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	<title>Girolamo FRESCOBALDI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Girolamo FRESCOBALDI - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Vivica Genaux &#8211; Paris (Cortot)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-vivica-genaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jan 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les occasions d’admirer Vivica Genaux sont devenues très rares à Paris. Après une superbe Stratonice au Louvre, c’est ce soir salle Cortot qu’il faut aller pour l’entendre dans un répertoire qu’elle a peu fréquenté, celui du drame miniature. Contrairement à l’opera seria ou aux œuvres de Rossini dans lesquelles elle a forgé sa réputation, le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les occasions d’admirer<strong> Vivica Genaux</strong> sont devenues très rares à Paris. Après une superbe <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/scarlatti-il-mitridate-eupatore-paris-auditorium-du-louvre/">Stratonice au Louvre</a>, c’est ce soir salle Cortot qu’il faut aller pour l’entendre dans un répertoire qu’elle a peu fréquenté, celui du drame miniature. Contrairement à <em>l’opera</em> <em>seria</em> ou aux œuvres de Rossini dans lesquelles elle a forgé sa réputation, le personnage doit ici s’imposer en quelques minutes, dans toute sa complexité et son authenticité. Avec l’excellent <strong>Jory Vinikour</strong> qui l’aurait convaincue de chanter ce programme et qu’elle qualifie non sans raison d’homme-orchestre, tant son accompagnement est vivant et fougueux, Vivica Genaux réussit là où l’attendait.</p>
<p>Passons donc rapidement sur ces Purcell surprenants mais peu convaincants qui se satisfont mal de sa voix très focalisée et sans cesse agitée. « Sweeter than roses » requiert plus de brume et la folie de Bess plus de mystère et de respirations. Les emportements telluriques de la contralto servent bien mieux le style italien. L’<em>Eraclito amoroso</em> de Strozzi nous laisse un peu sur notre faim, comme un récitatif accompagné qui serait privé d’aria mais signale déjà ses qualités de diseuse. C’est avec les arias de Ferrari, une fois la voix chauffée que l’on retrouve l’artiste à son meilleur. Dès le « Ardo misera si » et sa vocalise fulminante sur « cocente rotar », et surtout l’intranquille « Amanti, io vi so dire » que l’on n’avait jamais entendu si brillant. S’il y manque la légèreté qu’appelle ce rythme chaloupé, on y goute la tortueuse écriture qui signale l’amant aigri, et toute son énergie soudain utilisée à mépriser ce qu’il a adoré autrefois. La virtuosité illustre la contradiction et se chauffe au feu du désir qui couve.</p>
<p>Avec la <em>Lucrezia</em> de Haendel, notre interprète a davantage d’espace pour peindre son héroïne, dont les élans sont d’autant plus touchants qu’ils sont en opposition totale avec notre temps (rappelons qu’après avoir maudit son violeur, Lucrèce se reproche « son crime » et demande pardon d’avoir souillé l’honneur de son époux avant de se suicider). Elle est ici en terrain connu, la violence du jeune Haendel lui sied particulièrement bien, que ce soit dans des récitatifs furibonds ou des arias qui le sont tout autant mais amplifiés par l’audace de la vocalise sur des écarts de tessiture assassins. La cantate sollicite d’ailleurs souvent son registre aigu dans lequel elle frôle l’accident, accuse quelques notes sourdes, mais ne cède pas, même dans un très tendu « Alla salma infedel porga la pena ». C&rsquo;est dans la crainte de ces chutes que l&rsquo;on sait que l&rsquo;on est monté très haut.</p>
<p>En bis, après un agréable « Se l’aura spira tu » de Frescobaldi, c’est avec le saxon qu’elle rugit de nouveau dans le tourbillonnant « Se bramate d’amar qui vi sdegna » de l’empereur perse dont elle rends le désir capricieux et frustré avec autant d’agilité que de sincérité.</p>
