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	<title>Bedřich SMETANA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Bedřich SMETANA - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>2026 en anniversaires !</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/2026-en-anniversaires/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Jan 2026 04:53:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;année 2025 a eu son lot de commémorations et d&#8217;anniversaires dans la planète lyrique. Mais 2026 n&#8217;est pas en reste ! Impossible de tout citer, mais outre les 150 ans de la création complète du Ring wagnérien, il y aura quelques tricentenaires (pas moins de 13 cantates de Bach, mais aussi deux opéras de Haendel et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;année 2025 a eu son lot de commémorations et d&rsquo;anniversaires dans la planète lyrique. Mais 2026 n&rsquo;est pas en reste !</p>
<p>Impossible de tout citer, mais outre les 150 ans de la création complète du <em>Ring</em> wagnérien, il y aura quelques tricentenaires (pas moins de 13 cantates de <strong>Bach</strong>, mais aussi deux opéras de <strong>Haendel</strong> et <em>l&rsquo;Orpheus</em> de <strong>Telemann</strong>); des bicentenaires signés <strong>Rossini</strong>, <strong>Donizetti</strong>, <strong>Bellini</strong> ou encore <strong>Mercadante</strong> ; des centenaires, de <em>Turandot</em> à l&rsquo;<em>Affaire Makropoulos</em> en passant par le <em>Roi Roger</em> ; ou encore les 50 ans d&rsquo;<em>Einstein on the Beach</em> et bien d&rsquo;autres encore, des 350 ans d&rsquo;<em>Atys</em> de Lully aux 250 de l&rsquo;<em>Alceste</em> de <strong>Gluck</strong> (version de Paris) ou aux 150 de la <em>Gioconda</em> de <strong>Ponchielli</strong> ou du <em>Baiser</em> de <strong>Smetana</strong>.</p>
<p>Nous célébrerons aussi les 375 ans de <em>la Calisto</em> de <strong>Cavalli</strong> (dont 2026 sera aussi le 350è anniversaire de la disparition), les 270 ans des <em>Noces de Figaro</em> ; les 175 ans de <em>Rigoletto</em> (et les 125 ans de la mort de son auteur) ou encore les 125 ans de <em>Rusalka</em> de <strong>Dvořák</strong>.</p>
<p>Pour les anniversaires d&rsquo;artistes, 2026 sera une nouvelle année faste ! <strong>Philidor</strong> aura 300 ans ; <strong>Mozart</strong>, 270 ; <strong>Bellini</strong>, 225 ; <strong>Wolf-Ferrari</strong> ou <strong>Manuel de Falla</strong>, 150 ; nous célébrerons de nombreux centenaires, de <strong>Leonie Rysanek</strong> à <strong>Rita Gorr</strong>, en passant par <strong>Xavier Depraz</strong>, <strong>Jacques Mars, Louis Devos</strong> ou <strong>Theo Adam</strong>. Il en ira de même pour <strong>James McCracken</strong> ou <strong>Bruno Bartoletti</strong> et nous fêterons aussi ceux des compositeurs <strong>Hans Werner Henze</strong> et <strong>Betsy Jolas</strong> ! Et bien sûr, nous soufflerons avec eux les 50 bougies d&rsquo;<strong>Elīna Garanča</strong> ou de <strong>Max Emanuel Cenčić</strong>. D&rsquo;autres artistes auront un anniversaire « rond », de <strong>Cecilia Bartoli</strong> à <strong>David Daniels</strong> en passant par <strong>Piotr Beczała, </strong>mais aussi <strong>Renato Bruson, Ben Heppner, Véronique Gens, Waltraud Meier </strong>ou encore <strong>Christophe Prégardien, Zubin Mehta, </strong><strong>Barbara Bonney et bien d&rsquo;autres, </strong>vivants ou non<strong> ; </strong>tandis que nous arriverons aux 50 ans de la disparition de <strong>Benjamin Britten</strong>, aux 90 de celle de <strong>Respighi</strong> , aux 170 de la mort de <strong>Schumann,</strong> aux 200 ans de celle de <strong>Weber </strong>ou aux 290 de celle de <strong>Pergolese</strong>&#8230; Bref, autant d&rsquo;occasions d&rsquo;écouter et de réécouter les nombreuses oeuvres que tous, cités ici ou non, ont laissées !</p>
<figure id="attachment_206047" aria-describedby="caption-attachment-206047" style="width: 212px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-206047" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Anniversaires-2026-212x300.jpeg" alt="" width="212" height="300" /><figcaption id="caption-attachment-206047" class="wp-caption-text">Photos : tous droits réservés</figcaption></figure>
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		<item>
		<title>Smetana 200 : le Tchèque au cœur</title>
		<link>https://www.forumopera.com/smetana-200-le-tcheque-au-coeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 Mar 2024 08:27:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Avec l&#8217;aide de Dieu, un jour je serai Liszt pour la technique et Mozart pour la composition » Bedřich Smetana est né à Litomysl dans une famille germanophone, le 2 mars 1824. Il a ou aura 10 frères et sœurs, mais il sera le seul de la fratrie à atteindre l’âge adulte. Ses parents &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>« Avec l&rsquo;aide de Dieu, un jour je serai Liszt pour la technique et Mozart pour la composition »</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Bedřich Smetana est né à Litomysl dans une famille germanophone, le 2 mars 1824. Il a ou aura 10 frères et sœurs, mais il sera le seul de la fratrie à atteindre l’âge adulte.</p>
<p style="font-weight: 400;">Ses parents ne parlent guère le tchèque. Son père František est brasseur et assez bon violoniste et c’est lui qui lui enseigne les premiers rudiments. Sa mère est née Barbora Linková.</p>
<figure id="attachment_157275" aria-describedby="caption-attachment-157275" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-157275" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1599761631760_.jpg-300x200.png" alt="" width="300" height="200" /><figcaption id="caption-attachment-157275" class="wp-caption-text">La chambre natale de Smetana</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">Le petit Bedřich est doué, très doué. Il apprend très vite au point de remplacer son père dans le quatuor amateur au sein duquel ce dernier joue dès l’âge de quatre ans. Il sait transcrire des opéras entiers pour piano à six ans ; mais ce n’est qu’à 19 ans que le jeune Smetana se rend à Prague et décide de faire de la musique son métier, au grand dam de son père, devenu agriculteur entretemps et qui l’aurait bien vu faire quelque chose de « mieux ». Il le destinait à une carrière d’économiste. Mais Smetana est résolu : « Avec l&rsquo;aide de Dieu, un jour je serai Liszt pour la technique et Mozart pour la composition » écrit-il dans son journal en janvier 1843.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>L&rsquo;engagé </strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Professeur particulier chez le comte Leopold von Thun, personnalité politique autrichienne mais futur chantre du fédéralisme tchèque, Smetana commence à composer des œuvres aujourd’hui perdues. Le Printemps des peuples, qui suit la Révolution française de 1848, lui fait prendre fait et cause pour le nationalisme tchèque et il s’engage dans cette voie par la musique, en composant quelques œuvres patriotiques, dont sa <em>Jubel-Ouverture</em>, en fondant la première école privée dans laquelle la langue tchèque est obligatoire, alors que lui-même la parle assez mal. Avec sa générosité coutumière, Franz Liszt contribue à cette fondation – ou du moins il l&rsquo;y encourage car il n&rsquo;est pas certain qu&rsquo;il l&rsquo;ait aidé financièrement ; de même que Clara Schumann. Celle-ci avait pu entendre sa <em>sonate en sol mineur</em> quelques années auparavant, alors qu&rsquo;elle était de passage à Prague avec Robert. Le couple avait trouvé l&rsquo;œuvre trop <em>berliozienne</em>, mais avait gardé de l&rsquo;estime pour le jeune compositeur.</p>
<p style="font-weight: 400;">Smetana avait fait la connaissance de Liszt après lui avoir dédicacé et envoyé ses <em>Six pièces caractérielles pour piano</em>, que son aîné avait accueilli avec son ouverture et sa reconnaissance habituelle.</p>
