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	<title>Antonio CALDARA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Antonio CALDARA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>CALDARA, Santa Francesca Romana &#8211; Tourcoing</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Oct 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Chaque année, pour inaugurer sa nouvelle saison, l’Atelier lyrique de Tourcoing organise un week-end de concerts gratuits dans différents lieux de la ville. Avant un concert des Siècles dirigé par Antonello Manacorda, avec rien moins qu’Isabelle Faust au violon, l’Atelier lyrique accueillait son autre ensemble en résidence, Les Ambassadeurs &#8211; La Grande Écurie, dans l’église &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Chaque année, pour inaugurer sa nouvelle saison, l’Atelier lyrique de Tourcoing organise un week-end de concerts gratuits dans différents lieux de la ville. Avant un concert des Siècles dirigé par Antonello Manacorda, avec rien moins qu’Isabelle Faust au violon, l’Atelier lyrique accueillait son autre ensemble en résidence, <strong>Les Ambassadeurs &#8211; La Grande Écurie</strong>, dans l’église Saint-Christophe. Avec une belle distribution de chanteurs rompus au répertoire baroque, on proposait au public de redécouvrir un oratorio très rare de Caldara : <em>Santa Francesca Romana</em>.</p>
<p data-start="291" data-end="1145">Antonio Caldara n’est pas un compositeur inconnu, mais il demeure encore trop rarement joué, surtout en France. <em data-start="386" data-end="410">Santa Francesca Romana </em>n’a d&rsquo;ailleurs encore jamais connu les honneurs du disque. Les plus chanceux auront déjà pu entendre « <em>Sì piangete pupille dolenti</em> » dans l’enregistrement <em>Opera proibita</em> de Cecilia Bartoli, consacré aux œuvres écrites à Rome durant la première décennie du XVIIIe siècle, alors que l’opéra y avait été interdit par deux papes successifs. Privés de théâtre, les musiciens durent compter sur quelques mécènes éclairés qui leur ouvrirent les portes de leurs palais privés, pour y donner des oratorios à sujets sacrés ou allégoriques. La sensualité romaine, impossible à contenir, y subsistait cependant, comme en témoigne justement cet oratorio de Caldara. Commandé par le prince Ruspoli pour le Carême de 1710, l&rsquo;œuvre dresse l&rsquo;hagiographie de santa Francesca, modèle de fidélité conjugale, que Lucifer tente de perdre par tous les moyens. Certes, la chasteté triomphe in fine et Lucifer et son émissaire Inganno sont précipités dans l’abîme, mais l’œuvre tout entière demeure traversée par ce combat fiévreux entre les sens et la vertu. La flamboyance de la partition de Lucifer, l’élégance presque voluptueuse des plaintes de Francesca, l’accompagnement orchestral d’une grande sensualité – dans ses variations de timbres, ses chromatismes, sa diversité rythmique et harmonique – portent les marques d’un plaisir que la morale prétend pourtant condamner.</p>
<p data-start="291" data-end="1145">La jeune chef <strong>Chloé de Guillebon</strong>, à la tête des musiciens des Ambassadeurs &#8211; La Grande Écurie, met adroitement en avant ces ambivalences, en conservant quelque chose d&rsquo;assez peu démonstratif dans son inteprétation, bien que les effets musicaux soient nombreux. Dans l’un des airs de Francesca, les violons sollicités dans leur registre grave déploient une couleur sombre et caressante, d’une beauté saisissante. Ailleurs, le dialogue de la voix avec le violon solo (<strong>Stefano Rossi</strong>) touche par sa simplicité expressive. Même impression dans un autre air, cette fois avec le hautbois, dont l’instrumentiste (<strong>Guillaume Cuiller</strong>) rejoint la chanteuse au pupitre : la proximité des timbres, leur respiration commune, confèrent au moment une belle intensité. L&rsquo;air « Sì, piangete, pupille dolenti » est porté par les frissons des cordes, qui contribuent à la puissance de la plainte de Francesca, d’un dépouillement bouleversant, où affleure quelque chose de très opératique dans la dramatisation générale de l&rsquo;accompagnement. On aurait sans doute souhaité çà et là des contrastes plus marqués, une tension dramatique plus affirmée, le tout restant peut-être trop sage, mais l’ensemble est adroitement mené, avec une grande cohérence d’esprit.</p>
<p data-start="291" data-end="1145">Le rôle de Francesca domine largement par sa présence les autres personnages – cinq airs lui reviennent, ainsi qu&rsquo;un duo, quand l’œuvre ne comporte qu&rsquo;une quinzaine de numéros. <strong>Marie Perbost</strong> lui prête sa voix de soprano fruitée, à la fois charnue et rayonnante. Elle incarne avec une émotion sincère une Francesca jeune, ardente, d’une humanité bouleversante. Sa ligne de chant, souple et frémissante, épouse à merveille les tourments intérieurs du personnage. À travers cette figure de femme que les personnages masculins cherchent à séduire, à détourner ou à perdre, elle affirme une présence féminine forte, libre, d’une dignité lumineuse. À ses côtés, <strong>Paul-Antoine Bénos Djian</strong> est Angelo, bras droit de Dieu venu soutenir Francesca dans sa lutte contre l’émissaire de Lucifer. On retrouve chez lui un timbre dense, charnu et mordant qui confère au rôle une paradoxale sensualité. Les quelques airs rapides qui lui reviennent, notamment celui qui conclut la première partie, sont emportés par une virtuosité ébouriffante, grâce à une vocalisation incisive et une longueur de souffle à peine humaine.</p>
<p data-start="291" data-end="1145">Lucifer, figure éclatante et théâtrale par excellence, qui ouvre les hostilités avec un « vincerò » saisissant, est incarné par <strong>Stephan MacLeod</strong>, qui se trouve hélas vocalement amoindri ce soir-là. Visiblement souffrant, toussotant entre ses airs, le chanteur peine à trouver son assise dans le grave et une vocalisation suffisamment souple, avec un timbre qui demeure rocailleux. C&rsquo;est dommage, car ces airs de fureur, d’une expressivité fulgurante, auraient sans doute gagné en relief et en noirceur avec des moyens vocaux pleinement déployés, mais il n’en reste pas moins que l’interprète s’est acquitté de sa partie avec une probité exemplaire, refusant toute outrance pour préserver l’essentiel : la crédibilité du rôle et l’intensité du drame. Son émissaire Inganno, chargé de corrompre Francesca, est interprété par <strong>Antonin Rondepierre</strong>. L&rsquo;artiste déploie une voix de ténor souple et bien conduite, au timbre homogène. La projection demeure parfois un peu discrète et le personnage manque d’un certain relief dramatique, mais l’interprète fait preuve d’un vrai sens du style et d’une musicalité constante, qui assurent à son rôle une présence toujours juste.</p>
<p data-start="291" data-end="1145">Ce très beau concert ouvrait donc idéalement une saison de l&rsquo;Atelier lyrique de Tourcoing marquée par la diversité des propositions et par leur grande originalité : on peut citer entre autre<em>s Cendrillon</em> de Viardot, <em>Les Boréades</em> de Rameau ou même <em>Solaris</em>, le vidéo-opéra d’Othman Louati et Jacques Perconte. On espère en outre qu&rsquo;un jour l&rsquo;œuvre de Caldara puisse être enregistrée – d&rsquo;ailleurs, le public tourquennois, conquis par l&rsquo;oratorio et par ses interprètes, appellent un bis : le très beau duo entre Francesca et Angelo, que Marie Perbost et Paul-Antoine Bénos Djian reprennent avec une joie manifeste.</p>
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		<title>Nei giardini d’amore, baroque arias for 2 alti</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/nei-giardini-damore-baroque-arias-for-2-alti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La couverture – un cliché romantique des jardins à la française de&#160;William Christie, à Thiré – donne le ton&#160;: dans ces «&#160;jardins d’amour&#160;», on pleure beaucoup, on s’arrache les cheveux et le cœur, mais toujours avec grâce…Aucun inédit au menu de ce copieux programme, qui cependant, en marge du tube ressassé qu’est la cantate «&#160;Cessate, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: revert;">La couverture – un cliché romantique des jardins à la française de&nbsp;</span><strong style="font-size: revert;">William Christie</strong><span style="font-size: revert;">, à Thiré – donne le ton&nbsp;: dans ces «&nbsp;jardins d’amour&nbsp;», on pleure beaucoup, on s’arrache les cheveux et le cœur, mais toujours avec grâce…Aucun inédit au menu de ce copieux programme, qui cependant, en marge du tube ressassé qu’est la cantate «&nbsp;Cessate, omai cessate&nbsp;» de Vivaldi, aligne un certain nombre de pièces rares.&nbsp;</span></p>
