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	<title>Les sept paroles du Christ en croix - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Les sept paroles du Christ en croix - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>HAYDN, Die sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haydn-die-sieben-letzten-worte-unseres-erlosers-am-kreuze-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Apr 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>ForumOpera.com se consacre exclusivement au répertoire vocal, sous toutes ses formes. Le présent compte rendu constitue une exception, dûe a priori à l&#8217;existence d&#8217;une version originale sous forme d&#8217;oratorio et justifiée a posteriori par l&#8217;enthousiasme de notre rédacteur, qu&#8217;il nous a paru légitime de partager avec nos lecteurs. La Rédaction __________________________________________________________________________________________________________ Malgré la multiplicité de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><strong>ForumOpera.com se consacre exclusivement au répertoire vocal, sous toutes ses formes. Le présent compte rendu constitue une exception, dûe a priori à l&rsquo;existence d&rsquo;une version originale sous forme d&rsquo;oratorio et justifiée a posteriori par l&rsquo;enthousiasme de notre rédacteur, qu&rsquo;il nous a paru légitime de partager avec nos lecteurs.</strong><br />
<strong>La Rédaction</strong><br />
<strong>__________________________________________________________________________________________________________</strong></p>
<p>Malgré la multiplicité de ses versions (1), l’ouvrage reste très rare au concert. C’est la raison pour laquelle le voyage à Metz prenait tout son sens, même si l’absence de la mention de chanteurs dans le programme interrogeait. Sachons gré à <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, auquel on est également redevable de la conception, de l’avoir programmé pour une série de cinq concerts. Ceux-ci permettent par ailleurs la découverte de la monumentale basilique Saint-Vincent (nef du meilleur gothique champenois, et reconstruction d’une imposante façade baroque de la seconde moitié du XVIIIe siècle).</p>
<p>Le commanditaire avait explicité son intention à Haydn (2) : chacune des parties devait suivre le prêche relatif à la parole illustrée, et un silence d&rsquo;une dizaine de minutes susciter la méditation des fidèles. Sept paroles, donc sept mouvements, encadrés par une introduction, également lente, suivis d’un mouvement rapide, le <em>terramoto</em>, tremblement de terre qui marqua la mort de Jésus sur la croix. Le choix a été fait ce soir d’entraîner le spectateur dans un véritable parcours initiatique, favorisé par le cadre, exceptionnel. La plongée est amorcée par le sas tendu de noir que l’on doit traverser pour parvenir à l’immense nef. Dans le chœur de cette basilique, désacralisée de longue date, un grand piano, côté jardin du choeur, une étagère dont les bougies seront allumées opportunément et sept corps alignés, prêts à l’ensevelissement, dans leur linceul blanc. L’obscurité grandissante, comme le froid qui l’accompagne, sont mis à profit par une scénographie fondée sur les lumières inspirées de <strong>Nolwenn Annic</strong> : ce sera un émerveillement constant, en étroite relation avec le moment éclairé, ses progressions, tirant le meilleur profit de l’architecture du cadre. Un tapis sonore, de synthèse, en boucle, sur des basses profondes est diffusé sans interruption jusqu’à ce que <strong>Nicolas Stavy</strong> gagne son clavier. Totale est donc la surprise puisqu‘aucune note d’intention, ni même le texte des sept dernières paroles, rien dans le programme ne permette d’anticiper.</p>
