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	<title>Mitridate - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Mitridate - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Gala ODB Opéra – Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Sep 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, le site francophone d&#8217;échanges entre les passionnés d&#8217;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&#8217;artistes hors de la sphère opératique. Comme en 2023 et 2024, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour sa troisième édition, le Gala ODB Opéra, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.odb-opera.com/joomfinal/index.php">le site francophone d&rsquo;échanges</a> entre les passionnés d&rsquo;opéra, offre à nouveau une combinaison de chanteurs confirmés, de jeunes voix en début de carrière professionnelle, de jeunes pousses plus ou moins vertes mais prometteuses, et la participation d&rsquo;artistes hors de la sphère opératique. Comme en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-stars-de-demain/">2023</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-odb-opera-paris/">2024</a>, l&rsquo;après-midi est un véritable marathon lyrique avec un peu plus de quatre heures de concert. <strong>Erminie Blondel</strong> ouvre le bal musical. La jeune soprano fait partie de ces artistes dont la carrière commence à s&rsquo;épanouir, en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gounod-la-nonne-sanglante-saint-etienne/">province</a> comme à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/duvernoy-la-tempete-paris-temple-du-luxembourg/">Paris</a>. Elle déploie un timbre fruité et une voix ample et bien projetée, homogène sur toute la tessiture, dans un air des <em>Pêcheurs de perles</em> impeccable de musicalité et qui donne envie de l&rsquo;entendre dans le rôle complet. <strong>Blerta Zeghu</strong> s&rsquo;attaque avec un réel tempérament dramatique à la difficile scène finale de <em>Roberto Devereux </em>puis interprètera avec une belle sensibilité deux mélodies de Tosti, où son beau timbre un peu sombre fait merveille. Originaire de Moscou, <strong>Serafima</strong> <strong>Liberman</strong> offre un timbre capiteux, une belle largeur de voix et une bonne projection. Elle chante en interprète habitée l&rsquo;air de <em>Iolanta</em> et une rare mélodie de Mili Balakirev sur un poème de Pouchkine (texte également mis en musique par Rachmaninov). Artiste confirmée, <strong>Pauline Courtin</strong> chante avec une grande sensibilité l&rsquo;<em>Adieu de l&rsquo;hôtesse arabe</em> de Georges Bizet et triomphe sans faiblir de la virtuosité de l&rsquo;air des bijoux de <em>Faust </em>dans lequel elle déploie une voix ample et bien homogène. <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/choses-vues-et-chantees/">On rappellera son récent enregistrement consacré à Victor Hugo</a>. <strong>Adam Barro</strong> chante l&rsquo;air de Bartolo des <em>Nozze di Figaro</em> avec la rondeur d&rsquo;un vieux routier italien et une belle maîtrise du <em>canto</em> <em>silábico</em>. D&rsquo;origine arménienne, le baryton nous fait également découvrir un ample arioso extrait de <em>Davit Bek</em>, ouvrage populaire en Arménie mais inconnu en France. D&rsquo;origine portoricaine, <strong>Clara Luz Iranzo</strong> connait déjà un début de carrière internationale (Grèce, États-Unis). Sa <em>Thaïs</em> est chantée avec une voix exceptionnellement corsée dans ce rôle (pour préciser, on est plus proche de Caballé que de Sills ou Fleming). Pour ces mêmes raison, son premier air de Lucia, couronné par un puissant contre ré émis sans effort, est particulièrement impressionnant. La prononciation est impeccable et la caractérisation dramatique très sensible et variée. Appréciée lors de la précédente édition, <strong>Victoria Lingock</strong> est en progrès constant, avec un timbre rare à mi-chemin entre ceux de Jessye Norman et de Grace Bumbry et son air de Dalila ne manque pas de donner le frisson ainsi que son impérieux « Acerba voluttà » d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em>. Les deux artistes se lancent ensuite avec énergie dans le premier duo de <em>Norma</em>. Le timbre d&rsquo;Iranzo est assez grave mais celui de Lingock l&rsquo;est encore plus, de fait les deux voix sont bien appariées offrant une coloration inédite pour un résultat captivant. <strong>Momo Jang</strong> chante avec musicalité et émotion la scène de folie d&rsquo;<em>I Puritani</em>, mais c&rsquo;est surtout dans son épatant « Martern aller Arten » de <em>Die Entführung aus dem Serail</em> qu&rsquo;elle achève de nous convaincre, avec des coloratures impeccables et surtout un ambitus idéal (dans cet air impitoyable, combien de sopranos à