<p style="font-weight: 400;">Le morceau de résistance en est sans doute la&nbsp;<em>Medea in Corinto</em>&nbsp;d’Antonio Caldara (déjà enregistrée par Gérard Lesne, Virgin, 1991)&nbsp;:&nbsp;<strong>Carlo Vistoli</strong>&nbsp;s’y affirme à nouveau comme l’un des plus expressifs contre-ténors de sa génération, avec ce timbre d’alto naturel, cette superbe technique et, par-dessus tout, cette éloquence, cette élocution incisives qui lui permettent d’exprimer la large palette d’affects convoqués par la partition, culminant dans un sidérant accompagnato.</p>
<p style="font-weight: 400;">Mais la cantate doit aussi beaucoup au violon prodigieusement coloré d’<strong>Emmanuel Resche-Caserta</strong>, dont les bariolages transfigurent la&nbsp;<em>sinfonia</em>&nbsp;d’ouverture comme l’aria «&nbsp;Avverti che il mio sdegno&nbsp;». Le violoniste fait preuve de la même incandescence, aux côtés de son excellente collègue&nbsp;<strong>Augusta McKay Lodge</strong>, dans une Septième Sonate de Fontana ciselée comme un vitrail, où se marient la fougue baroque et les diminutions renaissantes. Et on se demande si l’ensemble du concert n’aurait pas gagné à être dirigé par Resche-Caserta, plutôt que par William Christie dont l’approche un peu décorative affadit les duos de Haendel (« Caro autor di mia doglia ») et de Steffani (« Aita, Fortuna »).</p>
<p style="font-weight: 400;">Elle sublime en revanche le tendre Andante de la Sonate en trio en Ut mineur du Saxon, ainsi que le «&nbsp;Sempre piango&nbsp;»&nbsp; de Bononcini, autre moment fort du disque. Autre pièce rare aussi (bien que déjà joliment gravée par le Cenacolo musicale pour Arcana, en 2014), qui mériterait le titre de cantate puisqu’entre deux poignants duos à la&nbsp;<em>morbidezza</em>&nbsp;toute italienne, elle confie une aria soliste à chacun des altos, dont l’un chante les plaisirs de l’amour et l’autre ses peines. La langueur convient mieux au chef que le drame et les voix des deux falsettistes se marient ici délicieusement, la lumière plus froide d’<strong>Hugh Cutting</strong>&nbsp;venant éclairer le sombre velours de Vistoli.</p>
<p style="font-weight: 400;">Issu du St John’s College de Cambridge, Cutting est le premier contre-ténor à avoir remporté le prix Kathleen Ferrier et, comme Vistoli, a été révélé en France par le si fécond Jardin des voix de Christie. Le timbre est pénétrant, frais, l’aigu apparemment facile mais son approche de « Cessate, omai cessate » ne convainc guère, faute d’un bas registre mieux sonnant et d’une diction plus mordante – il faut dire que la direction très rapide et superficielle ne l’aide pas à transfigurer une page où l’on a pu applaudir, entre autres, Andreas Scholl, Derek Lee Ragin, Gérard Lesne, René Jacobs, Tim Mead, Max Emanuel Cencic et, surtout, la bouleversante Sara Mingardo (Opus 111, 1997)…</p>
<p style="font-weight: 400;">Une balade contrastée, donc, au sein d’un jardin faisant alterner échappées divines et vues plus banales &#8211; un disque agréable, impeccablement produit (prise de son, notice), auquel on reviendra de temps en temps.</p>
<p style="font-weight: 400;">
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		<item>
		<title>Inferno &#8211; Paris (La Scala)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/inferno-paris-la-scala/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Jan 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant de partir respectivement pour Londres et Vienne, Haendel et Caldara ont séjourné à Rome durant leur jeunesse. Ils y ont composé plusieurs œuvres dédiées au cardinal Francesco Maria Ruspoli, influent mécène et protecteur. Dans ce cadre prestigieux, les deux musiciens ont créé de nombreuses cantates pour voix, probablement interprétées lors de soirées privées dans &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant de partir respectivement pour Londres et Vienne, Haendel et Caldara ont séjourné à Rome durant leur jeunesse. Ils y ont composé plusieurs œuvres dédiées au cardinal Francesco Maria Ruspoli, influent mécène et protecteur. Dans ce cadre prestigieux, les deux musiciens ont créé de nombreuses cantates pour voix, probablement interprétées lors de soirées privées dans le somptueux palais de leur bienfaiteur. Le concert de ce soir offre une rare opportunité de découvrir un pan encore trop méconnu du répertoire baroque.</p>
<p>L’amour, thème central des trois cantates présentées, y est décrit comme une épreuve implacable, sans échappatoire, conduisant fatalement aux tourments infernaux. L’écriture vocale de ces œuvres témoigne de l’incroyable virtuosité des interprètes de l&rsquo;époque. Les exigences imposées à la voix de basse n&rsquo;ont rien à envier aux roucoulades virtuoses des castrats. Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les redoutables vocalises du récitatif qui clôt <em>È un martirio della costanza</em> de Caldara ou encore la tessiture exigeante de <em>Partenza amorosa</em> du même compositeur.</p>
<p>Dans un parcours semé d’embûches, cette écriture vocale exigeante trouve ce soir un interprète idéal en la personne d’<strong>Alexandre Baldo</strong>. Nous avions déjà salué ses qualités dans <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/caldara-arias-pour-basse-alexandre-baldo/">un récent enregistrement consacré à Caldara</a>, ainsi que lors d&rsquo;un récital donné à Lille. Le jeune baryton-basse brille une nouvelle fois par sa maîtrise impeccable de la vélocité, des transitions parfaites entre les registres et une pureté remarquable dans la conduite des lignes mélodiques. Son attention au texte confère en outre une profondeur expressive qui capte immédiatement l’attention de l’auditoire.</p>
<p>Au clavecin, <strong>Chloé de Guillebon</strong> se distingue, non seulement comme remarquable accompagnatrice – que de beautés et de subtilités dans les récitatifs ! –, mais également comme soliste. Dans l&rsquo;étonnante <em>Toccata per cembalo d’ottava stesa</em> d&rsquo;Alessandro Scarlatti ou les extraits de la <em>Suite pour clavecin HWV 429</em> de Haendel, la jeune claveciniste déploie un style délicat et une virtuosité saisissante.</p>
<p>Bravo donc à la Scala pour cette initiative audacieuse dans le cadre de ses soirées baroques <a href="https://lascala-paris.fr/a-ne-pas-manquer/les-13-du-13/" target="_blank" rel="noopener">« Les 13 du 13 »</a>, qui offrent des moments intimistes et dans une quasi-obscurité. Après ce concert vivifiant, nous attendons avec encore davantage d’impatience le prochain récital au disque d’Alexandre Baldo, prévu cette année chez le label Aparté.</p>
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		<title>d&#8217;après VIVALDI, L&#8217;Olympiade des Olympiades &#8211; Nice</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dapres-vivaldi-lolympiade-des-olympiades-nice/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 May 2024 06:22:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nice aime le sport autant que la musique (1), et on imagine difficilement que semblable projet ait pu se concevoir, se construire et se réaliser en un autre lieu. L’histoire narrée par l’Olimpiade que l’on trouvera par ailleurs, est simple : sur fond de rivalités sportives, le roi promet sa fille au vainqueur des Jeux olympiques. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Nice aime le sport autant que la musique (1), et on imagine difficilement que semblable projet ait pu se concevoir, se construire et se réaliser en un autre lieu. L’histoire narrée par <em>l’Olimpiade</em> que l’on trouvera par ailleurs, est simple : sur fond de rivalités sportives, le roi promet sa fille au vainqueur des Jeux olympiques. Elle est aimée secrètement de deux amis, un prince et un athlète, auquel le premier demande de participer sous son nom, assuré de ne pouvoir l’emporter…</p>
