Double jubilé à Bad Wildbad

Par Maurice Salles | mar 02 Août 2016 | Imprimer

Vingt-cinq ans d’engagement, de foi, de persévérance, de ténacité : cela valait bien un concert en l’honneur de Jochen Schönleber, à la tête du Festival Rossini in Wildbad depuis cinq lustres, mais aussi directeur artistique et metteur en scène et de Reto Müller, Président de la Société Rossini Allemande, qui nourrit et illustre les programmes du festival de sa curiosité et de son savoir. Après l’allocution du représentant des autorités, à laquelle les récipiendaires répondirent avec humour et un gag destiné à illustrer le « ici, on fait tout nous-mêmes », le chant et la musique furent comme il se devait de la fête. Du copieux programme composé par le pianiste Michele D'Elia, qui accompagne les chanteurs avec le concours de son confrère Achille Lampo, nous avons retenu la cavatine de Belcore « Come Paride vezzoso » chantée avec brio par le baryton Roberto Maietta, l’air de Carmen « Près des remparts de Séville » que Marina Viotti détaille avec une élégante fermeté, un extrait de zarzuela « La taràntula è un bicho muy malo » où le chant staccato de Mar Campo semble faire écho à un zapateado, la valse de Luigi Arditi « Il Bacio » que la voix souple de Maria Aleida rend irrésistible, le duo Rosina-Figaro où l’agilité et la volubilité sidérantes de Victoria Yarovaya se déploient sur le bronze ferme et malicieux de Roberto Maietta. Malgré sa jambe plâtrée Silvia Dalla Benetta délivre une impeccable cavatine « Quanto è grato all’alma mia » d’Elisabetta regina d’Inghilterra qui dérape en son milieu pour devenir celle de Rosina, l’effet n’est pas nouveau mais l’efficacité est entière ! Même le directeur musical, Antonino Fogliani, paie de sa personne : sur la musique de Rossini il entonne un texte ponctué de répétitions syllabiques dû au musicologue Paolo Fabbri, grand spécialiste de Donizetti, dont la chute, digne d’une chanson gaillarde, provoque l’hilarité. Pour couronner le tout le trio Lindoro-Taddeo-Mustafa « Pappatacci, che mai sento » voit le ténor Cesar Arrieta et la basse Luca Dall’Amico rejoints par Lorenzo Regazzo, rossinien ad hoc qu'on ne présente plus, un des piliers du Festival co-responsable de son Académie de Bel Canto. Quelle belle célébration !

 

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