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	<title>Philharmonie Zuidnederland - Orchestre - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Philharmonie Zuidnederland - Orchestre - Forum Opéra</title>
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		<title>Henrik Andriessen Miroir de peine / Berlioz Symphonie fantastique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Pierre Rousseau]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Nov 2020 05:14:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux souvenirs personnels d&#8217;abord pour étayer la critique de ce disque et pour l’éclairer. Le premier, lié à mon passé professionnel à Liège : la proximité géographique et culturelle de la Cité ardente et de la capitale du Limbourg néerlandais, Maastricht, avait engendré maints jumelages, dont celui des orchestres de Liège et de Maastricht. Il y &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux souvenirs personnels d&rsquo;abord pour étayer la critique de ce disque et pour l’éclairer.</p>
<p>Le premier, lié à mon passé professionnel à Liège : la proximité géographique et culturelle de la Cité ardente et de la capitale du Limbourg néerlandais, Maastricht, avait engendré maints jumelages, dont celui des orchestres de Liège et de Maastricht. Il y a une dizaine d’années, une réforme conduite au pas de charge par le gouvernement batave rayait de la carte une bonne moitié des orchestres hollandais. Celui de Maastricht comme celui d’Eindhoven risquaient de disparaître purement et simplement : l’un comme l’autre se refusant à cette sombre perspective, décidèrent de refonder un nouvel ensemble, l’actuelle <strong>Philharmonie Zuidnederland</strong>. Avant de quitter Liège, j’eus la chance d’assister à cette nouvelle naissance.  Ce disque, le deuxième paru chez <em>Fuga Libe</em>ra, en témoigne.</p>
<p>Le second souvenir c’est une <em>Table d’écoute</em> [*] sur <strong>Musiq3</strong> consacrée en 2019 aux <em>Poèmes hindous</em> de Maurice Delage (1879-1961) , une émission rediffusée le 8 novembre dernier, et dans laquelle, lors d’une écoute à l’aveugle, je n’ai pas eu de mots assez durs pour qualifier la diction française impossible de la chanteuse de la « version A » &#8211; que mes camarades de jeu et moi avons rapidement demandé à Camille De Rijck d’éliminer de la confrontation. Je découvre que c’est la même artiste qui figure sur ce disque, la mezzo soprano néerlandaise <strong>Christianne Stotijn</strong> !</p>
<p>Ceci posé, que penser de cette publication ?</p>
<p>Démarche originale que celle de jumeler un tube du répertoire – la <em>Symphonie fantastique</em> de Berlioz – et une œuvre complètement inconnue, dont c’est à ma connaissance la première gravure au disque, le <em>Miroir de peine</em><strong>, </strong>un cycle de cinq mélodies du compositeur néerlandais Henrik Andriessen (1892-1981) sur des poèmes du Français Henri Ghéon (1875-1944).</p>
<p>Démarche originale mais risquée : quand on met sur le marché une nouvelle version de la <em>Symphonie fantastique, </em>il vaut mieux être sûr de son coup. En l’occurrence le patronyme du chef principal de la phalange sud-néerlandaise , le chef russe <strong>Dmitri Liss</strong>, résume le sentiment qui se dégage de l’écoute d’une prise de concert faite le 5 avril 2019 dans l’acoustique idéale du théâtre du Vrijthof à Maastricht. J’ai rarement entendu lecture aussi lisse, neutre, sans relief, sans élan, du chef-d’œuvre de Berlioz. Désespérant d’ennui !</p>
