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VERDI, La traviata – Montpellier

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Spectacle
3 avril 2026
C’est la mise en scène qui gagne

Note ForumOpera.com

3

Infos sur l’œuvre

Opéra en quatre actes
Musique de Giuseppe Verdi sur un livret de Francesco Maria Piave d’après La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils
Création le 6 mars 1853 au Théâtre de la Fenice de Venise

Détails

Mise en scène, dramaturgie
Silvia Paoli
Décors
Lisetta Buccellato
Costumes
Valeria Donata Bettella
Lumières
Fiammetta Baldiserri

 

Violetta Valéry
Ruzan Mantashyan
Alfredo Germont
Andrew Owens
Giorgio Germont
Gëzim Myshketa
Gastone
Sung Eun Myung
Flora Bervoix
Aurore Ugolin
Annina
Séraphine Cotrez
Baron Douphol
Yuri Kissin
Marquis d’Obigny
Maurel Endong
Docteur Grenvil
Thibault de Damas
Giuseppe
Hyoungsub Kim
Un domestique
Xin Wang
Un commissionnaire
Jean-Philippe Elleouët

 

Chœur Opéra national Montpellier Occitanie
C
heffe de chœur
Noëlle Gény

Orchestre national Montpellier Occitanie
Direction musicale
Roderick Cox

Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Rennes, Grand Théâtre – Opéra de Tours, Opéra de Nice
Montpellier, Théâtre de la Comédie, Mercredi 1er avril 2026, 19h

 

 

La production de cette Traviata dans la mise en scène de Silvia Paoli poursuit sa tournée française et n’en finit pas de convaincre par la justesse de son propos. Déjà donnée à Angers, Rennes et Tours, cette proposition a le mérite d’une lecture partisane sans être iconoclaste, et intelligente sans être démonstrative. De fait, les moyens de la production sont modestes mais efficaces et sur la scène aux dimensions réduites de l’Opéra-Comédie, chaque détail a son importance, chaque élément de décor, chaque déplacement.
Nous ne reprendrons pas par le menu la description de cette mise en scène, indiquée dans les compte-rendu précédents, mais certains aspects méritent d’être mis en avant.
Le théâtre (en fond de scène) dans le théâtre est omniprésent. Lorsque l’action commence, Violetta, actrice, est sur scène ; elle en sort pour célébrer avec ses amis la fin de son spectacle (Brindisi). On la retrouve en scène au début du long monologue en fin du I (« E strano »), mais elle en descend significativement dans la deuxième partie (« Forse lui ») et jusqu’à la fin de l’acte ; l’actrice devient l’amoureuse et ne remontera pas sur les planches. Symboliquement aussi, Annina, au début du IV, tirera tous les rideaux dans la chambre de Violetta et particulièrement celui de la scène de théâtre. Le dernier acte est particulièrement réussi dans son dépouillement qui tranche magistralement avec la foison de détails dans les décors et le tourbillon des déplacements (ceux des domestiques dans le II sont absolument désopilants) des trois premiers actes : il n’y a de fait plus aucun élément de décor dans cette scène finale. Pas même de lit : un plancher vide, juste un oreiller. Et Annina. Ni Alfredo, ni Germont père ne réapparaitront. Ils ne sont plus présents (ils chantent en coulisse) que dans l’esprit désormais égaré de Violetta.
A ce moment-là, le contraste avec les fastes du début est saillant ; Violetta n’est plus recouverte que d’une chemise de nuit blanche, telle un linceul christique, dont elle s’était revêtue à la fin du III, dans une scène aux effets saisissants. Pendant le chœur conclusif et sous le seul éclairage d’un spot aveuglant, les participants à la soirée chez Flora avaient dépouillé Violetta de ses vêtements, tout en essayant de la toucher comme on s’approcherait d’une relique sainte, laissant donc apparaître cette chemise immaculée, qui nous renvoie à l’image de la danseuse aux pas fragiles qui, pendant le prélude, avait anticipé cette fin tragique.

© OONM

En ce soir de première, l’annonce est faite que pour le rôle d’Alfredo, Omer Kobiljak, qui avait été un ténor italien convaincant en 2025 à Zürich est annoncé souffrant, et qu’il a dû être remplacé au pied levé par Andrew Owens, arrivé de Zürich la veille seulement. Le ténor américain, membre depuis 2021 de l’Opernhaus Zürich, et que Charles Sigel avait apprécié en Alfred (de Fledermaus) en décembre dernier, a eu quelques heures seulement pour s’approprier les éléments majeurs de la mise en scène le concernant. Il est de ce point de vue irréprochable et son aisance sur scène est notable. Timbre agréable mais une projection et un souffle limités, sa cabalette au II le voyant même en difficulté. Tout comme dans ce deuxième acte avons-nous craint le pire pour la voix de Gëzim Myshketa dont l’aria « Pura siccome un angelo » pose Giorgio en père tout à la fois autoritaire et … lubrique, grâce à une belle basse bien chantante, mais une voix qui a bien failli sombrer dans la cabalette qui conclut « Di Provenza… » suite, on peut l’imaginer, à une indisposition de la voix qui s’avèrera heureusement passagère. Yuri Kissin est un Douphol détestable à souhait, Aurore Ugolin (Flora) et Séraphine Cotrez (Annina) sont les parfaits seconds rôles féminins.
Concernant la prestation de Ruzan Mantashyan pour le rôle-titre, il faudra à l’évidence distinguer le premier des trois autres actes. On a souvent et à juste titre disserté sur l’évolution dans la nature, la substance de la voix de l’héroïne de La traviata au fil des actes. Clairement Ruzan Mantashyan, par ailleurs actrice hors-pair, possède le soprano dramatique qui nous emporte dans la scène finale. Les couleurs de la voix sont multiples, les nuances bien présentes et la force dramatique incontestable. Le lyrisme dans le duo avec Alfredo au II fait mouche également. Reste un premier acte d’un soir de première, avec cette scène conclusive redoutable. Nous ont manqué ce soir (l’absence de contre-mi bémol est anecdotique), l’aisance dans les coloratures, la maîtrise de la puissance et la richesse dans la nuance du discours.
Déception par ailleurs dans la fosse. De là où nous étions placé (premier balcon), l’équilibre de l’orchestre apparaît fortement entaché par l’omniprésence des cuivres qui, lorsqu’ils ont à intervenir, couvrent entièrement les cordes, créant alors une atmosphère très étrange même si la vision de Roderick Cox est irréprochable et sa direction toujours précise et attentive.

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❤️❤️❤️❤️🤍 : Supérieur aux attentes
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❤️❤️🤍🤍🤍 : Inférieur aux attentes
❤️🤍🤍🤍🤍 : À oublier

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Musique de Giuseppe Verdi sur un livret de Francesco Maria Piave d’après La Dame aux camélias d’Alexandre Dumas fils
Création le 6 mars 1853 au Théâtre de la Fenice de Venise

Détails

Mise en scène, dramaturgie
Silvia Paoli
Décors
Lisetta Buccellato
Costumes
Valeria Donata Bettella
Lumières
Fiammetta Baldiserri

 

Violetta Valéry
Ruzan Mantashyan
Alfredo Germont
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Aurore Ugolin
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Giuseppe
Hyoungsub Kim
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Noëlle Gény

Orchestre national Montpellier Occitanie
Direction musicale
Roderick Cox

Coproduction Angers Nantes Opéra, Opéra de Rennes, Grand Théâtre – Opéra de Tours, Opéra de Nice
Montpellier, Théâtre de la Comédie, Mercredi 1er avril 2026, 19h

 

 

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