Le retour d’Anna Netrebko à Covent Garden ne fait pas l’unanimité. À l’occasion de la première de Tosca, une manifestation s’est tenue devant le théâtre pour protester contre la programmation de la cantatrice, en raison de ses sympathies supposées pour le régime russe actuel, et mettant en doute la sincérité de celle-ci dans sa condamnation du conflit avec l’Ukraine. En mars 2022, Anna Netrebko avait déclaré « Je condamne expressément la guerre contre l’Ukraine. Ma position est claire. », mais certains avaient jugé ces propos trop tardifs, voire, en ce qui concerne le directeur du Metropolitan Opera, Peter Gelb, non sincères. La manifestation, d’un calme tout britannique, regroupait vingt à trente participants, et ces organisateurs ont à nouveau reproché à la diva russe d’avoir condamné « toutes les guerres » plutôt que de s’être concentrée sur le conflit actuel. Ces considérations géopolitiques ne semblent pas avoir troublé le public : en dépit de la grève très dure des transports en commun londoniens (plus aucun métro et de rares bus), l’auditorium était plein comme un œuf. Dès l’ouverture des locations, les quatre représentations avec la diva russe ont d’ailleurs affiché complet, et ce en dépit de tarifs qui montent jusqu’à 300 livres sterling (quelle que soit la distribution du reste, Aleksandra Kurzak prenant le relais pour les six représentations suivantes). Aucune réaction hostile ne s’est par ailleurs manifestée durant le spectacle, et tous les participants à la nouvelle production d’Oliver Mears ont été ovationnés. Cette Tosca marquait le retour d’Anna Netrebko après une éclipse de six années, sa dernière apparition remontant aux formidables Forza del destino de 2019 aux côtés de Jonas Kaufmann et Ludovic Tézier. L’agenda londonien de Netrebko est plutôt chargé puisqu’elle reviendra pour une série de quatre Turandot en décembre, ainsi que pour un récital le 24 juin 2026.
Manifestation anti-Netrebko à Londres
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Brève
12 septembre 2025
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