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	<title>Poliuto - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Poliuto - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>Poliuto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/poliuto-fauves-qui-peut/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Apr 2018 06:20:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les enregistrements de Poliuto restent rares, et on ne peut que se féliciter de la réédition de cette version qui réunit un trio de stars devant les micros, enregistrée en direct en 1986. José Carreras est ici un Poliuto ardent, au timbre argenté, d&#8217;une immédiate séduction, très investi dans la défense de ce rôle dont &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les enregistrements de <em>Poliuto</em> restent rares, et on ne peut que se féliciter de la réédition de cette version qui réunit un trio de stars devant les micros, enregistrée en direct en 1986. <strong>José Carreras</strong> est ici un Poliuto ardent, au timbre argenté, d&rsquo;une immédiate séduction, très investi dans la défense de ce rôle dont il n&rsquo;a pourtant plus toutes les ressources. L&rsquo;aigu et le haut médium, très sollicités, sont en effet constamment tendus, exposant les limites de la voix. Sans doute le ténor espagnol aurait-il été plus à l&rsquo;aise, capté quelques années plus tôt, avant qu&rsquo;il ne s&rsquo;attaque à des rôles plus lourds. On pense par exemple à <em>La forza del destino</em> (1978), <em>Andrea Chénier, Aida </em>et<em> La Gioconda </em>(1979), <em>La Juive </em>(1981)&#8230; bien éloignés de son territoire naturel de ténor lyrique. Les reprises sont par ailleurs systématiquement coupées (et ce sera le cas pour tous les interprètes), nous privant des ornementations de rigueur dans le répertoire belcantiste. Tout suraigu est bien entendu absent. Un Poliuto plutôt en muscles, mais au timbre ensoleillé.<br />
	On pourra faire le même constat avec <strong>Katia Ricciarelli </strong>qui elle aussi interpréta trop tôt des rôles trop lourds<strong>. </strong>Le timbre est encore superbe, voluptueux même, mais la voix manque d&rsquo;homogénéité : le bas médium est confidentiel, les aigus sont exagérément <em>forte</em>, et le médium davantage maîtrisé. Au cours d&rsquo;une même envolée, on peut ainsi entendre ces trois types d&rsquo;émission, ce qui ne laisse pas de surprendre ! Le soprano vénitien reste en revanche une authentique belcantiste quand il s&rsquo;agit de colorer les sons pour offrir toute une gamme d&rsquo;émotions.<br />
	Dans sa grande scène d&rsquo;entrée, <strong>Juan Pons </strong>témoigne lui aussi d&rsquo;une véritable technique donizettienne, avec un <em>legato</em> parfait, une magnifique maîtrise des demi-teintes, et un suraigu rayonnant. Il est dommage que le baryton espagnol n&rsquo;ait pas persévéré dans ce répertoire, moins demandé il est vrai que le répertoire verdien qui fut le sien par la suite. <b style="font-family: sans-serif;font-size: 14px">László Polgár</b> est un Callistene sans grand relief mais le rôle est anecdotique. Les seconds rôles sont impeccables, mais les choeurs de la <strong>Singakademie</strong> de Vienne manquent un peu d&rsquo;ardeur, avec des ténors à la férocité peu crédible en raison de l&rsquo;abus de voix mixte dans les aigus.</p>
<p>A la tête de l&rsquo;excellent <strong>Orchestre Symphonique de Vienne</strong>, <strong>Oleg Caetani </strong>défend l&rsquo;oeuvre avec enthousiasme, mais sans réelle compréhension de l&rsquo;oeuvre de Donizetti, dirigée ici comme du jeune Verdi. Les coupures sont nombreuses (un bon quart d&rsquo;heure de musique) : reprises des cabalettes donc, mais aussi reprises en général (ainsi de la première exposition du thème « Al suon dell&rsquo;arpe angeliche », tube que l&rsquo;on réentendra au finale de l&rsquo;ouvrage quand les deux chrétiens sont jetés aux lions), et quelques mesures un peu partout. La battue est souvent trop martiale. Ainsi, dans le finale, on a du mal à imaginer les « harpes angéliques » qu&rsquo;évoquent Paolina et Poliuto quand on entend plutôt une fanfare militaire.</p>
<p>Enregistré en concert public en 1986 à Vienne, le CD bénéficie d&rsquo;une excellente prise de son, quoiqu&rsquo;avec un peu de réverbération, captant l&rsquo;ambiance électrique de cette soirée. Le public n&rsquo;est quasiment pas audible, sauf par ses applaudissement nourris en fin d&rsquo;actes. Sans être une référence incontournable, ce disque s&rsquo;écoute finalement avec plaisir.</p>
