Callas ou les mystères de Naples

Les opéras napolitains de Rossini

Par Christophe Rizoud | lun 07 Mars 2011 | Imprimer
Ceux qui ont déjà entendu Armida interprétée par Maria Callas en 1952 à Florence comprendront le choix de Paul-André Demierre qui, à l’écoute de cet enregistrement, décida de consacrer son mémoire de licence et sa thèse de doctorat à Gioachino Rossini. Ce travail, que l’auteur qualifie lui-même « de longue haleine », a donné naissance au présent ouvrage, consacré aux neuf opéras napolitains de Rossini (parmi lesquels se range précisément Armida). Une fois de plus, force est de constater que la plus savante des thèses ne fait pas le meilleur des livres. Et ce, malgré l’estampille « Mélophiles », série de publications qui s’attache aux compositeurs peu traités par l’édition francophone et dont la mise en page se distingue par sa clarté (avec notamment, des notes positionnées dans la marge en regard du texte plutôt qu’en bas de page ou, pire, en fin de volume).
 
Comme souvent quand on recycle des textes à vocation universitaire, c’est la structure de l’ouvrage qui laisse à désirer. Divisé en quatre parties disjointes d’inégale longueur et d’inégal intérêt (la première est une introduction de trois pages, la deuxième reprend les synopsis des neuf opéras napolitains, la troisième tente de donner un aperçu des représentations lyriques au début du dix-neuvième siècle en suturant différents extraits d’articles de presse), le propos de l’auteur n’accroche vraiment qu’à partir du dernier chapitre, quand il aborde enfin les aspects musicaux et vocaux des œuvres étudiées. Encore l’analyse s’appuie-t-elle essentiellement sur trois des neufs ouvrages considérés : Armida, La Donna del Lago et Zelmira. Si Paul-André Demierre atteint alors bon an mal an son objectif - démontrer l’originalité des opéras napolitains de Rossini – on regrette qu’il n’analyse pas davantage les analogies, les influences et surtout les différences qui font de chacun de ces opéras des chefs d’œuvre à part entière. On sait pourtant que les neuf partitions composées par Rossini pour le San Carlo furent autant de champs d’expérimentation dont Semiramide, qui n’appartient pas à la série, représente une forme d’aboutissement. A défaut, on appréciera les considérations sur le chant et les chanteurs rossiniens, savamment documentées, et on profitera d’annexes – index, calendrier des représentations et surtout glossaire technique – qui, en la matière, peuvent faire référence.
 
Christophe Rizoud

 

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