<p>Est-on plus heureux à l’écoute du cycle de cinq brèves mélodies qui ouvre le disque ? La notice – indigente – du livret n’en dit quasiment rien, et ne livre aucun des cinq poèmes, hormis les titres &#8211; <em>Agonie au jardin</em>, <em>Flagellation, Couronnement d’épines, Portement de croix, Crucifixion</em> – qui évoquent la <em>Passion du Christ</em>. Pas un mot de l’écrivain <strong>Henri Ghéon</strong>, étrange personnage resté dans la – petite – histoire de la littérature française pour avoir été l’ami « intime » de Gide, catholique fervent et fervent promoteur de l’homosexualité (auteur de la <em>Vie secrète de Guillaume Arnoult</em>, qui inspirera le <em>Corydon</em> de Gide) On sait seulement que ce <em>Miroir de peine</em> est écrit par Henrik Andriessen en 1923 pour voix aiguë et orgue, puis orchestré en 1933. Les influences de Diepenbrock, Caplet ou Pierné y sont audibles. </p>
<p>La diction <em>marshmallow</em> de Christianne Stotijn, malgré la sombre beauté du timbre, n’aide évidemment pas à entrer dans un cycle qui présente pourtant bien des attraits sur le plan musical.</p>
<p>Une occasion manquée !</p>
<p>* émission discographique de la chaîne classique belge</p>
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<p> </p>
<p> </p>
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		<title>MOZART, Die Zauberflöte — Breda</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/die-zauberflote-breda-on-ne-nait-pas-flute/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Nov 2019 05:04:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Que La Flûte enchantée soit l’un des opéras les plus misogynes du répertoire, on le concède volontiers. Dès lors, on peut concevoir qu’une metteuse en scène souhaite en donner une lecture féminine, sinon féministe, quitte à gommer certains aspects pour en souligner d’autres. Jorinde Keesmaat avait signé en 2015 à Montpellier une production de La &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Que <em>La Flûte enchantée</em> soit l’un des opéras les plus misogynes du répertoire, on le concède volontiers. Dès lors, on peut concevoir qu’une metteuse en scène souhaite en donner une lecture féminine, sinon féministe, quitte à gommer certains aspects pour en souligner d’autres. <strong>Jorinde Keesmaat</strong> avait signé <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-clemenza-di-tito-montpellier-titus-et-sa-clemence-du-bluff">en 2015 à Montpellier</a> une production de <em>La Clémence de Titus</em>, pour la fin de règne de Jean-Paul Scarpitta. Pour l’autre ouvrage scénique conçu par Mozart dans la dernière année de sa vie, c’est Pamina qu’elle met en avant, dans un univers abstrait où les cartes attribuant les rôles sexués ont été rebattues. Les personnages apparaissent dans des cabines de plexiglas montées sur roulettes, un peu comme les créatures du harem de l’acte des Fleurs dans <em>Les Indes galantes</em> <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-indes-galantes-paris-bastille-rameau-dans-lere-du-vide">version Clément Cogitore</a> ; aux trois figures féminines (Pamina, Papagena, la Reine de la nuit) répondent trois personnages masculins (Papageno, Sarastro, Tamino). Les hommes portent le bermuda ou la jupe plissée – le pantalon est réservé à Pamina. Sarastro arbore carrément une jupe-culotte à paniers, par-dessus laquelle son sporran, sacoche accompagnant le kilt, prend des allures de cache-sexe ou d’étui pénien. Les abdominaux sont dessinés sur le spencer de Tamino, tandis que le blouson aux pectoraux rembourrés de Papageno dévoile son  nombril. Les signes extérieurs de féminité sont eux aussi surlignés : si la reine de la Nuit est une sorte de vamp des années 1930, les courbes de Papagena sont renforcées par des coussins, et les trois dames ont revêtu des tenues à protubérances disgracieuses inspirées de la collection dessinée en 1997 par Rei Kawakubo pour Comme des Garçons. Echange des rôles aussi pour la première scène : pas de serpent, mais le prince est malmené par les dames comme une femme seule pourrait l’être par trois machos. Pourquoi pas, mais le problème est que, passé ce démarrage en force (l’ouverture elle-même avait été interrompue par Pamina déclamant un