Requiem à la mémoire de Louis XVI : après le concert, le CD

Par Christophe Rizoud | jeu 29 Décembre 2016 | Imprimer

Le 21 janvier prochain marquera le 224e anniversaire de la mort de Louis XVI, guillotiné en 1793 Place de la Concorde à Paris. Quinze années avant l’exécution d’un des derniers rois de France, en 1778, naissait à Salzbourg, le compositeur Sigismond Ritter von Neukomm. Si Wikipedia rappelle que Michael Haydn, le frère de Joseph, fut un de ses professeurs, qu’il eut lui-même pour élève Franz Xaver Wolfgang, le fils de Mozart, qu’il voyagea beaucoup, résidant notamment cinq ans au Brésil, aucune mention n’est faite de son engagement pendant 20 ans au service du Prince de Talleyrand. Ce dernier lui commanda une messe à la mémoire de Louis XVI qui fut créée lors du congrès de Vienne, à la cathédrale Saint-Étienne, le 21 janvier 1815. « J’avais un chœur composé de plus de 300 chanteurs, et cet ouvrage a été exécuté dans une grande perfection… Les deux chœurs étaient conduits, l’un par mon ami Salieri et l’autre par moi-même. » raconte dans ses mémoires le compositeur, qui souhaitait en effet que ce Requiem fût exécuté par deux chœurs, le premier d’entre eux étant formé des quatre solistes « à condition qu’ils aient une bonne et forte voix ».

Dans le cadre de leur partenariat autour de la redécouverte de partitions qui ont marqué l’histoire de France et de la musique, le label Alpha et le Château de Versailles exhumaient l’ouvrage en début d’année dans la Chapelle Royale, qui – ironie du sort – accueillit en 1770 le mariage de l’archiduchesse Marie-Antoinette avec le futur Louis XVI. La direction musicale en était confiée à Jean-Claude Malgoire, à la tête du Chœur de Chambre de Namur et de La Grande Ecurie et la Chambre du Roy, entouré de Clémence Tilquin (soprano), Yasmina Favre (mezzo-soprano), Robert Getchell  (ténor) et Alain Buet (baryton-basse). L’enregistrement de ce concert sera commercialisé le mois prochain. L’occasion de se remémorer les derniers mots du roi martyr avant que sa tête ne tombe puis ne soit montrée aux Parisiens qui, parait-il, organisèrent des farandoles autour de l'échafaud : « Je meurs innocent de tous les crimes qu'on m'impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France ».

 

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