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	<title>Nadia BOULANGER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 Mar 2023 15:26:11 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Nadia BOULANGER - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital de Marie-Laure Garnier et Tristan Raës &#8211; Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-de-marie-laure-garnier-et-tristan-raes-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Mar 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans le cycle « Femmes compositrices, une plume pour seule arme »&#160;présenté en cette 29e Saison Musicale des Invalides, étaient invités la soprano Marie-Laure Garnier et le pianiste Tristan Raës. Tous deux évidemment réunis pour une belle action, celle de mettre à l&#8217;honneur lesdites femmes compositrices dont l&#8217;Histoire a trop souvent oublié les noms –&#160;ou &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le cycle « Femmes compositrices, une plume pour seule arme »&nbsp;présenté en cette 29e Saison Musicale des Invalides, étaient invités la soprano <strong>Marie-Laure Garnier</strong> et le pianiste <strong>Tristan Raës</strong>. Tous deux évidemment réunis pour une belle action, celle de mettre à l&rsquo;honneur lesdites femmes compositrices dont l&rsquo;Histoire a trop souvent oublié les noms –&nbsp;ou les prénoms pour certaines d&rsquo;entre elles. Sans vouloir trancher l&rsquo;épineuse question de savoir si les compositeurs avaient quant à eux d&rsquo;autres armes que la « plume », ou même de se demander si Robert Schumann ou Gustav Mahler étaient de vrais goujats, il est à noter que le programme est des plus intéressants, quoique classique.</p>
<p>Le public attendait la généreuse soprano guyanaise, Révélation Lyrique aux Victoires 2021, dans ce programme intimiste où elle n&rsquo;est pas accompagnée par sa collaboratrice habituelle (Célia Oneto Bensaid) mais par le talentueux Tristan Raës, accompagnateur fidèle du ténor Cyrille Dubois. Ainsi, tous deux montrent une belle complicité dans une soirée où seront proposées des mélodies du XIXe au XXIe siècle –&nbsp;de Fanny Mendelssohn à Edith Canat de Chizy (ce&nbsp; dernier « compositeur »&nbsp;étant en résidence in loco).</p>
<p>Dans les trois mélodies de Fanny Mendelssohn (Vorwurf, Abendbild, Im Herbste), la voix large de la chanteuse séduit par sa riche texture. Mais le chant déçoit un peu en terme de prononciation de l&rsquo;allemand (les dentales) et dans certains passages de registres (avec des aigus un peu durs et, plus tard dans la soirée, d&rsquo;acier trempé). La jeune chanteuse sert avec talent les intentions de la compositrice même si la <em>S</em><em>ehnsucht</em> de ces images du soir et de l&rsquo;automne (sur des poèmes de Nicholaus Lenau) n&rsquo;est pas ici assez sensible. Les quatre chansons (dont <em>Pourriez-vous pas me dire</em>, <em>Chanson d&rsquo;Amour</em>, <em>Immortelle tendresse</em>) de Mel Bonis mettent décidément en évidence la sensualité de cette voix bien ronde et au phrasé soigné. Dans <em>la Chanson de printemps</em>, Marie-Laure Garnier impressionne par l&rsquo;énergie qu&rsquo;elle livre sans effort. Elle étincelle même grâce à son sens du récit et à une parfaite articulation. La joie de vivre débordante irrigue comme attendu le lied d&rsquo;Alma Mahler « In meines Vaters Garten »&nbsp;et le pittoresque « Madrid »&nbsp;de Pauline Viardot (à la fin du concert). Elle insuffle enfin au poème de Federico Garcia Lorca dans la pièce d&rsquo;Edith Canat de Chizy un beau souffle que relaie le piano de Tristan Raës.</p>