l&rsquo;aise dans l&rsquo;aigu se trouvent à nu dans le grave, et inversement). <strong>Christophe Poncet de Solages</strong> chante le premier air du Duc de Rigoletto, « Questa o quella », avec une aisance pleine de charme, et offrira le tube de <em>Das Land des Lächelns </em>(<em>Le Pays du</em> <em>sourire</em> dans sa version française) dans une interprétation gorgée de soleil qui attire la sympathie. <strong>Marion Charlo</strong> triomphe avec aisance des vocalises de sa « Céleste providence », extraite du <em>Comte Ory</em>, se jouant des nombreux conte-ut piqués qui émaillent son air, avec une délicieuse voix de colorature à la française. <strong>Hugo Tranchant</strong> à le type de voix idéalement haut perchée pour incarner Beppe et se révèle plein d&rsquo;abattage dans le rondo de<em> La</em> <em>Grande Duchesse de Gérolstein</em>. <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong>, qui avait chanté <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/recital-anne-lise-polchlopek-paris-cortot/">en récital la veille Salle Cortot</a>, nous fait la grâce de deux morceaux de style et de tonalité très opposés, qui lui permettent de démontrer la versatilité de son talent, la triste <em>Première lettre</em> de Chaminade, d&rsquo;une émotion à fleur de peau, et la pétulante « Tarántula », extraite de la zarzuela L<em>a Tempranica</em> d&rsquo;un bel abattage. <strong>Jean Bélanger</strong> est un Banco puis un Sarastro encore un peu verts mais les moyens sont là. <strong>Runji Li</strong> est encore très jeune mais séduit, dans la mélodie <em>Nina</em> (longtemps attribuée à Pergolese) par un timbre de ténor chaud et coloré. <strong>Aurélien Vicentini</strong> fait ses débuts public de contre-ténor avec le célèbre « Lascia ch&rsquo;io pianga » de <em>Rinaldo</em> de Haendel. Dans « E lucevan le stelle », <strong>Ismaël Billy</strong> a des petits airs de Juan Diego Flórez, avec un timbre plus corsé. <strong>May Chedid</strong> avait été une découverte lors de la première édition, chantant de manière un peu improvisée une mélodie libanaise <em>a</em> <em>cappella</em>. Elle nous offre cette fois deux belles mélodies, de Fauré et Tosti, chantée avec musicalité et où l&rsquo;on sent le développement harmonieux de la voix. Également présente au premier gala, <strong>Claire</strong> <strong>de</strong> <strong>Monteil</strong> a depuis vu sa carrière se déployer (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/vrais-debut-de-claire-de-monteil-a-la-scala/">on se rappelle de ses débuts inattendus à la Scala</a>). La voix s&rsquo;est élargie, gagnant aussi en puissance sans rien perdre en aigu. Elle nous offre une splendide interprétation de l&rsquo;air d&rsquo;entrée de Leonora dans<em> Il trovatore</em> (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-il-trovatore-lucques/">un ouvrage qu&rsquo;elle a chanté à travers l&rsquo;Italie l&rsquo;année dernière</a>). Elle démontre une nouvelle fois ses affinités avec la musique de Kurt Weill avec la glaçante chanson « Je ne t&rsquo;aime pas ». Dans le redoutable « Si ritrovarla io giuro » de <em>La Cenerentola</em>, <strong>Mali Zivcovic</strong> offre une impressionnante cascade de suraigus (plusieurs contre-ut et un contre-ré) et une belle aisance dans la vocalisation. Par contraste, son <em>Werther</em>, trop central à ce stade mais dont il a assurément le physique, le met moins en valeur. En Anna Bolena et en Micaela, <strong>Fanny Utiger</strong> offre un timbre chaud et une remarquable aisance dans l&rsquo;aigu et de beaux graves sans efforts, alliés à une belle incarnation dramatique. <strong>Raluca Vallois</strong> sait nous faire sourire avec une <em>Belle Hélène</em> à la voix charnue et puissante, et à l&rsquo;aigu généreux. La jeune <strong>Anaëlle Gregorutti</strong> se lance avec intrépidité dans l&rsquo;air de Farnace du <em>Mitridate</em> de Mozart, avec une voix corsée, à l&rsquo;aigu puissant, et conclut le programme avec la délicieuse <em>Heure</em> <em>exquise</em>, non dans la version de Reynaldo Hahn mais dans celle, tout aussi élégante et plus rare de Régine Poldowski.</p>
