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	<title>Cascavelle - label - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Cascavelle - label - Forum Opéra</title>
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		<title>Hector Berlioz, Enregistrements inoubliables</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/hector-berlioz-enregistrements-inoubliables-lhector-davant-colin-et-davant-john-eliot/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Jul 2019 22:39:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avant le milieu des années 1960, date butoir à partir de laquelle les enregistrements musicaux ne sont plus libres de droits, quelle image d’Hector Berlioz l’industrie du disque offrait-elle ? Une image bien partielle, et bien différente de celle qui est aujoud’hui la nôtre. En cette année de commémoration, le label Cascavelle a choisi de réunir &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant le milieu des années 1960, date butoir à partir de laquelle les enregistrements musicaux ne sont plus libres de droits, quelle image d’Hector Berlioz l’industrie du disque offrait-elle ? Une image bien partielle, et bien différente de celle qui est aujoud’hui la nôtre. En cette année de commémoration, le label Cascavelle a choisi de réunir en un coffret la majeure partie des enregistrements qui permettaient avant 1964 d’écouter la musique de Berlioz. A une exception près – les sept minutes et demie que durent <em>La Marseillaise</em> dans l’orchestration Berlioz, gravées en 1988 et ici reproduites avec l’aimable autorisation du pianiste et chef Philippe Entremont – tous les témoignages rassemblés sur ces onze CD ont été mis en boîte entre 1950 et 1962.</p>
<p>Cela signifie donc d’abord quelques lacunes flagrantes, surtout dans le domaine lyrique. <em>Benvenuto Cellini</em> ? <em>Beatrice et Bénédict </em>?  Les premières intégrales en français, dirigées par Colin Davis et Antal Dorati, avec Josephine Veasey, sont des <em>lives </em>datant de 1963, et auraient donc peut-être pu être récupérées de justesse. Il faudra pourtant se contenter de leurs ouvertures, dirigées par <strong>André Cluytens</strong> en 1957. <em>Les Troyens</em> ? Sir Thomas Beecham en gravait une quasi intégrale dès 1947, mais avec un Enée à contre-emploi, donc rien à espérer en dehors d’extraits symphoniques de « Carthage » et de la mort de Didon, dans un coffret qui déclare offrir uniquement des versions « inoubliables » (cette partition-phare n’occupe même pas un CD entier).</p>
<p>On trouve en revanche les œuvre vocales reconnues de longue date, comme <em>La Damnation de Faust</em>, <em>Roméo et Juliette</em>, les <em>Nuits d’été</em> en version orchestrale, et même quelques titres alors plus rares, comme <em>L’Enfance du Christ</em>, le <em>Te Deum </em>ou le <em>Requiem</em>. Et si les Britanniques furent à l’avant-garde du combat berliozien, comme le montre ici la présence du Royal Philharmonic Orchestra dirigé par Beecham pour <em>Le Corsaire </em>ou <em>Harold en Italie</em>, la France ne négligeait pas complètement l’une de ses plus belles gloires nationales. Mais comme toujours, la <em>Symphonie fantastique</em> se taille la part du lion, avec deux versions confrontées ans le coffret Cascavelle (Monteux 1962 contre Münch 1960).</p>
