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	<title>Ethel SMYTH - Compositeur - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ethel SMYTH - Compositeur - Forum Opéra</title>
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		<title>SMYTH, The Wreckers — Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-wreckers-les-naufrageurs-glyndebourne-un-coup-de-poing-et-coup-de-maitre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jun 2022 07:56:46 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>The Wreckers est une œuvre à part dans l’histoire de la composition lyrique. Son auteur, Ethel Smyth, fut une personnalité culturelle et politique haute en couleur que nous avions déjà évoquée il y a quelques mois. Le sujet lui fut inspiré par un voyage en Cornouaille en 1882, au cours duquel la compositrice découvrit les &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>The Wreckers</em> est une œuvre à part dans l’histoire de la composition lyrique. Son auteur, Ethel Smyth, fut une personnalité culturelle et politique haute en couleur <a href="/breve/glyndebourne-feministe">que nous avions déjà évoquée il y a quelques mois</a>. Le sujet lui fut inspiré par un voyage en Cornouaille en 1882, au cours duquel la compositrice découvrit les lieux où sévissaient les naufrageurs un siècle plus tôt. Elle fut dès lors hantée par cette atmosphère et commença à réfléchir à un opéra. Elle confia ses notes à son ami Henry Webster, un américain élevé en France. Smyth était elle-même de mère française, son père était un général britannique. Considérant qu’un opéra en anglais composé par une femme n’avait aucune chance d’être créé sur le sol britannique, ils décident que l’ouvrage sera écrit en français pour être créé en France&nbsp;: s’il rencontre du succès à l’étranger, l’opéra aura quelques chances d’être repris à Londres. <em>Les Naufrageurs </em>doivent initialement être produits à l’Opéra de Monte-Carlo avec une star de l’époque, Emma Calvé. Mais le projet ne se fait pas. Finalement, l’ouvrage est donné à Leipzig mais avec des coupures sauvages&nbsp;: malgré le succès de la première (16 rappels), Smyth furieuse, récupère le matériel d’orchestre dans la fosse et l’emporte, rendant toute reprise impossible. A Prague, l’ouvrage, mal répété, ne tient pas. Enfin, comme prévu, <em>The Wreckers </em>sont enfin donnés à Londres en 1909, sous la baguette de Thomas Beecham. Là encore, Smyth se plaint du manque de répétitions (Sir Thomas était un peu laxiste de ce point de vue). Gustav Mahler envisage enfin de monter l’ouvrage à Vienne, mais il est démis de ses fonctions avant de pouvoir le faire. L’opéra fut rarement repris depuis, et toujours en anglais dans la version coupée.</p>
<p>L’action nous transporte sur les côtes de la Cornouaille, vraisemblablement au XIX<sup>e</sup> siècle, dans un village de pêcheurs. Les habitants y dépendent des naufrages pour survivre et ne se gênent pas pour les provoquer&nbsp;: Laurent, le gardien du phare, éteint celui-ci toutes les nuits et, si un bateau s’échoue, la communauté achève les survivants et pille l’épave avec la bénédiction du pasteur local. Mais, depuis quelques mois, aucune nouvelle catastrophe n’est venu améliorer l’ordinaire. Le lecteur n’est pas obligé de lire la suite&nbsp;s’il envisage de regarder le replay de l’ouvrage (nous ne saurions trop l’y encourager)&nbsp;: le scénario est digne d’un film noir, avec un authentique suspens et de multiples rebondissements.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/thewreckers_photorichardhubertsmith-2337.jpg?itok=V6TqOau1" title="© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith" width="468"><br />
© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith</p>
<p>Pour les lecteurs qui souhaiteraient la connaitre, l’intrigue est la suivante. En ce dimanche, la communauté calme sa faim au pub en abusant de la bière locale. Pasko, le pasteur est à la recherche de sa femme, ce qui entraine leurs moqueries. En retour, il blâme leur attitude&nbsp;: l’échec des naufrage est dû à leur impiété. Superstitieux et soumis, les villageois se repentent et implorent le Ciel. Pasko parti, Avis, la fille de Laurent, se moque de leur dévotion aveugle&nbsp;: puisque son père éteint le phare toutes les nuits, c’est qu’un autre allume des bûchers pour alerter les navires. Tous jurent de trouver et de punir le traitre. A son retour, Thurza, la femme du pasteur, refuse de se joindre aux villageois pour la prière. Restée seule, Avis attend le retour de son petit ami, Marc, devenu plus distant. Elle l’entend chanter une chanson d’amour, l’espionne, puis comprend son sort quand la femme du pasteur entonne le même air. A son retour, Pasko sermonne son épouse pour son manque de piété, puis morigène Avis pour sa tenue et lui arrache ses colliers. La jeune fille se jure de se venger des deux époux. Restée seule avec Pasko, Thurza lui reproche sa justification hypocrites des naufrages provoqués. Le pasteur n’y voit en effet aucun inconvénient : ces naufrages sont des dons du Ciel, et leurs victimes auront d’ailleurs le bonheur de rencontrer leur créateur plus rapidement que prévu. Alors qu’une tempête approche, la communauté se regroupe pour préparer les naufrages. L’esprit troublé par sa discussion avec son épouse, Pasko a la tête ailleurs. Avis en profite pour répandre auprès de la communauté les soupçons que son père, Laurent, a conçu au sujet de Pasko, mais qu’il gardait secret craignant d’accuser un innocent, pasteur respecté de surcroit. Le village se prépare pour le massacre.&nbsp;</p>
