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	<title>La gazzetta - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>La gazzetta - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, La gazzetta — Pesaro</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-gazzetta-pesaro-ca-se-passe-comme-ca-a-pesaro/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Aug 2022 09:09:55 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Un chanteur furieusement ovationné avant même la fin de son air – « Quando la fama altera » – pourtant loin de figurer dans la liste des tubes que l’on guette le poil en éveil, prêt à s’hérisser dès que la température musicale dépasse les moyennes coutumières. La scène se passe lors d’une représentation de <em>La gazetta</em> à Pesaro, Mecque du chant rossinien où des milliers de fidèles communient chaque année avec une ferveur renouvelée dans le même amour de l’art vocal porté à son incandescence. <strong>Giorgio Caoduro</strong>, l’auteur de ce triomphe, écume les planches depuis le début des années 2000. Mozart – un peu –, Donizetti – beaucoup –, Rossini – passionnément, voire à la folie lorsqu’il s’agit de multiplier les roulades à une vitesse vertigineuse sans jamais s’écarter de la note et de la ligne. Lucky Luke dans sa catégorie, le baryton vocalise plus vite que son ombre. Cette agilité à laquelle sa tessiture nous a peu habitués – et dont témoigne un album chez Glossa – s’accompagne d’une largeur confortable et, contrairement au <a href="https://www.forumopera.com/il-signor-bruschino-pesaro-deux-barbons-sont-dans-un-bateau"><em>Signor Bruschino</em></a> l’an passé, de la liberté expressive nécessaire pour transcender l’exploit technique. Filippo, aubergiste amoureux dans un opéra jugé secondaire – non sans raisons –, s’extirpe de la convention pour rejoindre la digne lignée des valets de cœur rossiniens, à quelques doubles croches de Figaro (<em>Le barbier de Séville</em>) et Dandini (<em>La Cenerentola</em>).</p>
<p>Ce succès n’éclipse en rien l’autre triomphateur de la soirée. <strong>Carlo Lepore</strong> trouve en Don Pomponio un de ces rôles de basse bouffe dans lesquels il excelle depuis une vingtaine d’année – débuts à Pesaro en 1996 puis dès 2000 un échantillon représentatif à une fréquence régulière des barbons du répertoire. Les fils d’argent aux tempes de la voix sont l’apanage reconnu d’une maturité épanouie. Ses cartes maîtresses ? La puissance, mieux la présence ; la vélocité qu’exige l’implacable débit syllabique, calqué sur la rapidité d’élocution de la langue italienne (en l&rsquo;occurence du dialecte napolitain) ; la dose d’autodérision nécessaire pour que le rire s’exerce au dépens du personnage et, au-delà, le travail sur le mot, l’art de la parole chantée dont l’excellence arrache au public une bordée d’applaudissements en cours de récitatif.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="332" src="/sites/default/files/styles/large/public/gaz3.jpg?itok=y0UQLDeI" title="© ROF / Amati Bacciardi" width="468" /><br />
	© ROF / Amati Bacciardi</p>
<p>Autour de ces deux piliers vocaux s’éploie la toile comique de l’œuvre avec sa flopée de personnages secondaires, plus ou moins utiles à l’intrigue mais prétextes à imbroglio et situations cocasses, de l’intrigant Monsù Traversen et du noble Anselmo, confiés aux voix prometteuses de <strong>Pablo Gálvez</strong> et <strong>d’Alejandro Baliñas</strong>, à Tommasino, le valet agaçant de Pomponio joué par <strong>Ernesto Lama</strong>, dont on ne dira rien puisque le rôle est muet. Comme <strong>Martiniana Antonie</strong> dans le rôle de Doralice, <strong>Andrea Niño</strong> en Madama la Rose a suffisamment de style et d’esprit pour tirer de son mezzo-soprano court et fruité les ficelles emberlificotées de l’histoire. En mal d’imagination, le soprano acidulé de <strong>Maria Grazia Schiava</strong> – capricieuse Lisetta – et le ténor enraidi de <strong>Pietro Adaíni</strong> – tendre Alberto – trouvent dans les nombreux ensembles plus que dans leurs airs l’occasion de se mettre en valeur.</p>