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		<title>Retour triomphal de Poliuto à Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/retour-triomphal-de-poliuto-a-barcelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jan 2018 06:13:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Absent depuis 42 ans du Liceu, le rare Poliuto de Donizetti a fait ce week-end un retour triomphal sur la scène catalane. Après un premier concert en demi teintes, la représentation du samedi 13 janvier a porté le public jusqu&#8217;au délire. Donné sans coupures, l&#8217;ouvrage était dirigé avec une fougue irrésistible par Daniele Callegari à la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Absent depuis 42 ans du Liceu, le rare <em>Poliuto</em> de Donizetti a fait ce week-end un retour triomphal sur la scène catalane. <a href="https://youtu.be/JffTJcRcmc0">Après un premier concert en demi teintes</a>, la représentation du samedi 13 janvier a porté le public jusqu&rsquo;au délire. Donné sans coupures, l&rsquo;ouvrage était dirigé avec une fougue irrésistible par <strong>Daniele Callegari </strong>à la tête d&rsquo;un orchestre impeccable et de choeurs survoltés. <strong>Gregory Kunde</strong> retrouve un rôle <a href="/dvd/cest-nourrit-quon-ressuscite">qu&rsquo;il avait déjà marqué en 2010</a>. La voix a gagné en largeur et le ténor américain allie insolence de la quinte aiguë et richesse belcantiste, avec des variations enthousiasmantes.  Succédant <em>in loco</em> à la légendaire Paolina de Leyla Gencer, <strong>Sondra Radvanovsky </strong>offre ici une exceptionnelle prise de rôle , magnifique d&rsquo;engagement et d&rsquo;une généreuse « folie » vocale. On a du mal à croire que la soprano canadienne ait pu offrir une telle performance entre deux répétitions d&rsquo;<em>Un ballo in maschera</em> à Bastille. Chapeau bas. Le baryton <strong>Gabriele Viviani </strong>est une des surprises de la soirée, car il se hisse tout à fait au niveau de ses partenaires, avec une voix d&rsquo;une projection remarquable et un caractérisation dramatique sans faille. Une représentation parfaite, où le moindre second rôle est impeccablement distribué, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse du percutant Nearco de <strong>Alejandro del Cerro</strong> ou du caverneux Callistene de<strong> Rubén Amoretti</strong>. Au Liceu, le belcanto, c&rsquo;est du sérieux !</p>
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		<title>Sur les ondes lyriques en janvier 2018</title>
		<link>https://www.forumopera.com/sur-les-ondes-lyriques-en-janvier-2018/</link>
					<comments>https://www.forumopera.com/sur-les-ondes-lyriques-en-janvier-2018/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marie-Laure Machado]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jan 2018 10:26:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la prolongation de la féérie de Noël, les ondes lyriques du mois de janvier s’annoncent enchanteresses. Web, radio et télévision, voici une sélection de retransmissions à ne manquer pour rien au monde. Samedi 6 janvier, 18h CET, BBC3 : Gioachino Rossini, Semiramide – Londres, ROH, 2017 (durée 3h59) « Prodige de l’art » selon Bellini, grand &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dans la prolongation de la féérie de Noël, les ondes lyriques du mois de janvier s’annoncent enchanteresses. Web, radio et télévision, voici une sélection de retransmissions à ne manquer pour rien au monde.</strong></p>
<hr />
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj1.jpg?itok=0nhF_oOA" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:11"><a href="http://www.bbc.co.uk/programmes/b09l21cf">Samedi 6 janvier, 18h CET, BBC3</a></ins></u></strong> : <strong>Gioachino Rossini, <em>Semiramide</em> – Londres, ROH, 2017 (durée 3h59) </strong></p>
<p>« Prodige de l’art » selon Bellini, grand admirateur de Rossini, qui considérait les compositeurs de son temps comme « autant d’insectes comparés au maître des maîtres… ». <a href="https://www.forumopera.com/semiramide-londres-roh-dans-lair-du-temps"><em>Semiramide</em> à Londres</a> en novembre 2017 abat les cartes maîtresses. Avec sa patte de tragédienne et son ébouriffante maîtrise vocale<strong>, Joyce DiDonato </strong>se surpasse en reine Semiramide. <strong>Daniela Barcellona </strong>a les hardiesses d’Arsace, <strong>Laurence</strong> <strong>Brownlee </strong>la virtuosité d’Idreno. Qui sera Assur : <strong>Michele</strong> <strong>Pertusi</strong> (souffrant le 19 novembre) ou son remplaçant <strong>Mirco</strong> <strong>Palazzi</strong> ? <strong>Antonio</strong> <strong>Pappano</strong> dirige avec cœur et maestria, comme à l’accoutumée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj2.jpg?itok=kAqNUYMz" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:16"><a href="https://www.francemusique.fr/emissions/dimanche-a-l-opera/la-cenerentola-a-l-opera-de-lyon-54781">Dimanche 7 janvier, 20h CET, France-Musique</a></ins> </u> : Gioachino Rossini, <em>La Cenerentola</em> – Opéra National de Lyon, 2017 (durée 3h)</strong></p>
<p>A riche plumage théâtral – mise en scène féconde de <strong>Stefan</strong> <strong>Herheim </strong>– brillant ramage rossinien. Cette<a href="https://www.forumopera.com/la-cenerentola-lyon-angelina-au-pays-des-merveilles"> <em>Cenerentola</em> du 15 décembre 2017 à Lyon</a> tient ses promesses<strong>. </strong>Le chant de <strong>Cyrille</strong> <strong>Dubois, </strong><u>é<ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:24"><a href="https://www.forumopera.com/actu/trophees-2017-des-lecteurs-le-palmares">toile lyrique montante 2017 selon les lecteurs de forumopera.com</a></ins>,</u> a la noblesse de cœur et l’élégance élastique de Don Ramiro. Sa Cendrillon, <strong>Michèle</strong> <strong>Losier</strong>, assume pleinement sa ribambelle de jouissives épreuves vocales. Dirigés par <strong>Stefano</strong> <strong>Montanari</strong>, le reste du plateau est de haut vol : <strong>Renato</strong> <strong>Girolami</strong> (Don Magnifico et Rossini venu superviser la représentation), <strong>Katherine</strong> <strong>Aitken </strong>(Tisbe), <strong>Clara</strong> <strong>Meloni</strong> (Clorinda), <strong>Nikolay</strong> <strong>Borchev</strong> (Dandini) et <strong>Simone</strong> <strong>Alberghini</strong> (Alidoro).</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj3.jpg?itok=5NMZxjo8" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:26"><a href="https://www.arte.tv/fr/videos/076633-000-A/le-pays-du-sourire/">Lundi 8 janvier, 0h25 CET, Arte</a></ins></u> : Franz Lehár, <em>Le</em> <em>Pays</em> <em>du</em> <em>Sourire </em>–<em> </em>Opéra de Zurich<em>, </em>2017 (durée 1h45)</strong></p>
