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	<title>Maurice RAVEL - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sat, 31 Oct 2026 22:37:55 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Maurice RAVEL - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>RAVEL, L&#8217;Heure espagnole/L&#8217;Enfant et les sortilèges &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-lheure-espagnole-lenfant-et-les-sortileges-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 01 Nov 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans ses deux uniques ouvrages lyriques, Ravel porte une attention singulière au texte. Opéras français par excellence – d’ailleurs réputés intraduisibles –, dont l’un s’inscrit pourtant dans la fascination constante de Ravel pour l’Espagne et l’autre n’a aucune patrie tangible, L’Heure espagnole et L’Enfant et les sortilèges sont réunis en une soirée où ce qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Dans ses deux uniques ouvrages lyriques, Ravel porte une attention singulière au texte. Opéras français par excellence – d’ailleurs réputés intraduisibles –, dont l’un s’inscrit pourtant dans la fascination constante de Ravel pour l’Espagne et l’autre n’a aucune patrie tangible, <em>L’Heure espagnole </em>et <em>L’Enfant et les sortilèges</em> sont réunis en une soirée où ce qui est dit suffit à peine à évoquer ce qui est vu. Manière de rendre le réel plus évanescent. </p>
<p style="font-weight: 400;">Dans <em>L’Heure espagnole</em>, pourtant, l’intrigue est à première vue très terre-à-terre. Un horloger, une horlogère, des amants un peu gauches, des horloges où l’on se cache et que l’on déplace. <strong>Jean-Louis Grinda</strong> (mise en scène) et <strong>Rudy Sabounghi</strong> (décors et costumes) évitent habilement les excès que le livret pourrait appeler. Dans un décor pas tout à fait réel, mais toujours suffisamment concret (celui du cartoon ou de la bande dessinée), les protagonistes vivent leurs désirs et leurs frustrations à travers un jeu d’acteur au caricatural assumé, sans jamais – ou presque – se regarder. Dans cet opéra sans air, l’ensemble du plateau offre une prestation de bonne tenue. <strong>Vincent Ordonneau </strong>est un Torquemada à la projection efficace et à l’amplitude adéquate, le Ramiro d’<strong>Ivan Thirion </strong>offre de belles rondeurs et le Gonzalve de <strong>Pierre Derhet </strong>– dont le personnage verse volontiers dans le grotesque, « en composant des vers baroques » – révèle une approche fine du texte où la relative absence de lyrisme (quelques belles ouvertures dans l’aigu néanmoins) se fait oublier tant le chanteur place habilement ses couleurs : faire chanter les mots, plutôt que « juste » chanter les mots. <strong>Patrick Bolleire</strong> est peut-être moins convaincant dans les premières apparitions de Don Íñigo de Gómez où la largeur du timbre dessert l’intelligibilité du texte, tandis qu’<strong>Anne-Catherine Gillet </strong>offre une Concepción idéale qui verse plus dans la finesse que dans la vulgarité, malgré les pièges que lui tendent la mise en scène. Le texte est toujours remarquablement incarné, la projection bien dosée et le timbre – que l’on connaît – riche et coloré.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/V.-ORDONNEAU-AC-GILLET-©J.Berger_ORW-Liege-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-225572"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© ORW-Liège/J.Berger</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">En fosse, si l’on fait abstraction de quelques hésitations aux attaques et de moments de flottement (voulus ?), on aperçoit des touches de couleurs habilement disposées, que <strong>Jean-Yves Ossonce</strong> fait éclater comme autant de manières singulières d’effleurer le réel. Pas de discours linéaire donc, mais une approche plus fragmentée de la partition où les moments se fondent plus qu’ils ne s’enchaînent. On se gardera bien de qualifier l’interprétation d’impressionniste : Ravel n’aimerait pas. Cette approche passe évidemment par un travail minutieux du son et des timbres. Il aurait peut-être gagné à différencier davantage les couches orchestrales, souvent fondues en une même nuance, alors que la partition appelle son lot d’aspérités.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P.-DOYEN-AC-GILLET-A.-WAKIZONO-P.-BOLLEIRE-©J.Berger_ORW-Liege-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-225571"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© ORW-Liège/J.Berger</sup></figcaption></figure>


<p style="font-weight: 400;">Le propos change dans <em>L’Enfant</em>. De la nécessité de la mécanique horlogère, on passe à un monde où la seule nécessité est celle que l’on crée et où nature et objets prennent le dessus. Chez Ravel et Colette – qui commet le livret –, l’animal-machine a bien une âme. Les objets et les animaux vivent, pensent, punissent et ont une morale : sont-ils anticartésiens ? La mise en scène (toujours Grinda et Sabounghi) est ici très chorégraphique – le livret de Colette était d’ailleurs initialement un projet de ballet : pas d’objets parlants, mais des associations mouvantes entre les chanteurs et leurs attributs. Dans le rêve comme sur le plateau, ils surgissent, envahissent, flottent un moment. Le tout reste lisible et terriblement beau. <strong>Aya Wakizono </strong>est un enfant au tempérament vocal affirmé et à la présence plus colérique que naïve. <strong>Marlène Asayag</strong> se distingue dans les rôles du feu, de la princesse et du rossignol où elle rend les quelques mesures virtuoses de la partition avec une belle fluidité. <strong>Loïc Félix</strong> offre une incarnation animée et piquante de l’Arithmétique, ainsi que de beaux reliefs aux pages de la Reinette et de la Théière. <strong>Lotte Verstaen</strong>, <strong>Marie Kalinine</strong>, <strong>Pierre Doyen</strong>, <strong>Julie Mossay</strong> et <strong>Aurore Daubrun</strong> complètent idéalement une distribution de bonne tenue vocale.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-lheure-espagnole-lenfant-et-les-sortileges-liege/">RAVEL, L&rsquo;Heure espagnole/L&rsquo;Enfant et les sortilèges &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>RAVEL, L&#8217;Heure espagnole &#8211; Saint-Jean-de-Luz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-lheure-espagnole-saint-jean-de-luz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Sep 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival Ravel propose L’Heure espagnole en version de concert à Saint-Jean-de-Luz dans l’église Saint-Jean-Baptiste, sanctuaire royal depuis que Louis XIV y convola en justes noces avec l’infante Marie-Thérèse le 9 juin 1660. En témoignent les circonvolutions baroques du retable, immense sculpture de bois doré qui s’élève sur trois étages jusqu’à la voûte dans une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival Ravel propose <em>L’Heure espagnole</em> en version de concert à Saint-Jean-de-Luz dans l’église Saint-Jean-Baptiste, sanctuaire royal depuis que Louis XIV y convola en justes noces avec l’infante Marie-Thérèse le 9 juin 1660. En témoignent les circonvolutions baroques du retable, immense sculpture de bois doré qui s’élève sur trois étages jusqu’à la voûte dans une pieuse orgie de saints et d’angelots.</p>