<p>Le programme intégrait également la lecture de trois beaux poèmes d&rsquo;<strong>Hanna Rees</strong>, moment de grâce trop fugitif. Ceux-ci sont  <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.amazon.fr/Haïkus-à-française-Hanna-Rees/dp/2310014346/ref=sr_1_5?dib=eyJ2IjoiMSJ9.jKKCN5JZZmFXGMUcAtntS7sBUIYJFEiguSCbD9gp5V6lrFtfrJfQNNOkocCEqN4zsxy_Il5hmrNBo-l5jKMYGfF8l-PuZVyFfxej_1xvGUwktY-0jAqD-S7lqXVuRiuG.lY4fEg0VCmx0GOMsJWN0At8icONpKNijGwzAeT4Vnt4&amp;dib_tag=se&amp;qid=1759055463&amp;refinements=p_27%3AHanna+Rees&amp;s=books&amp;sr=1-5&amp;text=Hanna+Rees">extraits de ses <em>Haïkus à la française</em></a>, et dits par leur auteur. Le dernier d&rsquo;entre eux évoque avec force et sensibilité le choc éprouvé par Hanna Rees <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/regards-sur-beatrice-uria-monzon-elle-etait-solaire/">à l&rsquo;annonce de la mort de Béatrice Uria Monzon</a>.<strong> Isabelle Carrar</strong> a fait résonner l&rsquo;esprit du Quartier Latin avec trois belles chansons extraites des répertoire de Barbara et de Juliette Gréco (on pourra l&rsquo;entendre en récital à Senlis le 9 octobre prochain à la Maison Léo Delibes, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://villaduchatelet.com/concerts/">Villa du Châtelet</a>). Le soprano et professeur de chant <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.linkedin.com/in/anne-julia-audray-471b6bb1/">Anne-Julia Audray</a> a présenté son recueil de sélections d&rsquo;airs (opéra, oratorio, mélodie, chanson ou comédie musicale), <em>Opera</em> <em>Singing</em>, pour jeunes et moins jeunes chanteurs. L&rsquo;idée est de permettre à des artistes de ne pas être obligés de voyager avec plusieurs partitions et de se concentrer sur celles susceptibles de les mettre en valeur. À titre d&rsquo;exemple, même les chanteurs enfants y trouveront des airs leur permettant de mieux briller lors de leurs auditions. Les morceaux sélectionnés comportent plusieurs versions chantées traduites. L&rsquo;après-midi était animée par Jérôme Pesqué, « patron » d&rsquo;<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://odb-opera.com/">ODB-Opéra</a>, et par <strong>Stéphane Sénéchal</strong> qui a apporté quelques moments de décompression avec ses incarnations de Funny Truche (soprano influenceuse) et de la Stromboli (diva à la carrière plus brève que son bagout !). Et l&rsquo;on n&rsquo;oubliera pas de remercier et de féliciter les quatre pianistes qui se sont succédé pour accompagnés les artistes dans ce programme particulièrement éclectique (et comportant beaucoup de raretés), et sans lesquels ce concert n&rsquo;aurait pu avoir lieu : <strong>Maxime Neyret</strong>, <strong>Matteo Carminati</strong>, <strong>François Bettencourt</strong> et <strong>Arnaud</strong> <strong>Kérébel</strong>. Le spectacle était donné au profit de la <em>Ligue contre le cancer.</em></p>
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		<title>MOZART, Mitridate &#8211; Lausanne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-mitridate-lausanne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le simple (?) jeu des voix, des chanteurs-acteurs, de la musique… Et surtout le jeu des passions.La production lausannoise de Mitridate n’actualise pas, ne conceptualise pas, ne décale pas. C’est un spectacle d’une grande élégance. Qui a la chance d’être servi par une distribution exemplaire. Et par une direction orchestrale subtile. En parfaite connivence avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le simple (?) jeu des voix, des chanteurs-acteurs, de la musique… Et surtout le jeu des passions.<br>La production lausannoise de <em>Mitridate</em> n’actualise pas, ne conceptualise pas, ne décale pas. C’est un spectacle d’une grande élégance. <br>Qui a la chance d’être servi par une distribution exemplaire. Et par une direction orchestrale subtile. En parfaite connivence avec la direction d’acteurs d’<strong>Emmanuelle Bastet</strong>, qui ne l’est pas moins. <br>Quasi trois heures de musique, et un public suspendu aux moindres soubresauts amoureux, aux élans du cœur d’un quintette d’êtres désemparés. Un roi et ses deux fils, tous trois épris de la même femme. Le désir, la jalousie, la trahison, sentiments éternels… La mise en scène et l’interprétation sont aussi frémissantes que l’opéra de Mozart, si peu donné, on se demande pourquoi.<br>Ajoutons que l’intimité et l’acoustique de l’opéra de Lausanne semblent faites pour lui.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/OpLaus_Mitridate_PG_202502¸CaroleParodi_HD-0415-1-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-183823"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lauranne Oliva et</sub> <sub>Athanasia</sub> <sub>Zöhrer</sub> <sub>©</sub> <sub>Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un bain de phtalocyanine</strong></h4>
<p>Tout baigne dans le bleu. Le scénographe <strong>Tim Northam</strong> explique que ce n’est pas le bleu Klein. «&nbsp;Pour <em>Mitridate</em> on voulait une couleur plus profonde, mystérieuse, moins électrique&nbsp;». Ce pigment, «&nbsp;méditerranéen, antique et contemporain à la fois&nbsp;», c’est la phtalocyanine «&nbsp;qui peut selon les éclairages aller vers l’outremer ou vers un troublant noir bleuté&nbsp;», dit-il encore.</p>