<p>Environ vingt-cinq ans après <em>La</em> <em>Veuve</em> <em>Joyeuse</em>, <em>Le</em> <em>Pays</em> <em>du</em> <em>Sourire</em> de Franz Lehár triomphe à Berlin en 1929. Cette opérette, où l’on ne rit pas, est une nouvelle mouture de <em>La</em> <em>Tunique</em> <em>Jaune</em> (1923), peut-être inspirée par <em>Turandot</em> que Puccini, ami de Lehár, composait alors. Dans une mise en scène hollywoodienne d’<strong>Andreas</strong> <strong>Homoki</strong>, le prince chinois Sou-Chong (<strong>Piotr</strong> <strong>Beczala</strong>) épouse et emmène en Chine sa comtesse autrichienne bien-aimée Lisa (<strong>Julia Kleiter),</strong> à laquelle il rendra sa liberté car elle refuse la polygamie autorisée en Chine. Voix généreuses et style consommé, nos deux héros excellent dans ce répertoire qu’ils chérissent.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj4.jpg?itok=LtC9rlAo" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a href="https://www.francemusique.fr/emissions/le-concert-du-soir/thomas-hampson-et-le-secession-orchestra-avec-un-vibrant-programme-viennois-en-hommage-a-henry-louis-de-la-grange-57521"><strong><u>Lundi 8 janvier, 20h CET, France-Musique</u></strong></a> <strong>: Gustav Mahler et programme viennois – Paris, Auditorium du Musée d’Orsay, 2017 (durée 2h)</strong></p>
<p>Le coeur est gonflé de chagrin, il est comme un nuage en lambeaux dans un troupeau de nuages en fuite dans le ciel. Tel est le chant de <strong>Thomas</strong> <strong>Hampson</strong> dans <em>Der</em> <em>Abschied</em> (<em>L’Adieu</em>), dernier des six poèmes du <em>Das</em> <em>Lied</em> <em>von</em> <em>der</em> <em>Erde (Le Chant de la Terre)</em>, où le poète attend son amipour un éternel adieu. C’est à Paris au Musée d’Orsay, la retransmission d’<a href="https://www.forumopera.com/thomas-hampson-paris-musee-dorsay-renversante-experience"><u>un concert hommage à<strong> Henry-Louis de La Grange</strong></u></a>, disparu en 2017, grand spécialiste de Gustav Mahler comme Thomas Hampson d’ailleurs. Le baryton est accompagné par le chef d’orchestre <strong>Clément</strong> <strong>Mao</strong>&#8211;<strong>Takacs</strong> et son <strong>Secession</strong> <strong>Orchestra</strong>, au sein d’un programme viennois qui n’est pas que vocal.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj5.jpg?itok=92oXueSr" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:31"><a href="http://www.catmusica.cat/index_cm.htm">Mercredi 10 janvier, 20h CET, CatalunyaMusica</a></ins></u> : Gaetano Donizetti, <em>Poliuto </em>–<em> </em>Barcelone, Gran Teatre Del liceu, 2018</strong> <strong>(durée 1h40 environ)</strong></p>
<p>Non, <strong>Gregory</strong> <strong>Kunde</strong> ne ressemblera pas à Bob Marley, ni <strong>Sandra</strong> <strong>Radvanovsky</strong> à Joan Baez dans cette représentation de <em>Poliuto</em> au Liceu, car il s’agit d’une version de concert (voi<ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:33"><a href="https://www.forumopera.com/breve/gregory-kunde-cest-bob-marley">r brève du 11 janvier 2016)</a></ins> ! Après ses trois sensationnelles reines donizettiennes au MET en 2015 et -2016, Paolina, épouse de Poliuto, est une prise de rôle pour la Radvanovsky. on rêve déjà de l’y entendre. <strong>Gregory</strong> <strong>Kunde</strong> rallumera son Poliuto, seigneur arménien à la fois tendre et si héroïque de notes comme de jeu, <u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:35"><a href="https://www.forumopera.com/dvd/cest-nourrit-quon-ressuscite">enregistré en 2010 en DVD</a></ins></u>. Ce duel de géants sera arbitré par <strong>Gabriele</strong> <strong>Viviani</strong> (Severo), <strong>Josep</strong> <strong>Fado</strong> (Felice), <strong>Ruben</strong> <strong>Amoretti</strong> (Callistene) et <strong>Alejandro</strong> <strong>del</strong> <strong>Cerro</strong> (Nearco), placés sous la direction de <strong>Daniele</strong> <strong>Callegari</strong>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj6.jpg?itok=ycqPBaez" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:40"><a href="http://operavision.eu/fr/bibliotheque/spectacles/operas/die-schneekonigin">Vendredi 12 janvier, 19h CET, Opéravision</a></ins></u> : Marius Felix Lange, <em>La</em> <em>Reine</em> <em>des</em> <em>Neiges</em> – Duisbourg, Deutsche Oper am Rhein, 2016 (durée 1h30)</strong></p>