<p>D’une baguette assagie par sa longue expérience du buffo rossinien, de 1994 – <em>L’inganno felice</em> – à 2019 – <a href="https://www.forumopera.com/lequivoco-stravagante-pesaro-quand-le-rof-remplit-sa-mission"><em>L’equivoco stravagante</em></a> –, Carlo Rizzi règle avec une précision horlogère un mécanisme musical dont l’engrenage faible serait le coro del Teatro della fortuna si le nombre d’intervention chorale ne se comptait sur le doigt d’une main.</p>
<p>Datée de 2015, la mise en scène inoffensive de <strong>Marco Carniti</strong> a pour premier atout le choix d’une transposition élégante dans les années 1950, et pour second avantage l’économie d’effets dont l’abus s’avère trop souvent préjudiciable au comique rossinien (<em>Le Comte Ory</em> le lendemain en apportera une nouvelle preuve). Avec son décor unique suggéré par un jeu judicieux de toiles et de lumières, <em>La gazetta</em> ainsi représentée parvient à faire oublier une composition mineure qui puise sans vergogne dans bon nombre d’opéras antérieurs, le fameux quintette du premier acte, longtemps perdu puis retrouvé en 2011, n’étant pas le moindre des numéros empruntés à d’autres partitions. </p>
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		<title>Pesaro 2022 : premières annonces et premières suppositions</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/pesaro-2022-premieres-annonces-et-premieres-suppositions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Aug 2021 03:48:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la veille du lancement de son édition 2021, le Rossini Opera Festival a levé le voile sur sa programmation 2022. Sont prévues une reprise de La Gazzetta dirigée par Carlo Rizzi dans la mise en scène de Marco Carniti, et deux nouvelles productions : Le Comte Ory (mise en scène de Hugo de Ana, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la veille du lancement de son édition 2021, le Rossini Opera Festival a levé le voile sur sa programmation 2022. Sont prévues une reprise de <em>La Gazzetta</em> dirigée par <strong>Carlo Rizzi</strong> dans la mise en scène de <strong>Marco Carniti</strong>, et deux nouvelles productions : <em>Le Comte Ory </em>(mise en scène de <strong>Hugo de Ana</strong>, direction musicale de <strong>Diego Matheuz</strong>) et <em>Otello</em> (mise en scène de <strong>Rosetta Cucchi</strong>, direction musicale de <strong>Yves Abel</strong>). Les récitals et autres rendez-vous ne sont pas encore communiqués, pas plus que les distributions. Mais une interview dans <em>Opéra Magazine </em>de <strong>Sergei Romanovsky</strong>, l’interprète cette année à Pesaro de Leicester dans <em>Elisabetta Regina d’Inghilterra</em>, laisse à penser qu’il pourrait endosser l’an prochain le costume d&rsquo;Otello. Le ténor russe est familier du rôle, qu’il reprendra en fin d’année à Liège. A suivre&#8230;</p>
<p><iframe allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture" allowfullscreen="" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/BZoFD0Js8RI" title="YouTube video player" width="560"></iframe></p>