<p>Acte II. Une partie des villageois est à la recherche du traître. Il est convenu qu’un appel du cor signalera sa découverte. Avis est accompagnée du jeune Jacquet (rôle travesti) qu’elle a séduit pour l’occasion. Marc, qui est donc notre «&nbsp;traître&nbsp;», les a entendus mais reste décidé à allumer un nouveau bucher dès que possible. Thurza le rejoint et tente de le décider à stopper son projet car le danger de se faire prendre est grand. Il refuse et lui annonce qu’il quittera bientôt la Cornouaille. La tension monte, attisée par les recherches qui se rapprochent, et, dans un grand duo (dont la situation dramatique rappelle un peu celle de <em>Tristan und Isolde)</em>, les deux amants se jurent finalement de partir ensemble. Le dernier bucher est allumé et les jeunes gens s’enfuient, Thurza perdant un foulard (un bonnet dans cette production). Pasko, qui erre dans les rochers, découvre le feu, puis, la pièce de vêtement appartenant à Thurza. Paralysé par sa découverte, il ne dit pas un mot quand Laurent et Avis le découvre à côté du brasier. Ravie de pouvoir se venger, Avis l’accuse devant la foule d’être le traitre honni et déjà objet des soupçons de son père.&nbsp;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/thewreckers_photorichardhubertsmith-3170.jpg?itok=2FrxkTYP" title="© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith" width="468"><br />
© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith</p>
<p>Acte III. Le procès est organisé dans une grotte qui sera envahie par les eaux à marée haute. Laurent expose aux villageois les preuves de la culpabilité de Pasko, le pasteur gardant toujours le silence. Avis tente d’accuser également Thurza&nbsp;: celle-ci se dévoile d’elle-même. La femme du pasteur dénonce les villageois comme les seuls vrais criminels alors qu’elle-même sauve des innocents en allumant des feux. La communauté est prête à pendre les deux époux (on n’est jamais trop prudent) quand Marc se dénonce. Thurza appuie ses aveux. Avis essaie d’innocenter Marc en prétendant qu’ils ont passé la nuit ensemble. Scandalisés, son père, et toute la communauté, la rejette&nbsp;: d’abord pour cet adultère, ensuite, le mensonge ayant été découvert, pour avoir donné ce faux alibi. Pasko persiste toutefois à sauver Thurza en en faisant une victime de l’influence de Marc. Celle-ci le traite de lâche et refuse de se repentir. Les deux amants défient ensemble leurs accusateurs. Pasko renonce alors à sauver sa femme et prend le parti des accusateurs. Laurent prononce la sentence&nbsp;: les deux gens seront laissés dans la grotte et la mer décidera de leur sort. Alors que l’eau monte dans la caverne, les villageois abandonnent les lieux. Restés seuls, les deux amants chantent un dernier duo extatique avant d’être noyés sous les flots.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/thewreckers_photorichardhubertsmith-4029.jpg?itok=eTK321c1" style="font-size: 14px" title="© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith" width="468"><br />
© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith</p>
<p>D’une écriture essentiellement tonale, la musique de Smyth développe un tapis musical mélodique sans véritables airs mais avec toutefois, à l’occasion, quelques grandes scènes individuelles ou des duos, des ensembles et en particulier un chœur particulièrement développé. L&rsquo;ouvrage est d&rsquo;une grande force, voire d&rsquo;une certaine violence (ceux qui ont des préjugés sur la douceur forcément féminine en seront pour leurs frais). L’influence de Wagner (<em>Der fliegende Holländer</em>) est sensible dans le traitement choral, quoique, théâtralement, le rôle du chœur est bien plus important dans cet ouvrage. Si la situation dramatique du duo de l’acte II évoque <em>Tristan</em>, la musique est toute personnelle (notons toutefois l’appel du cor en coulisses qui souligne le danger qui plane sur les amants). Certains ont cru déceler une influence de Bizet (parce qu’il y a une parodie de chanson bohème à l&rsquo;évocation des bijoux d&rsquo;Avis) ou de Massenet (parce que le dialogue musical peut parfois – rarement – être interrompu par une phrase parlée qui vient apporter un contraste dramatique)&nbsp;: c’est aller loin dans la comparaison. Le rôle du jeune Jacquet est interprété par une femme&nbsp;: ça n’en fait pas non plus du Mozart. On pourrait de même voir un écho du dernier acte des <em>Huguenots</em> dans la scène finale. Mais au petit jeu des comparaisons, on pourrait trouver également des similitudes avec Benjamin Britten (<em>Peter Grimes</em>, créé en 1945 soit près de 50 ans après la composition de Smyth, semble une évidence) ou avec Carlisle Floyd (<em>Susannah</em>, créé en 1955, avec son prêcheur pervers, sa communauté influençable et fanatisée et son rôle-titre épris de liberté). Tout ceci pour dire que la partition de Smyth, sans être révolutionnaire, s’insère en fait dans l’évolution naturelle de la composition lyrique, avec ses dettes envers les ouvrages antérieurs, son originalité propre, et son influence sur les compositeurs qui l’ont suivie. Pour en revenir à l’essentiel, <em>The Wreckers</em> est un ouvrage d’une force et d’une puissance irrésistibles, appuyé sur un livret solide.&nbsp;</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/thewreckers_photorichardhubertsmith-1862.jpg?itok=71lM_Dg7" title="© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith" width="468"><br />
© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith</p>
