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	<title>B Records - label - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Wed, 09 Oct 2024 06:11:34 +0000</lastBuildDate>
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	<title>B Records - label - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Camille ERLANGER, La Sorcière</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/camille-erlanger-la-sorciere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Oct 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une découverte, sinon une révélation ! La réapparition d’un compositeur, Camille Erlanger, qui n’est qu’un nom, parcimonieusement et rarement cité, et d’un opéra, La Sorcière, jamais redonné depuis sa création. Portée à bout de bras par Guillaume Tourniaire, maître d’œuvre d’une version de concert donnée au Victoria Hall de Genève le 12 décembre 2023, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une découverte, sinon une révélation ! La réapparition d’un compositeur, Camille Erlanger, qui n’est qu’un nom, parcimonieusement et rarement cité, et d’un opéra, <em>La Sorcière</em>, jamais redonné depuis sa création. <br />Portée à bout de bras par <strong>Guillaume Tourniaire</strong>, maître d’œuvre d’une version de concert donnée au Victoria Hall de Genève le 12 décembre 2023, avec un <em>cast</em> de solistes aussi solide que nombreux (24 rôles), ainsi que l’Orchestre et le Chœur de la Haute Ecole de Musique de Genève.</p>
<p>Avec ces trois disques, enregistrés <em>live,</em> insérés dans un livre copieux, Tourniaire semble d’ailleurs en passe de devenir une manière de spécialiste d’Erlanger, dont le même automne 2023 il dirigeait <em>L’Aube rouge</em> au Wexford Festival Opera (WFO), où l’on entendait déjà <strong>Andreea Soare</strong>, interprète ici d’un rôle-titre plutôt exigeant. La vidéo en reste disponible en streaming. Rappelons qu’il y a quelques années, dans une démarche similaire, Tourniaire avait déjà ressuscité<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ascanio-honneur-aux-maitres-ciseleurs/"> <em>Ascanio</em> de Saint-Saëns</a>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="559" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-10-03-a-14.25.20-1024x559.png" alt="" class="wp-image-173956"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Andreea Soare, Guillaume Tourniaire © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p><em>La Sorcière</em> a été créé en 1912 à l’Opéra-Comique, dans des décors de Lucien Jusseaume (qui avait dessiné ceux de Pelléas), avec une distribution de premier ordre sous la baguette de François Ruhlmann : Marthe Chenal (l’une des grandes Tosca du moment) dans le rôle de Zoraya la sorcière, Léon Beyle (titulaire-maison de tous les grands rôles de ténor) dans celui d’Enrique, Jean Périer (le créateur de Pelléas) en cardinal Ximénés, avec la débutante Ninon Vallin en Manuela.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="759" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/1913_janvier_337_marthe_chenal-Copie.jpg-759x1024.jpg" alt="" class="wp-image-173955"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Marthe Chenal dans la Sorcière</sub></figcaption></figure>


<p>Le livret reprend une pièce de Victorien Sardou (1903), conçue pour Sarah Bernhardt (comme Cléopâtre, Fedora<em>, Theodora</em>, <em>Tosca</em>, qu’il écrivit aussi pour elle). Il répond aux attentes du public de l’Opéra-Comique. André Sardou, fils de Victorien, se charge de l’adaptation et combine, selon des recettes éprouvées, l’exotique, le pittoresque, et les scènes obligées, duos amoureux, procès, bûcher. <em>Le Trouvère</em> ou <em>Carmen</em> ne fonctionnaient pas autrement.</p>
<h4><strong>Deux ou trois choses sur Camille Erlanger, pour mémoire…</strong></h4>
<p>Soit goût personnel, soit adaptation au style de la maison, Camille Erlanger cultive avec constance la veine pittoresco-dépaysante. Élève en composition de Léo Delibes au Conservatoire, il remporte le premier grand prix de Rome en 1888, devançant Paul Dukas, avec sa cantate <em>Velléda</em>. On sait peu de choses de sa vie personnelle, sinon que, né d’une famille de commerçants juifs (et l’Action Française s’en souviendra pour dire beaucoup de mal de sa musique), il épouse Irène Hillel-Manoach, allié à la famille Camondo (ils ont un fils, Philippe Erlanger (1903-1989), futur auteur de biographies à succès).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="771" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Erlanger-par-Capiello-3-1024x771.jpeg" alt="" class="wp-image-173966"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Erlanger (à gauche) avec Catulle Mendès, par Capiello</sub></figcaption></figure>


<p>La notoriété lui vient avec <em>Saint-Julien l’hospitalier</em>, légende dramatique d’après Flaubert. Une suite symphonique, <em>La Chasse fantastique</em>, en est tirée en 1894. Donnée en concert lors d’un festival Berlioz, elle sera tancée vertement par un de nos excellents collègues («&nbsp;musique exaltée, démonstrative, mais qui sent l’artifice&nbsp;»)… <br>Ce sera la seule mention dans les pages de <em>ForumOpera</em> d’une de ses œuvres. Son nom sera parfois cité, parmi ceux de Xavier Leroux (soit dit en passant auteur de la musique de scène pour la pièce de Sardou au théâtre Sarah-Bernhardt), Georges Hüe, Henry Février, ou ceux, moins délaissés par la postérité, de Gustave Charpentier ou Alfred Bruneau, tous grands fournisseurs de l’Opéra-Comique et parfois du Palais Garnier.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="765" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Scene-de-La-Sorciere-Erlanger-acte-I-1024x765.jpg" alt="" class="wp-image-173967"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Décor du 1er acte à la création par Jusseaume</sub></figcaption></figure>


<p>À la salle Favart Erlanger donne <em>Kermaria</em> (1897), drame breton, <em>Aphrodite</em> (1906) d’après Pierre Louÿs (thème émoustillant et succès public), <em>Le Juif polonais</em> (1900), d’après Erckmann-Chatrian, sa plus durable réussite, épisodiquement reprise jusque dans les années trente). <br><em>Le Fils de l’Etoile</em> (1904), sur un livret de Catulle Mendès, a les honneurs de Garnier. Cette fresque «&nbsp;d’un goût épico-wagnérien&nbsp;» (dixit Jacques Tchamkerten, dans le livret du présent album) évoque un soulèvement des Hébreux contre l’empereur Hadrien. Un <em>Bacchus triomphant</em>, créé à Bordeaux en 1909, célèbre la vigne et le vin. <em>L’Aube rouge</em> (Rouen, 1911) met en scène les milieux nihilistes russes. <em>Hannele</em>, d’après Gerhardt Hauptmann, terminé en 1913, ne pourra être créé (un auteur allemand, ce n’est pas le moment) et devra attendre Strasbourg en 1950.</p>
<h4><strong>Un travail d’édition aussi exemplaire que l’interprétation</strong></h4>
