Into the little hill (2006), premier opéra de George Benjamin, est une adaptation de la légende allemande Le Joueur de flûte de Hamelin, sur un livret en langue anglaise du dramaturge Martin Crimp, librettiste attitré du compositeur britannique. Un mystérieux étranger propose de mettre fin à une invasion de rats dans la ville de Hamelin, et disparaît avec les enfants locaux lorsque, une fois la tâche accomplie, le maire lui refuse la rémunération promise. Crimp double cette histoire d’un enjeu politique, mettant en avant le comportement opportuniste du maire, qui pense essentiellement à sa réélection, ainsi qu’une démarche allégorique et le motif de l’enfant comme catalyseur des événements – tout cela d’une manière très condensée, l’œuvre ayant une durée de quarante minutes. Une soprano et une contralto assure l’interprétation de tous les rôles. Ceux-ci restent anonymes (la Foule, le Narrateur…), phénomène qui s’observe aussi dans d’autres opéras de Benjamin tels que Picture a day like this.
Il en existe à ce jour deux enregistrements : la production originale, présentée dans le cadre du Festival d’Automne avec l’Ensemble Modern sous la baguette de Franck Ollu, et une version plus tardive avec le compositeur à la tête du London Sinfonietta. Cette dernière est interprétée par les chanteuses Hila Plitmann et Susan Bickley, alors que la création a été défendue par Anu Komsi et Hilary Summers.
Les deux approches interprétatives se ressemblent beaucoup. Toutefois, Ollu semble mettre en valeur des couleurs plus nettes et des lignes instrumentales très dessinées, tandis que Benjamin propose un timbre plus doux et une image sonore davantage diffuse. Choisissons pour la Discothèque Idéale la proposition du compositeur, qui est pour ainsi dire la source primaire, bien que celle d’Ollu soit peut-être plus objective.
Références :
Aix-en-Provence : Nimbus Records, 2013, NI 5885/6.
Londres : Opus Arte, 2013, OA BD7136 D [DVD].


