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OFFENBACH, Les Brigands – Asnières

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Spectacle
15 mai 2023
Sympathiques crapules

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra-bouffe en trois actes, musique de Jacques Offenbach,
livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy,
créé à Paris (Théâtre des Variétés) le 10 décembre 1869.

Détails

Mise en scène
Emmanuel Ménard
Chorégraphie
Mathilde Colas
Décor
Juliette Peigné
Costume
Marie Leclerc

Falsacappa
Thierry Mallet
Fiorella
Audrey Maignan
Fragoletto
Marguerite Brault
Pietro
Daniel Ladaurade
Le Caissier
Mathieu Fourticq-Tire
Le Prince de Mantoue
Benoît Valentin
Le Baron de Campo-Tasso
Frédéric Ernst
Le Comte de Gloria-Cassis
Thibaud Mercier
Le Chef des Carabiniers
Paul Le Calvé
Domino
Adrien Gorez
Carmagnola
Jean-Baptiste Leguen
Barbavano
Marcel Courau
La Princesse de Grenade
Mathilde Colas
Adolphe de Valladolid
Damien Sharpin
Fiammetta
Marie-Cécile de Lajudie
Zerlina
Myriam Baconin
Bianca
Clarisse Tesson
Cicinella
Quitterie Miriel
Le Précepteur
François de Maleissye-Melun
Pipo
Antoine Roche
Pipa et La Marquise
Audrey Garcia-Santina
La Duchesse
Faïrouz Feddal
Pipetta
Cécile Dargein
Le courrier de cabinet
Maximilien Brouchet

Chœur et Orchestre Oya Kephale
Direction musicale
Pierre Boudeville

Asnières-sur-Seine (Théâtre Armande Béjart), samedi 13 mai 2023, 20 h 30

Pour la troisième fois (après 1997 et 2014), Les Brigands d’Oya Kephale reviennent sur les traces de leurs précédents forfaits. La troupe bien connue, fidèle à ses idéaux, est formée d’amateurs solidement encadrés par des professionnels. Mais au fil des ans, les choses ont beaucoup évolué : récent changement de chef, soin plus approfondi de la mise en scène, et renouvellement quasi-total des participants. En allant aussi plus au-devant des publics, comme un mini concert gare Saint-Lazare. Et toujours, à l’instar des brigands qui apportaient leur argent à Offenbach, ceux d’Asnières reversent une part de leurs bénéfices à une association caritative. Et puis c’est un vrai plaisir de voir – contrairement aux vénérables grands opéras – une salle remplie de jeunes, alors que l’on dit trop qu’ils sont allergiques au genre lyrique.

Bien sûr, les moyens ne sont pas les mêmes que les super productions qui ont fait date et relancé l’intérêt pour cette œuvre longtemps oubliée (Genève 1986 dans l’étonnante mise en scène d’Alain Marcel, Lyon 1989 dirigée par John Eliot Gardiner, et bien sûr Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff à La Haye en 1992, Paris Bastille en 1993, et ses nombreuses reprises entre 2009 et 2011, notamment à Bordeaux, Toulon et Paris). Dans le beau théâtre Armande Béjart, le metteur en scène Emmanuel Ménard a choisi un parti-pris de décors plutôt minimalistes qui laissent la part belle aux nombreux interprètes. Au premier acte, une espèce de bar clandestin dans une grange, au second un restaurant avec ses nappes Vichy, et au troisième un grand espace moderne. Les costumes sont actuels, et les carabiniers sont bien sûr des gendarmes qui tirent plus vers les Deschiens que vers ceux de Saint-Tropez. Mais la mise en scène lyrique a aussi ses contraintes et ses limites : ce qui ne pose pas de problème au théâtre peut devenir délicat à l’opéra, comme cette chanteuse les yeux bandés qui ne peut pas voir le chef pour démarrer, ou Fiorella qui commence son premier air à l’arrière-plan, derrière un bar, d’où on ne l’entend guère.