<figure id="attachment_157279" aria-describedby="caption-attachment-157279" style="width: 225px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-medium wp-image-157279" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/smetana-katerina-2-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /><figcaption id="caption-attachment-157279" class="wp-caption-text">Katerina Kolářová , première épouse de Smetana</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">Cet engagement pédagogique et musical se double d’une implication plus politique, aux côtés d’un groupe armé, Concorde, et des radicaux pragois. Il y rencontre Karel Sabina, qui sera bien plus tard le librettiste de ses deux premiers opéras, <em>Les Brandebourgeois en Bohème</em> et <em>La Fiancée vendue</em>. Pourtant, Smetana n’est pas à proprement parler un révolutionnaire. Il écrit même une <em>symphonie triomphale</em> pour François-Joseph Ier, lorsque ce dernier devient roi de Bohème, scindant la couronne et reconnaissant un particularisme tchèque, comme il le fera en Hongrie, en Lombardie ou dans les Balkans. Envoyée à la Cour impériale, cette partition ne recevra aucune réponse de la Hofburg.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Drames et exil</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Smetana se marie en 1849 avec Katherina Kolářová avec qui il aura quatre enfants. Mais les années 1850-1860 sont très difficiles. Sa femme, atteinte de tuberculose, est très malade ; ils vont perdre trois de leurs quatre enfants en bas âge (il dédiera d’ailleurs son déchirant <em>trio avec piano</em> à sa fille ainée Bedřichka) ; son école fait faillite ; sa carrière de musicien, en particulier de pianiste virtuose, ne décolle pas. Smetana voit son avenir s&rsquo;obscurcir.</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est Liszt qui lui suggère d’aller voir ailleurs. En 1856, son mentor lui conseille de partir Suède, et plus précisément à Göteborg, où il peut prendre la tête d’une institution musicale, l’Harmoniska Sällskapet et où il crée là aussi une école de musique. C’est là qu’il compose ses poèmes symphoniques <em>Richard III</em>, <em>Le Camp de Wallenstein</em> et <em>Hakon Jarl</em>, qui doivent beaucoup à Liszt.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Un retour déterminé et déterminant</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Mais son pays lui manque et ses affaires ne sont pas meilleures. Il n&rsquo;aime pas trop la Suède qu&rsquo;il juge musicalement rétrograde. Après la mort de sa femme et son remariage avec Bettina Ferdinadiová, il rentre à Prague et réalise que tout ce qu’il avait voulu créer pour dynamiser une nouvelle école tchèque ne s’est pas concrétisé. Il va donc faire feu de tout bois : il crée à nouveau une école de musique avec son exact contemporain, compositeur, chef de chœur et pédagogue, Ferdinand Heller. Il prend la tête d’une chorale, l’association Hlahol, puis devient directeur musical du Théâtre bohémien de Prague en 1866.</p>
<figure id="attachment_157280" aria-describedby="caption-attachment-157280" style="width: 300px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-157280" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Narodni_divadlo_Praha_1881-300x222.jpg" alt="" width="300" height="222" /><figcaption id="caption-attachment-157280" class="wp-caption-text">Le théâtre national de Prague en 1881</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">C’est là que bascule son destin : pour cet établissement, fondation du futur Théâtre national de Prague dont il sera l&rsquo;un des bâtisseurs, il va écrire son premier opéra, avec Karel Sabina, <em>Les Brandebourgeois en Bohème, </em>créé le 5 janvier 1866. Ce n’est pas le premier ouvrage en langue tchèque :  František Václav Mča en avait composé un premier sur la base d’une traduction d’un livret italien en 1730, mais c’est František Jan Škroup, par ailleurs auteur de l’hymne national tchèque, qui avait composé le tout premier opéra entièrement national, <em>Dráteník</em>, en 1826.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>La gloire et les attaques</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">Smetana, dans ses <em>Brandebourgeois en Bohème</em> ne se contente pas de créer un nouvel opéra « national ». Il lui donne d’emblée une coloration ouvertement « nationaliste » en mettant en musique un livret très antigermanique, puisque les Brandebourgeois y sont dépeints en oppresseurs tyranniques face aux courageux Pragois. L’événement est considérable en raison de son retentissement politique bien davantage qu’artistique. C’est l’œuvre qui suit presqu’immédiatement cette création (30 mai 1866 dans sa première version) qui va propulser Smetana au rang d’icône nationale et sa partition à celui d’hymne de fait : <em>La Fiancée vendue</em>, dont l’accueil initial est moins chaleureux (il est même franchement frais) mais qui va vite trouver sa place bien au-delà des frontières de la Bohème et consacrer son auteur.</p>
<figure id="attachment_157281" aria-describedby="caption-attachment-157281" style="width: 226px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-157281 size-medium" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BarteredBridePianoReduction-226x300.jpg" alt="" width="226" height="300" /><figcaption id="caption-attachment-157281" class="wp-caption-text">Partition (réduction pour piano) de la Fiancée vendue, 1872</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">Smetana va donc alterner les œuvres lyriques propres à exalter un « roman national » avec <em>Dalibor</em> (1868), autre tableau des luttes tchèques contre des envahisseurs que les plus exaltés accusent de trahison en raison de références musicales jugées wagnériennes ; puis avec <em>Libuše</em> (1872), qui vante une sorte de nation tchèque éternelle qu&rsquo;on lui reprochera dans les mêmes termes. Plus proche de la <em>Fiancée vendue</em>, <em>Les deux veuves</em> (1874) rendent hommage aux rythmes et danses folkloriques sur fond d’amour et de légèreté.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le compositeur couronne cette production nationale par son célébrissime cycle de poèmes symphoniques <em>Ma Patrie</em> composé entre 1874 et 1879, sorte de synthèse virtuose des influences diverses de sa musique, au style pourtant très personnel et immédiatement séduisant. Sa musique de chambre, plus complexe, achève d’en faire un compositeur majeur de la seconde partie du XIXe siècle.</p>
<p>Smetana renoue aussi avec le triomphe à l&rsquo;opéra, grâce au <em>Baiser</em> (1876), chef-d&rsquo;œuvre tendre et émouvant, puis avec <em>Le Secret</em> (1878). Son dernier opéra, <em>Le Mur du diable</em>, créé en 1882, est déjà très marqué par le grave affaiblissement du compositeur. Mais tous retrouvent Les échos des traditions et croyances populaires bohémiennes. Il avait entamé un dernier opus lyrique, <em>Viola</em>, inspiré de <em>La Nuit des rois</em> de Shakespeare, mais il ne verra jamais le jour.</p>
<p style="font-weight: 400;"><strong>Le déclin et la déchéance</strong></p>
<p style="font-weight: 400;">En 1874, Smetana commence à avoir des problèmes d’audition, puis des vertiges de plus en plus violents. La probable syphilis fait son œuvre, comme avec tant d’autres, et le condamne à une lente dégradation. Il se retire chez sa seule fille restée vivante, Sophie, à une cinquantaine de kilomètres de Prague, où il ne revient qu’épisodiquement. Il devient totalement sourd très rapidement après les premiers symptômes et des acouphènes de plus en plus insupportables.</p>
<figure id="attachment_157283" aria-describedby="caption-attachment-157283" style="width: 135px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-157283" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/jabkenice_smetanuv_d.jpg" alt="" width="135" height="180" /><figcaption id="caption-attachment-157283" class="wp-caption-text">La maison de Jabkenice, chez sa fille Sophie</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">La maladie s&rsquo;aggrave en une poignée d&rsquo;années. Il perd l&rsquo;usage de la parole et la mémoire, puis  devient imprévisible et violent.  Il doit être interné et meurt à 60 ans, le 12 mai 1884, date à laquelle s’ouvre chaque année le festival de Prague, dont <em>Ma Patrie </em>est traditionnellement au programme du concert d’ouverture. On se souvient d’ailleurs de l’énorme émotion suscitée par l&rsquo;un de ces concerts, lorsque Rafael Kubelik, interprète majeur de cette musique, était revenu de son très long exil après la chute du Mur, pour diriger le cycle le 12 mai 1990.</p>
<p style="font-weight: 400;">Les funérailles de Smetana sont, forcément, nationales et attirent une foule énorme.</p>
<figure id="attachment_157282" aria-describedby="caption-attachment-157282" style="width: 296px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-157282" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2122_8a8bd23e66-296x300.jpg" alt="" width="296" height="300" /><figcaption id="caption-attachment-157282" class="wp-caption-text">Inauguration du monument à Smetana dans sa ville natale, pour le centenaire de sa naissance</figcaption></figure>