<p>La distribution est de grande qualité, pêchant essentiellement par une mauvaise prononciation du français assez généralisée. <strong>Karis Tucker </strong>brule les planches (dans tous les sens du terme&#8230;) et incarne magnifiquement les nombreuses facettes du personnage finalement complexe de Thurza&nbsp;: amante, épouse dégoutée, personnalité libre (au cuir épais), et surtout incarnation de la justice au sein d’une communauté complètement dévoyée. Le mezzo-soprano assure jusqu’au bout et sans fatigue apparente ce rôle particulièrement lourd et tendu. <strong>Rodrigo Porras Garulo </strong>offre un timbre chaleureux, un peu sombre, avec l’éclat d’un jeune ténor <em>spinto</em>, et son engagement est sans faille. Les duos des deux amants sont parmi les plus beaux moments de la soirée, d’autant que les voix sont bien apariées.<em> </em><strong>Lauren Fagan</strong><em> </em>est une vraie <em>passionaria</em> en Avis, avec un aigu sûr et tranchant. A côté de ces trois personnages dignes d’une <em>Elektra</em>, les autres rôles sont un peu moins sollicités vocalement. <strong>Philip Horst </strong>rend bien les deux aspects de son personnage&nbsp;: pasteur sûr de sa foi et du bon droit des pratiques meurtrières de la communauté, mari trompé prêt à tout pour sauver son épouse. En Laurent, <strong>James Rutherford </strong>offre une belle projection et le meilleur français de la soirée. L’ensemble des petits rôles sont excellement tenus. Mais le personnage principal est ici le chœur, percutant, d’une magnifique fusion, dont chacun des artistes incarne un personnage parfaitement travaillé. Sous la baguette passionnée de <strong>Robin Ticciati</strong>, le<strong> London Philharmonic </strong>rend justice à cette partition contrastée, luxuriante, sensuelle, violente ou poétique, urgente, et souvent superbement inspirée. La réussite du jeune chef britannique est d’autant plus remarquable qu’il n’existe aucune véritable référence antérieure de cette ouvrage.&nbsp;</p>
<p>La production de <strong>Melly Still </strong>est, elle aussi, une totale réussite qui nous emporte dès les premières secondes de l’ouvrage. Pendant l’ouverture, les naufrageurs se préparent pour le massacre, habillés de masques terrifiants fabriqués à partir de ces débris qu’on trouve sur les plages non nettoyées, et armés de barres de fer. L’effet est saisissant et on imagine facilement &nbsp;l’horreur que de tels travestissements pouvaient causer aux infortunés naufragés. Dès lors, le metteur en scène ne nous lâchera plus jusqu’à l’inexorable sacrifice final. Les ultimes secondes du dernier acte sont proprement bouleversantes&nbsp;: surgissant du fond de la scène et courant vers l’avant, le chœur figure une gigantesque vague qui emporte les deux amants.&nbsp;Visuellement, l’ouvrage est transposé à l’époque moderne, mais les didascalies sont globalement respectées. Plutôt femme de théâtre que familière de la scène lyrique, Still offre ici un travail parfait de justesse et de précision sur chacun des personnages (chœur compris comme nous le disions plus haut) tout en gardant une parfaite cohésion de l’ensemble, réussissant à maintenir l’intérêt jusque dans les passages dramatiquement plus faibles (par exemple, la scène entre Avis et Jacquet au début de l’acte II). Mills introduit également quelques danseuses figurant les&nbsp;Érinyes, déesses de la vengeance mais aussi des tempêtes.&nbsp;Pour une première découverte, une telle approche, fondamentalement respectueuse du fond, est idéale.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/thewreckers_photorichardhubertsmith-3543.jpg?itok=r_v32k9X" title="© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith" width="468"><br />
Les&nbsp;Érinyes<br />
© Glyndebourne Productions Ltd. Photo: Richard Hubert Smith</p>
<p>L’ouvrage offre un fort potentiel de relecture de part les problématiques qu&rsquo;il soulève : critique du conformisme, du fondamentalisme religieux, de son hypocrisie, de la recherche d’un bouc émissaire, supériorité morale de l’individu sur la masse, exaltation du sacrifice pour ses valeurs (précisons que la féministe Smyth avait fait de&nbsp;la prison pour avoir lancé une brique dans la fenêtre d’un député britannique). Replacé dans son époque (mais pas que&#8230;), l&rsquo;ouvrage est aussi une critique de la société britannique, fermée à toutes les évolutions et refermée sur elle-même, la Cornouaille étant ici, pour Still, le microcosme de la Grande-Bretagne, une communauté isolée, bloquée dans le passé. L&rsquo;œuvre est également un manifeste féministe puisque ce sont essentiellement les femmes qui, en bien (Thurza) comme en mal (Avis), font preuve d&rsquo;une vraie détermination et font avancer l&rsquo;action.</p>
<p>L’accueil du public est justement enthousiaste. En quittant Glyndebourne, nous ne pouvions que penser au potentiel de cet ouvrage, et nous faisions défiler dans notre tête tous les chanteurs ou metteurs en scène du moment capable de le faire revivre. Indéniablement, après une telle renaissance, <em>The Wreckers </em>doit rester au répertoire.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Houston 2022-23 : classicisme, stars… et surprises</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/houston-2022-23-classicisme-stars-et-surprises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Mar 2022 06:35:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le paysage lyrique américain opère une bascule vers le sud depuis une grosse décennie. La Californie, le festival de Santa Fé n’y sont pas étrangers. Mais c’est surtout l’irruption du Houston Grand Opera porté par le dynamisme de la ville texane sur la scène nationale et internationale qui porte ce mouvement. La prochaine saison en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le paysage lyrique américain opère une bascule vers le sud depuis une grosse décennie. La Californie, le festival de Santa Fé n’y sont pas étrangers. Mais c’est surtout l’irruption du Houston Grand Opera porté par le dynamisme de la ville texane sur la scène nationale et internationale qui porte ce mouvement.<a href="https://www.houstongrandopera.org/"> La prochaine saison en témoigne encore</a> : des classiques du répertoire bien distribués (<strong>Angel Blue</strong> chantera Violeta ; <strong>Nahuel di Piero</strong> en Figaro ;<strong> Jonathan Tetelman</strong> et <strong>Tamara Wilson</strong> côte à côte dans <em>Tosca</em> ; <strong>Amanda Majeski</strong> exigera la tête de <strong>Ryan McKinny</strong> dans <em>Salome</em> etc.) associés à quelques titres excitants. <em>El Milagro del Recuerdo</em>, création tournée vers le Mexique voisin, viendra fêter la famille avant les fêtes de fin d’année. Ethel Smyth, compositrice de l’opéra <em>The Wrecker</em>s (1906), sera mise à l’honneur en octobre 2022.