<p>C’est le 25 juin 1950 qu’<strong>André Cluytens</strong> enregistra une première version de <em>L’Enfance du Christ</em>. Si la seconde, gravée quinze ans après et mieux connue, succombait en partie aux sirènes du chant international, celle que repropose ici Cascavelle est déclamée dans un français admirable qui rendrait un livret superflu. <strong>Michel Roux</strong> en Hérode n’est ni expressionniste ni marmoréen, mais simplement humain dans sa faiblesse. <strong>Jean Giraudeau</strong> met entièrement de côté ses habituels accents plébéiens pour composer un narrateur plein de pureté (admirable « O mon âme » conclusif). D’<strong>Hélène Bouvier</strong>, Dalila aux côtés de José Luccioni, on pouvait redouter une Vierge trop mûre, mais ce n’est absolument pas le cas, et elle parvient même à rendre acceptable certaines niaiseries du texte, comme le duo des agneaux où <strong>Louis Noguera </strong>lui donne une réplique fort adéquate. <strong>Henri Médus</strong> est un noble père de famille, et même les plus petits rôles ont été soignés. L’Orchestre de la Société des concerts du Conservatoire a lui aussi ces couleurs françaises aujourd’hui en partie perdues. Dommage que le chœur soit un peu trop relégué à l’arrière-plan par la prise de son.</p>
<p>Le 24 avril 1951, la grande <strong>Suzanne Danco</strong> enregistrait avec l’orchestre de Cincinnati une version des <em>Nuits d’été</em> qui allait être supplantée une douzaine d’années plus tard par celle de Régine Crespin. Quelle injustice ! Certes, <strong>Thor Johnson</strong> n’est pas Ernest Ansermet, mais il faut prêter l’oreille à la voix de la soprano belge, si différente de celle de notre compatriote, et qui peut d’abord sembler un peu pincée, un peu <em>fifties</em>. Cette élégance mozartienne possède un incomparable cachet, le timbre acidulé, qui fait merveille dans la Villanelle, semble se métamorphoser dès que l’on aborde les mélodies plus sombres, et la magie opère incontestablement dans « Au cimetière », par exemple.</p>
<p>Le 25 juin 1953, année où l’on commémora le 150<sup>e</sup> anniversaire de la naissance du compositeur, <strong>Charles Munch</strong> dirigea en concert un <em>Roméo et Juliette</em>. Captation en public, donc, et probablement repiquée d’après un 33-tours, mais on glissera sur la qualité du son pour savourer la nervosité de la direction, le timbre virginal d’<strong>Irma Kolassi</strong>, la gouaille de <strong>Joseph Peyron</strong>, qui ne messied pas, pour une fois, ou l’expressivité de <strong>Lucien Lovano</strong>, Frère Laurent que l’on a rarement entendu aussi impliqué, dans la véhémence comme dans l’extrême douceur (son « Voilà toute la vérité » chuchoté a des airs d’Arkel avant l’heure).</p>
<p>En 1955, Sir Thomas Beecham enregistrait un <em>Te Deum</em> dont la sonorité semble extrêmement lointaine. Les aigus du ténor <strong>Alexander Young</strong> sont un peu engorgés, et ce n’est pas cette version qui arrachera l’œuvre à la pompe dans laquelle elle paraît empêtrée.</p>
<p>Du 7 au 9 avril 1958, le <em>Requiem</em> fut enregistré en l’église Saint-Louis-des-Invalides par<strong> Hermann Scherchen</strong>, plus couramment associé à la musique du XX<sup>e</sup> siècle. Interprétation grandiose et pleine de ferveur malgré les voix d’abord un rien trémulantes des sopranos du chœur de la RTF. Nouveau sans faute pour Jean Giraudeau, qui sait se faire angélique à souhait pour le « Sanctus », avec une belle maîrise de la voix mixte.</p>
<p>La même année, dans les studios d’Abbey Road, <strong>Rita Gorr</strong> enregistrait les adieux de Didon à Carthage : à peine six minutes de musique, mais quelle leçon de chant ! Quelle époque, aussi, où aucune maison de disques n’eut le courage de programmer une intégrale des <em>Troyens</em>, alors que les interprètes existaient – on pense bien sûr à <strong>Régine Crespin</strong> qui dut se contenter d’extraits ou dont ne nous sont parvenus que quelques <em>lives</em> où cette Cassandre-Didon d’exception est égarée au milieu d’entourages indignes<em>.</em></p>