<p>C’est une manière d’espace mental, de lieu abstrait que crée le décor mobile : des escaliers qui sortent lentement des coulisses ou y retournent. Certains, les plus hauts, deviennent point d’observation pour l’énigmatique Arbate, moitié majordome en costume cerise, moitié inquiétant factotum de Mitridate. Car on s’observe, on s’épie, dans ce palais bleu. On se retire en soi-même ou dans ses appartements, on se trahit, on se désire, on se cache, on se déchire.</p>
<p>Outre leur effet graphique, les escaliers resserrent l’espace, deviennent lieu de confidence, ou de solitude, de méditation douloureuse. Des rideaux de longs fils bleus descendent parfois pour créer des espaces labyrinthiques, où les amants peuvent se perdre ou se cacher. Ou pour créer une brume bleutée, à l’image du trouble qui saisit tel ou tel personnage. Des fauteuils et un luminaire Arts-Déco apparaîtront à un certain moment, sans pour autant rapprocher l’action du monde contemporain.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mitridate-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-1-1-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-183817"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Sonja Runje (en haut) et Athanasia Zöhrer © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>En tout lieu et en tout temps</strong></h4>
<p>S’agissant des costumes, certaines étoffes, soyeuses ou brochées, évoquent un Orient de théâtre, celui de Véronèse ou de Pierre de Cortone. Mitridate porte un manteau à col de loutre de hobereau. Les fringants princes ont le négligé chic de jeunes cavaliers romantiques. <br>De même que le jeune Mozart se soucie comme d’une guigne de l’antiquité grecque et romaine, de même la mise en scène évite toute référence historique ou géographique. On est dans le bleu, voilà tout.</p>
<p>À Mozart (qui aura quinze ans un mois après la création de ce <em>Mitridate</em>), est donc échu (c’est une commande) ce livret de Cigna-Santi d’après la pièce de Racine (1673). Il commence à écrire les récitatifs à Bologne (où il reçoit les conseils du vénérable Padre Martini), avant de continuer à le faire à Milan (où «&nbsp;les doigts lui en font mal&nbsp;») et compose les airs en novembre-décembre sur mesure pour les interprètes qu’il aura. Leopold Mozart raconte que Wolfgang attend le 24 novembre qu’arrive le <em>primo uomo</em> (le signore Guglielmo d’Ettore) « pour bien lui mesurer l’habit sur le corps ». De fait, ce devait être un chanteur de haut vol, si on en juge par les airs que lui a ménagés Mozart.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/OpLaus_Mitridate_PG_202502¸CaroleParodi_HD-0692-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183829"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Paolo Fanale © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Habiter l’opera seria</strong></h4>
<p>Le genre <em>opera</em> <em>seria</em> était alors considéré comme vieillissant. Il aura néanmoins encore de beaux jours devant lui, avec Mozart justement dont <em>Lucio Silla</em> (1772), <em>Idomeneo</em> (1781) et la <em>Clemenza di Tito</em> (1791) démontreront qu’une forme prétendument figée et désuète peut encore exprimer des sentiments nouveaux.</p>
<p>Pour l’instant, lui qui avec les fins d’actes de <em>Cosi fan tutte</em> ou des <em>Noces</em> inventera quelque chose d’inouï, il s’accommode sans sourciller du carcan des airs <em>da capo.</em> L’étonnant étant qu’il y déploie une invention mélodique, une expressivité, une vérité, une audace qui font plus qu’annoncer le Mozart de la pleine maturité.</p>
<p>À condition que les interprètes habitent l’univers musical qu’il leur offre. On saluera d’abord la direction magistrale d’<strong>Andreas Spering</strong>. Dès le début très articulée, très incisive dans les parties allegro de l’Ouverture, avec un <strong>Orchestre de chambre de Lausanne</strong>, évidemment dans son paysage musical d’élection.</p>
<p>Au fil de l’opéra, on remarquera la plénitude sonore, le velouté des cordes et la saveur des vents, la netteté des ponctuations dans les passages animés, mais aussi la balance parfaite entre plateau et fosse. Andreas Spering ne couvre jamais, il retient, ralentit, étire certains lamentos, il écoute, il sculpte le son, à l’évidence il fait corps avec les chanteurs.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/OpLaus_Mitridate_PG_202502¸CaroleParodi_HD-0906-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183831"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Athanasia Zöhrer, Lauranne Oliva © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le jeune Mozart en pleine recherche</strong></h4>