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Glyndebourne féministe</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-feministe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Nov 2021 05:26:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né à Londres en 1858, d&#8217;une mère française et d&#8217;un père général, Ethel Mary Smyth fut certainement l&#8217;une des personnalités britanniques les plus étonnantes du tournant du siècle. Elle étudie la composition à Leipzig et rencontre Johannes Brahms, Clara Schumann, Antonín Dvořák, Edvard Grieg et Piotr Ilitch Tchaïkovski, ce dernier se révélant très élogieux sur ses dons : « Elle a donné &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Né à Londres en 1858, d&rsquo;une mère française et d&rsquo;un père général, Ethel Mary Smyth fut certainement l&rsquo;une des personnalités britanniques les plus étonnantes du tournant du siècle. Elle étudie la composition à Leipzig et rencontre Johannes Brahms, Clara Schumann, Antonín Dvořák, Edvard Grieg et Piotr Ilitch Tchaïkovski, ce dernier se révélant très élogieux sur ses dons : « Elle a donné la promesse pour l’avenir d’une sérieuse et talentueuse carrière ». Elle est l&rsquo;auteur d&rsquo;une centaine d&rsquo;œuvres musicales, dont 7 opéras. Elle rejoint le mouvement des suffragettes en 1910 (avec un séjour en prison à la clé). Elle est faite Dame Commandeur de l&rsquo;ordre de l&rsquo;Empire britannique dix ans plus tard. En raison d&rsquo;une surdité naissante, elle abandonne la composition et se consacre à l&rsquo;écriture. A 71 ans, elle tombe amoureuse de Virginia Woolf, avec laquelle elle entretint une relation amicale jusqu&rsquo;au suicide de l&rsquo;écrivain en 1941. Ethel Smyth meurt en 1944 à 86 ans.<br />
	Le Festival de Glyndebourne ouvrira son édition 2022 le 21 mai avec<em> The Wreckers</em> (<em>Les</em> <em>Naufrageurs</em>), troisième opéra de la compositrice, écrit sur un livret en français de Henry Brewster (l&rsquo;ouvrage devait être créé à Monte-Carlo avec l&rsquo;immense Emma Calvé, mais le projet n&rsquo;aboutit jamais), dont la première eut lieu à Leipzig, traduit en allemand, en 1906. Grand défenseur de l&rsquo;œuvre de Smyth, Thomas Beecham assura la création britannique des <em>Wreckers</em> en 1909, dans une traduction anglaise de Smyth. La partition a fait l&rsquo;objet d&rsquo;une reconstruction pour restituer la version française originale jamais jouée. Au sein d&rsquo;une distribution particulièrement internationale (Allemagne, Australie, Royaume-Uni, Espagne, Mexique…) on notera la présence de la française <strong>Clémentine Margaine</strong>. Au-delà de son aspect flamboyant, Smyth était une compositrice de talent dont beaucoup d&rsquo;ouvrages connurent un grand succès : cette résurrection est donc la bienvenue.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Dix compositrices d&#8217;opéra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/dix-compositrices-dopera/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Cedric Manuel]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Mar 2021 06:00:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ni le besoin – voire la soif – de créer, ni le talent pour le faire, n’ont jamais eu de genre. Comme on ne le sait que trop bien, cette évidence d’aujourd’hui n’a pas eu le même écho par le passé, y compris jusque récemment. Bien sûr, les femmes qui le pouvaient avaient toute latitude pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ni le besoin – voire la soif – de créer, ni le talent pour le faire, n’ont jamais eu de genre. Comme on ne le sait que trop bien, cette évidence d’aujourd’hui n’a pas eu le même écho par le passé, y compris jusque récemment. Bien sûr, les femmes qui le pouvaient avaient toute latitude pour jouer de la musique. Elles y étaient même encouragées – en particulier dans les milieux favorisés – pour parfaire leur éducation et ajouter cette jolie décoration aux talents multiples qu’elles devaient déployer dans le cadre de leur ménage. Parfois même pouvaient-elles devenir des virtuoses célèbres et célébrées pour leur art de l’interprétation. À l’extrême rigueur pouvait-on tolérer qu’elles présentent quelques pièces de leur composition dans le cadre relativement intime d’un salon, voire même en publier certaines. Penser à faire davantage suscitait bien souvent railleries ou anathèmes : soit une femme n’était pas capable d’écrire une œuvre digne de ses collègues masculins, soit elle n’était pas à sa place si elle osait s’y attaquer et encore moins si elle prétendait en vivre. Le mépris misogyne vient de loin et a touché jusqu’à des génies comme Mendelssohn, qui a littéralement interdit à sa sœur Fanny de donner libre cours à son propre talent ; Schumann qui a fait le coup de « choisis entre tes compositions et moi » à Clara ou encore Mahler qui tenait les lieder d’Alma pour une quantité négligeable qu’il ne fallait même pas chercher à publier. Il y eut bien sûr de remarquables exceptions, qui ont cependant souvent dû affronter une autre condamnation : celle qui va du désintérêt immédiat à l’oubli rapide. Puisqu’elles cherchaient à venir sur le même terrain que les hommes, quitte – il faut le souligner – à être défendues farouchement par certains d’entre eux, elles seraient donc vouées à n’être que des « petits maîtres » dont on oublierait jusqu’au nom.</p>
