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	<title>Rusalka - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Sun, 03 May 2026 21:46:16 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Rusalka - Oeuvre - Forum Opéra</title>
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		<title>DVOŘÁK, Rusalka – Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Près d’un quart de siècle après sa création en 2002, la production de Bob Carsen éblouit par sa beauté et sa puissance dramatique, qui parvient à susciter l’émerveillement sans tomber dans le piège du kitsch. La scénographie est spectaculaire et immédiatement lisible : du miroir d’eau paisible et mystérieux du premier acte, on passe à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Près d’un quart de siècle après sa création en 2002, la production de <strong>Bob Carsen</strong> éblouit par sa beauté et sa puissance dramatique, qui parvient à susciter l’émerveillement sans tomber dans le piège du kitsch. La scénographie est spectaculaire et immédiatement lisible : du miroir d’eau paisible et mystérieux du premier acte, on passe à la frontière angoissante entre des mondes irréconciliables qui, en dérivant à la fin du deuxième acte, laissent place à un angoissant vide, celui du néant auquel est condamnée Rusalka. Le tout est servi par des lumières intelligentes, qui transportent au cœur du perpétuel demi-jour de l’opéra, inondé de la paisible lumière de la Lune, ou éclairé dans un tamisage sensuel par les lampes de chevet et, enfin, réfracté par un voile angoissant au dernier acte. La direction d’acteur est précise, calée sur la musique, toujours signifiante, une vraie réussite – qui permet de compenser la relative modestie des talents d’acteurs de la distribution. <em>Rusalka</em> devient ainsi un bouleversant miroir de notre humanité, auquel on ne trouve aucun des excès psychologiques qu&rsquo;on lui a parfois reprochés.</p>
<p>Certes, on peut avoir quelques réserves sur cette mise en scène : le ballet, efficace, n’est pas des plus inspirés ; les interventions hors scène du Vodník, des sœurs de Rusalka et du chœur sont régulièrement diffusées par micro, créant de désagréables contrastes entre la plénitude de l’orchestre et la monotonie de ce son écrasé ; le finale, enfin, suggère une fin heureuse en décalage total avec l’angoisse de la musique (le Prince ne semble pas mourir, Rusalka le rejoint sur le lit nuptial), à rebours de la poignante asphyxie éternelle à laquelle le livret condamne Rusalka. Mais tout cela est effacé par la force d’évocation et la beauté d’une production magnifique dont l’Opéra de Paris peut être fier.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="aligncenter wp-image-212885 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/27092-Guergana_Damianova___OnP-Rusalka-14.15-Christian-Leiber-OnP-2--1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /></p>
<p><strong>Kazushi </strong><strong>Ōno</strong> propose une très belle lecture de l’œuvre, avec quelques irrégularités. On est littéralement subjugué par le premier acte et ce dès le prologue : une lente éclosion animée de grâce et d’un sens du sublime qui n’est jamais tapageur. L’étagement limpide des plans sonores n’empêche pas la fusion des timbres ni les contrastes au sein d’un <strong>orchestre de l’Opéra de Paris</strong> en bonne forme. Les mêmes qualités font de la scène de magie une très grande réussite : cette petite page symphonique est relevée d’une dose bienvenue de bagou. Le monde des humains réussit un peu moins au chef : si le ballet est charmant, brillant, et parfaitement synchronisé, la lamentation du Vodník est marquée par des décalages et un manque de symbiose entre le chanteur et le chef. Heureusement, le dernier acte renoue avec les profondeurs ambivalentes du premier et la soirée s’achève sur une très belle expiration de l’orchestre. Globalement donc, une très belle prestation, précise, inventive, sans doute plus à l’aise dans la contemplation que dans la fureur, mais qui rend parfaitement justice à la modernité du langage musical de Dvořák. Signalons une belle harpe solo et un pupitre de cors qui n’a jamais semblé aussi wagnérien.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-212883 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/27094-Guergana_Damianova___OnP-Rusalka-18.19-c-Guergana-Damianova-OnP-20--1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /></p>
<p><strong>Nicole Car</strong> est une superbe Rusalka. On a du mal à croire que sa prise de rôle est récente (Sydney en juillet 2025 puis Vienne en janvier 2026) tant la partition lui va comme un gant : le timbre est enchanteur, la ligne élégante et expressive, le médium et le grave (très sollicités) sont riches sans jamais être appuyés, les aigus sont libres, déchirants, impérieux. Les demi-teintes, qui manquaient encore un peu au tout début, sont splendides une fois que la voix a chauffé. Elle aura sans doute le temps de mûrir son interprétation mais l’Australienne est déjà une grande Rusalka.</p>
<p><img decoding="async" class="aligncenter wp-image-212884 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/27093-Guergana_Damianova___OnP-Rusalka-14.15-Christian-Leiber-OnP-6--1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /></p>
<p>Les seconds rôles sont de bonne tenue sans se hisser au niveau de l’héroïne. <strong>Dimitry Ivaschchenko</strong> est un Vodník au timbre naturellement séduisant et profond, mais un peu monotone : la voix manque de projection et d’intensité, si bien que la splendide lamentation du deuxième acte nous laisse de marbre. En Prince, le ténor (pilier du Mariinsky) <strong>Sergey Skorokhodov</strong> est doté d’une voix légère, assez lumineuse au-dessus du <em>passaggio</em>, mais sans éclosion réelle du son, avec un certain déficit de coffre et de ressources dramatiques. <strong>Jamie Barton</strong> est une Ježibaba plus marquante : l’aisance scénique de la chanteuse et les qualités (et les défauts) de sa voix campent une sorcière ambivalente, écartelée entre des graves fortement poitrinés et des aigus perçants. La Princesse étrangère trouve en <strong>Ekaterina Gubanova</strong> une interprète fascinante, à la voix corsée, aux couleurs slaves, et qui est de façon très frappante un vrai double assombri de la voix de Nicole Car, renforçant la thématique du miroir.</p>
<p>Les <em>comprimari</em>, eux, sont excellents :  le baryton flamboyant de <strong>Florent Mbia</strong> fait un duo réussi avec le mezzo agile et large d’ambitus de <strong>Seray Pinar</strong>, dont la voix séduisante et le jeu efficace laissent présager de belles possibilités (Karine Deshayes tenait le rôle du marmiton en 2002…). Les trois ondines sont parfaitement distribuées : les timbres charnus mais radieux s’accordent à merveille et permettent juste ce qu’il faut d’individualité dans les ensembles. Dans leur saynète du troisième acte, on remarque le soprano ample et mordoré de <strong>Margarita Polonskaya</strong>, dont la projection et la longueur de souffle nourriront sans doute un jour une très belle Rusalka. <strong>Noa Beinart</strong> est un contralto profond et chantant qui fait merveille dans ses interventions. La mezzo <strong>Maria Warenberg</strong> complète ce beau trio.</p>
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		<title>Discothèque idéale : Dvorak – Rusalka (Chalabala, Supraphon – 1961)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/discotheque-ideale-dvorak-rusalka-chalabala-supraphon-1961/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 14 Mar 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né avec le XX° siècle, le neuvième opéra de Dvořák, qui marie si fiévreusement lyrisme éperdu et ivresse symphonique, devint vite l’un des emblèmes de la culture tchèque, au même titre que La Fiancée vendue de Smetana. Mais si on l’entend aujourd’hui d’un bout de la planète à l’autre, il éprouva d’abord quelques difficultés à &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p data-start="172" data-end="851"><strong>Né avec le XX° siècle, le neuvième opéra de Dvořák, qui marie si fiévreusement lyrisme éperdu et ivresse symphonique, devint vite l’un des emblèmes de la culture tchèque, au même titre que <em data-start="365" data-end="384">La Fiancée vendue</em> de Smetana. Mais si on l’entend aujourd’hui d’un bout de la planète à l’autre, il éprouva d’abord quelques difficultés à passer les frontières : en France, sa création scénique (à l’Opéra de Marseille) n’eut lieu qu’en 1982 ! Sa diffusion se fit par le disque : riche d’une bonne dizaine de versions, la discographie de <em data-start="709" data-end="718">Rusalka</em> s’avère d’une haute qualité. Mais reste dominée par la mythique lecture de Zdeněk Chalabala, qui devait décéder l’année d’après.</strong></p>