<p>Faut-!l le dire, le livret de cette <em>Sorcière</em> est d’un intérêt assez mince… Tout l’intérêt réside dans le traitement qu’en fait Erlanger. Évidemment anachronique, si l’on songe à <em>Pelléas</em> (1902), mais en somme proche des véristes italiens (certains critiques évoqueront Puccini, et sous leur plume ce ne sera pas un compliment).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="508" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-10-03-a-14.28.07-1024x508.png" alt="" class="wp-image-173958"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Andreea Soare, Guillaume Tourniaire, Carine Séchaye © C. Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>La scène est à Tolède en 1507. Don Enrique Palacios, capitaine des archers, doit arrêter la Mauresque Zoraya, coupable d’avoir enlevé le corps du Maure Kalem (lapidé pour avoir aimé une chrétienne). Elle l’embobine si bien qu’il tombe bien sûr amoureux d’elle. «&nbsp;Je donnerai des heures d’ivresse à celui qui bravera les flammes du bûcher pour celles que le soleil d’Afrique a coulées dans mes veines…», dit-elle dans un envol (?) lyrique. «&nbsp;Ce sera moi !&nbsp;» répond-il.</p>
<h4><strong>La version Erlanger du leitmotiv</strong></h4>
<p>Si le tutti orchestral du début semblera passablement tintamarresque (ce penchant aux débordements sonores sera tenu à grief par les détracteurs d’Erlanger), la scène d’ensemble à multiples personnages qui suit offrira à Tourniaire – dont le commentaire musical est l’un des grands attraits de cette édition (un travail exemplaire) –&nbsp;prétexte à débusquer un des traits de la manière d’Erlanger : son usage de « sujets musicaux », ses leitmotivs en somme. D’abord celui de l’accusation (une gamme chromatique descendante), puis celui de l’oppression (des triolets d’accords violents).</p>
<p>Puis tout s’apaisera et on entendra celui de Zoraya, apparaissant dans un rayon de lune en <em>ré</em> majeur, une flûte puis le violon solo déroulant son thème sur des arpèges de harpe.<br>Insensiblement viendra ensuite un frémissement des cordes, voluptueux comme du Massenet, induisant le motif du désir, aux harmonies fondantes, pour ne pas dire sucrées…. «&nbsp;Elle est belle&nbsp;», chantera alors Enrique, désormais captif.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="498" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-10-03-a-14.26.00-1024x498.png" alt="" class="wp-image-173957"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Guillaume Tourniaire, Jean-François Borras, Joe Bertili, Maxence Billemaz © C.Parodi</sup></figcaption></figure>


<p>Page charmeuse en effet, que ce premier duo, où <strong>Andreea Soare</strong> se joue des intervalles redoutables qu’Erlanger avait écrits pour Marthe Chenal. La barcarolle orientalisante («&nbsp;Dans ma demeure…&nbsp;») où elle évoque, dans une phrase aux lignes et aux modulations insinuantes, les herbes magiques dont elle connaît les secrets, amènera le thème de l’amour interdit avec son intervalle de neuvième mineure, ondulant sur un rythme de boléro.</p>
<h4><strong>Un couple idéal</strong></h4>
<p>C’est selon nous le deuxième acte qui contiendra les plus beaux moments. Un prélude «&nbsp;atmosphérique&nbsp;», aux sinuosités orientalisantes (on pense à <em>Antar</em> de Rimsky-Korsakov), des cloches au lointain, dignes du prélude du troisième acte de <em>Tosca</em>… Les talents de coloriste et d’orchestrateur d’Erlanger sont évidents, il joue des timbres (le cor anglais du thème du destin), d’harmonies changeantes, de mélodies qu’il n’étire jamais, de leitmotivs qu’il tuile subtilement, et d’un sensualisme très Art nouveau pour un duo des deux amants s’inscrivant dans la lignée de Gounod. <br>Sur les ondulations des cordes, le mariage est idéal entre les deux voix : le timbre chaud de <strong>Jean-François Borras</strong>, sa musicalité, ses phrasés de violoncelle et sa diction parfaite sont mis au service d’un rôle d’homme sensible, très original, fragile, introverti et celui d’Andreea Soare, aux mêmes couleurs fauves, se plie souplement lui aussi à l’écriture vocale singulière d’Erlanger : on a le sentiment qu’il écrit ici pour les voix comme il écrit pour les bois, en longues lignes fluides, sans effet, sinon l’exacerbation du désir qui monte irrésistiblement.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="688" height="502" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-10-03-a-14.28.52.png" alt="" class="wp-image-173959"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Eva Rubicek, Daria Novik, Andreea Soare © C. Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Changement de ton</strong></h4>
<p>Rebondissement parfaitement mélo, on apprendra bientôt que Enrique doit épouser (le jour même) la douce Joana, fille du gouverneur Padilla, l’ennemi juré des Maures….<br>Cette grosse ficelle nous vaudra un troisième acte avec l’incontournable scène de bal (et au passage un nouveau chœur brillamment écrit : après celui très syncopé des pauvres gens, celui des invités, à plusieurs voix aussi, sera d’une sensuelle élégance et mettra en valeur la qualité du <strong>Chœur de la HEM de Genève</strong>).</p>
<p>Mais surtout elle amènera un deuxième duo Zoraya-Enrique qui sollicitera toute la tessiture d’Andreea Soare, avec des sauts de notes considérables, dans une longue imprécation aux aigus exigeants, d’écriture très anguleuse. Puis le thème du désir, de retour, la conduira à une suave romance «&nbsp;avec un charme enveloppant et magique&nbsp;» (dixit Erlanger) : accords de treizième, harmonies capiteuses, on y entend toute l’originalité d’Erlanger et une inspiration qui dépasse le simple métier. Andreea Soare se prête avec brio aux exigences multiples du rôle (notamment ici à une note haute sans préparation, dont elle ne fait qu’une bouchée).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="788" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Scene-de-La-Sorciere-Erlanger-acte-IV-1024x788.jpg" alt="" class="wp-image-173968"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Décor de la scène du tribunal de l&rsquo;Inquisition (1912) par Jusseaume</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Comme un écho de Tosca</strong></h4>
<p>Tous les scénaristes américains vous le diront, rien de tel qu’une bonne scène de procès. Celle de l’acte IV sera particulièrement réussie. C’est Enrique qu’on juge. Il a trucidé d’un coup de dague l’envoyé du Saint-Office qui venait arrêter la sorcière.</p>