<p>Malgré ces tristes vicissitudes, précisément parce que la soif de créer n’est pas sexuée, on compte une liste – beaucoup plus longue que l’on pourrait penser – de femmes courageuses qui ont osé affronter les regards condescendants pour composer vaille que vaille, et le faire savoir. Y compris, bien sûr, des opéras, et ce dès les premiers pas de cette forme. Cette Journée internationale des Droits des femmes est une occasion de vous présenter quelques unes de ces compositrices, aux parcours et aux destins bien différents, de façon évidemment non exhaustive et dans un ordre chronologique. Ces quelques courtes biographies accompagnées de plusieurs extraits, doivent surtout nous aider à enfin les reconnaître au-delà du seul 8 mars.</p>
<ol>
<li><strong>Francesca Caccini, pionnière d’un art nouveau</strong></li>
</ol>
<p>Florentine née en 1587 (et morte vers 1641), Francesca baigne dans la musique. Son père, est en effet un compositeur et chanteur au service des Médicis et sa mère est également chanteuse. Le père Caccini initie lui-même sa fille aux premiers rudiments musicaux et entend lui fournir une éducation complète en arts et en sciences. Chanteuse très réputée elle-même dans les cours d’Europe – notamment en France où elle viendra à l’occasion du mariage d’Henri IV avec Marie de Médicis – elle compose de nombreuses partitions pour la voix. Mais on lui connaît aussi un opéra entier, créé le 3 février 1625, à peine 18 ans après <em>L’Orfeo</em> de Monteverdi : <em>La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina</em>. On a coutume de dire qu’il s’agit là du premier opéra complet composé par une femme, bien que tous les autres soient perdus.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ez5A-Muii4E" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="2"><strong>Elisabeth Jacquet de la Guerre, un (autre) soleil à la Cour de Louis XIV</strong></li>
</ol>
<p>Cette autre enfant de la musique (elle est la fille de Claude Jacquet et Anne de la Touche, et son père est lui-même issu d’une dynastie célèbre de musiciens)  et née  à Paris en 1665 et où elle mourra 64 ans plus tard, sera l’une des grandes exceptions à cette règle qui relègue les femmes musiciennes à la sphère privée. Son don de virtuose du clavecin est admiré par le roi lui-même, devant lequel elle se produit à l’âge de 5 ans. Devenue compositrice assumée et reconnue, elle se pose en novatrice et touche à tous les genres avec un égal bonheur. Mais à l’opéra, elle n’échappera pas à la réprobation liée à sa condition, bien qu’on considère aussi la faiblesse du livret comme responsable de l’échec : sa tragédie lyrique <em>Céphale et Procris</em> (17 mars 1694, le jour de ses 29 ans) est rapidement retirée de l’affiche de l’Académie royale de musique. Mais heureusement, la postérité, cette fois, ne l’a pas oubliée. En témoignent ces quelques extraits dirigés à … Bayreuth par la  cheffe Daniela Dolci.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/aWoow1442_Y" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="3"><strong>Wilhelmine de Bayreuth, pas seulement « sœur de »</strong></li>
</ol>
<p>Puisqu’il est question de Bayreuth, pourquoi ne pas justement évoquer une compositrice beaucoup plus occasionnelle, mais tout à fait talentueuse, Wilhelmine, margravine de Brandebourg-Bayreuth (1709-1758) ? Née Wilhelmine de Prusse, puisque fille du terrible roi-sergent Frédéric-Guillaume Ier et de Sophie de Hanovre, la petite princesse subit non seulement la violence pathologique et sadique de son père, tout comme son petit frère Frédéric, le futur Frédéric II, mais aussi celle de sa propre gouvernante. Elle en développera une relation extrêmement fusionnelle avec son frère, par solidarité et parce que son seul plaisir d’enfant était de le retrouver. Comme lui était flutiste de talent, Wilhelmine était une excellente joueuse de luth, mais composait pour divers instruments, après avoir bénéficié de l’enseignement du compositeur de la cour de son mari Frédéric – décidément – le margrave de Brandebourg-Bayreuth :  Johann Pfeiffer, qu’elle avait elle-même choisi. Elle compose tout un opéra, <em>Argenore</em>, en 1740, pour l’anniversaire de son mari. La mort prématurée de cette amie de Voltaire à 49 ans laissera son frère absolument inconsolable, le plongeant dans une profonde dépression qui durera plusieurs années. Il fera bâtir à sa mémoire 10 ans plus tard dans le parc du château de Sans-Souci, un petit temple baptisé « Temple de l’amitié ».</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QSeqpgjCc6E" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="4"><strong>Maria Teresa Agnesi, la surdouée</strong></li>
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<p>C’est la sœur de Maria Teresa Agnesi, Maria Gaetana, qui est restée la plus célèbre des deux comme mathématicienne de renom  et de génie. Née à Milan en 1720 et morte dans la même ville presque 75 ans plus tard, Maria Teresa se fera quand même elle aussi connaître pour ses dons d’interprète au clavecin, profitant de la tolérance remarquable avec laquelle, dans le Milanais, les femmes pouvaient alors se produire en public. Le président de Brosses, dans le récit fameux de son voyage en Italie, écrira son émotion à l’écoute d’un concert de Maria Teresa à Milan. Elle laisse de nombreuses partitions pour son instrument – seul ou avec petit ensemble – mais aussi plusieurs opéras dont beaucoup sont malheureusement perdus. Mais pas <em>Ciro in Armenia</em>, dédié au duc de Modène et créé à Milan le 26 décembre 1753 en ouverture de la saison du Carnaval. Il s’en est pourtant fallu de peu qu’on ne le perde aussi : la partition a été conservé à Dresde et n’a échappé que par miracle aux terribles bombardements de la Seconde guerre mondiale. Emmenée à Moscou par l’Armée rouge, elle est aujourd’hui conservée à la Bibliothèque d’Etat. Plusieurs extraits, restés à Milan ont également été préservés. Le <em>Guardian</em> en a fait en 2015 l’un des 10 meilleurs opéras composés par une femme.</p>
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<li value="5"><strong>Lucile Grétry, le papillon foudroyé</strong></li>