<p>Les quatre mélodies de Nadia et Lili Boulanger (<em>Versailles</em>, <em>Soir d&rsquo;hiver</em>, <em>Prière</em>, <em>Attente</em>) sont interprétées avec sensibilité mais la performance de la chanteuse (ici plutôt cantatrice) rappelle qu&rsquo;on devrait actuellement moins « wagnériser »&nbsp;et davantage doser les effets du chant pour d&rsquo;aussi subtiles harmonies. Le sens du théâtre de la soprano excelle par contre dans les dernières pièces du programme avec une magnifique partie consacrée aux « Liebst du um Schönheit »et «&nbsp;Die stille Lotusblume » de Clara Schumann, extraits des « Drei Lieder »&nbsp;(1841) et « Sechs Lieder »&nbsp;(1844), ainsi que dans la Scène d&rsquo;Hermione de Pauline Viardot. Bien servie par le pianiste, Marie-Laure Garnier, enfin bouleversante, forge l&rsquo;intensité de la tirade de Racine transcendée par l&rsquo;art de Viardot, et se révèle une superbe tragédienne (Hermione).</p>
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		<title>Compositrices : une anthologie en 8 CD par le Palazzetto Bru Zane</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/compositrices-une-anthologie-en-8-cd-par-le-palazzetto-bru-zane/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Mar 2023 16:26:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En écoutant ces musiques, on repensait à la récente exposition Rosa Bonheur du Musée d’Orsay : de même qu’on oubliait très vite que ces tableaux puissants et ces dessins étaient de la main d’un femme pour n’y voir que des œuvres représentatives de la sensibilité (non genrée !) de leur temps, très vite à l’écoute &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En écoutant ces musiques, on repensait à la récente exposition Rosa Bonheur du Musée d’Orsay : de même qu’on oubliait très vite que ces tableaux puissants et ces dessins étaient de la main d’un femme pour n’y voir que des œuvres représentatives de la sensibilité (<em>non genrée</em> !) de leur temps, très vite à l’écoute de cette anthologie la question du sexe des artistes passe au second plan. C’est un panorama du romantisme et du post-romantisme français qu’on entend là. Il se trouve que ces musiques ont été écrites par des femmes. Et, n’était le libretto, ce qu&rsquo;on entend pourrait être de Gounod, Saint-Saëns, Massenet, Fauré ou Reynaldo Hahn.<br />
Certaines, les Louise Farrenc, Mel Bonis, Augusta Holmès, Cécile Chaminade furent célèbres, jouées, reconnues, avant d’être un peu oubliées, mais il en fut de même, somme toute, pour nombre de leurs collègues mâles.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="760" class="wp-image-126377 aligncenter" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/augusta_holmes-1.jpg" alt="" />Augusta Holmès © D.R.</figure>
<h3 style="text-align: left"><strong>Certaines hardies, certaines cachées</strong></h3>
<p>Ce n’est pas que le statut de « femme compositeur » (le mot <em>compositrice</em> mit du temps à être accepté) fût facile. Issues pour la plupart de milieux bourgeois, on attendait d’elles qu’elles fussent d’abord épouses et mères de famille, et on aurait considéré comme peu convenable qu’elles fissent profession d’écrire de la musique. Même si à partir des années 1840, elles eurent accès aux classes théoriques du Conservatoire, harmonie, contrepoint, fugue ou composition, il fallut attendre 1903 pour qu’elles pussent briguer le Prix de Rome de composition musicale (et Lili Boulanger en fut la première lauréate en 1913).</p>
<p>Dans ces conditions, il est évident que leurs domaines de prédilection furent le piano ou la mélodie, et que l’opéra ou la musique symphonique furent réservées aux plus hardies ou aux plus libres.<br />
Dans l’anthologie de 8 disques (soit plus de dix heures de musique) que propose le Palazzetto Bru Zane, si on entendra beaucoup de mélodies, admirablement servies par Aude Extremo et Cyrille Dubois, la musique de chambre et la musique symphonique sont bien présentes.</p>
<h3 style="text-align: left"><strong>Celles qui osent l’orchestre</strong></h3>
<p>L’orchestre de <strong>Mel Bonis</strong>, élève de Guiraud et Franck, penche volontiers vers l’exotisme ou l’orientalisme (<em>Salomé</em>), mais la richesse voluptueuse de sa palette hérite de celle de Charles Koechlin, qui lui enseigna la composition orchestrale. Datés aussi de 1909, son <em>Rêve de Cléopâtre</em> ou son <em>Ophélie</em> sont superbes d’ampleur et de couleur dans l&rsquo;inerprètation de l&rsquo;<strong>Orchestre national du Capitole de Toulouse</strong> dirigé par <strong>Leo Hussain</strong>.<br />
