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	<title>Parsifal - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Parsifal - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Parsifal &#8211; Gand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-gand/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’œuvre de Wagner est saturée de sens : dans ses livrets, le compositeur combine les sources et réinvente les histoires. Les niveaux de lecture sont multiples et les strates de signification, potentiellement infinies. Et comme pour ajouter à l’infini, le texte se déploie sur une partition qui, elle-même, se prête à une lecture qui dépasse &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’œuvre de Wagner est saturée de sens : dans ses livrets, le compositeur combine les sources et réinvente les histoires. Les niveaux de lecture sont multiples et les strates de signification, potentiellement infinies. Et comme pour ajouter à l’infini, le texte se déploie sur une partition qui, elle-même, se prête à une lecture qui dépasse de très loin l’analyse musicale. Mettre en scène cette saturation, c’est nécessairement choisir entre un angle limité – c’est, dès lors, risquer une lecture superficielle – et une lecture totalisante ; c’est, dès lors, risquer de transposer la saturation de l’œuvre sur scène. En voulant éviter l’écueil du premier terme, <strong>Susanne Kennedy</strong> et <strong>Markus Selg</strong> se sont allègrement jetés dans le second. À l’occasion de leur première production pour l’opéra – <em>Einstein on the Beach</em> (2022) – la metteure en scène et le scénographe avaient invité le public à s’immerger dans l’œuvre en prenant place sur scène, parmi les chanteurs. Ici, c’est depuis la salle que le public est censé vivre une expérience immersive qui, en l’occurrence, ne passe ni par la musique, ni par l’invitation à la contemplation. L’immersion est le fait d’une saturation d’images et d’effets vidéo, de couleurs elles aussi saturées, d’une fuite en avant qui agresse plus qu’elle n’invite. Cette multiplication d’images et d’effets offre des possibilités infinies en termes de symbolique et les ambitions ne manquent pas à cet égard (si l’on en croit les notes d’intention du livret) : il est question de psychanalyse jungienne et d’image archétypale, Schopenhauer est convoqué – évidemment – de même que Platon, les rites initiatiques païens, les spiritualités hindoues ou encore les origines du théâtre. De ces ambitions théoriques, on ne percevra pourtant pas grand-chose. Les références christiques sont légion, on est souvent entraîné à travers la couronne d’épines mais le spectacle n’est pourtant pas ici celui de la Passion d’Amfortas et l’on peine dès lors à dépasser l’anecdote. À vouloir tout dire, ne risque-t-on pas de ne finalement rien transmettre ? La quête intérieure et l’expérience immersive revendiquées ressemblent davantage à un voyage dans un jeu vidéo vintage, monté à grands renforts d’IA – esthétique à laquelle d’aucuns sont sans doute sensibles.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M5A5335-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-200675"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© OBV/Annemie Augustijns</sup></figcaption></figure>


<p>En fosse, <strong>Alejo Pérez</strong> adopte une lecture d’emblée analytique où leitmotivs et tensions harmoniques sont soigneusement soulignés, parfois au détriment d’un phrasé et d’un mouvement global  aboutis. Il faut attendre le deuxième acte pour que le <strong>Symfonisch Orkest Opera Ballet Vlaanderen</strong> révèle son plein potentiel expressif. Les phrasés se font alors plus soutenus et la tension s’installe jusqu’à exploser lors de l’apothéose de Parsifal, à la fin du troisième acte. Certes, les bois et les cordes manquent encore de rondeur et les cuivres – généreux et toujours justes – pourraient gagner en volupté mais, globalement, l’ensemble est de très bonne tenue.</p>
<p>L’approche verticale de la direction se ressent dans les premières interventions du Gurnemanz d’<strong>Albert Dohmen</strong>. L’attention extrême qu’il porte aux consonnes rend la direction des phrases difficile à saisir. Ce n’est qu’au troisième acte que le chant se déliera pour se laisser porter par une énergie horizontale (alors même que Parsifal, lui, <em>monte</em> au ciel), permettant d’apprécier les trésors de musicalité qu’offrent le timbre cuivré et la voix ample du chanteur. <strong>Dshamilja Kaiser</strong> est une Kundry d’abord comme effacée – ce qui est peut-être dû à une direction d’acteurs minimaliste (sinon inexistante, au premier acte) assumée. Le placement est toutefois idéal et, même si les graves manquent parfois de volume, la voix se déploie en harmoniques enveloppantes. Avec le Parsifal de <strong>Christopher Sokolowski</strong>, elle offrira un duo intense où – enfin – chanteurs et orchestre s’élanceront en une même direction claire et passionnée. Visuellement, alors que l’on passe à ce moment d’une saturation de couleurs à une ambiance intime et presque en noir et blanc, la scène du baiser est certainement la plus réussie. Sokolowski a toutes les qualités du ténor wagnérien : charpentée mais suffisamment légère, éclatante et canalisée mais pas nasale, la voix séduit d’abord dans des aigus puissants et larges. À la fin du troisième acte, on lui découvrira des graves bien installés. <strong>Kartal Karagedik </strong>est un Amfortas à la projection efficace avec de beaux médiums et une largeur générale. Son « Wehe ! Wehe mir der Qual » est remarquablement mené et constitue, avec le baiser de Parsifal et Kundry, le sommet musical de la production. <strong>Werner Van Mechelen</strong> est un Klingsor à la vocalité idéale : la voix est large mais d’une extrême clarté, colorée, la projection servie par un souffle enveloppant et comme infini. Titurel est vaillamment servi par un <strong>Tijl Faveyts</strong> qui canalise parfois à l’excès mais qui, globalement, offre une prestation soignée et émouvante.</p>
<p><strong>Sawako Kayaki</strong>, <strong>Jessica Stakenburg</strong>, <strong>Emanuel Tomljenovic</strong> et <strong>Timothy Veryser</strong> sont quatre écuyers à la vocalité cohérente, tandis que les six filles fleurs de <strong>Maria Chabounia</strong>, <strong>Ondelwa Martins</strong>, <strong>Idunnu Münch</strong>, <strong>Sawako</strong> <strong>Kayaki</strong>, <strong>Zofia Hanna</strong> et <strong>Jessica Stakenburg</strong> offrent, individuellement, de très beaux timbres mais qui ne s’harmonisent pas idéalement dans une partition qui exige une certaine cohérence chromatique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M5A6978-1-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-200673"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© OBV/Annemie Augustijns</sup></figcaption></figure>


<p>Le chœur d’Opera Ballet Vlaanderen, préparé par <strong>Jef Smits</strong>, n’est pas au sommet de ses capacités. Le son est massif et ample mais manque de rondeur, les phrasés sont laborieusement négociés et la justesse reste parfois approximative. Le chœur d’enfants, préparé par <strong>Hendrik Derolez</strong>, est en revanche excellent et l’on goûte un son parfaitement homogène tant du point de vue des intentions que de la couleur vocale – ce qui, on le sait, témoigne d’un exigeant travail sur le son et d’une écoute mutuelle à toute épreuve.</p>