<p style="font-weight: 400;">Aujourd’hui considéré comme le père de la musique moderne tchèque, il parlait pourtant assez mal cette langue au point d’en être vilipendé à l’école dans sa prime jeunesse, et, sa vie durant, il a appris, chaque jour, à la parler de mieux en mieux, convaincu sans doute qu&rsquo;il avait une mission, illustrée par ses engagements au mi-temps de son siècle. Sa musique ne se réduit cependant nullement à une sorte de schéma folklorique, qui ne serait qu&rsquo;une aimable curiosité.  Elle ouvre la voie à un renouveau musical dont l&rsquo;héritier, davantage encore que Dvořák, sera Janáček. « Cultiver l’art du pays est la première et la plus belle mission de notre opéra » écrivait dans sa jeunesse ce compositeur profond et populaire, dont il faut surtout écouter les sublimes quatuors à cordes pour cerner son intimité et qu&rsquo;il avait intitulé « De ma vie », qui décrit jusqu&rsquo;aux symptômes suraigus de sa soudaine surdité.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>SMETANA, La fiancée vendue &#8211; Baugé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/smetana-la-fiancee-vendue-bauge/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un petit miracle, renouvelé chaque année depuis vingt ans, avec une puis deux, jusque quatre productions lyriques chaque saison, John Grimmett et son épouse ont construit de toutes pièces ce projet un peu fou de créer dans cette belle campagne angevine, une déclinaison de Garsington et de Glyndebourne, modeste par ses moyens, mais ambitieuse dans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un petit miracle, renouvelé chaque année depuis vingt ans, avec une puis deux, jusque quatre productions lyriques chaque saison, <strong>John Grimmett</strong> et son épouse ont construit de toutes pièces ce projet un peu fou de créer dans cette belle campagne angevine, une déclinaison de Garsington et de Glyndebourne, modeste par ses moyens, mais ambitieuse dans ses objectifs. En témoignent la programmation et ses distributions de haut vol, l’espace dédié, le public le plus varié, le repas tiré du panier, l’horaire, et, surtout, l’esprit convivial, chaleureux, qui réunit dans une même communion lyrique interprètes et auditeurs. Les compétences, les énergies, un public fidèle, de plus en plus nombreux attestent la réussite.</p>
<p>Le vent souffle en rafales, accompagné de pluie, et l’on s’habitue au bruit provoqué sur la structure qui abrite l’opéra. Bienvenu, le seul moment de répit, et de grâce, interviendra durant le début du dernier acte, et l’émotion n’en sera que plus vive.</p>
<p><em>La fiancée vendue</em>, très populaire dans les pays tchèque et morave, mais aussi dans le monde germanique où elle est régulièrement donnée, en allemand, est une rareté dans l’hexagone. Le mérite d’avoir eu l’audace de la programmer à Baugé est d’autant plus grand. La comédie est plaisante, où l’émotion et la farce se marient fort bien. Un couple de jeunes gens se voit imposer l’union de la jeune femme par un mariage arrangé. La finesse de chacun d’eux, leur esprit, permettront de déjouer les projets du marieur et des familles, pour une fin heureuse. Le dernier acte, avec l’épisode bouffe des bateleurs et de l’ours, couronnera l’ensemble. Pétillant, débordant d’énergie, aux caractères bien trempés, mais aussi d’une émotion sincère, l’ouvrage est propre à séduire le plus grand nombre.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Bernadette Grimmett</strong>, contrainte par les moyens modestes de la réalisation, dépasse heureusement le stade de la mise en espace. Si le cadre scénique demeure, avec d’infimes changements pour les deux parties (l’entracte se situe au milieu du deuxième acte, après le duo Marienka-Vachek), la direction d’acteurs, y compris du chœur, les chorégraphies soignées, les costumes et les éclairages suffisent à expliciter l’action. L’efficacité est manifeste, ne serait-ce qu’à en juger par les réactions du public. La vie rurale morave, où le passage d’un cirque dépayse le public, une auberge-cabaret, tout est là.</p>
<p>L’orchestre, disposé sur trois rangs devant le vaste plateau, compte 18 cordes et une quinzaine de vents.&nbsp; Malgré son caractère relativement éphémère, et une disposition étirée, on est agréablement surpris par l’unité des pupitres, l’homogénéité des cordes, par la qualité des vents, exceptionnelle. L’orchestration magistrale de Smetana nous vaudra nombre de moments de bonheur, telles les interventions des clarinettes et des cors, précis, colorés, nuancés à souhait. Le discret artisan de cette réussite est le premier violon solo, <strong>Nandor Szederkenyi</strong>. &nbsp;Ce soir, la baguette est confiée à <strong>Kostantinos Diminakis</strong>, dont la carrière se déroule entre Athènes, Londres et le monde germanique. Son expérience de chef lyrique est manifeste, par l’attention qu’il porte aux voix, aux équilibres, à la précision et à la clarté du discours. Il impulse une vie authentique à cet ouvrage rare, avec finesse, sans lourdeur ni vulgarité. La polka – danse nationale tchèque, comme son nom ne l’indique pas – irrigue l’ouvrage, et l’orchestre s’y montre exemplaire. La verve des danses (furiant) s’y conjugue à l’intimité des passages lyriques. Jamais les scènes populaires n’y sentent la fête de la bière, comme trop fréquemment sur les scènes germaniques.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_6412-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1691864427671">© DR</pre>
<p>La distribution, soli, chœurs et orchestre, est internationale. La couleur propre à la langue tchèque fait défaut (1), puisque le choix a été fait de chanter l’ouvrage dans notre langue (2). Le surtitrage (français et anglais) est d’autant mieux venu que la prononciation française de plusieurs solistes ne suffirait pas à la compréhension. Ceci étant, saluons l’exploit de prises de rôles par une majorité de chanteurs non francophones.</p>
<p>Avant de détailler la distribution, souligner la qualité exceptionnelle des nombreux ensembles s’impose. Millimétrés, équilibrés, des multiples duos au quintette plein de ferveur du III, pas une ombre au tableau. Deux tourtereaux, dont la duplicité facétieuse déjouera les intrigues intéressées du marieur, sont au cœur de l’action. <strong>Danae Eleni</strong>, formée à Londres, après avoir remporté de nombreux prix, s’est dotée d’un très large répertoire, de Monteverdi à Bernstein. La Marienka qu’elle incarne ce soir est exceptionnelle. Figure attachante, fine, rusée, épanouie, sensible, elle est servie par des moyens superlatifs d’une grande soprano lyrique, avec la fraîcheur, la rondeur et la souplesse attendues. L’élégance des phrasés, la virtuosité des traits de son ultime duo sont un régal. De surcroît, actrice de talent, l’émotion est constante, au travers de la plus large palette expressive. Le Yenik de <strong>Jack Dolan</strong> est de stature imposante. Bien que britannique, son émission pourrait laisser supposer qu’il est originaire d’Europe centrale. Son aisance, ses aigus naturels, son splendide legato donnent vie à son personnage, à sa tendresse passionnée comme à son calcul vainqueur. <strong>Paul Curievici </strong>incarne Vachek, le bègue. D’essence comique jusqu’au grotesque (l’ours), le rôle est ici pleinement chanté, jamais aboyé. Pathétique il nous touche dans son air du III, comme il nous avait fait sourire dans ses premières interventions. La composition n’était pas aisée, elle est aboutie.&nbsp;<strong>Nicolas Bercet,</strong> baryton-basse familier des ouvrages légers, nous vaut un Ketzal d’une aisance vocale et dramatique remarquable. Personnage central, le marieur fanfaron, intéressé, roublard, s’il n’a peut-être pas les basses profondes d’un Osmin, refuse de l’outrance : il sera drôle sans jamais inquiéter, ce qui est fort bien. Evidemment son français est d’une clarté constante.&nbsp;Le seul regret qu’inspire le Micha du baryton coréen <strong>Woochul Eun</strong> est de caractère scénique. La voix est solide (il chante au Volksoper de Vienne), mais la jeunesse de ses traits comme sa corpulence rendent peu crédible son rôle du riche fermier, veuf remarié, père de Vachek et de Yenik.</p>
<p>Les seconds rôles jamais ne déméritent. Le Krouchina de <strong>Michael Georgiou</strong>, son épouse Ludmilla, <strong>Béatrice de Larragoiti</strong>, sont bien servis. <strong>Karlene Moreno-Hayworth</strong> trouve dans son Esmeralda un rôle parfaitement approprié. La fraîcheur de l’émission, les évolutions chorégraphiques, le jeu sont remarquables. Savoureux, le directeur de cirque d’<strong>Olivier Trommenschlager </strong>n’est pas moins juste&nbsp;: l’abattage, la voix et la présence n’appellent que des éloges. Pour brève que soit son intervention, Hata, la marâtre, de <strong>Deborah Holborn</strong>, beau mezzo, ne dépare pas cette distribution homogène.&nbsp;Le chœur (3) se montre vocalement exemplaire et d’une aisance scénique réelle.</p>
<p>Malgré les conditions climatiques les moins favorables, une soirée mémorable, riche en émotions, servie par une équipe dont l’engagement et les compétences sont indéniables. Pourquoi nos scènes sont-elles si rares à programmer ce bijou, dont l’intrigue est propre à séduire tous les publics, d’autant que l’écriture de Smetana est d’un bonheur constant&nbsp;?</p>
<pre>(1) Jack Dolan (Yenik), remplaçant Roberto Abate, a chanté en tchèque, ce qui n’a pas déparé l’ensemble.