La suite de ballet <em>Callirhoé</em> (1887) de <strong>Cécile Chaminade</strong> est d’une finesse d’écriture dans la tradition de Delibes et son <em>Concertino</em> pour flûte et orchestre op. 107 (1902), son œuvre la plus fameuse peut-être, rayonne d’une lumière printanière dans l’interprétation de <strong>Claire Le Boulanger</strong>, avec l&rsquo;<strong>Orchestre national de Metz</strong> dirigé par <strong>David Reiland</strong>.<br />
Il y a une sombre grandeur qui évoque César Franck dans la Symphonie en<em> ut</em> dièse mineur de <strong>Charlotte Sohy</strong> (qui signait Ch. Sohy, pour cacher sa féminité) et les quelques passages plus vifs n’en atténuent guère le caractère dramatique (elle fut composée en 1917). L’<strong>Orchestre National de France</strong> dirigé par <strong>Débora Waldman</strong> restitue toute sa puissance à cette œuvre que la compositrice n’entendit jamais de son vivant.</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" class="wp-image-126468" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/Mel_Bonis_6-1024x768.jpeg" alt="" />Mel Bonis © D.R.</figure>
<figure></figure>
<figure class="wp-block-image size-large">Quant à <strong>Augusta Holmès</strong>, son interlude <em>Ludis pro patria</em> a un charme à la Massenet et son poème symphonique <em>Andromède</em> (1899) pourrait être de Saint-Saëns, ou du premier Wagner.</figure>
<p>De <strong>Louise Farrenc</strong>, la Symphonie n° 3 en <em>sol</em> mineur datée de 1847 a déjà été enregistrée à plusieurs reprises. Belle lecture de l’Orchestre national de Metz et  David Reiland de cette œuvre elle aussi parfaitement de son époque, dont le romantisme fraternise avec celui de Schumann et Mendelssohn : la forme est savante, l’inspiration haute, le caractère noble, le discours orchestral puissant et clair.<br />
Farrenc enseigna le piano au Conservatoire de Paris où elle succéda à <strong>Hélène de Montgeroult</strong>, dont la Sonate en <em>fa</em>mineur datée de 1811 est la pièce la plus ancienne de cette anthologie. Se promenant entre classicisme et premier romantisme, elle n’est pas sans faire penser à Clementi. Là encore, une musique qui parle davantage de son époque que du genre de qui l’écrivit. Interprétation sensible et brillante quand il le faut par <strong>Mihály Berecz</strong>.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" class="wp-image-126466" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/1200x680_marie_jaell_gallica_bnu_strasbourg_vers_1876_.jpg" alt="" />Marie Jaëll © D.R.</figure>
<h3 style="text-align: left"><strong>Une matinée chez Mme de Villeparisis</strong></h3>
<p>Encore un mot sur la musique de chambre avant d’en venir à la voix. Là encore, Mel Bonis impose sa personnalité. C’est à Fauré que fait penser sa Sonate pour violoncelle et piano (1904), toute en surprise et bifurcations inattendues, en chromatismes capricieux, où le violoncelle velouté de <strong>Victor Julien-Laferrière</strong> et le beau toucher de <strong>Théo Fouchenneret</strong> rivalisent d’intimité. Une sonate qui devrait être constamment au programme des violoncellistes s’il y avait une justice en musique.<br />
Les mêmes qualités d’élégance des deux interprètes illuminent les trois pièces pour violoncelle et piano (1914) de <strong>Nadia Boulanger</strong>, prestes et drolatiques.</p>
<p>De la même Nadia Boulanger, <em>La Sirène</em> (1908) est une vaste chose en trois scènes pour trois voix et un large orchestre, dont les évocations maritimes font penser à Guy-Ropartz ou à Magnard. Là encore, qui songerait à parler d’écriture féminine, à entendre ces houles orchestrales, ces cors profonds, ces harmonies sombres, cette écriture vocale très tendue et, avouons-le, cette touche de pompiérisme sur la fin, mais il est vrai que cette cantate fut écrite pour le Concours de Rome 1908…</p>