<p>On sort de ce <em>Parsifal</em> avec la conscience d’un décalage : l’infini s’est dilué dans la profusion et, si quelques instants de grâce rappellent la force de l’œuvre, on n’en aperçoit toujours pas la vision.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-gand/">WAGNER, Parsifal &#8211; Gand</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Bayreuth : vous reprendrez bien du Risotto Gurnemanz ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-vous-reprendrez-bien-du-risotto-gurnemanz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Aug 2025 04:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;édition 2025 du Festival de Bayreuth touche à sa fin &#8211; en attendant l&#8217;édition du jubilé 2026. Les portes sont se sont refermées, celles du Festspielhaus, mais aussi des différents restaurants, bistrots ou stands réservés aux festivaliers plus ou moins fortunés. Le plus chic des restaurants est le Green Hill 1813 (on ne rit pas), &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;édition 2025 du Festival de Bayreuth touche à sa fin &#8211; en attendant l&rsquo;édition du jubilé 2026. Les portes sont se sont refermées, celles du Festspielhaus, mais aussi des différents restaurants, bistrots ou stands réservés aux festivaliers plus ou moins fortunés.<br />
Le plus chic des restaurants est le Green Hill 1813 (on ne rit pas), partie prenante du groupe Wahnfood (on ne rit toujours pas !) Lorsque vous arrivez au sommet de la colline verte (aujourd&rsquo;hui on n&rsquo;y vient plus à genoux, mais en taxi), vous allez commander votre repas pour, soit le premier, soit le second entracte : ce sont deux menus différents. Prenons au hasard le Menu Parsifal 1. Pause : comme entrée on vous propose au choix : Amfortas Schmerz (Douleur d&rsquo;Amfortas) : viande de veau, oignons, cornichons doux, brioche. Ou bien Mimes Schwert (Epée de Mime) : saumon, crème fraiche, raifort. Ensuite ce pourrait être Klingsors Speer (Lance de Klingsor) : lentilles à la tomate espagnole, Bloody Mary, oignons dorés et avalanche de ciboulette. Enfin en dessert des Blumenmädchen (Filles-fleurs) vous attendent : fraises, pistaches, caramel et sorbet vanille. Au second entracte, le fameux Risotto Gurnemanz vous tend les bras. Et ainsi de suite selon les jours et les entractes.<br />
Comme on le devine, il y en a pour tous les goûts. Mais pas forcément pour toutes les bourses. Le menu est à 180 € par personne, boissons non comprises.<br />
Bon appétit !</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Parsifal &#8211; Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Aug 2025 04:03:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les discussions envenimées autour des aléas de l’Or du Rhin parisien cette année ont pu faire oublier à quel point il y avait un grand chef dans la fosse pour le défendre. Pablo Heras-Casado continue ici, dans une production qu’il connaît déjà bien, de prouver qu’il est l’une des valeurs sûres de la scène actuelle, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Les discussions envenimées autour des aléas de l’<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-paris-bastille/">Or du Rhin parisien</a> cette année ont pu faire oublier à quel point il y avait un grand chef dans la fosse pour le défendre. <strong>Pablo Heras-Casado</strong> continue ici, dans une production qu’il connaît déjà bien, de prouver qu’il est l’une des valeurs sûres de la scène actuelle, que ce soit pour Wagner ou pour le répertoire lyrique en général. Sa direction constitue le plus grand atout de la représentation. Le phrasé, fluide et souple, s’inscrit toujours dans le rythme du texte, tout en menant un discours parallèle à la scène quand il le faut. La lisibilité est telle qu’on pourrait comprendre la narration par la seule partie orchestrale (plus limpide que la mise en scène par ailleurs, grâce aux leitmotive). On est à tout instant ravi par le jeu des timbres, la transparence de l’orchestre. Il propose un Wagner épuré, sensible, loin de toute démonstration de force : c’est là une forme d’idéal pour Parsifal. Le troisième acte en particulier est d’une beauté désarmante, notamment lors de la transformation du décor vers la cérémonie funéraire de Titurel. Là où certains en font (avec souvent beaucoup de réussite) un moment orchestral pathétique et violent, il choisit de l’interpréter en regard à la désolation qui ouvre l’acte, c’est-à-dire triste et abattu plutôt que grinçant. L’Enchantement du Vendredi Saint est évidemment un bonheur de délicatesse. Il faut dire qu’il est aidé par un <strong>Orchestre du Festival</strong> superlatif, que ce soit par sa cohésion, le son d’ensemble ou ses solistes (le hautbois). S’il faut émettre une réserve, disons simplement qu’il nous a manqué un soupçon d’urgence lorsqu’elle est demandée, notamment dans le deuxième acte. Saluons en tout cas bien bas cet artiste exceptionnel.</p>
<p><figure id="attachment_197896" aria-describedby="caption-attachment-197896" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-197896 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0330-1024x682.jpeg" alt="" width="1024" height="682" /><figcaption id="caption-attachment-197896" class="wp-caption-text">Pablo Heras-Casado<br />©️Waldemar Kamer</figcaption></figure></p>
<p>La mise en scène de <strong>Jay Scheib</strong> n’appelle pas les mêmes éloges. Sans la décrire précisément (on renverra plutôt au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/">compte rendu de Jean Michel Pennetier</a>), rappelons-en l’axe principal. Le plus grand drame de la communauté du Graal n’est pas ici le péché d’Amfortas, mais l’erreur initiale de leur culte, reposant sur l’exploitation des métaux rares comme le cobalt et le lithium. En mettant en danger le vivant, ce mode de vie les entraîne vers leur propre fin tant qu’ils ne le remettent pas en question. Toute dramatique qu’elle soit, la réalité politique que Scheib et la dramaturge <strong>Marlene Schleicher</strong> dénoncent ici est maladroitement amenée. Il faut attendre le troisième acte, et même sa conclusion, pour que le tout devienne cohérent et lisible. Sans même chercher à juger de l’adéquation ou non de cette thématique au livret de Wagner, disons simplement que c’est un échec de mise en œuvre de n’avoir aucun moyen de comprendre l’axe choisi autrement que rétrospectivement ou par la lecture du programme.<br />
Là où l’équipe de mise en scène s’éloigne en revanche considérablement du livret original, c’est par son traitement de la chasteté et du désir. Gurnemanz s’unit à Kundry dans le prologue ; Klingsor semble bien sexuel pour un aspirant saint qui se serait châtré lui-même pour renoncer à l’amour ; les Filles-fleurs sont des sortes de sirènes meurtrières, le danger pour les chevaliers n’étant alors plus d’être bannis de la communauté pour avoir péché, mais d’y laisser la vie ; le baiser de Parsifal à Kundry n’a rien de chaste, et la scène globalement est tout à fait sexuelle. On peine à comprendre la façon dont la mise en scène souhaite prendre en charge cet aspect car la thématique est trop présente dans le livret pour être complètement évacuée : la blessure d’Amfortas est bien montrée comme causée par le rapport avec Kundry, tandis que des symboles comme un pelvis percé surviennent régulièrement. En résulte une certaine incohérence.<br />