<p>Que cette grivoiserie musicale résonne dans un édifice religieux, ne manque pas de piquant. C’est là son unique sel, car à l’épreuve du concert, l’acoustique diffuse du lieu se prête mal à une partition telle que <em>L’Heure espagnole</em>. Avec sa précision diabolique, son orchestre multicolore et ses dialogues au cordeau, Ravel fait de chaque mot un engrenage du mécanisme théâtral. La profusion des timbres – bassons, célesta, harpe, percussions et autres trouvailles sonores – n’est jamais décorative : elle souligne, prolonge ou contredit les vers de Franc-Nohain « tantôt longs, tantôt courts », dont elle épouse les inflexions et les sous-entendus. Encore faut-il l’entendre pour l’apprécier. Quand les voix se trouvent happées par la pâte orchestrale, c’est tout le jeu subtil entre parole et musique qui s’émousse.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LHeure-espagnole-3septembre-2026-%C2%A9-Festival-Ravel-Mathias-Bracho-Lapeyre-3-1294x600.jpg" />© Festival Ravel - Mathias Bracho Lapeyre</pre>
<p>Dans ces conditions, il devient difficile de se faire une juste impression des cinq chanteurs réunis pour l’occasion. À défaut de clarté d’élocution, soulignons combien leur jeunesse renforce le tour leste de la farce. Retenons l’émission saine et la plastique vocale d’<strong>Ambroisine Bré</strong>, Concepción moins virago qu’ardente, l’apparente facilité avec laquelle <strong>Enguerrand de Hys</strong> surmonte la hauteur d’écriture de Gonzalve jusque dans ses mélismes les plus tortueux, et la façon dont son timbre se distingue de l’autre ténor, Torquemada, caractérisé avec à-propos par <strong>Pablo Plaza</strong>. Le baryton métallique de <strong>Yosif Slavov</strong> ne correspond pas à l’idée que l’on se fait de Ramiro, moins viril ici que juvénile, moins rustique que falot, sans rien de cette force tranquille et vocalement de ce grain rugueux qui aide le muletier à soulever des horloges comme des sacs de plume. La pointe d’accent, perceptible en dépit de l’acoustique, joue également en sa défaveur. Finalement, c’est <strong>Thibault de Damas</strong> qui s’impose comme l’interprète le plus marquant de la distribution. Le plus expressif, le plus intelligible, le plus juste dramatiquement – même si sa silhouette longiligne détonne quelque peu avec le personnage censément ventripotent d’Inigo. Sans doute une pratique assidue du répertoire offenbachien lui a-t-elle insufflé cette <em>vis comica</em>, ce sens du geste et du mot que le rôle exige. Peut-être aussi sa position à l’extrême cour, face à nous, y est-elle pour quelque chose : plus proche, il n’en était que plus audible, et plus visible.</p>
<p>À la tête d’un Orchestre National Bordeaux Aquitaine d’environ quatre-vingts musiciens, <strong>Valentina Peleggi</strong> privilégie une lecture vive et très articulée de la partition, Si certains des innombrables détails orchestraux se perdent dans les voûtes, la cheffe maintient une transparence qui conjugue la précision de l’horlogerie et l’ironie du théâtre. Auparavant, le <em>Capriccio espagnol</em> de Rimski-Korsakov, servi en amuse oreille, avait donné le ton de la soirée : du rythme, de l’emphase, des contrastes a défaut de netteté, avec « un peu d’Espagne autour », conformément à l&rsquo;esprit de cette 6<sup>e</sup> édition du Festival Ravel*.</p>
<pre>* Créé sous sa forme actuelle en 2020, par la fusion de <em>Musique en Côte Basque</em> et de l’Académie Ravel, le Festival Ravel devait connaître sa première véritable édition en 2020, mais la pandémie en a empêché la tenue. Après un concert inaugural en septembre 2020, le festival a pris réellement son essor en 2021 : l’édition 2026 constitue donc sa 6e édition effective. Son histoire est toutefois plus ancienne : dès 2017, les deux structures avaient commencé à coproduire un Festival Ravel, prélude à la fusion de 2020. Depuis 2023, Bertrand Chamayou en assure seul la direction artistique. À noter : l’Académie Ravel, rendez-vous estival de formation et de transmission, a fêté cette année sa 56e édition</pre>
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		<title>Oh La La La ! Opérettes en promenade – Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/oh-la-la-la-operettes-en-promenade-nancy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Jul 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour terminer la saison sur une note légère et rafraîchissante, l’Opéra de Nancy nous a concocté un programme d’une petite heure et demie autour de chansons célèbres du xxe siècle et d’airs d’opéras légers. Cette opérette, une commande pour chœur, chœur d’enfants et piano de l’Opéra de Dijon en 2022, est ici reprise en version &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour terminer la saison sur une note légère et rafraîchissante, l’Opéra de Nancy nous a concocté un programme d’une petite heure et demie autour de chansons célèbres du xx<sup>e</sup> siècle et d’airs d’opéras légers. Cette opérette, une commande pour chœur, chœur d’enfants et piano de l’Opéra de Dijon en 2022, est ici reprise en version pour orchestre. Le spectacle s’adresse à tous les âges, entre facilité d’écoute et nostalgie d’airs connus depuis l’enfance, d’Offenbach à Cole Porter en passant par Poulenc, Kurt Weill ou Franz Lehár. <br />C’est avec le plus grand sérieux et professionnalisme que la metteure en scène <strong>Louise Brun</strong> a façonné cette fantaisie initialement destinée à des personnes âgées isolées qu’elle a également conçue pour des enfants qui composeraient un programme cohérent et faussement naïf (de l’<em>Enfant et les sortilèges</em> à la <em>Tragique histoire du petit René</em> à qui on finit par couper le nez parce qu’il se met les doigts dedans). Le pont transgénérationnel se fait par l’intermédiaire d’un adolescent qui joue au maître de cérémonie, sous le regard de la pianiste démiurge (excellente <strong>Nima Santonja</strong>), installée sur la scène. Dès lors, il suffit de quelques accessoires, cerf-volant, parapluies miniatures de couleurs vives que n’auraient pas reniés Jacques Demy, échelles à la Jacques Tati dans les <em>Vacances de Monsieur Hulot</em>, ciel étoilé et divers objets en modèles réduits pour créer une atmosphère empreinte d’une touchante mélancolie. La « Barcarole » des <em>Contes d’Hoffmann</em> évoque ainsi tout autant <em>La Vie est belle </em>de Benigni que les nuits d’amour à Venise ou tout simplement les plus belles des berceuses de l’enfance.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Oh-La-La-La-©-Amandine-De-Cosas-14-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-216310"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Amandine De Cosas</sup></figcaption></figure>