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		<item>
		<title>Récital Hugh Cutting — Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-hugh-cutting-paris-une-ardente-plenitude/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Feb 2023 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cecilia Bartoli côté cour, Philippe Jaroussky côté jardin : c’est sur la scène du Théâtre Grévin, niché au cœur du célèbre musée de cire où les stars de l’opéra côtoient Charles Aznavour et Roberto Benigni, que Hugh Cutting donnait lundi son premier récital parisien. Révélé par le Jardin des Voix en 2021, le jeune contre-ténor britannique se produit &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cecilia Bartoli côté cour, Philippe Jaroussky côté jardin : c’est sur la scène du Théâtre Grévin, niché au cœur du célèbre musée de cire où les stars de l’opéra côtoient Charles Aznavour et Roberto Benigni, que <strong>Hugh Cutting</strong> donnait lundi son premier récital parisien. Révélé par le<a href="https://www.forumopera.com/partenope-paris-cite-de-la-musique-de-nouvelles-etoiles-britanniques-au-jardin-des-voix"> Jardin des Voix</a> en 2021, le jeune contre-ténor britannique se produit principalement au Royaume-Uni, même s&rsquo;il fera bientôt ses débuts à Zurich dans un programme de madrigaux. Nous avons d’ailleurs pu l’applaudir le mois dernier à Londres, en l’église de Saint Martin-in-the-Fields, où il chantait <em>The Messiah </em>sous la conduite de Harry Christophers (The Sixteen) et remportait un beau succès personnel face à un auditoire, certes fervent, mais qui connaît l’ouvrage par cœur et ne se laisse pas aisément impressionner. </p>
<p>La démarche chaloupée et le sourire conquérant rappellent les entrées de David Daniels alors que la voix surprend immédiatement en affichant des qualités qui restent, aujourd’hui encore, peu communes chez les falsettistes d’Outre-Manche : la franchise de l’émission, jamais nasale ni pincée ; la rondeur et la chaleur du timbre sur toute la tessiture que couronnent des aigus glorieux ou caressants. Bien que le souvenir d’Henri Ledroit affleure à la mémoire (<em>Vedendo amor</em>) et plus encore celui d’Andreas Scholl, qui débuta <em>in loco</em> en remplaçant au pied levé René Jacobs, le chant autrement incarné de Hugh Cutting éclipse aussitôt ces réminiscences : aucun maniérisme, nul angélisme ne vient altérer une ardente et réjouissante plénitude. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/img-3520.jpeg?itok=ss5jZ_qt" width="352" /><br />
	© DR</p>
<p>L’interprète, en revanche, nous laisse d’abord sur notre faim. Le style est parfaitement maîtrisé, la déclamation limpide (« E pur io torno »), mais la théâtralité demeure générique et nous aimerions qu’il s’approprie davantage le tubesque « Si dolce è’l tormento », qu’il affûte également et affine ses ornements dans des cantates très fréquentées (<em>Vedendo amor </em>; <em>Nel dolce tempo</em>) et qui ont fait l’objet de lectures plus personnelles. </p>
<p>S’il fait montre d&rsquo;une toute autre éloquence chez Johnson et Dowland, les blasés rétorqueront que ce répertoire fait partie de son ADN poétique et musical. Or, nous n’avons jamais entendu un contre-ténor, même britannique, imprimer une telle urgence à <em>In darkness let me dwell </em>: Hugh Cutting avive les contrastes et s’empare des affects avec une intensité inédite. Effusion désarmante de sincérité comme de simplicité, « Ch’io parta ? » (<em>Partenope</em>), donné avec pour seul accompagnement le clavecin gracile de <strong>George Ireland</strong>, réussit pourtant à renouer avec la grâce qui nous avait ravi lors du concert du Jardin des Voix à la Cité de la Musique. Ce beau tempérament a probablement besoin du théâtre pour s’épanouir. </p>
<p> </p>
<p> </p>
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			</item>
		<item>
