Ce début d’année 2016 aligne les morts comme un clown triste les plaisanteries idiotes. Après Pierre Boulez, Michel Tournier et pas mal d’autres, on apprend à présent la disparition d’Ettore Scola à l’âge de 84 ans. Si le cinéma pleure le réalisateur de près de 40 films, dont certains inoubliables – Une journée particulière, Nous nous sommes tant aimés, Affreux, sales et méchants,… –, le monde lyrique, lui, rend hommage au metteur en scène de deux opéras, Cosi fan tutte à Turin en 2003 et La Bohème à Torre del lago en 2014, reprise en fin d’année dernière au Teatro Carlo Felice de Gênes. Deux expériences tardives, pas forcément concluantes, qui témoignent de l’enracinement de l’art lyrique dans la culture italienne. Imaginerait-on un grand cinéaste français à la fin de sa vie – Truffaut, Carné, Renoir, Lelouch… – risquer de compromettre une réputation établie en franchissant le seuil d’un théâtre lyrique ? Ettore Scola l’osa humblement. Il avouait ne pas être un vrai mélomane, mais connaître les principaux titres du répertoire. Interrogé sur sa manière d’appréhender la musique de Puccini, il déclarait : « l’humilité et le bon sens doivent être les seuls guides du metteur en scène lyrique ». Cette humilité l’honore même si elle brida sa créativité, l’empêchant de réussir à l’opéra ce qu’il avait accompli au cinéma.
Mort d’Ettore Scola, homme de cinéma mais aussi metteur en scène d’opéra
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Brève
19 janvier 2016
Mort d’Ettore Scola, homme de cinéma mais aussi metteur en scène d’opéra
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Boesmans – dont on s’apprête à fêter le 90e anniversaire de la naissance – n’était a priori pas favorable à ce que ses opéras paraissent sans support visuel. C’est qu’une grande partie de son travail naît de la rencontres d’artistes du visible, comme ici le dramaturge Luc Bondy ou le décorateur Erich Wonder.
Relativement délaissé par le disque pendant plusieurs décennies, à l’image des maisons d’opéras, Simon Boccanegra connaît désormais une floraison de publications, essentiellement tirées d’enregistrements publics (on ne compte que 6 intégrales en studio). Mais quelles que soient leurs qualités, elles n’égalent pas le classique qu’est devenu l’enregistrement dirigé par Claudio Abbado voici presque 50 ans, en marge de représentations légendaires à la Scala de Milan mises en scène par Giorgio Strehler.
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