<p data-start="853" data-end="2279">La battue du chef est plutôt soutenue, allante, voire très dramatique à l’acte II, le seul à se dérouler dans le monde cruel des hommes. Les moments contemplatifs semblent pourtant suspendus dans une temporalité légendaire, qu’il s’agisse du chant du chasseur à l’acte I ou du sylvestre monologue de Rusalka au début du III. L’héroïne n’a rien ici d’un être désincarné : si la voix de <strong data-start="1238" data-end="1250">Šubrtová</strong> est mince (moins opulente que celle de Renée Fleming, dans la version Mackerras), elle reflète une personnalité indomptable, capable de passer de la rêverie à la plus brûlante passion en quelques mesures (« Ode à la lune »). <strong data-start="1405" data-end="1414">Žídek</strong> est un vrai prince de conte de fée : timbre de miel, crémeuse voix mixte, il n’est qu’émoi et cœur ouvert – sa poursuite de la biche blanche et sa mort dans un baiser sont des extases. L’instrument d’<strong data-start="1615" data-end="1624">Haken</strong> apparaît plus fatigué (couleurs mates, vibrato large) que sous la baguette de <strong data-start="1703" data-end="1716">Krombholc</strong>, neuf ans plus tôt, mais a-t-on jamais entendu prière plus paternelle que celle qu’il entonne au cœur de l’œuvre ? Les autres rôles sont à l’unisson : dans cet opéra qui confronte les quatre éléments naturels, l’inquiétante Sorcière d’<strong data-start="1952" data-end="1966">Ovčačíková</strong>, très en voix dans un rôle ardu, et la féroce Princesse de <strong data-start="2026" data-end="2036">Míková</strong>, incarnent le feu, quand la terre est représentée par le tendre Forestier de <strong data-start="2114" data-end="2123">Joraň</strong> et le craquant Marmiton de <strong data-start="2151" data-end="2161">Mixová</strong>. Et, toujours, la forêt frissonne au vent et le lac scintille à travers les sonorités boisées de l’orchestre pragois…</p>
<p data-start="2281" data-end="2635"><strong data-start="2281" data-end="2300">Milada Šubrtová</strong> (Rusalka), <strong data-start="2312" data-end="2325">Ivo Žídek</strong> (le Prince), <strong data-start="2339" data-end="2355">Eduard Haken</strong> (l’Ondin), <strong data-start="2367" data-end="2387">Marie Ovčačíková</strong> (la Sorcière), <strong data-start="2403" data-end="2419">Alena Míková</strong> (la Princesse étrangère), <strong data-start="2446" data-end="2460">Jiří Joraň</strong> (le Garde forestier), <strong data-start="2483" data-end="2499" data-is-only-node="">Ivana Mixová</strong> (le Marmiton), <strong data-start="2515" data-end="2532">Václav Bednář</strong> (un chasseur), Orchestre et Chœur du Théâtre national de <strong data-start="2590" data-end="2600">Prague</strong>. Direction : <strong data-start="2614" data-end="2634">Zdeněk Chalabala</strong>.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><a href="https://www.forumopera.com/dossier/la-discotheque-ideale-de-lart-lyrique/"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="355" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/vers-la-discotheque-ideale-2-1024x355.png" alt="" class="wp-image-207785"/></a></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-barcelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que Rusalka a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que <em>Rusalka</em> a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance internationale de l’œuvre). La coproduction présentée aujourd’hui a déjà été jouée à Madrid en 2020 au plus fort de la crise du Covid (un DVD en a été édité), puis à Dresde en 2022, et à València en 2024.</p>
<p>Le metteur en scène <strong>Christof Loy</strong> ne mérite certainement pas les huées qui ont ponctué son arrivée sur scène aux saluts. Bien sûr, ceux qui sont venus voir une mise en scène traditionnelle risquent d’avoir été déçus. Mais il faut convenir que le parti pris de transposition tient plutôt bien la route. Point de lac, de brumes, de roseaux ni de grenouilles&nbsp;: le décor de <strong>Johannes Leiacker</strong> nous transporte dans le hall d’un théâtre désaffecté, envahi par une sorte de coulée de lave. La sorcières Ježibaba est préposée aux billets&nbsp;: c’est elle qui décide de la place de chacun, c’est-à-dire du déroulement des vies. Les ondines habituelles sont ici des danseuses en tutu, et Rusalka, l’une d’elles, a eu un accident qui l’oblige à marcher au début avec des béquilles. Faire des pointes et perdre la voix, rien n’aura donc été épargné à la malheureuse ! Mais la direction d’acteurs est excellente, très en profondeur, entre désirs inavoués et ombres psychanalytiques. Des scènes comiques peuvent également avoir dérouté les spectateurs, dont au début du deuxième acte le duo entre le garde forestier et le marmiton se disputant une grande échelle façon Laurel et Hardy (<strong>Manel Esteve</strong> et <strong>Laura Orueta</strong>, très drôles et bien chantants). Des chorégraphies vives, nerveuses et sexy de<strong> Klevis Elmazaj</strong>, fort bien dansées, soutiennent l’attention, notamment au deuxième acte.</p>
<p><strong>Asmik Grigorian</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/">qui vient de triompher à l’Opéra de Paris dans <em>Le Tryptique</em> de Pucccini</a>, reprend aujourd’hui le rôle-titre qu’elle jouait à Madrid en 2020. Elle est devenue une Rusalka de référence, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/comme-un-poisson-dans-leau/">qu’elle défend à travers le monde depuis plus de dix ans</a>. Rien que cette saison, elle le joue dans trois productions différentes, outre le Liceo, au San Carlo de Naples et au Bayerische Staatsoper de Munich. En dehors de ses qualités d’interprétation vocale et scénique, elle joue un personnage blanc et diaphane tout à fait conforme au livret, en particulier au moment le plus célèbre de la partition, «&nbsp;Le Chant à la Lune&nbsp;». Paradoxe d’un morceau que se sont approprié nombre de divas comme air de concert, qu’elles interprètent souvent d’une manière quelque peu grandiloquente tout comme elles le font sur scène le cas échéant, ce qui dénature l’esprit de l’air. Ici au contraire, tout est de simplicité et de retenue, et l’on gagne en sentiment et en pureté. Le résultat est très convaincant, sorte de signature de l’interprétation du rôle entier par Asmik Grigorian, dont la voix ample sait aussi se colorer d’infinies nuances, de notes élégiaques, de diminuendos et de notes filées sans fin.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/7-250617-026©ABofill-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-193203"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Asmik Grigorian, Piotr Beczała et Karita Mattila © Photo Liceu / Antoni Bofill</sup></figcaption></figure>


<p>Le domaine incertain évoqué dans cette production, évoluant entre le monde du réel et celui du rêve sans pour autant jamais refléter une réalité concrète, paraît lui convenir tout à fait. Elle donne au rôle une présence scénique et une intensité dramatique toute particulière. Bien que n’ayant pas pratiqué la danse, elle a travaillé jusqu’à arriver à se fondre dans le personnage voulu par le metteur en scène, ce qui a exigé de sa part un important investissement physique et émotionnel. Au total, sa Rusalka, simple jeune femme d’aujourd’hui et non diva défendant un rôle, qui refuse le carcan familial et choisit la liberté quitte à ne jamais trouver le bonheur, est très touchante, notamment dans sa vaine tentative de gagner le combat perdu d’avance contre la Princesse étrangère. Surtout que celle-ci est interprétée par <strong>Karita Mattila</strong>, un rôle qu’elle a fait sien également depuis de nombreuses années, et qu’elle défend aujourd’hui encore d’une voix radieuse et triomphante, mais aussi d’un jeu grandiose d’une totale perfidie. Vamp vénéneuse préfigurant celles qui vont se multiplier au cinéma au début du XXe siècle, elle domine de sa présence tous les personnages en scène.</p>
<p>Autre protagoniste de poids, <strong>Piotr Beczała</strong> chante le Prince, un rôle qu’il joue depuis bientôt vingt ans (notamment avec <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dans-le-courant-dune-onde-pure/">Camilla Nylund</a> et <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rusalka-comme-un-livre-dimages/">Renée Fleming</a>). C’est la première fois qu’il a pour partenaire Asmik Grigorian dans <em>Rusalka</em>, et le couple fonctionne à merveille. Les deux voix sont très complémentaires, les inflexions musicales du ténor entre forte et douceur répondant parfaitement à celles de la soprano. Et finalement, alors que ce rôle de prince est à la fois antipathique et un peu fade comme tous les princes de contes de fées, il arrive à en extraire une partie plus sentimentale, jusqu’à la scène finale qui voit la mort des deux protagonistes.</p>