<p>Si le prélude en renoue avec les tonitruances du tout début et avec le thème de l’Inquisition, très vite le duo de barytons entre Padilla (rôle très court luxueusement distribué à <strong>Alexandre Duhamel</strong> et le cardinal Ximénès (<strong>Lionel Lhote</strong>, impressionnant) introduit une scène redoutablement efficace, éclairée par une extravagance : le témoignage d’Afrida, une sorcière un peu allumée, prétexte à un numéro de possession assez foutraque, émaillé de rires hystériques où <strong>Marie-Eve Munger</strong> peut délirer tout son saoul dans un brillant numéro «&nbsp;à effets&nbsp;». <br>Autre sorcière convoquée, Manuela (<strong>Sofie Garcia</strong>) accablera aussi Zoraya dans un monologue évoquant étonnamment l’air de Liu dans <em>Turandot</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="874" height="535" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-10-03-a-14.31.44.png" alt="" class="wp-image-173962"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Marie-Eve Munger © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>D’ailleurs c’est immanquablement au deuxième acte de <em>Tosca</em> que fera penser l’interrogatoire de Zoraya par un Ximénès ressemblant furieusement, y compris vocalement, à Scarpia. La violence de la scène se résoudra dans le lamento de Zoraya, «&nbsp;Toutes les douleurs de la défaite&nbsp;», qui est en somme son «&nbsp;Vissi d’arte&nbsp;». <br>Nouvel exemple de la puissance d’inspiration d’Erlanger, et de son âpreté parfois. Moment désolé, aux dissonances parfois grinçantes, où la voix s’entrelace au hautbois et au cor anglais, et culmine dans des imprécations (« Ici est l’Enfer ») où Andreea Soare est impressionnante d’engagement et d’intensité. Après un ultime thème d’amour au hautbois, Lionel Lhote lancera un monumental et glaçant « Nous la brûlerons après Vêpres ! »</p>
<p>La courte scène finale, celle du bûcher, s’éclairera encore d’une prière de Jean-François Borras décidément magnifique dans une de ces mélodies un peu hirsutes qu’ose Erlanger et d’un ultime monologue douloureux de Zoraya. Mais entre le <em>Dies Irae</em> de l’orchestre, l’intervention terrassante de l’orgue du Victoria Hall, l’éveil magique de Joana (<strong>Servane Brochard</strong>) que la sorcière avait plongée dans le sommeil, et l’empoisonnement des deux amants, Erlanger ne lésine pas sur les moyens…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="436" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Capture-decran-2024-10-03-a-14.34.43-1024x436.png" alt="" class="wp-image-173964"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>On l’a dit, <em>La Sorcière</em> n’a jamais été redonné à la scène. Un tel opéra pourrait-il l’être aujourd’hui, ce n’est pas sûr. Et sans doute, un enregistrement comme celui-ci effectué <em>live</em> avec l’adrénaline du <em>one shot</em> est-il le meilleur moyen de le ramener dans la lumière. D’autant que la prise de son, dans l’acoustique du Victoria Hall, malcommode aux effectifs pléthoriques, est excellente –&nbsp;les voix ne sont jamais couvertes, ce qui est méritoire dans cette configuration..<br>Surtout il est servi par un <em>cast</em> remarquable, jusqu’aux plus petits rôles, par un <strong>Orchestre de la HEM</strong> comme toujours excellent (homogénéité des cordes, beauté des vents –&nbsp;très sollicités par Erlanger), et surtout par la direction ardente, fluide et passionnée d’un Guillaume Tourniaire qui prend au sérieux cette musique.</p>
<p> Une musique dont Jacques Tchamkerten prophétise que notre époque saura peut-être lui trouver des qualités et une portée que les auditeurs de la Belle Epoque, qu’ils fussent enracinés dans la tradition Gounod-Massenet ou inscrits dans une modernité Debussy-Dukas, n’avaient pas été en mesure de discerner.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/camille-erlanger-la-sorciere/">Camille ERLANGER, La Sorcière</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>MESSAGER, Coups de roulis</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/messager-coups-de-roulis/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Sep 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En mars 2023 à l’Athénée, Coups de roulis mis à la sauce soap-opérette par Sol Espeche et Les Frivolités parisiennes cassait la baraque. «&#160;Un pur moment de bonheur&#160;» écrivions-nous à la sortie du théâtre, la dopamine stimulée par un spectacle sans temps mort, ni faiblesse. Réalisé dans des conditions sonores satisfaisantes, cet enregistrement public de &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En mars 2023 à l’Athénée, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/messager-coup-de-roulis-paris-athenee/"><em>Coups de roulis</em> mis à la sauce soap-opérette par <strong>Sol Espeche</strong> et Les Frivolités parisiennes</a> cassait la baraque. «&nbsp;Un pur moment de bonheur&nbsp;» écrivions-nous à la sortie du théâtre, la dopamine stimulée par un spectacle sans temps mort, ni faiblesse.</p>
<p>Réalisé dans des conditions sonores satisfaisantes, cet enregistrement public de la représentation du 17 mars offre une fluidité théâtrale que n’autorise pas toujours le studio. De la scène au disque, il y a cependant un fossé, visuel pour le moins, que le biais de positivité – la faculté du cerveau à embellir les souvenirs – rend difficile à combler. Si l’euphorie est en deçà, l’écoute ne contredit pas les impressions engrangées en salle. La diction des chanteurs est exemplaire, au point que l’on peut aisément se passer de la lecture simultanée des lyrics de Willemetz, reproduits intégralement dans le livret d’accompagnement. Les micros confirment l’adéquation des voix tant à leur rôle qu’à ce répertoire. La direction d’<strong>Alexandra Cravero </strong>à la tête des Frivolités parisiennes rend justice à l’orchestration raffinée d’une partition dont l’état du matériel existant, inutilisable comme souvent avec des ouvrages qui ne sont plus joués, a nécessité une nouvelle édition.</p>
<p>Reste le problème, non négligeable, des textes parlés auxquels se substitue une récitante, dans l’esprit feuilletonesque du spectacle. Utile lors de la première écoute pour qui ne connaît pas l’histoire (mais aisément pallié par la lecture de l’argument), ce «&nbsp;bon compromis pour permettre de suivre l’action sans avoir l’intégralité des dialogues&nbsp;» – dixit Mathieu Franot, le cofondateur des Frivolités Parisiennes – décourage une réécoute le plus souvent motivée par la musique. C’est là un des écueils de l’opérette enregistrée (et de l’opéra-comique). Bien que préjudiciable à l’intégrité de l’œuvre, la suppression desdits dialogues demeure la meilleure solution.</p>
<p>En dépit de cette réserve, voilà au sein d’une discographie famélique une alternative intéressante à la version dirigée par Marcel Cariven pour le label Musidisc en 1963. Nul ne s’en plaindra s’agissant d’un ouvrage injustement négligé par la postérité, le dernier de Messager, artefact de l’opérette en ses appâts les plus nobles, avant que le genre ne brûle ses dernières cartouches quelques décennies plus tard dans les grands spectacles du Châtelet.</p>