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<p>Lucile-Angélique-Dorothée-Louise-Dominique Grétry (ouf) est bien la fille d’André Modeste et de l’artiste peintre Jeanne-Marie Grandon (on aime les prénoms composés dans la famille). Rien d’étonnant à ce que la jeune Lucile embrasse bien vite la vie artistique elle-même, et son père lui enseigne évidemment la musique. Rien d’étonnant non plus à ce que le genre lyrique et l’opéra-comique lui aient très tôt donné des fourmis dans les doigts. À 14 ans, elle écrit coup sur coup deux opéras comiques pour la Comédie italienne : <em>Le mariage d’Antonio</em> (1786) dont voici un enregistrement intégral bien qu’imparfait, puis <em>Toinette et Louis</em> en 1787, qui subira un échec. Mariée dès ses 16 ans et fort malheureuse, elle ne pourra hélas jamais développer ses dons, terrassée à 17 ans par la tuberculose.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/yIBPeimA2WI" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="6"><strong>Louise Bertin, victime par procuration</strong></li>
</ol>
<p>Bénéficier d’un librettiste nommé Victor Hugo et d’un soutien indéfectible nommé Hector Berlioz, cela devrait suffire à asseoir durablement une réputation, construite sur un incontestable talent. Louise Bertin (1805- 1877) est elle aussi une « fille de », celle de Louis-François Bertin, patron du <em>Journal des Débats,</em> figure libérale opposée aux Bourbons et soutien de Louis-Philippe en 1830. Son célèbre portrait par Ingres suffit à s’imaginer une personnalité bien trempée. On peut aussi se figurer l’ambiance dans laquelle la petite Louise, dont la mère, Geneviève Boutard, est pianiste, grandit. Atteinte de poliomyélite et ne pouvant se déplacer qu’avec des béquilles, c’est son père qui lui assure un enseignement complet. Dans le foyer gravite tout ce que la France d’alors compte de talents et même de génies, écrivains, poètes, peintres… Louise s’imprègne de tout et montre elle-même des dons multiples dans plusieurs disciplines. Sur le plan musical, c’est le célèbre critique et musicologue Fétis qui lui enseigne le chant, tandis que Reicha – l’un des musiciens les plus réputés de son temps –  lui fait découvrir la composition. Avec tout cela, Louise a le bagage pour commencer à produire ses propres créations. À deux premières œuvres qui obtiennent un certain succès entre 1827 et 1831 (<em>Le Loup-Garou</em> et <em>Fausto</em>) succède un opéra plus ambitieux : l’adaptation de <em>Notre-Dame de Paris</em>, roman que Louise avait adoré. Victor Hugo est un ami très proche de Bertin et les deux familles se visitent très souvent. Alors, bien que ne voulant « pas de musique sur (ses) vers », même en prose, Hugo accepte de bâtir lui-même le livret. Tout au long de la genèse de l’opéra, il sera d’une patience absolue pour se plier à la musique et un soutien constant. Tout comme Berlioz, qui la conseillera et qui ne tarira pas d’éloges pour cette <em>Esmeralda</em>, créée le 14 novembre 1836. Las ! Fille d’une figure politique qui ne manque pas d’ennemis, aidée pour le livret par une autre figure non seulement littéraire, mais tout aussi politique et de surcroît mondaine, conseillée pour la musique par une nouvelle figure de la vie musicale tout aussi controversée, Louise Bertin, dont la circonstance aggravante est d’être une femme, infirme qui plus est, attire contre son gré tout ce que Paris peut compter d’ennemis de ces trois là. Il s&rsquo;en trouve même qui se persuadent que c&rsquo;est Berlioz lui-même qui a composé l&rsquo;œuvre et qui se cache derrière une femme&#8230; laquelle bien entendu ne pouvait nullement écrire une telle partition. Les représentations sont un vaste charivari, une cabale comme on n’en compte plus durant cette période. Louise n’écrira plus jamais pour la scène mais heureusement, elle ne renoncera pas à la composition. Voici le fameux air des cloches de cet opéra qui mérite une autre renaissance après celle assurée par le festival de  Montpellier en 2008.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/42hG4uIlJ5c" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="7"><strong>Carlotta Ferrari,  une Verdi féminine</strong></li>
</ol>
<p>Née à Lodi en 1827, Carlotta Ferrari va apprendre le chant auprès de l’oncle de la compagne de l’idole vénérée par toute l’Italie, Giuseppe Verdi, Francesco Strepponi au Conservatoire de Milan. Puis elle poursuivra avec Mazzucato, compositeur aujourd’hui oublié qui sera l’un de ses meilleurs soutiens. Comment une musicienne qui entend composer, passerait-elle, à cette époque et en Italie, à côté de l’opéra ? Il lui faudra pourtant lutter sans cesse pour arriver à faire entendre sa musique malgré des monceaux d’obstacles et de quolibets. Elle présente enfin <em>Ugo</em>, au Teatro Radagonda de Milan, en 1857 ; puis <em>Sofia</em> une dizaine d’années plus tard. Elle a la même conception du théâtre que son modèle Verdi, et elle veut en faire un art populaire. Comme on lui tourne le dos dans les théâtres, elle lève des fonds, aidée par Mazzucato, mais aussi Verdi et l’éditeur Ricordi, pour monter elle-même ses opéras, qu’elle dirige. En 1868, un Requiem lui est commandé à Turin pour l’anniversaire de la mort du roi Charles-Albert. Ce succès important ne suffira pas à lui ouvrir les portes des théâtres, mais Carlotta enseignera néanmoins à Bologne, où elle mourra en 1907. On ne trouve hélas pas d’extraits de ses opéras sur les plates formes, mais je vous propose cet air, tout à fait lyrique, sur un texte de Jacopo Vittorelli, qui sera mis en musique par d’autres compositeurs, dont un certain… Giuseppe Verdi, <em>Non t’accostare all’urna</em>.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/14fH1SzX5YA" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="8"><strong>Elfrida André, la combattante</strong></li>
</ol>
