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	<title>Ensemble Il Groviglio - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 08 May 2025 07:10:13 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Ensemble Il Groviglio - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>HAENDEL, Rinaldo (1731)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-rinaldo-1731-marco-angioloni/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Olivier Rouvière]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Premier opéra italien expressément composé pour Londres,&#160;Rinaldo, avec son action en technicolor (sorcière, sirènes, dragons, démons, chevaliers, pont en flammes, fontaines glougloutantes, oiseaux vivants) et sa distribution fastueuse, fit l’effet d’une déflagration, lançant la carrière anglaise du Saxon. Au fil des deux années suivantes, après même que Haendel eut créé d’autres ouvrages, celui-ci fut repris &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Premier opéra italien expressément composé pour Londres,&nbsp;<em>Rinaldo</em>, avec son action en technicolor (sorcière, sirènes, dragons, démons, chevaliers, pont en flammes, fontaines glougloutantes, oiseaux vivants) et sa distribution fastueuse, fit l’effet d’une déflagration, lançant la carrière anglaise du Saxon. Au fil des deux années suivantes, après même que Haendel eut créé d’autres ouvrages, celui-ci fut repris près de cinquante fois, avec quelques aménagements – comme la suppression du rôle d’Eustazio. Et, lorsqu’en 1731, après la refondation de la Royal Academy of Music, le compositeur-imprésario peina à retrouver son public, il ressuscita cette œuvre vieille de vingt ans pour renflouer les caisses.</p>
<p style="font-weight: 400;">La distribution en fut alors repensée&nbsp;: profitant du retour (temporaire) de Senesino, castrat alto adoré des Londoniens, Haendel transposa vers le bas le rôle-titre, conçu pour un mezzo. Deux autres contraltos (féminines) s’arrogèrent Armida et Argante, tandis que Goffredo était, à l’inverse, confié à un ténor et qu’Almirena, restée soprano, se voyait remaquillée au bénéfice de la Strada. Il y aurait beaucoup à dire sur cette adaptation, qui intégrait des airs passés inaperçus dans&nbsp;<em>Lotario</em>&nbsp;(«&nbsp;D’instabile fortuna&nbsp;» conçu pour le sidérant Fabri, ou «&nbsp;Arma lo sguardo&nbsp;», écrit pour la Merighi) ainsi que dans&nbsp;<em>Partenope</em>&nbsp;(étincelant «&nbsp;Fatto è Amore/Giove un dio d’inferno&nbsp;»), mais affaiblissait considérablement la figure du roi de Jérusalem (du fracassant «&nbsp;Sibillar gli angli d’Aletto&nbsp;» ne reste que… la ritournelle)&nbsp;: resserrée, l’action devenait moins décousue, tandis que la partition conservait son parfum de pot-pourri – mais mis au goût du jour.</p>
<p style="font-weight: 400;">Si certains chefs avaient déjà emprunté à cette mouture (par exemple, John Fischer, qui distribuait Ernesto Palacio en Goffredo), c’est à&nbsp;<strong>Marco Angioloni</strong>&nbsp;que revient l’honneur d’en graver l&rsquo;intégrale. Le chef-ténor ferait-il une fixation sur l’année 1731, lui dont le précédent enregistrement haendélien était consacré à&nbsp;<em>Poro&nbsp;</em>(CVS)<em>,&nbsp;</em>œuvre créée exactement deux mois avant ce&nbsp;<em>Rinaldo</em>&nbsp;?&#8230;</p>
<p style="font-weight: 400;">Il n’a cependant pas ici bénéficié des mêmes moyens : son orchestre, notamment, passe de trente à dix-huit musiciens –&nbsp;la légèreté de ces effectifs se faisant surtout sentir à l&rsquo;occasion des batailles et des enchantements. Le violon solo de Beatrice Scaldini enveloppe d’une délicieuse nostalgie le « Per salvarti » d’un Argante devenu très galant mais manque de panache dans le tempétueux « Venti, turbini ». Beau basson, guitare/théorbe parfois envahissants. La direction vive, naturelle, sensible d’Angioloni apparaît à son meilleur dans les moments d’intimité, particulièrement à l’Acte II, lors du duo opposant Armida à Rinaldo et durant le bel <em>accompagnato</em> qui suit.</p>