Le traitement de Kundry interroge également, mais on aime assez la direction que prend son axe dans le dernier acte. Globalement, elle semble sincère dans son entreprise de séduction de Parsifal, et développer un réel attachement pour lui, jusqu’à ce que les deux finissent comme un couple emblème du renouveau à mener après la destruction du Graal. Ainsi, plutôt que de chercher à apaiser Parsifal avec de l’eau lorsqu’il revient de son errance, c’est par un baiser qu’elle le réconforte. À la lecture des entretiens, on suppose que son dédoublement traduit le hiatus entre ce qu’elle voudrait être (incarné par Garanča, dans une forme &#8211; minimale &#8211; d’émancipation), et ce que la société patriarcale voudrait qu’elle soit (cette figure muette, prostrée et serviable, incarnée par une comédienne).</p>
<p><figure id="attachment_197912" aria-describedby="caption-attachment-197912" style="width: 900px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-197912" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0333.jpeg" alt="" width="900" height="600" /><figcaption id="caption-attachment-197912" class="wp-caption-text">©️Jay Scheib, Joshua Higgason</figcaption></figure></p>
<p>Il reste à parler de la véritable déception du spectacle. Nous avons vu la fameuse version avec réalité augmentée (là encore, on renvoie au <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/">compte rendu de 2024</a> pour l’explication du procédé). La moquerie serait très facile pour parler du rendu visuel, qui nous a mis en colère dans un premier temps. Nous l’éviterons ici, préférant supposer que l’équipe de réalisation a dû composer avec un outil encore limité. Cette nouvelle strate peut se justifier par la fameuse citation de Gurnemanz « Zum Raum wird hier die Zeit » (ici le temps devient espace). Partant de la constatation que le récit est très régulièrement tourné vers le passé, la réalité augmentée offre alors un contrepoint au présent représenté sur scène, emplissant l’espace à 360º de symboles et scènes du passé et du futur. Le résultat est une invasion de symboles d’une lourdeur considérable (cercueils, crânes, pommes) voire d’un simplisme qui prête à sourire (des livres lors de certains récits), sans aucune poésie. À noter d’ailleurs que certains symboles essentiels (le pelvis percé pour Klingsor, la lance suspendue dans les airs, le Saint-Esprit, la destruction de Montsalvat), n’apparaissent pas dans la version simplement scénique, confrontant ainsi la majorité du public à un manque ou à une alternative bien pauvre (la lance est un accessoire pris des mains de Klingsor par Parsifal). A l’inverse, les lunettes mettent considérablement à distance de l’action scénique, du fait de l’hystérie des informations envoyées par ce canal qui dissimule simplement la scène. On en perd l’émotion, l’humain, mais aussi certains détails de mise en scène plutôt intéressants. À l’issue de la représentation, il est impossible de dire si ce dispositif a un avenir dans la mise en scène d’opéra tant le résultat est inabouti artistiquement. Peut-être faudrait-il d’abord un spectacle exclusivement conçu pour des spectateurs équipés pour pouvoir en tenir compte.<br />
Dans cette abondance d’idées, plusieurs nous paraissent cependant assez intéressantes. Le troisième acte, en assumant de prendre de grandes libertés avec le livret, offre des images assez saisissantes, ainsi qu’une certaine idée de la désolation tout à fait contemporaine (décor de Mimi Lien). Pas d’enchantement du vendredi saint pour le public si ce n’est les fleurs de la réalité augmentée, le paysage est dévasté par le forage, et les seules fleurs sur scène sont des bouquets funéraires artificiels. Le tableau du jardin enchanté est tout à fait réussi, aussi bien par son aspect luxuriant que par son horreur gore, avec ce chevalier décapité dont les filles-fleurs se repaissent. Enfin, on apprécie la longue scène de soin de la blessure d’Amfortas, transmise en vidéo en gros plan dans une imagerie très Cronenberg, qui fait de cette blessure repoussante l’évocation d’une cavité sexuelle.</p>
<p><figure id="attachment_197899" aria-describedby="caption-attachment-197899" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-197899" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0327-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-197899" class="wp-caption-text">Andreas Schager</figcaption></figure></p>
<p>Le Festival de Bayreuth a fait appel en grande majorité aux artistes des éditions précédentes pour cette reprise. Le principal nouveau venu est luxueux vu qu’il s’agit de l’Amfortas de <strong>Michael Volle</strong>. La voix est immédiatement saisissante, mais on s’étonne dans le premier acte d’un phrasé un peu statique, l’intensité passant davantage par le volume que par le détail. Ces réserves disparaissent totalement dans sa détresse du dernier acte, cette fois admirable aussi bien de puissance que de science du texte. Son pendant maléfique, Klingsor, est incarné par <strong>Jordan Shanahan</strong>, dont on ne sait trop si on veut lui faire jouer une caricature de capitaliste à la Jordan Belfort (Le Loup de Wall Street) ou un hédoniste gay, dans cette vieille tradition cinématographique d’affubler les antagonistes de codes queer. Toujours est-il que son chant est admirable, sain, et n’a rien de la caricature qu’on lui impose scéniquement.<br />
La Kundry d’<strong>Elīna Garanča</strong> triomphe auprès du public. Elle a le format exact du rôle, sur toute son étendue. Le saut d’intervalle vertigineux du « lachte » est impressionnant, les aigus sont aisés mais gardent la couleur de mezzo qui les rend si intenses, tandis que les graves sont toujours audibles, jusqu’en dessous de la portée. Son souffle, sa projection témoignent d’un chant athlétique très efficace. Ainsi, le « Parsifal, weile » qui interrompt la scène des Filles-fleurs coupe le souffle par son simple effet physique. Tout en étant admiratif, on n’y voit cependant pas nécessairement une interprétation absolue. Garanča n’a jamais été une grande diseuse, mais réussit à nous surprendre agréablement au début de la scène de séduction. Elle y recherche des nuances, une souplesse, une articulation qu’on ne lui connaissait pas. Puis revient l’occasion de faire du son, et on perd ce soin. Le phrasé se fait minimal, et on cherche en vain la griffure, la fêlure qui caractérise le personnage. L’intensité y est alors strictement acoustique. Il ne s’agit pas pour nous de détails, car c’est le texte qui donne sa force à Kundry, sa malice et sa force de manipulation contribuant à son potentiel de séduction. Waltraud Meier le démontrait avec brio.</p>
<p><figure id="attachment_197901" aria-describedby="caption-attachment-197901" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-197901" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0329-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-197901" class="wp-caption-text">Georg Zeppenfel, Andreas Schager, Elīna Garanča</figcaption></figure></p>
<p>On se permet aussi d’être exigeant sur ce point car au moins deux membres de la distribution rappellent à quel point le chant wagnérien ne peut se passer de l’art du récit et de l’éloquence. <strong>Andreas Schager</strong> d’abord, Parsifal très investi, qui réussit malgré son format héroïque à trouver les nuances piano et la couleur juvénile dont a besoin par instants le rôle. <strong>Georg Zeppenfeld</strong> ensuite, pour nous l’atout majeur de la distribution. Son Gurnemanz rayonne de bonté, par la magie d’une voix riche en harmoniques, mais surtout par son art du mot. Il ne s’agit pas tant de diction que d’accentuation, de phrasé naturel pour donner l’illusion du parlé-chanté. Impossible de parler de tunnels quand les longs récits du personnage sont déclamés avec une telle intelligence. Il est par ailleurs très juste sur scène, alors que le niveau de jeu est assez inégal.<br />