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		<item>
		<title>Marie-Laure Garnier, Chants nostalgiques</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/marie-laure-garnier-chants-nostalgiques-un-vrai-moment-de-grace-et-demotion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Jan 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Du goût de Marie-Laure Garnier pour le répertoire mélodique, nul ne saurait douter. La soprano française, révélation 2021 des Victoires de la musique classique, a intégré l&#8217;Académie Orsay-Royaumont en 2019. Là comme ailleurs, elle forme avec la pianiste Célia Oneto Bensaid sous le nom de Nitescence un duo de musique de chambre, auquel s’est adjoint &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Du goût de <strong>Marie-Laure Garnier</strong> pour le répertoire mélodique, nul ne saurait douter. La soprano française, révélation 2021 des Victoires de la musique classique, a intégré l&rsquo;Académie Orsay-Royaumont en 2019. Là comme ailleurs, elle forme avec la pianiste <strong>Célia Oneto Bensaid</strong> sous le nom de Nitescence un duo de musique de chambre, auquel s’est adjoint en mars 2022 le quatuor Hanson à l’occasion d’une résidence artistique au château de Kerbastic, siège de la Fondation Polignac-Kerjean.</p>
<p>« Célia est une chambriste de haut vol qui a le verbe au bout des doigts autant qu’au bout des lèvres. Le quatuor Hanson a l’expérience de l’accompagnement des voix.  C’est un bonheur pour une chanteuse de jouer avec des partenaires si sensibles, à l’écoute du texte et attentifs au fait de lui laisser l’espace nécessaire pour une réception optimale. », raconte Marie-Laure Garnier, « Le temps de résidence nous a permis d’aller encore plus loin dans notre travail, jusqu’à l’instant <em>live </em>où l’on joue avec un nouveau paramètre qu’est le public ».</p>
<p>Cet « instant <em>live</em> », capté par les micros de B Records, est à présent disponible en CD sous le titre de « Chants nostalgiques » – que Marie-Laure Garnier justifie par l’étymologie du mot « nostalgie », du grec <em>nostos</em> (le retour) et <em>algos</em> (la douleur), preuve selon elle d’une « complexité psychologique » que l’on retrouve dans les quatre pièces du programme.</p>
<p>A commencer par <em>La Bonne Chanson</em>, cycle de neuf mélodies d’après Verlaine, que Fauré instrumenta plus tard pour quintette à cordes et piano avant de juger cet arrangement « détestable et inutile ». Sans s’autoriser de tels adjectifs, il faut admettre que l’adjonction d’instruments accentue la complexité harmonique de pages si audacieuses que Saint-Saëns à leur écoute se serait écrié « Fauré est complètement fou ! ». Marie-Laure Garnier entre à tâtons dans l’œuvre. Si les duretés semblent imputables à la captation et au nécessaire échauffement de la voix, l’imprécision de la diction surprend s’agissant d’une chanteuse qui affirme avoir pour priorité absolue l’intelligibilité du texte.</p>
<p>Plus que Charlotte Sohy (1887-1955), compositrice redécouverte récemment, Ernest Chausson agit comme un révélateur. <em>Chanson perpétuelle</em> dans un premier temps, avantagée au contraire de précédemment par l’acuité douloureuse de la version pour piano et quatuor à cordes, où le mot devenu intelligible se charge de sens, où l’âcreté du timbre sert l’amertume du propos, où la ligne s’étire comme une cicatrice, où le récit suit son cours tortueux, blessé, bilieux, jusqu’au cri final, déchirant. Un même frisson anime <em>Le Poème de l’Amour et de la mer</em>. Le piano de Célia Oneto Bensaid dessine des vagues. Le lyrisme auquel parvient le quatuor Hanson pallie l’absence d’orchestre. De nouveau, la voix s’arrime aux vers, s’immerge – s’enchâsse – dans la musique, s’identifie au propos dont elle accuse chaque intention avec une sincérité et une pudeur qui touchent à l’envoutement, rendant tangible le témoignage de Marie-Laure Garnier : « nous avons vécu un vrai moment de grâce et d’émotion, avec ces quelques secondes suspendues, une qualité de silence avant les applaudissements, preuve que le public ne fut pas indifférent ». Tout comme nul ne restera insensible à cette enregistrement du chef d’œuvre de Chausson.</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/0RB1JqpCAQc" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
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		<title>Cole Porter in Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cole-porter-in-paris-easy-listening/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Nov 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Certains logiciels informatiques seraient-ils doués de prescience ? C’est dans le genre « easy listening » qu’iTunes range le dernier album des Frivolités Parisiennes : Cole Porter in Paris. Quel meilleur choix tant l’album s’écoute facilement ? Enregistrées live au Châtelet fin décembre 2021, vingt-et-une songs réunies par Christophe Mirambeau racontent le séjour en France dans les années 1920 du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Certains logiciels informatiques seraient-ils doués de prescience ? C’est dans le genre « easy listening » qu’iTunes range le dernier album des Frivolités Parisiennes : <em>Cole Porter in Paris</em>. Quel meilleur choix tant l’album s’écoute facilement ?</p>
<p>Enregistrées <em>live</em> au Châtelet fin décembre 2021, vingt-et-une <em>songs </em>réunies par <strong>Christophe Mirambeau</strong> racontent le séjour en France dans les années 1920 du célèbre compositeur américain de comédies musicales. Quelques <em>hits – </em>« I love Paris » évidemment – entrecoupés de dialogues et mis en scène formaient un spectacle que l’on imagine réjouissant. « 1918, <em>life is beautiful</em> et je suis à Paris ! », tout un programme. Transposé sur galette de polycarbonate, le show demeure distrayant en dépit de l’absence de fil narratif.  Cette musique, que l’on aurait tort de ne pas penser savante – Cole Porter étudia avec le compositeur Vincent d&rsquo;Indy, à la Schola Cantorum – respire une joie de vivre communicative. C’est que l’époque était encore belle.</p>
<p>L’orchestre des Frivolités Parisiennes swingue comme au temps du <em>Bœuf sur le toit</em>. Voix de comédie musicale – <strong>Yoni Amar</strong>, <strong>Leovanie Raid</strong> – côtoient sans complexe des chanteurs de formation lyrique – <strong>Marion Tassou</strong>, <strong>Richard Delestre</strong> –, ce qui peut déconcerter l’amateur d’opéra. « Ce projet marque aussi un tournant dans l’histoire de la compagnie puisque nous changeons légèrement de cap », expliquent <strong style="font-size: 14px;">Benjamin El Arbi </strong>et <strong style="font-size: 14px;">Mathieu Franot, </strong>les fondateurs des Frivolités Parisiennes, « on se dirige vers un style plus jazzy et swing, sans pour autant devenir un <em>big band </em>mais en élargissant nos horizons en termes de répertoire au-delà des opéras comiques ou opéras bouffes du XIXe siècle. Avec <em>Cole in Paris</em>, on s’installe dans le répertoire du premier XXe siècle, et on s’y sent bien ». <em>Coup de roulis</em> d’André Messager et <em>Ô mon bel inconnu</em> à l’Athénée cette saison devraient nous le confirmer.</p>