<p>La distribution réunie en 1962 pour <em>La Damnation de Faust</em> n’est hélas pas non plus tout à fait à la mesure de celle qui fut aussi une grande Marguerite. On retrouve le Méphistophélès clair mais insinuant de Michel Roux, également présent dans un <em>live</em> de l’année suivante, récemment <a href="https://www.forumopera.com/cd/la-damnation-de-faust-en-songe-je-lai-vu">réédité par le label Malibran</a>. <strong>Pierre Monteux</strong> est un chef berliozien plus exaltant que Jean Fournet, mais la prise de son n’avantage pas vraiment le London Symphony Orchestra, et son chœur modérément idiomatique paraît souvent épais. On passera sur la mollesse du Brander anonyme. Pour beaucoup d’auditeurs, la découverte sera le Faust d’<strong>André Turp</strong>, ténor canadien qui eut so heure de gloire dans les années 1960 et 1970 (on le connaît notamment pour sa participation au premier <em>Don Carlos</em> intégral, en 1976) : hélas, il ne livre ici qu’un chant générique, assez peu habité.</p>
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		<title>La Voix humaine / Une Éducation manquée</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/la-voix-humaine-une-education-manquee-double-incongru/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Dec 2018 11:10:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce DVD nous propose un bien curieux attelage : rien de commun en effet entre la tragédie moderne de Poulenc et la fantaisie de Chabrier, si ce n’est que les deux ouvrages étaient montés au Théâtre Impérial de Compiègne, respectivement pour le centenaire de la naissance du premier, et pour celui de la mort du second. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ce DVD nous propose un bien curieux attelage : rien de commun en effet entre la tragédie moderne de Poulenc et la fantaisie de Chabrier, si ce n’est que les deux ouvrages étaient montés au Théâtre Impérial de Compiègne, respectivement pour le centenaire de la naissance du premier, et pour celui de la mort du second. A la scène, Compiègne proposait d’ailleurs un autre couplage, avec <em>La Colombe</em> de Gounod. L’avantage du DVD, c’est toutefois que l’on n’est pas obligé de les écouter à la suite !</p>
<p>La composition d’<strong>Anne-Sophie Schmidt</strong> dans <em>La Voix humaine</em>, est tout bonnement remarquable. Le timbre manque un peu de séduction, de couleurs, mais la diction est exemplaire, la musicalité impeccable. L’attention et le soin apportés à ce chanté-parlé, l’accentuation d’une parfaite justesse, le naturel enfin, sont difficiles à atteindre par des chanteurs non francophones. Une interprétation méconnue qui gagnerait à être largement diffusée pour faire comprendre ce qu’idiomatique veut dire. Mal capté, l’orchestre nous laisse un peu sur notre faim, malgré une bonne direction de <strong>Jean-Pierre Tingaud</strong>. La mise en scène de <strong>Pierre Jourdan </strong>est simple et émouvante, très bien filmée par celui-ci.</p>
<p><em>Une Éducation manquée </em>de Chabrier est proposée dans une version arrangée par Darius Milhaud. On doit à celui-ci des récitatifs en remplacement des textes parlés (musicalement un peu en rupture par rapport au style bonhomme de Chabrier) ainsi qu’un air supplémentaire pour Hélène (plus adéquat), inspiré d’une mélodie inédite de Chabrier. Le Théâtre Français de la Musique de Pierre Jourdan a toujours affiché des ambitions musicologiques, bénéficiant de plus de l’incomparable expérience d’<strong>Irène Aïtoff</strong>, véritable mémoire du chant français. On regrettera toutefois que le rôle de Gontran, originellement dévolu à un soprano, soit ici confié à un ténor. On y gagne en crédibilité, mais ce n’est pas ce que l’on doit chercher ici. On y perd cette espèce d’évanescence de deux voix féminines se répondant l’une à l’autre et Gontran n’est plus cette espèce de variation sur le personnage de Chérubin. La mise en scène de <strong>Pierre Jourdan</strong> essaie d’accentuer le côté comique de l’ouvrage, avec une