Les seconds rôles sont tous distribués avec soin, du Titurel aussi grave que nécessaire de <strong>Tobias Kehrer</strong> aux Filles-fleurs, parmi lesquelles on distingue le beau soprano lyrique de <strong>Victoria Randem</strong>. Citons aussi le court solo de <strong>Marie-Henriette Reinhold</strong> en conclusion du premier acte, qui obtient l’effet céleste escompté grâce à une ligne impeccable.</p>
<p>Le <strong>Chœur du Festival de Bayreuth</strong> bénéficie avec Parsifal de nombreux moments pour briller, au premier rang desquels on met l’entrée du cortège funéraire de Titurel (« Geleiten wir im bergenden Schrein »). La violence des consonnes, l’expressivité, la cohésion en font un moment glaçant. Cependant, c’est l’ensemble de leur prestation qu’il faut saluer, des Filles-fleurs aux cérémonies du Graal. Les voix célestes en particulier réussissent pleinement l’effet androgyne trouble recherché par Wagner. Les artistes des chœurs ont été préparés par <strong>Thomas Eitler-de Lint</strong>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-197902 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0325-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /></p>
<p>Excès d’ambition ? Limites techniques ? Projet voué à l’échec ? On ne peut pas cacher une vraie frustration à la sortie du Festspielhaus face à une production qu’on attendait avec une vraie curiosité, voire une certaine bienveillance. Inaboutie, son plus grand tort est peut-être d’empêcher la transcendance créée par les interprètes de totalement se déployer, du fait de la pauvreté de son imaginaire. Et pourtant, on choisit d’en retenir la dernière image, celle de Kundry et Parsifal regardant vers l’avenir, prêts à guider l’humanité vers plus de respect mutuel, plus de « Mitleid ». Cette compassion, cette sensibilité, c’est bien ce que nous ont donné à entendre orchestre et chant ce soir, dans une interprétation résolument tournée vers le sensible.</p>
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		<title>Bayreuth 2026, un Ring sans metteur en scène ?</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2026-un-ring-sans-metteur-en-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Aug 2025 07:17:37 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est maintenant acté que la Tétralogie mise en scène par Valentin Schwarz n’ira pas au-delà de 2025. Même si, au fil des années, les applaudissements ont fini par prendre le dessus sur les huées, on n’oubliera pas que la réception critique de ce Ring par le metteur en scène autrichien (qui s&#8217;occupera l&#8217;an prochain &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il est maintenant acté que la <em>Tétralogie</em> mise en scène par <strong>Valentin Schwarz</strong> n’ira pas au-delà de 2025.<br />
Même si, au fil des années, les applaudissements ont fini par prendre le dessus sur les huées, on n’oubliera pas que la réception critique de ce Ring par le metteur en scène autrichien (qui s&rsquo;occupera l&rsquo;an prochain de la Staatskapelle Weimar) a été calamiteuse <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-crepuscule-des-dieux-bayreuth-de-lart-de-tout-gacher/">lors de sa création</a> en 2022. Cette année, ForumOpéra est encore présent sur la colline verte et nous saurons bientôt ce qu’il faut penser de ce dernier acte.<br />
Toujours est-il que les informations commencent à nous parvenir pour ce qui concerne l’édition anniversaire de 2026. On sait que c’est <strong>Christian Thielemann</strong> qui plongera dans la fosse et, surtout, qu’aucun nom de metteur en scène n’a été indiqué. Et pour une bonne ( ? ) raison : on nous annonce que l’intelligence artificielle sera largement mise à contribution pour cette nouvelle production.<br />
Après les lunettes de réalité virtuelle pour <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/"><em>Parsifal</em></a>, voici donc un Ring dopé à l’IA. Décidément, Bayreuth n’en finit pas de dépoussiérer le patrimoine…</p>
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		<title>WAGNER, Parsifal &#8211; Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-glyndebourne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 24 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les nombreux flashbacks qui émaillent cette production très psychanalytique de Parsifal, il est une image qui fait figure de scène primitive : on y voit, dans un champ de delphiniums bleus qui semblent préfigurer le jardin des filles-fleurs, un jeune et fringant Klingsor y poursuivre et poignarder avec un petit canif (substitut de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parmi les nombreux flashbacks qui émaillent cette production très psychanalytique de<em> Parsifal</em>, il est une image qui fait figure de scène primitive : on y voit, dans un champ de delphiniums bleus qui semblent préfigurer le jardin des filles-fleurs, un jeune et fringant Klingsor y poursuivre et poignarder avec un petit canif (substitut de la lance) un Amfortas qui se tordra de douleur sous le regard de leur père Titurel. Tout cela pour les beaux yeux et les belles tresses (rousses) d’une gamine (Kundry bien sûr)…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3053-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193053"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>à gauche John Tomlinson © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une famille dysfonctionnelle</strong></h4>
<p>Il aura suffi d’un rideau s’écartant pour transformer en théâtre (théâtre mental, théâtre du souvenir) le vaste salon où se déroule ce « festival sacré » devenu ici drame bourgeois. La metteuse en scène néerlandaise <strong>Jetske Mijnssen</strong>, après son récent <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-agrippina-zurich/"><em>Agrippina</em> de Haendel à Zurich</a>, que nous avons beaucoup aimé, semble se poser en spécialiste des familles dysfonctionnelles. De <em>Parsifal</em>, elle propose une lecture intime, familiale, parfois énigmatique, mais surtout très troublante. Si l’aspect mystique de l’œuvre de Wagner est estompé, – et de plus en plus à mesure qu’on avance vers le troisième acte, en revanche cette conception que nous dirons humaniste laisse dans l’esprit une trace profonde, d’autant qu’elle est en parfaite cohérence avec la fluidité de la direction orchestrale limpide, allégée, quasi chambriste, de <strong>Robin Ticciati</strong>.</p>
<p>Quel soulagement, après quelques <em>Parsifal</em> d’esthétique allemande de voir celui-ci, tellement anglais dans sa retenue, ses non-dits, ses suggestions, sa cruauté secrète. Jetske Mijnssen se réclame de Tchekhov, c’est plutôt à Ibsen qu’on pense constamment, un Ibsen noir, dont toute lumière serait absente.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-9897-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193063"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Gurnemanz (John Relyea) et Titurel(John Tomlinson) © Richard Hubert Smith </sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La maison Titurel</strong></h4>
<p>Le décor unique suggère un manoir victorien ou bavarois. Colonnettes de faux marbre, lambris à hauteur d’appui, parquet ciré, à gauche une double porte bleu-nuit par où se feront toutes les entrées, à droite une vaste fenêtre close par des volets intérieurs : dans cette maison où Amfortas n’en finit plus de mourir, on redoute la lumière, celle du jour, comme celle de la vérité. Quelques appliques murales diffusent de chiches lueurs jaunâtres. Ici règnent la pénombre et le silence. L’action pourrait se passer en 1882, l’année de la création de l’opéra.<br>Ici vit une manière de communauté religieuse (Gurnemanz porte une soutane), qui tient de la société secrète et de la vieille aristocratie d’affaires. La maison Titurel, en somme.</p>