<p> </p>
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		<title>Ombres chimériques</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ombres-chimeriques-sortie-de-lombre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Sep 2022 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Infuser à un public élargi le goût de la mélodie et du lied. Former des duos chanteurs-pianistes à ce répertoire. L’Académie Orsay-Royaumont poursuit sa double mission pédagogique. Après Le promenoir des amants en 2019 et Carte postale en 2021, Ombres chimériques, un nouvel album enregistré live début 2022, présente les quatre duos – chanteur, pianiste &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Infuser à un public élargi le goût de la mélodie et du lied. Former des duos chanteurs-pianistes à ce répertoire. L’Académie Orsay-Royaumont poursuit sa double mission pédagogique. Après <em>Le promenoir des amants</em> en 2019 et <em><a href="https://www.forumopera.com/cd/carte-postale-je-vous-ecris-de-ma-petite-abbaye">Carte postale</a></em> en 2021, <em>Ombres chimériques</em>, un nouvel album enregistré <em>live </em>début 2022, présente les quatre duos – chanteur, pianiste – lauréats de la troisième promotion.</p>
<p>Gravée sur CD, l’entreprise demeure irrégulière. Programme métissé, de Fauré à Ullmann en passant par Viardot, Debussy et Mahler. Tessiture et personnalités contrastées : deux mezzo-sopranos – <strong>Florence Losseau</strong> et <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> – ; deux barytons – <strong>Gregory Feldmann</strong> et <strong>Liviu Holender</strong> – ; et leur pianiste – respectivement <strong>Eleonora Pertz</strong>, <strong>Nicolas Royez</strong>, <strong>Nathaniel Lanasa</strong>, <strong>Juliette Journaux</strong>.</p>
<p>L’écoute a tôt fait de s’apparenter à un banc d’essai dont les conclusions restent influencées par un certain nombre de paramètres personnels qui ne sauraient mettre en cause la valeur de chacun des binômes présentés. L’attrait immédiat, par exemple, du timbre de Liviu Holender, mâle, dense, riche comme la terre fertile sur laquelle poussent les épicéas en Forêt noire. Comme le disait la grande Duchesse de Gerolstein à propos des militaires, c’est beau un beau baryton. Martelés d’une main inflexible par Juliette Journaux, les quatre lieder extraits de <em>Des Knaben Wunderhorn</em> se fraient sans mal un chemin dans les broussailles de nos préférences.</p>
<p>Autre voix mémorable, Anne-Lise Polchlopek dont les <em>Trois Ballades de François Villon </em>dessinent un filigrane les Geneviève, Tasse chinoise et autres rôles maternels de l’opéra français que la jeune chanteuse devrait habiller d’une étoffe chaude de mohair et de soie.</p>
<p>Un bémol général cependant sur la prononciation du français dont la limpidité s’avère en deçà de ce que l’on peut attendre à l’issue d’une année de formation au répertoire mélodique.</p>
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		<title>Frivol&#039;s Club</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/frivols-club-laissez-vous-faire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rien qu’un baiser, Baratin, Irma la Douce, Simone est comme ça ou encore Lulu – non d’Alban Berg mais de Philippe Parès et Georges Van Parys. Autant d’opérettes et de comédies musicales oubliées qui témoignent d’années que l’on a dites folles. A raison. Sous l’influence américaine, le music-hall supplante le caf’ conc’ ; l’opérette se dévergonde ; &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Rien qu’un baiser, Baratin</em>, <em>Irma la Douce</em>, <em>Simone est comme ça</em> ou encore <em>Lulu </em>– non d’Alban Berg mais de Philippe Parès et Georges Van Parys. Autant d’opérettes et de comédies musicales oubliées qui témoignent d’années que l’on a dites folles. A raison.</p>
<p>Sous l’influence américaine, le music-hall supplante le caf’ conc’ ; l’opérette se dévergonde ; les rythmes se métissent. C’est dans ce Paris pétillant de l’entre-deux guerres que nous propulse Frivol’s Club, le nouvel album des Frivolités Parisiennes.</p>
<p>La compagnie, fondée en 2012 par <strong>Benjamin El Arbi</strong> et <strong>Mathieu Franot</strong>, continue de cultiver ses singularités, entre musique savante et jazz, entre salle de concert et cabaret, entre Richard Wagner et Moises Simons – compositeur, pianiste et chef d&rsquo;orchestre cubain, né à La Havane en 1889, mort à Madrid en 1945, auquel on doit le folâtre « Adieu Paris ! », extrait de l’opérette <em>Toi, c&rsquo;est moi</em> (1934).</p>
<p>Wagner ? Absolument. Au détour d’un couplet de <em>Je suis swing</em>, un titre chanté par Johnny Hess où pour la première fois fut employé le mot « Zazou », on respire l’accord de <em>Tristan</em> comme un parfum de tubéreuse dans une cave enfumée de Saint-Germain-des-Prés.</p>
<p>Ce n’est pas la seule surprise que réserve un programme conçu comme un concert, qui brasse allégrement dans le désordre tous les styles pour se conclure sur une version biguine de La Barcarolle des <em>Contes d’Hoffmann</em>. Avec son <em>J’ai deux amours</em> écrit en 1930 à l’intention de Joséphine Baker pour la revue <em>Paris qui remue</em>, Vincent Scotto coudoie Loulou Gasté, Henri Debs et Marguerite  Monnot dont la comédie musicale <em>Irma la douce</em>, créée en 1956 à Paris, connut un succès tel qu’elle traversa l’Atlantique pour être adaptée au cinéma par Billy Wilder.</p>
<p>La même année – 1956 –, Louis Prima faisait un tabac en réunissant <em>I Ain&rsquo;t Got Nobody</em>, une chanson de Spencer Williams, à <em>Just a gigolo</em>, à l&rsquo;origine un tango viennois daté de 1929, repris la même année en français par Damia, la « Tragédienne de la chanson », et réorchestré, comme tous les titres de l’album, au format de l’orchestre des Frivolités Parisiennes – quinze instrumentistes au total. Quel <em>melting-pot</em> !</p>
<p>Une joyeuse confusion règne aussi au sein des chanteurs, certains d’essence lyrique – <strong>Sandrine Buendia</strong> et <strong>Philippe Brocard</strong> –, d’autres non – <strong>Léovanie Raud</strong> et <strong>Vincent Heden</strong> –, mais tous dans le ton et l’esprit de textes qui aiment souvent jouer sur les mots – n’est-ce pas Monsieur le Duc ? De la bonne humeur, de l’électricité, une énergie positive qui circule d’un numéro à l’autre et surtout une manière d’appréhender chacun de ces titres avec un naturel réjouissant, sans en faire des tonnes &#8211; ce répertoire ne le supporterait pas. Loin des guerres de chapelles, des ayatollah de l’atonalisme et de la condescendance affichée par certains dès qu’il s’agit de musique légère, il suffit comme le chantait Suzy Delair dans <em>Atoll K </em>de se laisser faire, « vous n&rsquo; le r&rsquo;gretterez pas ! »</p>