amusante simulation de film muet en ouverture, mais la page la plus drôle, le duo entre Gontran et Pausanias, tombe un peu à plat. Ces réserves posées, <strong>Franck Cassard </strong>est un Gontran bien chantant et amusant. <strong>Mary Saint-Palais </strong>est une Hélène délicieuse, au timbre un peu suranné et d’une remarquable musicalité. En Pausanias, <strong>Philippe Fourcade</strong> est efficace mais le chant manque un peu de rondeur. Malheureusement, la prise de son dessert cette sympathique équipe. Dans ce type d’ouvrage, il faut allier un débit rapide mais toujours compréhensible et un accompagnement orchestral vif, discret mais présent. Or nous entendons plutôt ici une bouillie sonore qui n’est certainement pas le fait de l’excellent <strong>Michel Swierczewski </strong>(nous étions dans la salle). Il faut espérer que les archives du théâtre ont conservé une meilleure prise de son dans leurs caves.</p>
<p>Un DVD bonus propose de retracer l&rsquo;histoire du théâtre au travers de quelques interviews, ainsi que de nombreux extraits de vingt spectacles proposés sous la direction de Pierre Jourdan.</p>
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		<title>Le Songe d&#039;une nuit d&#039;été</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-songe-dune-nuit-dete-javais-ecrit-sur-le-sable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Oct 2018 05:46:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Il y a deux espèces de musique, la bonne et la mauvaise. Et puis il y a la musique d’Ambroise Thomas », a dit un jour Emmanuel Chabrier. Le bon mot a été répété à l&#8217;envi, et fait aujourd&#8217;hui figure de jugement définitif. Venant d&#8217;un wagnérophile au tempérament provocateur, il est pourtant à prendre avec des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« Il y a deux espèces de musique, la bonne et la mauvaise. Et puis il y a la musique d’Ambroise Thomas », a dit un jour Emmanuel Chabrier. Le bon mot a été répété à l&rsquo;envi, et fait aujourd&rsquo;hui figure de jugement définitif. Venant d&rsquo;un wagnérophile au tempérament provocateur, il est pourtant à prendre avec des pincettes et n&rsquo;est pas sans injustice. Le lyricomane curieux cherchera sans doute à découvrir le compositeur au travers de son titre le plus connu et le plus joué, <em>Mignon. </em>Malheureusement, ce n&rsquo;est pas nécessairement l&rsquo;ouvrage le plus accessible au public actuel, qui le juge souvent un peu mièvre. Mais Thomas est aussi l&rsquo;auteur d&rsquo;un <em><a href="/video/un-jour-une-creation-9-mars-1868-hamlet-dambroise-thomas-agite-depuis-150-ans">Hamlet</a></em>, défendu au disque par Sherril Milnes et Joan Sutherland d&rsquo;une part, Thomas Hampson et June Anderson d&rsquo;autre part, <a href="/spectacle/chapeau-bas-a-stephane-degout">et qui fit les beaux soirs du Théâtre de la Monnaie il y a quelques années</a>. Voilà qui n&rsquo;est pas mal pour une musique vouée aux gémonies. Cet opéra semble d&rsquo;ailleurs <a href="https://www.forumopera.com/liste-spectacles/compositeur/thomas-ambroise-4371">retrouver le chemin des scènes</a> et les spectateurs parisiens auront à leur tour la chance de le redécouvrir salle Favart en décembre, avec les excellents Stéphane Degout et Sabine Devieilhe. Les spectateurs messins ont quant à eux eu la chance d&rsquo;entendre la rare <em>Françoise de Rimini,</em> dernier opéra du compositeur, également dans une veine dramatique.</p>