<p>Le père tyrannique Vodník est ici chanté d’une somptueuse voix de baryton-basse, par <strong>Aleksandros Stavrakakis</strong>, qui lui confère un côté souvent plus apaisant, moins outré qu’à l’habitude. La sorcière d’<strong>Okka von der Damerau</strong> leur donne la réplique, d’une belle voix de mezzo mais aussi avec beaucoup d’humour et des jeux scéniques bien en place. Les trois sœurs-nymphes de Rusalka, façon Filles du Rhin (<strong>Julietta Aleksanyan, Laura Fleur </strong>et <strong>Alyona Abramova</strong>), ont des voix qui sont à la fois bien accordées et assez différenciées. Les autres figures, traitées d’une manière souvent comique, préfigurent les Italiens d’<em>Ariane à Naxos</em>. Le chef <strong>Josep Pons</strong> tire le meilleur parti possible du bel orchestre du Liceo, dont on apprécie tout particulièrement le velouté des cordes et la clarté sans stridence des cuivres.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-barcelone/">&lt;strong&gt;DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>La Magie Opéra : quand l&#8217;Opéra de Paris réinvente Garnier en réalité virtuelle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/la-magie-opera-lopera-de-paris-reinvente-garnier-en-realite-virtuelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 May 2025 21:50:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On croyait avoir tout vu au Palais Garnier. Et pourtant, pour célébrer comme il se doit ses 150 ans, l’Opéra national de Paris propose jusqu’à fin août une expérience aussi inédite qu’ambitieuse : La Magie Opéra, une immersion en réalité virtuelle dans les coulisses de l’imaginaire lyrique, au cœur même de l’Opéra Garnier. Munis d’un &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>On croyait avoir tout vu au Palais Garnier. Et pourtant, pour célébrer comme il se doit ses 150 ans, l’Opéra national de Paris propose jusqu’à fin août une expérience aussi inédite qu’ambitieuse : <em>La Magie Opéra</em>, une immersion en réalité virtuelle dans les coulisses de l’imaginaire lyrique, au cœur même de l’Opéra Garnier.</p>
<p>Munis d’un casque VR, les visiteurs suivent Céleste, une jeune chanteuse en quête de sa voix, dans une odyssée sensorielle mêlant passé, présent et futur, mémoire des lieux et puissance évocatrice de la musique. Cette rêverie technologique, conçue par le studio BackLight en coproduction avec l’Opéra de Paris et VIVE Arts, ne se contente pas de faire découvrir les dorures de Garnier : elle les habite, les transforme et les fait vibrer au son de grands classiques du répertoire.</p>
<p>Tout au long du parcours, trois airs emblématiques sont revisités : le <em>Chant à la lune</em> de <em>Rusalka</em> (interprété par Renée Fleming), <em>Vissi d’arte</em> de <em>Tosca</em> (Martina Serafin, captée lors de la production maison de 2014), et bien sûr la <em>Habanera</em> de <em>Carmen</em> (Elīna Garanča, captée en 2017).</p>
<p>En 25 minutes d’immersion, les frontières entre scène et salle s’effacent. Ce n’est plus nous qui venons à l’opéra, c’est l’opéra qui vient à nous. Aussi fascinante que déroutante, cette expérience séduira les plus curieux, à condition de jouer le jeu et de se laisser guider dans la rotonde de la Bibliothèque-musée de l’Opéra de Paris. Ne vous fiez pas à l’apparence sobre des lieux à votre arrivée : car derrière ce cadre minimaliste se cache un voyage riche en surprises, en couleurs et en perspectives.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-large wp-image-188951" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_0496-1024x764.jpg" alt="" width="1024" height="764"></p>
<p>À la fois immersif et participatif, le dispositif propose au visiteur d’endosser le rôle d’un choriste de l’Opéra de Paris, témoin privilégié du parcours intérieur d’une jeune chanteuse lyrique en plein doute existentiel (mi-Gaëlle Arquez, mi-Adèle Charvet). Un scénario un peu attendu, avec un dénouement prévisible, mais qui séduit grâce à la place centrale accordée à ce personnage de fiction. N&rsquo;osant monter sur scène pour interpréter <em>Carmen</em>, elle devra puiser en elle le courage de franchir le pas après une introspection intime dont nous sommes les témoins directs.</p>
<p>C’est une plongée au cœur de sa mémoire et de son psychisme que proposent les scénaristes Karen Hunt et Eric Barbedor et qui invite à de nombreuses réflexions une fois le casque de réalité virtuelle retiré. À quoi ressemble la vie d’une jeune chanteuse d’opéra aujourd’hui ? Quelle place lui accorde le monde professionnel ? Et le public ? Comment se construit-elle en incarnant sans cesse des héroïnes sacrifiées, trahies, bafouées ou contraintes de tuer pour survivre ? Comment pouvoir trouver la force intérieur et s&rsquo;émanciper en montant sur scène ? Autant de questions qui n&rsquo;ont jamais autant collées à l&rsquo;actualité et qui arrivent à point nommées.</p>
<p>À travers le voyage de Céleste, c’est autant l’âme humaine que les entrailles du Palais Garnier qui sont mises à nu. Ce labyrinthe opératique, sans véritable issue, nous entraîne dans une exploration intérieure aussi dense que troublante. Certains aspects techniques laissent encore à désirer — les personnages virtuels restent parfois trop figés, proches de marionnettes (limites technologiques obligent). Mais cette expérience unique dans l’univers de l’opéra réussit l’essentiel : nous faire ressentir de véritables sensations — apesanteur, vertige, frisson — jusqu’à un final lumineux, sous les projecteurs, où l’on se surprend à applaudir… pour de vrai.</p>
<p>Accessible dès 12 ans, disponible en français et en anglais, <em>La Magie Opéra</em> est à découvrir à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, du 7 mai au 31 août 2025. Une manière audacieuse et poétique de célébrer 150 ans de passions lyriques, et peut-être de conquérir un nouveau public sans compromettre l’exigence artistique.</p>


<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="Découvrez LA MAGIE OPÉRA, une expérience VR immersive inédite au Palais Garnier" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/vS5YVl_ciKI?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Feb 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment représenter Rusalka ? Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeuil ont choisi de transposer ce conte, où un être immortel renonce à sa nature pour connaître les émotions des passions humaines, à notre époque et dans un cadre réaliste. Dans son compte rendu du spectacle donné à Avignon – en coproduction avec Toulon et Nice – Yvan &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment représenter <em>Rusalka </em>? <strong>Jean-Philippe Clarac</strong> et <strong>Olivier Deloeuil</strong> ont choisi de transposer ce conte, où un être immortel renonce à sa nature pour connaître les émotions des passions humaines, à notre époque et dans un cadre réaliste. Dans son compte rendu du spectacle donné à Avignon – en coproduction avec Toulon et Nice – Yvan Beuvard a clairement dit que ce parti pris était une erreur, et nous ne pouvons que souscrire à ses réflexions. Le choix du duo de concepteurs altère et le sens et le charme de l’œuvre, dont ils trahissent la fin, et n’est tenu qu’au prix d’incohérences.</p>
<p>Ainsi la première apparition de Rusalka la montre à l’écart de ses compagnes, dans une baignoire en plastique, dont elle va sortir sur ses deux jambes. Dès lors la métamorphose de la sirène en jeune femme qu’est censée opérer Jezibaba et au cours de laquelle la sorcière, ici « technicienne de surface » à la piscine, lui remet les chaussures à hauts talons qui concrétisent la mutation – et le livret mentionne l’apparition des pieds – devient particulièrement obscure, d’autant qu’entre son apparition et sa consultation chez Jezibaba Rusalka a récupéré une queue de sirène. Par suite des libertés sont prises avec le texte, pour que les surtitres coïncident avec ce que voit le spectateur – « ce bassin » remplace « ce lac » – par ailleurs soumis au bombardement d’images qui font le va et vient entre la nature, illustrée par des vues de paysages lacustres, et le cadre de vie des humains, cette piscine où un chasseur fait son apparition sur les gradins à la recherche d’une biche. Était-il déjà inséré dans les représentations, ce texte court qui surfe sur la vague du « #me too » et oriente le spectateur vers le souvenir des plaintes déposées contre des entraîneurs ? Et associer la brutalité du prince à des photographies de sportives semblant souffrir de leur entraînement, est-ce de bonne guerre, et est-ce pertinent ? L’intention était probablement de ratisser large, mais cette débauche visuelle distrait considérablement et nous a semblé souvent importune, car s’imposant au détriment de l’écoute. Le réalisme pertinent consisterait à voir dans Rusalka le symbole des filles de la campagne qui s&rsquo;illusionnent sur la vie différente des riches citadins et découvrent qu&rsquo;elles n&rsquo; ont pas leur place dans un système qui les renvoie à leur origine, telles les paysannes tchèques tentées de suivre des aristocrates austro-hongrois et promptement abandonnées. Quant à la scène finale, le baiser mortel est remplacé par une blessure au harpon qui pourrait être accidentelle !</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1740668-%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2025-scaled-e1739546331879.jpg" />© Christian Dresse</pre>