<p>Casser les codes, les clichés sur l’opéra, pour répondre aux attentes du plus large public, sans qu’il y ait besoin de préparation ni d’a priori culturel, telle est la volonté affichée des réalisateurs, et le pari un peu fou est tenu. Il a fallu commencer par réécrire <em>l’Olimpiade</em> en empruntant à nombre de musiciens l’ayant illustré (2), au premier rang desquels Vivaldi, tout en réduisant la durée à moins de deux heures (sans entracte), travail accompli par <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong> et sa sœur, Nathalie. Puis traduire concrètement le projet : bouleverser la disposition fonctionnelle du théâtre à l’italienne pour surprendre, faire disparaître la fosse afin de rapprocher, voire mêler, public et interprètes (orchestres en salle et scène en gradins, ouverte au public), supprimer les récitatifs au profit d’un narrateur (3), ouvrir l’espace et inséminer la musique par le sport (les porteurs de la flamme dont on suit ponctuellement la course en temps réel sur la promenade des Anglais investissent le plateau au terme de la représentation, idéalement synchronisée). S’il faut saluer la prouesse technique, le dispositif adopté impose la sonorisation des voix, avec des interrogations sur l’usage d’un clavier électronique et à ce qui ressemble à un dispositif de DJ (est-ce lui qui brouille l’écoute du premier air d’Aminta ?).</p>
<p>Exercice redoutable que le pasticcio, dont les réussites sont exceptionnelles. Nombre de chefs baroques s’y sont égarés, sinon fourvoyés : une connaissance approfondie des styles propres à chacun et la capacité à les associer harmonieusement n’est pas à la portée de tous. Ce sont trop souvent des assemblages de pièces intéressantes, mais accusant d’importantes différences stylistiques, sur des livrets douteux, inventés pour la circonstance. Ici, le défi est relevé brillamment, à travers deux composantes : le livret de Métastase donne sa cohérence narrative et dramatique à la réalisation, même amputé, réduit à deux actes enchaînés, réécrit pour substituer aux récitatifs des textes de liaison confiés à une « maîtresse de cérémonie », jouant médiocrement le rôle d’une speakerine, commentatrice d’épreuves sportives. Ce sera la principale – et, somme toute, relative &#8211; faiblesse de ce spectacle. D’autre part l’intelligence de la réalisation musicale et scénique confère une incontestable unité à la production (4).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Olimpiade-7-1294x600.jpg" /><span style="font-size: revert; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">© Dominique Jaussein - Opéra de Nice</span></pre>
<p>On lui devait déjà le <em>Phaéton</em> (2022) et sa participation à l’<em>Akhnaten</em> (2020) qu’avait produits l’Opéra de Nice<strong>. Eric Oberdorff </strong>signe la mise en scène et la chorégraphie, essentielle. La première privilégie naturellement les Jeux Olympiques, ceux-ci sont actualisés avec humour et cocasserie : L’opéra s’est mué en piste d’athlétisme, avec ses couloirs. Le décor unique est transformé à vue, de façon simple et inventive par les chanteurs et danseurs. Quelques accessoires, structures d’exercices physiques, cordes etc. et des éclairages appropriés suffiront à renouveler le cadre. Les projections, limitées, sont bienvenues et participent à l’esprit qui préside. Les champions sont l’objet de vignettes Panini, que les jeunes collectionnaient compulsivement il y a déjà longtemps. Les costumes des solistes les différencient clairement, même si certains ne sont pas du meilleur goût (Aminta). Ceux des danseurs sont aussi justes qu’appropriés à leurs évolutions. La rivalité amoureuse, qui s’achève heureusement par l’union des deux couples, est avant tout illustrée par la musique, et par les évolutions chorégraphiques qui l’accompagnent. Celles-ci comme la gestique de tous les protagonistes sont un bonheur, dans leur conception comme dans leur réalisation, propre à séduire chacun. La direction d’acteur, aboutie, est un modèle.</p>
<p>Jean-Christophe Spinosi avait déjà signé une mémorable <em>Olimpiade</em>, intégrale, de Vivaldi, au Festival 2023 de Beaune (5). La distribution, sans faiblesse, reconduit des valeurs sûres bien que jeunes, aguerries, dont trois des premiers rôles : <strong>Rémy Brès-Feuillet</strong> (Mégacle), <strong>Fernando Escalona</strong> (Licida), <strong>Ana-Maria Labin</strong> (qui chantait alors Aminta), et l’engagement d’excellents chanteurs. Le meneur de jeu a ainsi constitué une belle équipe, dynamique, engagée, dont il connaît bien chacun des membres. Les deux amis, contre-ténors, se montrent exemplaires d’aisance, de virtuosité, de longueur de voix. Tout juste regrette-t-on les changements accusés de registre, sans doute délibérés, de Megacle dans son air d’entrée « Superbo di me stesso ». L’Aristea que campe <strong>Margerita Maria Sala </strong>est servie par une belle voix, mais alors qu’elle se trouve au cœur de l’action dramatique, avec le rôle musicalement le plus riche, on est un peu en-deçà des attentes. D’autre part, pourquoi l’avoir affublée d’une robe dépourvue de séduction ? On retrouve avec un réel bonheur <strong>Ana-Maria Labin</strong>, maintenant Argene, émouvante, servie par des moyens exceptionnels. L’Aminta de <strong>Marlène Assayag</strong> impressionne, aux superbes aigus, à la ligne de chant d’une belle conduite. <strong>Gilen Goicoechea</strong><strong>, Alcandro </strong>est un merveilleux baryton, dont on regrette que le rôle soit si limité. On ne présente plus <strong>Luigi De Donato</strong>, qui nous vaut un royal Clistene : l’émission souveraine d’égalité et de couleur est un régal. Sa dernière intervention est un moment fort qui participe au bonheur de chacun.</p>
<p>Sport et musique, deux publics – l’interne et l’externe -, deux orchestres, deux groupes de danseurs… l’autre caractéristique du projet réside dans l’unité fusionnelle de la réalisation. L’ouverture, puissante, nerveuse, idéalement en place, rassure. L’Orchestre philharmonique de Nice est rompu à la musique baroque (le <em>Phaéton</em> dirigé par Jérôme Corréas en 2022 en était un exemple), c’est le <em>ripieno</em>, enrichi des vents (aux cors obligés de Vivaldi s’ajoutent, flûtes, hautbois, bassons et percussions). L’Ensemble Matheus, faisant office de concertino, se réserve l’accompagnement de certains airs. Les deux formations, distinctes et jouant séparément, parfois associées en un ensemble unique, ou dans la relation concertante, appellent des déplacements réguliers du chef, sportif en survêtement, comme les musiciens en tenues riches, variées, colorées (on remarque ainsi un corniste en cuissard et maillot de cycliste, coiffé de son casque). Il faut souligner la précision des attaques, des articulations, la conduite des phrasés de tous les musiciens : l’homogénéité du jeu est remarquable, malgré le handicap de la distance qui sépare les deux groupes. Hormis les basses de l’orchestre philharmonique qui, ponctuellement, dans tel air « scient du bois », l’ensemble n’appelle que des éloges. Le chœur, placé dans les deux étages de loges surplombant l’orchestre philharmonique rayonne à deux reprises : dans le chœur des bergers (de Vivaldi) chanté par les femmes, puis dans « I tuoi strali », de Hasse à la fin de l’ouvrage. On connaît et apprécie l’engagement de <strong>Jean-Christophe Spinosi</strong> au service de cette musique, et de l’Olimpiade tout particulièrement. Attentif à chacun et à tous, épanoui, énergique, bondissant comme caressant, avec vigueur comme délicatesse, d’un exigence constante, il sert magnifiquement cette partition dans laquelle il s’est totalement investi.</p>
<p>Bien que l’opera-seria – à la différence de la tragédie lyrique – n’accorde qu’une place dérisoire à la danse, celle-ci est ici souveraine : huit des danseurs du Ballet de l’Opéra ne forment qu’un avec six authentiques break-dancers (6), virtuoses recrutés pour la circonstance. La fusion est idéale. Nul ne peut rester insensible aux évolutions renouvelées, à la gestique démonstrative, illustrative du texte et des figuralismes qu’il appelle. Un spectacle total, hors-normes, propre à conquérir tous les publics.</p>
<p>Du 20 au 29 juin, au Théâtre des Champs-Elysées, pour l’ouverture des J.O., Jean-François Spinosi et son Ensemble Matheus retrouveront <em>l’Olimpiade</em> de Vivaldi, dans son intégralité, avec une prestigieuse distribution (<strong>Jakub Józef Orliński, Marina Viotti</strong><strong>, </strong><strong>Caterina Piva, Delphine Galou, Jodie Devos, Luigi De Donato, Christian Senn</strong>), dans une mise en scène d’Emmanuel Daumas<strong>. </strong>Nous souhaitons au public de retrouver une émotion au moins égale à celle qu’ont éprouvés les Niçois.</p>
<pre>(1) Le départ du Tour de France, en 2022, avait déjà été l’occasion retenue par l’Opéra pour participer à l’événement au travers d’un concert dédié. 