<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img decoding="async" class="wp-image-126465" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/CS-1024x763.jpg" alt="" width="910" height="678" />Charlotte Sohy © D.R.</figure>
<h3 style="text-align: left"><strong>La mélodie, domaine d’élection</strong></h3>
<p>La mélodie est bien sûr le domaine privilégiés de toutes ces femmes. Évidemment que les salons leur ouvraient naturellement leurs portes (et d’ailleurs plusieurs d’entre elles organisaient des concerts ou des festivals), et cela semble un trait commun à elles toutes que de se plier à l’esprit des poèmes qu’elles choisissent de mettre en musique.</p>
<p><strong>ForumOpéra</strong> avait salué comme il le méritait<a href="https://forumopera.improba.eu/cd-dvd-livre/lili-et-nadia-boulanger-melodies-avec-un-grand-enthousiasme-interieur/"> le disque consacré il y a trois ans à <em>Nadia et Lili Boulanger</em></a> par <strong>Cyrille Dubois</strong> et <strong>Tristan Raës</strong>, merveilleuse réussite de clarté vocale, de diction limpide en complicité avec un piano poète suggérant d’impalpables atmosphères.<br />
On retrouve ces qualités, cruciales pour le répertoire de la mélodie française, dans leurs nombreuses contributions ici. Cyrille Dubois se montre à nouveau ici parfait diseur, mais jamais au détriment de la beauté de la ligne vocale. <em>Prima la musica</em> ou <em>prime le parole</em> ? Les deux ensemble sans aucun doute.</p>
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" class="wp-image-126464" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/lili-et-nadia.jpg" alt="" />Nadia et Lili Boulanger © D.R.</figure>
<p>On avouera un coup de cœur pour les lignes flexibles des <em>Petits poèmes au bord de l’eau</em> (1910) d’<strong>Hedwige Chrétien</strong>, allusifs, subtils, élégants (avec un sens de la prosodie digne de Reynaldo Hahn) et Tristan Raës met en valeur toutes les subtilités de la partie de piano.<br />
Tout aussi personnelle, l’invention mélodique de <strong>Marie Jaëll</strong>, toujours inattendue. Cyrille Dubois distille les lignes serpentines de la <em>Rêverie</em> extraite des <em>Orientales</em> de Victor Hugo et l’<em>entre chien et loup</em> de <em>Quatre heures du matin</em>, extrait de <strong><em>La Mer</em></strong> de Jean Richepin.</p>
<h3 style="text-align: left"><strong>Une attention particulière à la prosodie</strong></h3>
<p>Et comment ne pas penser à Moussorgsky en entendant les <em>Mélodies russes</em> (1866) de <strong>Pauline Viardot</strong> (sur des textes de Pouchkine ou de Lermontov, que sans doute lui fit connaître son vieil amoureux Tourgueniev). Particulièrement belle et émouvante, portée par la voix enivrante d’<strong>Aude Extremo</strong>, dont le timbre est sans doute assez proche de celui de la créatrice de Dalila et de la <em>Rhapsodie pour alto</em> de Brahms, la pathétique <em>Berceuse cosaque</em>.</p>
<p>D’autres personnalités semblent d’un tempérament plus convenu telle <strong>Clémence de Grandval,</strong> pourtant élève de Chopin pour le piano et de Saint-Saëns pour la composition : on ne risque guère de surprise avec les mélodies ici choisies ni avec son <em>Andante et intermezzo</em> pour trio.</p>
<p>En revanche il y a quelque chose d’ingénu et de sincère dans les mélodies de <strong>Marie-Foscarine Damaschino</strong>. Compositrice cachée, qui fit éditer quelques-unes de ses œuvres à compte d’auteur et sous pseudonyme masculin (Mario Foscarina…). Cyrille Dubois semble se jouer de la tessiture immense d’<em>A une femme</em> (poème de Victor Hugo) ou de « J’ai dans mon cœur ».</p>
<h3 style="text-align: left"><strong>Douceurs et confidences</strong></h3>
<p>On trouvera aussi dans cette anthologie des berlingots musicaux comme <em>Du cœur aux lèvres</em>, ou <em>L’amour s’éveille</em>, deux valses 1900 de <strong>Jeanne Danglas</strong>, très café-concert et divette, aussi charmeuses que le « Je te veux » de Satie ou <em>Les Chemins de l’Amour</em> de Poulenc, dont Cyrille Dubois distille avec humour le charme penché.</p>