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		<title>Carte Postale</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/carte-postale-je-vous-ecris-de-ma-petite-abbaye/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Feb 2021 05:03:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Du live et rien d’autre » : le principe fondateur du label B Records devait un jour ou l’autre motiver une collaboration avec l’Académie Orsay-Royaumont, créée en 2018 pour diffuser le répertoire de la mélodie et du lied auprès d’un public plus large. L’idée était aussi, au fil des éditions, de repérer et former des duos chanteurs-pianistes. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Du live et rien d’autre » : le principe fondateur du label B Records devait un jour ou l’autre motiver une collaboration avec l’Académie Orsay-Royaumont, créée en 2018 pour diffuser le répertoire de la mélodie et du lied auprès d’un public plus large. L’idée était aussi, au fil des éditions, de repérer et former des duos chanteurs-pianistes. En 2019, un enregistrement intitulé « Le promenoir des amants » donnait à entendre les lauréats de la première promotion. C’est sous le titre « carte postale » que se présentent au disque les binômes de l’édition suivante, enregistrés lors d’un concert à l’Abbaye de Royaumont en juillet 2020.</p>
<p>Conçu à la manière de quatre cartes de visite, le programme ne peut qu’être hétérogène. C’est là son moindre défaut. Il n’est pas toujours évident de passer sans transition d’un compositeur à l’autre, des brumes mystérieuses de « Nacht und Träume » composé par Schubert dans les années 1820 à la fantaisie goguenarde des <em>Chansons villageoises</em> mises en musique par Poulenc en 1942. Voilà qui peut décourager de réitérer l’écoute si l’on aime s’immerger dans un album comme on contemple un paysage d’un seul regard – ce que suppose l’usage du singulier dans le titre de l&rsquo;album.</p>
<p>Relever ensuite la complicité entre chanteur et pianiste s’apparente à un truisme. Il serait regrettable qu’à l’issue d’une année d’études conjointes encadrées par certains des plus « grands récitalistes de la scène internationale », le résultat ne soit pas audible. On aimerait d’ailleurs pour mesurer les bienfaits de la formation procéder à une écoute comparée de ces mêmes pages interprétées par ces mêmes artistes avant leur entrée à l’Académie.</p>
<p>Le reste est surtout affaire de goût. Il ne faudrait pas dans cette entreprise dissocier le chanteur du pianiste mais peut-on échapper à son tropisme lyrique ? On avoue avoir été davantage séduit par les voix masculines que féminines : le baryton de <strong>Fabian Langguth</strong>, si clair qu’il pourrait se prétendre ténor ; celui, plus timbré, de <strong>Michael Rakotoarivony</strong>, dont on a du mal à croire qu’il soit d’origine malgache tant son français coule de source. Au-delà de leur identité vocale, on aime du premier la lumière douce qu’il dépose sur les six Lieder extraits de <em>Schwanengesang</em>, et du second la manière vigoureuse d’empoigner les <em>Chansons villageoises</em> et d’en assumer les humeurs changeantes avant d’entonner les <em>Chansons de Don Quichotte à Dulcinée</em> . Là fait merveille ce naturel essentiel au genre mélodique – mais chez Ravel où le rythme est fondamental, plus encore que chez Poulenc, c’est d’abord la pianiste, <strong>Teodora Oprisor</strong>, qui conduit le récit.</p>
<p>Des quatre chanteurs, <strong>Victoire Bunel</strong> est peut-être celle dont le nom nous est le plus familier. Diplômée du CNSMDP, la mezzo-soprano faisait équipe avec Anne-Catherine Gillet en 2019 le temps d’un <a href="https://www.forumopera.com/instant-lyrique-anne-catherine-gillet-paris-elephant-paname-sur-le-fil">INSTANT LYRIQUE</a> délicieux. Se pose pour celle qui interprète ici des mélodies de Hahn, Chausson et Poulenc l’éternel dilemme du mélodiste : son ou sens, il faut choisir avec dans le cas présent, une préférence pour la beauté ronde des notes, dût le texte passer au second plan. Tout autre est l’approche expressive d’<strong>Elena Harsányi</strong>, dont on peut être apprécier dans Wolf et Schubert l’intensité rougeoyante de son soprano, ou pas.</p>
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		<title>La Belle Saison live. Schubert &#8211; Ellington</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-belle-saison-live-schubert-ellington-tout-est-dans-le-tiret/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Jun 2019 23:37:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que peut-on attendre d’un disque discrètement intitulé Schubert – Ellington ? Une opération de rapprochement, bien sûr, déjà assez inattendue en ce qu’elle juxtapose deux compositeurs que presque tout oppose. On croit donc découvrir un disque dont le programme sera divisé à parts égales entre des lieder du tout début du XIXe siècle et des songs &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Que peut-on attendre d’un disque discrètement intitulé <em>Schubert – Ellington </em>? Une opération de rapprochement, bien sûr, déjà assez inattendue en ce qu’elle juxtapose deux compositeurs que presque tout oppose. On croit donc découvrir un disque dont le programme sera divisé à parts égales entre des <em>lieder</em> du tout début du XIX<sup>e</sup> siècle et des <em>songs </em>du milieu du XX<sup>e</sup>, entre le classique et le jazz. Or, pas du tout. Loin de séparer les deux compositeurs, le tiret les unit bien plus profondément qu’on ne l’aurait soupçonné, puisque le CD immortalise des improvisations mêlant Schubert et Ellington, comme l’illustre clairement la première plage. On y entend d’abord « La Truite » avec accompagnement jazzy, la ligne vocale étant elle-même modifiée par endroits, puis vient « Caravan » de Duke Ellington, après quoi les deux œuvres se rencontrent, s’entremêlent et ne forment plus qu’un. C’est peut-être aussi le moment le plus radical du disque. Deux autres lieder de Schubert sont présents, ainsi que l’un de ses Impromptus, mais aucun d’eux ne subit le même traitement de choc. Sous le titre « Vers Gretchen » et « Vers Auf dem Wasser », ce sont encore des improvisations qui nous sont proposées, sans télescopage frontal avec un standard de jazz. De Duke Ellington, on trouvera ici « Take a Train », « It Dont’ Mean a Thing » et « Solitude ». Et il y a plusieurs autres compositeurs au rendez-vous, même si leur nom n’est pas mis en avant : Chostakovitch, Dusapin, et Dimitri Tiomkin, qui composa « Wild is the Wind » pour un film sorti en 1957. Des esthétiques très contrastées, donc, qui repoussent jusqu’à notre époque le cadre temporel des morceaux. Dans le discours sinueux de <em>Canto</em>, sur un texte du poète Giacomo Leopardi, on reconnaît bien l’esthétique de Pascal Dusapin ; la romance de Chostakovitch. Les chanteurs les plus divers ont su au fil des années s’approprier « Wild is the Wind ».</p>