<p>Premier prix au Premier Concours International de Cologne avec un opéra pour enfants, <strong>Marius</strong> <strong>Felix</strong> <strong>Lange</strong> (1968) a en toute logique écrit de nombreux opéras… pour enfants. Sa <em>Reine</em> <em>des</em> <em>Neiges</em> (création mondiale à Duisbourg en 2016), d’après un conte de Hans Christian Andersen, fusionne dissonance, romantisme et musique de film. <strong>Adela</strong> <strong>Zaharia</strong>, premier prix féminin d’Opéralia en 2017, est cette terrible reine en même temps qu’un scintillant soprano lyrique d’agilité dans une mise en scène de <strong>Johannes Schmidt,</strong> belle comme les contes, éclatante de couleurs et d’humour. Un opéra pour jeunes de 7 à 77 ans.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj7.jpg?itok=EKEIwfuI" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:41"><a href="https://www.wqxr.org/shows/metropolitan-opera/about">Samedi 13 janvier, 18h30 CET, WQXR</a></ins></u> : Pietro Mascagni, <em>Cavalleria</em> <em>Rusticana</em> ; Ruggero Leoncavallo, <em>Pagliacci</em> – New York, MET, 2018 (durée 3h)</strong></p>
<p>Pour le metteur en scène <strong>David</strong> <strong>McVicar</strong>, <em>Cav</em> (<em>Cavalleria</em> <em>Rusticana</em> ) est la nuit et <em>Pag</em> (<em>Pagliacci</em> ) est le jour, malgré la même issue fatale. L’esthétique très austère de son <em>Cav</em> est lourde de sens, la désopilante exubérance de son <em>Pag</em> bénéficie d’un plus : l’inspiration. Amant méprisant avec Santuzza, mais d’une tendresse inouïe avec Mamma Lucia, <strong>Roberto</strong> <strong>Alagna</strong> est un Turiddu idéal, tout comme il est un Canio fascinant, au chant éperdu dans  « Recitar… Vesti la giubba », et sa déferlante de violence meurtrière en fin de <em>Pag</em>. <strong>Aleksandra</strong> <strong>Kurzak</strong> incarne la Nedda pétulante et rayonnante de sensualité voulue par McVicar. <strong>George</strong> <strong>Gagnidze</strong>, déjà impressionnant dans cette mise en scène en 2016, reste un Alfio de cinglante autorité et un Taddeo/Tonio aussi libidineux que brutal. <strong>Ekaterina</strong> <strong>Semenchuk</strong> en Santuzza et <strong>Alessio</strong> <strong>Arduini</strong> en Silvio complètent la distribution. <a href="http://www.metopera.org/Season/Radio/Free-Live-Audio-Streams/"><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:44">Live Radio du MET, les 9 et 30 janvier à 01h25 CET.</ins></a></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj8.jpg?itok=GMpvQell" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:47"><a href="https://www.wqxr.org/shows/metropolitan-opera/about">Samedi 20 janvier, 19h CET, WQXR</a></ins></u> : Jules Massenet, <em>Thaïs</em> – New York, MET, 2017 (durée 3h16)</strong></p>
<p>Dans une production conçue à l’origine pour<strong> Renée Fleming</strong>, <em>Thaïs</em> revient à New York, interprétée cette fois par la soprano lauréate en 2012 du Richard Tucker Award : <strong>Ailyn</strong> <strong>Perez</strong>. <strong>Gerald</strong> <strong>Finley</strong> reste comme au Châtelet en 2007 Athanaël, l’ascète soumis à la tentation de la chair. Dans un répertoire où la diction est clé, <strong>Jean</strong>&#8211;<strong>François</strong> <strong>Borras</strong> en Nicias est la première raison de jeter une oreille à cette retransmission radiophonique à écouter aussi <ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:49"><a href="http://www.catmusica.cat/index_cm.htm">même jour, même heure sur CatalunyaMusica</a></ins>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj9.jpg?itok=9ybi4nr8" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T16:55"><a href="https://www.staatsoper.de/tv.html?no_cache=1">Lundi 22 janvier, 17h CET, Bayerische Staatsoper.TV</a></ins></u></strong> <strong>: Richard Wagner, <em>Die</em> <em>Walküre</em> – Munich, Bayerische Staatsoper, 2018</strong></p>
<p>Si les opéras de Wagner ne font pas l’unanimité, ils ne laissent jamais indifférents. Les plus récalcitrants n’auront d’autres choix que de virer leur cuti à la lecture de la distribution de cette première journée du Ring munichois, retransmise le 22 janvier en direct par le Bayerische Staatsoper sur son propre site, et en replay un seul jour supplémentaire le 23 janvier : <strong>Nina</strong> <strong>Stemme</strong>, <strong>Anja</strong> <strong>Kampe</strong>, <strong>Ekaterina</strong> <strong>Gubanova</strong>, <strong>Simon</strong> <strong>O’Neil</strong>, <strong>Wolfgang</strong> <strong>Koch</strong>, sous la conduite du futur directeur de l’Orchestre Philarmonique de Berlin <strong>Kiril</strong> <strong>Petrenko</strong>. Quand on sait la musique de Wagner aussi instrumentale que vocale, l’argument est imparable. <em>La</em> <em>Walkyrie</em> ne saurait pour autant se résumer à sa chevauchée. Episode le plus lyrique et le plus accessible de la Tétralogie, son accès à Munich est facilité encore par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/du-theatre-en-corps">la mise en scène corporelle d’<strong>Andréas</strong> <strong>Kriegenburg</strong></a>. Alors, si ce n’est déjà fait, pourquoi ne pas rentrer en religion wagnérienne par cette porte ?</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj10.jpg?itok=8wqtoKUT" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><u><a href="http://www.streamingcarlofelice.com/">Mercredi 24 janvier, 20h CET, TCFWebTV</a></u> : Vincenzo Bellini, <em>Norma</em> – Gênes, Teatro Carlo Felice, 2018</strong></p>
