Elle était la « Venus noire » de Wieland Wagner à Bayreuth, la Carmen de Karajan à Salzbourg, l’Amneris qui se mesurait fièrement à l’Aïda de Birgit Nilsson ou de Leontyne Price. Mais elle était également, depuis l’automne dernier, fragilisée à la suite d’une attaque cérébrale. Grace Bumbry s’est éteinte hier à Vienne, où elle était établie de longue date. Née dans une famille modeste du Missouri en 1937, Grace Bumbry chante lors des offices religieux et se fait rapidement remarquer pour l’étendue et la puissance de sa voix : sa victoire à un concours radiophonique, à 17 ans, devait lui ouvrir les portes du St Louis Institute of Music, mais dans une Amérique encore sous le coup des lois ségrégationnistes, sa couleur de peau lui vaut un refus. C’est finalement vers le Boston University College of Fine Arts qu’elle se tourne, puis vers la Northwestern University, où elle suit l’enseignement de Lotte Lehmann. Ses débuts scéniques, au Palais Garnier en 1960 dans le rôle d’Amneris, sont un choc ; la chaleur et la sensualité du timbre, la force de la projection, l’élégance d’une silhouette altière, en font d’emblée un nom incontournable, qui pourra s’appuyer sur une voix géante pour tout se permettre – ou presque : Wagner et Verdi, Norma et Santuzza, Eboli et Turandot, sans oublier le Lied, que des études au Mozarteum de Salzbourg lui avaient fait aimer et comprendre comme peu. Au début des années 2010, elle chantait encore au Théâtre du Châtelet, dans Treemonisha de Scott Joplin, magicienne aux pouvoirs toujours fascinants, et à jamais inoubliables.
Disparition de Grace Bumbry (1937-2023)
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Brève
8 mai 2023
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