<p><em>Schubert &#8211; Ellington</em> réunit quatre interprètes, les uns venus du classique (la soprano et le violoncelle), les autres venus du jazz (la clarinette et le piano). La plupart des arrangements et improvisations sont le fait de <strong>Guillaume de Chassy</strong>, le pianiste, mais certaines pièces affichent la responsabilité collective des quatre membres du groupe. Tout juste trois quarts d’heure de musique : la limite de l’exercice serait-elle atteinte ? Les morceaux s’enchaînent sans véritable sollicitation de continuité, avec parfois une « Réminiscence » au piano qui fait le pont d&rsquo;une pièce à l&rsquo;autre, les applaudissements conservés à la fin montrant bien qu’il s’agissait d’un concert public.</p>
<p>Evidemment, pour le lecteur de Forum Opéra, l’intérêt principal de ce disque sera la prestation de <strong>Karen Vourc’h</strong>. Après des débuts fracassants, marqués notamment par sa Mélisande à l’Opéra-Comique en 2010, et un disque Grieg-Sibelius-Debussy sorti la même année, la soprano française s’est peu à peu faite plus rare sur les scènes lyriques. Plus précisément, son répertoire s’est très nettement centré sur le XX<sup>e</sup> siècle et sur la création. Après le <em>Christophe Colomb </em>de Félicien David en 2014, Karen Vourc’h s’est pour ainsi dire spécialisée dans la musique contemporaine. On ne s’étonnera donc pas outre mesure de l’entendre au cœur de ce programme hors-norme, qui ne relève pas du simple <em>cross-over</em>, mais s’aventure dans des terrains plus audacieux.</p>
<p>De ce fait, la voix que l’on entend ici n’est pas vraiment celle d’une chanteuse d’opéra, et la soprano y révèle un style bien différent. Le jazz et la chanson n’ont pas du tout les mêmes exigences que Mozart et Verdi, que Karen Vourc’h chantait encore il y a quelques années. C’est dans « Gretchen am Spinrade » et « Auf dem Wasser zu singen », dont la ligne vocale n’a guète été bousculée, que l’on peut le mieux juger les qualités de la soprano. Même si l’on entend plus souvent « Marguerite au rouet » par des mezzos et que la légèreté de la voix surprend au départ, force est de dire ici que la justesse de certaines notes ne paraît pas très assurée et que les aigus sont un peu trop bas. Ce sont évidemment les aléas du direct, et comme l’ont expliqué les habitués de l’improvisation aux interprètes classiques, on ne refait pas une improvisation.</p>
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		<title>Poèmes d&#039;un jour</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/poemes-dun-jour-lexpressionniste-concret/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Mar 2019 06:21:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Loin, très loin de l’univers feutré et compassé des salons, Stéphane Degout nous entraîne sur des sentiers où la mélodie et le lied prennent tout à coup des proportions opératiques. Le procédé surprend toujours un peu lorsqu’il s’applique aux compositeurs français : l’idée de faire un sort à chaque mot n’est pas nouvelle, mais elle a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Loin, très loin de l’univers feutré et compassé des salons, <strong>Stéphane Degout</strong> nous entraîne sur des sentiers où la mélodie et le lied prennent tout à coup des proportions opératiques. Le procédé surprend toujours un peu lorsqu’il s’applique aux compositeurs français : l’idée de faire un sort à chaque mot n’est pas nouvelle, mais elle a peut-être surtout connu des adeptes dans le monde germanophone. Qu’aurait pensé Roland Barthes de ce Fauré expressionniste ? Quels commentaires lui auraient inspirés les voyelles très ouvertes, très nasales parfois, de Stéphane Degout ? Y aurait-il dénoncé une tendance à surjouer le texte, à rendre par trop concret un genre qui selon lui devait rester avant tout abstrait ? Peut-être faut-il au contraire se réjouir de ce vent qui, même s’il est un peu violent, balaye toutes les toiles d’araignée dont la mélodie française pourrait encore paraître couverte, par endroits ? Surtout chez le jeune Fauré des <em>Poèmes d’un jour</em>, composés en 1878, cet emportement paraîtra acceptable. « Automne » date de la même année, et « Aurore » n’est postérieur que de quelques années. Bien sûr, un Gérard Souzay n’éprouvait nul besoin d’y déployer une fougue aussi ostentatoire dans « Toujours », mais chaque artiste est libre de s’approprier les œuvres à sa manière, tant qu’il ne les dénature pas.</p>
<p>Cette manière – ce maniérisme ? – surprend un peu moins dès que le programme délaisse les rivages français. Passé les dix premières minutes, Brahms et Schumann règnent en maîtres. D’une part, et même chez Fauré, l’expressionnisme n’est pas uniformément de mise : Stéphane Degout est tout aussi capable de faire preuve de retenue et de douceur quand le poème à chanter lui semble l’exiger. D’autre part, faire sonner certains lieder de Schumann comme s’ils appartenaient à une époque plus proche de la nôtre, comme s’ils avaient été écrits par Mahler, voilà qui apporte un éclairage intéressant sur un compositeur déjà hors normes en son temps. Quant à Brahms, ce traitement a aussi pour avantage de réveiller le bel endormi, en soulignant son originalité.</p>
<p>Pour Schumann, c’est sinon un cycle, du moins un recueil entier qui a été retenu : les <em>Douze poèmes</em> opus 35, également appelés <em>Kerner-Lieder</em> puisque un seul auteur y est présent, Justinus Kerner, défendu et illustré par un compositeur de 30 ans, l’année de son mariage avec Clara Wieck. (Au passage, un regret : le label B Records a choisi de ne jamais reproduire le texte des lieder, ni leur traduction ; tout cela se trouve sur Internet, bien sûr.) La souffrance est le thème dominant dans la plupart des douze textes, et le baryton n’a pas à forcer le trait pour jouer les écorchés vifs et exhiber une douleur extravertie. Il n’hésite pas à recourir au falsetto, par exemple dans « Stirb, Lieb’ und Freud’ ».</p>
<p>Pour Brahms, il s’agit au contraire d’une sélection couvrant le dernier quart de siècle de la carrière du compositeur, de 1864 à 1888, soit essentiellement des lieder postérieurs au <em>Requiem allemand</em>, écrits une fois Brahms installé définitivement à Vienne. Dans ce florilège, on trouvera une large variété d’humeurs, du triste « Feldeinsamkeit » au sautillant « Willst du das ich geh ? ». Dans ce parcours, Stéphane Degout est parfaitement secondé par le pianiste <strong>Simon Lepper</strong>, toujours attentif mais jamais effacé. On précisera qu’il s’agit là d’un enregistrement réalisé <a href="https://www.forumopera.com/recital-stephane-degout-paris-athenee-surtout-ne-pas-se-reveiller">en public à Paris</a>, réalisé au cours d’une tournée ayant compté plusieurs étapes en France et à l’étranger.</p>