(2) D’après l’édition réalisée pour l’Opéra-comique, publiée par Max Eschig, en 1928.
(3) Formé à l’origine des chanteurs professionnels de l’opéra d’Angers, brutalement licenciés lors de la fusion avec Nantes, il n’a cessé de se renouveler, avec les mêmes exigences de qualité vocale et scénique.</pre>
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		<title>Garsington proposera quatre opéras dont 3 nouvelles productions pour son édition 2023</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/garsington-proposera-quatre-operas-dont-3-nouvelles-productions-pour-son-edition-2023/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Nov 2022 02:09:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa prochaine édition, qui se tiendra du 31 mai au 23 juilet prochains, le festival de Garsington présentera quatre ouvrages. Une nouvelle production du Barbiere di Siviglia, signée Christopher Luscombe, ouvrira le bal sous la baguette du directeur musical, Douglas Boyd, à la tête de l&#8217;English Concert. Ce même orchestre, dirigé cette fois par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa prochaine édition, qui se tiendra du 31 mai au 23 juilet prochains, le festival de Garsington présentera quatre ouvrages. Une nouvelle production du <em>Barbiere di Siviglia</em>, signée Christopher Luscombe, ouvrira le bal sous la baguette du directeur musical, Douglas Boyd, à la tête de l&rsquo;English Concert. Ce même orchestre, dirigé cette fois par Clemens Schuldt, interprétera <em>Mitridate, re di Ponto </em>dans une nouvelle production de Tim Albery. Nouvelle production encore pour <em>Ariadne auf Naxos</em>, signée Bruno Ravella et pour laquelle Mark Wigglesworth dirigera le Philharmonia Orchestra. Jac van Steen dirigera cette même formation pour la reprise de <em>The Bartered Bride</em> (version traduite en anglais de <em>La fiancée vendue</em> de Bedřich Smetana) créée avec un grand succès en 2019 et transposée dans la campagne britannique.</p>
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		<title>Dix opéras patriotiques pour fêter le 14 juillet</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-operas-patriotiques-pour-feter-le-14-juillet/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jul 2022 22:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au 19e siècle alors que s’exacerbent les nationalismes, de nombreuses œuvres cherchent à attiser le sentiment patriotique. En ce 14 juillet, jour de fête nationale de la République française, un florilège s’impose. A la patrie, l’opéra reconnaissant. 1. Auber, La Muette de Portici, « Amour sacré de la patrie » (1828) Le 25 août 1830 à La Monnaie de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Au 19e siècle alors que s’exacerbent les nationalismes, de nombreuses œuvres cherchent à attiser le sentiment patriotique. En ce 14 juillet, jour de fête nationale de la République française, un florilège s’impose. A la patrie, l’opéra reconnaissant.</strong></p>
<hr />
<p><strong>1. Auber, <em>La Muette de Portici</em>, « Amour sacré de la patrie » (1828)</strong></p>
<p>Le 25 août 1830 à La Monnaie de Bruxelles, « Amour sacré de la patrie », le refrain incendiaire du duo du 2e acte de <em>La Muette de Portici</em>, enflamme un public échaudé par l’occupation néerlandaise. La foule galvanisée par la musique d’Auber se répand dans les rues et saccage tout ce qui peut symboliser le gouvernement en place. Suite à ce mouvement de révolte, l’indépendance de la Belgique est proclamée le 4 octobre 1830. </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/W1FiMPAPo8c" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>2. Rossini, <em>Guillaume Tell</em>, « Tout change et grandit en ses lieux » (1829)</strong></p>
<p>Nombreuses sont les occasions saisies par Rossini dans <em>Guillaume Tell</em> pour faire acte de patriotisme : le  trio du 2e acte pastiché par Offenbach dans <em>La Belle Hélène</em> ; « Asile héréditaire » avec son appel au combat qui devance d’une vingtaine d’année la cabalette de Manrico dans <em>Il trovatore</em> ; et plus encore « Tout change et grandit en ses lieux », le chœur conclusif de l’œuvre brandi et enflé jusqu’à former un des plus beaux finales d’opéra qui soit – et rendre encore plus regrettable l’inexplicable adieu aux armes lyriques de Rossini. </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QLlhNpMEww4" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>3. Bellini, <em>I Puritani</em>, « Suoni la tromba » (1835)</strong></p>
<p>Longtemps, les échos belliqueux de <em>La Muette de Portici</em> se sont fait entendre, jusque dans les œuvres du tendre Vincenzo Bellini : <em>Norma </em>et ses « Guerra ! Guerra ! » vociférés par un chœur insoumis ou dans <em>I Puritani</em>, le duo entre Riccardo et Giorgio, « suoni la tromba » qui est à l’opéra ce que l’affiche « I want you for U.S. Army » est au pays de l’oncle Sam.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/aCr4RdrdQTo" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>4. Donizetti, <em>La Fille du Régiment</em>, « Salut à la France » (1840)</strong></p>
<p>Ah, c’est un sacré régiment que celui mis en musique par Donizetti. Son patriotisme, attisé par l’air de Marie « Salut à la France » a longtemps été la première raison de sa popularité. Il était d&rsquo;ailleurs d&rsquo;usage de lui confier l’affiche les soirs de 14 juillet. Si aujourd’hui l’air de Tonio avec ses neuf contre-ut contribue davantage à sa renommée, chaque représentation n’offre pas moins l’occasion d’agiter le drapeau français. </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Oml-epNNbK0" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>5. Giuseppe Verdi, <em>Nabucco</em>, « Va pensiero » (1841)</strong></p>
<p>En 1842, le peuple italien sous domination autrichienne a tôt fait de s’identifier aux Hébreux opprimés par le roi de Babylone, Nabucco, dans l’opéra du même nom. Acte de résistance, le chœur des esclaves se répand dans la rues de Milan à la vitesse d’une traînée de poudre, en même temps qu’il consacre l’avènement d’un compositeur de moins de 30 ans : Giuseppe Verdi. Aujourd’hui, « Va pensiero » s’impose toutes nations confondues comme le premier des hymnes à la Liberté. </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/tPANwyaSlX4" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>6. Giuseppe Verdi, <em>Attila</em>, « Tardo per gli anni, e tremulo » (1846)</strong></p>
<p>A la conquête du public italien en quête d’indépendance et d’unité, Verdi en ses « années de galère » s’engouffre dans la brèche ouverte par <em>Nabucco</em> (voir plus haut). Avec plus ou moins de subtilité selon les cas, tel ce duo dans <em>Attila</em> où le mot « Italia », stabiloté par la voix de baryton, convaincrait le plus hésitant des apatrides d’effectuer une demande de nationalité.   </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/5c_q0epdLR8" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>7. Offenbach, <em>M. Choufleuri restera chez lui</em>, « Italia la bella » (1861)</strong></p>
<p>Les prétentions mondaines de M. Choufleuri l’obligent à offrir à ses invités un simulacre d’opéra italien qu’Offenbach met à profit pour brocarder avec malice tous les poncifs musicaux et les thèmes brassés par le genre, la « patria » – on s’en doute – n’étant pas le dernier des sujets parodiés. </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/0T6a3f6ti9E" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>8. Ferenc Erkel, <em>Bánk bán</em>, « Hazám, hazám » (1861)</strong></p>
<p>« Patrie, patrie » (<em>hazám</em> en hongrois) s’écrie le palatin Bánk bán au 2<sup>e</sup> acte de l’opéra qui porte son nom. Composée peu d’année après la tentative avortée d’indépendance de la Hongrie, l’œuvre a pris valeur de symbole patriotique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Ferenc Erkel a aussi mis en musique l’hymne national hongrois.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/T1ZiK08OWX4" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>9. Offenbach<em>, La Fille du tambour-major</em>, « A l’église rendons-nous » (1879)</strong></p>
