Ego sum qui sum

Numa Sadoul, 40 ans à l'opéra (Ego-dictionnaire de l'art lyrique)

Par Christophe Rizoud | lun 26 Mars 2018 | Imprimer

Tel Obélix, Numa Sadoul est « tombé dans le chaudron de l’opéra » à l’âge de dix ans. Depuis il n’a eu de cesse de se « couler dans ce monde enchanteur ». Apprenti-chanteur, conférencier, journaliste, metteur en scène, il a, en 40 ans de bons et loyaux services lyriques, cumulé interviews, notes et études compilées aujourd’hui dans ce que son éditeur (Dumane)  appelle un « égo-dictionnaire ».

Trois principaux affluents irriguent cet avatar de dictionnaire amoureux un rien foutraque : les analyses approfondies de chacun des ouvrages que Numa Sadoul a mis en scène (une petite dizaine – de Parsifal en 1977 à Lyon à La Flute enchantée en 2016 à Nice), un wagnérisme chevillé au corps, et une série d’entretiens avec des professionnels – de l’éclairagiste au chef d’orchestre – publiés en leur temps dans feu Opéra International sous forme de feuilleton intitulé « Les métiers de l’opéra »  (dont notre dossier sur le même sujet a pris aujourd’hui involontairement la relève). Ainsi ne s’offusquera-t-on pas du nombre de pages réservées à certaines entrées comparées à d’autres. Ego sum qui sum.

Avec ses opéras décortiqués longuement, vertèbre par vertèbre, Wagner se taille la part du lion. La méthode de lecture concentrique appliquée à chacun d’entre eux n’est pas seulement originale ; elle a le mérite de pénétrer le sujet en même temps qu’elle en explore chaque facette. Derrière l’analyse transparaît l’homme, inquiet, travailleur, frondeur, trop franc et honnête pour faire la carrière qu’il aurait voulue. Numa Sadoul ne mâche pas ses mots. Il sait qu’il en a payé le prix et l’avoue. Il dispose à présent du temps nécessaire pour recycler ses papiers.

Dans la mesure cependant où l’approche se veut opportuniste et subjective, pourquoi s’être contraint à intercaler entre des articles pensés et écrits, d’autres d’une platitude affligeante – Chausson – ou pire, de continuer de véhiculer des idées reçues que l’on croyait appartenir à une autre époque – quel paresseux et que farceur, ce Rossini ! L’égoïsme assumé et affiché de l’ouvrage se serait dispensé de cette concession à une impossible exhaustivité. Quand on aime, on ne compte pas et quand on aime moins, on n’en parle pas.

 

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