(2) Plus de 60 compositeurs ont illustré le livret de Métastase, de Caldara à Mozart (le célèbre air « Alcandro, io confesso », acte III, scène 6 : K 294, pour soprano, de 1778, et le K 512, pour basse, de 1787), sans oublier Donizetti (pour un opéra inachevé). 
(3) Quoi qu’il en coûte à l’amateur, épris de ces moments de vie où Vivaldi donne le meilleur de lui-même pour servir l’action dramatique et la psychologie des personnages. 
(4) L’exercice a connu un précédent discographique remarquable, il y a plus de dix ans : faisant appel à pas moins de 16 compositeurs, le <em>Venice Baroque Orchestra</em>, nous valait, sur ce même livret, un enregistrement diffusé par Naïve. 
(5)  <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/vivaldi-lolimpiade-beaune/">La compétition truquée, ou l’amitié rivale de l’amour </a>
(6) la break dance figure cette année au nombre des disciplines olympiques.</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dapres-vivaldi-lolympiade-des-olympiades-nice/">d&rsquo;après VIVALDI, L&rsquo;Olympiade des Olympiades &#8211; Nice</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CALDARA, Arias pour basse &#8211; Alexandre Baldo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/caldara-arias-pour-basse-alexandre-baldo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yves Jauneau]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 May 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est à l’occasion de recherches à la Bibliothèque nationale d’Autriche qu’Alexandre Baldo a découvert, au sein d’un ensemble de manuscrits d’Antonio Caldara, plusieurs arias destinées au chanteur Christoph Praun (1696-1772). Cette basse née en Allemagne a travaillé plusieurs années à Vienne avec Caldara, lorsque ce dernier était vice-maître puis maître de chapelle à la Cour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est à l’occasion de recherches à la Bibliothèque nationale d’Autriche qu’<strong>Alexandre Baldo</strong> a découvert, au sein d’un ensemble de manuscrits d’Antonio Caldara, plusieurs arias destinées au chanteur Christoph Praun (1696-1772). Cette basse née en Allemagne a travaillé plusieurs années à Vienne avec Caldara, lorsque ce dernier était vice-maître puis maître de chapelle à la Cour impériale (1716-1736). Comme le précise le site <a href="http://www.quellusignolo.fr/basses/praun.html" target="_blank" rel="noopener">Quell’usignolo</a>, le talent de Christoph Praun se manifestait à la fois par une étendue vocale de plus de deux octaves, mais également par une excellence technique dans tous les styles, de la pure virtuosité à l’expression des passions les plus douloureuses. Malgré ces moyens vocaux stupéfiants, Christophe Praun était confiné, comme la plupart des voix graves de l’époque, aux rôles secondaires. Les héros, de Xerxès à Scipion en passant par Hadrien, étaient en effet réservés aux castrats. Pour autant, Caldara a destiné à Praun de superbes arias, à l’instar des bouleversants « Vedea modesto volto » (<em>Mitridate</em>) et « Quando il tenero tuo labbro » (<em>Gesù presentato nel tempio</em>), qui témoignent de la plus belle inspiration.</p>
<p>Il peut paraître un rien audacieux pour un jeune chanteur de se lancer dans un programme si exigeant techniquement pour enregistrer son premier récital. Mais c’est finalement cette fougue qui fait le mérite de l’album, comme en témoigne l’ébouriffant « Sù cedete al dio dell&rsquo;arm » (<em>La Contesa de&rsquo; numi</em>) qui en fait l’ouverture. Très à l’aise dans la tessiture hybride des arias (voir les sauts de registre dans « Più di belva » ou les graves tenus dans « Minaccerà le sponde »), Alexandre Baldo l’est tout autant dans les coloratures, toujours très précises. Par sa conscience aiguë du texte (les « Furie » scandés de l’aria extrait de <em>Nitrocri</em>), son legato et de belles nuances (« Aspri rimorsi atroci » extrait d&rsquo;<em>Il Temistocle</em>), Alexandre Baldo convainc.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Alexandre Baldo &amp; Mozaïque  | Caldara: Bass Arias | Trailer" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/Wkm3rJda62g?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen></iframe></div>
</div></figure>


<p>L’<strong>Ensemble Mozaïque</strong> et ses cinq talentueux jeunes instrumentistes regorgent d’ardeur, de virtuosité et de délicatesse, avec un très joli <em>continuo </em>(luth tout en finesse d’Elias Conrad). L’Ouverture de l’opéra <em>Ifigenia in Aulide</em> est ainsi passionnante de bout en bout. Toutefois, avec un seul instrument par partie, l’accompagnement manque parfois de puissance. L’aria «Tronchi, sì, la falce irata » (<em>Cajo Marzio Coroliano</em>) serait ainsi sans doute davantage percutante avec quelques violons supplémentaires. De même, dans la Sinfonia de la <em>Santa Ferma</em>, l’effectif de chambre ici réuni empêche de restituer les contrastes entre les <em>tutti</em> et le violon solo.</p>
<p>Malgré ces quelques réserves, cet album nous donne à découvrir de passionnantes pages d’un compositeur davantage connu pour ses oratorios (la <em>Maddalena ai Piedi di Cristo</em> en tête), ou ses œuvres pour voix aiguë (voir les récents albums enregistrés par <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/arie-concertate-quelques-minutes-de-finesse-dans-un-monde-de-brutes/" target="_blank" rel="noopener">Valer Sabadus</a>, Robin Johannsen ou <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-rancon-de-la-gloire/" target="_blank" rel="noopener">Philippe Jaroussky</a>). Alexandre Baldo fera sans doute merveille à l’avenir dans les grands rôles de basse du répertoire baroque, et notamment ceux écrits par Haendel pour Antonio Montagnana ou Giuseppe Maria Boschi. En attendant, <a href="http://www.sallecortot.com/concert/antonio-caldara-airs-pour-la-cour-de-vienne.htm?idr=38995" target="_blank" rel="noopener">un concert</a> de présentation du disque est prévu le 22 juin prochain à la Salle Cortot. On retrouvera également le chanteur à la rentrée dans l’<em>Orfeo</em> de Antonio Sartorio, sous la direction de Philippe Jaroussky à Paris (Théâtre de l’Athénée).</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="740" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Manuscript-Scipione-Minaccera-le-sponde-1024x740.jpg" alt="Aria" class="wp-image-131293" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Manuscrit autographe de l&rsquo;aria «Minaccerà le sponde » (Scipione nelle Spagne) &#8211; © Österreichische Nationalbibliothek</em></figcaption></figure>
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		<title>« Venceslao » de Caldara, la résurrection enfin !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/venceslao-de-caldara-la-resurrection-enfin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sylvain Fort]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Nov 2022 12:36:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Connaissez-vous Venceslao de Caldara ? Nous non plus. Cet opéra oublié du maestro vénitien devenu maître de chapelle à la cour autrichienne renaîtra en Pologne, comme il se doit, ce dimanche 20 novembre au théâtre de Gliwice puis à Vienne, comme il se doit non moins, au Theater an der Wien (salle du Museumquartier) sous &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Connaissez-vous <em>Venceslao</em> de Caldara ? Nous non plus. Cet opéra oublié du maestro vénitien devenu maître de chapelle à la cour autrichienne renaîtra en Pologne, comme il se doit, ce dimanche 20 novembre au théâtre de Gliwice puis à Vienne, comme il se doit non moins, au Theater an der Wien (salle du Museumquartier) sous la direction de <strong>Martyna Pastuszka</strong> avec dans le rôle-titre le mirobolant<strong> Max Emanuel Cenčić</strong> qui ajoutera à cette occasion un rôle méconnu à son vaste répertoire. L&rsquo;histoire ne dit pas si cet opéra sera enregistré ou diffusé. Dans le doute, les amateurs en profiteront pour découvrir Gliwice (179 000 habitants), sa place du marché baroque, sa cathédrale et son vieux cimetière. </p>