<p>Si Titurel a transmis ses pouvoirs à son fils Amfortas, il reste là, et sa présence silencieuse (formidable <strong>John Tomlinson</strong>) est celle, écrasante, d’un patriarche chenu mais implacable. Cette seule idée, qu’il soit toujours sur scène, le plus souvent avachi dans sa bergère Louis XV, rend palpable la vraie hiérarchie du pouvoir dans cette maison où s’agite, en guise de chevaliers du Graal, un bataillon d’élégants majordomes en fracs à boutons dorés, comme sortis de <em>Downtown Abbey</em>, incarnant l’ordre (parfois brutal : on les verra tabasser sauvagement Kundry).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3282-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193056"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Parsifal (Daniel Johansson) © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Les frères ennemis</strong></h4>
<p>Autre présence surprenante, celle de Klingsor, qu’on verra apparaître pendant la cérémonie du Graal au premier acte. Klingsor, c’est Caïn. Une phrase de la Genèse projetée sur le rideau pendant l’ouverture justifie cette analogie : « L’Eternel dit à Caïn : où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? » Klingsor, c’est le fils perdu. Le fait qu’il ait cherché à s’approprier la lance est gommé, il est l’insoumis, celui dont, dans la lecture de Jetske Mijnssen, on cherchera la rédemption. Et cette rédemption, celle qu’attend Amfortas, mais qu’obtiendra Klingsor, ce sera en somme le thème, le fil, le récit de cette production.</p>
<p>Kundry semble sortie d’un roman préraphaélite ou d’un récit de Jane Austen : une robe de laine noire boutonnée jusqu’au cou et un chignon serré lui donnent l’allure d’une de ces gouvernantes suisses qu’on faisait venir dans les vieilles familles anglaises ou bostoniennes. On la verra apporter à Klingsor son café sur un plateau d’argent, telle une servante silencieuse et docile.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-1796-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193048"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Kundry (Kristina Stanek) et Klingsor (Ryan Speedo Green) © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un Wanderer sans mémoire</strong></h4>
<p>C’est dans ce monde opaque qu’apparaîtra, tel un voyageur amnésique, un grand jeune homme en longue redingote de voyage. Que dans cette tenue lui donnant l’allure d’un Liszt en tournée, il ait abattu d’une flèche de son arc un cygne sacré semblera évidemment une de ces incongruités dont la mise en scène doive tant bien que mal s’accommoder… Ce Wanderer sans passé, qui à l’évidence ne comprend goutte à l’étrange société figée vers laquelle son destin l’a conduit est accueilli par cette Kundry qui, après lui avoir caressé le visage l’embrasse par surprise. Stupéfait, il ébauche le geste de l’étrangler, mais s’arrête heureusement à temps, puisque c’est d’elle qu’au deuxième acte il apprendra, sur un lit devenu le divan de Freud, le secret de ses origines, qu’il entendra pour la première fois son propre nom, et qu’il rencontrera sa mère Herzeleide, avant que, de cette mère, Kundry ne devienne le substitut. Après un autre baiser, qui vaudra révélation pour lui des mystères de la chair.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3812-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193057"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Daniel Johansson, John Relyea, Audun Iversen, John Tomlinson © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Imagerie sulpicienne</strong></h4>
<p>Auparavant il aura assisté en témoin stupéfait à une cérémonie du Graal devenue, sous un Christ en croix peint par Zurbaran, une communion sans joie, célébrée par un Amfortas extrait de son fauteuil d’invalide, entouré de Gurnemanz et Titurel. Les majordomes-chevaliers, vêtus d’aubes blanches, viendront sagement communier en rangs, mais quand Parsifal aura refusé le pain et le vin que Titurel lui aura proposés, il sera brutalement passé à tabac par les aubes blanches, révélant leur statut d’inexorables gardiens de l’orthodoxie.</p>
<p>C’est là qu’on aura enfin entendu la voix formidable d’un Tomlinson, quasi octogénaire, clamant son « Enthüllet den Gral ! – Découvrez le Graal ! » auquel répondra la plainte déchirante (« O Strafe, Strafe ») d’Amfortas, auquel <strong>Audun Iversen</strong> prête une puissante voix de baryton à laquelle il sait donner des couleurs blessées, et faire monter jusqu’au pathétique déchirant de ses « Erbarmen, Erbarmen – Pitié, pitié » – et le chœur de garçons au lointain lui répondra que « la pitié instruit », tandis que son père Titurel semblera faire le geste de le bénir.</p>
<h4><strong>Une inoubliable direction musicale</strong></h4>
<p>Tout cela dans une lumière orchestrale d’une admirable transparence, les lignes se superposant dans une lisibilité totale. Robin Ticciati dose la dynamique de manière à ne dépasser le mezzo forte qu’à bon escient, joue du silence, étire les lignes mais sait animer le discours (ainsi le « Nehmet vom Brot, nehmet vom Wein » des chevaliers), sans alourdir jamais. Le chef britannique joue d’un <strong>London Philharmonic</strong> en état de grâce, osant les longs pianissimis immatériels de l’ouverture, et n’écrase jamais le son, même pas durant la solennelle entrée des majordomes-chevaliers.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2560" height="1439" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-5239-edited-scaled.jpg" alt="" class="wp-image-193118"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Les Filles-fleurs et Parsifal (Daniel Johansson © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<p>Il faut dire qu’il dispose d’une distribution extraordinairement équilibrée, avec des voix aux couleurs justes de chaque rôle, dont un formidable Gurnemanz, <strong>John Relyea</strong>, timbre de bronze, noblesse des phrasés, stature majestueuse, tout cela rendant encore plus saisissants les sanglots qui soudain l’étouffent à la fin du premier acte, après qu’il a chassé ce Parsifal, dont il espérait qu’il sauverait le royaume du Graal, et qui semble dépassé par la tâche.</p>
<p>Non moins superbe, la voix très noire (une voix pour Alberich), celle de Klingsor, <strong>Ryan Speedo Green</strong>. Autre personnage blessé, quelque diabolique apparaisse-t-il, ayant fait son deuil de l’amour, et régnant sur une armée de quelque trente filles-fleurs, les plus étranges qui se puissent concevoir : mi-dames patronnesses mi-suffragettes, clonées sur Kundry, et décidées à ne faire qu’une bouchée du chaste fol qui se dirige vers elles et qui leur résistera impavidement… Pour mieux tomber sous la coupe de Kundry.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-2095-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-193051"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Daniel Johansson et Kristina Stanek © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>La révélation</strong></h4>
<p>Menue, presque frêle, <strong>Kristina Stanek</strong> est une extraordinaire Kundry, déployant une étonnante puissance, des aigus limpides, des graves solides et surtout un médium sensuel et riche. Elle phrase de façon ensorcelante son monologue, «&nbsp;Ich sah das Kind an seiner Mutter Brust&nbsp;», sur les ondulations de cordes que Robin Ticciardi tisse derrière elle. Abasourdi par la révélation du nom et de la mort de sa mère, Parsifal plonge dans un désespoir que <strong>Daniel Johansson</strong> rend universel, celui de tous les fils ayant perdu leur mère.</p>