<p>En tête de la distribution, selon nous, le couple Aspasia-Sifare. <strong>Lauranne Oliva</strong> aura été pour beaucoup la révélation de la soirée, et cela dès son air d’entrée, « Al destin, che la minaccia », à l’ornementation scintillante. Leur longue scène de l’acte II avec cor obligé (coup de chapeau au cor solo de l’OCL, <strong>Antonio Lagares</strong>), « Non piu regina –&nbsp;Lungi sa te, mio bene » aura été un premier moment de grâce.</p>
<p>Puis dans la seconde partie du spectacle leur duo «&nbsp;Si viver non degg’io&nbsp;» sera un autre des moments privilégiés de la soirée (il y en aura beaucoup).</p>
<p>Encore une page étonnante du jeune Mozart, avec son début en récitatif accompagné à l’orchestre (accompagnement feutré, impalpable) suivi d’une aria lyrique où le grand style de soprano mozartien de Lauranne Oliva peut se déployer, la chaleur du timbre, le legato constamment soutenu, le rayonnement : à la fois la perfection du chant et l’émotion noble, dans un moment semblant préfigurer toutes les héroïnes à venir, les Donna Anna, les Comtesse ; la voix de Sifare venant ensuite s’y entrelacer, voix de soprano aussi, mais plus charnue, annonçant les Dorabella et Susanna, celle d’<strong>Athanasia Zöhrer</strong>, toutes deux mêlant leurs arabesques avant que le duo ne devienne un duel (pacifique, amoureux) de coloratures entremêlées et de roucoulades tragiques, s’achevant sur l’entremêlement non moins fougueux de leurs bouches, l’érotisme vocal des deux chanteuses étant en parfait accord avec la sensualité du précoce Mozart.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/OpLaus_Mitridate_PG_202502¸CaroleParodi_HD-1259-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183835"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Lauranne Oliva, Athanasia Zöhrer © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Les grandes arias de l’avenir sont déjà là</strong></h4>
<p>Peu après, et tout aussi prémonitoire, la cavatine « Pallide ombre » sera à nouveau (chantée dans le labyrinthe des fils bleus) idéale de ligne musicale, sur des palpitations orchestrales lancinantes, les flûtes ou les cordes lui répondant en contrechant, page saisissante de grandeur, prise sur un tempo très lent, et qui chose étonnante ne s’achève pas mais bifurque vers un nouveau récitatif accompagné : Aspasia va boire le poison, alors surgit Sifare, qui l’en empêche et enchaîne avec un air aussi tempétueux que désespéré, mené à un train d’enfer par Andreas Spering, où Athanasia Zöhrer montre toute sa virtuosité, mais en même temps ce timbre chaud, intense, qui tout au long de l’opéra rend crédible ce personnage de meilleur des fils. Ajoutons qu’elle porte très bien le travesti.</p>
<p>L’autre fils, le méchant, c’est Farnace, chanté par le contralto <strong>Sonja Runje</strong>, très beau timbre, profond et troublant. La voix a moins de projection que celle d’Athanasia Zöhrer, et de surcroît la mise en scène la place souvent au deuxième plan, pour en faire un personnage de l’ombre… Mais Andreas Spering retient précautionneusement l’orchestre pour ne jamais la couvrir. La partition lui réserve moins d’airs qu’à son frère ennemi. Si dans un air brillant comme « Son reo », Sonja Runje montre une virtuosité dans la grande tradition du chant baroque, ce qu’elle donne à entendre de plus beau est sans doute son air de repentir « Già dagli occhi il velo è tolto », dont elle fait une page d’un intense pathétique. La couleur de la voix, les phrasés très longs, la tonalité de <em>mi</em> bémol, la beauté des graves, le tapis de basses à l’orchestre, la beauté des trilles ponctuant la strette, tout est d’une belle noblesse.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/OpLaus_Mitridate_PG_202502¸CaroleParodi_HD-1396-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-183837"/><figcaption class="wp-element-caption">A<sub>thanasia Zöhrer, Aitana Sanz, Sonja Runje, Paolo Fanale, Lauranne Oliva © C.P.</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Belcantisme</strong></h4>
<p>On n’aura garde d’oublier Ismène, la fille du Roi des Parthes, amoureuse de Farnace, qui n&rsquo;en fera guère cas. <strong>Aitana Sanz</strong> a de la juvénilité dans la voix. Dans un rôle de personnage sincère (c’est bien la seule), elle ajoute à la fraîcheur de son timbre, une belle agilité et des suraigües renversantes qu’elle tient à l’infini.<br>Le contre-ténor <strong>Nicolò Balducci</strong> dessine un Arbate très graphique, en danseur. Sa maitrise du chant orné n’a d’égale que celle du ténor <strong>Rémy Burnens</strong> dans le rôle archi-court de Marzio, ambassadeur romain victorieux : s’il n’a qu’un air, il en fait un numéro spectaculairement brillant avec tout le répertoire des vocalises, <em>gorgheggi</em> et autres <em>abbellimenti</em>, auxquels il ajoute des notes hautes extraterrestres.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="991" height="991" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Mitridate-@Op‚ra-de-Lausanne-Carole-Parodi-12-1.jpeg" alt="" class="wp-image-183820"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Paolo Fanale © Carole Parodi</sub></figcaption></figure>