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		<title>CALDARA, Maddalena ai Piedi di Cristo — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/maddalena-ai-piedi-di-cristo-paris-philharmonie-amour-terrestre-ou-est-ta-victoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Philharmonie de Paris offrait en ce samedi 16 avril une magnifique façon de conclure la période de carême et la semaine Sainte ; un peu comme on le faisait dans ce XVIIe siècle vénitien, où Antonio Caldara, violoncelliste intermittent à Saint-Marc, et qui avait assis sa réputation de compositeur de sonates mais aussi d’opéras, recevait &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La Philharmonie de Paris offrait en ce samedi 16 avril une magnifique façon de conclure la période de carême et la semaine Sainte ; un peu comme on le faisait dans ce XVIIe siècle vénitien, où Antonio Caldara, violoncelliste intermittent à Saint-Marc, et qui avait assis sa réputation de compositeur de sonates mais aussi d’opéras, recevait moultes commandes d’oratorios pour cette période liturgique. On estime qu’il composa une quarantaine de ces pièces sacrées, soit à Venise, sa ville natale, soit à Rome et Vienne. Aujourd’hui, on arrive à situer <em>Maddalena ai Piedi di Cristo</em> comme son troisième oratorio ; il fut créé à Venise en l’Eglise Santa Maria della Consolazione, l’église des pères de l’Oratoire, en 1697 ou 1698.</p>
<p>Le livret de <em>Maddalena</em> avait déjà été mis en musique par Bononcini. Il convient de fait particulièrement pour le temps de carême ; non seulement parce qu’il nous montre Marie-Madeleine, qui se reconnaît pécheresse aux pieds du Christ, mais surtout parce qu’il est une vaste méditation sur les notions de bien et de mal. Le librettiste Bernardo Sandrinelli reprend un texte original de Lodovico Forni, uniquement basé sur l’épisode rapporté par l’évangéliste Luc (7, 36-50) ; le personnage de Marthe, ajouté, provient quant à lui des chapitres 11 et 12 de Jean. Même s’il n’apparaît pas de façon explicite dans les Ecritures, c’est le tourment intérieur de Marie-Madeleine qu’avec beaucoup d’imagination le librettiste suggère en nous montrant la pécheresse hésiter devant le choix, personnalisé par deux allégories, <em>Amore celeste</em> et <em>Amore terreno</em>, entre les forces du ciel et de la terre, du bien et du mal, et qui se disputent son âme. Les autres personnages sont un Pharisien, qui reproche à Madeleine de voir en Jésus le Messie, et Jésus lui-même, qui n’apparaît qu’en seconde partie pour délivrer Madeleine de son péché. La pièce est composée de 61 numéros, deux <em>sinfonie</em> introductives des deux parties, ainsi qu’une série de récitatifs et d’arias da capo, et un seul duo, entre l’Amour céleste et l’Amour terrestre, qui conclut la première partie.</p>
<p>Il y a juste 20 ans, <strong>René Jacobs</strong> livrait un enregistrement remarqué de cette pièce, en dirigeant alors la Schola cantorum Basiliensis. Aujourd’hui, il la reprend et, avec elle, achève à Paris une tournée  qui l’a conduit à Madrid, Berlin et Freiburg, à la tête cette fois du Freiburger Barockorchester ; 24 instruments, 22 musiciens et une vision beaucoup plus aérée, aérienne même, avec quelques menues libertés prises dans les tempi qui, toutes, vont dans le sens d’une lecture aujourd’hui pleinement aboutie de la pièce. Les instrumentistes (difficile de ne pas remarquer un premier violon qui régale dans le « Da quel strale », ou encore un bassiste de tout premier rang), ainsi que les solistes, suivent Jacobs comme le troupeau son berger. Mais ici point de bâton ni de baguette ; la main seule, le doigt, ou même le regard qui ponctue d’une pichenette telle phrase ou tel point d’orgue qui ne veut plus finir et se conclut sur le fil. René Jacobs, tout de discrétion, se met au service d’une œuvre dont il est aujourd’hui peut-être le meilleur défenseur.</p>
<p>Il a su s’entourer pour cela d’une distribution particulièrement choisie. A une notable exception près dont nous ne dirons d’emblée qu’un seul mot, pour ne pas laisser l’impression qu’elle aurait par trop terni la qualité de l’ensemble. C’est le personnage du Christ, <strong>Joshua Ellicott</strong>, au ténor vaillant et brillant. Mais dont la prestation nous a semblé contredire le personnage représenté. Alors que nous attendions un Christ plus Dieu qu’homme, tout à son œuvre d&rsquo;offrir à Madeleine les perspectives célestes qu’elle ne faisait dans un premier temps qu’entrevoir, voilà que nous est figuré un Nazaréen plus vrai que nature, au phrasé sans grâce, à mille lieux des considérations fondamentales dont ces deux heures de musique nous abreuvaient, pour la plus grande élévation de notre âme !</p>
<p>Les cinq autres protagonistes vocaux nous ont, quant à eux, élevé au plus haut, notamment par l’intelligence du texte. Certes, il faut remarquer d’abord <strong>Giulia Semenzato</strong> dans le rôle-titre. Placée au centre du plateau, au milieu des musiciens et des autres chanteurs, son chant éthéré bénéficie de l’acoustique parfaite de la Philharmonie, qui réserve à sa voix la réverbération idéale. Son « Pompe inutili » est céleste et nous convainc, comme elle le chante, que « le monde est si beau, mais le Ciel est éternel » ! Elle a la grâce pour elle, la fluidité, et surtout cette légèreté qui nous renseigne déjà sur l’issue du combat entre la terre et le Ciel. Amour terrestre, où est ta victoire ? Par son chant même, la Maddalena de Giulia Semenzato nous dit que la pécheresse est pardonnée. Ce qui n’est pas le cas de Marthe ; <strong>Marianne Beate Kielland</strong>, irréprochable vocalement, donne une lourdeur toute choisie à son personnage, encore aux luttes avec le monde d’ici-bas. Elle offre un contraste saisissant avec sa sœur de cœur qui semble avoir quelques longueurs de sainteté d’avance ! Le troisième personnage féminin, c’est le contralto d’<strong>Helena Rasker</strong>. Avant que de s’avouer vaincu par l’amour céleste, en toute fin de pièce, l’amour terrestre, qu’elle incarne, aura usé de tous les artifices pour séduire Maddalena et la convaincre des délices d’ici-bas. Et nous, pauvres spectateurs de cette lutte de haut vol, nous nous surprenons à désirer succomber aux charmes de ce monde, tant Helena Rasker les incarne charnellement, avec des graves qui pourraient bien nous entraîner aux enfers. Quelle prestance, quelle présence ! Sa lutte avec l’Amour céleste est de toute beauté. Celui-ci est incarné par le contre-ténor <strong>Alberto Miguélez-Rouco</strong> qui remporte la mise aux yeux de Maddalena. Tout est finesse, simplicité, dans la conduite du chant et bien malin qui pourrait y résister. Enfin n’omettons surtout pas le Pharisien de <strong>Johannes Weisser</strong>. Rôle certes moins développé mais suffisamment toutefois pour que nous y percevions un chant aux accents sombres mais chantants, et surtout la force de celui qui se sait seul contre tous et dont le combat (ici contre le bien) est pour ainsi dire perdu d’avance.</p>
<p> </p>
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		<title>La Quarantena al cimento, oratorio profane</title>
		<link>https://www.forumopera.com/la-quarantena-al-cimento-oratorio-profane/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/la-quarantena-al-cimento-oratorio-profane/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Apr 2020 11:21:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comme il n&#8217;est pas sûr que la terrible épidémie que nous traversons inspire de sitôt les compositeurs, Forum Opéra vous propose un pasticcio en forme d&#8217;oratorio, qui laisse entrevoir un lieto fine pour ce moment douloureux. La Quarantena al cimento (« La quarantaine à l&#8217;épreuve ») fait intervenir cinq personnages principaux : Covid, basse, Quarantena, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><b>Comme il n&rsquo;est pas sûr que la terrible épidémie que nous traversons inspire de sitôt les compositeurs, Forum Opéra vous propose un pasticcio en forme d&rsquo;oratorio, qui laisse entrevoir un <em>lieto fine</em> pour ce moment douloureux. <em>La Quarantena al cimento</em> (« La quarantaine à l&rsquo;épreuve ») fait intervenir cinq personnages principaux : Covid, basse, Quarantena, mezzo-soprano, Incredulità, alto, Tirsi, amant de Clori, alto et Clori, amante de Tirsi, soprano, à quoi s&rsquo;ajoutent deux choryphées de CNN International, alto et ténor. Les différents numéros sont empruntés à messieurs Caldara, Scarlatti, Haendel, Vinci, Vivaldi, Hasse et quelques autres&#8230;</b></p>