<p>Avec<em> </em><em>Le Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;été</em>, Thomas renouvelle son style, faisant mentir ceux qui l&rsquo;accusaient de n&rsquo;être qu&rsquo;un faiseur routinier. Il s&rsquo;agit ici d&rsquo;une comédie plaisante au livret étonnant. Le premier acte se passe dans une taverne où la reine Elizabeth a trouvé refuge avec sa suivante Olivia, après s&rsquo;être égarée. William Shakespeare en personne y est en train de faire la fête avec ses camarades. Elizabeth ne dévoile pas son identité et tente de convaincre le poète, qui n&rsquo;en a que faire, d&rsquo;être plus raisonnable. Quand celui-ci est ivre-mort,  elle ordonne à Sir John Falstaff, gouverneur de Richmond Palace, de transporter le dramaturge dans le parc voisin. Shakespeare se réveille dans une certaine confusion. La reine a pris l&rsquo;apparence d&rsquo;une muse et les sens du jeune homme s&rsquo;échauffent vite : pour sauver l&rsquo;honneur d&rsquo;Elizabeth, sa suivante va jusqu&rsquo;à se substituer à elle. Cela n&rsquo;est pas du goût de Latimer, le soupirant d&rsquo;Olivia, qui se croit trahi. Il provoque Shakespeare en duel. Latimer s&rsquo;effondre et, croyant l&rsquo;avoir tué, Shakespeare le jette dans la Tamise. La plus grande confusion règne d&rsquo;autant qu&rsquo;Olivia a accidentellement dévoilé l&rsquo;identité de la reine. De retour à Whitehall Palace, Elizabeth donne l&rsquo;ordre à Falstaff et à tous les acteurs de l&rsquo;imbroglio nocturne d&rsquo;oublier les événements. Ramené devant la reine, Shakespeare redevient ardent, convaincu de son amour. Celle-ci le repousse en lui expliquant que toute l&rsquo;aventure ne fut que le songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;été. « Le songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;été&#8230; », répète le dramaturge qui s&rsquo;imagine déjà attelé à un nouvel ouvrage&#8230;. L&rsquo;apothéose finale associe pour l&rsquo;éternité le poète national et la Reine d&rsquo;Angleterre. La musique de Thomas ne se départit pas d&rsquo;un certain académisme, mais elle est constamment enjouée, un brin savante pour ce genre si léger. L&rsquo;orchestration est soignée à défaut d&rsquo;être novatrice (on devra me croire sur parole car le son de cette captation n&rsquo;est pas à la hauteur du spectacle en salle). Ici, pas de mélodies faciles : l&rsquo;ouvrage se laisse plus facilement apprivoiser par une seconde écoute, même si la première séduit par son caractère de gaité française typique de cette époque. Le temps passe vite malgré quelques trois heures et quart de musique !</p>
<p>La distribution est une des meilleures réunies par le Théâtre Français de la Musique de Pierre Jourdan. <strong>Ghyslaine Raphanel</strong> est superbe, offrant sans effort apparent les coloratures de la reine Elizabeth. L&rsquo;Olivia de <strong>Cécile Besnard</strong> offre un timbre rond avec de beaux pianisssimi. Dramatiquement juste, <strong>Alain Gabriel</strong> trouve ici l&rsquo;un de ses meilleurs emplois. <strong>Jean-Philippe Courtis</strong> offre un Falstaff bonhomme, tout en rondeur, mais son n&rsquo;entendra pas cette fois <a href="https://youtu.be/gb2aoKtu9OI?t=39">les incroyables trilles de son grand air</a>. <strong>Franco</strong> <strong>Ferrazzi</strong> offre une belle voix de ténor léger et sa légère gaucherie scénique convient parfaitement au personnage. La basse <strong>Gilles Dubernet</strong>, à qui l&rsquo;on doit également de magnifiques décors très traditionnels (qui rappellent le <em>Falstaff</em> de Franco Zeffirelli) est impeccable vocalement et scéniquement. <strong>Michel Swierczewski</strong> dirige avec ardeur, métier et amour cette partition surprenante.</p>