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="538" class="wp-image-126376" src="https://forumopera.improba.eu/wp-content/uploads/chaminade-1024x538.jpg" alt="" />Cécile Chaminade © D.R.</figure>
<p>Cyrille Dubois, très en verve décidément, restitue aussi bien la tendresse délicate des mélodies de Cécile Chaminade, <em>Rêve d’un soir</em> et <em>Veux-tu ?</em> que <em>L’Amour</em>, confidentiel puis farouche, d’<strong>Augusta Holmès</strong> ou, d’elle aussi, <em>Le Vin</em>, spectaculaire chanson à boire). Il se joue des lignes insinuantes, très Art nouveau, de la <em>Bilitis</em> de <strong>Rita Strohl</strong> (poème de Pierre Louÿs), non moins que des arabesques sensuelles de son <em>Sonnet</em> (Charles Sinnoir).</p>
<p>Et on imagine le plaisir des interprètes à faire découvrir des pièces aussi originales que les <em>Méditations</em> (1922) de Charlotte Sohy, dont, après avoir cherché à qui elles font penser (Fauré, Lili Boulanger ?), on finit par conclure qu’elles ne ressemblent qu’à Charlotte Sohy (autrice aussi des poèmes, d’ailleurs).</p>
<p>Quelle émotion enfin de retrouver la voix plus charnue, aux fragilités touchantes, de <em>Yann Beuron</em> dans sept mélodies de Mel Bonis, denses, secrètes, profondes.</p>
<p>Le dixième et dernier disque s’achève délicieusement par l’album <em>Pour les tout-petits</em> de Mel Bonis (1913), inventif, ludique, inattendu, léger et drôle, rappelant son intérêt pour la pédagogie musicale, et qui pourrait être posé sans rougir à côté de l’<em>Album für die Jugend</em> de Schumann et de l’<em>Album pour la jeunesse</em> de Tchaïkovski.</p>
<p>Une anthologie indispensable, dont on espère qu’elle donnera des idées aux programmateurs&#8230;</p>
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		<title>Lili et Nadia Boulanger &#8211; Mélodies</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lili-et-nadia-boulanger-melodies-avec-un-grand-enthousiasme-interieur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claire-Marie Caussin]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 20 Feb 2020 14:19:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Aussi laconiques que soient la discographie et les récitals consacrés à Lili et Nadia Boulanger, le duo Contraste a déjà montré à plusieurs reprises ses affinités avec les deux compositrices : récipiendaire du prix homonyme en 2010, il avait interprété puis enregistré Clairières dans le ciel pour le label Hortus. Mais aujourd’hui Cyrille Dubois et Tristan &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Aussi laconiques que soient la discographie et les récitals consacrés à Lili et Nadia Boulanger, le duo Contraste a déjà montré à plusieurs reprises ses affinités avec les deux compositrices : récipiendaire du prix homonyme en 2010, il avait interprété puis <a href="https://www.forumopera.com/breve/cyrille-dubois-chante-14-18">enregistré <em>Clairières dans le ciel</em> pour le label Hortus</a>.</p>
<p>Mais aujourd’hui <strong>Cyrille Dubois</strong> et <strong>Tristan Raës</strong> franchissent un pas supplémentaire avec un album entièrement consacré aux mélodies des deux sœurs. Une volonté d’exhumer des pièces rares, mais aussi une démarche féministe ainsi qu’ils l’expliquent dans le livret accompagnant l’enregistrement : « en ces heures où l’évidence de l’égalité homme/femme peine encore à s’imposer, il nous paraît nécessaire et heureux que des interprètes masculins rendent hommage à deux des plus grandes compositrices de notre répertoire ».</p>
<p>Si l’on est sensible à cet argument, on est surtout émerveillée par la (re)découverte de ces mélodies, qui sont l’occasion d’entendre la singularité de Lili et de Nadia Boulanger : singularité par rapport à Fauré, Debussy ou Ravel, modèles auxquels on les rattache sans cesse comme si elles n’en étaient que des héritières – voire des imitatrices ; singularité également de l’une par rapport à l’autre, car on en vient parfois à oublier que chacune avait son style propre, et un talent tout personnel.</p>
