Haute tenue du Concours de Froville malgré la COVID-19

Par Yvan Beuvard | mar 15 Septembre 2020 | Imprimer

Les contraintes liées à la pandémie avaient fait redouter le pire pour la neuvième édition du Concours international de chant baroque de Froville. L’engagement de l’équipe conduite par Laure Baert a permis de surmonter les multiples obstacles. Malgré les restrictions liées à la circulation, qui ont interdit la venue de certains candidats, seize, de six pays, âgés de 23 à 29 ans ont été retenus pour la demi-finale. De son côté, bien que privé malencontreusement de présence féminine, le jury, toujours présidé par Pierre-Emmanuel Comte, lui associait cette année Nicolas Krüger, Claude Cortèse et Reinoud Van Mechelen.

La modification du règlement, invitant les candidats à faire preuve d’originalité dans leurs choix, a naturellement trouvé sa traduction dans les œuvres présentées. 41 compositeurs, Haendel, Bach et Rameau en tête, couvraient le baroque dans toutes ses déclinaisons nationales, dans son expression précoce comme tardive. Chaque chanteur présentait ainsi de 3 à 5 œuvres, en fonction de leur durée, accompagnées au clavecin.

La moitié des candidats auraient pu prétendre à la finale, tant le niveau était particulièrement élevé. Les choix furent difficiles, puisque la règle conduisait à n’en retenir que six. Fait rare, toutes les tessitures y participaient. La splendide chapelle du château de Lunéville, contemporaine des œuvres présentées, était l’écrin idéal, visuel comme acoustique. Se succédèrent un jeune contre-ténor prometteur, Andrea Gavagnin, Clémence Faber, solide mezzo à l’incontestable présence physique et vocale, Ana Vieira Leite, soprano dont les moyens vocaux, l’intelligence musicale firent forte impression, Alexandre Baldo, baryton basse exemplaire, Brenda Poupard, mezzo superlative, d’une expression toujours juste, et Léo Vermot-Desroches, puissant ténor promis à une belle carrière.

Le jury choisit de décerner le premier prix à la soprano portugaise Ana Vieira-Leite, dont l’accompagnato et l’air de Giulio Cesare (« Se piatà di me non senti »), entre autres, firent l’unanimité. Chacun des deux autres lauréats, aurait pu y prétendre tant le niveau de leur prestation était proche. Ainsi Brenda Poupard obtient-elle le second prix et Léo Vermot-Desroches le troisième, comme le prix du public. On suivra leur trajectoire avec une attention toute particulière après cette étape prometteuse.

Rendez-vous est déjà pris pour la dixième édition du concours, qui devrait revêtir un éclat tout particulier.

 

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