<p>La production de <strong>Pierre Jourdan</strong> est on ne peut plus traditionnelle. Aux décors de Gilles Dubernet déjà cités, s&rsquo;ajoutent les somptueux costumes de la Royal Skakespeare Company. Tout ici flatte l&rsquo;oeil et les adeptes des relectures modernes grinceront des dents à juste titre (on est très loin de la production un brin déjantée de <em><a href="/dvd/noe-jouissif">Noé</a></em>, mais aussi de celle de <em><a href="/dvd/henry-viii-a-laube-de-la-renaissance-de-lopera-francais">Henry VIII</a></em>, classique mais très sobre). Le travail de Jourdan est ici essentiellement sur le jeu des acteurs, la fluidité des mouvements. Seule surprise, le clin d&rsquo;oeil final (dont nous ne dirons pas plus) qui déclenche les applaudissements jusqu&rsquo;à la conclusion de la musique. Enfin, la captation vidéo est bonne pour l&rsquo;époque. Ce <em>Songe d&rsquo;une nuit d&rsquo;été</em> restera comme l&rsquo;une des plus belles réussites du Théâtre Français de la Musique pendant cette période passionnante du Théâtre Impérial de Compiègne, éphémère comme les rêves. </p>
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		<title>Henry VIII</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/henry-viii-a-laube-de-la-renaissance-de-lopera-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Oct 2018 19:12:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Voulu par Napoléon III mais inachevé du fait de la défaite de 1870, le Théâtre Impérial de Compiègne, œuvre de Gabriel-Auguste Ancelet, dut attendre la fin des années 1980 pour être terminé par Renaud Bardon (connu comme co-responsable de la reconversion de la gare d’Orsay en musée). On devra cette résurrection à Pierre Jourdan qui, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Voulu par Napoléon III mais inachevé du fait de la défaite de 1870, le Théâtre Impérial de Compiègne, œuvre de Gabriel-Auguste Ancelet, dut attendre la fin des années 1980 pour être terminé par Renaud Bardon (connu comme co-responsable de la reconversion de la gare d’Orsay en musée). On devra cette résurrection à <strong>Pierre Jourdan</strong> qui, à partir de 1987 et au travers de l’association « Pour le Théâtre impérial de Compiègne » mène la campagne pour la restauration.  À la suite, il crée une autre association, « le Théâtre Français de la Musique », qui sera responsable de la programmation des spectacles. La salle est inaugurée le 21 septembre 1991 avec une rareté bien oubliée, le <em>Henry VIII</em> de Camille Saint-Saëns. Le pari est audacieux, car l’ouvrage est un peu aride, long (même si le ballet est coupé), moins séduisant à l’oreille que le classique <em>Samson et Dalila</em>. Saint-Saëns y fait un usage habile et discret des leitmotive, utilise quelques effets archaïsants pour donner une couleur « Renaissance » et renouvelle globalement le modèle en vogue du grand opéra. L’ouvrage est également politique : la loi sur le divorce sera en effet votée l’année suivant la création, en 1884 (et Saint-Saëns en profitera). A Compiègne, le spectacle est accueilli par un triomphe, auquel n’est tout de même pas indifférent la surprise de découvrir un superbe et vaste théâtre (la scène est aussi large que celle du Châtelet) et l’une des plus belles acoustiques qui soit. Et puis, il y avait un sacré cocktail !</p>
<p>Le rôle-titre est dévolu à <strong>Philippe Rouillon</strong> qui en a la prestance et l’autorité naturelle. La voix n’éprouve aucune difficulté à servir cette partition, l’émission est homogène, et la diction impeccable. L’air « Qui donc commande ? » au répertoire de quelques barytons curieux, a rarement été aussi bien servi. À ses côtés, <strong>Michelle Command</strong> est une Catherine d&rsquo;Aragon tout aussi remarquable vocalement (et encore plus impressionnante <em>in vivo</em>) qui transforme en morceau de bravoure la grande scène du Concile (« Rendez-moi l&rsquo;époux que j&rsquo;aime »). Malheureusement, et comme le reste de la distribution, la diction est peu claire. L’Anne de Boleyn de <strong>Lucile Vignon</strong> ne joue pas dans la même catégorie : les moyens sont insuffisants pour apporter le supplément d’âme et d&rsquo;énergie, attendu par exemple dans ses duos avec Catherine. Ce n’est pas le cas du Don Gomez de Feria d’<strong>Alain Gabriel</strong>, d’une prestance plus convaincante, mais malheureusement très fâché avec la justesse. Les seconds rôles sont globalement bien tenus.</p>