<p>L’émotion vient avant tout de la rencontre entre les membres du Chœur de l&rsquo;Opéra national de Nancy-Lorraine et de la Maîtrise citoyenne itinérante composée de jeunes chanteurs issus prioritairement de territoires ruraux ou de bourgs du Grand Nancy (formidable initiative !), sublimant en particulier des airs interprétés jadis par les Frères Jacques ou Bourvil ici chantés par des solistes accompagnés par le chœur ou les enfants. À l’exception de quelques mouvements hésitants, l’essentiel de la charmante chorégraphie est maîtrisé et a tout pour séduire un public attendri et attentif. Et l’on prend beaucoup de plaisir à mieux entendre des membres du Chœur devenus solistes, avec une mention spéciale pour les deux sopranos <strong>Clémence Millet</strong>, la Mère, et <strong>Noémie Bousquet</strong>, la Jeune Maman, mais également <strong>Séverine Maquaire</strong>, l’Anglaise, toutes trois impressionnantes de naturel et de justesse. Les deux voisines, <strong>Jiwon Kim</strong> et <strong>Jue Zhang</strong>, sont un peu moins convaincantes, avec des approximations dans la prononciation et une projection moins tonitruante. Les hommes tirent eux aussi leur épingle du jeu, en particulier <strong>Benjamin Colin</strong> dans le rôle du père. Mais c’est surtout l’unité de groupe et la réussite collégiale que l’on saluera ici. Le Chœur est impeccable et l’on peut rendre hommage à l’excellent travail de <strong>Virginie Déjos</strong>, cheffe de chœur et d’orchestre, qui réussit à obtenir de l’ensemble des artistes une qualité sonore tout en délicatesse où l’innocence de l’enfance se mêle à la préciosité du souvenir pour ceux que le poids des ans encombrerait la mémoire bien farcie.</p>
<p>En tout état de cause, cet inventaire musical à la Prévert est une porte d’entrée idéale pour le monde de l’opéra, quel que soit l’âge des néophytes. En ce qui nous concerne, restera l’image de cette petite fille déjà bien grande, juste devant nous, qui agitait l’éventail de sa maman comme une dame, profil enfantin et queue de cheval, « nubel » (pardon, sucette) en bouche, doudou à la main, bien en avant sur le bord de son siège, qui n’en perdait pas une miette. La larme à l’œil, on a pu sortir en se disant que le public de demain était déjà bien là, prêt à revenir souvent et sans doute en train de se rêver sur les planches, pour chanter l’« Heure exquise » ou les « Chemins de l’amour ». Et l’on ne peut que s’en réjouir : « Oh la la la, c’est magnifique » !</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Oh La La La ! Opérettes en promenades | Opéra national de Nancy-Lorraine" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/SHtqMG0Kb38?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<item>
		<title>Maurice Ravel, l&#8217;insaisissable (Louis Bergès)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maurice-ravel-linsaisissable-louis-berges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Jun 2026 03:59:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce livre vient à point nommé. À l’heure de l’été et des vacances, il faut le glisser dans la valise des voyages, car l’itinéraire que nous propose l’historien et paléontologue Louis Bergès à travers la vie de Ravel est passionnant. Ravel, «jalousement insaisissable», comme le qualifiait Vladimir Jankélévitch, terme que le titre reprend. Ravel lui-même &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce livre vient à point nommé. À l’heure de l’été et des vacances, il faut le glisser dans la valise des voyages, car l’itinéraire que nous propose l’historien et paléontologue Louis Bergès à travers la vie de Ravel est passionnant. Ravel, «jalousement insaisissable», comme le qualifiait Vladimir Jankélévitch, terme que le titre reprend. Ravel lui-même aimait malicieusement brouiller les pistes quand on tentait d’en percer les mystères ! Il se livrait si peu sauf à quelques rares amis intimes. De son côté, Louis Bergès, l’auteur du livre n&rsquo;est guère disert, non plus, quant à sa biographie ! Si ce n’est qu’il a contribué au <em>Dictionnaire amoureux de la musique en France au XIXe siècle</em> en 2003, et que, comme son éditeur bordelais, il est très attaché à la région de Gironde dont il a été directeur des Archives départementales.</p>
<p>Son livre en forme d’enquête se lit d’une traite tant son style est limpide et la narration captivante. On se surprend, page après page, à s’attacher de plus en plus à la personnalité de Ravel car cet ouvrage est aussi une belle déclaration d’amour et de tendresse envers cet homme si célèbre par sa musique mais dont la vie est restée très secrète. Dès le début le ton est donné : « Tour à tour qualifié de parisien, de Suisse, de juif, d&rsquo;espagnol et surtout de basque des Pyrénées l’homme reste une énigme. » Et Bergès d’ajouter : « De ses origines Maurice gardera la fougue et le pittoresque ibérique marié à la minutie et à la précision helvétique ».<br />
Voilà qui ouvre l’appétit pour la suite ! Pas question donc de tout dévoiler ici ! Juste quelques pistes : sa famille est d’origine savoyarde et suisse, sa mère au patronyme espagnol est née à Ciboure au Pays basque. Elle a vécu très jeune à Madrid et son père l’aurait sans doute rencontrée dans les jardins d’Aranjuez ! Ce dernier, grand mélomane, détenteur d’un prix de piano au Conservatoire de Genève, avait décelé très tôt chez son fils un musicien né.  Et tout est à l’avenant dans cette investigation, érudite certes, mais jamais pédante bien au contraire. Relevons certains épisodes comme la belle relation avec Gabriel Fauré qui a toujours défendu Ravel contre les attaques dont il a été l’objet de la part, notamment, de certains groupes de compositeurs (y compris Debussy qui n’était pas un tendre !) sans doute fort agacés par le succès public de leur collègue !</p>