<p>Déjà d’une sincérité bouleversante, il montera à des sommets d’émotion à partir de son «&nbsp;Amfortas ! Die Wunde !&nbsp;» : la voix est très longue, ample, charnue, et confère à ce Parsifal une densité, une humanité, un poids de douleur, en adéquation avec la conception en somme très réaliste de Jetske Mijnssen.</p>
<p>Sous les arbres décharnés qui dominent le lit-confessionnal, ce duo formidable, cœur de l’opéra, montera encore un cran avec le récit de Kundry et un <em>si</em> naturel dardé comme un cri sur « lachte » (« Je l’ai vu, Lui, et j’ai ri ! »). Scène formidable à laquelle l’intimité de la mise en scène donne encore plus de puissance et qui montera à son apogée avant que ne survienne Klingsor avec la lance (en l’occurrence toujours le petit canif de leur jeunesse)… À l’issue d’une brève lutte, Parsifal se rendra maître de l’arme et de son adversaire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-4165-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193058"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Klingsor (Ryan Speedo Green) et Kundry (Kristina Stanek) © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une image déconcertante</strong></h4>
<p>Et là, alors que l’orchestre se hissera à un des rares sommets épiques de la partition pour illustrer l’effondrement du domaine de Klingsor, c’est à l’effondrement moral du personnage qu’on assistera, et à la composition d’une image déconcertante, inattendue, surprenante, mais d’une justesse humaine troublante : Klingsor tombera aux genoux de Parsifal, qui l’enserrera de ses grands bras et lui caressera le crâne avec douceur, compassion, fraternité. Une image annonçant l’esprit du troisième acte.</p>
<h4><strong>L’attente</strong></h4>
<p>Les années ont passé, le manoir menace ruine. Si la porte et la fenêtre sont toujours là, le mur du fond sans ses lambris n’est plus qu’un mur de briques, contre lequel un tableau est posé à l’envers (est-ce le Christ de Zurbaran ?) <br />Au centre de la scène, le lit d’Amfortas, plus que jamais à l’article de la mort. Sur des petites chaises, tuant le temps comme dans un hospice, un vieux Klingsor et un vieillard aux longs cheveux blanc en pyjama, qui n’est pas Titurel, puisque Titurel est mort.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-3106-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193054"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Amfortas (Audun Iversen) © Richard Hubert Smith </sub></figcaption></figure>


<p>Sous la baguette de Robin Ticciati, le temps s’étire, accompagnant le noble Gurnemanz, à la diction toujours aussi impressionnante, dans son interminable attente. Que l’arrivée de Parsifal, viendra distraire. En guise de l’armure que porte alors en principe Parsifal, l’inévitable petit canif, symbolisant la lance. À son long récit évoquant ses tribulations, Gurnemanz répliquera avec bonté que tout est fini, maintenant : « Ce qui t’a éloigné du droit chemin n’existe plus, tu es arrivé sur les terres du Graal ».</p>
<h4><strong>Une manière de spiritualité laïque</strong></h4>
<p>Ce qui surprend, évidemment, c’est que Parsifal arrive dans cette chambre d’agonisant flanqué de son désormais inséparable Klingsor, et que c’est, écouté par lui et par un vieux Klingsor, qu’il peut battre sa coulpe : « Je suis celui qui a causé ce malheur ».<br />Pour l’apaiser, Kundry le fera asseoir, le déchaussera et lui lavera les pieds, avant qu’à son tour il ne lave les pieds de Kundry, double baptême qui semble un ultime souvenir de religiosité dans ce troisième acte, tiré de plus en plus vers une manière de spiritualité laïque. Et de l’Enchantement du Vendredi-Saint, Robin Ticciati donnera une lecture d’une poésie printanière, aux textures lumineuses, sinon désacralisée, mais d’un sacré <em>autre</em>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/PARSIFAL_photoRichardHubertSmith-2976-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-193052"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Daniel Johansson et Kristina Stanek © Richard Hubert Smith</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Winter is coming</strong></h4>
<p>Curieusement, après cet avril lumineux, l’hiver viendra très vite, puisque qu’apparaitront, sous des flocons du meilleur effet, le cortège funèbre de Titurel et son cercueil escorté des majordomes-chevaliers, vêtus de manteaux à pèlerines et coiffés de hauts-de-forme. Le <strong>chœur de Glyndebourne</strong> y sera vocalement magnifique d’ampleur et de majesté dans son mouvement circulaire autour du lit d’agonie d’Amfortas, qui fera le geste désespéré de suivre son père et de vouloir mourir. Il n’aura pas longtemps à attendre.</p>
<h4><strong>Fraternité et rédemption</strong></h4>
<p>C’est le moment où Parsifal d’un coup de lance magique devrait le rendre à la vie. Son « Nur eine Waffe taugt », grand air de la résurrection, devrait être éclatant. Pour les besoins de la cause (et de la mise en scène), il n’y aura pas de guérison. Au contraire, dans le climat apaisé des dernières mesures de la partition, on recouvrira d’un drap le corps d’Amfortas, tandis qu’au premier plan côté cour, on verra se former un triangle : Parsifal au centre embrassant à la fois Kundry et Klingsor.</p>
<p>Ultime image humaniste, célébrant la fraternité, une fraternité conquise, et le retour de Klingsor dans le cercle des hommes. Sa rédemption.</p>
<p>En contradiction sans doute avec la lettre de l’œuvre, mais en adhésion, peut-on penser, avec l’esprit de Wagner.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-glyndebourne/">WAGNER, Parsifal &#8211; Glyndebourne</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>Bayreuth 2025 : 31 levers de rideau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2025-31-levers-de-rideau/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2024 14:37:27 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=174103</guid>

					<description><![CDATA[<p>Avant la grande édition anniversaire 2026 (qui fêtera les 150 ans du Festival) et son programme hors-norme, la direction des Bayreuther Festspiele vient de dévoiler la teneur de l’édition 2025 et ses 31 dates. On y retrouve (sans doute pour la dernière fois) le très décrié Ring de Valentin Schwarz: il sera donné deux fois &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avant la grande édition anniversaire 2026 (qui fêtera les 150 ans du Festival) et son programme hors-norme, la direction des Bayreuther Festspiele vient de dévoiler la teneur de l’édition 2025 et ses 31 dates.<br />
On y retrouve (sans doute pour la dernière fois) le très décrié <em>Ring</em> de <strong>Valentin Schwarz</strong>: il sera donné deux fois sous la direction de <strong>Simone Young</strong> qui <a href="https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-2024-simone-young-premiere-femme-a-diriger-le-ring/">sera la première femme</a> à diriger l’<em>Anneau</em>. Pour le prologue, <strong>Thomas Konieczny </strong>sera Wotan, <strong>Olafur Sigurdarson</strong> Alberich, <strong>Ya-Chung Huang</strong> Mime et <strong>Anna Kissjudit</strong> Erda. <strong>Michael Spyres</strong> sera le Siegmund de <em>Walküre</em> (Sieglinde n’est pas encore distribuée, <strong>Catherine Foster</strong> sera Brünnhilde et ce pour les trois journées). Siegfried sera tenu par <strong>Klaus-Florian Vogt</strong>.<br />