<p>L’enregistrement s’ouvre par neuf mélodies de Nadia Boulanger où le pianiste Tristan Raës démontre une science des couleurs et des atmosphères saisissante, et ce dès les premières mesures. Si le précédent album du duo, consacré à Franz Liszt, avait déjà mis en valeur les qualités techniques du musicien, le répertoire français permet d’entendre mieux encore son aptitude à construire un paysage sonore où le texte peut se déployer, notamment dans « La Mer » où il trouve un son riche, profond et évocateur.</p>
<p>De son côté, le ténor Cyrille Dubois parvient à rendre toute la délicatesse exigée par les poèmes et la musique sans jamais tomber dans la mièvrerie. Sans doute est-ce la simplicité de l’émission – sans jamais grossir la voix, en privilégiant le texte aux grands éclats vocaux, y compris dans l’aigu – qui assure cette impression de sincérité. Sans doute est-ce aussi l’intelligence du programme, qui allie élégie sentimentale – le « Poème d’amour » ou « Ecoutez la chanson bien douce » – et mélodies plus sombres – « Versailles » ou « Le Couteau ». Le timbre se fait malléable, se pliant à toutes les exigences expressives de la musique : très beaux effets de <em>crescendo</em>, aigu rayonnant, et vaillance qui peut laisser place, en quelques secondes, à un son lumineux et éthéré ; probablement ce que la compositrice attendait lorsqu’elle a noté, sur la partition de « Soir d’hiver », l’indication « avec un grand enthousiasme intérieur ».</p>
<p>Cette malléabilité de la voix et du piano est d’autant plus importante que les <em>Quatre chants</em> de Lili Boulanger sont assez différents des mélodies de Nadia en termes d’atmosphère et d’écriture. Les poèmes mis en musique sont éminemment tragiques, mais surtout la compositrice fait preuve d’une audace harmonique plus grande que sa sœur. Première femme lauréate du Prix de Rome de composition en 1913, Lili Boulanger teinte ses mélodies de modalité et de chromatisme, sans en faire des procédés systématiques. Elle se plaît dans une musique mouvante harmoniquement, privilégiant l’évocation à l’imitation : autant de traits esthétiques dont Tristan Raës s’empare à des fins expressives tandis que la voix de Cyrille Dubois se fait plus corsée. Le contraste avec la première partie de l’album est clair, et l’on ne sait ce qui est le plus frappant du drame de « Dans l’immense tristesse » ou de la douceur colorée d’exotisme du « Retour ».</p>
<p>Mais de tout l’enregistrement, <em>Les Heures claires</em>, composées à quatre mains par Nadia Boulanger et Raoul Pugno, sont sans doute le cycle où la complicité du pianiste et du ténor est la plus évidente. De la fragilité et la retenue de « Vous m’avez dit » à l’intensité de « S’il arrive jamais » s’affirme une urgence à dire ce texte superbe que la musique souligne avec une inventivité remarquable.</p>
<p>Un album féministe ? Peut-être, mais un album surtout qui rend justice à deux compositrices dont l’œuvre n’a pas à rougir devant leurs plus illustres contemporains.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lili-et-nadia-boulanger-melodies-avec-un-grand-enthousiasme-interieur/">Lili et Nadia Boulanger &#8211; Mélodies</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Clairières. Songs by Lili &#038; Nadia Boulanger</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/clairieres-songs-by-lili-nadia-boulanger-ail-et-pitie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jan 2020 20:57:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nicholas Phan est un artiste attachant, dont on a pu suivre le parcours à travers les différents disques qu’il a déjà fait paraître chez le label Avie, un parcours britténien entamé il y a maintenant près d’une décennie, depuis Winter Words sorti en 2011, bientôt suivi par Still Falls the Rain et (provisoirement ?) parachevé avec &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Nicholas Phan</strong> est un artiste attachant, dont on a pu suivre le parcours à travers les différents disques qu’il a déjà fait paraître chez le label Avie, un parcours britténien entamé il y a maintenant près d’une décennie, depuis <em>Winter Words</em> sorti en 2011, bientôt suivi par <a href="https://www.forumopera.com/cd/seul-face-a-peter-anthony-philip-et-ian"><em>Still Falls the Rain</em></a> et (provisoirement ?) parachevé avec <em><a href="https://www.forumopera.com/cd/illuminations-rimbaud-oui-mais-verlaine">Illuminations</a> </em>en 2018, tous trois avec l’excellente pianiste <strong>Myra Huang</strong>, plus les quelques instrumentistes exigés par certaines œuvres.   </p>