long extrait des <em>Cahiers de jeunesse</em> de Simone de Beauvoir), la réflexion sur le féminin/masculin tourne court. Pamina est tout sauf une malheureuse victime, son rapport avec Monostatos le montre avec humour, mais à force de supprimer des éléments, on ne comprend plus très bien à quoi servent les différents personnages. Le prince et l’oiseleur ne sont que deux gamins qui jouent avec les voitures téléguidées offertes par les trois dames ; Sarastro est un mage sentencieux mais dont on voit mal ce qu’il vient faire dans l’histoire ; Papagena est présente dès les premiers instants, et sans déguisement de vieille femme. Après le triomphe final, les principaux protagonistes se mettent en sous-vêtement, comme à la fin de <em>La Flûte enchantée </em>montée par Robert Carsen, mais leur geste n’a pas ici un sens très clair.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/die_zauberflote_opera_zuid_1_joost_milde.jpg?itok=m5pBIvda" title=" © Joost Milde" width="468" /><br />
	 Tamino, Papageno et les trois Dames (plus Papagena) © Joost Milde</p>
<p>Autre problème : ces décisions dramaturgiques ont un effet sur la musique. On a déjà parlé de l’ouverture coupée en deux, il faut ici signaler la disparition de la flûte non seulement sur scène (Tamino joue de la petite voiture) mais aussi en fosse pendant l’air « Wie stark is nicht dein Zauberton ». Le souci d’égalité des sexes amène à récrire non seulement le texte du duo Pamina-Papageno (pour inclure les couples « Mann und Mann, und Weib unnd Weib ») mais aussi la musique, l’oiseleur se voyant gratifié d’une vocalise dans le couplet alors que Mozart les réservait à la voix féminine. L’ajout d’une épreuve de l’air, pendant laquelle les initiés luttent contre une soufflerie, conduit à emprunter un passage de <em>Thamos, roi d’Egypte</em>. L’ordre des morceaux est modifié à la fin, le duo Papageno-Papagena étant avancé pour prendre place bien avant les épreuves. Bref, un joyeux tripatouillage dont on ne comprend pas toujours bien les raisons. C’est dommage, car <strong>Benjamin Bayl</strong> à la tête du Philharmonia Zuidnederland semble tout à fait apte à rendre justice à la partition telle que Mozart l’a écrite.</p>
<p>Si Pamina est ce soir la figure centrale de l’œuvre, ce n’est pas seulement à cause de la mise en scène, mais bien grâce aux qualités que fait valoir <strong>Lilian Farahani</strong>. Celle qui était Papagena dans la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-flute-enchantee-aix-en-provence-si-humaine-si-magique">dernière reprise aixoise de la <em>Flûte</em></a> montée par Simon McBurney monte en grade et devient une pétillante princesse, presque à l’étroit dans son personnage, et l’on imagine qu’elle s’épanouira davantage en Suzanne à Nancy en janvier dans la production de James Gray. <strong>Peter Gijsbertsen</strong> est probablement dans un mauvais soir, car les aigus de son Tamino trahissent l’effort. La Reine de la nuit de <strong>Lisa Mostin </strong>surprend d’abord par sa capacité à traduire la véhémence du personnage ; revers de la médaille, des vocalises savonnées et un aigu incertain pour le premier air, mais le second la trouve beaucoup plus assurée. De Sarastro, <strong>Bart Driessen</strong> a les graves, mais la couleur du timbre est trop claire, ou du moins le serait dans un spectacle où le personnage serait plus cohérent. <strong>Michael Wilmering </strong>est un Papageno sympathique, mais les coupes sombres opérées dans les dialogues parlés ne lui permettent pas non plus de donner une vraie consistance à son oiseleur. A noter, le choix – compréhensible pour une production qui change de ville chaque soir ou presque – de confier les trois Enfants non à des jouvenceaux mais à une soprano et à deux contre-ténors qui remplissent très bien leur contrat.</p>
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