<p>D’une fille à l’autre… Avec celle du tambour-major, Offenbach ne cherche pas seulement à reprendre à son avantage le succès de sa grande sœur donizettienne et redorer un sentiment patriotique terni par la défaite de 1870. Son intention est aussi de mettre un terme aux calomnies dont ses origines germaniques (et juives) sont la cause. Bingo ! Lors de la création de l’œuvre, la citation du <a href="https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Chant_du_d%C3%A9part" title="Chant du départ">Chant du départ</a> au dernier acte provoqua une énorme émotion consacrant une dernière fois de son vivant le génie d’Offenbach.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UEe4JyBr2xc" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
<p><strong>10. Smetana, <em>Libuše</em>, « Bohové mocní » (1881)</strong></p>
<p>Avec pour sujet la fondation de la dynastie des rois de Bohême, <em>Libuše</em> (prononcer Libouché) se pose en emblème du patriotisme tchèque. L’œuvre inaugura à deux reprises le Théâtre national, bâtiment à vocation identitaire alors que le pays subissait la domination des Habsbourg (détruit par un incendie deux mois après sa mise en service en aout 1881, il fut aussitôt reconstruit). Les fanfares de l’ouverture annoncent depuis 1930 les apparitions officielles du président de la république, tandis qu’à l’autre extrémité de la partition, le finale – « Bohové mocní » – prophétise les rois et héros à venir de la nation tchèque.   </p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/5iTQqu_Gg2s" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
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		<title>The Diary of One Who Disappeared</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/the-diary-of-one-who-disappeared-les-trois-tcheques/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2019 04:00:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Smetana, Dvořák et Janáček sur un même disque, cela paraît logique : trois Tchèques, enfin, plutôt, deux Tchèques et un Morave. Mais quand même, il y a un monde entre la musique des deux premiers et celle du troisième, la modernité creusant comme un abîme entre Dvořák et Janáček alors qu’il s’était écoulé moins d’une quinzaine &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Smetana, Dvořák et Janáček sur un même disque, cela paraît logique : trois Tchèques, enfin, plutôt, deux Tchèques et un Morave. Mais quand même, il y a un monde entre la musique des deux premiers et celle du troisième, la modernité creusant comme un abîme entre Dvořák et Janáček alors qu’il s’était écoulé moins d’une quinzaine d’années entre leurs dates de naissance respectives (1841 pour le premier, 1854 pour le second).</p>
<p>Les <em>Chants du soir</em> de Smetana, publiés en 1879, restent ancrés dans une tradition illustrée par d’autres compositeurs du XIXe siècle, dans la mouvance de Schumann ou de Brahms. Cinq mélodies où il est question de voyants et de prophètes, mais aussi d’amour et de couples qui dansent la polka, sur des poèmes de Vitězslav Hálek.</p>
<p>Avec les dix <em>Chants bibliques</em> de Dvořák (1894), on s’affranchit de la forme strophique, l’accompagnement se fait plus inventif, plus frémissant, et la mise en musique s’autorise un maximum de souplesse dans la déclamation de textes tirés des Psaumes. Une première fracture est donc déjà perceptible par rapport à Smetana (lui aussi né une quinzaine d’années avant Dvořák), qu’on serait tenté d’attribuer au wagnérisme, d’autant que le troisième des <em>Chants</em> est précédé d’un court prélude aux harmonies furieusement tristanesques.</p>
<p>Enfin, avec le <em>Journal d’un disparu</em>, Janáček semble s’affranchir de (presque) toutes les contraintes pour construire ce qui n’est ni vraiment une cantate, ni vraiment un opéra miniature, mais une partition inclassable en vingt-deux fragments sur des poèmes signés Ozef Kalda. Composé entre 1917 et 1919, soit avant <em>Katia Kabanova</em> et les derniers chefs-d’œuvre, ce <em>Journal</em> nous éloigne résolument du genre de la mélodie en ce qu’il sollicite tout le lyrisme de son interprète principal, le ténor qui relate sa folle passion pour une gitane (dont on n’entend la voix que dans les fragments 9, 10 et 11). Le fait que le personnage se prénomme Janíček confirme évidemment la lecture autobiographique qui a été donnée de cette œuvre, dans laquelle un Janáček sexagénaire exprime son amour pour Kamila Stösslová, âgée de vingt-six ans.</p>
<p>Pourtant, cette « nouveauté » Supraphon possède une unité, qui tient à l’artiste auquel sont confiées ces trois œuvres. Ce disque est une nouveauté parce qu’il n’existait pas encore sous cette forme, mais il s’agit de rééditions d’enregistrements datant d’il y aura bientôt un demi-siècle, et le ténor qui chante ces trois compositeurs, c’est <strong>Vilém P</strong><strong>řibyl</strong> (1925-1990). Après des débuts professionnels tardifs (à 34 ans), le ténor tchèque fut bientôt propulsé vers une carrière internationale, notamment grâce au rôle de Florestan dans <em>Fidelio</em> qu’il chanta aux côtés des plus grandes de son époque (Régine Crespin, Gwyneth Jones…). Le présent disque est conçu comme une sorte d’hommage à ce grand artiste, dont on est aussitôt saisi par la fermeté d’une voix pleine de solidité virile et par la facilité avec laquelle celle-ci savait s’élancer dans l’aigu. A la toute fin du <em>Journal</em>, Janáček exige deux vigoureux contre-uts, raison pour laquelle on a eu tendance, ces derniers temps, à confier cet emploi à des ténors plutôt légers. Vilém Přibyl était, lui, tout le contraire de ces Evangélistes qui se risquaient à interpréter le Disparu, et c’est preque en heldentenor qu’il aborde le rôle. Le créateur de l’œuvre en 1921, Karel Zavřel, fut brièvement ténor (wagnérien) avant de redevenir le baryton qu’il avait été à ses débuts : autant dire que Janáček ne destinait probablement pas son œuvre à une « petite voix ». Par son idiomatisme et sa sensibilité, l’incarnation de Vilém Přibyl peut faire figure de référence.</p>
<p>D’une génération plus jeune, <strong>Libu</strong><strong>še M</strong><strong>árov</strong><strong>á</strong> fut en son temps une mozartienne admirée, et elle prête un chic inimitable à la gitane. Elève d’Alfred Cortot et d’Albert Roussel, ami de Bohuslav Martinů, le grand <strong>Josef P</strong><strong>álen</strong><strong>íček</strong> avait un goût tout particulier pour les œuvres pianistiques de Janáček : il se joue des difficultés dont le compositeur a eu le soin d’émailler sa partition.</p>
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		<item>
		<title>Pavol Breslik vous apprend à fabriquer un chien avec un ballon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pavol-breslik-vous-apprend-a-fabriquer-un-chien-avec-un-ballon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Jan 2019 08:14:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la nouvelle production munichoise de Die verkaufte Braut (eh oui, en terres germaniques, on continue de donner La Fiancée vendue en version allemande), la mise en scène très rurale de David Bösch impose aux chanteurs de savoir conduire un tracteur et utiliser une pompe à bière, entre autres choses. Dans le rôle de Hans &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans la nouvelle production munichoise de<em> Die verkaufte Braut</em> (eh oui, en terres germaniques, on continue de donner <em>La Fiancée vendue</em> en version allemande), la mise en scène très rurale de David Bösch impose aux chanteurs de savoir conduire un tracteur et utiliser une pompe à bière, entre autres choses. Dans le rôle de Hans (le Jenik de la VO), <strong>Pavol Breslik</strong> doit même être capable de fabriquer un chien à partir d&rsquo;un ballon afin de l&rsquo;offrir à sa bien-aimée (incarnée par Selene Zanetti, véritable révélation du spectacle). Comme la maîtrise de ce talent suppose un apprentissage préalable, le Bayerische Staatsoper a publié un petit tutoriel avec le ténor en personne.</p>