<p>À cet égard, Bergès, nous fait prendre conscience à quel point Ravel a été le compositeur vivant le plus joué à son époque. Il analyse aussi très justement le rôle qu’a eu l’univers hispanique, dans sa vie et son œuvre, surtout après ses séjours fréquents dans sa ville basque natale de Ciboure dès 1911 et ses voyages au-delà des Pyrénées, jusqu’à ce célèbre <em>Boléro </em>de 1928 qui évoque si bien la magnifique «<em> escuela bolera </em>» en Espagne au XVIIIe siècle (Bergès lui consacre un encarté remarquable) sans parler de sa grande amitié avec le pianiste Ricardo Viñés et le pianiste et compositeur cubain Joaquín Nin qu’il fréquentait souvent à Paris.</p>
<p>La prétendue homosexualité du compositeur est évoquée avec délicatesse sans lui donner plus d &lsquo;importance. Et &#8211; ce qui est essentiel &#8211; Bergès souligne de façon émouvante l’engagement de Ravel durant la guerre 1914-1918 et son humanisme profond quand, après le conflit, il prend la défense des jeunes compositeurs autrichiens tels que Webern et Schönberg face à l’ostracisme général. Son ouverture au monde aussi. On oublie trop souvent qu’il a été, à son époque, le compositeur français  le plus fêté à l’étranger notamment aux États-Unis.  Il a parcouru le pays, découvert le Jazz et s&rsquo;est lié d&rsquo;amitié avec Gershwin et la soprano canadienne Eva Gauthier, trop méconnue en Europe, qui organisa une belle fête à New York en son honneur.</p>
<p>La musique de Ravel sous-tend le récit en permanence et en refermant le livre on n’a qu’une hâte : réécouter aussitôt <em>Daphnis et Chloé, </em>les chants de<em> Don Quichotte</em> <em>à Dulcinée</em> ou ses deux ouvrages lyriques <em>L’Enfant et les sortilèges</em> et <em>l’Heure espagnole</em> !</p>
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		<item>
		<title>Nahuel Di Pierro, « Un grand sommeil noir »</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/un-grand-sommeil-noir-nahuel-di-pierro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2026 04:45:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cet album est le reflet d’un concert donné au Théâtre de l’Athénée en décembre 2024, articulé en deux parties, la première dédiée à quelques mélodies françaises (Debussy et Ravel notamment), la seconde à l’Argentine natale de Nahuel Di Pierro. Qui présente aussi ce récital comme une réflexion sur la théâtralité, sur la mise en scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cet album est le reflet d’un concert donné au Théâtre de l’Athénée en décembre 2024, articulé en deux parties, la première dédiée à quelques mélodies françaises (Debussy et Ravel notamment), la seconde à l’Argentine natale de <strong>Nahuel Di Pierro</strong>. Qui présente aussi ce récital comme une réflexion sur la théâtralité, sur la mise en scène de soi-même quand, seul sur scène avec un pianiste, on doit créer autant d’univers qu’il y a de pièces dans le puzzle. Et aussi comme une série de variations sur le thème des marges de la société, de Villon à Borges en passant par Verlaine.</p>
<h4><strong>Les faubourgs et les marges</strong></h4>
<p>La partie argentine de ce choix est la plus immédiatement convaincante. On ne recourra pas au cliché du chanteur chantant dans son arbre généalogique, mais il y a quand même de cela… Nahuel di Pierro, né à Buenos Aires dans le quartier de Balvarena, est d’emblée de plain pied avec l’imaginaire d’un Jorge Luis Borges, fasciné dès l’adolescence par le monde insaisissable des <em>guapos</em>, des mauvais garçons, des <em>compadritos</em> (les « hommes des faubourgs »), des maisons de passe et des<em> cuchillos</em>, des poignards, un univers qu’il essayait de côtoyer, lui l’intellectuel des beaux quartiers. De là naquirent un ensemble de textes de milongas, publié dans le recueil « Pour les six cordes ». Certains furent mis en musique par Anibal Troilo, d’autres par Carlos Guastavino, Eladia Blásquez ou Julián Plazá, mais c’est surtout Astor Piazzolla qui les a marqués de sa patte.</p>
<p>Cette partie commence avec le caustique <em>Tango</em> de Stravinsky (en somme un tango pour en finir avec tous les tangos), distillé avec humour par <strong>Alphonse Cemin</strong>, auquel s’enchaîne la <em>Milonga de Manuel Flores</em>, un texte que Nahuel Di Pierro dit, très bien et très simplement, en le prenant au sérieux, avec tout le romantisme grave qu’il faut. Et un sens du tragique qu’on entend aussi dans les <em>Quatro Canciones porteñas</em> de Piazzolla. Nahuel Di Pierro use d’une voix qui n’est pas tout à fait sa voix d’opéra, mais tout de même timbrée, riche d’harmoniques, dans un parlé-chanté subtil, appuyé sur une diction évidemment authentique, avec une manière de grandeur, comme dans le superbe <em>Jacinto Chiclana</em> ou dans l’impétueux <em>Titere</em>, d’une violence épique, ou encore dans le quasi funèbre <em>A Don Nicanor Paredes</em>, manière d’ode à un Buenos Aires disparu.</p>
<p>La partie de piano, dans des arrangements superbes de Gustavo Beytelmann, constamment imaginative, inattendue, tissant une manière de commentaire songeur derrière les textes, ajoute à la paradoxale poésie de ces mélodies.</p>
<p>Le<em> Piedra y camino</em>, d’Atahualpa Yupanqui, relève d’un autre imaginaire, celui du monde des gauchos. Nahuel Di Pierro parvient là à suggérer en quelque trois minutes une errance mélancolique à travers de vastes espaces avec une sobriété et une économie de moyens étonnantes.</p>
<p>Superbe toucher d‘Alphonse Cemin dans la mélancolique <em>Danza de la moza donosa</em> de Ginastera, qui introduit deux <em>Canciones</em>, celle impalpablement nostalgique <em>al árbol del olvido</em> et celle plus radieuse <em>a la luna lunanca</em>. Là encore Nahuel Di Pierro trouve le ton juste, intime, retenu, délicat, dans un dosage impeccable des accents et des couleurs.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1772" height="997" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/nahuel-di-pierro-1-edited.jpg" alt="" class="wp-image-209437"/></figure>


<h4><strong><br />Affaire de style</strong></h4>
<p>La partie française du récital laisse une impression plus contrastée, et le chanteur semble ajuster plus difficilement le style de chaque écriture. Elle commence avec les rares <em>Deux poèmes de Verlaine</em> de Stravinsky, intrigants si l’on songe qu’ils sont contemporains de <em>Petrouchka</em>. <br />Le plus réussi (y compris par Stravinsky) est sans doute <em>Un grand sommeil noir</em>, d’une mâle simplicité. En revanche Stravinsky n’y va pas avec le dos de la cuillère dans <em>La lune blanche</em> où il assomme Verlaine avec désinvolture. C’est tout de même une chose curieuse que cette phrase qui monte sans cesse et qui va crescendo alors que le poème s&rsquo;alnguit : « Un vaste et tendre apaisement semble descendre du firmament »&#8230; et que dire de « C’est l’heure exquise » qui tombe comme un glas. Du moins on peut y remarquer la parfaite diction et la projection vocale de Nahuel Di Pierro.</p>