		<title>Affetti amorosi, Arie musicali, Firenze, 1630</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/affetti-amorosi-arie-musicali-firenze-1630-le-soleil-a-rendez-vous-avec-la-lune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 27 Apr 2018 06:45:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comparer l’être aimé à un astre est, en poésie, une métaphore assez banale, mais on peut en tirer mieux que le duo Sacha Distel-Brigitte Bardot interprétant naguère une traduction de « You Are the Sunshine of My Life », comme l’ont montré les musiciens du seicento. « Troppo sotto due stelle » et « Voi partite, mio &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comparer l’être aimé à un astre est, en poésie, une métaphore assez banale, mais on peut en tirer mieux que le duo Sacha Distel-Brigitte Bardot interprétant naguère une traduction de « You Are the Sunshine of My Life », comme l’ont montré les musiciens du seicento. « Troppo sotto due stelle » et « Voi partite, mio sole » en sont de bons exemples, qui ont probablement inspiré la pochette du disque <em>Affetti amorosi</em>.</p>
<p>Malgré quelques frémissements ici et là (Mariana Flores avec Leonard Garcia Alarcon en 2010 chez Ricercar, Rinaldo Alessandrini et son Concerto italiano en 2004 chez Alpha), Frescobaldi reste un compositeur plus fréquenté pour sa musique instrumentale que pour ses œuvres vocales. Pourtant, ce contemporain de Monteverdi – ils sont tous deux morts en 1643 et seule une quinzaine d’années les séparait – s’est également illustré en écrivant pour la voix, même s’il n’aborda jamais le genre scénique. L’essentiel de la carrière de Frescobaldi s’étant déroulé à Rome, la musique sacrée occupe une place importante dans sa production, mais le versant profane n’en est pas moins assez riche, comme vient opportunément le rappeler le disque proposé par <strong>Damien Guillon</strong> à la tête de son Banquet céleste. </p>
<p>On objectera peut-être que l’art de Girolamo Frescobaldi atteint rarement les mêmes sommets d’expressivité que les plus grandes réussites monteverdiennes. Ce n’est peut-être pas faux, mais certaines des <em>arie musicali</em> réunies sur ce disque témoignent d’une belle hauteur d’inspiration dans la traduction des affects.</p>
<p>Comme l’on n’est jamais si bien servi que par soi-même, le maître d’œuvre de l’opération s’est réservé les plages ouvrant et fermant le disque. Le timbre suave de Damien Guillon sait traduire les tourments dépeints par les textes, la lutte entre l’amour et le désir dans « Oscure selve », les affres de Marie-Madeleine au Golgotha ou le renoncement à la vie. Et le contre-ténor maîtrise évidemment les divers éléments de virtuosité exigés par cette musique, indispensables ingrédients de son raffinement. <strong>Céline Scheen</strong> est fort heureusement à cent lieues de ces voix blanches et inspides qui ont parfois sévi dans la musique ancienne. Les couleurs dont elle sait parer son chant, ainsi que l’attention portée au mot, font merveille dans un monologue comme « Vanne, o carta amorosa » où s’exhale la passion qu’est censée traduire une lettre destinée à l’objet aimé ; un très léger vibrato évite tout risque de froideur, et l’on salue particulièrement l’ardeur de l’interprète dans « Così mi disprezzate ».</p>
<p>Les voix plus graves sont un peu moins gâtées : si le contre-ténor et la soprano disposent chacun de cinq airs en soliste, le ténor et la basse doivent se contenter respectivement de deux interventions et d’une seule, le reste de leur participation consistant en duos et trios, la basse restant la moins sollicitée au total. A <strong>Thomas Hobbs </strong>on pourra reprocher parfois une pointe d’accent anglo-saxon dans la prononciation de certaines consonnes, mais le ténor britannique charme suffisamment l’oreille par ailleurs pour qu’on lui pardonne volontiers. Quant à <strong>Benoît Arnould</strong>, on savait de quoi il était capable dans la tragédie lyrique française, pour l’avoir entendu dans des œuvres de Campra ou de Rameau ; pour être le plus souvent discrète, sa présence n’en est pas moins appréciée.</p>