<p>Quant à Mitridate, c’est<strong> Paolo Fanale</strong>. Rôle à l’ambitus terrifiant, rôle de baryténor, avec des sauts de notes, et une demi-douzaine d’airs pour la plupart « di furore ». Et d’autant plus difficile dans le registre élevé qu’il est chanté ici avec un diapason « moderne » à 442. Le ténor italien, familier de rôles mozartiens plus amènes (Ferrando ou Idomeneo) s’y montre d’une bravoure sans faille dès son air d’entrée (redoutable avec ses grands écarts du grave au très aigu), « Se di lauri », où il est douloureux et touchant. Il est non moins remarquable dans cet air insensé « Tu, che fedel mi sei », où il passe sans transition de la tendresse (à l’endroit de Sifare) à l’invective (à l’encontre d’Aspasie, avec des notes hautes. Paolo Fanale compose un personnage très humain, éperdu, déçu, trahi, puissant et fragile à la fois, il le compose en acteur autant qu’en chanteur, d’où parfois des touches expressionnistes, moins idiomatiquement mozartiennes.</p>
<p>On l’a compris, c’est selon nous une production tout à fait remarquable. Qui sera reprise en avril prochain à Montpellier, sous la baguette de Philippe Jaroussky et avec une distribution à peu près totalement renouvelée.</p>
<p>Une production vigoureusement applaudie à la première par un public très étonné, je crois, qu’un <em>opera</em> <em>seria</em> puisse être aussi prenant, émouvant, frémissant, vivant.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-mitridate-lausanne/">MOZART, Mitridate &#8211; Lausanne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>PORPORA, Mitridate — Schwetzingen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mitridate-schwetzingen-porpora-bien-plus-que-de-la-haute-voltige/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Dec 2017 06:25:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« L’opéra Mitridate était si plein mardi soir qu’il y avait plus de quatre cents quarante ladies et gentlemen à l’orchestre et dans les loges, en plus des abonnés. Plus de cinquante personnes ont été obligées de quitter la salle par manque de place » rapportait le Daily Advertiser du 30 janvier 1735. De nos jours, une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>L’opéra </em>Mitridate<em> était si plein mardi soir qu’il y avait plus de quatre cents quarante</em> ladies<em> et </em>gentlemen<em> à l’orchestre et dans les loges, en plus des abonnés. Plus de cinquante personnes ont été obligées de quitter la salle par manque de place</em> » rapportait le <em>Daily Advertiser </em>du 30 janvier 1735. De nos jours, une telle affluence doit laisser rêveurs les compositeurs d’un genre en sursis, mais elle relevait aussi en partie du mirage à l’époque. Porpora n’était d’ailleurs probablement pas dupe et savait que le public venait d’abord applaudir les stars que l’Opéra de la Noblesse avait réussi à fidéliser : Farinelli et Senesino, entourés de la Cuzzoni et de Montagnana, seul interprète à avoir également pris part à la création d’un premier <em>Mitridate, </em>six ans plus tôt à Rome. Si la seconde version quitte l’affiche du King’s Theatre après seulement quatre représentations, faut-il en attribuer la responsabilité à la qualité des remaniements opérés par Porpora et son librettiste, Colley Cibber ? Le <strong>Festival Winter in Schwetzingen</strong>, qui avait déjà donné <em>Polifemo </em>en 2012, semble persuadé du contraire et nous permet de tordre le cou aux idées reçues que véhicule, par exemple, Rodolfo Celletti dans sa célèbre histoire du <em>bel canto </em>: « <em>le luxe de la colorature ne parvient pas à cacher, sur le plan de la valeur expressive, quelque chose d’assez vague, voire une certaine pauvreté d’invention mélodique </em>», généralisation abusive à l’aune de <em>Polifemo</em> ou, précisément, de <em>Mitridate</em>.</p>
<p>Sa rivalité avec un génie dramatique de l&rsquo;envergure de Haendel a manifestement stimulé Porpora dont la production londonienne rompt avec le confortable ronron de l’<em style="line-height: 1.5">aria da capo</em>, flanqué d’un accompagnement générique des cordes et du continuo. La musique de <em style="line-height: 1.5">Mitridate </em>est à cet égard emblématique, dès le premier numéro de Sifare qui s’interrompt à mi-parcours pour se transformer en <em style="line-height: 1.5">duetto</em> – cinq autres, tout aussi vivaces, la crème du style galant, suivront ainsi qu’un brillant quatuor – mais aussi et surtout dans de remarquables récitatifs accompagnés où, à l’instar du Saxon dans ses meilleurs opéras, le Napolitain sait tout particulièrement exploiter