<p>Tout de même, ce sont (selon nous) les <em>Trois Ballades de François Villon</em> de Debussy qui sont le moment le moins convaincant du programme : le chanteur donne l’impression d’être embarrassé de sa grande voix dans ces œuvres d’ailleurs d’une prosodie déconcertante où la mélodie semble aller à l’encontre du texte et qui semblent ici écrasées par une interprétation surdimensionnée. La position du micro, un peu lointaine, n’aide guère non plus à la compréhension des mots.</p>
<p>Par bonheur, les trois mélodies extraites de <em>Fêtes galantes</em> sont davantage <em>dites</em>, notamment le très beau <em>Faune</em>. Mais <em>Les ingénus</em> comme <em>Colloque sentimental</em> oscillent entre de sensibles demi-teintes, aux frontières du <em>parlando</em>, très belles, et de soudains <em>forte</em> invasifs, quelque peu opératiques et désarçonnants. Broutilles inhérentes au concert sans doute.</p>
<p>On n’en appréciera que mieux le <em>Don Quichotte à Dulcinée</em> de Ravel, pleinement réussi.<br />Où l’on trouve les mêmes qualités que dans les pièces argentines : l’allègement de la voix dans la <em>Chanson romanesque</em> (d’une rayonnante sensualité), la ferveur tendre puis l’ampleur de la <em>Chanson épique</em> (et quel beau legato), la truculence de la <em>Chanson à boire</em>.</p>
<p>Trois pièces exactement pour le timbre de Nahuel Di Pierro, magistralement enlevées, raffinées dans le détail et très emballantes.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/un-grand-sommeil-noir-nahuel-di-pierro/">Nahuel Di Pierro, « Un grand sommeil noir »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>RAVEL, L&#8217;Heure espagnole &#8211; Paris (Radio France)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-lheure-espagnole-paris-radio-france/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Oct 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Heure espagnole, sous les rouages tintinnabulants des pendules et la précision horlogère de l’écriture ravélienne, abrite un autre mécanisme, plus discret mais également complexe : celui de la langue française. Cette comédie en un acte, née de la rencontre entre Maurice Ravel et le dramaturge Franc-Nohain, repose aussi sur la musicalité du verbe, sur la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>L’Heure espagnole</em>, sous les rouages tintinnabulants des pendules et la précision horlogère de l’écriture ravélienne, abrite un autre mécanisme, plus discret mais également complexe : celui de la langue française. Cette comédie en un acte, née de la rencontre entre Maurice Ravel et le dramaturge Franc-Nohain, repose aussi sur la musicalité du verbe, sur la précision du mot, sur le naturel d’un phrasé que seule une articulation parfaite de notre langue peut traduire. Sans cette maîtrise intime du français – cette alliance de clarté, de légèreté et d’ironie – l’ouvrage perd une part essentielle de sa substance.</p>
<p>On s’interroge alors sur les raisons qui ont présidé au choix des interprètes de cette version de concert à l’Auditorium de la Maison de la Radio. <strong>Piotr Micinski</strong>, Don Inigo à la prononciation dure mais aux consonnes molles, moins digne notable en goguette que boyard échappé du Kremlin ; <strong>Matteo Macchioni</strong>, Torquemada à l’accent chantant au détriment de précision linguistique, moins horloger souffreteux que pizzaiolo ; <strong>Rodion Pogossov</strong>, muletier à l&rsquo;articulation exotique, qui plus est aux prises avec une écriture trop grave pour son baryton clair : voilà qui laisse perplexe. Que l’on fasse appel à des artistes dont le français est la langue maternelle, et le résultat s&rsquo;avère d’une autre tenue. Gonzalve est sans doute ténor trop léger pour <strong>Valentin Thill</strong>, qui en concert assume déjà Nadir, Alfredo, et Lenski. Mais la souplesse et une gestion habile de la voix mixte et de tête lui permettent de fleurir son chant à l’envi. Ornementation élégantes, notes filées et autres mélismes dessinent un poète moins précieux que raffiné, moins vaniteux que sensible. Surtout <strong>Isabelle Druet</strong> se glisse dans la peau de Concepcíon avec l’aisance d’une comédienne et le talent d’une diseuse, suivant en cela les conseils de Ravel qui conseillait de dire le rôle plus que le chanter – à l’exception de « la pitoyable aventure » abordée comme il se doit à la manière d’un grand air d’opéra avec des couleurs suggestives sans abus expressifs. On retrouve dans cette interprétation de l’Horlogère la précision d’orfèvre propre à Ravel. Chaque inflexion, chaque accent, chaque respiration placés à propos rappellent que la langue ne s’imite pas ; elle se possède, et que, face à ce petit bijou d’esprit gaulois travesti en farce ibérique, être français – sinon francophone – n’est pas un avantage accessoire, mais une condition nécessaire à sa pleine réussite.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/ABR8868-1294x600.jpg" />Répétition de l'Orchestre Philharmonique de Radio France dirigé par Kazuki Yamada (Auditorium de la Maison de la radio) © Christophe Abramowitz / Radio France</pre>
<p>Sous la baguette de <strong>Kazuki Yamada</strong>, appelé au dernier moment pour remplacer Pablo Heras-Casado, le Philharmonique de Radio France propose une lecture qui allie souplesse et précision sans jamais verser dans la sécheresse. La pâte orchestrale demeure claire, mobile, et épouse idéalement le raffinement comique de la partition. Chaque détail d’orchestration – clochettes, célesta, percussions, motifs hispaniques – reste perceptible. La précision rythmique et timbrique s’accompagne d’un sens aigu de l’équilibre : transitions souples, respiration naturelle entre les scènes, dosage subtil entre clarté et vivacité théâtrale. Revers de la médaille : ce mariage du détail et du souffle, de la précision et de la chaleur, confère à cette <em>Heure espagnole</em> une sophistication parfois excessive. Certains moments comiques semblent tempérés par le souci de préserver l’élégance au détriment de l’extravagance.</p>
<p>Ce même reproche de tempérance s’applique en première partie à <em>Pavane pour une infante défunte</em> enlisée dans un tempo trop lent quand, au contraire, <em>Ibéria </em>de Debussy claque comme un éventail andalou dans un festival de rythme et de couleurs.</p>