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		<title>Rossini buffo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rossini-buffo-une-riche-provision-de-bonne-humeur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Mar 2021 05:50:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dynamic, dont le catalogue rossinien est d’une exceptionnelle abondance, publie simultanément deux coffrets de DVD, chacun nous offrant sept ouvrages lyriques dans leur intégralité. Le premier (« Rossini serio e semiserio ») compte 14 DVD, le second (« Rossini buffo ») seulement 9, les ouvrages légers étant plus courts. En ces temps moroses, nous avons choisi de privilégier le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Dynamic, dont le catalogue rossinien est d’une exceptionnelle abondance, publie simultanément deux coffrets de DVD, chacun nous offrant sept ouvrages lyriques dans leur intégralité. Le premier (« Rossini serio e semiserio ») compte 14 DVD, le second (« Rossini buffo ») seulement 9, les ouvrages légers étant plus courts.</p>
<p>En ces temps moroses, nous avons choisi de privilégier le second, qui nous propose la moitié des farces, opéras-bouffes et <em>dramma giocoso</em>. Dans l’attente que le label complète cette riche collection pour en faire une intégrale des ouvrages scéniques, on pourra tenter de trouver le coffret de Gianluigi Gelmetti, avec Michael Hampe, tourné au Festival de Schwetzingen (quatre ouvrages, dont trois ne figurent pas ici). L’essentiel nous vient du Festival Rossini de Pesaro, auquel nous devons tant de découvertes, confiées à des interprètes assez souvent proches de l’idéal. Si <em>La Gazzetta</em> est liégeoise, c’est à la faveur du regretté <strong>Stefano Mazzonis Di Pralafera</strong>, qui mettait en scène, tout en assurant la direction de l’Opéra Royal de Wallonie. <em>Il Barbiere di Siviglia</em> est vénitien, tourné à La Fenice, et <em>La Cenerentola</em>, à Bari. Toutes ces versions ont été diffusées sous le label Dynamic, ou Naxos.</p>
<p>Pesaro, nous l’avons écrit, nous offre quatre des sept ouvrages. Evidemment, l’esprit est là, servi par une équipe où l’on retrouve, d’une production à l’autre, quelques grandes voix, parfois en devenir. La jeune mezzo <strong>Josè Maria Lo Monaco</strong> y est éblouissante, le ténor <strong>Maxim Mironov</strong>, alors à ses débuts, possède déjà l’élégance des phrasés comme les qualités de timbre, même si la voix n’a pas encore gommé sa verdeur (Don Ramiro, de <em>la Cenerentola</em>). Les barytons, <strong>Paolo Bordogna</strong> et <strong>Bruno De Simone</strong>, se révèlent de parfaits rossiniens, <strong>Marco Vinco</strong> campe un Selim (<em>Il Turco in Italia</em>) exceptionnel. <em>La cambiale di matrimonio</em>, reprise d’une production de 1991, a bien vieilli. Les effets comiques ne sonnent jamais faux, l’amusement d’un Rossini juvénile est garanti. On croit même reconnaître le Professeur Raoult avant l’heure (mais est-ce bien lui ?) en Mister Slook. Vérification faite, c’est <strong>Fabio Maria Capitanucci</strong>… Deux ans après, la même formation, avec le même chef, mais dans une mise en scène facétieuse (<strong>Emilio Sagi</strong>), nous propose <em>L’equivoco stravagante</em>. L’esprit est celui de la <em>farsa</em>, avec ses personnages excessifs, caricaturaux et ses situations abracadabrantesques à l’effet assuré. Les chanteurs ont l’abattage attendu et le divertissement est garanti. Comme l’écrivait Brigitte Cormier, c’est osé, mais jamais vulgaire (« <a href="/spectacle/sans-equivoque-une-petite-turlutte">sans équivoque, une petite turlutte</a> »). <strong>L’Italienne à Alger</strong>, presque toujours bien servie en CD comme en DVD, ne dépare pas. Si le Festival a renouvelé sa production depuis (avec celle de Davide Livermore en 2013), cette version n’a pas à rougir. La mise en scène de <strong>Dario Fo</strong> est d’une rare efficacité, bondissante, d’une verve extraordinaire. La distribution en est brillante, conduite par un <strong>Renzetti</strong> survolté.<br />
