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	<title>Doctor Atomic - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Doctor Atomic - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Doctor Atomic</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/doctor-atomic-cest-de-la-bombe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 17 Aug 2018 15:44:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au risque de se répéter, il faut bien le redire : c’est miracle que John Adams parvienne encore à composer une musique d’une telle qualité malgré l’inconsistance des livrets que lui soumet Peter Sellars. Ces collages de citations sont si dénués de force dramatique qu’il ne faut pas s’étonner si les œuvres scéniques d’Adams ne produisent &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au risque de se répéter, il faut bien le redire : c’est miracle que John Adams parvienne encore à composer une musique d’une telle qualité malgré l’inconsistance des livrets que lui soumet Peter Sellars. Ces collages de citations sont si dénués de force dramatique qu’il ne faut pas s’étonner si les œuvres scéniques d’Adams ne produisent pas tout l’impact qu’elles pourraient avoir. Malgré tout, si <em>Doctor Atomic</em> – première mondiale à San Francisco en octobre 2005, création française <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/une-terrible-beaute-est-nee">à Strasbourg en mai 2014 </a>– a des chances de s’imposer aux côtés de <em>Nixon in China</em> et de <em>The Death of Klinghoffer</em>, c’est peut-être grâce aux scènes où, par bonheur, les protagonistes sont réunis en de véritables dialogues. Faire chanter aux personnages des poèmes empruntés ici et là, cela peut fonctionner pour introduire une pause dans le déroulement de l’intrigue, mais rarement davantage ; les premiers instants de <em>Doctor Atomic</em> pâtissent un peu de ce travers, mais par chance la scène 3 est portée par un souffle théâtral qui rend aussi la musique tout à coup bien plus mouvementée. Le deuxième acte, de longueur identique au premier, lui répond de manière assez symétrique, puisqu’il se termine comme l’opéra avait commencé, avec une ultime scène plongée dans un climat de relative torpeur, en évitant toute tentative trop réaliste d&rsquo;évocation sonore du premier essai atomique en juillet 1945.</p>
<p>Jusqu’ici, <em>Doctor Atomic</em> avait été particulièrement bien servi en vidéo, avec déjà deux DVD : chez Opus Arte, la production signée Peter Sellars pour la création mondiale, mais filmée en 2007 à Amsterdam ; <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/dvd/un-promethee-americain">chez Sony,</a> le spectacle commandé par le Met à Penny Woolcock en 2011. Autant le dire, ni l’un ni l’autre de ces deux spectacles n’avait en son temps totalement convaincu, l’œuvre s’avérant difficile à animer d’une authentique vie scénique, compte tenu des remarques formulées plus haut au sujet du livret. Peut-être finalement la version de concert est-elle un bon choix, et c’est à l’occasion d’une telle interprétation à Londres en 2017 qu’a pu être réalisé le disque publié par Nonesuch, label associé de longue date à John Adams. Les deux concerts d’avril 2017 ayant été immédiatement précédés d’une semaine d’enregistrement en studio, il est difficile de déterminer d’où vient exactement tout ce que l’on entend sur le disque. Contrairement aux deux DVD, c’est ici le compositeur en personne qui dirige l’orchestre et les chœurs de la BBC ; son récent passage à la Philharmonie de Paris <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/el-nino-paris-philharmonie-feliz-re-navidad">en décembre 2016, pour <em>El Ni</em><em>ño</em></a>, a montré que John Adams dirigeait fort bien ses propres œuvres. En l’absence de tout accompagnement visuel, la musique de <em>Doctor Atomic</em> se déploie ici avec toute la force d’une partition déjà « classique », au sens où elle semble s’être affranchie de toute mode pour exploiter toutes les ressources utilisables.</p>