<p>Quelle intelligence du chant, quelle technique et quelle maîtrise de son art ne faut-il pas à <strong>Mariella</strong> <strong>Devia </strong>pour être en scène à son âge ! Sa Norma est « tragico sublime », comme la voulait Bellini, son engagement bouleverse. A ses côtés, <strong>Stefan</strong> <strong>Pop</strong> (Pollione), <strong>Analisa</strong> <strong>Stroppa</strong> (Adalgisa) sont dirigés par <strong>Andrea</strong> <strong>Battistoni</strong>, dans une mise en scène de <strong>Luigi</strong> <strong>Di</strong> <strong>Gangi</strong> et <strong>Ugo</strong> <strong>Giacomazzi</strong> (<u><ins cite="mailto:Marie-Laure%20Machado" datetime="2018-01-04T17:00"><a href="http://www.streamingcarlofelice.com/">live-streaming, TCFWebTV, le 30 janvier 20h CET</a></ins></u>)</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj11.jpg?itok=tthBokH3" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><strong><a href="https://www.wqxr.org/story/104496-puccinis-emtoscaem/"><u>Samedi 27 janvier, 19h CET, WQXR </u></a>: Giacomo Puccini, <em>Tosca</em> – New York, MET, 2018 (durée 2h53)</strong></p>
<p>Pour le moment peu d’images ou de youtuberies, quelques articles, mais on est déjà profondément touché par le <em>dolcissimo con grande sentimento</em> de <strong>Sonya</strong> <strong>Yoncheva</strong> (Tosca) dans sa prière « Vissi d’arte », et cette simplicité dont <strong>Puccini</strong> disait qu’elle est une divinité que doivent célébrer tous les artistes qui y croient. La sincérité de <strong>Vittorio</strong> <strong>Grigolo</strong> (Mario Cavaradossi), elle, passe par une générosité d’émotions dans un « E lucevan le stelle » où la douleur se fond au chant. L’excellent baryton <strong>Zeljko</strong> <strong>Lucic</strong> a très certainement le venin et la violence nécessaires à Scarpia. Si vous n’assistez pas à la retransmission de la représentation dans les cinémas Pathé, ce 27 janvier, écoutez-la à la radio, sur WQXR<strong> </strong><u><a href="https://www.br-klassik.de/programm/radio/ausstrahlung-1283178.html">ou le même jour à la même heure sur BRklassik</a>. </u></p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/sloj12.jpg?itok=oXMs1ZfH" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a href="https://www.francemusique.fr/"><strong><u>Dimanche 28 janvier, 20h, France-Musique</u></strong></a><strong><a href="https://www.francemusique.fr/"> </a>: Georg Friedrich Haendel, <em>Jephta</em> – Paris, Opéra Garnier, 2018 (durée 3h05)</strong></p>
<p>Victorieux des Ammonites, le chef militaire hébreu Jephta (<strong>Ian</strong> <strong>Bostridge</strong>) a promis de sacrifier la première personne rencontrée au retour du combat, et c’est sa fille Iphis (<strong>Katherine</strong> <strong>Watson</strong>) qui croise son chemin. (Rappelez-vous <em>Idomeneo</em> de Mozart !). Storgé (<strong>Marie</strong>&#8211;<strong>Nicole</strong> <strong>Lemieux</strong>), mère de la jeune femme, est horrifiée, Hamor (<strong>Tim</strong> <strong>Mead</strong>) demande à mourir à la place de celle qu’il aime et, Zébul (<strong>Philippe</strong> <strong>Sly</strong>) supplie Jephta d’épargner sa fille. Juste avant de mourir, Iphis sera sauvée par un Ange (<strong>Valer</strong> <strong>Sabadus</strong>) qui lui annonce son entrée en religion. <em>Jephta</em> est le dernier oratorio de <strong>Haendel</strong>, devenu aveugle en le composant. Si l’écriture garde ici sa majesté et sa virilité galvanisantes, la tristesse et la sévérité y sont dominantes. Représentée pour la première fois à l’Opéra Garnier, la mise en scène de <strong>Claus</strong> <strong>Guth</strong> a déjà fait <a href="https://www.forumopera.com/jephtha-amsterdam-es-muss-sein-ou-muss-es-sein">les beaux soirs d’Amsterdam en novembre 2016</a>.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" src="/sites/default/files/styles/large/public/t2017-sca_0.jpg?itok=r0hWmIsQ" style="width: 100px; height: 100px; margin-left: 10px; margin-right: 10px; float: left;" title="MASQUER" /><a href="http://www.operaliege.be/fr/activites/carmen-0"><strong><u>Mardi 30 janvier, 20h, Culturebox </u></strong></a><strong> : Georges Bizet, <em>Carmen</em> – Liège, Opéra Royal de Wallonie, 2018 (durée 3h20)</strong></p>
<p>Le communiqué de l’Opéra de Liège est bref : leur nouvelle <em>Carmen</em>, mise en scène par <strong>Henning</strong> <strong>Brokhaus</strong>, se passera dans un cirque et sera surprenante. Mais, d’euphories ensoleillées en passions vertigineuses, le chef-d’oeuvre de <strong>Bizet</strong> respirera à travers la baguette de <a href="https://www.forumopera.com/actu/trophees-2017-des-lecteurs-le-palmares"><strong><u>Speranza</u></strong><u> <strong>Scappucci</strong>, élue meilleure chef 2017 par les lecteurs de forumopera.com</u></a>. Timbre charnu, paysage de granit noir, le mezzo georgien <strong>Nino</strong> <strong>Surgaladze</strong> incarnera Carmen, notre astre de liberté. Pour un Don José vibrant d’élégie amoureuse et de vaillance exaspérée, on se réjouit d’entendre le rare <strong>Marc</strong> <strong>Laho</strong>. N’oublions pas l’Escamillo de <strong>Lionel</strong> <strong>Lhote</strong>, toujours <em>di</em> <em>qualità</em> et la Micaëla de <strong>Silvia</strong> <strong>Dalla Benetta.</strong></p>
