À l’occasion d’une brève rencontre, l’an dernier, Catherine nous avait annoncé son départ pour le sud, projetant de laisser derrière elle une carrière de critique qui l’avait saisie sur le tard, elle qui occupait un poste à responsabilités dans une administration et qui élevait seule ses deux enfants. En l’espace de quelques années, elle était devenue une figure incontournable de la vie musicale française, écrivant pour certaines des publications les plus prestigieuses, notamment pour Opera Magazine. Sur Forumopera, elle était parvenue à fédérer une bande de gentils illuminés, rossiniolâtres fanatiques, et tenait salon chez elle, autour de paquets de chouquettes, chacun ayant le droit, à tour de rôle, de faire découvrir à l’assemblée un extrait de live — généralement circulant sous le manteau — lequel était ensuite commenté et faisait l’objet d’échanges âprement négociés : « Tu auras ma Carmen de Buenos Aires si tu me graves ton Don Giovanni de Cartagena, avec Leyla Gencer ». Comme quelques-uns d’entre nous, elle était une fanatique de Francisco Araiza et de Rockwell Blake, dont la virtuosité servit de ciment à une jeune rédaction qui, en toute franchise, ne mena pas toujours la vie facile à sa mère courage. Catherine, force tranquille, contribua à la mise en place de dossiers, notamment sur Rossini, qui constituent aujourd’hui encore l’une des plus grandes richesses du site. Son érudition et son sens de l’humour furent les piliers d’une pratique de la critique qui visait avant tout à mettre en valeur les artistes. Nous nous associons au chagrin de ses proches et plus particulièrement à celui de sa fille et de son fils.
Disparition à 65 ans de Catherine Scholler, première rédactrice en chef et cofondatrice de Forumopera
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Brève
24 août 2023
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Boesmans – dont on s’apprête à fêter le 90e anniversaire de la naissance – n’était a priori pas favorable à ce que ses opéras paraissent sans support visuel. C’est qu’une grande partie de son travail naît de la rencontres d’artistes du visible, comme ici le dramaturge Luc Bondy ou le décorateur Erich Wonder.
Relativement délaissé par le disque pendant plusieurs décennies, à l’image des maisons d’opéras, Simon Boccanegra connaît désormais une floraison de publications, essentiellement tirées d’enregistrements publics (on ne compte que 6 intégrales en studio). Mais quelles que soient leurs qualités, elles n’égalent pas le classique qu’est devenu l’enregistrement dirigé par Claudio Abbado voici presque 50 ans, en marge de représentations légendaires à la Scala de Milan mises en scène par Giorgio Strehler.
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