© photo pehavey 

La fidélité à l’œuvre est parfaite, même si quelques ajouts contemporains viennent pimenter une partition qui n’en a certes pas besoin, dont un intermède sur « La taca-taca-taca-tac-tactique du carabinier » façon Bourvil qui fait toujours rire le public. Surtout, les glissements – prévus par les librettistes – de personnages qui se remplacent les uns les autres sont fort bien vus et rendus. La représentation se déroule à une cadence soutenue, mais ne trouve qu’après l’entracte son meilleur rythme. En effet, au premier acte, il y a encore de nombreux blancs de quelques secondes qui constituent autant de microcoupures interrompant l’action entre les parties chantées et parlées. Mais on n’en est qu’à la deuxième représentation, et pour sûr les choses vont se roder lors des prochaines. Du côté de l’orchestre dirigé par Pierre Boudeville, on aurait attendu également plus de velouté, plus de légèreté, moins de stridences et d’accentuations brutales. À l’opposé d’attaques tonitruantes, les moments les plus réussis sont justement ceux où l’orchestre devient un véritable accompagnement, comme dans la scène des mendiants au deuxième acte avec son lent crescendo, qui apporte en même temps une note inquiétante tout à fait décalquée sur la scène, équivalente de La Force du Destin. Autre moment où l’orchestre est en parfaite adéquation avec la scène, l’inénarrable entrée des Espagnols.

© photo pehavey 

Sur le plateau, l’ensemble des brigands bras-cassés et de leurs contacts est bien sympathique. Car chacun chante avec ses moyens, mais surtout de tout son cœur. Comme toujours, ceux qui ont l’art des planches se distinguent spontanément, et donnent à leur rôle un relief particulier. C’est le cas en premier rang, du Falsacappa de Thierry Mallet, qui a la voix idéale du rôle et une autorité naturelle qui le propulse de prime abord à la tête de ses malfrats. A ses côtés, on remarque tout particulièrement Adrien Gorez, un Domino vif-argent virevoltant avec efficacité dans l’espace. Audrey Maignan (Fiorella) et Marguerite Brault (Fragoletto) n’ont pas des voix immenses, mais se tirent fort bien de leurs rôles un peu ambigus – on a parfois vu le rôle de Fragoletto tenu par un homme (notamment par Léonard Pezzino). Thibaud Mercier (le comte de Gloria-Cassis), Daniel Ladaurade (Pietro), Benoît Valentin (le duc de Mantoue), Mathieu Fourticq-Tire (le caissier), Frédéric Ernst (le baron de Campo-Tasso) et Paul le Calvé (le chef des carabiniers) jouent parfaitement des rôles souvent courts mais pleins d’embûches. Le public a fait une longue ovation méritée à tous les interprètes.

Prochaines représentations les mercredi 17 mai 2023 à 20 h 30, jeudi 18 mai à 17 h et vendredi 19 mai à 20 h 30.

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Opéra-bouffe en trois actes, musique de Jacques Offenbach,
livret d’Henri Meilhac et Ludovic Halévy,
créé à Paris (Théâtre des Variétés) le 10 décembre 1869.

Détails

Mise en scène
Emmanuel Ménard
Chorégraphie
Mathilde Colas
Décor
Juliette Peigné
Costume
Marie Leclerc

Falsacappa
Thierry Mallet
Fiorella
Audrey Maignan
Fragoletto
Marguerite Brault
Pietro
Daniel Ladaurade
Le Caissier
Mathieu Fourticq-Tire
Le Prince de Mantoue
Benoît Valentin
Le Baron de Campo-Tasso
Frédéric Ernst
Le Comte de Gloria-Cassis
Thibaud Mercier
Le Chef des Carabiniers
Paul Le Calvé
Domino
Adrien Gorez
Carmagnola
Jean-Baptiste Leguen
Barbavano
Marcel Courau
La Princesse de Grenade
Mathilde Colas
Adolphe de Valladolid
Damien Sharpin
Fiammetta
Marie-Cécile de Lajudie
Zerlina
Myriam Baconin
Bianca
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Quitterie Miriel
Le Précepteur
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Pipo
Antoine Roche
Pipa et La Marquise
Audrey Garcia-Santina
La Duchesse
Faïrouz Feddal
Pipetta
Cécile Dargein
Le courrier de cabinet
Maximilien Brouchet

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Direction musicale
Pierre Boudeville

Asnières-sur-Seine (Théâtre Armande Béjart), samedi 13 mai 2023, 20 h 30

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