<p>Une fois de plus, comme à la création en 2005 et comme pour les deux DVD disponibles, Robert Oppenheimer a ici la voix de <strong>Gerald Finley </strong>: douze ans après la première, bien des prises de rôle se sont ajoutées (Guillaume Tell, Hans Sachs…), mais sans que la voix du baryton canadien ne perde rien de sa souplesse élancée. Le personnage a trouvé son interprète d’élection, dont les couleurs contrastent parfaitement avec les deux autres grands rôles masculins. Avec le général Groves, le baryton <strong>Aubrey Allicock</strong> hérite d’un rôle dont les incursions dans les extrêmes de la tessiture rappellent un peu ce que John Adams faisait jadis chanter à son Mao ténor dans <em>Nixon in China</em> ; les aspects comiques du personnage, ici peu mis en évidence, ont peut-être besoin de la scène pour être plus sensibles. Inoubliable en Claggart dans <em>Billy Budd</em>, <strong>Brindley Sherratt </strong>confirme une fois de plus, dans le rôle de Teller, qu’il est l’une des meilleures basses britanniques du moment ; ce n’est pas un hasard s’il cumule cet été Ochs et Arkel au festival de Glyndebourne. En Wilson, <strong>Andrew Staples</strong> apporte le contraste de sa voix claire dans les deux scènes où il intervient. Du côté des voix féminines, <strong>Jennifer Johnston</strong> prête une belle densité à la servante Pasqualita. <strong>Julia Bullock</strong> s’avère assez idéale dans un rôle qu’elle chante d’ailleurs en ce moment à l’Opéra de Santa Fe et qui, sans atteindre la virtuosité hystérique de Madame Mao, n’en exige pas moins de brusque sauts vers l’aigu, qui ont dû rendre le rôle particulièrement difficile pour les mezzos qui s’y sont risquées. La soprano fait désormais partie de l&rsquo;équipe Adams-Sellars, puisqu&rsquo;on la retrouvera en février prochain à Amsterdam dans <em>Girls of the Golden West</em>​. </p>
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		<title>ADAMS, Doctor Atomic — Mulhouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/une-terrible-beaute-est-nee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 May 2014 20:44:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Avec John Adams, les sujets les plus graves de notre monde moderne sont devenus abordables à l’opéra : la guerre froide, le terrorisme, la bombe. Ces thèmes sont devenus matière à chant tout en restant matière à réflexion. Sans être austère pour autant, Doctor Atomic est une œuvre grave, qui invite le spectater à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Avec John Adams, les sujets les plus graves de notre monde moderne sont devenus abordables à l’opéra : la guerre froide, le terrorisme, la bombe. Ces thèmes sont devenus matière à chant tout en restant matière à réflexion. Sans être austère pour autant, <em>Doctor Atomic</em> est une œuvre grave, qui invite le spectater à s’interroger sur la notion de responsabilité humaine. Et confronté à de telles questions, peut-être même porté par elles, Adams relève le défi et crée une musique d’une « terrible beauté », pour citer W.B. Yeats. D’ailleurs, on cite beaucoup, dans cet opéra, ou plutôt dans ce texte, car le terme de livret convient-il vraiment à ce collage de citations empruntées aux sources les plus diverses (Baudelaire, la poétesse américaine Muriel Rukeyser, la Bhagavad Gita) ? On a ici affaire à une juxtaposition de discours, inspirés, certes, mais qui ne se rencontrent guère. Que toutes les œuvres lyriques de John Adams soient portées à la scène par Peter Sellars, très bien. Mais que le même Sellars se soit rapidement substitué à la librettiste des deux premiers opéras d’Adams, voilà qui est nettement moins bien. On s’en rend compte à un moment qui est aussi l’un des sommets (sinon le sommet) de la partition : juste avant le grand air – sur un sonnet de John Donne – qui conclut l’acte I, le général Groves soliloque sur sa gourmandise et ses régimes, comme si le grotesque s’imposait juste avant le sublime qui va suivre. On se rappelle alors qu’un ingrédient essentiel a disparu de l’œuvre de John Adams : l’humour. Dans <em>Nixon in China</em>, les instants de comique étaient nombreux, culminant avec la parodie d’opéra chinois du deuxième acte ; dans <em>The Death of Klinghoffer</em>, des passages ridiculisant une famille américaine moyenne furent supprimés après la création, car on leur reprochait de créer une rupture de ton, alors que c’est précisément là ce qui faisait le sel du livret d’Alice Goodman. Depuis que John Sellars conçoit les livrets d’Adams, il faut se contenter de ces assemblages de textes plus ou moins mystiques, d’où toute ironie est absente. Voilà une forme de minimalisme à laquelle on adhère à regret, contrairement au minimalisme musical que l’on continue à attribuer à Adams, même si cette étiquette n’a pas forcément grand sens.</p>
<p>			 </p>