<p>Les <strong>Chœurs du Théâtre des Arts de Rouen</strong> sont vaillants à souhait. Sous la baguette professionnelle, à la fois énergique et attentive d’<strong>Alain Guingal</strong>, l’<strong>Orchestre Lyrique Français</strong>, créé semble-t-il pour l’occasion, est d’un bon niveau. La production de Pierre Jourdan est classique dans la forme, les scènes de foules étant un peu négligées. Pour mémoire, <a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/henry.htm">la production sera reprise à Barcelone pour Montserrat Caballé</a>. La captation vidéo accuse son âge, avec notamment un son de qualité moyenne.</p>
<p>Avec cet <em>Henry VIII</em>, Pierre Jourdan inaugurait une quinzaine d’années de programmation passionnante, à la découverte d’ouvrages lyriques français parfois rarissimes. Cette aventure devait s’achever brutalement lorsqu’en mai 2007, le Conseil général de l&rsquo;Oise, représenté par son responsable de la culture, arbitre de foot amateur, réduisit brutalement sa subvention (il se disait à l’époque qu’il s’agissait d’une punition envers la ville de Compiègne qui avait « mal voté »). Contraint d’annuler sa saison, Pierre Jourdan succomba rapidement à la maladie contre laquelle il luttait. Aujourd&rsquo;hui, seul l&rsquo;Opéra-comique a repris le flambeau de cette programmation ambitieuse.</p>
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		<title>Noé</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/noe-jouissif/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Oct 2018 19:52:23 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Jacques Fromental Halévy entre au Conservatoire de Paris à l’âge de sept ans. Particulièrement précoce, il commence à y donner des cours de solfège à sa quinzième année. Premier second prix de Rome en 1817, puis premier grand prix en 1819, il parcourt l’Italie, séjourne à Vienne et rencontre plusieurs fois Beethoven qu’il admire. Il &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Jacques Fromental Halévy entre au Conservatoire de Paris à l’âge de sept ans. Particulièrement précoce, il commence à y donner des cours de solfège à sa quinzième année. Premier second prix de Rome en 1817, puis premier grand prix en 1819, il parcourt l’Italie, séjourne à Vienne et rencontre plusieurs fois Beethoven qu’il admire. Il compose quelques ouvrages mineurs dont seul a survécu <em>Clari</em>, ouvrage rossinien créé par la Malibran mais de faible inspiration mélodique (<a href="/dvd/clari-quand-bartoli-celebre-la-malibran">il faut remercier Cecilia Bartoli de l’avoir défendu</a>). Son premier succès sera <em>La Juive</em>, triomphalement créée à l’Opéra de Paris en 1835, un an avant <em>Les Huguenots</em> de Giacomo Meyerbeer. Au total, il composera plus d’une trentaine d’ouvrages pour la scène, parmi lesquels <em>Guido et Ginevra</em>, <em>La Reine de Chypre</em> et <em>Charles</em> <em>VI </em>seront des succès, mais bien moins éclatants que son premier grand opéra. <em>Le Juif errant</em>, au contraire, est un échec. Parallèlement, Halévy n’abandonne jamais totalement l’enseignement. En 1853, il est à la tête de la classe de composition où il accueille un autre génie précoce, le jeune Georges Bizet : celui-ci a à peine quinze ans. <em>Noé</em> est la dernière de ses œuvres que son décès, le 17 mars 1862, laisse inachevée. Sept ans plus tard, Bizet épouse Geneviève Halévy, la fille du compositeur et entreprend d’achever l’ouvrage de son beau-père, mais décède sans le terminer. Un compositeur anonyme se chargera de le compléter, notamment pour le ballet, inspiré du <em>Djamileh</em> de Bizet. Faute de manuscrit, on ne connaîtra jamais la part de Bizet et d’Halévy, et les modifications apportées par le premier à la musique du second.</p>