<p>Le choix de l’homme de théâtre qu’est <strong>Paul-Emile Fourny</strong> s’est porté sur l’ascétique réduction pour piano, pour ponctuer non point un sermon, mais une paraphrase fidèle et réaliste du texte évangélique, proche du livret de Van Swieten, où le Christ nous confie les épreuves qu’il traverse. La tragédie de l’homme mourant, persécuté, trahi, raillé, abandonné, s’adresse à chacun, croyant ou pas, au même titre que les Passions de Bach.<br />
Un comédien, <strong>Thierry Frémont</strong>, tout en déambulant, va expliciter la musique de Haydn par son récit, poignant, recueilli, dépourvu d’enflure comme de grandiloquence. On était en droit de redouter que la version pour piano – approuvée par Haydn, qui n’en était pas l’auteur – ne soit qu’une pâle réduction de la somptueuse composition originale, pour orchestre. Ce sera une révélation sous les doigts de Nicolas Stavy<strong> </strong>: oubliée la « réduction » pour une partition fabuleuse qui va bien au-delà de l’écriture des dernières sonates de Haydn, si belles soient-elles, anticipant ainsi la <em>Hammerklavier</em> par son écriture audacieuse et aboutie.<br />
Dès l’<em>adagio maestoso </em>de l’introduction, puissante, contrastée à souhait, c’est du très grand piano, profond, toujours lisible, qui respire, chante et nous émeut. On imagine aisément que, même privé du cadre, du récit et de la scénographie aboutie de ce soir, ce pourrait être un récital de très haut niveau. Nicolas Stavy s’est pleinement approprié l’ouvrage, qu’il vit avec humilité, et joue par cœur. Ses qualités, bien connues, sont manifestes, de toucher, d’articulation, de conduite des parties, auxquelles il faut ajouter le naturel et la cohérence.<br />
Il faudrait énumérer chaque mouvement, tant est riche la variété des expressions, malgré la relative uniformité des tempi. Il n’est pas un moment où nous ne soyons captivés. Le jeu retenu, intériorisé, empreint de tendresse, du <em>Fürwahr, ich sag&rsquo; es dir</em> (« En vérité, je te le dis ») qui fait dialoguer Jésus et sa mère, le « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m&rsquo;as-tu abandonné ? », le tourment, épuisé, de la soif, avec une lumière réduite à celle des bougies, alors que le froid nous gagne, la plongée dans les ténèbres de la mort, la vérité humaine est bien là. La puissance dramatique du <em>Terramoto </em>conclusif, fait frissonner, terrifiante et grandiose, amplifiée par un magistral traitement des lumières. On sort bouleversé.</p>
<p>Reste à espérer que ce concert-spectacle d’exception rayonne au-delà de la Lorraine et anticipe la production de l’ultime version, avec chœur et orchestre, qui mérite pleinement d’être aussi connue que <em>La Création</em> et <em>les Saisons</em>.</p>
<pre><span style="white-space: pre-line;">1. L’œuvre originale, exclusivement pour orchestre, fut commandée par un marquis-chanoine de l’église du Rosaire de Cadix, à destination du Vendredi-Saint. Artaria, puis Foster publièrent aussitôt, non seulement les parties d’orchestre (Hob. XX/1), mais aussi la réduction pour quatuor à cordes (Hob.III/50-56), et une autre pour piano (Hob.XX/3), approuvées par le compositeur. Celui-ci, ayant écouté un arrangement sous forme d’oratorio, réalisé par Joseph Froberth, à Passau en 1795, décida de s’en inspirer pour réécrire l’ouvrage, dont Van Swieten allait arranger le texte. Breitkopf &amp; Härtel éditèrent cette ultime version en 1801, avec textes superposés en allemand et en italien (révision Eberhardt Müller). 
