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War Requiem

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CD
13 février 2014
Requiem New Age

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Détails

Benjamin BRITTEN

War Requiem
Texte de Wilfred Owen

Soprano
Anna Netrebko
Ténor
Ian Bostridge
Baryton
Thomas Hampson

Orchestre, Chœur et Voix Blanches de l’Académie Sainte-Cécile
Direction musicale
Antonio Pappano

Enregistré en juin 2013 à Rome – 1 CD Warner – 80’05’’

 

Cela fait un bout de temps maintenant que l’Eglise répugne à commander à des grands compositeurs des œuvres liturgiques ambitieuses, préférant confier à d’obscurs gribouilleurs le soin de la fournir en chansonnettes livides. Résultat, on ne sait même plus où Dieu se cache dans les messes et Requiem nés de génération spontanée sous la plume des plus grands — Verdi, bien sûr, mais aussi Dvorak, Penderecki, Schnittke, et tant d’autres. On me dira : si le diable se cache dans les détails, Dieu se cache dans la généralité — et peut-être en effet la simple ampleur de ces œuvres de Requiem est-elle vouée à faire surgir la Transcendance.
 

Dans le cas de Britten, on se retrouve justement face à cette ambiguïté terrible : Britten fait dialoguer le texte latin du requiem avec les poèmes amers de Wilfred Owen, le tout pour évoquer l’écrasement d’une ville et la reconsécration d’une cathédrale. Plus rien n’est pur, tout est mêlé, une tache noircit l’Esprit, la Foi cependant demeure, etc. etc.

Pour l’auditeur, il suffit de se laisser gagner par la musique, mais pour les interprètes, il semble difficile de faire l’économie du ton juste à trouver entre liturgie simple, lyrisme laïc, drame mystique ou fable humaine. Antonio Pappano, lui, a clairement fait son choix : nous sommes dans le grand geste lyrique et le War Requiem est une œuvre de réconciliation qui emporte sur son passage l’amertume et le deuil, pour faire triompher le souffle qui unit tout, la couleur qui reparaît.

De là un élan certain dans cette interprétation. La générosité du chef italo-britannique abrase les amertumes et fait monter la fièvre lyrique : la musique l’emporte ; le malheur s’efface derrière le grand unisson des voix et des timbres ; plus rien ni grince ni crie, tout chante.

C’est là une vision sympathique et même plaisante. Convaincante aussi. La belle voix d’Anna Netrebko (une Russe, comme Vichnevskaïa) se fond dans cette esthétique comme une boule de vanille sur le chocolat chaud, Ian Bostridge fait tous ses efforts pour animer son organe serré et il y parvient sans trop nous faire de peine, enfin Thomas Hampson offre aux vers d’Owen la tranquille supériorité de son accent américain et de son chant de charme.

Dans ce War Requiem, Dieu ne se cache nulle part : c’est l’humanité qui prend sa place, avec toute la conviction d’une lecture presque inconsciemment (ou pas) New Age. Le vrai malheur, là-dedans, c’est qu’au moment même où était publié cette version spirituellement correcte, Decca ressortait (en mode balle dans le pied) la version superbement remastérisée de ce même War Requiem dirigée par Britten, avec Fischer-Dieskau, Pears et Vichnevskaïa : et là, on sent passer l’ombre de la mort, on frémit touché par l’aile de l’Espérance, et partout, partout, on patauge dans l’angoisse et l’amertume la plus dense et humide qui soient. Pas très New Age.

Et comme un malheur n’arrive jamais seul, Maris Janssons remettait lui aussi l’œuvre sur le métier et sortait chez BR Klassik une version hantée, funèbre, d’une modernité totale et cependant trouée, on pourrait même dire détrempée, d’inquiétude et de terreur.

Bref, cette version d’Antonio Pappano qui aurait pu servir d’oasis à notre époque épuisée semble déjà un peu effacée par de plus authentiques métaphysiciens.

 

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