<blockquote class="twitter-tweet" data-lang="fr">
<p dir="ltr" lang="en" xml:lang="en">If you want to try the balloon trick on your next date <a href="https://twitter.com/PavolBreslik?ref_src=twsrc%5Etfw">@pavolbreslik</a> shows you how to make a balloon dog (with very short hind legs) <a href="https://twitter.com/hashtag/BSObraut?src=hash&amp;ref_src=twsrc%5Etfw">#BSObraut</a> <a href="https://t.co/n3FDKwD0EH">pic.twitter.com/n3FDKwD0EH</a></p>
<p>	— BayerischeStaatsoper (@bay_staatsoper) <a href="https://twitter.com/bay_staatsoper/status/1081985751800311809?ref_src=twsrc%5Etfw">6 janvier 2019</a></p>
</blockquote>
<p> </p>
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		<title>SMETANA, Les Deux Veuves — Angers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/derniers-beaux-jours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elisabeth Bouillon]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Sep 2012 16:09:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Véritable joyau, Les deux Veuves, cette « comédie de salon » au brillant livret est inspirée d’une pièce en un acte du dramaturge français Jean-Pierre Félicien Mallefille. Angers-Nantes-Opéra en présente la deuxième version, créée deux ans après la première (qui comportait des dialogues et ne mettait en scène que quatre personnages). C’est pourquoi le &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Véritable joyau, <em>Les deux Veuves</em>, cette « comédie de salon » au brillant livret est inspirée d’une pièce en un acte du dramaturge français Jean-Pierre Félicien Mallefille. Angers-Nantes-Opéra en présente la deuxième version, créée deux ans après la première (qui comportait des dialogues et ne mettait en scène que quatre personnages). C’est pourquoi le film qui nous est imposé durant l’ouverture apparaît quelque peu absurde. Le réalisateur Andrzej Goulding place l’action dans le ciel du Nord de la France, pendant la première guerre mondiale, et nous fait assister à la mort du mari de l’une des deux veuves, Anežka, dont l’avion s’écrase au sol. Effectivement, la metteur en scène <strong>Jo Davies</strong> exprime dans une interview son intention de situer l’action en France mais cela n’est pas visible dans sa réalisation. Fort heureusement, car dans cette seconde version, Smetana a précisément travaillé à effacer toute trace française de son opéra ! Afin d’accentuer le caractère national de l’ouvrage, il a ajouté deux personnages aux quatre précédents, Tonik et Lidunka, pour lesquels il a écrit deux airs et un ensemble sur un rythme de polka – alors si populaire en Tchéquie qu’il apparaît en filigrane durant toute l’œuvre. Chanté en duo par Tonik et Lidunka puis en quatuor avec l’arrivée du forestier Moumlal, le personnage bouffe qui « marmonne » dans les graves et d’Anežka, la « veuve noire », peu à peu gagnée par la joie des jeunes amoureux, cet ensemble est un moment de pur bonheur. Smetana a également remplacé les dialogues par de saisissants récitatifs qui s’enchaînent aux airs et aux ensembles avec une telle virtuosité qu’ils créent un effet d’étrangeté, certains d’entre eux concluant l’action, d’autres l’anticipant. Cette nouvelle version remporta un succès encore plus considérable que la première auprès du public tchèque.</p>
<p>			L’action se déroule dans le riche domaine d’une jeune veuve, Karolina, qui a invité sa cousine Anežka à vivre auprès d’elle, espérant l’aider à se guérir de son chagrin en lui présentant un prétendant. C’est elle qui tire tous les fils de cette histoire douce-amère. De nombreuses embûches l’attendent en chemin, dont elle sortira victorieuse. Sorte de synthèse de la vie sociale tchèque, les six personnages et le chœur se répartissent en deux groupes sociaux : les propriétaires terriens (les deux veuves et l’amant éconduit Ladislav Podhájský), qui vivent leurs dernières années d’opulence, et les serviteurs, caractérisés par des livrées ou des costumes régionaux, tellement bien traités par leur maîtresse qu’ils se sentent chez eux. Chaque acte a ses situations cocasses et ses moments lyriques qui alternent ou coexistent avec l’apparente superficialité du jeu social. On s’y amuse beaucoup mais on y souffre aussi. C’est au premier acte qu’on rit le plus, tandis qu’au second, les jeux d’esprits laissent peu à peu la place à la rivalité entre les deux femmes, une rivalité qu’elles n’avaient pas prévue. Femme d’esprit, Karolina se retrouve prise à son propre piège puisqu’elle finit par aimer celui qu’elle veut marier à sa cousine. Cette action très subtile est très bien conduite par la metteur en scène qui maîtrise parfaitement cette œuvre difficile et dirige ses chanteurs d’une main de maître. Un décor un peu moins réaliste que le joli salon campagnard conçu par Joanna Parker aurait probablement introduit encore plus de fluidité dans les déplacements, en particulier pour le chœur, un peu serré dans cet espace contraignant. Mais l’escalier permet de visualiser des séquences hors scène, ce qui ajoute à la clarté de l’interprétation.</p>
<p>			 </p>
<p>			Toutefois, un manque d’homogénéité dans la distribution, surtout sensible dans les moments les plus lyriques, apporte quelques ombres à ce tableau idyllique. L’écriture musicale suivant de près le texte ‒ un parler-chanté plus lyrique, peut-être, mais tout aussi efficace que celui de Janáček ‒, les chanteurs doivent articuler les mots avec une grande précision, qualité partagée par tous les exécutants. Mais l’harmonie d’ensemble est rompue par plusieurs interprètes chaque fois que les voix peuvent s’épanouir. La basse bouffe Ante Jerkunica manque de précision, vocale aussi bien que scénique. Le timbre est agréable, homogène dans toute la tessiture mais le son est mal serti si bien que la voix bave un peu comme sur du papier buvard. Ante Jerkunica surjoue constamment son personnage et prend visiblement sur scène des libertés que ses collègues ne s’autorisent pas. Le ténor Ales Briscein (Ladislav), lui, a brûlé les étapes en passant récemment de rôles mozartiens (Ferrando, Belmonte) ou lyriques comme Jenik (La fiancée vendue), Boris (Katya Kabanova), le Prince (Rusalka) et Janek (L’Affaire Makropoulos) au rôle-titre de Lohengrin (dernier festival d’Erl), ce qui ne lui a pas réussi. Il crie plutôt qu’il ne chante ses aigus, écrase certains sons, bref, il a perdu la rondeur et la chaleur qui faisait le charme de son timbre.</p>
<p>			Les voix des cousines s’harmonisent assez bien durant les duos et les ensembles rapides, mais la soprano lyrique <strong>Sophie Angebault</strong> (Anežka) est affligée d’un vibrato serré, signe d’une fatigue vocale, qui, dans les passages plus lyriques, brouille le son et sonne désagréablement en comparaison de la voix parfaitement saine et magistralement conduite de la jeune colorature Lenka Macikova. Son timbre léger scintille délicieusement dans les vocalises et les nombreux éclats de rire mis en musique par Smetana ; il s’épanouit plus largement dans les deux airs plus dramatiques où s’exhale les doutes, la tristesse de Karolina, voire son désespoir de n’être pas aimée. Son interprétation témoigne d’une maturité impressionnante et devrait lui valoir d’autres engagements en France. Quant au timbre mozartien du ténor <strong>Robin Trischler</strong> (Tonik), bien accordé à celui de la soprano <strong>Kathouna Gadelia</strong>, ils seraient peut-être mieux convenus aux rôles de Ladislav et Anežka (Lidunka). La vivacité, la jeunesse et l’ardeur de ces jeunes chanteurs les placent immédiatement après la belle performance de <strong>Lenka Macikova</strong>. Quant à la belle prestation du Chœur d’Angers-Nantes-Opéra, tant vocale que scénique, elle mérite aussi l’ovation que lui a été faite.<br />