<p>Elfrida Andrée est née sur l’île suédoise de Gotland en 1841 où son père est médecin. Elle entame des études musicales auprès d’un des plus grands compositeurs du pays, Niels Gade. C’est l’orgue qui est son instrument de prédilection et elle veut en faire son métier. Seulement voilà, en Suède à cette époque, impossible de devenir organiste professionnelle lorsqu’on est une femme. Elfrida obtient quand même son diplôme mais doit faire face à l’hostilité de l’Eglise suédoise lorsqu’il s’agit de lui donner un poste, en l’occurrence celui de second organiste de l’église Saint-Jacques de Stockholm. Puisque les rétrogrades veulent la guerre, elle va la leur faire. Elle se bat pour faire adopter une loi en 1861, alors qu’elle a à peine 20 ans, pour mettre fin à cette situation. Victorieuse, elle est dans la foulée nommée organiste à la Congrégation finlandaise de la capitale suédoise, puis à l’église réformée française de la ville. Ce ne sera pas son seul combat : les femmes ne peuvent pas exercer un certain nombre de métiers ? Elle se battra pour elles et gagnera à chaque fois, quitte à être la toute première à exercer ledit métier, quitte à ce que ce soit comme… télégraphiste (elle sera la première en Suède).  En 1897, elle devient la première cheffe d’orchestre professionnelle de Suède et dirigera 800 concerts pendant les 30 ans qui suivent jusqu’à sa mort en 1929. Parmi sa centaine d’œuvres figure un opéra, <em>Fritiofs saga</em>, d’après l’œuvre de Selma Lagerlöf, dont voici le prélude, intégré dans la suite d’orchestre tirée ensuite de cette partition.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/z0on-ZiwPjo" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="9"><strong>Augusta Holmès, l’indépendante </strong></li>
</ol>
<p>Si on dit qu’Alfred de Vigny, son parrain, était son père biologique, ce qui est certain c’est qu’Augusta Holmès (1847-1903) avait une mère qui ne supportait pas la musique… Elle interdisait jusqu’à la présence d’un piano dans leur logement. C’est d’ailleurs pour cela qu’Augusta étudiera la peinture et non la musique, du moins, jusqu’ à la mort de sa mère, en 1858. C’est alors comme si on lâchait un ressort : en peu de temps, Augusta devient une virtuose du piano et rencontre au fil des ans le tout Paris musical, et notamment Saint-Saëns, qui la demandera plus tard en mariage – en vain – et qui restera l’ami d’une vie. Elle apprend la composition auprès de César Franck, lui aussi très fasciné par la jeune femme, et se met à écrire de nombreuses partitions. Elle laisse ainsi une œuvre abondante dans tous les genres, notamment plusieurs poèmes symphoniques, forme alors en vogue à la suite de Liszt et de son ami Saint-Saëns. Elle ne comprend que trop bien le handicap que constitue le fait d’être une femme pour pouvoir ne serait-ce que publier ses œuvres. Comme George Sand, elle prend donc un pseudonyme masculin, Hermann Zenta. D’origine anglo-irlandaise, elle est naturalisée française après la guerre de 1870 et ses œuvres sont alors créées sous son vrai nom. La compositrice affiche plus que jamais une indépendance farouche et entend faire ce qui lui plaît sur le plan musical, d’autant qu’elle en a les moyens. Mais, fait nouveau, aux yeux de ses nombreux détracteurs, le fait qu’on trouve sa musique « wagnérienne » (elle admire beaucoup Wagner, qu’elle rencontrera) prend le pas sur le fait qu’elle soit une femme… Cela conduira irrémédiablement à l’échec de l’un de ses opéras les plus ambitieux, qui est dans le même temps son dernier : <em>La Montagne noire</em> (1895). Elle écrira elle-même 5 autres livrets d’opéras. L’œuvre d’Augusta Holmès a été abondamment enregistrée, bien qu’elle soit fort rare au concert. Ce n’est hélas pas le cas de ses 4 opéras. Mais <em>l’Ouverture pour une comédie</em>, qui a beaucoup fait pour sa renommée, donne une petite idée de son style, dont Reynaldo Hahn dira : « Holmès osa tous les abandons, toutes les agonies…. Ce don de l’accent populaire, peu de musiciens l’ont eu à l’égal d’Holmès, et c’est à lui qu’elle devra l’immortalité véritable. ». Espérons le encore.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/lldv3-wW3k8" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="10"><strong>Ethel Smyth, l’infatigable</strong></li>
</ol>
<p>Point commun avec Augusta Holmès, outre son ascendance franco-britannique, Ethel Smyth (1858-1944) se voit interdire par ses parents de faire de la musique et plus encore de composer, alors que c’est précisément ce qu’elle a l’intention de faire, dès son adolescence. Son général de père ne veut pas que ses huit enfants deviennent des saltimbanques. Mais à 19 ans, elle quitte le foyer familial et l’Angleterre pour entrer au Conservatoire de Leipzig, où elle est la première femme élève. Son professeur est un musicien très expérimenté, Carl Reinecke, et elle bénéficie des conseils de Brahms. De passage à Leipzig et l’entendant jouer l’une de ses propres œuvres, Tchaïkovski se montre enthousiaste et encourageant. À son retour en Angleterre, en 1890, elle s’est fait un nom et reçoit des commandes officielles. C’est pour elle un véritable âge d’or artistique, durant lequel elle écrit plusieurs opéras, dont les plus importants sont <em>La Forêt</em> (1902), qui sera repris jusqu’au Met et <em>The Wreckers</em> (Les Naufrageurs) qu’elle monte avec le soutien du très riche Thomas Beecham. C’est à peu près à ce moment là qu’elle épouse la cause des Sufragettes, pour lesquelles elle écrit un hymne, <em>The march of the women</em>. Condamnée pout avoir cassé la vitre d’un ministre lors d’une manifestation, elle est emprisonnée avec plusieurs de ses camarades. Cela ne l’empêchera ni de s’engager comme infirmière pendant la guerre, ni de devenir plus tard Commandeur de l’ordre de l’Empire britannique. <em>The Wreckers</em>, créé à Monte-Carlo, est sans doute le plus remarquable de ses partitions lyriques et on y retrouve le souffle caractéristique de son style.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QxmZsf-gx8A" width="560"></iframe></p>