<p style="font-weight: 400;">Il faut dire que, si, en concert, la projection de&nbsp;<strong>Vivica Genaux</strong> nous a déçu ces derniers temps, elle retrouve sa superbe face aux micros, campant une magicienne aussi féroce que classieuse – bien que prudente dans son dernier air.&nbsp;<strong>Roberta Mameli</strong>&nbsp;confère aussi beaucoup de caractère à son Almirena, moins dans les pépiements de «&nbsp;Parolette, vezzi e sguardi&nbsp;» (au thème emprunté à&nbsp;<em>Il Trionfo del Tempo</em>) que dans un «&nbsp;Lascia ch’io pianga&nbsp;» fort voluptueux. Ce n’est pas faire injure à Angioloni que de répéter qu’il nous convainc davantage à la baguette que comme bariténor haendélien&nbsp;: la voix est décidément trop peu ample et assurée pour ces figures héroïques. Les admirateurs de&nbsp;<strong>Filippo Mineccia</strong>&nbsp;apprécieront sa fougue et son engagement mais avouons que ce chant serré, névrotique et souvent tubé nous séduit peu, tandis que le second contre-ténor, un&nbsp;<strong>Logan Lopez Gonzalez</strong>&nbsp;cotonneux mais élégant, fait le job dans un rôle retaillé aux modestes mesures de la Bertolli. Oublions les comprimari. Et déplorons qu’un éditeur négligent ait laissé passer diverses erreurs de montage, comme celle qui, aux plages 9 et 10 du second CD, fait répéter une partie du récitatif…</p>
<p style="font-weight: 400;">Pour «&nbsp;<em>Rinaldo</em>&nbsp;1731&nbsp;», de toute façon, vous n’avez pas le choix. Pour le&nbsp;<em>Rinaldo</em> originel, Malgoire, Hogwood et Jacobs (dans cet ordre, en ce qui nous concerne) restent en tête.</p>
<p style="font-weight: 400;">
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		<title>HAENDEL, Poro, re delle Indie</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/haendel-poro-re-delle-indie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 03 Aug 2024 16:47:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il a souvent été dit que Haendel n’aimait pas Metastasio, et que les trois opéras inspirés par ses livrets sont médiocres. Effectivement, ni Siroe (1728), ni Poro (1731), ni Ezio (1732) ne peuvent prétendre au statut de chef-d’œuvre, mais il est exagéré d’affirmer que l’univers du Saxon se marie mal à celui du plus grand &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il a souvent été dit que Haendel n’aimait pas Metastasio, et que les trois opéras inspirés par ses livrets sont médiocres. Effectivement, ni <em>Siroe </em>(1728), ni <em>Poro</em> (1731), ni <em>Ezio</em> (1732) ne peuvent prétendre au statut de chef-d’œuvre, mais il est exagéré d’affirmer que l’univers du Saxon se marie mal à celui du plus grand librettiste du siècle. Pour Londres, Haendel proposa d’autres drames métastasiens adaptés d’après Hasse, Vinci, Porpora ou Leo (<em>Didone abbandonata</em>, <em>Artaserse</em>, <em>Catone in Utica</em>), sous forme de pastiches.</p>
<p>Tout juste créé à Rome sous la plume de Vinci, <em>Alessandro nell’Indie</em> ne pouvait que plaire à Haendel par l’originalité des personnages et les touches légères parsemées en contrepoint des démonstrations de vertu propres à l’<em>opera seria</em>. Après trois actes riches en péripéties, passant du léger au tragique, Alexandre le Grand renonce à son amour pour la reine Cleofide et la cède à Poro tout en leur rendant leurs trônes : la révision opérée pour la version de Haendel laisse en retrait cette figure pleine d’abnégation pour se concentrer le couple chamailleur formé par les monarques indiens. Poro, en particulier, occupe une place singulière dans la littérature lyrique du <em>settecento</em> par son caractère torturé et jaloux, comme un adolescent pétri d’insécurité&nbsp;: c’est lui qui donne son nom à l’opéra de Haendel.</p>
<p>Comme souvent pour le public londonien, les récitatifs ont été drastiquement réduits, retirant de la subtilité aux caractères (Alessandro surtout) et affaiblissant l’équilibre rhétorique avec les airs. Le traître Timagene, cheville du drame, est privé de solo. Malgré cela, l’essentiel du drame est préservé, surtout autour du couple principal. Solide livret donc, qui ne manque pas de péripéties, et musique inégale&nbsp;: Haendel est parfois en pilotage automatique (rôle de Gandarte) et réussit davantage dans la demi-teinte, l’ironique et le pathétique que dans la bravoure, avec de petits bijous. Le finale mélancolique, qui recycle le magnifique duo en canon d’<em>Agrippina</em>, est un des plus beaux de Haendel.</p>