<p>Alors sans nous appesantir davantage sur les incongruités de l&rsquo;option proposée, revenons à l’essentiel, à ce qui a motivé l’enthousiasme final, en l’absence des concepteurs du spectacle. L’essentiel, c’est une réalisation musicale et vocale qui a manifestement comblé le public. L’orchestre, dès les premières mesures de l’ouverture, captive par les couleurs et les rythmes. Il est conduit de main de maître par son directeur musical honoraire, <strong>Lawrence Foster</strong>, qui voue à <em>Rusalka </em>un amour profond et qui connaît l‘œuvre comme sa poche. Il fait surgir les allusions, ou plutôt les affinités, avec Wagner évidemment, mais d’abord avec Weber, et jusqu’au parfum de Bellini et de Verdi, faisant sauter l’étiquette de « musique régionale », et pourquoi pas folklorique. Sa direction impose ses tempi comme une évidence : la fluidité du discours devient celle de l’élément duquel participe Rusalka et auquel elle reste liée même après l’avoir quitté, et ses soubresauts disent la violence du trouble intérieur. Toujours les mélodies coulent de source et les enchaînements sont constellés de diaprures, sans que jamais la fosse l’emporte sur le plateau, dans une sorte d’équilibre organique, comme si tous respiraient de la même façon. La magie absente sur scène, elle est là, dans la musique et dans le chant, auquel les éléments du chœur participent brillamment.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1730495-%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2025-scaled-e1739546068175.jpg" />© Christian Dresse</pre>
<p>Englobons dans un même hommage <strong>Mathilde Lemaire, Marie Kalinine et Hagar Sharvit, </strong>trio de nymphes qui chantent à ravir les mélodies populaires transfigurées par le compositeur. <strong>Coline Dutilleul</strong> n’est pas en reste, dans le rôle travesti du garçon de cuisine ; elle n’est pas responsable du traitement de la scène, qui devrait être comique et tombe à plat. Dans les rôles du chasseur et du garde-forestier, <strong>Philippe-Nicolas Martin </strong>s’impose sans forcer ni la voix ni le trait. En le réduisant à cette fiction d’entraîneur de l’équipe féminine de natation synchronisée, la mise en scène prive le personnage de l’Ondin, le souverain du monde aquatique, de sa noblesse et de sa bienveillance, mais <strong>Mischa Schelomianski </strong>parvient à lui en conserver un tant soi peu grâce à un chant justement policé. L’enjeu n’est pas simple pour <strong>Sébastien Guèze</strong>, qui doit camper un prince brutal physiquement alors que pour le personnage initial sa quête n’est pas la possession physique en elle-même, mais l’abandon qui ouvre l’accès à l’âme. Il se tire avec les honneurs de ce rôle incommode, seul un aigu tiré trahissant l’effort dans la scène finale, mais la composition est aussi nuancée que possible.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/P1740089-%C2%A9-photo-Christian-DRESSE-2025-scaled-e1739546215879.jpg" />© Christian Dresse</pre>
<p>Le brelan de dames qui suit est tout aussi extraordinaire de brio et d’efficacité. Efficace Jezibaba, bizarrement affublée d’une gouttière sur une jambe qui se révèlera postiche aux saluts, <strong>Marion Lebègue </strong>joue le jeu de la femme de ménage peut-être faiseuse d’anges ; elle tient plus de l’entremetteuse que de la sorcière, et le personnage prend une teinte malfaisante dont Jezibaba est dépourvue dans l’œuvre originale. Sans doute ne ménage-t-elle pas Rusalka à son retour près du lac, mais ses remarques ne sont qu’un constat sans agressivité : ne te l’avais-je pas dit ? Mais l’interprète se conforme aux directives et on entend dans sa voix de la méchanceté. Sa projection est excellente, tout comme celle de <strong>Camille Schnoor</strong>, voluptueuse et insolente aristocrate qui allie l’arrogance aux bonnes manières et dont l’amour-propre est le sentiment dominant. Tant physiquement que vocalement elle s’impose comme le personnage, mélange de séduction et de cruauté, tant dans les apartés que dans les échanges, où la fermeté de l’émission exprime le caractère entier et la résolution.</p>
<p>Dans le rôle-titre, <strong>Cristina Pasaroiu </strong>déchaînera les ovations au terme d’une représentation où elle aura séduit, ému, ravi, conquis les spectateurs. Sa grâce physique lui confère la fragilité qu’on est enclin à prêter à Rusalka, et sa santé vocale lui permet de conduire à bon port le destin tragique de son personnage en respectant toutes les nuances et variations du son qui correspondent aux vibrations de ses émotions. Paradoxalement, il faut louer cette interprétation hypersensible d’un personnage auquel il est reproché de n’exprimer pas sa sensibilité ! La voix est manifestement très bien contrôlée, la puissance en est dosée impeccablement, l’étendue est idoine et aucune tension n’est perceptible, cette homogénéité et cette émission, où s’allient intensité et subtilité, sans aucune surcharge de pathos, atteint ses cibles en plein cœur. La dernière est ce dimanche !</p>
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		<title>Gala Plácido Domingo &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gala-placido-domingo-salzbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 May 2024 05:38:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Plácido Domingo fait ses débuts au Festival de Salzbourg à 34 ans, le 11 août 1975, dans Don Carlo sous la direction d&#8217;Herbert von Karajan. La distribution donne le vertige : Nicolai Ghiaurov, Mirella Freni, Piero Cappuccilli, Christa Ludwig&#8230; et jusqu&#8217;à José van Dam en simple moine. Depuis, le chanteur aura participé à 73 représentations &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Plácido Domingo</strong> fait ses débuts au Festival de Salzbourg à 34 ans, le 11 août 1975, dans <em>Don Carlo</em> sous la direction d&rsquo;Herbert von Karajan. La distribution donne le vertige : Nicolai Ghiaurov, Mirella Freni, Piero Cappuccilli, Christa Ludwig&#8230; et jusqu&rsquo;à José van Dam en simple moine. Depuis, le chanteur aura participé à 73 représentations sur 23 saisons.  <em>Don Carlo</em> sera repris l&rsquo;année suivante. <em>Les Contes d&rsquo;Hoffmann</em> (avec James Levine, dans la célèbre production de Jean-Pierre Ponnelle) seront donnés trois saisons. <em>Un Ballo in maschera</em> sera finalement confié à Georg Solti suite au décès de Karajan (2 saisons).  Suivront, en version concert, l&rsquo;acte I de <em>Die Walküre</em>, <em>Parsifal</em>, <em>La Dame de Pique</em>, <em>Samson et Dalila</em>, <em>Tamerlano</em>, puis des rôles de baryton pour <em>Giovanna d&rsquo;Arco</em>, <em>Il Trovatore</em> (en version scénique), <em>Thaïs</em>, <em>I Due Foscari,</em> <em>Les Pêcheurs de Perles</em> et <em>Luisa Miller</em>.  <em>I Vespri </em><i>siciliani </i>seront annulées en raison du COVID. Au total, Domingo aura ainsi interprété 14 rôles lyriques au festival sur les quelques 150 revendiqués : c&rsquo;est moins qu&rsquo;au Metropolitan Opera (47 rôles), mais c&rsquo;est plus qu&rsquo;à l&rsquo;ONP (10 rôles). A cet impressionnant palmarès, il faudrait ajouter de nombreux concerts lyriques, le <em>Requiem</em> de Verdi ou encore la <em>Missa solemnis</em>. Domingo n&rsquo;avait plus chanté au festival depuis 2015, pour un gala donné pour le 40e anniversaire de ses débuts. Si l&rsquo;on compte bien, le présent concert ne célèbre donc pas exactement le 50e anniversaire mais plutôt 50 ans de présence (plus ou moins interrompue) de Domingo à Salzbourg. Le popularité du ténor auprès du public du festival est resté intacte : le gala affichait complet et, devant l&rsquo;entrée, plusieurs personnes cherchaient une place, ce qui n&rsquo;est plus si courant à Salzbourg. </p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/domingo-gala-marco-borrelli_009-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-163845"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Rolando Villazón © SF/Marco Borrelli</sup></figcaption></figure>


