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La Boîte à Pépites – De Sherlock Holmes à Giacomo Puccini

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Brève
28 juillet 2024

Mais quel rapport m’objecterez-vous ? Entre le génial détective anglais créé à la fin du XIXe siècle par Sir Arthur Conan Doyle et le fascinant compositeur italien né à Lucca en 1858, il en existe pourtant un et des plus étonnants. Il s’agit, figurez-vous, du comédien britannique Robert Stephens, qui a incarné l’un et l’autre pour le cinéma et la télévision … dans des styles de jeu qu’on pourrait qualifier d’antinomiques. Aussi élégant que flegmatique dans le chef-d’oeuvre de Billy Wilder sorti en 1970 (« The Private Life of Sherlock Holmes » avec l’inénarrable Colin Blakely en Dr Watson), Robert Stephens se révèle quatorze ans ans plus tard beaucoup plus torturé (et bien moins fin, hélas) dans le rôle de Puccini, dans le téléfilm éponyme réalisé par Tony Palmer, un des spécialistes du biopic de compositeurs anglais, de stars du lyrique mais aussi de documentaires sur de grands chefs. Dans son « Puccini », il mélange les deux genres (fiction et documentaire) pour proposer une explication plus qu’acrobatique de Turandot, à partir de l’affaire du scandale Doria Manfredi en 1906, qui éclaboussa le compositeur alors établi à Torre del Lago. Tony Palmer filme les répétitions de sa propre mise en scène du dernier opéra inachevé de Puccini au Royal Scottish Opera, et offre en montage parallèle l’épisode biographique qui serait à l’origine du trio Calaf/Turandot/Liu, c’est-à-dire Giacomo lui-même, assorti d’Elvira son épouse accusant violemment sa lingère Doria d’avoir séduit un mari volage, et la poussant au suicide.  Vous l’aurez compris, Turandot/Elvira même combat… Une interprétation plus qu’étonnante donc, et dont nous vous laissons juge. Parmi les chanteurs, vous reconnaîtrez Willard White (pas encore anobli) en Timur, Eduardo Alvares en Calaf, Marie Slorach en Liu et Linda Esther Gray en Turandot. Et pour la partie biographique, reconnaissez l’acteur Rupert Graves dans le rôle de Tonio, le fils adoré de Puccini, qui deviendra beaucoup plus tard l’inspecteur Lestrade de la série télévisée de la BBC, « Sherlock », des brillants Mark Gatiss et Steven Moffat. On y revient toujours.

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