<p>Après avoir ajouté à Britten Debussy et Fauré dans ce dernier disque, <em>Clairières</em> lâche le maître d’Aldeburgh pour s’avancer courageusement dans un univers exclusivement français, et qui est encore loin d’être parmi les plus rebattus, même si les interprètes s’y intéressent sérieusement depuis quelques années : les mélodies de Lili Boulanger et, peut-être même plus rare, celles de sa sœur aînée Nadia, qui lui survécut pendant soixante années.</p>
<p>Hélas, il n’y a pas que du bien à dire de l’évolution suivie par  le ténor américain. Certes, on admire sa volonté de s’avancer résolument dans le domaine français, mais il faudra bien répéter certaines remarques déjà formulées à propos d’<em>Illuminations </em>: si la maîtrise de la langue est globalement correcte, il y a néanmoins des détails qui feront tiquer l’auditeur francophone. Un coach de langue a-t-il été sollicité pour les séances d’enregistrement ? On en doute, ou du moins il a du s’assoupir par moments, car quel professionnel digne de ce nom aurait laissé Nicholas Phan prononcer « Ayez pitié » comme si cela s’écrivait « Ail et pitié » ? Certes, cette plante monocotylédone est souvent associée par les anglophones au stéréotype même du Français moyen, mais elle n’a pas grand-chose à faire dans les poèmes de Maeterlinck mis en musique par les sœurs Boulanger. Plus gênant, les nasalités excessives qui, là encore, rendent un peu risible la déclamation du ténor, tout comme le recours fréquent au falsetto. Et peut-être plus inquiétant, certains signes de fatigue prématurée, la voix bougeant parfois de façon bien curieuse.</p>
<p>Malgré tout, pour le magnifique cycle <em>Clairières dans le ciel</em>, sommet de la production de Lili Boulanger, Nicholas Phan sait trouver les accents justes et mobiliser très intelligemment ses ressources vocales et expressives. Evidemment, il y a dix ans, un tel disque aurait pu apparaître comme une révélation, mais cette partition a trouvé depuis peu le plus idoine des interprètes en la personne de Cyrille Dubois, qui la chante <a href="https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-paris-rend-hommage-a-lili-boulanger">depuis au moins 2013</a> et qui l’a enregistrée <a href="https://www.forumopera.com/breve/cyrille-dubois-chante-14-18">en 2015 pour le label Hortus</a>. Si sincère que soit la version de Nicholas Pham, elle pâtit inévitablement d’une moindre maîtrise de la langue.</p>
<p>Si l’on ajoute que le minutage du disque est assez chiche (moins de 55 minutes), et qu’il n’y a pas d’inédits à attendre – même pour Nadia, le terrain a déjà été balisé <a href="https://www.forumopera.com/cd/mademoiselle-premiere-audience-unknown-music-of-nadia-boulanger-la-tres-grande-mademoiselle">au disque du moins</a> –, on comprendra que ce récital-ci ne s’impose pas de manière impérieuse dans les discothèques.</p>
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		<title>Mademoiselle &#8211; Première Audience. Unknown Music of Nadia Boulanger</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mademoiselle-premiere-audience-unknown-music-of-nadia-boulanger-la-tres-grande-mademoiselle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Jun 2017 07:52:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Lili Boulanger semble depuis quelques années trouver la place qu’elle mérite au panthéon des compositeurs français, malgré l’infiniment regrettable brièveté de sa carrière. Quant à Nadia Boulanger, on croyait l’affaire entendue de