<p>Sous ces quatre voix, les quatre instrumentistes du Banquet céleste déroulent un élégant tapis sonore qui ne contribue pas peu au plaisir exquis que procure ce disque.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Edition Secular Music</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-fete-avant-les-fetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Sep 2011 08:02:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>René Jacobs   Edition Secular music Sacred Music. Cantatas, Laments, Oratorios, Passions.  Claudio Monteverdi (1567-1643), Madrigali Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Arie Musicali Claudio Monteverdi (1567-1643), Lamento d’Arianna   Luigi Rossi (ca 1598-1653), Canzonette Amorose   John Blow (1649 -1708), An Ode on the Death of Mr. Henry Purcell William Lawes (1602-1645), Songs John Blow (1649 -1708), &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <strong>René Jacobs</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Edition Secular music</strong></p>
<p>Sacred Music. Cantatas, Laments, Oratorios, Passions.</p>
<p> <br /><strong>Claudio Monteverdi</strong> (1567-1643), Madrigali</p>
<p><strong>Girolamo Frescobaldi</strong> (1583-1643), Arie Musicali</p>
<p><strong>Claudio Monteverdi</strong> (1567-1643), Lamento d’Arianna</p>
<p> </p>
<p><strong>Luigi Rossi</strong> (ca 1598-1653), Canzonette Amorose</p>
<p> </p>
<p><strong>John Blow</strong> (1649 -1708), An Ode on the Death of Mr. Henry Purcell</p>
<p><strong>William Lawes</strong> (1602-1645), Songs</p>
<p><strong>John Blow</strong> (1649 -1708), Songs from <em>Amphion anglicus</em></p>
<p> </p>
<p><strong>Italian Sacred Music</strong> (Alessandro Grandi, Giacomo Carissimi, Giovanni Battista Bassani…)</p>
<p> </p>
<p><strong>Alessandro Scarlatti</strong> (1660-1725), Passio Secundum Ioannem (St. John Passion)</p>
<p> </p>
<p><strong>Jan Dismas Zelenka</strong> (1679-1745), Magnificat</p>
<p><strong>Jan Dismas Zelenka</strong> (1679-1745), Lamentationes Jeremiae Prophetae,</p>
<p> </p>
<p><strong>Benedetto Marcello</strong> (1686-1739), The 50th Psalm from <em>Estro Poetico-Armonico</em></p>
<p> </p>
<p><strong>Nicola Porpora</strong> (1686-1768), « Or che una nube ingrata »</p>
<p><strong>Antonio Caldara</strong> (ca 1670-1736), « Vicino a un rivoletto »</p>
<p><strong>George Frideric Handel</strong> (1685-1759), « Mi palpita il cor »</p>
<p> </p>
<p><strong>George Frideric Handel</strong> (1685-1759), extraits des opéras <em>Alessandro</em>, <em>Partenope</em>, <em>Tamerlano</em></p>
<p> </p>
<p><strong>Johann Sebastian Bach</strong> (1685-1750), extraits de <em>La Passion selon Saint Jean</em>, <em>Messe en Si mineur</em>, <em>La Passion selon Saint Matthieu</em></p>
<p> </p>
<p>Sony Classical</p>
<p>Deutsche Harmonia Mundi</p>
<p> 10 CDs limited edition 88697918012</p>
<p> </p>
<p><strong>La fête avant les fêtes</strong></p>
<p> </p>
<p>Nul n’ignore qu’avant d’être un des chefs d’orchestre les plus en vue du circuit baroque, René Jacobs fut un contre-ténor à la discographie abondante, explorateur infatigable de partitions et de compositeurs méconnus. Et quand bien même on l’aurait oublié, un coffret de dix CDs, édité par Sony Classical, vient rappeler cette facette d’une personnalité dont l’étendue des talents musicaux et musicologiques ne doit pas occulter la dimension vocale. Piochés dans un catalogue dont on a dit l’épaisseur, ces dix CDs, enregistrés pour la plupart au début des années 80, proposent non pas le portrait d’un artiste, comme c’est souvent le cas dans ce genre de compilation, mais un parcours au sein d’un répertoire : le XVIIe et la première moitié du XVIIIe siècle. Le tout servi par les meilleurs musiciens de l’époque – La Petite Bande, Gustav Leonhardt, Sigiswald Kuijken, etc. –, en parfaite osmose avec un chanteur qui a le plus souvent motivé ces enregistrements. Peu de sentiers battus – Bach dans ce qu’il a de plus connu les deux <em>Passions</em> et la <em>Messe en Si</em> – et beaucoup de découvertes tout au long de ce périple décimal. Même les rivages de l’opéra Haendelien, quand ils sont abordés, le sont dans leur versant le moins familier, avec des extraits d’ouvrages peu représentés encore aujourd’hui : <em>Alessandro</em>, <em>Partenope</em>, <em>Tamerlano</em>.</p>