<hr />
<p align="center" class="MsoNormal" style="text-align:center"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal">Sinfonia</b></p>
<p align="center" class="MsoNormal" style="text-align:center"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"></b></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/7Ua4ejrKw00" width="560"></iframe></p>
<p align="center" class="MsoNormal" style="text-align:center"> </p>
<p align="center" class="MsoNormal" style="text-align:center"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal">Parte prima</b></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"> </b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal">Clori et Tirsi sont endormis de part et d’autre de la scène. Covid descend des cintres dans un char tiré par dix-neuf pangolins et commence à répandre sur la Terre des nuées de miasmes.</b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal">D’une trappe sort Quarantena, drapée de blanc ; elle porte un masque et des gants. D’un geste, elle provoque un changement à vue : les nuées se dissipent et des cloisons viennent séparer Clori et Tirsi. Impuissant, Covid enrage.</b></p>
<p dir="ltr"><em>Contro te di sdegno armato<br />
	Verserò, superbo, ingrato,<br />
	Per domar l’infido orgoglio<br />
	Quanto hò d’ira, e di velen.</em></p>
<p dir="ltr"><em>Ne sarà mia destra paga,<br />
	Sin’ che a farti acerba piaga<br />
	Non t’immerge ancor su’l soglio<br />
	L’asta orribile nel sen.</em></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"><br />
<iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/r8fWQ_HRFxo" width="560">&amp;lt;br /&amp;gt;</iframe></b></p>
<p class="MsoNormal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal">Incredulità survient. Quoi, on veut contraindre ses libertés ? Les cloisons l’incommodent, l’aspect sévère de Quarantena l’amuse : elle jure de défier ses arrêts rigoureux.</b></b></p>
<p class="MsoNormal"><em>Sarò qual vento<br />
	Che nell’incendio spira<br />
	E l’Ira infiammerò;</em></p>
<p><em>E così spento<br />
	Ogni nemico orgoglio<br />
	Tutto il favor del soglio<br />
	Io sol godrò.</em></p>
<p><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=dlq3p6i9piU" target="_blank" rel="noopener"><br />
<iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/dlq3p6i9piU" width="560">&amp;lt;br /&amp;gt;</iframe></p>
<p></a></b></b></p>
<p><strong>Un écran paraît. La CNN prophétise les dangers qui menacent l’humanité.</strong></p>
<p><strong>Incredulità l’ignore ostensiblement.</strong></p>
<p><em>Some dire event hangs o&rsquo;er our heads,<br />
	Some woeful song we have to sing<br />
	In misery extreme. O never, never<br />
	Was my foreboding mind distrest before<br />
	With such incessant pangs.</em></p>
<p><em>Scenes of horror, scenes of woe,<br />
	Rising from the shades below,<br />
	Add new terror to the night;</em></p>
<p>	While in never-ceasing pain,<br />
	That attends the servile chain,<br />
	Joyless flow the hours of light.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/D88RI6EYLZM" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Clori et Tirsi s’éveillent en sursaut, frémissant à ce qu’ils viennent d’entendre. Impérieuse, Quarantena énonce ses décrets : seule une stricte séparation assurera leur salut.</strong></p>
<p><strong>Clori se lamente.</strong></p>
<p><em>Un caro amante <br />
	Gentil costante<br />
	Mi diede amor,<br />
	E un empio fato<br />
	Me’l tolse allor<br />
	Che amante amato<br />
	Venia fedele<br />
	In braccio a me.</em></p>
<p><em>Infin che porto<br />
	Tal piaga al cor,<br />
	Senza morire<br />
	Al mio martire<br />
	Altro conforto<br />
	No che non v’è.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/DsmyCPnftY4" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Inutiles alarmes, interrompt l’Incredulità. Pourquoi craindre pareil danger et ainsi se priver des joies du quotidien ? Chaque jour on nous promet le pire, mais la menace paraît bien vague.</strong></p>
<p><em>Qual augellino al monte<br />
	Fuggi, mi dite o cari<br />
	Fuggi, che l’arco è teso<br />
	E le saette pronte,<br />
	E il colpo a’ danni tuoi già prende il volo. </em></p>
<p><em>Ma dal gran Dio difeso<br />
	E in sua possanza invitto<br />
	Qual già mi vidi al piè<br />
	Il Filisteo traffitto<br />
	Vedrà nimici miei morder il suolo.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/TQbcNyETC_U" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Le doute gagne Tirsi. Faut-il vraiment s’inquiéter, faut-il se plier à des règles aussi austères ? Tiraillé entre Quarantena et Incredulità, il hésite sur la marche à suivre.</strong></p>
<p><em>Core misero, misero cor<br />
	Che risolvi, che pensi di far? </em></p>
<p><em>Se niego obbedire<br />
	Di morte sarò<br />
	Se vado a servire più vita non ho.<br />
	Son qual prora flagellata<br />
	Dallo sdegno d’alto mar.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/T8fpMIDJBy4" width="560"></iframe></p>
<p><strong>C’en est trop pour Clori. D’abord résignée au confinement, elle se laisse gagner par la panique.</strong></p>
<p><em>Colle procelle in seno<br />
	Di cento affanni, e cento<br />
	Il misero mio cor<br />
	Già sento naufragar. </em></p>
<p><em>Ripieno di timore<br />
	Arte non ho consiglio:<br />
	A voi rivolgo il cielo<br />
	Numi, per respirar.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/BafoFIJlANk" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Quarantena s’approche de Clori – en restant toutefois à plus d’un mètre – et vient l’apaiser par ses paroles réconfortantes.</strong></p>
<p><em>Ti parli nel seno<br />
	Speranza ed amore<br />
	E dica al tuo core<br />
	Che alfin la costanza<br />
	Saprà trionfar.</em></p>
<p><em>Ti chiama al regno l’affetto mio:<br />
	Del pio disegno non ti sdegnar.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/rq5Swnhtf0I" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Fi ! lance Incredulità. Vaines promesses, austère prudence. Le soleil brille, Tirsi est fougueux : ce serait un crime de rester cloîtré.</strong></p>
<p><em>Fin che danzan<br />
	Le grazie sul viso<br />
	Avvezzati a ridere<br />
	Impara a godere.</em></p>
<p><em>Verrà l’etade algente,<br />
	Che repente<br />
	Darà bando al bel piacer.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ZmaquzImMKE" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Tirsi peine à se résigner. Incredulità a bien raison, et Quarantena est trop sévère.</strong></p>
<p><em>Che legge spietata!<br />
	Che sorte crudele!<br />
	D’un’alma piagata,<br />
	D&rsquo;un core fedele<br />
	Servire, soffrire,<br />
	Tacere e penar.</em></p>
<p><em>Se poi l&rsquo;infelice<br />
	Domanda mercede<br />
	Si sprezza, si dice<br />
	Che troppo richiede,<br />
	Che impari ad amar.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/WJ2z8uZRGig" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Clori et Tirsi ne savent encore quel parti prendre.</strong></p>
<p><strong>Quarantena s’affermit. Elle lève un doigt vers le ciel, des masques pleuvent au sol. Dans l’adversité, la constance sera sa force.</strong></p>
<p><em>Sprezza il furor del vento<br />
	Robusta quercia avvezza<br />
	Di cento verni e cento<br />
	L’ingiurie a tollerar. </em></p>
<p><em>E se pur cade al suolo,<br />
	Spiega per l’onde il volo,<br />
	E con quel vento istesso<br />
	Va contrastando in mar.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/-kN8WNphZFM" width="560"></iframe></p>
<p align="center" class="MsoNormal" style="text-align:center"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal">Fin de la parte prima</b></b></p>
<p> </p>
<hr />
<p> </p>