<p>La soirée est animée, en anglais par un Rolando Villazón intarissable et sympathique, très à l&rsquo;aise dans ce rôle de maître de cérémonie et peu avare de superlatifs envers son mentor. Chacun de ses collègues, et lui-même, font l&rsquo;objet d&rsquo;anecdotes démontrant l&rsquo;estime des artistes pour leur ainé. Villazón explique ainsi qu&rsquo;après sa victoire à Operalia, Domingo l&rsquo;avait invité, voyage et frais payés, à assister aux répétitions du <em>Cid</em> pour qu&rsquo;il en tire profit. De tous ces témoignages, il ressort une estime générale pour un artiste d&rsquo;une immense bienveillance, toujours à l&rsquo;écoute des plus jeunes et prêt à utiliser sa notoriété pour promouvoir de nouveaux talents. Au delà d&rsquo;exploits dignes du <em>Livre des Records</em>, dont 150 rôles, une longévité exceptionnelle, une reconversion vers les rôles de baryton, l&rsquo;administration simultanée de deux théâtres, la création d&rsquo;un concours, etc. ce sont ces qualités humaines qui nous permettent de nous exclamer, comme Barnaba dans <em>La</em> <em>Gioconda</em> : « O monumento! ».</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/domingo-gala-marco-borrelli_003-scaled-2-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-163839"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© SF/Marco Borrelli</sup></figcaption></figure>


<p>Pour ce gala, Plácido Domingo était accompagné de lauréats de son concours <em>Operalia</em>, dont il faut reconnaitre qu&rsquo;il aura permis de révéler un nombre impressionnant d&rsquo;artistes lyriques. Le gala commence avec une ouverture de <em>Nabucco</em> particulièrement excitante : à la tête d&rsquo;un Müncherner Rundfunkorchester « qui claque », <strong>Marco</strong> <strong>Armiliato</strong> démontre l&rsquo;importance d&rsquo;un bon orchestre et d&rsquo;un bon chef dans ce répertoire. Natif de Samarcande en Ouzbékistan, <strong>Bekhzod Davronov</strong> (Operalia 2021) ouvre la soirée avec la scène finale de <em>Lucia di Lammermoor</em>. Le timbre est chaud et l&rsquo;émission laisse entrevoir un lirico-spinto en devenir, mais le chanteur est encore bien trop jeune pour un aussi gros morceau et le si naturel final est à la limite de l&rsquo;accident. <strong>Plácido Domingo</strong> fait alors son entrée, d&rsquo;un pas vif, et sous un tonnerre d&rsquo;applaudissements, pour chanter la scène finale de Macbeth. Le récitatif est prudent, avec un vibrato serré marqué, puis la voix prend de l&rsquo;assurance pour un air de belle tenue. <strong>Sonya Yoncheva</strong> (Operalia 2010) interprète alors le magnifique Chant à la Lune extrait de <em>Rusalka</em> d&rsquo;une parfaite poésie : le soprano bulgare est ce soir dans une forme éblouissante et l&rsquo;air lui convient à merveille. <strong>Aida Garifullina</strong> (Operalia 2013) et Plácido Domingo lui succèdent pour le duo de <em>La Traviata</em>. La voix du soprano russe a pris du corps avec les années (elle est d&rsquo;ailleurs passé avec succès de la Musetta de <em>Bohème</em> à Mimi). Sa Violetta est de toute beauté, très belcantiste, avec des piani évanescents. La voix, d&rsquo;une grande pureté, lui permet de camper une sorte d&rsquo;ange mené au sacrifice : c&rsquo;est une composition remarquable. Face à elle, Domingo a retrouvé ses moyens (on est a des années-lumière du <em>Nabucco</em> de Gaveau en début d&rsquo;année) et leur duo sera un des sommets de la soirée. <strong>René Barbera</strong> (Operalia 2011) chante avec aplomb l&rsquo;air et un couplet de la cabalette d&rsquo;Arnold de <em>Guillaume</em> <em>Tell</em>. La prononciation est impeccable, même si elle n&rsquo;est pas celle d&rsquo;un francophone authentique. Les six contre-ut sont vaillamment assumés (on serait tenté de dire, les doigts dans le nez, vue une certaine nasalité d&rsquo;émission) et avec une belle puissance. Le ténor américain démontre ainsi que les théâtres ont tort de le limiter à des emplois plus légers (Almaviva, Ernesto&#8230;) même s&rsquo;il y est excellent. <strong>Erwin</strong> <strong>Schrott</strong> (Operalia 1998) interprète (et nous insistons sur le choix du terme) un splendide air de Philippe II. Connu pour sa voix de stentor et des effets parfois histrioniques, la basse uruguayenne offre ici un « Elle ne m&rsquo;aime pas » finement ciselé, avec un vrai sens donné aux mots. <strong>Rolando Villazón</strong> (Operalia 1999) abandonne un instant le micro (et ses lunettes !) pour chanter <em>Le Cid</em>. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-une-folle-journee-pasticcio-salzbourg/">Après sa prestation dans <em>Une Folle journée</em></a>, son interprétation de « Ô Souverain, ô juge, ô père » surprend par son intégrité. Certes, l&rsquo;air est abaissé d&rsquo;un demi ton, mais il n&rsquo;est pas le premier à le faire. La technique sent toujours autant l&rsquo;effort avec des sons très ouverts,, mais on tire son chapeau devant cette exécution pleine d&rsquo;émotion. Le public autrichien lui fera une ovation délirante. La première partie s&rsquo;achève par le duo d&rsquo;<em>Il Trovatore</em>, « Mira, di acerbe lagrime » avec une <strong>Elena Stikhina</strong> (Operalia 2016) enthousiasmante et un Plácido Domingo un peu perdu dans les parties rapides. Après une ouverture de <em>Norma</em> toujours parfaitement exécutée mais un peu trop martiale, Aida Garifullina chante le « Casta diva » de <em>Norma. </em>Comme pour sa Violetta, on est tenté de dire que le rôle intégral n&rsquo;est pas pour elle : mais que c&rsquo;est beau ! Plácido Domingo est rejoint par <strong>Dmitry</strong> <strong>Korchak</strong> (Operalia 2004) pour le duo « Au fond du temple saint » des <em>Les Pêcheurs de perles.</em> Le ténor russe a gagné en puissance et a tendance à couvrir un peu son partenaire. Son chant en force ne dégage pas beaucoup de poésie. Rolando Villazón renouvelle son exploit avec l&rsquo;air « Amor, vida de mi vida » extrait de la zarzuela <em>Maravilla</em> de Federico Moreno Torroba, répertoire où il est encore plus à l&rsquo;aise. Elena Stikhina offre un « Io son l&rsquo;umile ancella » d&rsquo;<em>Adriana Lecouvreur</em> avec de magnifiques couleurs pleines de mélancolies. Chantant pourtant son répertoire nationale, Dmitry Korchak affiche les mêmes qualités et les mêmes défauts pour son « Kuda, kuda » d&rsquo;<em>Eugène</em> <em>Onéguine</em>. Enfin, Plácido Domingo et Sonya Yoncheva achèvent le programme avec un « Torero quiero sé » endiablé, extrait d&rsquo;<em>El Gato montes</em>. Sonya Yoncheva y fait preuve d&rsquo;une étonnante affinité avec ce répertoire. Tout au long de la soirée, et malgré la diversité du répertoire, <strong>Marco Armiliato</strong> et le <strong>Müncherner Rundfunkorchester</strong> sont absolument remarquables. Le chef italien sait ici conjuguer l&rsquo;attention aux chanteurs, la maîtrise des styles, tout en laissant s&rsquo;exprimer pleinement l&rsquo;orchestre. Après les standings ovations de rigueur, Plácido Domingo jette ces dernières ressources dans un extrait vibrant de la zarzuela <em>Los Gavilanes</em>, avant d&rsquo;être rejoint par ses collègues pour un ensemble sur le duo de <em>Die</em> <em>Lustige Witwe</em>. Organisatrice de l&rsquo;événement, <strong>Cecilia</strong> <strong>Bartoli</strong> se joindra à la petite troupe pour un dernier bis sur l&rsquo;air du prince Sou-Chong extrait de <em>Das</em> <em>Land des Lächelns</em>.</p>