<p>Peu donné en scène, l’opéra a également été peu enregistré. En 1994, Fabio Biondi le gravait pour Opus 111 avec Europa galante et une assez belle affiche, disque difficile à trouver aujourd’hui. Très bonne idée donc de remettre l’œuvre sur le métier, à mettre au crédit de l’ensemble <strong>Il Groviglio</strong> et du ténor <strong>Marco Angioloni</strong>, également crédité à la direction. Il est facile d’imaginer pourquoi&nbsp;: à la création, <a href="https://www.quellusignolo.fr/tenors/fabri.html">Annibale Pio Fabri</a> incarnait Alessandro, or Angioloni et ce même ensemble ont gravé un <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/marco-angioloni-arias-for-annibale-fabbri-la-fortune-sourit-aux-audacieux/">hommage à ce grand chanteur</a><a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/marco-angioloni-arias-for-annibale-fabbri-la-fortune-sourit-aux-audacieux/"> qui nous avait laissé mitigé</a>. Pour ce rôle de baryténor virtuose, il faudrait l’équivalent d’un Spyres. Angioloni affronte sans sombrer les écarts et les vocalises (« D’un barbaro scortese », « Serbati a grandi imprese »). Reste qu’on a l’impression d’entendre un ténor de caractère endossant des habits (encore) trop grands, trop préoccupé par la technique pour proposer quelque chose de personnel musicalement. C’est néanmoins mieux qu’un Sandro Naglia dépassé, pâle et poussif chez Biondi.</p>
<p>L’effectif d’<strong>Il Groviglio</strong> est limité mais paraît plus dense et tonique qu’Europa galante dans l’intégrale concurrente. Biondi, en contrepartie, savait affiner les phrasés de manière plus évocatrice (le finale !). On voudrait ici une baguette plus imaginative, apportant plus d&rsquo;idées et de respiration, mais il faut reconnaître que l’exécution est ici impeccable et nuancée. L&rsquo;ennui ne pointe jamais, jusque dans les récitatifs, menés avec vie.</p>
<p>Si l’on veut continuer le jeu des comparaisons, les qualités et limites sont assez partagées dans les deux enregistrements pour ce qui concerne le couple principal. Chez Biondi, le velours gris souris, sensible et élégant de Banditelli, trop placide à certains moments. Ici le fausset plus dramatique de <strong>Christopher Lowrey</strong>, qui trouve une belle densité dans le très beau « Dov’è ? S’affretti per me la morte » et dessine un anti-héros plus bouillant. Si les airs vifs ne décollent guère, c’est à cause de Haendel, à son meilleur dans la poésie de « Se possono tanto » et « Senza procelle ancora ». D&rsquo;ailleurs comment Senesino a-t-il accepté de renoncer à « Destrier che all’armi usato », texte belliqueux appelant la bravoure ? Lowrey s’amuse dans le duo qui clôt l’acte I, échange acerbe qui rappelle que Metastasio savait sourire : la soprano <strong>Lucía Martín Cartón</strong> se prête au jeu avec une jolie voix, un chant élégant et probe dans le rôle le plus varié et le mieux servi musicalement, écrit pour la Strada : tendre et serein « Se mai turbo », touchants lamenti, volubile « Se troppo crede al ciglio »&#8230; Rossana Bertini avait davantage de caractère mais un timbre plus vert.</p>
<p>Figure de demi-caractère, la princesse Erissena a aussi retenu l’attention de Haendel, qui lui a conservé 5 airs dont le plus beau de l’opéra, le rêveur «&nbsp;Son confusa pastorella&nbsp;». Il faut dire qu’il avait sous la main la célèbre contralto Merighi, qui trouvait en Bernarda Fink une digne successeure. Moins à l’aise avec la tessiture grave, <strong>Giuseppina Bridelli</strong> réussit néanmoins son portrait de la princesse volage. Son amoureux transi Gandarte avait l’incomparable voix de Lesne chez Biondi. Presque aussi suave, <strong>Paul-Antoine Bénos-Djian</strong> chante avec élégance et se montre sans doute plus directement concerné. Peu à dire d’<strong>Alessandro Ravasio</strong>, privé d’air dans cette mouture mais bien timbré et efficace dans les récitatifs.</p>