			 </p>
<p>			<strong>Mark Shanahan</strong> à la tête de l’Orchestre d’Angers-Nantes-Opéra a su mettre en valeur avec tempérament ce chef d’œuvre virtuose, pétillant, inventif, très contrasté, alternant ombre et lumière, qui n’aurait jamais dû quitter le répertoire des théâtres tchèques et que la France voit pour la première fois sur scène. Il reste encore 6 opéras de Smetana à faire découvrir au public français. Espérons que d’autres directeurs de théâtre aideront à combler cette lacune. En attendant, merci à Angers-Nantes-Opéra de nous avoir offert un tel régal !</p>
<p>			 </p>
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		<title>La Fiancée vendue</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bien-sage-fiancee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Sep 2012 08:13:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Un nouvel enregistrement studio de La Fiancée vendue, ce petit bijou de l&#8217;opéra tchèque ! On se pince, on croit rêver: les enregistrements studios d&#8217;opéras se font de plus en plus rares, crise du CD oblige (ou bien crise tout court, d&#8217;ailleurs). Quand quelques téméraires (inconscients?) et solides labels s&#8217;y risquent, c&#8217;est soit pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<table align="center" border="0" cellpadding="0" cellspacing="15" summary="">
<tbody>
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					Un nouvel enregistrement studio de <em>La Fiancée vendue</em>, ce petit bijou de l&rsquo;opéra tchèque ! On se pince, on croit rêver: les enregistrements studios d&rsquo;opéras se font de plus en plus rares, crise du CD oblige (ou bien crise tout court, d&rsquo;ailleurs). Quand quelques téméraires (inconscients?) et solides labels s&rsquo;y risquent, c&rsquo;est soit pour réenregistrer une énième fois un des piliers du répertoire (EMI récemment avec <em><a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4106&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=55">Carmen</a></em>), soit pour afficher en gros sur la pochette un nom qui fait recette (au hasard: Alagna ou Domingo). Sans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, aucune chance d&rsquo;espérer dépasser les quelques milliers de vente qui garantissent la rentabilité d&rsquo;un projet. Résultat: trop souvent, les nouvelles parutions d&rsquo;intégrales d&rsquo;opéra sont à ranger dans deux catégories: celles qui n&rsquo;apportent rien à une discographie pléthorique, et alimentent les aigreurs les plus rétrogrades (ah oui, vraiment, c&rsquo;était mieux avant), ou bien celles qui, sous prétexte de faire découvrir un trésor oublié et scandaleusement méconnu du répertoire, ne sont que le prétexte facile à l&rsquo;édification de la légende de telle ou telle coqueluche du moment. </p>
<p>
					 </p>
<p>
					Rien de cela ici: <em>La Fiancée vendue</em> n&rsquo;est heureusement pas une rareté oubliée, c&rsquo;est au contraire une des piliers du répertoire lyrique tchèque, d&rsquo;une certaine manière l&rsquo;équivalent bohémien du <em>Freischütz</em> ou de <em>La Flûte enchantée</em>, quand bien même son immense popularité semble s&rsquo;arrêter à la frontière franco-allemande: ainsi, elle n&rsquo;est rentrée au répertoire de l&rsquo;Opéra de Paris qu&rsquo;en 2008 ! En outre, aucun nom aguicheur dans la distribution, mais une liste de chanteurs dont l&rsquo;idiomatisme saute aux yeux : que des noms tchèques ! Si on y ajoute un chef lui aussi de par sa naissance familier de la musique tchèque, on comprendra que sur le papier, l&rsquo;affaire s&rsquo;annonce bien. Et l&rsquo;amoureux de cette partition se réjouit, <em>in petto</em>, d&rsquo;en découvrir de nouveaux aspects, ou, plus simplement, d&rsquo;en entendre une lecture qui lui fasse honneur. L&rsquo;œuvre est tellement belle ! Le parallèle avec le <em>Freischütz</em> et<em> La Flûte enchantée</em> n&rsquo;est pas innocent. Ce n&rsquo;est pas le livret qui mérite que l&rsquo;on s&rsquo;y arrête : cette histoire d&rsquo;amours contrariées sur fond de mariage arrangé est joliment convenue. Mais quelle musique! L&rsquo;inspiration mélodique est continue, l&rsquo;écriture d&rsquo;une particulière subtilité (avec notamment des enchaînements harmoniques très travaillés et souvent surprenants) la dimension folklorique est magnifiée, le lyrisme souvent renversant, et l&rsquo;orchestration superbe d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre. Certains passages (on pense au quintette du III) sont même… mozartiens (si, si) par la finesse et la subtilité de l&rsquo;équilibre entre les voix. Smetana sait par ailleurs, au milieu d&rsquo;une œuvre à la tonalité générale assez enjouée (c&rsquo;est un opéra comique, au sens premier du terme), ouvrir des abîmes qui laissent pantois: ainsi, le fameux air de Mařenka, à l&rsquo;acte III, d&rsquo;une mélancolie inextinguible. Bref, cette œuvre est irrésistible et doit être connue de tout amateur d&rsquo;art lyrique. </p>
<p>
					 </p>
<p>
					C&rsquo;est donc avec une délectation non dissimulée que l&rsquo;on a débuté l&rsquo;écoute de ce coffret: songez, le dernier enregistrement en studio de <em>La Fiancée vendue</em> en tchèque date de… 1981! </p>
<p>
					 </p>
<p>
					A l&rsquo;écoute, il faut bien reconnaître que l&rsquo;enthousiasme retombe quelque peu. Assez vite, on est fixé: ce nouvel enregistrement ne bouleversera pas la discographie de l&rsquo;œuvre, même s&rsquo;il ne la dépare pas.</p>
<p>
					 </p>
<p>
					Le chef, <strong>Jiri Belohlavek</strong> aime cette musique qui lui est familière, c’est une évidence. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs à lui que l&rsquo;Opéra de Paris avait fait appel pour l&rsquo;entrée de l&rsquo;œuvre à son répertoire en 2008. On lui sait gré des couleurs qu&rsquo;il parvient à tirer de l&rsquo;orchestre, en particulier de la part des pupitres de vents, essentiels ici, car donnant à cette musique toute sa saveur. On le sent soucieux d&rsquo;éviter de sombrer dans le folklore de pacotille, qui ici ou là peut guetter. Est-ce pour cette raison que sa direction paraît plus d&rsquo;une fois trop sage, voire franchement lymphatique ? On le vérifie notamment dans la fameuse Danse des comédiens, qui n&rsquo;est que bruyante et appuyée, là où l&rsquo;on attend un tourbillon sublimé, frisant l&rsquo;hystérie (voir ce qu&rsquo;en a fait Bernstein: âmes sensibles s’abstenir). Cette baguette a malheureusement trop tendance à gommer tout ce que l&rsquo;œuvre a d&rsquo;enjoué et de bondissant, ou même de profondément lyrique (ainsi, la fin du magnifique duo entre Mařenka et Vasek, à l’acte I, tombe franchement à plat) : quel dommage ! Reconnaissons néanmoins qu&rsquo;elle valorise les passages mélancoliques ou méditatifs de l&rsquo;œuvre, en leur conférant un surcroît de densité: l&rsquo;air de Jenik à l&rsquo;acte II, celui de Mařenka à l&rsquo;acte III ou le quintette qui le précède en bénéficient.</p>
<p>
					 </p>
<p>
					La distribution ne vient hélas pas racheter cette direction indolente. </p>
<p>
					 </p>
<p>
					Les voix sont idiomatiques, on l&rsquo;a dit: c&rsquo;est indéniablement un bon point, même s&rsquo;il est d&rsquo;une importance relative pour l&rsquo;auditeur francophone peu familier de la langue tchèque, ce qui est le cas de l&rsquo;auteur de ces lignes. Sont-elles pour autant à la hauteur du rendez-vous? Pas franchement…</p>
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					 </p>