	Antoine Brunetto sortit « le sourire aux lèvres » de la production d’I<em>l Turco in Italia</em> (« Che bel Turco »), mais Jean-Philippe Thiellay a exprimé sa déception à l’écoute de ce DVD (« <a href="/dvd/un-turc-bien-pale">un Turc bien pâle</a> »), causée par une distribution globalement passable.</p>
<p>Quelques mots du <em>Barbier</em> de La Fenice (2008). La mise en scène conventionnelle s’accorde parfaitement au cadre, mais c’est surtout la direction exigeante d’<strong>Antonio Fogliani</strong> qui fait le prix de cet enregistrement. La dynamique rossinienne ne se dément jamais, légère, vive, truculente comme poétique. Si <strong>Meli</strong> chante un Almaviva solide, le Figaro de <strong>Frontali</strong>, comme la Rosine de <strong>Rinat Shaham</strong> n’ont plus la jeunesse et la fraîcheur attendues. A retenir, l’air de la calomnie par un <strong>Furlanetto </strong>en pleine forme.<br /><em>La Gazzetta</em>, rare au disque comme en DVD, est ici présentée dans sa production liégeoise, dont la mise en scène avait été peu appréciée par Carine Seron (« Rossini façon opérette »). La qualité du chant, sinon de la direction, et la rareté de l’ouvrage – présenté ici dans son intégralité pour la première fois, méritent le détour.<br /><em>La Cenerentola</em>, étourdissante de virtuosité, est mieux servie à Bari. Les voix sont de réelle qualité. <strong>Paolo Bordogna</strong> campe un Don Magnifico complexe et toujours juste. Les deux sœurs sont superbes, mais c’est le mezzo colorature de Josè Maria Lo Monaco qui emporte tous les suffrages. Le timbre, l’agilité, l’égalité dans un ambitus de plus de deux octaves, tout est là. Le quintette du I et le sextuor du II sont admirables. La mise en scène de <strong>Daniele Abbado </strong>(fils de Claudio), sobre, retenue, nous réserve bien des surprises. Quant à la direction, attentive, elle confère toute son élégance et son dynamisme à la partition. Une belle réalisation.</p>
<p>Au total, des productions variées, avec des mises en scène qui vont du conventionnel à la transposition aux années 60 (<em>La Cenerentola</em>), d’un bon niveau jusqu’à l’excellence (<em>Il Barbiere di Siviglia</em>). Tous les chefs, à l’exception de <strong>Jan Schultsz</strong> dans <em>La Gazetta</em>, sont des rossiniens aguerris. Les distributions, inégales, réservent d’excellentes surprises.</p>
<p>Ce coffret, à tout petit prix, qui permet de savourer des chefs-d’œuvre, mais surtout de découvrir des ouvrages rares, mérite d’être acquis, particulièrement en ces jours avares de gourmandise, d’ivresse, de folle euphorie. Qui, mieux que Rossini sait nous donner ce plaisir où l’émotion se mêle au rire débridé ?  Rien de tel pour ces temps moroses.</p>
<p> </p>
<p>PS : les sous-titrages justifient l’absence des livrets, qui sont à chercher sur le net ou dans les numéros que l’Avant-Scène Opéra a consacrés aux plus connus des ouvrages.</p>
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		<title>ROSSINI, La gazzetta — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-gazzetta-ossia-il-matrimonio-per-concorso-liege-rossini-version-operette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Carine Seron]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Jun 2014 05:57:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Gazzetta fut composé expressément pour le Teatro dei Fiorentini, haut lieu de la musique légère à Naples, dans lequel il fut créé en 1816. Fort de cet argument historique (s’il lui en fallait un), Stefano Mazzonis di Pralafera, directeur général et artistique de la sympathique maison liégeoise, signe derechef une mise en scène grimaçante d’effets &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">