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		<title>Ascanio</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ascanio-honneur-aux-maitres-ciseleurs/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Dec 2018 06:23:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Est-ce le cadre Renaissance et la présence d’artistes parmi les personnages principaux, est-ce l’entrelacement de figures historiques à une intrigue amoureuse, est-ce le wagnérisme dont il fut inévitablement accusé ? Il y a dans Ascanio quelque chose qui fait de cet opéra de Saint-Saëns une sorte de Maîtres ciseleurs du Grand Nesle, une grande fresque où &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Est-ce le cadre Renaissance et la présence d’artistes parmi les personnages principaux, est-ce l’entrelacement de figures historiques à une intrigue amoureuse, est-ce le wagnérisme dont il fut inévitablement accusé ? Il y a dans <em>Ascanio</em> quelque chose qui fait de cet opéra de Saint-Saëns une sorte de <em>Maîtres ciseleurs du Grand Nesle</em>, une grande fresque où les scènes de foule alternent avec les moments intimes, où le badinage cohabite avec le sérieux. Comme dans le grand opéra à la française, dira-t-on. Sauf que pas mal d’eau avait coulé sous les ponts au cours du demi-siècle écoulé depuis la création des premiers chefs-d’œuvre de Meyerbeer. Loin de l’opéra à numéros, Saint-Saëns pratique l’arioso aux contours souples plutôt que l’air nettement découpé, arioso qui vient s’enchâsser dans un discours musical continu, où l’orchestre joue un rôle primordial. Et s’il y a du pastiche dans cette partition, c’est surtout dans le grand ballet du troisième acte (encore que, sous l’habillage « néo »), l’on y entende pas mal de formes typiques du XIX<sup>e</sup> siècle) : le reste du temps, on est frappé par l’inventivité de cette musique, bien davantage que par ses très discrètes références au passé. Tiré d’une pièce de théâtre elle-même inspirée par un roman de Dumas, le livret fleure bon son mélodrame à l’ancienne, mais sans une intrigue aussi conventionnelle, l’Opéra de Paris se serait-il risqué à assurer la création de cet opéra en cinq actes et sept tableaux (ou plutôt six, suite à des tripatouillages dont on va parler ci-après) ?</p>
<p>Et tant qu’à ressusciter ce genre d’œuvre, autant y aller à fond, en nous livrant le maximum de musique possible. Du vivant du compositeur, <em>Ascanio</em> fut toujours défiguré par des choix malheureux, amputé de nombreux passages, pour des raisons qui n’avaient rien de bien artistique : chanteurs fatigués ou indisponibles, spectateurs de marbre lors de la générale… Des fragments jugés superbes par les auditeurs les plus éclairés passèrent ainsi à la trappe. Heureusement, près d’un siècle après les dernières représentations parisiennes (au nombre de six, en 1921), il s’est trouvé de courageux interprètes et musicologues pour faire renaître ce phénix, ou même pour le faire naître, puisque l’œuvre n’avait jamais été donnée telle que Saint-Saëns l’avait écrite. Grâces leur soient rendues. Merci à <strong>Guillaume Tourniaire</strong> de s’être donné la peine de diriger une partition restée si longtemps endormie, et surtout de la diriger avec autant de raffinement et de conviction, à la tête du Chœur et Orchestre de la Haute Ecole de musique de Genève, complété – car les effectifs exigés sont imposants – par le chœur du Grand Théâtre de Genève. Rien n’aurait été pire pour <em>Ascanio</em> qu’une reprise timide ou brutale, et l’on espère qu’aussi admirablement servie, elle donnera des idées aux directeurs de théâtre.</p>
<p>Des idées, oui, mais aussi des moyens, car cet opéra requiert pas moins de six grands chanteurs. En 1890, à Paris, on avait mis le paquet : dans le rôle-titre, le ténor Cossira, qui serait peu après le premier Tristan entendu en Belgique et en France ; en Benvenuto Cellini, Lassalle, héros de tant de créations prestigieuses ; dans celui de Colombe, Emma Eames, alors applaudie en Juliette de Gounod ; en duchesse d’Etampes, une autre Américaine, Ada Adiny, future première Brünnhilde italienne ; dans le rôle de François I<sup>er</sup>, Pol Plançon, gloire internationale. Seul le personnage de Scozzone fut confié à tort à une soprano alors que le compositeur avait exigé une contralto. Pour le coup, <a href="https://www.forumopera.com/ascanio-geneve-revelation-dun-authentique-chef-doeuvre">en 2017, la Suisse avait aussi mis le paquet</a>, en recrutant – c’est de bonne guerre – quelques artistes helvètes qui se trouvent être aussi d’excellents chanteurs.</p>
<p>Atys en 2011, mozartien reconnu, <strong>Bernard Richter</strong> est un beau ténor, auquel on a pu jadis reprocher un excès de décibels, dans le baroque surtout. La musique du XIX<sup>e</sup> siècle, qu’il a relativement peu chantée, semble bien lui convenir, et sa diction superlative le destine à servir le répertoire français. <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong> vole de succès en succès : les riches couleurs de son timbre confèrent à Scozzone la sensualité que voulait Saint-Saëns pour ce personnage tragique, qui préfère sacrifier sa vie dès lors que son amour pour Cellini paraît voué à l’échec. Si <strong>Clémence Tilquin </strong>suscite quelques réserves, c’est parce que l’on souhaiterait une voix plus légère, moins mature, pour mieux coïncider avec l’héroïne angélique que doit être Colombe.</p>
<p>Du Québec viennent deux autres piliers de cette distribution. <strong>Karina Gauvin </strong>est une bonne surprise dans cette musique où elle eu jusqu’ici peu l’occasion de s’exprimer, et les amateurs de Haendel ne seront pas surpris d’apprendre qu’elle déploie ses sortilèges capiteux, même si, hélas, la clarté de la diction a tendance à se perdre dans les emportements de la duchesse d’Etampes. <strong>Jean-François Lapointe</strong> est aujourd’hui l’un des grands interprètes de l’opéra français du XIXe siècle, et l’on ne voit pas trop à qui l’on aurait pu confier un rôle aussi écrasant que celui de Cellini, qu’il empoigne avec cette énergie qui fait tout le prix de ses incarnations. <strong>Jean Teitgen</strong>, enfin, est là pour représenter notre pays, avec un François I<sup>er</sup> magistral, souverain tantôt amoureux avec sa duchesse, tantôt majestueux avec son « cousin » Charles-Quint. Autour d’eux gravitent une ribambelle de petits rôles, dont quelques voix encore un peu vertes, mais qui ne sauraient gâter l’effet d’ensemble.</p>
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