposent davantage par un engagement à la frontière de l’extrême. Tout n’est évidemment pas égal et l’ensemble gagnerait à atteindre cette concision qui est l’une des marques du génie de Purcell. Si déjanté soit-il, ce Didon et Enée revisité n’en demeure pas moins efficace. Comme à l’habitude d’ailleurs, la mort de Didon, vécue intensément par Judith Chemla, tire des larmes… de crocodile of course. [Christophe Rizoud] 

Le Crocodile trompeur / Didon et Énée – Henry Purcell / Samuel Achache & Jeanne Candel / Florent Hubert – Théâtre des Bouffes du Nord, jusqu’au 12 janvier 2014. Mise en scène : Sa­muel Achache et Jeanne Can­del. Direction musicale : Florent Hu­bert. Avec Mat­thieu Bloch, Ju­dith Chemla, Vla­di­slav Ga­lard, Florent Hu­bert, Clé­ment Ja­ni­net, An­toine Kahan, Oli­vier Lais­ney, Léo-An­to­nin Lu­ti­nier, Thi­bault Per­riard, Jan Pe­ters, Jeanne Sicre, Ma­rion Sicre et Law­rence Williams. (plus d’informations)

 

Commentaires

VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS

Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.

Nos derniers podcasts

Nos derniers swags

Plus qu’un témoignage, une somme capitale
LivreSWAG

Les dernières interviews

Les derniers dossiers

Zapping

Vous pourriez être intéressé par :

50 ans de l’Avant-Scène Opéra
Brève
Si l’on en croit le précieux site OpéraDIS(cography), il n’existe qu’une trentaine d’enregistrements du Guillaume Tell de Rossini, presque tous captés sur scène, en concert ou à la radio : on ne compte que deux enregistrements en studio, l’un en italien (Chailly chez Decca) et l’autre dans la version originale en français (Gardelli chez EMI/Warner). Les deux appartiennent à la décennie 1970 et c’est bien le moment où l’on a commencé à observer un basculement : après des décennies d’enregistrements en italien, c’est le retour à la version en français. Cette dernière s’impose depuis 50 ans et singulièrement depuis le début des années 2000.
Brève
[themoneytizer id="121707-28"]