</span><span style="white-space: pre-line;">2. Haydn, homme des Lumières, aussi catholique sincère que franc-maçon engagé, au sommet de son art, répondait à la demande précise du chanoine. Son message est universel, même débarrassé de toute préoccupation apologétique, édifiante. La fidélité de la narration de ce soir, son réalisme ancrent le drame dans le contexte précis du Calvaire. N’eût-il pas été préférable de n’en retenir que l’aspect central d’un homme en proie à ses souffrances, à ses tourments pour en élargir encore la portée, universelle ?</span></pre>
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		<title>FRANCK, Les sept paroles du Christ en croix -Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/franck-les-sept-paroles-du-christ-en-croix-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Mar 2024 06:17:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Outre le centenaire de la mort de Puccini, l’année 2024 marque celui de la mort de Gabriel Fauré : l’occasion était donc belle de commémorer, par ses mélodies, le compositeur, et plus encore à Toulouse puisqu’il est né à Pamiers, descendant d’une famille de capitouls de Toulouse, à une soixantaine de kilomètres de la Ville &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Outre le centenaire de la mort de Puccini, l’année 2024 marque celui de la mort de Gabriel Fauré : l’occasion était donc belle de commémorer, par ses mélodies, le compositeur, et plus encore à Toulouse puisqu’il est né à Pamiers, descendant d’une famille de capitouls de Toulouse, à une soixantaine de kilomètres de la Ville rose.<br />
L’auteur du <em>Requiem</em> et du <em>Cantique de Jean Racine</em> a produit en tout une centaine de mélodies. Les cinq proposées à la Halle aux Grains, après la suite de <em>Pelléas et Mélisande</em> incluant la célèbre <em>Sicilienne</em>, qui débutait le concert, ont été exhumées par le Palazetto Bru Zane ; il s’agit de cinq pièces élaborées entre 1872 et 1887 sur des vers d’artistes connus (Paul Verlaine) ou tombés dans l’oubli (Marc Monnier). Fauré a composé de nombreuses mélodies pour voix de femme avec seul accompagnement de piano : l’intelligibilité des textes lui importait en effet beaucoup. Et cela reste une difficulté pour un orchestre de devoir accompagner ces pièces tout en restant à la bonne et discrète distance des voix.<br />
La française <strong>Ariane</strong> <strong>Matiakh</strong>, qui occupe actuellement le poste de cheffe principale de la Philharmonie de Württenberg-Reutlingen en Allemagne se retrouve pour un soir à la tête de l’orchestre National du Capitole, en formation restreinte. Elle a d’évidence conscience de cette difficulté de ne pas empiéter sur le chant des solistes. Elle retient sans cesse la bride, ce qui n’empêche pas l’orchestre de parfois submerger les voix (<em>Rose d’Ispahan</em>). C’est que les trois chanteurs ont des voix taillées pour la mélodie et parfois on s’est dit que l’accompagnement par le piano aurait mieux convenu, mais nous serions passés à côté des coloris si subtils de l’orchestre de Fauré. Successivement donc le ténor lumineux et chantant de <strong>Julien Behr</strong>, le baryton soyeux et bien posé de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong> ainsi que le soprano fluet et si expressif de <strong>Florie Valiquette</strong> (appréciée en <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-die-entfuhrung-aus-dem-serail-paris-tce/">Konstanze au TCE</a> récemment) ont fait revivre cinq magnifiques mélodies de Gabriel Fauré.<br />
En seconde partie de programme, on a pu assister la résurrection d’une pièce de César Franck, justement programmé en cette semaine sainte (le concert s’est tenu le jeudi Saint ) ;<em> Les Sept Paroles du Christ en croix</em> (intitulé apocryphe mais vraisemblable), pièce en quelque sorte miraculée car personne ni aucune revue musicale, aucun bulletin paroissial, n’a mentionné cette œuvre du vivant de Franck, ni même immédiatement après sa mort. Les catalogues consacrés à Franck ne connaissent pas cette pièce qui ne comporte donc pas de numéro d’opus. Elle date en réalité d’août 1859 et ce n’est qu’en 1955 que la bibliothèque universitaire de Liège (ville natale de Franck) acquiert la partition auprès d’un collectionneur privé. Sa création prendra vingt ans de plus, on la doit à Armin Landgraf dans les années 1970. Franck, lui-même fervent catholique, a dû la composer pour la Semaine Sainte de 1860 en tant que Maître de chapelle de la basilique Sainte-Clotilde à Paris.<br />
Œuvre à connaître absolument, qui tient son rang aux côtés des <em>Sieben letzten Worte unseres Erlösers am Kreuze</em> de Haydn, bien plus souvent à l’affiche. Nos trois chanteurs ont accompagné l’orchestre ainsi que l’Orfeón Donostiarra, chœur composé de chanteurs non professionnels fondé en 1897 à San Sebastian, au pays basque espagnol, et qui a recueilli une ovation méritée. 23 hommes en costume sombre, 32 femmes en aubes blanches, ont proposé dans une parfaite diction du latin un chant recueilli et expressif ; les parties en <em>pianissimo</em> étaient de toute beauté. Il a fallu le prologue pour à la fois régler la balance et donc éviter que l’orchestre masque la voix, et pour régler quelques décalages sans grande conséquence.<br />
Un temps bien choisi pour ressusciter une pièce aujourd&rsquo;hui majeure de César Franck.</p>
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