Le Festival ouvrira par <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> (donné sept fois) avec <strong>Daniele Gatti</strong> à la baguette, <strong>Matthias Davids</strong> à la mise en scène et une distribution de luxe : entre autres <strong>Georg Zeppenfeld</strong>, <strong>Michael Spyres</strong>, <strong>Christina Nilsson</strong>.<br />
Retour de <strong>Christian Thielemann</strong> pour <em>Lohengrin</em> (mise en scène de <strong>Yuval Sharon</strong>). Lohengrin sera <strong>Piotr Beczala</strong>, on ne sait pas encore qui chantera Elsa.<br />
Enfin un <em>Tristan</em> de luxe (<strong>Bychkov</strong>/<strong>Schager</strong>, <strong>Groissböck</strong>, <strong>Nylund</strong>, <strong>Gubanova</strong>) qui vaudra le déplacement. Tout comme un <em>Parsifal</em> non moins prestigieux (<strong>Heras-Casado</strong>/<strong>Volle</strong>, <strong>Zeppenfeld</strong>, <strong>Schager</strong>, <strong>Garanča</strong>).<br />
Le Festival se tiendra du 24 juillet au 26 août 2025. Tout le programme est à découvrir sur <a href="https://www.bayreuther-festspiele.de/en/programme/programme/">le site du Festival</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Bayreuth annonce le programme de son édition 2025.</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/bayreuth-annonce-le-programme-de-son-edition-2025/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Sep 2024 10:02:43 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=171418</guid>

					<description><![CDATA[<p>La prochaine édition du festival ouvrira le 25 juillet avec un Die Meistersinger von Nürnberg dans une nouvelle production du peu connu Matthias Davids, qui devra assumer la lourde tâche de faire oublier l&#8217;exceptionnel spectacle de Barrie Kosky. Elle affichera Georg Zeppenfeld en Hans Sachs, Michael Spyres en Walther (pas sûr que Wagner y gagne &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La prochaine édition du festival ouvrira le 25 juillet avec un <em>Die</em> <em>Meistersinger von Nürnberg</em> dans une nouvelle production du peu connu <strong>Matthias Davids</strong>, qui devra assumer la lourde tâche de faire oublier <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-meistersinger-von-nurnberg-bayreuth-drole-et-profond/">l&rsquo;exceptionnel spectacle de Barrie Kosky</a>. Elle affichera <strong>Georg Zeppenfeld</strong> en Hans Sachs, <strong>Michael Spyres</strong> en Walther (pas sûr que Wagner y gagne ce que le belcanto et l&rsquo;opéra français y perdent&#8230;) et <strong>Christina Nilsson</strong> en Eva, sous la direction de <strong>Daniele Gatti. </strong>En pré-ouverture du festival, un concert en plein air sera donné le 24 (et repris le 28). La vision contestée du <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/das-rheingold-bayreuth-une-petite-comedie/"><em>Ring</em></a> de <strong>Valentin</strong> <strong>Schwarz</strong> sera reprise une dernière fois sous la baguette de <strong>Simone Young</strong> avec <strong>Tomasz Konieczny</strong> (Wotan), <strong>Catherine Foster</strong> (Brünnhilde), <strong>Michael Spyres</strong> (Siegmund), <strong>Christa</strong> <strong>Mayer</strong> (Fricka) et <strong>Klaus Florian Vogt</strong> (Siegfried). Reprise également pour le <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-bayreuth-2/"><em>Parsifal</em></a> de Jay Scheib, avec à nouveau <strong>Andreas Schager</strong>. <strong>Elīna</strong> <strong>Garanča</strong> et <strong>Ekaterina Gubanova</strong> se partageront le rôle de Kundry, <strong>Georg Zeppenfeld</strong> et <strong>Jordan Shanahan</strong> seront à nouveau Gurnemanz et Klingsor, mais le vétéran <strong>Michael Volle</strong> sera cette fois Amfortas. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lohengrin-bayreuth-et-la-musique-fut/"><em>Lohengrin</em></a> (reprise de la production de <strong>Yuval Sharon</strong>) verra le retour de <strong>Christian Thielemann</strong>.<strong> Piotr Beczała i</strong>nterprètera le rôle-titre aux côtés de <strong>Miina-Liisa Värelä</strong> (Ortrud) et <strong>Olafur Sigurdarson</strong> (Telramund). Le morne <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-bayreuth-2/"><em>Tristan und Isolde</em></a> de <strong>Thorleifur Örn Arnarsson</strong> sera également repris, toujours sous la baguette de <strong>Semyon Bychkov</strong>, avec à nouveau <strong>Andreas Schager</strong> et <strong>Camilla</strong> <strong>Nylund</strong>. Les distributions annoncées restent à prendre avec des pincettes, les changements de dernière minute étant courant au festival. Les interprètes de Sieglinde et d&rsquo;Elsa ne sont d&rsquo;ailleurs pas connues. <a href="https://www.bayreuther-festspiele.de/programm/auffuehrungen/">Plus d&rsquo;infos sur le site</a>.</p>
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		<title>Andreas Schager donne de ses nouvelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/andreas-schager-donne-de-ses-nouvelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2024 13:20:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous l’annoncions ici il y a peu, Andreas Schager a dû être remplacé, mardi 6 août, au cours du troisième acte du Tristan und Isolde à Bayreuth. L’Autrichien n’a pas tardé à donner de ses nouvelles sur les réseaux sociaux. Dans un post Instagram, il explique souffrir d’une inflammation des voies respiratoires supérieures, diagnostiquée par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous l’annoncions <a href="https://www.forumopera.com/breve/andreas-schager-remplace-en-pleine-representation-de-tristan/">ici il y a peu</a>, <strong>Andreas Schager</strong> a dû être remplacé, mardi 6 août, au cours du troisième acte du <em>Tristan und Isolde</em> à Bayreuth. L’Autrichien n’a pas tardé à donner de ses nouvelles sur les réseaux sociaux. Dans un post Instagram, il explique souffrir d’une inflammation des voies respiratoires supérieures, diagnostiquée par l’ORL du Festival. Il annule sa participation à la représentation de <em>Parsifal</em> prévue ce mercredi 7 août 2024&nbsp;et remercie <strong>Klaus-Florian Vogt</strong> (déjà à l’affiche dans le rôle-titre de <em>Tannhäuser</em> et en Siegfried de <em>Siegfried</em> et <em>Götterdämmerung</em>), qui le remplace au pied levé. Ses remerciements aussi en direction de <strong>Tilman Unger</strong>, qui a pu terminer depuis les coulisses le III de Tristan, et de <strong>Katharina</strong> <strong>Wagner</strong> «&nbsp;pour son aide élégante, rapide et efficace&nbsp;». Andreas Schager n’annule pour le moment aucune de ses autres participations de ce mois d’août. Rappelons qu’on l’attend encore dans sept représentations (<em>Tristan und Isolde</em> et <em>Parsifal</em>) avant la clôture, le 27 août, de l’édition 2024 des Bayreuther Festspiele.</p>
<p><a href="https://www.instagram.com/p/C-XSb4dsFpl/">https://www.instagram.com/p/C-XSb4dsFpl/</a></p>
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		<title>Un nouveau Ring au Met et un contrat prolongé pour Yannick Nézet-Séguin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-nouveau-ring-au-met-et-un-contrat-prolonge-pour-yannick-nezet-seguin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Aug 2024 05:55:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Metropolitan Opera a annoncé la prolongation du contrat de Yannick Nézet-Seguin en tant que Directeur musical. En poste depuis la saison 2018-19, le chef canadien est confirmé dans ses fonctions jusqu&#8217;à la saison 2029-30. Yannick Nézet-Seguin dirigera quatre à cinq opéras chaque année (sur environ 18). Des créations locales sont d&#8217;ores et déjà annoncées &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<section class="twocol content-intro">