<p>Plácido Domingo remerciera la salle avec un court discours : avec humour, il déclarera que ces cinquante années n&rsquo;avaient pas été si difficiles, et que ce sera sans doute plus dur de d&rsquo;aller jusqu&rsquo;à soixante. « On va d&rsquo;abord essayer cinquante-et-un ! » conclue-t-il. <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-dadieux-dantonio-pappano-londres-roh/">Après le succès de l&rsquo;hommage à Antonio Pappano</a>, le triomphe de ce gala pose lui aussi la question de l&rsquo;écart entre les attentes d&rsquo;une partie du public et les choix des décideurs lyriques : l&rsquo;opéra est-il ou n&rsquo;est-il pas d&rsquo;abord une affaire de musiciens ? Une chose est sure, c&rsquo;est qu&rsquo;aussi talentueux soient-ils, à l&rsquo;exception notable de Franco Zeffirelli aux Arènes de Vérone, on n&rsquo;a jamais vu un gala dédié aux metteurs en scène. </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/gala-placido-domingo-salzbourg/">Gala Plácido Domingo &#8211; Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En ce début d&#8217;année, Rusalka fait son entrée au répertoire à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège dans une version très réussie visuellement qui doit beaucoup au travail d&#8217;équipe de Cordelia Chisholm aux décors, Simon Corder aux lumières et Dick Straker à la vidéo. Tous trois composent un univers onirique propre au conte de fée qui évoque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce début d&rsquo;année, <em>Rusalka</em> fait son entrée au répertoire à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège dans une version très réussie visuellement qui doit beaucoup au travail d&rsquo;équipe de <strong>Cordelia Chisholm</strong> aux décors, <strong>Simon Corder</strong> aux lumières et<strong> Dick Straker</strong> à la vidéo. Tous trois composent un univers onirique propre au conte de fée qui évoque avec délicatesse tant les iridescences sous-marines de l&rsquo;ondine que la munificence du palais du prince. Un immense anneau suspendu en l&rsquo;air à différentes hauteurs symbolise la frontière entre les univers sous-marins et terrestres. Il se fait également alliance brisée pour Rusalka lorsqu&rsquo;elle se trouve rejetée par son amant au dernier acte du drame.</p>
<p>Cette harmonie de gris et d&rsquo;argent est d&rsquo;une grande élégance et les projections, jamais invasives, toujours raffinées, ajoutent à la poésie de l&rsquo;ensemble. Dans ce cadre idéal, la soirée manque toutefois d&rsquo;unité, oscillant entre des moments touchants et des aspects triviaux qui gâchent inutilement l&rsquo;effet général. Le début du second acte, par exemple, se déroule dans les cuisines du château où Rusalka assiste, impuissante au massacre de toute une pêche destinée au banquet de ses noces : le trait est un peu épais. L&rsquo;image de la nymphe des eaux, incarnation de la mélancolie en rocking-chair s&rsquo;avère tout aussi bizarrement incongrue. Les chorégraphies de <strong>Gianni Santucci</strong> tout en danse des sept voiles gagneraient à être plus canalisées, moins brouillonnes&#8230;. En revanche, le bel escalier qui manifeste le lien entre les monde est superbement évocateur.</p>
<p>A vrai dire, la direction d&rsquo;acteur de<strong> Rodula Gaitanou</strong> pêche par manque de précision, tendance au surjeu, et la plupart des personnages, à un moment ou un autre, semblent se déplacer ou agir de manière extérieure, mécanique, comme si leurs motivations n&rsquo;étaient pas claires pour eux. Un retravail plus affûté permettrait aisément de gommer ce défaut qui exclut le spectateur de l&rsquo;histoire et nuit à son plaisir.<br>Le plateau scénique, fort équilibré, fait la part belle à des voix toutes puissamment projetées, bien timbrées qui régalent l&rsquo;oreille.<br><strong>Corine Winters</strong> met un peu de temps à entrer pleinement dans le rôle de Rusalka, gênée manifestement par certains déplacements et accessoires. Son beau soprano à la brillance et aux poitrinés éminement séduisants s&rsquo;épanouit toutefois au fil de la soirée avec de superbes moments. Les duos avec <strong>Anton Rositskiy</strong> sont particulièrement réussis tant les deux timbres s&rsquo;harmonisent. Ce dernier bénéficie d&rsquo;un ténor clair et franc, joliment projeté ainsi que d&rsquo;un joli travail de couleurs. Il est fort touchant dès l&rsquo;air de la fin du premier acte.<br>Les interventions du père de Rusalka, <strong>Evgeny Stavinsky</strong>, sont toutes aussi convaincantes : la voix est puissante et équilibrée.<br>Face à lui, <strong>Nino Surguladze</strong> remporte tous les suffrages en Ježibaba magnifiquement grimée, terrifiante car agitée de tics dont on ne sait si ils sont empruntés aux crabes ou à Tim Burton : elle marche de côté, agite ses doigts comme des antennes&#8230; Ici, le travail du personnage a été suffisamment fouillé, pour le meilleur. Formidable vocalement, elle occupe tout le plateau de sa voix souveraine aux graves tout de velours lustré. <br><strong>Jana Kurucová</strong> en princesse étrangère mérite les mêmes éloges&nbsp;; impérieuse, flamboyante scéniquement comme vocalement, elle ne fait qu&rsquo;une bouchée du prince.<br>Les seconds plans tiennent parfaitement leur rôle, les trois nymphes <strong>Lucie Kaňková, Kateřina Hebelkova</strong> et<strong> Sofia Janelidze</strong>, comme <strong>Hongni Wu</strong> en garçon de cuisine terrifié ou encore <strong>Alexander Marev</strong> prometteur en chasseur plein d&rsquo;aplomb. Notons enfin la belle prestation de <strong>Jiří Rajniš</strong> en garde forestier que l&rsquo;on aurait aimé plus entendre.<br>Sublimement habillés de noir, les chœurs dirigés par <strong>Denis Segond</strong>, sont à la fois précis et riches vocalement. Ils complètent parfaitement la superbe proposition de l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal De Wallonie-Liège</strong> sous la baguette attentive et très maîtrisée de <strong>Giampaolo Bisanti</strong> qui traite l&rsquo;ensemble de la partition, et plus particulièrement les nombreux passages instrumentaux, avec beaucoup d&rsquo;intelligence et de poésie, enrichissant la pâte sonore de nuances tour à tour diaprées, fragiles ou dévastatrices.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/C.-WINTERS-A.-MAREV-c-JBerger-ORW_Liege-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-155202"/><figcaption class="wp-element-caption">                                                                                                 <sup>© JBerger</sup></figcaption></figure>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-bordeaux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 11 Nov 2023 07:08:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Rusalka est entré tard au répertoire des théâtres français (1982 à Marseille) ; il a fallu attendre cette saison pour que le Grand Théâtre de Bordeaux fasse à l’ondine mystérieuse les honneurs de ses lustres. C’est donc chose faite avec cette co-production (Marseille, Nice, Avignon, Toulon) due à Jean-Philippe Clarac et Olivier Deloeil, et déjà &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Rusalka est entré tard au répertoire des théâtres français (1982 à Marseille) ; il a fallu attendre cette saison pour que le Grand Théâtre de Bordeaux fasse à l’ondine mystérieuse les honneurs de ses lustres. C’est donc chose faite avec cette co-production (Marseille, Nice, Avignon, Toulon) due à <strong>Jean-Philippe Clarac</strong> et <strong>Olivier Deloeil</strong>, et déjà chroniquée <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-avignon/">en Avignon</a>. Le prérequis indispensable pour apprécier ce spectacle consiste à faire son deuil de toute la poésie du conte qui en est à l’origine. Jaroslav Kvapil, jeune écrivain tchèque et futur directeur du Théâtre National à Prague avait écrit un texte, que Dvořák allait reprendre quasiment tel quel, à l’occasion d’un de ses voyages à l’île de Bornholm, au pays d’Andersen. Les contes quelque peu fantastiques d’Erben et de Božena Němková avaient fortement impressionné le jeune poète qui eut l’idée de cette ondine Rusalka qui rêve de découvrir l’amour des hommes.</p>
<p>Mais ici, point de lac mystérieux, de sorcière, de bois enchantés, de princesse étrangère, d’esprit des eaux. A la place un fond de piscine vidée de son eau, les gradins pour les spectateurs, des nageuses de natation synchronisée, dont l’héroïne elle-même, l’entraîneur bourru (Vodnik en l’occurrence) qui tient plus de Michel Polnareff ou de Philippe Lucas (l’entraîneur de Laure Manaudou) que de l’esprit des eaux, et enfin une femme de ménage en guise de sorcière. Le tout assorti de projections vidéos constantes qui illustrent le propos (parfois lourdement comme à l’entame du deuxième acte où nos jeunes nageuses sont filmées se préparant à entrer dans l’eau et expliquant  en voix enregistrées combien il leur pèse de devoir se faire belles avant chaque compétition).</p>
<p>Dit comme ça, il n’est pas sûr que cela donne envie, et pourtant ! Une fois fait abstraction de l’histoire originelle et si l’on accepte d’entrer dans celle, parallèle en quelque sorte, voulue par les deux metteurs en scène, on découvre un projet intéressant et plutôt dans l’air du temps, consistant à dévoiler les dessous des sports de haute compétition et particulièrement pour les jeunes femmes. La compétition, le devoir de perfection, l’injonction à la féminité, la violence, l’influence, l’emprise (le Prince ici est le propriétaire du club et va quasiment violer Rusalka sur le bord du bassin), autant de travers savamment mis en scène dans une histoire qui se tient d’un bout à l’autre. En voici un rapide digest : Rusalka veut quitter le milieu d’ultra compétition ; amoureuse du propriétaire du club, elle se fait conseiller par la femme de ménage (Ježibaba), donne rendez-vous au jeune homme au bord de la piscine mais se fait violenter par lui. Celui-ci la délaisse très vite pour la princesse étrangère qui le quitte tout aussi rapidement. Voulant séduire à nouveau Rusalka (acte III), il se fait harponner (!) par celle-ci et meurt peu glorieusement.</p>