<p>			C’est une terrible beauté que nous propose également la mise en scène de <strong>Lucinda Childs</strong>, dans ses premières minutes surtout. Le recours à la vidéo, qui fait danser sur les écrans la classification périodique des éléments et toutes sortes de chiffres et de symboles, cependant que l’on devine derrière un rideau la masse des choristes. On découvre ensuite une imposante structure métallique qui restera en place pendant tout le spectacle, de part et d’autre du « Gadget », nom de code donné à la bombe. Un plateau mobile vient se placer à l’avant-scène pour les moments d’intimité où apparaissent Kitty, l’épouse névrosée d’Oppenheimer, et sa nourrice indienne Pasqualita. Dans la mesure où l’action scénique est assez limitée (on parle du temps, qui passe ou qu’il fait, on évoque en termes sibyllins la catastrophe à venir), Lucinda Childs ne peut pas faire de miracles, et même les esquisses de ballet qu’elle s’autorise semblent presque incongrues alors que l’on prépare la destruction d’Hiroshima. Justement, à la toute fin de l’œuvre, le chœur reparaît en victimes muettes de la première bombe, cependant qu’une voix pose en japonais quelques questions désespérées. Inhabituel chez Adams, le recours à la sonorisation est un point à signaler, même si tout le monde n’aura pas la sévérité d’un Philippe Boesmans, qui déclarait : « « J’ai vu Docteur Atomic d’Adams mais j’ai regretté que tout soit amplifié, car les potentiomètres font tout et cela ressemble à un grand écran de cinéma, cela ne vibre pas ».<br />
			 </p>
<p>			D’autant qu’avec l’excellente distribution réunie par l’Opéra du Rhin, cela vibre. <strong>Dietrich Henschel</strong> a parfaitement fait sien le rôle de Robert Oppenheimer, après les interprétations de Gerald Finley à la création à San Francisco puis dans la production new-yorkaise. La cigarette au bec pendant presque tout le premier acte, il reste un héros très discret, à part lorsqu’il invoque la violence de Dieu à son encontre. Autour de lui, on remarque surtout le superbe timbre de basse de <strong>Robert Bork</strong>, particulièrement éloquent dans le rôle d’Edward Teller, et le ténor <strong>Marlin Miller</strong>, qui lui donne une très digne réplique. <strong>Peter Sidhom</strong>, l’Alberich du Ring de Bastille, paraît un peu moins affirmé en général Groves. Brian Bannatyne-Scott trouve un peu moins à utiliser son timbre profond ; quant à John Graham-Hall, pourtant habitué aux grands rôles britteniens, il joue ici les utilités et n’a presque rien à chanter. Les deux personnages féminins confirment le peu de goût de John Adams pour les voix de soprano : même si Patrick Davin affirme que « le rôle de Kitty est aussi étendu dans son ambitus que celui de Turandot » (c’est surtout au deuxième acte que cette affirmation se justifie), <strong>Anna Grevelius</strong> est une mezzo avant tout et campe une touchante anti-héroïne dépassée par les événements. On est d’abord stupéfait par les graves abyssaux de la mezzo lituanienne <strong>Jovita Vaskeviciute</strong>, qu’on aimerait entendre sans sonorisation pour en prendre plus authentiquement la mesure. Le chœur est impeccablement en place, d’une force impressionnante dans certaines interventions, étonnant dans les dernières minutes. Quant à l’Orchestre symphonique de Mulhouse, <strong>Patrick Davin</strong> lui impose une discipline de fer dans l’exécution de la partition adamsienne, mais le résultat est à la hauteur des espérances, et l’on peut dire que l’Opéra du Rhin a réussi cette création française.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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		<title>Doctor Atomic</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/un-promethee-americain/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Feb 2011 16:33:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Juin 1945 : nous sommes dans le laboratoire du projet Manhattan, à Los Alamos (Nouveau Mexique). Le travail de préparation de la bombe atomique (dite « le gadget ») touche à sa fin, et son concepteur, J. Robert Oppenheimer se pose avec juste raison des cas de conscience métaphysiques. La suite de l&#8217;action se déroule &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Juin 1945 : nous sommes dans le laboratoire du projet Manhattan, à Los Alamos (Nouveau Mexique). Le travail de préparation de la bombe atomique (dite « le gadget ») touche à sa fin, et son concepteur, J. Robert Oppenheimer se pose avec juste raison des cas de conscience métaphysiques. La suite de l&rsquo;action se déroule en alternance sur le lieu de l&rsquo;essai et dans la maison du savant, jusqu&rsquo;à l&rsquo;explosion de la première bombe atomique.</p>
<p> </p>