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		<title>DONIZETTI, Poliuto — Glyndebourne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/poliuto-glyndebourne-donizetti-et-verdi-meme-combat/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 24 May 2015 03:36:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Genèse mouvementée que celle de Poliuto, composé en 1838 à l’intention du ténor légendaire Adolphe Nourrit et raison involontaire de sa défénestration, interdit par la censure napolitaine, converti en grand-opéra français et créé à Paris en 1841 sous le nom de Les Martyrs, puis finalement représenté en italien à Naples en 1848 dans une version &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Genèse mouvementée que celle de <em>Poliuto</em>, composé en 1838 à l’intention du ténor légendaire Adolphe Nourrit et raison involontaire de sa défénestration, interdit par la censure napolitaine, converti en grand-opéra français et créé à Paris en 1841 sous le nom de <em>Les Martyrs</em>, puis finalement représenté en italien à Naples en 1848 dans une version hybride que la tradition a imposée au répertoire sans jamais rencontrer un franc succès. Glyndebourne lui offre cette saison sa première britannique à partir de l’édition critique réalisée par William Ashbrook et Roger Parker. Rétablie dans son intégrité, l’œuvre, courte – moins de deux heures –, expose ses similitudes avec les ouvrages ultérieurs de Verdi : le finale du 2<sup>e</sup> acte dont le chœur triomphal d’<em>Aida </em>est inspiré, la scène de la prison proche par bien des aspects de celle du <em>Trouvère</em>, et au-delà, une impulsion dramatique, une énergie que tempère un livret auquel le génie théâtral de Verdi aurait su insuffler un élan supplémentaire. Ce lien existant entre les deux compositeurs provient selon Roger Parker d’une inspiration française commune. Admettons. Selon les choix interprétatifs, la parenté apparaît anecdotique ou, au contraire, évidente.</p>
<p>Evidente lorsque <strong>Michael Fabiano</strong> opte pour un chant héroïque avant d&rsquo;être romantique, à rebours d’une certaine logique qui aurait voulu que le ténor prenne pour modèle Nourrit – auquel la partition était destinée – plutôt que Duprez – son rival, l&rsquo;inventeur de l&rsquo;Ut de poitrine, qui la créa dans sa version française. L’option atteint ses limites dans le 3<sup>e</sup> acte où Poliuto peine à user des demi-teintes nécessaires à l’élégance de l’écriture (le chant élégiaque était le point fort de Nourrit). La démonstration de force, pour convaincante qu’elle soit sinon, témoigne de l’évolution d’une voix, désormais apte à conquérir le répertoire verdien auquel elle aspire, moins Mantoue, peut-être trop léger même si prévu à Paris la saison prochaine, que Rodolfo de <em>Luisa Miller</em> programmé à San Francisco dans les mois à venir.</p>
<p>Affinités verdiennes aussi pour Severo élevé par <strong>Igor Golovatenko</strong> à l’égal du ténor, belliqueux voire arrogant, puissant, large, prodigue, égal sur la longueur, moins Enrico dans <em>Lucia</em> que Luna dans <em>Il trovatore</em>, rôle que le baryton russe interprètera en janvier 2016 à Lille avec le succès que l’on peut prédire s’il fait preuve de la même assurance vocale.</p>
<p>Verdi encore et toujours par la manière dont <strong>Enrique Mazzola</strong> communique santé et vitalité au London Philharmonic Orchestra et plus largement à un Glyndebourne Chorus dont l’excellence rappelle combien le chant choral est ancré dans la culture britannique. L’accomplissement musical de la représentation doit beaucoup à cette lecture électrisante, libérée car convaincue de la valeur de la partition, quand trop de chefs – chez Verdi comme chez Donizetti – cherchent par une surenchère d’intentions à masquer ce qu’ils estiment être faiblesse de composition.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/poliuto5.jpg?itok=adFrrRk3" title="© Glyndebourne Festival" width="468" /><br />
	© Glyndebourne Festival</p>
<p>Dans un de ces rôles de prêtre inflexible qu’affectionnait Verdi, <strong>Matthew Rose</strong> en revanche n’est pas le potentat à la voix noire et puissante érigé en règle par la deuxième moitié de l’<em>ottocento</em>. Callistene paraitrait presque bonhomme comparé à ses partenaires masculins. La figure de Zaccaria – le chef des hébreux dans <em>Nabucco</em> – écartée, « Alimento alla fiamma si porga » n’en est pas moins phrasé avec l’autorité requise.</p>
<p>Seule représentante du sexe dit faible, <strong>Ana Maria Martinez</strong> se préoccupe moins d’effets belcantistes que de maîtriser un instrument dont la couleur sombre contraste avec des aigus effilés. Agile vocalement, investie scéniquement même si déboulonnée de son socle antique par une vilaine robe à fleurs, la soprano tente envers et contre tout de résoudre le problème posé par <em>Poliuto</em> : qui est finalement Paolina ? Une épouse ? Une amante ? Et comment expliquer sa conversion, pour le moins soudaine ?</p>