<p>Les décors ultra réalistes des metteurs en scène (on est loin de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rusalka-toulouse-lopera-cest-dabord-la-negation-du-reel/">l’univers fantastique de Stefano Poda</a>) sont très habilement utilisés et servent un jeu d’acteurs probant et, au final, contribuent à une démonstration efficace et finalement convaincante du propos.</p>
<h6><img loading="lazy" decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rusalka_ONB2023_©EricBouloumie-06112023-1215-1294x600.jpg" alt="" width="738" height="342" />                                                                                  © Eric Bouloumié</h6>
<p style="text-align: left;">On retrouve l’orchestre National de Bordeaux Aquitaine dans une belle forme. Le chef vénézuélien <strong>Domingo Hindoyan</strong> s’implique avec énergie, écoute ses chanteurs. On apprécie la diversité de l’orchestre de Dvorak et particulièrement des bois élégants. La poésie qui manque sur scène resplendit dans la fosse et c’est tellement appréciable.</p>
<p>Le quintette vocal est dans l’ensemble de bonne tenue, avec des nuances à apporter. La soprano arménienne <strong>Ani Yorentz Sargsyan</strong> remplace Critina Pasaroiu, initialement programmée dans le rôle-titre. La grande instabilité de sa voix rend le jugement délicat. Son entrée fait craindre une puissance insuffisante et il s’avèrera que c’est le bas de la gamme qui pèche. La reprise (<em>piano</em>) de la prière à la lune est presque détimbrée et l’entame du III trop peu chantée. En revanche les <em>forte</em> sont aisés, clairs et le timbre possède de jolis reflets. La technique est donc encore perfectible ; louons en revanche la présence sur scène et un jeu convaincant. Le Prince est tenu par le ténor croate <strong>Tomislav Mužek</strong> et c’est une belle découverte ; le ténor est clair, lumineux parfois, la descente vers les graves plus incertaine et la projection convient dans une salle aux dimensions limitées comme celle de Bordeaux. La Princesse étrangère fait figure également de belle surprise. <strong>Irina Stopina</strong> recueillera des applaudissements enthousiastes et mérités. Son entrée au II est particulièrement réussie et spectaculaire, lorsqu’elle parvient à surmonter les flots de l’orchestre. Elle joue magnifiquement les femmes fatales…curieusement affublée d’un bonnet de natation qui sied très peu avec les deux robes de soirées qui la mettent particulièrement en valeur. Vodnik-Polnareff-Lucas est le Polonais <strong>Wojtek Smitek</strong> qui réussit à nous émouvoir dans son « Běda ! Běda ! » au II. La basse est fournie et solide. Enfin il faut saluer la Ježibaba de <strong>Cornelia Oncioiu</strong> qui, en guise de sorcière, campe une femme de ménage énergique et à la voix bien placée. Il est important de noter que les seconds rôles n’ont pas été négligés. Il n’y a à dire que du bien de l’engagement et de l’authenticité de <strong>Mathilde</strong> <strong>Lemaire</strong>, <strong>Julie</strong> <strong>Goussot</strong> et <strong>Valentine</strong> <strong>Lemercier</strong> (les trois nymphes) ainsi que de <strong>Clémence</strong> <strong>Poussin</strong> et <strong>Fabrice Alibert</strong>, respectivement cuistot et chasseur. Un coup de chapeau également aux chœurs qui réalisent, sous la direction de <strong>Salvatore Caputo</strong>, justement salué, un sans-faute dans une langue peu habituelle.</p>
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		<title>DVORAK, Rusalka -Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-avignon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Oct 2023 07:14:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Le corps d’un homme décédé après avoir été frappé au thorax par un harpon a été retrouvé dans le grand bassin de la piscine d’Avignon. Les témoignages abondent affirmant que la victime y aurait commis un viol avec violences peu de temps auparavant. Une enquête est en cours.&#160;» Ainsi aurait pu commencer la note d’intention &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>«&nbsp;Le corps d’un homme décédé après avoir été frappé au thorax par un harpon a été retrouvé dans le grand bassin de la piscine d’Avignon. Les témoignages abondent affirmant que la victime y aurait commis un viol avec violences peu de temps auparavant. Une enquête est en cours.&nbsp;»</p>
<p>Ainsi aurait pu commencer la note d’intention des metteurs en scène. Faisant fi de l’essence du conte – intitulé délibérément choisi par le compositeur et son librettiste – ils en réduisent la portée en le confinant dans une piscine, et, accessoirement, « aux berges boueuses d’un étang du Médoc » (sic.), projetées. Pourquoi refuser l’évidence, la féérie, le conte ? L’opposition entre deux mondes, celui de Rusalka, Vodnik et Jezibaba, et celui des humains, leur incommunicabilité, est ainsi gommée au profit d’une histoire incroyable, prosaïque, triviale que les réalisateurs appellent « une invitation à tester le présent ». Le contraste visuel et sonore entre les actes, entre l’univers des profondeurs et le monde des conventions humaines, entre la nature, à laquelle appartient Rusalka et le factice construit par et pour l’homme, ce contraste est évacué. Les didascalies projetées ont été expurgées des notations ancrant l’histoire dans un univers fantastique (ainsi, la confection des philtres par Jezibaba). Les sonneries de la chasse dans le cadre de la piscine où le prince cherche la blanche biche accusent ainsi cruellement les contradictions d’une transposition arbitraire. A la poésie, à la fraîcheur, au mystère, on a préféré l’hyperréalisme teinté d’une modernité en toc, dont les références sont vaines. La scène du viol de Rusalka s’imposait-elle, à moins que #Metoo soit passé par là, avec la dénonciation des perversions du milieu de la natation ? La narration n’y gagne rien. Nous touchons le fond. Prosaïsme, vacuité de la démarche, rejet systématique du contexte du livret et de la musique. Le ballet, en toute logique est confié à l’équipe de natation synchronisée, filmée dans la piscine de la Cité des papes.</p>
<p>La direction d’acteur est quasi inexistante, à moins que les gesticulations nautiques en tiennent lieu. Même la seule scène souriante, où le marmiton couard et le garde forestier vont intercéder auprès de Jezibaba, demeure scéniquement banale, le chant seul véhiculant les oppositions. Difficile d’adhérer à telle ou telle situation, de s’identifier à un personnage tant l’artifice prévaut, déjanté sans humour (le bassin gonflable rouge, la baignoire verte où Rusalka se réfugie), ou hors de propos, cassant le climat attendu (précédé d’une vidéo en gros plan, le Prince en costume, les yeux bandés, le ventre et la queue d’un poisson sortant de sa bouche…).</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/384233117_6391499640959628_4324311373317421738_n-1294x600.jpg">© DR</pre>
<p>L’opéra est le miroir de nos questionnements, de nos joies comme de nos angoisses, de nos fantasmes, mais il est tout autant évasion du quotidien pour le domaine de la magie, de l’ailleurs, du passé comme de l’au-delà, particulièrement avec des ouvrages dont c’est l’essence. Le Lab, <strong>Clarac</strong> et <strong>Deloeuil</strong> nous ont habitué à des approches renouvelées des livrets, qui les conduisent à des actualisations le plus souvent intelligentes, fouillées, ambitieuses, voire virtuoses. Entre autres, on se souvient de la trilogie Mozart.Da Ponte à la Monnaie, du <em>Trouvère</em> et de <em>Serse</em> à Rouen. Leur professionnalisme n’est pas en cause. L’habileté à combiner un plateau ingénieusement agencé à des projections sur le voile d’avant-scène, assorties d’autres sur une des parois du décor, de mêler ainsi la vie quotidienne d’une équipe de six jeunes filles pratiquant la natation synchronisée à l’action de l’œuvre de Dvořák&nbsp;est indéniable, même si l’insertion de voix, de bruitages, dérange plus qu’elle explicite. Là où le bât blesse, c’est l’écran opaque imposé à chacun, entre l’action à laquelle invitent le livret et la musique et une traduction dramatique dévoyée, pénible à supporter. Seules les voix et l’orchestre portent l’émotion.</p>
