Le penseur anglo-franco-américain George Steiner est décédé hier 3 février. Né en 1929 à Neuilly, issu d’une famille juive viennoise qui avait fui le nazisme, d’abord à Paris, puis à New York, il était s’était bâti une formidable réputation de critique littéraire et de philosophe du langage. Mais il s’intéressait aussi à la musique, et notamment à l’opéra. Il avait écrit en 1960 le livret de l’opéra Alkestis in Monte-Carlo pour le compositeur Nicolas Nabokov (qui ne le mit jamais en musique). En 1966, Covent Garden lui avait commandé un texte pour le programme de Moïse et Aaron. Son livre Dans le château de Barbe-Bleue devait son titre au chef-d’œuvre de Bartok. Dans La Mort de la tragédie, il consacrait un chapitre à l’évolution de l’opéra, de Gluck à Wagner. Et dans un texte intitulé « Tritons », il s’interrogeait sur le rapport entre chant et parole : « Si elle est insensible au bien et au mal, la musique n’est pas moins extrinsèque au vrai et au faux. Naïvement, la musique, notamment la musique d’opéra – la Reine de la Nuit de Mozart, le Iago de Verdi – peut bien chercher à exprimer, à mimer le faux. Par elle-même, elle ne saurait mentir ».
George Steiner et l’opéra
Partager sur :
Brève
4 février 2020
George Steiner et l’opéra
Commentaires
VOUS AIMEZ NOUS LIRE… SOUTENEZ-NOUS
Vous pouvez nous aider à garder un contenu de qualité et à nous développer. Partagez notre site et n’hésitez pas à faire un don.
Quel que soit le montant que vous donnez, nous vous remercions énormément et nous considérons cela comme un réel encouragement à poursuivre notre démarche.
Nos derniers podcasts
Nos derniers swags
Plus qu’un témoignage, une somme capitale
LivreSWAG
Les dernières interviews
Les derniers dossiers
Zapping
- 23 février 2026
- 21 février 2026
- 17 février 2026
Vous pourriez être intéressé par :
Créé deux ans avant la trilogie Rigoletto /Trouvère / Traviata, Luisa Miller a souffert de cette promiscuité qui lui a fait de l’ombre. Dernier opéra de jeunesse ou première œuvre de la maturité ? Son statut hybride explique peut-être sa présence épisodique sur les scènes internationales ainsi que la pauvreté de sa discographie qui comporte à peine plus de cinq enregistrements officiels et une poignée de versions live avec souvent les mêmes artistes.
Plus qu’un chef-d’œuvre de Haendel : un jalon de l’histoire de l’opéra enregistré. Avant même la parution du disque, le concert de Poissy de 1997 avait embrasé la rumeur : cet Ariodante serait exceptionnel.
[themoneytizer id="121707-28"]

