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	<title>Le petit Faust - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Le petit Faust - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title> HERVÉ, Le petit Faust &#8211; Paris (Athénée)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-paris-athenee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Dec 2025 11:18:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Le Petit Faust en 1869, Hervé confirme sa réputation de « compositeur toqué ». Partition effervescente, situations volontairement détournées, clins d’œil irrévérencieux : rien n’échappe à son goût pour la subversion dans cette parodie proclamée de l’opéra de Gounod. L’intrigue, volontairement loufoque multiplie les références et les excès comiques. La musique mêle virtuosité, et sens aigu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <em>Le Petit Faust</em> en 1869, Hervé confirme sa réputation de « compositeur toqué ». Partition effervescente, situations volontairement détournées, clins d’œil irrévérencieux : rien n’échappe à son goût pour la subversion dans cette parodie proclamée de l’opéra de Gounod. L’intrigue, volontairement loufoque multiplie les références et les excès comiques. La musique mêle virtuosité, et sens aigu du rythme théâtral. De la farce ? Oui mais moins grossière qu’il n’y paraît, savante même. Hervé ne se contente pas de rire – et faire rire – de <em>Faust</em> : il en travestit les procédés<strong>, </strong>moins par la citation musicale que par le pastiche du style et une pratique de la rupture proche de l’absurde. Les changements arbitraires de ton et de tempo sont les ficelles que le compositeur s’amuse à tirer. Les envolées lyriques sont brusquement interrompues par une réplique parlée ou un effet comique. Les harmonies attendues débouchent sur une cadence triviale. Faust introspectif, élégiaque et noble chez Gounod exagère les appoggiatures, les suspensions et les montées expressives. Marguerite, « ange pur et radieux », se présente sous un jour déluré. Quant à Mephisto, loin de la basse sardonique et velue à laquelle la tradition l’associe, il est ici confié à une mezzo-soprano.</p>
<p>C’est cet esprit déjanté que cherche à retrouver <strong>Sol Espeche</strong> en transposant la pièce dans l’univers des jeux télévisés des années 1990 – après avoir glissé <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/messager-coup-de-roulis-paris-athenee/">Coups de roulis</a></em> dans le moule du soap opera il y a deux saisons. Le public peut-il saisir aujourd’hui avec la même évidence qu’hier la relation transgressive qu’entretient l’opéra-bouffe d’Hervé avec le chef d’œuvre de Gounod ? A défaut, les allusions à <em>Tournez Manège</em>, <em>Secret story</em> et autres divertissements cathodiques parleront au plus grand nombre – tout au moins à ceux d’un temps que les moins de vingt ans peuvent ne pas connaître.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/251129_RdL_0368-1294x600.jpg" /> © Christophe Raynayd de Lage</pre>
<p>Etrenné à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/">Tours</a> le mois dernier, et repris à l’Athénée jusqu’au 20 décembre, le spectacle passe à la moulinette de la caricature un ouvrage déjà caricatural. La classe de Faust lorgne du côté de <em>L’Ecole des fans</em> chère à Jacques Martin. Le deuxième acte transporte le Bal Mabille sur les plateaux de <em>Champs Élysées</em> – l’émission de Michel Drucker –, et la chambre virginale de Marguerite bascule dans un studio clinquant de télé-réalité. Quelques gradins modulables suffisent à suggérer les différents décors. Le décalage entre les situations et le texte, qu’il soit parlé ou chanté, est assumé. Les gags se bousculent. On rit souvent. Tout n’est pas drôle, tout ne fonctionne pas mais le grotesque règne à un tel degré qu’on finit par soupçonner une intention délibérée derrière les ressorts comiques les plus distendus.</p>
<p>A la manière d’Hervé, le fil narratif est sans arrêt interrompu, dès le début lorsque Valentin fait irruption sur scène pour perturber l’enregistrement de l’émission. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/">Antoine Brunetto à Tours</a> nous promettait « un moment assez irrésistible » ; il l’est, grâce à l’énergie d’<strong>Igor Bouin</strong>, baryton polyvalent également engagé dans la musique de chambre et la direction de chœur. Ses couplets militaires, articulés d’une voix de stentor, sont un concentré d’humour vitaminé. Du tempérament, ses partenaires en ont aussi à revendre, chacun dans leur genre : <strong>Charles Mesrine</strong> plus en retrait pour composer un Faust dépassé par les événements ; <strong>Anaïs Merlin</strong>, Marguerite entre élans acides de son air « Place, place à la voyageuse » et fausse fraîcheur ingénue de la Ballade du Roi de Thuné – ndlr : ce n’est pas une coquille – ; <strong>Mathilde Ortscheidt</strong>, Mephisto soudain ramené à la raison par Le Rondeau des quatre saisons, parenthèse étonnamment nostalgique au sein d’une partition qui laisse peu de place aux sentiments. Après avoir chauffé la salle avec brio, <strong>Maxime Le Gall</strong> rejoint un chœur que l’on aimerait plus idiomatique, hilarant cependant avec ses refrains martelés et ses entrées volontairement décalées comme un pied-de-nez à l’écriture chorale du <em>Faust</em> original.</p>