<p align="center" class="MsoNormal" style="text-align:center"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal"><b style="mso-bidi-font-weight:&lt;br /&gt;&#10;normal">Parte seconda</b></b></p>
<p> </p>
<p><strong>Tirsi et Clori se languissent séparément. Quarantena se tient entre eux. Des fleurs printanières commencent à éclore sur scène entre de délicates fontaines.</strong></p>
<p>	<em>Aure placide, e serene,<br />
	Aque garule, ed amene,<br />
	Frondi amabili innocenti<br />
	Sussurrando,</em></p>
<p><em>Mormorando,<br />
	Eco fate a miei lamenti.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/lDYj5lq5WxU" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Surviennent Covid et Incredulità. Le virus touche à tout mais ne peut atteindre les amants : il laisse éclater son dépit et promet de redoubler de virulence.</strong></p>
<p><em>Come stridente fulmine<br />
	Che dalle nubi discende<br />
	Come sdegnato turbine<br />
	Che al suol le piante stende;<br />
	Io recherò spavento<br />
	Nel generoso cor.</em></p>
<p><em>Non sempre invendicata<br />
	Così tu resterai [à Incredulità]<br />
	Tu vittima cadrai<br />
	Del giusto mio furor. [à Quarantena]</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/gKLSyttQCOs" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Clori et Tirsi sont terrifiés. Il est donc encore bien là ce mal effroyable, malgré la séparation imposée. Quarantena compatit à leur peur et leur désarroi : il leur faut patienter et traverser courageusement l’épreuve.</strong></p>
<p><em>Fra deserti e vaste arene<br />
	Con il cor fra dubbi e pene<br />
	Movo il piede a passi incerti.</em></p>
<p><em>E se errante il guardo giro<br />
	Già tremante non rimiro<br />
	Che perigli ognor aperti.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/7N7c_5-aink" width="560"></iframe></p>
<p><strong>La franchise de Quarantena redonne de la force à Tirsi, convaincu du bien-fondé du confinement. Il décide de s’en remettre pleinement à ses lumières.</strong></p>
<p><em>Scaccia l’orror, le tenebre<br />
	Il lume tuo dal cielo<br />
	E acceso in vivo zelo<br />
	Fa che divampi il cor.</em></p>
<p><em>Lume che qui ne invita<br />
	Frutti a raccor di vita<br />
	Sull’orme del suo amor.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/NXYQDFHZxyI" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Clori demeure inquiète. Les jours passent, les nouvelles restent catastrophiques. Elle aspire au temps où elle pourra retrouver la sérénité.</strong></p>
<p><em>Deh ! lascia o core<br />
	Di sospirar<br />
	Per un momento;</em></p>
<p><em>E torna poi<br />
	Con più dolore<br />
	A lagrimar<br />
	Ch’io mi contento.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/5dhM9W2Qsuo" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Il est un moyen simple de retrouver la paix : « Sortez, sortez donc ! » glisse Incredulità. Le printemps est là, le soleil réchauffe le cœur et invite à jouir de l’être aimé.</strong></p>
<p><em>Sentirò fra ramo e ramo<br />
	Più tranquille e placidette<br />
	L’aure liete a sussurar</em></p>
<p><em>E co’ zeffiri diletti<br />
	Amorosi gli augelletti<br />
	Tutti gioia gareggiar.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/6MjgN2WS8BI" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Vile Incredulità ! Clori ne prête plus foi à ses invitations mielleuses, à ses questionnements incessants. Malgré la rigueur du confinement, elle tiendra bon.</strong></p>
<p><em>La mia costanza<br />
	Non si sgomenta,<br />
	Non ha speranza,<br />
	Timor non ha.</em></p>
<p><em>Son giunta a segno<br />
	Che mi tormenta<br />
	Più del tuo sdegno<br />
	La tua pietà.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UzB_ozhVuL8" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Tirsi rejoint son aimée dans la constance : fuyez, doutes !</strong></p>
<p><strong>Dans un rire jaune, Incredulità disparaît entre les lattes du plancher.</strong></p>
<p><strong>Accordé avec sa Clori, Tirsi célèbre l’amour qui les fera tenir.</strong></p>
<p><em>Finche salvo è l’amor suo<br />
	Anche in mezzo<br />
	Alle tempeste più funeste<br />
	Calma ha l’alma,<br />
	E pace ha il cuor.</em></p>
<p><em>Ma se sorge la procella<br />
	A turbar lo stesso Amore,<br />
	L’alma, e il cuore<br />
	Sente all’ora il suo dolor.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/skJeOHRQfV4" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Quarantena a vaincu. L’humanité confinée restera à l’abri du Covid, et peut entrevoir l’espoir après le passage de la funeste vague.</strong></p>
<p><em>Fremer da lunge io sento<br />
	L’onda sdegnosa e il vento<br />
	Che la procella han desta<br />
	Onde può legno tuo restare assorto.</em></p>
<p><em>Volgi tuoi lumi à quella<br />
	Del mar begnina stella<br />
	Che placa ogni tempesta<br />
	E sola scorge i naviganti in porto</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/djuRh--I19E" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Incredulità est terrassée, Quarantena triomphe. Livide, Covid reparaît défait de ses atours ; il saisit sa couronne et la brise. Ses proies lui échappant, il dépérit aujourd’hui mais attention : on le reverra un jour sous une autre forme…</strong></p>
<p><em>Ombre de’ neri chiostri<br />
	Furie, fantasmi e mostri<br />
	Del tormentato inferno<br />
	E’ ver, che il vostro core<br />
	Arde di sdegno eterno<br />
	Ma con sì rio furore<br />
	M’avvampo il seno anch’io<br />
	Ch’è poco il vostro in paragon del mio.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jfNRplSiKjs" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Le virus s’est éteint, la Quarantena retire son masque et d’un geste lent libère Clori et Tirsi. L’écran descend à nouveau des cintres et la CNN annonce la fin de la pandémie.</strong></p>
<p><em>Thus when the Sun from’s wat’ry bed<br />
	All curtain’d with a cloudy red<br />
	Pillows his chin upon an Orient wave</em></p>
<p><em>The wand’ring shadows ghastly pale<br />
	All troop to their infernal jail<br />
	Each fetter’d ghost ships to his sev’ral grave.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/jQV2Dy1QB-U" width="560"></iframe></p>
<p><strong>Victoire amère ; Quarantena recule doucement jusqu’à disparaître en fond de scène alors que Clori et Tirsi se rejoignent.</strong></p>
<p>Clori</p>
<p><em>Caro, vieni al mio seno<br />
	Dopo tanto languir!<br />
	Sento ch&rsquo;io vengo meno<br />
	Per un sì gran gioir.</em></p>
<p>Tirsi</p>
<p><em>Cara, torno al tuo seno<br />
	Dopo tanto soffrir!<br />
	Scaccia si bel sereno<br />
	L&rsquo;ombra del mio martir.</em></p>
<p>L’humanité en chœur</p>
<p>	<em>Dopo tanto penare<br />
	E più grato il piacer;<br />
	Chi sà, costante amare,<br />
	Rende immenso il goder.</em></p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ahyjVs1L_lY" width="560"></iframe></p>
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		<item>
		<title>CALDARA, La Morte d&#039;Abel — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-morte-dabel-salzbourg-redecouverte-dun-chef-doeuvre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2019 22:15:51 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/redcouverte-d-un-chef-d-oeuvre/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ce n’est pas tous les jours qu’un oratorio sorti de l’oubli se révèle pur chef-d’œuvre, non seulement de son auteur mais du genre et du siècle entier. C’est le cas de cette Morte d’Abel de Caldara. Il y avait de quoi s’en douter : que Caldara, connu par son style très intérieur et inspiré, écrive pour &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce n’est pas tous les jours qu’un oratorio sorti de l’oubli se révèle pur chef-d’œuvre, non seulement de son auteur mais du genre et du siècle entier. C’est le cas de cette <em>Morte d’Abel</em> de Caldara. Il y avait de quoi s’en douter : que Caldara, connu par son style très intérieur et inspiré, écrive pour l’extravagant Farinelli, et il y a tout à espérer du mariage des contraires. Cecilia Bartoli nous en avait donné un aperçu en gravant un poignant « Quel buon pastor son io », l’équipe réunie ce matin nous confirme que l’œuvre se hisse au même niveau. C’est d’abord par le livret de Métastase que l’œuvre se distingue. Sur une trame connue, Métastase écrit un livret d’une sensibilité rare, où l’hiératisme du discours religieux se fond dans l’étonnante humanité des personnages. C’est bien à un drame domestique que l’on assiste, même si celui-ci prend une résonnance biblique grâce à la musique, mais pas de la façon attendue. Caldara est un compositeur d’une inventivité extrême et refuse ici les formules stéréotypées. Bien plus qu’un simple écrin oublié dès la fin de la ritournelle, l’orchestre semble s’exprimer au nom de toute la création durant tout l’aria. C’est le bruit harmonieux de la nature entourant la première famille, nature muette mais omnisciente qui par la musique révèle ce que les personnages ne savent pas ou refusent de dire par contrition. Si Dieu est muet, l’orchestre est plein de sa présence. C’est donc un paysage panthéiste qui accompagne chaque chanteur, ou s’en détourne, et Caïn de dire son remords accompagné de trois tristes et seuls instruments graves, le trombone, le violoncelle et l’orgue.