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		<title>Une rose pour Maurice Ravel</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/une-rose-pour-maurice-ravel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 06:23:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le château de Chantore (sud-Manche), labellisé « jardin remarquable », inaugurera dimanche 28 septembre 2025 à 11 heures sa nouvelle roseraie. L’événement sera marqué par la présentation de la collection 2025 de roses du rosiériste normand Christian de Chausey, figure reconnue depuis plus de trente ans dans l’art de la création variétale. Cette nouvelle série &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="138" data-end="480">Le château de Chantore (sud-Manche), labellisé « jardin remarquable », inaugurera dimanche 28 septembre 2025 à 11 heures sa nouvelle roseraie. L’événement sera marqué par la présentation de la collection 2025 de roses du rosiériste normand Christian de Chausey, figure reconnue depuis plus de trente ans dans l’art de la création variétale.</p>
<p data-start="482" data-end="994">Cette nouvelle série de roses rend hommage aux arts, à la musique et à la danse. Une rose <strong data-start="572" data-end="589">Maurice Ravel</strong> a été conçue spécialement pour le 150e anniversaire de la naissance du compositeur : une fleur blanche aux reflets rose pâle, au parfum subtil mêlant bergamote, muguet, miel et sauge. Elle sera accompagnée d&rsquo;autres variétés, notamment dédiées au pianiste <strong data-start="828" data-end="849">Alexandre Tharaud</strong>, à l’étoile du ballet <strong data-start="872" data-end="889">Hugo Marchand</strong> et au ténor <strong data-start="902" data-end="923">Luciano Pavarotti</strong>, dont le 90e anniversaire aurait été célébré le 12 octobre prochain.</p>
<p data-start="996" data-end="1221">Le projet bénéficie du soutien de la Région Normandie, de la Fondation Signature et de l’association des Amis de Maurice Ravel.</p>


<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DOZSd3Ak9Dh/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/reel/DOZSd3Ak9Dh/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; margin-bottom: 6px; width: 100px;"></div> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 4px; flex-grow: 0; height: 14px; width: 60px;"></div></div></div><div style="padding: 19% 0;"></div> <div style="display:block; height:50px; margin:0 auto 12px; width:50px;"><svg width="50px" height="50px" viewBox="0 0 60 60" version="1.1" xmlns="https://www.w3.org/2000/svg" xmlns:xlink="https://www.w3.org/1999/xlink"><g stroke="none" stroke-width="1" fill="none" fill-rule="evenodd"><g transform="translate(-511.000000, -20.000000)" fill="#000000"><g><path d="M556.869,30.41 C554.814,30.41 553.148,32.076 553.148,34.131 C553.148,36.186 554.814,37.852 556.869,37.852 C558.924,37.852 560.59,36.186 560.59,34.131 C560.59,32.076 558.924,30.41 556.869,30.41 M541,60.657 C535.114,60.657 530.342,55.887 530.342,50 C530.342,44.114 535.114,39.342 541,39.342 C546.887,39.342 551.658,44.114 551.658,50 C551.658,55.887 546.887,60.657 541,60.657 M541,33.886 C532.1,33.886 524.886,41.1 524.886,50 C524.886,58.899 532.1,66.113 541,66.113 C549.9,66.113 557.115,58.899 557.115,50 C557.115,41.1 549.9,33.886 541,33.886 M565.378,62.101 C565.244,65.022 564.756,66.606 564.346,67.663 C563.803,69.06 563.154,70.057 562.106,71.106 C561.058,72.155 560.06,72.803 558.662,73.347 C557.607,73.757 556.021,74.244 553.102,74.378 C549.944,74.521 548.997,74.552 541,74.552 C533.003,74.552 532.056,74.521 528.898,74.378 C525.979,74.244 524.393,73.757 523.338,73.347 C521.94,72.803 520.942,72.155 519.894,71.106 C518.846,70.057 518.197,69.06 517.654,67.663 C517.244,66.606 516.755,65.022 516.623,62.101 C516.479,58.943 516.448,57.996 516.448,50 C516.448,42.003 516.479,41.056 516.623,37.899 C516.755,34.978 517.244,33.391 517.654,32.338 C518.197,30.938 518.846,29.942 519.894,28.894 C520.942,27.846 521.94,27.196 523.338,26.654 C524.393,26.244 525.979,25.756 528.898,25.623 C532.057,25.479 533.004,25.448 541,25.448 C548.997,25.448 549.943,25.479 553.102,25.623 C556.021,25.756 557.607,26.244 558.662,26.654 C560.06,27.196 561.058,27.846 562.106,28.894 C563.154,29.942 563.803,30.938 564.346,32.338 C564.756,33.391 565.244,34.978 565.378,37.899 C565.522,41.056 565.552,42.003 565.552,50 C565.552,57.996 565.522,58.943 565.378,62.101 M570.82,37.631 C570.674,34.438 570.167,32.258 569.425,30.349 C568.659,28.377 567.633,26.702 565.965,25.035 C564.297,23.368 562.623,22.342 560.652,21.575 C558.743,20.834 556.562,20.326 553.369,20.18 C550.169,20.033 549.148,20 541,20 C532.853,20 531.831,20.033 528.631,20.18 C525.438,20.326 523.257,20.834 521.349,21.575 C519.376,22.342 517.703,23.368 516.035,25.035 C514.368,26.702 513.342,28.377 512.574,30.349 C511.834,32.258 511.326,34.438 511.181,37.631 C511.035,40.831 511,41.851 511,50 C511,58.147 511.035,59.17 511.181,62.369 C511.326,65.562 511.834,67.743 512.574,69.651 C513.342,71.625 514.368,73.296 516.035,74.965 C517.703,76.634 519.376,77.658 521.349,78.425 C523.257,79.167 525.438,79.673 528.631,79.82 C531.831,79.965 532.853,80.001 541,80.001 C549.148,80.001 550.169,79.965 553.369,79.82 C556.562,79.673 558.743,79.167 560.652,78.425 C562.623,77.658 564.297,76.634 565.965,74.965 C567.633,73.296 568.659,71.625 569.425,69.651 C570.167,67.743 570.674,65.562 570.82,62.369 C570.966,59.17 571,58.147 571,50 C571,41.851 570.966,40.831 570.82,37.631"></path></g></g></g></svg></div><div style="padding-top: 8px;"> <div style=" color:#3897f0; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:550; line-height:18px;">Voir cette publication sur Instagram</div></div><div style="padding: 12.5% 0;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: row; margin-bottom: 14px; align-items: center;"><div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(0px) translateY(7px);"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; height: 12.5px; transform: rotate(-45deg) translateX(3px) translateY(1px); width: 12.5px; flex-grow: 0; margin-right: 14px; margin-left: 2px;"></div> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; height: 12.5px; width: 12.5px; transform: translateX(9px) translateY(-18px);"></div></div><div style="margin-left: 8px;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 20px; width: 20px;"></div> <div style=" width: 0; height: 0; border-top: 2px solid transparent; border-left: 6px solid #f4f4f4; 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margin-bottom:0; margin-top:8px; overflow:hidden; padding:8px 0 7px; text-align:center; text-overflow:ellipsis; white-space:nowrap;"><a href="https://www.instagram.com/reel/DOZSd3Ak9Dh/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" color:#c9c8cd; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:normal; line-height:17px; text-decoration:none;" target="_blank">Une publication partagée par 日本モーリス・ラヴェル友の会 Les Amis de Maurice Ravel au Japon (@amisraveljapon)</a></p></div></blockquote>