<p>Avec une composition particulièrement chaotique, on pouvait craindre un ouvrage manquant totalement d’homogénéité. Il n’en est rien et l’ouvrage, sans être un chef-d’œuvre (mais combien y-en-a-t’il ?), est une vraie surprise. </p>
<p>Premier responsable de cette réussite, Hubert de Saint Georges, auteur d’un livret délirant et flamboyant, à la Gustave Le Rouge, où la dynamique prime sur la vraisemblance. Noé donne son titre à l’ouvrage, mais n’y a qu’un rôle mineur. Sarai, la femme de son fils aîné, Cham, se croit délaissée par son époux, sur la foi d’une voix qui lui murmure à l’oreille. De fait, Cham répudie Sarai sans explication. A l’acte II, l&rsquo;Ange Ituriel, bravant la colère divine, vient déclarer son amour à Sarai (on sait désormais de quel sexe sont les anges ; quoique&#8230;). Alors qu’elle lutte contre Ituriel, Cham fait son entrée avec sa nouvelle épouse, qu’il a volée à son propre frère. Sous le coup de ces émotions, Sarai cède à l’Ange. A l’acte III, Sarai épouse, sans grande conviction, son séducteur, et devient reine de la ville d&rsquo;Henoch.  Cham réapparaît. Il n’a pas reconnu Sarai et vient demander le secours de la reine pour récupérer sa fiancée qu’il s’est fait reprendre. Sarai se dévoile et les deux protagonistes se crachent mutuellement leur haine à la figure. Passons sur quelques péripéties annexes. Cham participe à la bacchanale d’Ituriel et sa cour, Sarai et la belle-sœur tentent de sauver Cham malgré lui, rien n’y fait. Apparition de Noé, malédictions diverses, destruction, drogue violence, sexe, météorite&#8230; Toute la sainte famille monte dans l’Arche et tous les autres meurent&#8230;</p>
<p>La partition offre un grand nombre de pages au diapason de l’intrigue, en particulier l’acte d’Henoch et la scène finale. Toutes les scènes d’Ituriel (rôle de ténor très aigu) sont passionnantes et originales.</p>
<p><strong>Pierre Jourdan</strong> était connu pour ses mises en scène de facture classique, très fines et théâtrales mais jamais disruptives. Après un premier acte un peu sage, il rejoint les auteurs dans leurs délires, culminant dans la scène d’Henoch, vision moderne d’un monde sans morale ni transcendance, tout entier consacré au culte des plaisirs. <a href="https://www.forumopera.com/v1/concerts/noe_compiegne.htm">Comme nous l’écrivions à l’époque de la création mondiale de l’ouvrage à Compiègne</a>, « Pierre Jourdan nous révèle la modernité insoupçonnée de ce livret : la condamnation d&rsquo;une société pourrissante, déréglée par la perte de ses valeurs fondamentales ». </p>
<p>La distribution est dominée par  le ténor <strong>Philippe Do</strong> parfaitement à l’aise avec la tessiture épouvantable de l’Ange.  Sur le papier, <strong>Anne-Sophie Schmidt </strong>n’est sans doute pas le Falcon attendu, mais son engagement vocal sans faille et son interprétation théâtrale remarquables emportent l’adhésion. <strong>Jean-Philippe Courtis</strong> a pour lui une bonne diction en Noé mais ses moyens sont bien diminués. <strong>Matthieu Lécroart</strong> est un Cham à la voix jeune et belle, à la diction exemplaire. Les autres rôles sont moins dotés vocalement mais parfaitement tenus. Quatorze ans après ce spectacle, le chef <strong>Emmanuel Calef </strong>(ancien élève de l’Ecole Polytechnique comme son illustre devancier Pierre Boulez) attend hélas toujours la notoriété que nous lui prédisions à l’époque. Sa direction est en tous points remarquable.</p>
<p>La technique vidéo est un peu ancienne, ce qui prive cet enregistrement d’une quatrième étoile.</p>
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