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/la-morte-dabel_schlussapplaus_by-marco-borrelli_2_.jpg?itok=yuKe73Ht" title="crédits: Marco Borrelli" width="468" /><br />
	© Marco Borrelli</p>
<p><strong>Gianluca Capuano</strong> l’a très bien compris à la tête d’<strong>Il Canto d’Orfeo</strong> : l’ensemble respire, gémit, tremble, enveloppe telle une matière vivante. C’est contrasté, dynamique, précis, jamais gratuit, du grand art. Le chef livre sa meilleure direction du week-end. On ne sait si c’est un art consommé du rubato ou si la partition est écrite avec tant de dynamiques variées, mais nous sommes constamment tenus en haleine. La texture orchestrale est riche de pupitres très affirmatifs, colorés et néanmoins toujours attentifs à mettre en valeur les solistes. C’est une direction cinématographique qui met la focale sur les solistes avant d’enchainer la séquence en travelling sur l’environnement orchestral. Si l’on ajoute que tous les chanteurs sont parfaitement idoines pour leur rôle, on comprend que ce concert est historique. Si l’on en croit le livret, seules des parties de récitatifs ont été coupées.</p>
<p><strong>Nahuel Di Pierro</strong> est un Adam terrien, bon père de famille, craignant toujours le pire pour ses fils et chantant son inquiétude avec une autorité fragile, sans jamais chercher à tonner. Cependant Caldara ne lui réserve que peu de moments mémorables.</p>
<p>L’Eve de <strong>Julie Fuchs</strong> transpire la tendre bienveillance maternelle. Elle est splendide dans son évocation du torrent, fébrile dans un angoissé et suraigu air de culpabilité, mais c’est son intervention finale qui nous bouleverse. Devant le cadavre de son fils, elle livre une berceuse douloureuse, celle de la pécheresse qui se sent responsable du crime de son fils et ne peut donc invectiver le sort qui l’accable, elle se courbe, résignée. La seule cadence du concert vient transfigurer le second couplet, magnifiquement écrite et transmise avec une douleur retenue. Et quel ambitus vertigineux ! Ses graves sur « crudel » sont saisissants.</p>
<p>Après un bel arioso d’entrée, <strong>Lea Desandre</strong> amène ce concert à son acmé : « Quel buon pastor son io ». Abel y décrit sa dévotion à son troupeau qui le pousse à se sacrifier pour le salut de ses agneaux. D’entrée, il acquiert une dimension christique tandis que l’orchestre crie sa désolation et semble anticiper le destin fatal du berger. Le contraste entre cet environnement très expressif, à la limite de la stridence, et la sérénité triste de la mezzo vous saisit à la gorge. Vous brûlez, comme les musiciens dans leur vallée de pleurs, d’avertir Abel du danger qui le guette, mais celui-ci y serait sourd, conscient de la cruauté du monde et pourtant plein d’espérance. Lea Desandre y adopte un ton bien moins tragique que Cecilia Bartoli et son sourire timide vous met au bord des larmes. A l’acte II, lorsqu’Abel décide de suivre Caïn au champ, inconscient du sort qui l’attend, il est néanmoins pris d’un désir irrépressible de confier à sa mère son amour filial et nous sommes encore bouleversés de ce trouble traduit avec une désarmante sobriété par Lea Desandre en état de grâce. Un de ces moments, où le critique lui-même, tellement absorbé par l’éclat du chanteur, est bien en peine plus tard de détailler l’objet de son admiration. Son émission très dense au vibrato serré en fait l’alter ego féminin idéal du Caïn de Christophe Dumaux.</p>
<p>Caïn est un personnage immédiatement jaloux et troublé. Le chiasme Caïn/Adam – Abel/Eve est évident. Les premiers sont inquiets, les seconds espèrent, mais la primauté de la faute unit Eve (premier péché) et Caïn (premier homicide). <strong>Christophe Dumaux</strong>, son émission perpétuellement agitée que l’on croit toujours au bord de l’essoufflement est un interprète idéal de cette figure rongée de l’intérieur. Il faut le voir courber la tête, la rage contenue et lancer ses invectives avec une hargne précise et une projection toujours percutante.</p>
<p><strong>Nuria Rial</strong> possède un timbre tout indiqué pour jouer les anges. Dans son air sur le libre arbitre, ses accents <em><a href="https://almaoppressa.wordpress.com/2014/10/07/roberta-invernizzi-letoile/">invernizziens</a></em> nous ravissent. Son <em>aria di paragone</em> décrivant le destin divers du suc de la fleur qui devient miel chez l’abeille et venin chez le serpent la voit évoluer de la terre à l’air avec une virtuosité caressante émaillée de notes piquées du plus bel effet. Son dernier aria est le plus original : accompagné d’un orchestre tantôt guilleret, tantôt au bord du chaos disharmonieux, l’ange y révèle à Caïn sa malédiction en vocalises célestes. Le criminel, le monde et les cordes tremblent à l’évocation de son destin, mais la parole angélique reste pleine de joie, confiante dans le dessein divin.   </p>
<p>Le<strong> Bachchor Salzburg</strong> se voit enfin employé à sa juste valeur. Sa prononciation exemplaire et la netteté de son canon final contribuent beaucoup à l’illumination de cette matinée.</p>
<p> </p>
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		<title>40 bougies pour le festival de Buxton</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/40-bougies-pour-le-festival-de-buxton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Mar 2019 22:03:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées. Le slogan date des années 1970, comme le festival de Buxton, qui fête cette année ses quarante ans. Sans doute moins doté financièrement que d’autres manifestations britanniques, il se distingue une fois encore par l’inventivité de sa programmation. Pour l’édition 2019, du 5 au 21 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on n’a pas de pétrole, on a des idées. Le slogan date des années 1970, comme <a href="https://www.forumopera.com/breve/buxton-un-festival-a-decouvrir">le festival de Buxton</a>, qui fête cette année ses quarante ans. Sans doute moins doté financièrement que d’autres manifestations britanniques, il se distingue une fois encore par l’inventivité de sa programmation. Pour l’édition 2019, du 5 au 21 juillet, il présente, à côté d’un très classique <em>Eugène Onéguine</em>, deux titres plus audacieux : <em>Lucio Papirio dittatore</em>, d’Antonio Caldara (1719), et une création mondiale, un pasticcio intitulé <em>Georgiana</em>, inspiré par la personnalité de la Duchesse de Devonshire (1757-1806, incarnée au cinéma par Keira Knightley dans <em>The Duchess</em>), qui permettra d’entendre, sur un livret en anglais, des airs de Mozart, de Paisiello, de Martin y Soler, mais aussi de Thomas Linley, qu’on surnommait « le Mozart anglais », et de Stephen Storace, frère de Nancy, créatrice du rôle de Suzanne dans <em>Les Noces de Figaro</em>. Telles sont les principales propositions d’un festival qui en compte bien d’autres (voir le <a href="https://buxtonfestival.co.uk/whats-on">site de Buxton</a>).</p>
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