<p><em>Poro, re dell’Indie</em> rencontra en 1731 un relatif succès&nbsp;: ce disque permettra au public moderne d’en prendre connaissance dans de bonnes conditions.</p>
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		<title>Marco Angioloni : Arias for Annibale Fabbri</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/marco-angioloni-arias-for-annibale-fabbri-la-fortune-sourit-aux-audacieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Feb 2022 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quelle témérité peut donc encourager les jeunes baroqueux à affronter les plus grandes légendes du XVIIIe siècle ? On ne voit pourtant pas de jeunes chanteurs proposer des hommages à Giuditta Pasta ou Adolphe Nourrit, et Camarena, Bartoli, Sutherland ou Flórez étaient déjà au firmament de leur carrière quand ils ont osé célébrer Garcia, Malibran, Jenny &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quelle témérité peut donc encourager les jeunes baroqueux à affronter les plus grandes légendes du XVIII<sup>e</sup> siècle ? On ne voit pourtant pas de jeunes chanteurs proposer des hommages à Giuditta Pasta ou Adolphe Nourrit, et Camarena, Bartoli, Sutherland ou Flórez étaient déjà au firmament de leur carrière quand ils ont osé célébrer Garcia, Malibran, Jenny Lind ou Rubini. Mais s’agissant des légendes du baroque, combien de présomptueux vocalistes accompagnés par des ensembles étiques ? On comprend bien sûr la tentation, et on applaudit la cohérence d’un programme qui parcourt intelligemment la carrière internationale d’<a href="http://www.quellusignolo.fr/tenors/fabri.html">Annibale Pio Fabri</a>, un des premiers ténors à passer au premier plan dans l’<em>opera seria</em>, avec Paita, Barbieri ou encore Borosini. Il y faudrait l’étendue, l’autorité, l’agilité d’un Spyres ; c’est le tout jeune <strong>Marco Angioloni</strong> qui affronte cet héritage avec l’orchestre qui lui est attaché, <strong>Il Groviglio</strong>.</p>
<p>La voix est accrocheuse, juvénile, et les coloratures sont affûtées. D’aucuns seront déconcertés par l’italien d’Angioloni – on nous glisse que c’est en raison d’un accent toscan perceptible –, mais aussi par des nasalités et autres scories dans l’émission. Tout cela participait au charme d’<em><a href="https://www.forumopera.com/cd/il-canto-della-nutrice-nurse-tenor-arias-in-italian-baroque-opera-un-jeune-chanteur-et-des">Il Canto della nutrice</a>,</em> répertoire de caractère servi par la gouaille et la saveur populaire de ce chant (sans connotation péjorative). Néanmoins l’enjeu est ici différent : il s’agit du belcanto de la plus haute école du premier tiers du XVIII<sup>e</sup> siècle. Vivaldi ouvre le disque et expose les limites : ambitus et virtuosité sont mis à rude épreuve dans « La mia gloria », plutôt scolaire. Cruels aussi, les terribles sinuosités et grands écarts imposés par Scarlatti (« Mio dolce nettare »). Le grave, amplement sollicité, manque d’assise, et l’aigu doit encore se libérer. Mais si le navire est chahuté par les difficultés, il ne sombre pas, et les extraits de <em>L’Incoronazione du Dario</em>, moins contraignants, mettent mieux le chanteur en valeur.</p>
<p>Encore plus à son avantage chez Haendel, Angioloni séduit dans les extraits de <em>Lotario</em>, <em>Partenope</em>, et d’autres opéras adaptés spécialement pour Fabri à Londres entre 1729 et 1731. Mieux que chez les Italiens, le ténor négocie la ligne contournée de « Tra speranze » et les coloratures de « Torrente cresciuto ». Ces arias figurent parmi les huit inédits de l’album, que l’on découvre avec intérêt. « Se dalle stelle » (de la toute première <em>Didone abbandonata</em>) ou encore « La speme ti consoli » suggèrent que le ténor est à son meilleur dans le demi-caractère.</p>