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					La Mařenkade <strong>Dana Burešová</strong> ne manque pas de musicalité, mais la voix, un peu trop mûre, est parfois affublée de stridences peu agréables à l’oreille. On cherche en vain la fraîcheur espiègle d’une Popp ou d’une Benackova. En Jenik, <strong>Tomáš Juhás</strong> est plus convaincant : le timbre est séduisant, joliment lyrique, et l’engagement est sincère, même si on sent que les réserves dans l’aigu ne sont pas inépuisables. Le tout fait néanmoins une incarnation réussie, avec quelques très beaux passages (l’air du II, en particulier). On descend de plusieurs crans avec le Kecal de <strong>Jozef Benci</strong> : la voix n’est guère plaisante, entre un aigu délabré, un médium chevrotant, et une ligne de chant anarchique. Benci se réfugie dans ce qu’il lui reste : le registre du bouffon cauteleux, à la limite de la caricature à force de complaisance. A oublier. On sera plus indulgent pour le Vašekd’<strong>Aleš Voráček</strong>, beau ténor de caractère, qui parvient à rendre crédible ce rôle moins insignifiant qu’il n’y paraît (la preuve : Jon Vickers l’avait incarné dans au MET dans les années 70). Un bon point pour les seconds rôles, dans l’ensemble presque plus convaincants que les premiers…</p>
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					 </p>
<p>
					Voilà en définitive une version qui comporte de belles choses, d’autres nettement plus discutables, et qui, en toute hypothèse, ne bouleverse pas la hiérarchie de la discographie : pour les versions historiques, on ira sans hésiter chez Karel Ancerl ou Jaroslav Vogel, pour les versions plus récentes, on retiendra le superbe enregistrement dirigé par Zdenek Kosler, avec un trio imbattable (Benackova, Dvorsky, Novak). On aura garde de ne pas oublier le superbe enregistrement de l’œuvre en allemand réalisé sous étiquette Electrola par Rudolf Kempe en 1962, récemment réédité : Fritz Wunderlich y est définitif, Gottlob Frick impayable et Pilar Lorengar délicieuse. Tout amoureux de cette œuvre doit le connaître.</p>
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					<strong>Sur Qobuz :</strong></p>
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					<a href="http://www.qobuz.com/album/bbc-symphony-orchestra-and-jiri-belohlavek-bedrich-smetana-the-bartered-bride/3149020211922" target="_blank" rel="noopener">Bedrich Smetana: La Fiancée vendue | Bedrich Smetana par Jiri Belohlavek</a></p>
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		<title>Le Secret</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/un-secret-bien-conserve/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Nicolas Derny]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Oct 2011 17:31:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Entamée en 2009, l’excellente collection Czech Opera Treasures du label Supraphon se poursuit avec Tajemství [Le Secret], opéra de Bedřich Smetana écrit en 1877-78 sur un livret d’Eliška Krásnohorská (1847-1926), auteur féministe et fidèle collaboratrice du compositeur. S’il espérait un succès comparable à celui de La Fiancée vendue, le « père de la musique tchèque » &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Entamée en 2009, l’excellente collection <em>Czech Opera Treasures </em>du label Supraphon se poursuit avec <em>Tajemství</em> [Le Secret], opéra de Bedřich Smetana écrit en 1877-78 sur un livret d’Eliška Krásnohorská (1847-1926), auteur féministe et fidèle collaboratrice du compositeur. S’il espérait un succès comparable à celui de <em>La Fiancée vendue</em>, le « père de la musique tchèque » déchanta très vite – et pourtant, comme le remarquait justement en 1901 son défenseur Otakar Hostinský dans le livre <em>Bedřich Smetana a jeho boj o moderní českou hudbu </em>[Bedřich Smetana et son combat pour la musique tchèque moderne], le compositeur atteint ici « le sommet de son écriture dans le registre de la comédie, quelque chose de comparable à <em>Libuše </em>dans le domaine sérieux* ». La partition ne fut jouée qu’une douzaine de fois entre sa création et la mort de Smetana (six ans plus tard) pour ne revenir au répertoire du <em>Národní divadlo </em>[Théâtre national de Prague] qu’en 1922.</p>
<p>			 </p>
<p>			S’il n’est pas le plus original de l’histoire de l’opéra, l’argument offre au musicien plus de possibilités qu’il n’y paraît. La pièce s’ouvre sur un duo entre Bonifác à Róza Malina au sujet du refus de cette dernière d’épouser l’échevin Kalina vingt ans plus tôt en raison de la différence de statut social qui les éloignait alors. Après s’être marié une autre femme, le conseiller municipal, aujourd’hui veuf et riche, fait construire une maison en face de celle de la famille Malina. De leur côté, Vít, fils de Kalina, et Blaženka, nièce de Róza et fille de l’échevin Malina (rival politique du précédent), s’aiment en secret. Au cours d’une bagarre sur le chantier de la maison, une poutre se brise et Kalina y découvre une carte au trésor laissé là par Barnabáš, prêtre désormais décédé. Endetté à cause des travaux (entrepris pour impressionner Róza, qu’il n’a jamais cessé d’aimer), Kalina décide de suivre les instructions de Barnabáš afin de trouver l’or et de se renflouer. La liaison de Vít et Blaženka entre-temps découverte, Kalina est sur les traces du trésor lorsque, explorant un tunnel sous la maison de Róza, il entend Vít faire ses adieux sa jeune amoureuse interdite. Kalina comprend que le trésor « secret » que voulait lui révéler Barnabáš n’était autre que la préciosité de cet amour autrefois défendu pour Róza. Il se résout donc à demander à son rival la main de sa sœur pour lui-même et celle de sa fille pour Vít. La requête est acceptée par Malina.    </p>
<p>			 </p>
<p>			Musicalement, l’œuvre est (presque) entièrement basée sur un motif présenté dès le début de l’ouverture (monothématique) et exploité tout au long des 3 actes. Sans « premier(s) rôle(s) » à proprement parler, l’équilibre dramaturgique de cette partition complexe repose sur la troupe au grand complet et laisse une large place au chœur (acte I et III) et aux ensembles (un sextuor avec chœur, deux septuors, un octuor, etc.). La richesse de la pièce est d’autant plus admirable que Smetana était déjà complètement sourd à l’époque où il le composa. A la recherche de l’opéra comique moderne parfait depuis les années passées à Weimar, le musicien atteint ici en partie son but.      </p>
<p>			 </p>
<p>			Si elle met souvent l’orchestre au second plan, la prise de son mono de 1953 a plutôt bien vieilli. Elle projette un éclairage relativement flatteur sur des chanteurs qui font de l’intelligibilité du texte une priorité. Mis à part le Bonifác de <strong>Vladimir Jedenáctik, </strong>dont la sécurité d’intonation n’est pas toujours optimale, le plateau est d’une qualité exemplaire et d’un équilibre idéal (l’octuor de l’acte II suffit à s’en convaincre). A côté de <strong>Karel Kalaš</strong> et <strong>Přemysl Koči</strong> (incarnant respectivement de très solides Malina et Kalina), le couple Blaženka &#8211; Vít est d’une fraîcheur attendrissante – entendez le séducteur <strong>Ivo Židek</strong>, amoureux transi très convaincant. <strong>Špěpánka Štěpánová</strong> est de son côté une Róza fort charismatique. L’intelligente direction de Jaroslav Krombholc se pose en véritable moteur de l’action et apparaît comme un facteur important de la réussite de cet enregistrement essentiel. Il est uniquement dommage que le texte chanté et sa traduction ne soient pas mis à disposition (même sous la forme d’un fichier PDF comme c’était le cas pour les premiers volets de la collection). Cela ne contribuera malheureusement pas à une indispensable meilleure diffusion de cette perle d’opéra hors des cercles habituels d’initiés et de tchécophones.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			*O. Hostinký, <em>Bedřich Smetana a jeho boj o moderní českou hudbu</em>, Nakladem Jana Laichtera, Prague, 1901, p. 419</p>
<p>			 </p>
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