<p>Pour cette <em>Rusalka </em>qui sent l’eau de Javel, une belle distribution a été rassemblée. Nous découvrons <strong>Ani Yorentz Sargsyan</strong>, chanteuse arménienne dont la carrière se déroule hors de France. C’est une très grande voix, charnue, colorée, égale, dont l’expression ira s’épanouissant au fil de l’action. L’Ode à la lune, évidemment attendue, pêche un peu par un orchestre quelconque, dépourvu de délicatesse. Malgré les postures imposées dans ce cadre singulier, le &nbsp;chant est habité, à la ligne admirable, l&rsquo;émotion au rendez-vous. Dommage qu’il faille fermer les yeux pour croire à son ultime duo avec le Prince. Familier de ce répertoire, <strong>Misha Didyk</strong> incarne ce dernier, &nbsp;inconstant, jouisseur. S’il n’est plus un jeune premier, la voix demeure crédible, barytonnante, parfois engorgée et couverte (fin du I). Il convainc davantage au dernier acte, même si la séduction reste de surface. <strong>Irina Stopina </strong>chantait déjà la Princesse étrangère la saison dernière à Metz. La voix est somptueuse, vénéneuse, pour un personnage tout sauf sympathique<strong>. </strong>Le Vodnik de&nbsp;<strong>Wojtek Smilek</strong> a l’émission sonore, aux graves assurés, avec un grain traduisant son âge. Il nous bouleverse au dernier acte, père tendre et douloureux. Alors que le personnage interroge, fantastique et complexe, à la fois Ulrica et Minerve, l&rsquo;étrangeté fabuleuse de Jezibaba est réduite à son expression vocale : elle est agent d’entretien de la piscine. <strong>Cornelia Oncioiu </strong>vaut pour une voix solide, profonde, chaleureuse, convaincante, d’une large tessiture. Chacune de ses interventions est un bonheur si on en oublie le contexte. Les nymphes infantiles, espiègles, et leurs jeux, mêlés à ceux des nageuses de natation synchronisée, sont peu crédibles, dès leurs taquineries de Vodnik. Et c’est fort regrettable, car les interventions vocales sont admirables, particulièrement au dernier acte. <strong>Mathilde Lemaire, Marie Kalinine, Marie Karall</strong>, chacune nous ravit avec ses couleurs propres et leur trio, homogène, n’appelle que des éloges. <strong>Clémence Poussin</strong> campe un marmiton honorable. <strong>Fabrice Alibert </strong>a chanté le rôle du garde forestier au Capitole et s’investit pleinement dans cet emploi correspondant idéalement à sa voix.</p>
<p><strong>&nbsp;</strong>La partition fait de l’orchestre un acteur essentiel. Elle nous vaut des pages somptueuses comme intimes, chambristes, du meilleur Dvořák. <strong>Benjamin Pionnier</strong> a beaucoup dirigé dans l‘Est européen et apprécie ce répertoire. Sous sa baguette, l’orchestre national Avignon-Provence fait preuve de belles qualités, tant stylistiques que techniques. Le premier acte n’était pas dépourvu d’imperfections (imprécision, justesse des vents) mais permettait aux bois de belles textures avec des cordes soyeuses, dès avant que Jezibaba confectionne ses philtres. La magie, fluide, transparente, est venue progressivement pour un finale enflammé du II. Les accents, le caractère passionné et dramatique du dernier acte sont traduits avec bonheur par une formation engagée, qui joue alors pleinement le jeu. Les chœurs, dont la participation est réduite, comme l’effectif, sont confiés à ceux d’Avignon et de Toulon, desservis par une mise en scène qui fait ainsi accomplir aux chanteurs des mouvements de natation hors de propos, notamment sur les gradins…</p>
<p>Il y a fort à parier que l’essentiel du public découvrait <em>Rusalka</em>. Méconnaissance, inculture, absence de références&nbsp;? Les interprètes sont chaleureusement applaudis, s’amorce même une standing ovation. L’apparition des réalisateurs n’en altère pas l’intensité. &nbsp;On s’interroge sur les raisons de l’adhésion à un tel projet de quatre maisons d’opéra (Avignon, Toulon, Marseille, Nice) qui nous ont habitué à des choix moins discutables (*).</p>
<pre>(*) En comparaison, les dernières productions hexagonales de l’ouvrage, signées Nicola Raab (Strasbourg, 2019), Stefano Poda (Toulouse, 2022) et Paul-Emile Fourny (Metz, 2023), apparaissent comme exemplaires, chacune excellant à entrainer le spectateur dans l’univers magique et tragique du conte.</pre>
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		<title>DVORÁK, Rusalka &#8211; Metz</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-metz/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Jun 2023 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour la première production du chef-d’œuvre de Dvořák à l’Opéra-Théâtre de l’Eurometropole de Metz, Paul-Emile Fourny, directeur in loco, a mis la main à la pâte et signe la mise en scène qui voyagera à Reims et à Massy. De facture classique voire littérale, elle souligne les ambiances aquatiques du livret par l’usage de vidéos &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left">Pour la première production du chef-d’œuvre de Dvořák à l’Opéra-Théâtre de l’Eurometropole de Metz, <strong>Paul-Emile Fourny</strong>, directeur i<em>n loco</em>, a mis la main à la pâte et signe la mise en scène qui voyagera à Reims et à Massy. De facture classique voire littérale, elle souligne les ambiances aquatiques du livret par l’usage de vidéos et trouve des rappels visuels dans l’esthétique Art nouveau, attachée à la République tchèque mais aussi aux villes de l’Est de la France. Etonnamment, c’est le casino de Costanta – ville balnéaire roumaine au bord de la mer noire – tout en volumes et en courbes qui est retenu comme Palais du Prince et horizon fantasmatique de l’ondine. Les costumes et perruques sont particulières soignés pour rehausser les ambiances magiques et princières. Dommage que la direction d’acteur se cantonne au conventionnel pour les personnages principaux, osant quelques traits d’humour ou d’ambiance pour les figurants : le page de la Princesse étrangère qui la suit comme son ombre pour lui enlever ou lui remettre son étole se révèle un choix très pertinent par exemple. </p>
<p>En fosse, l’Orchestre national de Metz Grand Est déploie des couleurs intéressantes sous la baguette de <strong>Kaspar Zehnder</strong>. Harpe et bois en tête, la toile du conte musical prend vie et la scansion dramatique n’accuse aucun temps mort, tout en soignant le confort du plateau gageant d’une préparation rigoureuse et du très bon niveau de l’orchestre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/230530N764-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-133118" /><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Luc Bertau &#8211; Opéra-Théâtre Eurométropole de Metz</sup></figcaption></figure>


<p>Surtout, le plateau vocal réuni s’avère tout à fait satisfaisant. En premier lieu, les chœurs brillent par leur homogénéité et leur présence scénique dans les scènes de bal du deuxième acte. Dans les seconds rôles, se distinguent en particulier le Garçon de Cuisine de <strong>Lamia Beuque</strong> et le garde-chasse de <strong>Matthieu Lécroart</strong> dans leur deux scène bouffes, parfaites respirations dans la touffeur du drame. Les trois Naïades remplissent leur office avec une belle complémentarité de timbres. <strong>Irina Stopina</strong> (la Princesse étrangère) dispose de toutes les ressources nécessaires pour rendre justice au personnage. Elle l’incarne de manière hautaine, comme le lui demande la mise en scène, aux dépens d’accents plus tendres dans les palabres amoureux ou cruels quand il s’agit de crucifier ou Rusalka, ou le Prince. La Jezibaba d’<strong>Emanuela Pascu</strong>, irréprochable vocalement elle aussi, souffre d’un même axe interprétatif unique. La sorcière, terrifiante dans le livret, se perd un peu dans les quelques gags qu’on lui demande. Marmoréen, <strong>Insung Sim</strong> propose un Vodnik royal dans le port et le chant. Enfin, le couple principal convainc tout à fait. <strong>Milen Bozhkov</strong> incarne avec brio un prince fougueux à l’acte I, tour à tour vulgaire et cajolant au II et pathétique au III. Son endurance et son aisance à l’aigu rendent son premier acte enthousiasmant. En prise de rôle, <strong>Yana Kleyn</strong>, offre un portrait déjà complet de l’ondine dont elle maitrise toutes les exigences vocales. Si son vibrato serré à l’aigu la handicape à l’occasion – sa prière à la Lune en pâtit malgré une ligne et un phrasé élégants – elle s’en sert régulièrement pour appuyer les passages les plus dramatiques du rôle.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-metz/">DVORÁK, Rusalka &#8211; Metz</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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