C'est bientôt Noël

Les plus beaux Opéras du monde

Par Christophe Rizoud | mer 16 Octobre 2013 | Imprimer
 
 
C’est un livre de poids. Deux cent quarante pages d’un papier glacé, reliées à une couverture en carton épais. On l’ouvre comme on pénètre dans un sanctuaire, avec précaution et respect, en prenant garde d’avoir les mains propres pour ne pas laisser de traces sur une – ou, horreur, plusieurs ! – des 275 photographies de Guillaume de Labier qui illustrent en couleurs le texte d’Antoine Pecqueur.
A l’intérieur trente maisons d’opéras classées par ordre alphabétique, les plus belles du monde si l’on en croit le titre de l’ouvrage. Evidemment, le choix prête à discussion. Où sont Buenos Aires, Barcelone – le Liceu, tout de même ! –, Parme – non pas le Teatro Farnese, dont la présence est ici contestable, ne serait-ce que parce qu’il fut édifié en 1585 avant l’invention du genre opéra et accueillit peu de représentations lyriques, la dernière Falstaff en 2011 s’étant soldée par un échec acoustique, mais le Teatro Regio, l’une des scènes les plus prestigieuses d’Italie et la première en terre verdienne –, le délicieux Teatro Rossini à Pesaro, le Théâtre Royal de Wallonie à Liège, récemment modernisé et rendu à sa splendeur passée, l’Opéra de Gand et son enfilade de salles des fêtes dont la longueur atteint 90 mètres, et en France, ce joyau de style Art nouveau qu’est l’Opéra de Vichy. Et Nantes, Nancy et Strasbourg ? Et la Salle Favart ! Puisqu’on s’autorise le Théâtre de Chimay en Belgique parce qu’il servit de décor au film de Gérard Corbiau, Le Maître de musique, pourquoi pas L’Athénée à Paris, surnommée par ses admirateurs « Le Petit Garnier » qui accueille chaque saison des représentations lyriques ?
En examinant les trente édifices retenus, on se demande finalement quels critères ont présidé à la sélection. Bayreuth doit sans doute plus à son histoire qu’à la beauté intrinsèque de son architecture, de figurer dans la liste. D’ailleurs, Wagner n’a-t-il pas voulu son Festspielhaus sobre, volontairement dépourvu de décorations pour ne pas distraire le regard du spectateur ? Pouvait-on envisager de faire l’impasse sur La Scala, même s’il faut bien reconnaître que l’édifice, sévèrement endommagé par les bombardements alliés et hâtivement reconstruit – symbole national oblige – présente peu d’intérêts architecturaux et décoratifs. Bref, il faut accepter la subjectivité de la démarche pour apprécier ce voyage dans ces trente temples de l’art lyrique.
A la caméra, Guillaume de Labier privilégie l’intérieur à l’extérieur, pénètre parfois même dans la coulisse et use autant du grand angle que du zoom, offrant sur chaque salle à la fois un regard d’ensemble et de détail. Au micro, Antoine Pecqueur réussit en peu de mots, 4000 signes à vue de nez par opéra, à résumer l’histoire du bâtiment et de l’institution qu’il abrite. C’est trop peu pour instruire mais suffisant pour initier. Le propos de toute façon n’est pas de flatter l’esprit mais l’œil. Il s’agit aussi, quelques semaines avant les fêtes de fin d’année, d'offrir matière à garnir le pied du sapin. Avec trente des plus beaux opéras du monde, l’objectif ne peut qu'être atteint.
 
 
 

 

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