	<em>La Gazzetta</em> fut composé expressément pour le Teatro dei Fiorentini, haut lieu de la musique légère à Naples, dans lequel il fut créé en 1816. Fort de cet argument historique (s’il lui en fallait un), <strong>Stefano Mazzonis di Pralafera</strong>, directeur général et artistique de la sympathique maison liégeoise, signe <a href="/spectacle/abus-de-pouvoir">derechef</a> une mise en scène grimaçante d’effets grotesques et surabondants, qui dessert totalement la partition de Rossini &#8211; par ailleurs affectée d’une certaine vulgarité dans le livret et d’une musique qui n’est pas des mieux inspirées. Le rôle muet (à des rares exceptions dans cette production) de Tommasino, joyeux trublion coiffé avec un pétard orange bravement tenu par <strong>Lilo Farrauto</strong>, est à cet égard symptomatique : ses interventions, en danseur de twist, performeur de <em>air guitar</em> branché sur son iPod, draguant ce qui semble être une prostituée et gesticulant tant et plus lors du duel, ne font que détourner l’attention du spectateur de l’action principale sans jamais enrichir celle-ci. Lors de sa première entrée sur scène, Doralice, choucroute bleuâtre sur la tête, mâche son chewing-gum avec autant d’élégance et de discrétion qu&rsquo;un ruminant. Lisetta est la sœur de Paris Hilton, avec tout ce que cela implique de minauderie, d’accessoires (un mignon chihuahua sous le bras) et de caprices en forme de colères de bébé qui tambourine le sol sur fond de cris préenregistrés – elle contaminera d’ailleurs son père, Don Pomponio, et son élu, Filippo, affublé d’une perruque blonde de prince charmant. Sans oublier la bataille de parapluies haute en couleurs qui clôture le premier acte… Le ton est donné : beaucoup de bruit pour rien.</p>
<p class="rtejustify">
	Le décor unique est l’hôtel parisien L’Aquila qui, malgré son apparence bon chic bon genre, cache un hôtel de passe (!) dans lequel les clients déambulent en marge de l’intrigue : le summum du machisme et de la grivoiserie est certainement atteint lorsque l’un de ces derniers fait volontairement tomber à plusieurs reprises un papier par terre afin d’avoir une vue imprenable sous la jupe de son rendez-vous payant. Pour signifier l’intemporalité, le choix de la confusion des époques fut préféré à celui de la neutralité. La façade de l’hôtel est d’un style traditionnel, sans le moindre signe de modernité, tout comme la valise de l’un des voyageurs, une antiquité du début du XXe siècle. Les gadgets actuels (téléphones et ordinateurs portables) sont utilisés avec emphase tandis que la chaîne CNN diffuse sur l’écran plat de la réception de l’hôtel des informations relatives à la situation en Irak ou à la coupe du monde de football (qui nous poursuit décidément partout !), mais lorsque les nouvelles du jour sont communiquées au tout début de l’opéra, elles le sont via un journal papier. Les costumes, aux couleurs tantôt chatoyantes tantôt criardes si pas carrément fluorescentes (Madama La Rose ne fut pas la moins gâtée) évoquent la rencontre du beau Paris du XIXe siècle avec la série télévisée <em>Star Trek</em> ou <em>Le Cinquième Elément. </em></p>
<p>	<img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/laurent_kubla_cinzia_forte_enrico_marabelli_et_edgardo_rocha_.jpg?itok=HLohkNAq" title="Laurent Kubla (Filippo), Cinzia Forte (Lisetta), Edgardo Rocha (Alberto) etEnrico Marabelli (Don Pomponio)   © Jacky Croisier" width="468" /><br />
	Laurent Kubla (Filippo), Cinzia Forte (Lisetta), Edgardo Rocha (Alberto) etEnrico Marabelli (Don Pomponio)   © Jacky Croisier</p>
<p class="rtejustify">