le formidable talent théâtral de Senesino (Mitridate). Il lui écrit un rôle dense, ambigu et versatile et la découverte de cette figure tourmentée, retorse mais fragile sous ses rodomontades, suffirait à elle seule à justifier la courageuse entreprise du Festival de Schwetzingen. Connaisseur hors pair des ressources de la voix humaine, Porpora conçoit également le plus beau des <em style="line-height: 1.5">cantabile</em> pour la Cuzzoni (Semandra) et les jeunes cantatrices seraient bien inspirées de sortir des sentiers haendéliens battus <em style="line-height: 1.5">ad nauseam </em>pour s’intéresser au dialogue fleuri du soprano avec les flûtes et les hautbois dans « Augelletti che cantando » ou s’approprier les adieux au monde de Semandra (« Vieni o cara » désarmant de candeur blessée dans cette tonalité si poignante de si mineur). Bien sûr, d’aucuns pointeront le traitement orchestral relativement sommaire d’épisodes riches de promesses comme l’orage ou, toujours au 1<sup>er</sup> acte, le sacrifice grâce auquel l’Oracle peut remplir son office, mais l’économie du drame et la caractérisation de ses protagonistes nous incitent à revoir nos préjugés.</p>
<p>Porpora savait comme personne mettre en valeur l’extraordinaire virtuosité de Carlo Broschi, le plus doué de ses élèves. Monsieur de La Palice n’aurait pas dit mieux, ricaneront les sceptiques, mais ils n’auront sans doute pas imaginé que le musicien puisse également doter Sifare d’une réelle épaisseur : l’amant s’épanche, le fils doute, sa partie ne se réduit pas à une cascades de vocalises et de trilles. A dire vrai, ce n’est pas tous les jours que nous avons l’occasion d’entendre dans son intégralité et sur scène un rôle écrit pour Farinelli, objet de tous les fantasmes et de bien des croyances. En l’occurrence, il faudra oublier l’ambitus mythique de trois octaves (principalement exploré dans les reprises) pour se rappeler que la plupart des pages que Porpora lui destine évoluent dans le médium. Il faudra aussi renoncer à se laisser décoiffer par un organe surpuissant pour apprécier l’aplomb de <strong style="line-height: 1.5">Ray Chenez</strong>, la fraîcheur, la flexibilité et l’endurance de l’instrument (étourdissant « Cessa Roma superba e altera »), du reste bien projeté, et la présence, l’irrésistible ardeur de l’acteur. Il faut du cran mais aussi de la lucidité, sinon de la sagesse pour affronter pareil emploi sans fléchir ni forcer ses moyens pour épater la galerie. Egalement jeunes et beaux, Ray Chenez et <strong style="line-height: 1.5">Yasmin Özkan</strong> (Semandra) forment un couple très glamour, même si l’apparition de la princesse, dans son voile azur, a d’abord fait ressurgir dans notre esprit dissipé le souvenir de la Marie de Nazareth campée par la ravissante Olivia Hussey chez Zeffirelli. Un peu sur son quant-à-soi, la soprano nous étreint subtilement, étonnante de sobriété, loin de tout étalage auquel cette Reine de la Nuit aurait pu succomber dans les variations.     </p>
<p>Paradoxalement, l’excentricité – ce grain de folie qu’il aime à revendiquer –, nous la trouverons, sans l’y avoir recherchée, dans les cadences de <strong style="line-height: 1.5">David DQ Lee</strong>, Mitridate sonore et au grain clair, qui plonge à l’envi dans ses graves de baryton : effet détonnant garanti, à mille lieues toutefois de la légendaire noblesse de Senesino (<em style="line-height: 1.5">de gustibus…</em> ) Heureusement, le Canadien sait aussi embrasser la complexité du personnage, non sans exagérer sa cruauté (ah, ces sourires sadiques !) et mourir, ce qui n’est jamais une mince affaire en chantant, même si Porpora ne lui impose pas une longue agonie. Catogan et barbe de trois jours, regard noir et pénétrant, <strong style="line-height: 1.5">Shahar Lavi</strong> campe un Farnace à la séduction trouble et inattendue chez ce félon que l’on voudrait haïr. Dommage que la partition (ou le chef ?) limite ses interventions car nous aurions aimé entendre davantage un mezzo encore prudent, mais bien trempé et ductile. Ismene se voit réduite à la portion congrue, mais <strong style="line-height: 1.5">Katja Stuber</strong> sort le grand jeu en victime cynique et détraquée.</p>