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		<title>RAVEL, Boléro &#8211; Evian</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/ravel-bolero-evian/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La danse s&#8217;invite aux Rencontres Musicales d&#8217;Evian pour une ambitieuse soirée entre répertoire et création. Le Béjart Ballet&#160;Lausanne a traversé le Léman pour offrir son Boléro dans une version inédite, celle pour chœur de voix mixtes initiée par l&#8217;Ensemble des Métaboles.L&#8217;air de rien, ainsi, un vent quasi révolutionnaire souffle sur l&#8217;institution suisse garante de l&#8217;héritage &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La danse s&rsquo;invite aux<strong> Rencontres Musicales d&rsquo;Evian</strong> pour une ambitieuse soirée entre répertoire et création. Le <strong>Béjart Ballet</strong>&nbsp;<strong>Lausanne</strong> a traversé le Léman pour offrir son<em> Boléro</em> dans une version inédite, celle pour chœur de voix mixtes initiée par l&rsquo;Ensemble des <strong>Métaboles</strong>.<br>L&rsquo;air de rien, ainsi, un vent quasi révolutionnaire souffle sur l&rsquo;institution suisse garante de l&rsquo;héritage du chorégraphe&nbsp;: c&rsquo;est peut-être la première fois que ses formidables danseurs se produisent dans leur programme phare sur une musique qui n&rsquo;est pas celle de la version historique.<br><strong>Thibault Perrine</strong> en a écrit une transcription pour chœur mixte à la demande de <strong>Léo Warynski</strong>. L&rsquo;ensemble, qui fête ses quinze ans, relève là un défi de taille : alors que la voix est l&rsquo;un des seuls instruments à ne pas être utilisé par Maurice Ravel dans son <em>Boléro</em> ; transformer une apothéose de l&rsquo;orchestre en ivresse vocale.<br>Indéniablement, l&rsquo;a cappella renforce la dimension primitive et tribale de l’œuvre, cassant l&rsquo;aspect savant de la partition. Onomatopées, sifflements, percussions corporelles enrichissent discrètement la technique lyrique classique.<br>Les chanteurs, magnifiquement installés sur la galerie, en fond de scène, parmi les troncs de bouleaux, surplombent le plateau, participant à une cérémonie mystérieuse relevant de la transe incantatoire.<br>La superposition des timbres, très individualisés, constitue un joli écho à celui des vents qui entrent successivement au début du <em>Boléro</em>, mais il n&rsquo;est pas simple pour l&rsquo;oreille d&rsquo;accueillir cette perturbation et aussi riche que soit le travail de couleur des Métaboles, elles peinent à atteindre la plénitude de la version orchestrale.</p>
<p>Rendre le colossal crescendo symphonique par la seule présence des voix semble une gageure quasi impossible à relever. L&rsquo;ensemble ne démérite pas et propose un travail très abouti bien que la justesse s&rsquo;avère parfois hasardeuse.<br>Happé par l&rsquo;hypnotique chorégraphie, submergé par cette sensualité triomphante, le spectateur ne peut que s&rsquo;enthousiasmer devant l&rsquo;extraordinaire prestation de la soliste, <strong>Kathleen Thielhelm</strong> et du Béjart Ballet.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MJ3_3696-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193663"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Les Mélèzes &#8211; Matthieu Joffres</sup></figcaption></figure>


<p>Avant l&rsquo;hymne à la vie que constitue le Boléro, deux courts ballets avaient explorés son revers, le thème d&rsquo;une fin inéluctable. L&rsquo;occasion de découvrir la proposition prenante, pleine de souffle des frères <strong>Pierre et Théo Fouchenneret</strong> de l&rsquo;adagio cantabile de la sonate pour violon n7 de Ludwig van Beethoven. Cet <em>Adage pour deux</em>, superbement dansé par <strong>Elisabet Ros</strong> et <strong>Julien Favreau</strong> reprend le propos du ballet <em>Rendez-vous</em> de Roland Petit&nbsp;: un homme rencontre son destin&nbsp;; sa mort a visage de femme.</p>
<p>En ouverture, cinq danseurs illustraient les <em>quatre derniers Lieder</em> de Richard Strauss, dans une chorégraphie toute aussi classique. <strong>Marianne Croux</strong> et Théo Fouchenneret – habitués du festival –&nbsp;en offrent une version sensible et habitée qui mène la chanteuse au bord des larmes au moment des saluts.<br>La soprano franco-belge a déjà travaillé avec les danseurs de l&rsquo;opéra de Paris en 2019 comme soprano solo dans les <em>Noces</em> de Stravinsky. Elle termine cette saison avec deux beaux succès à son actif, avec d&rsquo;une part, un <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-integrale-des-melodies/">disque des <em>mélodies</em> de Bizet</a>, et d&rsquo;autre part une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-don-giovanni-paris-tce/">Donna Anna</a> remarquée au Théâtre des Champs Elysées.</p>
<p>Ce soir encore, le timbre est opulent, rond et bien couvert. Le legato se fait sensuel et les nuances caressantes dans « September ». Si la diction est perfectible, en quatre Lieder, du printemps au soleil couchant, l&rsquo;émotion est prégnante ; l&rsquo;écoute, intense. Désemparée dans« Beim Schlafengehen », elle reprend – après la ligne surprise du violon qui s&rsquo;invite un instant, comme un clin d&rsquo;oeil à la version orchestrale –&nbsp;dans un beau crescendo, bien canalisé, qui flatte l&rsquo;ampleur de la voix avant que cette dernière ne s&rsquo;épanouisse dans une déchirante lamentation.<br>Le piano, très affirmé dans « Im Abendrot &nbsp;», sait également se nuancer de beaucoup de délicatesse et s&rsquo;avère d&rsquo;un soutien sans faille face à la belle présence hiératique et fragile de la cantatrice.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MJ3_1705-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193654"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Les Mélèzes &#8211; Matthieu Joffres</sup></figcaption></figure>