<p>A ces questions, la mise en scène de <strong>Mariame Clément</strong> n’essaie pas de répondre. Sa quête d’inspiration s’est arrêtée sur l’image d’une vidéo d’Anri Sala (<em>1395 Days Without Red</em>) où l’on voit la silhouette d’un enfant traverser en courant une rue déserte de Sarajevo. Le rapport avec <em>Poliuto</em> ? L’atmosphère, traduite au moyen d’énormes blocs de béton délimitant l’espace, sur lesquels des projections d’images illustrent plus ou moins clairement une action transposée quelque part en Europe de l’Est. L’oppresseur romain arbore une tenue militaire, les chrétiens se reconnaissent à leur crâne rasé. Pour le reste, la volonté de mouvement s’en tient aux blocs glissant sur le plateau. A trop intellectualiser le propos, Mariame Clément a tout simplement oublié l’essentiel : raconter une histoire, simple au demeurant. La résumer en une phrase aide à comprendre ce qui sépare <em>Poliuto</em> des opéras de Verdi : chez Donizetti, c’est le ténor qui fait tout pour empêcher le baryton de coucher avec la soprano*.</p>
<p>* En référence à la boutade de Georges Bernard Shaw, inspirée notamment par <em>Le Trouvère</em> : « <em>Un opéra, c&rsquo;est une histoire où un baryton fait tout pour empêcher un ténor de coucher avec une soprano</em> »<br />
 </p>
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		<title>DONIZETTI, Poliuto — Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/creation-tardive-mais-heureuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Dec 2012 19:42:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Marseille accueillit en 1843 une exécution d’un opéra créé trois ans plus tôt à Paris par Donizetti sous le titre Les Martyrs. Il s’agissait en fait de la version un peu remaniée et rallongée du Poliuto original dont le bigot roi de Naples Ferdinand II avait interdit en 1838 la création au San Carlo. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Marseille accueillit en 1843 une exécution d’un opéra créé trois ans plus tôt à Paris par Donizetti sous le titre <em>Les Martyrs</em>. Il s’agissait en fait de la version un peu remaniée et rallongée du <em>Poliuto</em> original dont le bigot roi de Naples Ferdinand II avait interdit en 1838 la création au San Carlo. En 2012 c’est dans l’édition critique de 1988 &#8211; à ce qu’il semble la seule disponible aujourd’hui chez Ricordi – que l’Opéra de Marseille présente l’œuvre. Par-delà les différences ponctuelles que l’on peut relever avec la version finalement créée à Naples en novembre 1848, sept mois après la mort du compositeur, où étaient insérés des éléments de la révision parisienne, et qui fut donnée à La Scala lors de la célèbre reprise de 1960 avec Franco Corelli et Maria Callas, l’essentiel de l’écriture des rôles pour les solistes et de l’expression musicale des passions qui animent les personnages est inchangé. A cet égard, l’œuvre est si exigeante que la distribuer n’est pas chose aisée. Le défi est relevé à Marseille avec panache.</p>
<p>			Donizetti avait écrit le rôle-titre pour Adolphe Nourrit, vedette de l’Académie Royale de Musique de Paris, lorsqu’il était venu en Italie pour chercher à acquérir la technique du do de poitrine qui valait à un nouveau venu, Gilbert Duprez, des succès menaçant sa position. Nourrit aurait-il trouvé les ressources vocales nécessaires à exprimer l’exaltation soutenue d’un personnage en proie à l’exaltation mystique et dévoré par la jalousie dans des éclats vocaux retentissants ? On n’en saura jamais rien, mais à Marseille <strong>Massimiliano Pisapia</strong> montre qu’il est l’homme de la situation. On pourrait rêver çà et là de nuances plus marquées qui rendraient mieux compte des déchirements intérieurs mais sans chipoter davantage louons un chanteur qui ne triche pas. La clarté de l’émission est excellente et les aigus, attaqués franchement et soutenus, valent bien ceux de célèbres disparus. Sa Paolina, l’épouse vertueuse qui triomphe de la tentation de céder à son premier amour retrouvé et se convertit pour accompagner Polyeucte dans la mort, le personnage somme toute le plus proche du modèle cornélien, trouve en <strong>Daniela Dessi</strong> une interprète dont le métier réussit à pallier les limites d’une voix à l’émail apparemment intact. Seule la prudence de quelques aigus et un vibrato un moment plus large révèlent qu’elle n’effectue pas une promenade de santé. Ce même métier lui fait trouver le juste milieu dans l’expression de l’émotion, d’un romantisme bien contrôlé. Son premier amour, ce guerrier qui semble échappé de la Carte du Tendre, trouve en<strong> Vittorio Vitelli</strong> un interprète des plus convaincants. Est-ce son admiration inconditionnelle d’Ettore Bastianini qui nous semble l’amener à chercher çà et là à grossir, à noircir sa voix ? Celle-ci est assez belle, assez étendue et court assez bien pour qu’il la libère d’effets inutiles. Entre la qualité du timbre et l’intensité de l’interprétation, ce Severo frappé comme une médaille vaut au chanteur un juste triomphe aux saluts. <strong>Wojtek Smilek </strong>prête sa voix solide et profonde au grand Prêtre Callistene, avec sa fiabilité bien connue. En Néarco, l’ami de Polyeucte, <strong>Stanislas de Barbeyrac</strong> impressionne comme à chaque fois par la clarté de son émission, la qualité de son élocution et son impeccable musicalité. Dans leurs brèves interventions, <strong>Paul Rosner</strong> et <strong>Alain Herriau </strong>sont eux aussi irréprochables.<br />