<p><em>Et en bonus :</em></p>
<ol>
<li value="11"><strong>Germaine Taillefferre, la prolifique</strong></li>
</ol>
<p>Peu à peu, on entend enfin parler à nouveau de cette compositrice au catalogue impressionnant et qui fut la seule femme du fameux groupe des Six, groupe d’amis aux styles si divers et qui travailleront si peu ensemble. Pour Germaine Taillefferre (1892-1981) aussi, le chemin de la musique a été semé d’embûches. Elle aussi, comme Holmès ou Smyth, a dû subir le refus catégorique de ses parents pour qu’elle se lance dans des études musicales. Son père jugeait même qu’entrer au Conservatoire ou faire le trottoir, c’était pareil… C’est donc en cachette que Germaine va y entrer, et avec la complicité de sa mère, finalement convaincue qu’il fallait la laisser faire. Lorsqu’il s’en aperçoit, son père devra se résoudre à l’évidence, mais refusera de financer. C’est le début d’une longue aventure durant laquelle Germaine Taillefferre ne cessera de travailler, tout en fréquentant assidûment les milieux artistiques parisiens qui la mèneront derrière Cocteau, jusqu’au groupe des Six. Même au cœur du XXe siècle, elle rencontrera des obstacles pour continuer à créer, puisque ses maris successifs vivent assez mal qu’elle poursuive ses activités. Elle n’en laissera pas moins des dizaines de partitions, dont la grande majorité est inédite et attend une redécouverte. Parmi elles, une demi-douzaine d’opéras, dont la série de 5 opéras de poche <em>Du style galant au style méchant</em>, dans lesquels Germaine Taillefferre rend hommage ou revisite divers styles, dont le baroque et le classique, qu’elle aime particulièrement, tout en montrant sa vie durant un éclectisme réjouissant. Voici par exemple quelques extraits de <em>La fille d’opéra</em>, qui n’a semble-t-il pas toujours fait le bonheur des candidats du bac musique il y a quelques années.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/x29hx_q1j14" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="12"><strong>Peggy Glanville-Hicks, la voyageuse</strong></li>
</ol>
<p>Australienne née à Melbourne en 1912, Peggy Glanville-Hicks poursuit ses études musicales au Royal College of Music à Londres, auprès de Ralph Vaughan Williams pour la composition ou Malcom Sargent pour la direction d’orchestre. Elle vivra ensuite aux Etats-Unis, où tout en composant, elle travaillera comme critique mais aussi comme directrice de la musique du Museum of Modern Art de New York. Peu après avoir obtenu la nationalité américaine, la voilà partie pour la Grèce, où elle vivra pendant 18 ans avant de revenir en Australie. Sa musique est elle-même très inspirée des voyages, des grands espaces, de l’océan. C’est d’ailleurs le cas d’un de ses principaux opéras, <em>Nausicaa</em>, <em>Sappho</em> ou encore <em>The transposed heads</em> (1954), court opéra en 6 scènes dont elle écrit le livret d’après l’œuvre de Thomas Mann et qui a pour cadre une légende hindoue. En voici la scène finale.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/psiN5vJI448" width="560"></iframe></p>
<ol>
<li value="13"><strong>Kaija Saariaho, la novatrice</strong></li>
</ol>
<p>Intéressée par la musique comme par la peinture, Kajia Saariaho, née en 1952 à Helsinki,  choisit néanmoins de devenir compositrice pour mieux trouver son propre mode d’expression artistique. Elle se perfectionne en Allemagne puis à l’IRCAM à Paris, notamment autour de la musique spectrale et électronique. Elle a écrit 4 opéras, mais son plus grand succès, public comme critique, est <em>L’Amour de loin</em>, sur un livret en français d’Amin Maalouf, opéra hors du temps, bien qu’il se déroule au Moyen-Âge, à l’atmosphère étrange et au langage original, couvert de prix lors de sa création en l’an 2000. Tout un symbole.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/BK_bq8_EtYA" width="560"></iframe></p>
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		<title>Le retour des Naufrageurs</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/le-retour-des-naufrageurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2015 14:05:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Elle rêvait de devenir la maîtresse de Virginia Woolf, mais celle-ci lui préféra toujours Vita Sackville West. Ethel Smyth (1858-1944) fut sans doute la première grande compositrice anglais. Suffragette, elle laisse notamment une « Marche des Femmes ». De ses quatre opéras, créés entre 1898 et 1916, le plus connu reste The Wreckers. Initialement écrit sur un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Elle rêvait de devenir la maîtresse de Virginia Woolf, mais celle-ci lui préféra toujours Vita Sackville West. Ethel Smyth (1858-1944) fut sans doute la première grande compositrice anglais. Suffragette, elle laisse notamment une « Marche des Femmes ». De ses quatre opéras, créés entre 1898 et 1916, le plus connu reste <em>The Wreckers</em>. Initialement écrit sur un livret en français,<em> Les Naufrageurs</em> n’intéressèrent aucun théâtre francophone, et c’est donc dans une traduction allemande que l’opéra fut créé, à Leipzig, en 1906 (Mahler envisagea un moment de le monter à Vienne), et la version anglaise vit le jour à Londres en 1909. Fidèle à sa politique artistique favorable aux raretés (voir <a href="http://www.forumopera.com/breve/lorestie-de-taneiev-premiere-integrale-hors-russie">brève du 23 juillet 2013</a>), le festival Bard Summerscape affiche pour sa treizième saison le chef-d’œuvre d’Ethel Smyth. Cinq représentations sont prévues les 24, 26, 29, 31 juillet et le 2 août, mais le festival s’étend du 25 juin au 16 août (renseignements <a href="http://fishercenter.bard.edu/summerscape/">sur le site de Bard Summerscape</a>).</p>
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