<p> </p>
<p>Opéra donc mais aussi musique religieuse, cantates, chansons, lamentations, oratorios, passions, etc. Sur cet étal des expressions vocales alors en vigueur, chacun choisira selon son goût et ses affinités musicales. Difficile cependant de passer à côté des madrigaux de Monteverdi sans goûter au contrepoint touffu d’une écriture soutenue avec ferveur par un René Jacobs au sommet de ses moyens (l’enregistrement date de 1979). Autre incontournable, la <em>Passion selon Saint Jean</em> d’Alessandro Scarlatti, vaste fresque discursive qui s’ouvre par une poignante vocalise dont l’éloquence combine ici extase et douleur. Citons aussi les trésors mélodiques du <em>Psaume 50</em> de Benedetto Marcello, dans lequel les voix de Guy de Mey et Kurt Widmer s’entrelacent amoureusement à celle du contre-ténor.</p>
<p>L’amateur d’opéra ne pourra faire l’économie d’un détour par le volume Haendel dont la séduction est inégale : Alessandro et Andronico (<em>Tamerlano</em>) avant Arsace (<em>Partenope</em>). René Jacobs n’est pas un virtuose, son art est celui du sentiment, non de l’artifice. La vocalise peut sembler parfois trop appliquée.</p>
<p>Enfin, même si moins inédits, les extraits des œuvres de Bach consacrent dans le registre sacré la suprématie du Cantor sur ses prédécesseurs et contemporains, surtout quand ses partitions sont comme ici interprétés avec une dévotion qui confine à l’adoration : un « Es ist vollbrazcht » dans <em>La Passion selon Saint Jean</em> sanctifié par le souffle, soulevé en son centre par une véhémence à laquelle le contre-ténor ne nous a pas habitués ; un « Ach ! Nun ist mein Jesus hin ! » de <em>La Passion selon Saint Matthieu</em> où la voix meurtrie flotte, angélique, au dessus du chœur ; et bien sur l’« Agnus Dei » de la <em>Messe en Si mineur</em>, inspiré, crucifié dans la chair même d’un timbre à cheval sur deux registres.</p>
<p> </p>
<p>En cicérone de ce voyage au long cours, René Jacobs accompagne, commente, fait partager l’amour qu’il éprouve pour un répertoire que l’on connaissait mal avant qu’il en dévoile les mystères. Avec plus ou moins de bonheur selon les genres et selon les années. En toute logique, la voix accuse davantage la marque des ans dans les pièces religieuses des compositeurs italiens du <em>seicento</em>, enregistrées en 1986 et 1991, que dans les <em>Canzonette amorese</em> de Luigi Rossi qui, elles, datent de1981. L’avouera-t-on, de la même manière que l’on apprécie mieux la sapidité d’un velours balsamique quand il est mélangé à d’autres condiments, le timbre n’est jamais aussi séduisant que combiné à d’autres voix. Le chant d’une manière générale se satisfait moins d’hédonisme que d’expression. Introspectif, il préfère les effusions doloristes où peut s’épancher sans contrainte son goût des larmes. Avec néanmoins un sens certain des contrastes, comme dans la deuxième <em>Lamentation pour le mercredi saint</em> de Jan Dismas Zelenka. Là, le discours sait épouser la palette variée des sentiments en accord avec la musique.</p>
<p>Impossible, pour conclure, de ne pas mentionner les <em>songs</em> de John Blow, enregistrées en 1973 et remastérisées pour l’occasion. A l’aube de sa jeune carrière, René Jacobs y paye son tribut à Alfred Deller. Geste symbolique dans un coffret panoramique qui, à quelques mois près, trouverait naturellement sa place au pied du sapin.</p>
<p> </p>
<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
<p> </p>
<p> </p>
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