<p>Le livret de <strong>Peter Sellars </strong>(bien connu notamment pour ses mises en scène décalées des opéras de Mozart), est loin d’être aussi spectaculaire que son titre pourrait le laisser supposer (ce n’est pas <em>Docteur Folamour</em> !). La structure de l’œuvre, relativement éclatée, laisse la part belle aux réflexions personnelles de chacun. De ce fait, de longs silences, des scènes sans action se succèdent1. Et bien sûr, notre propre vision est faussée par rapport à celle des acteurs, puisque nous savons, nous, ce qui s’en est suivi : les essais ont réussi, et la bombe atomique a été utilisée par deux fois sur le Japon. De poèmes de Baudelaire à <em>La montagne magique</em> de Thomas Mann, en passant par les principes de la tribu de Pasqualita et ses forces tutélaires, le livret navigue sans cesse entre la reconstitution historique et une naïve bonne conscience très américaine. Fort heureusement, et c’est peut-être là la véritable force de l’œuvre, la prosodie – qui se situe entre Britten et Bernstein (<em>Trouble in Tahiti</em>) – est efficace, et les personnages tous attachants, si bien que l&rsquo;on prend intérêt à les suivre dans leurs actions et réflexions.</p>
<p> </p>
<p><strong>John Adams</strong>, venu tardivement à l’opéra, multiplie les succès dans ce domaine (<em>Nixon in China</em>, <em>The Death of Klinghoffer…</em>). Il utilise à la base une musique essentiellement minimaliste et répétitive dont il est redevable à Steve Reich et à Philip Glass qui l’a beaucoup inspiré. Accompagnée d’une orchestration foisonnante, sa musique crée une atmosphère hallucinée quand on est dans les pensées des protagonistes, plus naturelle voire même ordinaire quand on est dans la platitude des dialogues quotidiens. L’air qui termine l’acte I constitue l’un des sommets de la partition.</p>
<p> </p>
<p>Lors de sa création à San Francisco le 1er octobre 2005 dans une mise en scène de Peter Sellars, l’œuvre connut un succès mitigé. En octobre 2008, le Met décide de présenter <em>Doctor Atomic</em> dans une nouvelle mise en scène de Penny Woolcock, réalisatrice de films, avec une nouvelle fois Gerald Finley dans le rôle principal. C’est la captation du 8 novembre 2008, retransmise alors en direct dans de nombreuses salles de cinéma, qui vient d&rsquo;être éditée sur le présent DVD.</p>
<p> </p>
<p>La production scénique de <strong>Penny Woolcock</strong> est globalement intéressante. Le décor à transformations de <strong>Julian Crouch</strong> n’est ni révolutionnaire ni vraiment novateur, avec ses cases verticales et ses superposition des plans, mais est tout à fait efficace et bien adapté à l’œuvre, notamment dans la double scène du début du 2e acte, qui se passe à la fois chez les Oppenheimer et sur le site des essais. Les projections fixes et animées sont bien en situation, les costumes de <strong>Catherine Zuber </strong>fort seyants et les éclairages de <strong>Brian MacDevitt</strong> très soignés.</p>
<p> </p>
<p><strong>Gerald Finley</strong>, naturel, habité, parfois même illuminé, en tous cas concerné au plus haut point, marque ce rôle de son empreinte exceptionnelle, et réalise une étonnante osmose avec le personnage, notamment dans l’air de la fin du premier acte : « Frappe-moi le cœur, ô Dieu triple… ». La voix est belle, l’articulation absolument exemplaire et l’acteur excellent. D’ailleurs que dire de plus du reste de la troupe ? Tous ont été choisis pour leurs qualités vocales et scéniques parfaites, ainsi que pour leur adéquation aux rôles qu’ils interprètent. Citons tout particulièrement la soprano <strong>Sasha Cooke</strong>, parfaite Kitty, et la mezzo <strong>Meredith Arwady</strong>, remarquable Pasqualita. La direction d’<strong>Alan Gilbert</strong> brille par sa clarté et sa grande précision ; l’orchestre et les chœurs sont excellents.</p>
<p> </p>
<p>Il est un peu dommage que le film ne soit pas à la hauteur de la production scénique : trop de contreplongées lassantes, voire même fatigantes, donnant l’impression que l’on se tord le cou : les caméras dans la fosse devraient être bannies. De même, on regrette le manque d’originalité des cadrages (répétitifs), du montage (trop haché), et des gros plans (rarement en situation). Le son est plutôt bon, et la qualité de l’image haute définition excellente. Le livret de 16 pages est bien illustré, et les textes de présentation intéressants. On déplore qu’il soit uniquement en anglais ce qui, rappelons-le, est contraire aux lois européennes. Le coffret propose deux petits bonus en anglais non sous-titrés : « J. Robert Oppenheimer: In the Shadow of the Bomb » (durée 5 mn), et des interviews dans les coulisses de Gerald Finley et de John Adams par Susan Graham (durée 8 mn).</p>
<p> </p>
<p>Au total, un DVD qui constitue la meilleure introduction possible à cette œuvre forte.</p>
<p> </p>
<p><strong>Jean-Marcel Humbert</strong></p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>1  On ne peut s’empêcher de penser souvent à la longue attente qui précède la bataille d’Azincourt dans le film <em>Henri V</em> de Lawrence Olivier, dont le silence précède pareillement une action aussi violente que bruyante.</p>
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