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		<title>Notre livre du mois : Ravel, correspondance, écrits et entretiens</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/notre-livre-du-mois-ravel-correspondance-ecrits-et-entretiens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Apr 2025 17:35:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Anniversaire oblige, la parution dans la collection Tel Gallimard de cette somme s&#8217;est vite imposée au sein de la rédaction comme l&#8217;événement du mois. Cette édition, qui fait suite à une première « intégrale » parue en 2018 aux éditions Le Passeur, permet à Manuel Cornejo de compléter le (déjà) formidable travail qu&#8217;il avait alors accompli. Il &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Anniversaire oblige, la parution dans la collection <em>Tel</em> Gallimard de cette somme s&rsquo;est vite imposée au sein de la rédaction comme l&rsquo;événement du mois. Cette <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maurice-ravel-correspondance-ecrits-et-entretiens/">édition</a>, qui fait suite à une première « intégrale » parue en 2018 aux éditions Le Passeur, permet à Manuel Cornejo de compléter le (déjà) formidable travail qu&rsquo;il avait alors accompli. Il réunit sur près de 3000 pages l&rsquo;ensemble de la correspondance du compositeur, ses écrits et entretiens, le tout agrémenté d&rsquo;annexes, documents et autres index précieux pour suivre pas à pas l&rsquo;œuvre de Ravel, mais aussi mieux appréhender son caractère ainsi que toute son époque. Une Bible, pour reprendre le terme d&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maurice-ravel-correspondance-ecrits-et-entretiens/">Yvan Beuvard</a>, qui tombe à point nommé. Bon anniversaire, cher Ravel !</p>
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		<title>Correspondance, écrits et entretiens (Maurice Ravel)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maurice-ravel-correspondance-ecrits-et-entretiens/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Mar 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’œuvre extra-musicale de Ravel aura été le projet d’une vie, celle de Marcel Cornejo, auquel nous étions déjà redevables de la plus riche publication de ses lettres, écrits, articles et entretiens. En 2018, sa première version, maintenant épuisée, fut saluée comme le monument que chacun attendait . Elle comportait 1771 p. ; les deux tomes &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’œuvre extra-musicale de Ravel aura été le projet d’une vie, celle de Marcel Cornejo, auquel nous étions déjà redevables de la plus riche publication de ses lettres, écrits, articles et entretiens. En 2018, sa <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/maurice-ravel-lintegrale-correspondance-1895-1937-ecrits-et-entretiens-pour-ravel-le-plus-beau/">première version</a>, maintenant épuisée, fut saluée comme le monument que chacun attendait . Elle comportait 1771 p. ; les deux tomes de la nouvelle publication en comptent 2933&#8230; Nous disposions déjà de la correspondance de Debussy, éditée en 2005 par François Lesure et Denis Herlin (déjà chez Gallimard). Le cent-cinquantenaire du compositeur nous vaut cette édition, enrichie de plus de 250 nouveaux documents.</p>
<p>Malgré son « aversion pour la correspondance » (G. Jean-Aubry), Ravel se conforma aux usages de son temps, bien révolus. Les 2000 pièces publiées en témoignent, qui, par-delà l’homme et l’œuvre, permettent de reconstituer ses liens et son activité. On nous pardonnera de citer notre critique de la première édition : « Le propre de la correspondance est de révéler le caractère du scripteur, de le situer dans son réseau de connaissances, d’en suivre l’activité, les réactions, les évolutions, d’entrer en quelque sorte dans son intimité. Si la littérature épistolaire est riche, la plus authentique reste encore celle rédigée sans autre intention que de communiquer avec le destinataire. Elle nous permet d’accompagner Maurice Ravel au quotidien, de partager la servitude des corrections, des obligations en tous genres, le bonheur des amitiés, mais aussi le travail fécond, de la genèse à l’achèvement et à la diffusion des œuvres. Nous y croisons ses proches, ses amis, ses mécènes, ses pairs, les éditeurs et la critique, toutes les composantes de ce milieu parisien, depuis la &lsquo;Belle époque&rsquo; jusqu’à l’entre-deux guerres. Les anecdotes y abondent, amusantes, parfois truculentes, toujours instructives. La santé de ses chats comme les relations du microcosme du Tout-Paris en sont d’excellentes illustrations. Son sens inné de l’humour, son esprit piquant, ses réparties séduisent et constituent un trait essentiel de sa personnalité. Mieux qu’aucune des nombreuses études qui lui ont été consacrées, cette mise en perspective nous permet de mesurer ses qualités humaines, dont témoignaient ceux qui l’avaient connu. Le bon Roland-Manuel, l’ami fidèle, en a dressé le portrait le plus juste, le plus clairvoyant : tout est ici confirmé. L’homme apparaît tel qu’en lui-même, direct, affable, jovial, ouvert, généreux, attentif à chacun. La qualité littéraire est indéniable, qu’il s’agisse de croquer un portrait, de narrer un voyage, en province, en Europe, la tournée aux Etats-Unis, de décrire les péripéties d’une composition, de sa correction, de sa création et de son édition. Le style de Ravel est délicieux, sa plume se prête à toutes les expressions, de la mondanité à la franche camaraderie, avec concision et, surtout, avec esprit. La clarté, l’ordre, la virilité, l’humour en sont la marque, comme dans sa musique. »</p>
<p>Décrite en début du tome I, la méthode est exemplaire de clarté et de rigueur. Pas loin de cent pages sont consacrées à la chronologie détaillée, précieux outil.&nbsp;La correspondance est organisée chronologiquement avec le plus grand soin, mêlant lettres de Ravel à celles reçues, et à d’autres le concernant, écrites par ses proches, toutes fort instructives. Les notes de bas de page les localisent et les éclairent.</p>
<p>Les écrits et entretiens (avec un facétieux « Dictionnaire musical humoristique ») complètent le corpus. En annexe, le tableau documenté des correspondants du compositeur, les carnets d&rsquo;adresse, les décorations, les contrats et documents comptables, la santé&#8230; et on en passe : tout, assorti des index, de la bibliographie. La Bible ravélienne.</p>
<p>Nous reprenons à dessein la conclusion de notre compte rendu de la première édition, maintenant enrichie : « cette somme, contribution fondamentale à la connaissance de Ravel, est appelée à faire date : la référence. Cette richesse ne doit pas constituer un écueil à la diffusion de l’ouvrage. D’une lecture aisée, rafraichissante, le livre aurait vocation à devenir le compagnon idéal des insomniaques, pouvant être interrompu et repris à tout moment. Le simple curieux de la vie musicale, quotidienne et mondaine, du Tout-Paris comme de la province, de France comme de l’étranger, comme le mélomane épris de Ravel, ou le spécialiste en feront leur miel ».</p>
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