<p>Ayant dans l’oreille des formations spécialisées, nous ne goûtons guère les textures épaisses du <strong style="line-height: 1.5">Philharmonisches Orchester Heidelberg</strong> ni la patte, exagérément lourde (articulation, accentuation), de <strong style="line-height: 1.5">Felice Venanzoni</strong>, mais le geste s’assouplit au fil des scènes, à l’écoute des solistes. Le travail de <strong style="line-height: 1.5">Jacopo Spirei</strong> se signale par son sens du rythme, de la tension – et donc de la détente, avec d’ailleurs quelques touches d’humour bienvenues qui font mouche auprès du public – au service d’un huis clos sentimental et familial où les enjeux politiques, n’était la fin tragique de Mitridate, sont relégués au second plan, sinon en toile de fond. Nous accueillons avec soulagement un décor unique (<strong>Madeleine</strong> <strong>Boyd</strong>) élégant, soigné, manière de salle d’armes dans un palais oriental partiellement dévasté et des costumes à l’avenant (<strong>Sarah</strong> <strong>Rolke</strong>) mais nous n’échapperons pas aux treillis ni aux mitraillettes factices – quand les figurants auraient pu saisir épées et poignards, armes blanches avec lesquels le tyran se plaît à jouer. Un détail, face à l&rsquo;ampleur des surprises que nous réservait ce <em>Mitridate</em>.  </p>
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		<title>Beaune : réponse du festival&#8230; et de Leandro Marziotte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/beaune-reponse-du-festival-et-de-leandro-marziotte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jul 2017 07:24:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Le festival ne saurait être tenu pour responsable de votre propre silence et dénonce avec force vos propos quasi diffamatoires qui ne sauraient en rien porter atteinte à sa réputation là aussi d&#8217;excellence ». Suite à l’article publié hier matin par Forum Opéra, le Festival de musique baroque de Beaune vient de diffuser sa réponse officielle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Le festival ne saurait être tenu pour responsable de votre propre silence et dénonce avec force vos propos quasi diffamatoires qui ne sauraient en rien porter atteinte à sa réputation là aussi d&rsquo;excellence</em> ». Suite à l’article publié hier matin par Forum Opéra, le Festival de musique baroque de Beaune vient de diffuser sa réponse officielle aux accusations lancées par <strong>Sacha Hatala</strong>. Ce texte, signé par le directeur de la manifestation, <strong>Kader Hassissi</strong>, dénonce notamment le flou dans lequel l’artiste aurait laissé les organisateurs quant à ses choix en matière de déplacement et d’hébergement.</p>
<p>« <em>Je précise que tous les solistes de cette production ne résidant pas à Paris ont été logés à l&rsquo;hôtel Du Pré*** durant les 5 jours de répétitions (voir facture en PJ) comme c&rsquo;est la règle. N&rsquo;ayant pas reçu de votre part les informations correspondantes, nous n&rsquo;avons pas pu vous y loger comme vos autres collègues. C&rsquo;est avec une réelle surprise que nous apprenons dans votre lettre que vous aviez logé à Paris à vos frais durant 2 jours.[…] Pour ce qui regarde les voyages, n&rsquo;étant pas informé que votre domicile était à l&rsquo;Île d&rsquo;Arz (le point d&rsquo;interrogation indiqué par mes soins n&rsquo;ayant pas été levé par vous), le projet de contrat stipule (en Annexe B) qu&rsquo;ils sont à définir et pris en charge par l&rsquo;artiste comme pour tous les autres contrats des solistes résidants à Paris, compte tenu de la lourdeur financière de cette production de Mitridate. Là aussi nous n&rsquo;avons reçu aucune demande d&rsquo;une quelconque prise en charge par le festival ni par mail, ni par SMS ou téléphone de votre part</em> ».</p>
<p>Par ailleurs,<strong> Leandro Marziotte</strong>, que remplaçait Sacha Hatala, a publié ses propres réactions sur sa page Facebook :</p>
<p>« <em>Dès le début, j&rsquo;ai demandé quelles seraient les conditions de cet engagement, mais mon contrat n&rsquo;est arrivé que quelques semaines avant le début des représentations. Les conditions étaient très mauvaises : pas de trajets payés, ni d&rsquo;hébergement pour la période des répétitions […]. Mon Agent a souhaité de meilleures conditions (au minimum : un défraiement pour le transport et un hébergement). Le Festival a alors répondu qu&rsquo;il y aurait très certainement des coupures dans le rôle que je devais interpréter car le chef de l&rsquo;ensemble avait décidé d&rsquo;enlever des parties musicales. Comment est il possible de se rendre compte quatre semaines avant la première qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas besoin d&rsquo;un rôle dans son intégralité&#8230;? J&rsquo;ai bloqué cette date pendant un an pour rien ! J&rsquo;ai personnellement envoyé des e-mails, des Sms, téléphoné  pour avoir quelques explications, mais personne n&rsquo;a daigné me répondre</em>&#8230; ».</p>
<p>L&rsquo;affaire en restera-t-elle là ? Réponse dans les prochains jours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/beaune-reponse-du-festival-et-de-leandro-marziotte/">Beaune : réponse du festival&#8230; et de Leandro Marziotte</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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