<p>Attentif aux rebonds burlesques comme aux ensembles plus élaborés, <strong>Sammy El Ghadab</strong> impulse à d’excellentes Frivolités Parisiennes un mouvement joyeux et souple, avec le sang-froid d’un régisseur de plateau télé rompu aux aléas du direct.</p>
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		<title> HERVÉ, Le petit Faust &#8211; Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/herve-le-petit-faust-tours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours étaient d’humeur badine pour cette matinée. On les comprend, car ils annoncent avant le concert qu’une décision a enfin été prise de pérenniser l’orchestre et ses trente-deux musiciens. Voilà une excellente nouvelle pour eux et pour les habitants de la région, car cela va &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Les musiciens de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire / Tours étaient d’humeur badine pour cette matinée. On les comprend, car ils annoncent avant le concert qu’une décision a enfin été prise de pérenniser l’orchestre et ses trente-deux musiciens. Voilà une excellente nouvelle pour eux et pour les habitants de la région, car cela va permettre de multiplier l’offre musicale locale. Sous la houlette enjouée de <strong>Sammy El Ghadab</strong>, ils nous emportent dès l’ouverture d’abord rêveuse vers une valse endiablée qui nous rappelle que nous sommes ici pour rire.</p>
<p>Voilà qui rend justice à ce <em>Petit Faust</em>, opéra bouffe en trois actes créé en 1869, pastiche du <em>Faust</em> de Gounod (mais pas seulement), qui faisait cette même année son entrée à l’Opéra de Paris. On se moque bien de la grande œuvre et Hervé ne se prive pas de clins d’œil plus ou moins appuyés à son modèle. On aura droit aux couplets de Valentin (hilarant <strong>Igor Bouin</strong>, en épigone de Filip des 2B3) qui nous rappellent les « Gloires immortelles de nos aïeux », une chanson sur une puce, une autre à propos d’un Roi de Thu<u>n</u>é et un diable qui mène le bal à la fin… La liste n’est évidemment pas exhaustive !</p>
<p>La musique est bien troussée, prenant des formes de valses, de galops, mais sait aussi se faire tendre quand Méphisto évoque les quatre saisons de l’amour. Méphisto est d’ailleurs ici une femme, plus meneuse de revue et des plaisirs que réellement inquiétante. <strong>Mathilde Ortsheidt</strong> s’y glisse avec gourmandise, lui prêtant son timbre prenant, ombré et légèrement voilé, et son abattage scénique.</p>
<p>La production fait craindre le pire au début, conjuguant surjeu et une certaine vulgarité. Déjà, l’intervention du chauffeur de salle Patrick Lepion (<strong>Maxime Le Gall</strong>) dès avant le début du spectacle nous avait paru un peu longuette et répétitive. On n’est donc pas loin de partager l’avis de Valentin qui, tel Raphaël Quenard dans <em>Yannick</em>, vient interrompre le spectacle pour dire tout le mal qu’il en pense (le moment est assez irrésistible) – l’effet repoussoir devait donc être volontaire. L’univers des jeux télévisés imaginé par <strong>Sol Espeche</strong> se fond plutôt bien dans l’intrigue : au début <em>La Classe</em> et <em>L’école des fans</em> avec le vieux Faust en Jacques Martin, puis <em>Champs Élysées</em>, <em>Greg le Millionnaire</em> et surtout le <em>Tournez manège</em> désopilant, avec Faust à la recherche de Marguerite, le tout orchestré par Méphisto / Fabienne Égal. On passera ensuite à Secret Story où les confessions de Faust et de Marguerite se font sous l’œil des caméras et de Méphisto / la Voix. Enfin l’enfer prendra la forme d’un cours d’aérobic type Véronique et Davina, où les amants se déchaînent sur des exercices de fitness pour l’éternité ! Les décors sont minimalistes mais parviennent bien à nous faire replonger dans chacun de ces univers. Au final, malgré des dialogues réécrits, certains effets parfois lourdauds, et une direction d’acteurs qui gagnera sûrement en précision au fil des représentations (nous assistons ici à la toute première), les idées ne manquent pas pour nous surprendre et nous amuser.</p>
<p>Les interprètes réunis sur scène sont jeunes et ne se ménagent pas. On pourra regretter un certain déficit de relief et surtout d’intelligibilité chez certaines voix. Il est bien dommage d’avoir besoin de recourir aux surtitres pour comprendre le texte ! La Marguerite / Gretchen d’<strong>Anaïs Merlin </strong>ne manque cependant pas de chien en fausse ingénue et vraie mondaine, mais a tendance à prendre l’ascendant sur le Faust moins sonore de <strong>Charles Mesrine</strong>.</p>
<p>La production sera reprise à Reims (fin novembre) puis au Théâtre de l’Athénée à Paris en décembre, mais avec cette fois ci Les Frivolités Parisiennes en fosse.</p>
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