<div class="twocol-inner">
<div class="rich-text twocol-inner-wysiwyg">
<p>Le Metropolitan Opera a annoncé la prolongation du contrat de <strong>Yannick Nézet-Seguin</strong> en tant que Directeur musical. En poste depuis la saison 2018-19, le chef canadien est confirmé dans ses fonctions jusqu&rsquo;à la saison 2029-30. Yannick Nézet-Seguin dirigera quatre à cinq opéras chaque année (sur environ 18). Des créations locales sont d&rsquo;ores et déjà annoncées : <em>The Amazing Adventures of Kavalier &amp; Clay </em>de Mason Bates, <em>El&nbsp;Último Sueño de Frida y Diego</em> de Gabriela Lena Frank, <em>Lincoln in the Bardo</em> de Missy Mazzoli, <em>The Highlands de </em>Carlos Simon, et <em>The Wedding Banquet</em> de Huang Ruo, ce qui confirme le virage de répertoire pris par&nbsp;l&rsquo;institution new-yorkaise. Yannick Nézet-Seguin dirigera également <em>Tristan und Isolde</em> et le <em>Ring</em> dans deux nouvelles productions de <strong>Yuval Sharon</strong> dont on se rappellera le <em>Lohengrin</em> (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/lohengrin-bayreuth-et-la-musique-fut/">électrique ? électrisant ?</a>) à Bayreuth. <strong>Lise Davidsen</strong> sera Isolde et Brünnhilde. Le cycle wagnérien sera donné par épisode à partir de la saison 2027-28 et complet au printemps 2030 (pour ceux qui préfèrent le <em>binge watching</em>). Nézet-Seguin devrait également diriger <em>Le Nozze di Figaro </em>(nouvelle production de Robert Carsen) et des reprises de <em>Don Giovanni</em>, <em>Parsifal</em>, ou encore <em>Tosca.</em></p>
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		<title>WAGNER, Parsifal &#8211; Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-munich/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Aug 2024 05:32:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Retour de cette production du dernier opéra de Wagner à Munich, 6 ans après sa création. Si la mise en scène convainc toujours aussi peu, la distribution presque entièrement renouvelée atteint la même excellence qu’en 2018. Associer un artiste aussi célèbre à un metteur en scène, c’est courir le risque que l’un phagocyte l’autre. Pierre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Retour de cette production du dernier opéra de Wagner à Munich, 6 ans après<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/parsifal-munich-de-haut-en-bas/"> sa création</a>. Si la mise en scène convainc toujours aussi peu, la distribution presque entièrement renouvelée atteint la même excellence qu’en 2018.</p>
<p>Associer un artiste aussi célèbre à un metteur en scène, c’est courir le risque que l’un phagocyte l’autre. <strong>Pierre Audi</strong> semble en effet avoir abandonné le plateau à un <strong>Georg Baselitz</strong> peu inspiré, au moins au premier acte où la direction d’acteur est quasi inexistante, sans que le propos ne soit lisible. Pourquoi cette forêt post apocalyptique et cette carcasse de dinosaure qui abrite une Kundry échevelée ? Pourquoi ce faux torse ridicule de Parsifal ? Pourquoi l’absence de Graal (Amfortas semble saisir un œuf puis présente sa main vide à l’assistance) ? Pourquoi le décor s’affaisse ou s’élève mollement ? Pourquoi ces filles fleurs enlaidies, sans parler de la fausse nudité chiffonnée de la communauté ou de ce cygne boudiné ? Et ce décor du dernier acte qui renverse celui du premier ? Cessons de lister ce que nous n’avons pas compris et détaillons quelques réussites : l’évolution du personnage de Kundry à travers sa coiffure, Amfortas qui cherche en vain à donner sa couronne pour qu’un autre officie à sa place, le lent retrait du heaume, le retour de la confrérie depuis un fond de scène incliné qui donne le sentiment de voir surgir une armée des morts, le tombeau de Titurel à l’avant-scène masquant le trou du souffleur, le suicide raté d’Amfortas. Cela fait tout de même bien peu sur 4 heures d’une œuvre si riche. Ce sont finalement les rideaux de scène que nous avons préférés, avec ces cadavres noueux et torturés qui présentent un bel écho au propos du drame.</p>
<p>Le véritable exploit de cette soirée est d’avoir réuni une telle palette d’artistes exceptionnels&nbsp;: pour ce qui sera sans doute sa dernière Kundry, <strong>Nina Stemme</strong> saisit l’intégralité de l’héroïne avec une rage dévastatrice. Tantôt sauvage, puis caressante et maternelle, toujours féline, prête à griffer. Vous attendiez le si suraigu lors de son récit, vous l’avez, immense, suivi d’un assassin et tout aussi sonore do dièse qui semble enfoncer ce « lachte » comme une nouvelle lance dans le flanc du Christ. Certes elle fait parfois passer la puissance avant le maintien de la ligne vocale (ces aigus forte sur « Gott » ou « ewig » précédés d’un silence tremplin). On pourra aussi regretter des accents trop sincères lorsqu’elle supplie Parsifal de lui accorder une étreinte salvatrice, alors qu’il s’agit d’une nouvelle ruse. Mais bon, chanter ainsi après une telle carrière, elle doit avoir été touchée par l’éclat du vrai Graal !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Parsifal_2024_G.Finley_c_Wilfried_Hoesl__2_-1294x600.jpg" alt="">© Wilfried Hoesl</pre>
<p><strong>Clay Hilley</strong> aussi n’hésite pas à souligner l&rsquo;évolution de son personnage : de l’ignorant initial que son timbre clair rapproche immédiatement de Siegfried, la métamorphose est spectaculaire après le baiser de Kundry. S’il n’offre jamais les moirures d’un Siegmund, la vérité et la solidité technique de son chant font jouer à plein les ressorts de la partition pour émouvoir au terme de la représentation et faire du héros le photophore de l’avenir.</p>
<p>Quand <strong>Jochen Schmeckenbecher</strong> tire trop son Klingsor vers le bouffe et le méchant de pacotille,<strong> Tareq Nazmi</strong> est un Gurnemanz resplendissant, aussi endurant qu’intense et grand conteur. <strong>Bálint Szabó</strong> donne toute la profondeur caverneuse de son timbre vibrant à un Titurel invisible, fantomatique et panthéiste. <strong>Gerald Finley</strong> semble porter sur l’autel d’Amfortas autant son talent de diseur que ses moyens diminués mais non moins éloquents (ses « Erbarmern » résonnent encore dans nos oreilles). C’est de loin le plus à l’aise sur scène, avec Stemme, alors même que sa posture constamment souffrante limite beaucoup ses mouvements.</p>
<p>Nous avons d’abord été déçu par la direction d’<strong>Adam Fischer</strong> qui semble plaquer le désespoir moribond du dernier acte sur le premier, plombant le récit de Gurnemanz et n’offrant pas assez d’éclat à la cérémonie. A force de pesanteur, la douleur écrase l’espoir. Le contraste avec le deuxième acte furieux n’en est que plus saisissant. Le chef tire le meilleur de cet orchestre de prestige, autant dans la précision de dissonances raffinées que dans la tension des longues phrases, sans négliger l’intensité des harmoniques (le prélude) ou la violence de certains instants et accents. Aidé par un chœur stupéfiant, incarnant les filles fleurs et la confrérie avec autant d’investissement que si chacun tenait un premier rôle, l’ensemble atteint un équilibre et une puissance proches de l’idéal.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-parsifal-munich/">WAGNER, Parsifal &#8211; Munich</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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