puis longtemps : pédagogue de génie, par qui tant de compositeurs du XXe siècle s’initièrent aux plus âpres exigences de leur métier, et pionnière &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Lili Boulanger semble depuis quelques années trouver la place qu’elle mérite au panthéon des compositeurs français, malgré l’infiniment regrettable brièveté de sa carrière. Quant à Nadia Boulanger, on croyait l’affaire entendue de puis longtemps : pédagogue de génie, par qui tant de compositeurs du XX<sup>e</sup> siècle s’initièrent aux plus âpres exigences de leur métier, et pionnière de l’interprétation de la musique ancienne, comme en témoignent quelques enregistrements de Monteverdi. Et s’il fallait un peu repenser cette belle dichotomie ? Et si le talent – le génie ? – pouvait être présent deux fois dans la même génération d’une famille ? Et si « Mademoiselle » avait tout d’une grande dans le domaine de la composition ?</p>
<p>Il paraît rétrospectivement invraisemblable que personne n’ait jusqu’ici eu l’idée d’explorer les œuvres de la grande sœur Boulanger. Le double album que vient de faire paraître Delos inclut une quinzaine de premières mondiales au disque (dont huit mélodies inédites qui ont été transcrites par la pianiste<strong> Lucy Mauro</strong>). Outre les mélodies, on y trouvera aussi quelques pièces pour piano (certaines lorgnent du côté de Satie), pour violoncelle et pour orgue. Invraisemblable aussi, peut-être, que l&rsquo;initiative ne vienne pas du pays de la compositrice, mais de la West Virginia Commission on the Arts et du National Endowment for the Arts des Etats-Unis.</p>
<p>Pour les mélodies, Mademoiselle eut le bon goût de choisir parmi les meilleurs poètes, ou du moins parmi les meilleurs de ceux qui étaient à la mode à cette époque. Pour un seul Armand Silvestre, scribouillard trop cher à Massenet, un trouvera tout un bouquet de Verlaine, un Hugo, des Maeterlinck, quelques Albert Samain, trois Heinrich Heine, et cinq Camille Mauclair (disciple de Mallarmé, ardent wagnérien puis antisémite virulent, amant de Georgette Leblanc avant qu’elle ne devienne la maîtresse de Maeterlinck, et dont les poèmes ont souvent été mis en musique, notamment par Chausson).</p>
<p>Toutes ces pages ont été composées entre 1905 et 1922, comme si l’inspiration s’était tout à coup tarie, à moins que la charge d’enseignement n’ait pris le dessus, en un temps où la musique commençait à partir dans de tout autres voies auxquelles Nadia Boulagner ne semble guère avoir été sensible. En résumé, de la très bonne mélodie 1900 sur des poèmes symbolistes : personne ne vous oblige à aimer, mais si vous appréciez ce style, vous allez vous régaler.</p>
<p>D’autant que Delos a eu l’intelligence de ne pas confier cette grosse heure de musique vocale à un seul interprète. Trois voix se partagent le corpus boulangesque : une soprano, assez majoritaire, un ténor, et un baryton. Peut-être, en revanche, n’aurait-il pas été malvenu de laisser ensemble les pièces composées la même année autour d’un même poète (seul Heine a ici cette chance), mais libre à chacun d’utiliser son appareil pour écouter bout à bout les quatre Samain de 1906, par exemple.</p>
<p><strong>Nicole Cabell </strong>est une voix superbe, dont les intonations et les couleurs évoquent parfois une Jessye Norman. Comme pour le ténor <strong>Alek Shrader</strong>, le français est très bon, mais on y décèle malgré tout une pointe d’accent anglophone : un rien trop d’air dans les dentales, des e muets un peu trop sonores, des nasales pas très idiomatiques. Evidemment, avec <strong>Edwin Crossley-Mercer</strong>, tout change car, comme son nom ne l’indique pas le moins du monde, le baryton est francophone de naissance et a déjà prouvé qu’il était maître de l’art délicat de la mélodie, jusque dans certains effets justement calculés, un détimbrage ici, un appui là. Un disque hautement recommandé à tous les amateurs de mélodie française et de découvertes.  </p>
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