	<strong>Edgardo Rocha</strong> fut à la hauteur des espérances, et plus encore : il incarne à la perfection, dans le jeu et dans le chant, le jeune héros rossinien, à la fois fougueux, séducteur, manipulateur et diablement touchant. Habitué du répertoire belcantiste italien, il en a saisi toutes les subtilités stylistiques (<em>crescendi</em> magnifiques, variations subtiles dans les <em>da capo</em>) et, confondant d’aisance, se balade dans la musique rossinienne. Le timbre est brillant et rond, la voix agile et jeune mais déjà assurée. Le public ne s’y est pas trompé : ce fut un délice suivi d’un triomphe. En comparaison, le reste de la distribution fait presque pâle figure. Le Filippo de <strong>Laurent Kubla</strong> est un peu trop raide, guindé et vocalement faible ; le baryton a de plus rencontré quelques problèmes de rythme, de façon manifeste dans son grand air du second acte en décalage avec l’orchestre. <strong>Enrico Marabelli</strong>, qui eut fort à faire avec le dialecte napolitain, s’impose par sa bonhomie et sa voix autoritaire et bien projetée, qui colle à son personnage dont l’arrogance est tournée en ridicule. Le timbre délicat de <strong>Cinzia Forte</strong>, parfois à court de souffle, est contrebalancé par une couverture de voix qui lui permet de gagner en rondeur (notamment dans le registre suraigu) mais l’handicape dans les passages plus virtuoses. Les ensembles, étouffés par des <em>tempi</em> enlevés, manquent de netteté et surtout de verve et d’énergie collective, ce qui ne pardonne pas chez Rossini.</p>
<p class="rtejustify">
	La direction de <strong>Jan Schultsz</strong> ignore trop souvent la dimension théâtrale de la partie orchestrale, et les accents comiques de la mélodie. Précipitée dans une énergie omniprésente qui complique considérablement la tâche des chanteurs et qui résulte en un monochromatisme lassant, elle ne prend pas le temps de dialoguer et de jouer avec les solistes (notamment dans les vocalises et autres <em>pizzicati</em>), quand bien même ceux-ci s’efforcent de varier l’expression. Ce fut particulièrement criant (et désolant) dans l’air d’Alberto du second acte, abordé avec la tendresse du soupir amoureux par Edgardo Rocha mais contredit par l’orchestre, obnubilé de légèreté et de gaîté. Le chœur, à condition qu’il ne soit pas dispersé sur scène, remplit correctement sa mission.</p>
<p class="rtejustify">
	Précisons que contrairement à ce qui est annoncé, il ne s’agit pas à proprement parler d’une création mondiale &#8211; celle-ci ayant eut lieu, pour rappel, à Naples en 1816; l’œuvre fut ensuite montée sur scène à de nombreuses reprises et enregistrée sur CD et DVD. Cependant, l’Opéra de Wallonie est la première maison lyrique professionnelle à présenter <em>La Gazzetta</em> dans son entièreté, depuis la redécouverte en 2012, par le bibliothécaire du Conservatoire de Palerme, du quintette du premier acte jadis perdu, authentifié par Philip Gossett, co-éditeur de l’édition critique publiée par la Fondazione Rossini.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-gazzetta-ossia-il-matrimonio-per-concorso-liege-rossini-version-operette/">ROSSINI, La gazzetta — Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>La gazzetta</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/faute-de-grives/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Jul 2011 09:34:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Drôle d’ouvrage que cette Gazzetta, créée à Naples le 26 septembre 1816. Drôle au sens comique du terme puisqu’il s’agit d’un opera buffa en deux actes, le seul ouvrage de ce genre composé par Rossini pour un théâtre napolitain. Drôle aussi car insolite. Elaborée dans la précipitation à partir d’extraits de La Cenerentola (l’ouverture), La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Drôle d’ouvrage que cette <em>Gazzetta</em>, créée à Naples le 26 septembre 1816. Drôle au sens comique du terme puisqu’il s’agit d’un <em>opera