<p>Dommage aussi que les micros laissent souvent l’orchestre en retrait, floutant notamment les harmoniques graves : l’ensemble sonne « petit ». Le talent des instrumentistes n’est pas en cause, et Il Groviglio brille particulièrement dans les pages plus intimistes (« Cessa tiranno amor ») ou les trois brèves <em>sinfonie</em> de Haendel. À la tête d’une grosse douzaine de cordes et vents, <strong>Stéphane Fuget</strong> a beaucoup de goût et un vrai point de vue (« Siam prossimi al porto » ou « La tiranna avversa sorte »).</p>
<p>Malgré les défauts, voici des artistes et un projet que l’on a envie de défendre. Sans doute des cantates ou airs moins impitoyables auraient-ils mieux souligné les promesses du ténor et de son ensemble. Quoi qu’il en soit, on attendra leur prochaine initiative avec curiosité.</p>
<p> </p>
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		<title>Il Canto della Nutrice &#8211; Nurse tenor arias in Italian baroque Opera&#034;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/il-canto-della-nutrice-nurse-tenor-arias-in-italian-baroque-opera-un-jeune-chanteur-et-des/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Jacques Groleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 May 2020 04:05:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Passé par le Centre de musique baroque de Versailles ou encore l’Académie de Royaumont, le jeune ténor italien Marco Angioloni nous propose d’explorer avec son ensemble de musique baroque Il Groviglio quelques ouvrages (très) peu courus du répertoire baroque italien, avec comme fil rouge des airs de nourrices. Si l’on est familier de l’impayable Arnalta, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Passé par le Centre de musique baroque de Versailles ou encore l’Académie de Royaumont, le jeune ténor italien <strong>Marco Angioloni</strong> nous propose d’explorer avec son ensemble de musique baroque <strong>Il Groviglio</strong> quelques ouvrages (très) peu courus du répertoire baroque italien, avec comme fil rouge des airs de nourrices. Si l’on est familier de l’impayable Arnalta, la vieille nourrice de Poppée dans<em> L’Incoronazione</em> de Monteverdi, la nourrice était un personnage souvent clé dans les ouvrages des xviie et xviiie siècles : confidentes, manipulatrices, elles pouvaient aussi se faire coquettes et se lancer elles-mêmes dans une aventure amoureuse, ou bien pleurer leur jeunesse perdue… C’est toute cette diversité d’inspiration qui nous est ici proposée.</p>
<p>Avec un chant volontairement allégé, s’imposant tantôt une émission <em>recto tono</em>, tantôt osant laisser vibrer sa voix plus naturellement lyrique, Marco Angioloni explore ces pages avec un vrai souci du bien dire. Chaque mot, chaque phrase, sont ici ciselées avec une précision rare. Le timbre, sans chercher à se faire toujours séduisant, tente de se colorer au gré des situations, suivi en cela par un ensemble instrumental remarquable d’inventivité, de couleurs et de souplesse. Le disque nous fait en outre entendre quelques pages purement instrumentales, comme la très martiale Sinfonia du <em>Muzio Scevola</em> de Cavalli, celle tour à tour rêveuse et guillerette du <em>Tito</em> de Cesti, ou encore celle du <em>Girello</em> d’Alessandro Melani (qui fut maître de chapelle à Saint-Louis-des-Français de Rome sous Louis XIV)…</p>
<p>C’est d’ailleurs là le principal intérêt de cette publication : la découverte de pages encore inconnues du grand public. La plupart des pages enregistrées sont en effet des premières discographiques, et donc autant de découvertes absolues : de Francesco Cavalli, si les amateurs connaissaient l’<em>Erismena</em> ou encore <em>Eliogabale</em>, ils entendront avec plaisir ces pages de <em>Doriclea</em>, <em>Ericlea</em>, <em>Orimonte</em> et <em>Egisto</em>. De même que l’<em>Ottavia restituta al trono</em> (Octavie rendue au trône), tout premier opéra d’un jeune Domenico Scarlatti de 18 ans, créé à Naples à l’automne 1703, qui nous est ici proposé dans une reconstitution d’Alessandro Ciccolini – occasion de découvrir un drôlissime duo entre une nourrice qui tente de séduire le jeune Dorillo, un peu effrayé par cette rencontre…</p>
<p> </p>
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