			 <br />
			Comme à chaque fois qu’ils sont exposés à nu sur la scène, les choristes et les musiciens de l’orchestre donnent le meilleur d’eux-mêmes, on le perçoit dès l’ouverture, avec chœur enchâssé, à la manière de Rossini pour<em> Ermione</em>. Ils obéissent tous à <strong>Alain Guingal</strong>, qu’ils connaissent et apprécient depuis longtemps. Si l’on surmonte l’agacement que sa façon d’accompagner de tout le corps les rythmes dansants peut faire éprouver – car plus d’une fois cette communion témoigne d’un plaisir en contradiction avec le contexte dramatique – on apprécie le juste équilibre entre l’élan dynamique et la retenue, le mouvement qui ne force ni le trait ni l’allure. Il réussit ainsi à doser le pathos et l’énergie sans que les chanteurs soient contraints de forcer au-delà de la nécessité musicale. Ce n’est pas un mince mérite. Si bien que, sans nous avoir mis au septième ciel, on sort de ce <em>Poliuto</em> bien heureux !<br />
			 </p>
<p>			<a href="http://www.qobuz.com/album/gaetano-donizetti-poliuto-integrale/0801439902343" target="_blank" rel="noopener">Poliuto (Intégrale) | Gaetano Donizetti par Maria Callas</a></p>
<p>			 </p>
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		<title>Poliuto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cest-nourrit-quon-ressuscite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 02 Apr 2012 08:58:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Même si l’Opéra de Zurich doit en assurer en mai prochain la création en Suisse, et si une nouvelle production doit en voir le jour à Marseille à la fin de cette année, le Poliuto posthume de Donizetti, créé trente ans exactement avant le Polyeucte de Gounod, ne s’est pas vraiment imposé au répertoire, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Même si l’Opéra de Zurich doit en assurer en mai prochain la création en Suisse, et si une nouvelle production doit en voir le jour à Marseille à la fin de cette année, le <em>Poliuto </em>posthume de Donizetti, créé trente ans exactement avant le <em>Polyeucte</em> de Gounod, ne s’est pas vraiment imposé au répertoire, de sorte que le DVD aujourd’hui proposé par Bongiovanni se trouve être, sauf erreur, une première mondiale sur ce support. Et l’on ne parle même pas de la version « grand opéra à la française » créée avant l’original italien, <em>Les Martyrs</em>, encore plus sombré dans l’oubli. Ce sujet chrétien n’est pourtant pas si désuet, comme en témoigne le <em>Polieukt </em>de Zygmund Krause récemment donné à <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3123&amp;cntnt01returnid=54">Toulouse</a>.</p>
<p>			 </p>
<p>			De cet « opéra de ténor » finalement créé en français par Duprez en 1840, mais conçu à la demande et à l’intention de Nourrit, <strong>Gregory Kunde</strong> est ici la pierre angulaire : avant d’aborder Raoul des <em>Huguenots</em> à Strasbourg (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=3555&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">recension</a>),  il avait déjà fait sien cet autre rôle que le grand ténor français aurait dû créer en 1838 si la censure napolitaine ne s’était opposée à cette œuvre jugée sacrilège. Espérons seulement que Kunde ne connaîtra pas le même sort que son illustre prédécesseur (dans un accès de délire, Nourrit se jeta par la fenêtre de son hôtel en 1839). En tout cas, sa voix semble ici parfaitement se plier aux exigences du rôle, les aigus sont dardés avec vaillance et, scéniquement, le personnage sans âge précis du seigneur arménien lui convient bien mieux que celui du jeune comte de Nangis.</p>
<p>			 </p>
<p>			A ses côtés, <strong>Paoletta Marrocu</strong> lui donne une réplique parfaitement à la hauteur (elle fut notamment une superbe Lady Macbeth face à Thomas Hampson). La chanteuse est raffinée et expressive, même si les notes les plus graves gagneraient à être un peu plus sonores, et si elle pourrait avec profit s’affrachir de certains gestes mélodramatiques très dispensables. <strong>Simone Del Savio</strong> est un magnifique baryton-basse au timbre généreux, d’une solidité à toute épreuve. <strong>Andrea Papi</strong> est un grand-prêtre impressionnant de noirceur et d’animosité envers les chrétiens.</p>
<p>			 </p>
<p>			Sans rien de bien remarquable dans la direction d’acteur, la mise en scène élégante de <strong>Marco Spada</strong> a au moins le grand mérite de la sobriété élégante : elle nous évite un énième péplum avec toges plus ou moins bien drapées devant colonnes en toc plus ou moins bien imitées. La transposition discrète vers l’époque fasciste se justifie par le culte mussolinien de l’antiquité romaine : ici, quelques figurants en costume de centurions, puis de gladiateurs, renvoient explicitement au contexte historique initial de l’intrigue, mais tous les personnages portent des tenues « milieu du XXe siècle » simples et seyants (le laticlave est sans pitié pour qui abuse de la cervoise).</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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