buffa</em> en deux actes, le seul ouvrage de ce genre composé par Rossini pour un théâtre napolitain. Drôle aussi car insolite. Elaborée dans la précipitation à partir d’extraits de <em>La Cenerentola</em> (l’ouverture)<em>, La pietra del paragone</em>, <em>Torvaldo e Dorliska</em> et surtout d’<em>Il Turco in Italia</em>, la partition fait l’effet d’un gigantesque patchwork inabouti. Le livret de Giuseppe Palomba et Andrea Leone Tottola d&rsquo;après la pièce de Carlo Goldoni, <em>Il matrimonio per concorso,</em> est partiellement écrit en dialecte napolitain, ce qui n’a pas aidé au rayonnement de l’œuvre. Son propos, qui veut dénoncer avant l’heure l&rsquo;influence des médias, est suffisamment embrouillé pour que l’auditeur renonce rapidement à suivre son développement et se concentre sur l’essentiel : la musique. <em>La Gazzetta</em>, au contraire d’autres opéras de Rossini, aussi bien <em>buffa</em> que <em>seria</em>, offre peu d’airs mémorables. Dans une partition où les ensembles représentent donc la part du roi, il faut une équipe plus qu’une somme d’individualités pour exprimer le pétillement de l’écriture. C’est là le principal atout de cet enregistrement de 1977, édité en un coffret par Nuova Era dans le cadre de sa collection « Italian Vocal Art » Pas de grands noms, mais une affiche homogène et unie qui nous amuse en même temps qu’elle semble elle-même se divertir.</p>
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<p>Qui se souvient aujourd’hui d’Eva Czapò, de Mario Chiappi ou de Gino Orlandi ? La <em>Rossini renaissance</em> quelques années plus tard, en réinventant un chant dont on avait détourné les codes, allait effacer de nos mémoires ces artistes qui furent en leur temps assez connu en Italie. D’habiles chanteurs, suffisamment doués pour contourner les pièges d’une vocalité exigeante, mais dont on serait bien en mal de citer quelques faits d’armes.</p>
<p>Seul <strong>Gian Carlo Ceccarini</strong> semble ne pas être passé au travers des mailles du filet de postérité tendu sur la toile par Wikipedia. Ce qui n’empêche pas son baryton, souvent blafard, de s’empêtrer dans les roulades de l’unique aria de Filippo, le périlleux « Quando la fama altera ». A choisir, on préfère le Dom Pomponio de <strong>Mario Chiappi</strong>, authentique basse bouffe selon un usage qui, lui pour le coup, n’a jamais connu d’éclipse et qui perdure ici avec suffisamment de panache pour rendre saillante la cavatine « Co’ ‘sta grazia e ‘sta portata ». <strong>Giuseppe Baratti</strong>, le jeune premier de l’histoire, présente l’avantage de ne pas ressembler à ces ténors rachitiques que l’on distribuait à l’époque dans Rossini. Au contraire, le timbre a de l’épaisseur et le medium est solide. Revers de la médaille, la voix manque d’éclat &#8211; qualité souhaitable dans les ensembles &#8211; et le suraigu, autre condition nécessaire au contraltino rossinien, est constamment esquivé.</p>
<p>De la même façon que le ténor se démarque d’une mauvaise tradition, on échappe ,côté soprano,  aux voix de soubrettes qui ont trop souvent violacé ce répertoire. Le chant d’<strong>Eva Czapò</strong> (Lisetta) a du corps, à défaut de personnalité. Ce n’est pas de charme que manque <strong>Benedetta Pecchioli</strong> (Doralice) mais d’imagination. Un tel vocabulaire pourra sembler limité à ceux qui s’abreuvent depuis trente ans à la fontaine glorieuse du renouveau rossinien. Avec ces quelques mots, <strong>Bruno Rigacci</strong> parvient cependant à écrire un discours sage dont on se contentera, faute de beaucoup mieux dans la discographie actuelle.</p>
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<p><strong>Christophe Rizoud</strong></p>
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